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"Les électeurs ont marqué un besoin de changement", a expliqué sur la télévision ORF le leader des sociaux-démocrates Alfred Gusenbauer. Prudent, il a également souligné avoir"besoin d'un résultat définitif" et s'est dit prêt à mener de prochaines négociations séparées avec les conservateurs et les Verts pour former une coalition de gouvernement. Cela pourrait prendre des semaines.
Avant même les résultats officiels, Wolfgang Schüssel avait implicitement reconnu sa défaite."Je sais bien que vous n'avez pas le cœur à la fête, moi non plus", avait-il déclaré devant des militants. "Il faudrait un petit miracle pour que les choses changent encore", avait-il ajouté.
Le parti SPÖ d'Alfred Gusenbauer, malgré des sondages donnant jusqu'au bout une avance à l'ÖVP, était donné vainqueur avec 35,7%, contre 34,2% à l'ÖVP, 11,2% au FPÖ (extrême droite) et 10,5% aux Verts, selon des chiffres provisoires du ministère de l'intérieur. Les conservateurs perdraient ainsi 13 sièges de députés, avec 66 mandats contre 68 aux sociaux démocrates restés stables par rapport à 2002.
L'extrême droite, divisée, devrait quitter le gouvernement bien que le parti libéral FPÖ de Heinz-Christian Strache, successeur et rival de Jörg Haider, obtienne à l'arraché la troisième place. Mais le BZÖ, le parti de Jörg Haider, crédité de 4,2% par le ministère, devrait entrer de justesse au Parlement fédéral.IMPORTANCE DES 400 000 VOIX ENCORE À DÉPOUILLER
Le politologue Peter Ulram a cependant souligné dimanche soir l'importance des 400 000 voix restant à dépouiller. En tenant compte de ces votes, "il se peut que le BZÖ n'atteigne pas les 4% nécessaires pour entrer au Parlement, dans ce cas les sociaux-démocrates et les Verts disposeront d'une majorité absolue", a-t-il expliqué.
En cas d'entrée au Parlement du BZÖ, une "grande coalition" entre les sociaux démocrates et les conservateurs, dirigée par M. Gusenbauer, serait la "seule" option possible, estime M. Ulram, qui exclut "pour des raisons de conflit de personnes" une alliance des conservateurs avec les deux partis d'extrême droite.
M. Schüssel avait choqué l'Europe en février 2000 en devenant le premier dirigeant européen à former une coalition avec l'extrême droite. La droite avait alors devancé les sociaux-démocrates pour la première fois depuis 1966, avec un score historique de 42,3% des voix. Le SPÖ, longtemps en tête dans l'opinion, avait chuté ces derniers mois dans les sondages à cause du scandale de la banque Bawag, propriété de la centrale syndicale ÖGB, elle-même très liée à la gauche. La banque avait caché pendant plusieurs années un trou d'environ trois milliards d'euros, à la suite de spéculations douteuses ou de fraudes.
Quelque 6,1 millions d'Autrichiens étaient appelés aux urnes dimanche pour élire 183 députés au Conseil national (Nationalrat), la Chambre basse du Parlement.