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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 22:03

24 septembre 2010- dans Puzzle socialiste, blog sur lemonde.fr - par Olivier Schmitt

Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, sans renier un passé que beaucoup s’efforcent, et pas seulement à droite, de lui rappeler (en gros en l’identifiant aux 35 heures pourtant germées dans l’esprit de Dominique Strauss-Kahn), a réussi, en deux ans, à se construire un présent.

Maire de Lille, elle est devenue première secrétaire d’un parti laissé pour mort à l’automne 2008, sans s’y être tout à fait préparée, en raison de l’effondrement inattendu de la candidature Delanoë et du risque, à ses yeux, d’une victoire de Ségolène Royal.

A ce poste, elle a patiemment, méthodiquement, systématiquement construit ses réseaux et créé les leviers qui, bientôt, pourraient lui permettre de devenir la candidate des socialistes à l’élection présidentielle. Cabinet resserré (mené par Jean-Marc Germain, polytechnicien, son directeur de cabinet à la communauté urbaine de Lille), remise au travail du parti, création du « Laboratoire des idées » afin de réconcilier l’université et la recherche avec le PS, liens constants et directs avec des intellectuels et des chefs d’entreprise dont elle cultive l’amitié depuis toujours… Plus personne ne parle aujourd’hui de la « mort » du PS. C’était la première phase de son action.

La seconde vient de commencer. Après avoir ressoudé les militants socialistes, non pas autour de sa candidature mais autour de la perspective d’une victoire du PS en 2012, elle va désormais consacrer beaucoup de son temps à rassembler les sympathisants de la gauche.

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De gauche à droite : Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, et Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, au Vieux-Boucau (Landes) lors de l’université de rentrée d’Un nouveau monde, le mouvement mené par Benoît Hamon et Henri Emmanuelli (photos O/S)

Benoît Hamon, Olivier Besancenot, Pierre Laurent et Jean-Vincent Placé main dans la main, serait-ce au Vieux-Boucau, au fin fond des Landes, l’image a marqué les esprits, à gauche comme à droite. La scène avait pour cadre, le 19 septembre, l’« université de rentrée » d’Un Monde d’avance, le mouvement mené par Benoît Hamon et Henri Emmanuelli, tous deux membres de la direction nationale du PS, le premier en étant même le porte-parole.

 

Même s’il se situe à gauche de Martine Aubry et du Parti socialiste, Benoît Hamon est un pur produit de l’école Aubry. Ancien conseiller pour la jeunesse auprès de Lionel Jospin, alors premier secrétaire du PS (1995-1997), il entre au cabinet de Martine Aubry, ministre de l’emploi et de la solidarité, comme conseiller technique chargé de l’emploi des jeunes (1997-1998), puis comme conseiller chargé des affaires politiques (1998-2000). Le titre, « affaires politiques », dit tout du lien ancien qui les unit.

En « affaires politiques », il est donc aujourd’hui l’agent de liaison de Martine Aubry avec Olivier Besancenot et les partisans de ce qu’on appelle la « gauche radicale ». Cette « liaison » est évidemment conflictuelle, le NPA se refusant à toute alliance gouvernementale, mais elle est utile, au moins pour deux raisons. En période de mouvements sociaux, comme celui mené actuellement contre la réforme des retraites, il est bon que les militants socialistes voisinent dans la rue avec ceux  de leurs alliés traditionnels mais aussi avec ceux du NPA, manière de montrer au « peuple de gauche » que le PS, tel que le mène Martine Aubry, est bel et bien ancré à gauche.

Dans la perspective des primaires socialistes, la première secrétaire sait que les sympathisants de la « gauche de la gauche » pourraient participer au vote, dans une proportion non négligeable. Entretenir, resserrer même ces liens avec elle et jusqu’au NPA peut s’avérer payant. La droite peut bien dénoncer ce pacte « gauchisant », cela sert objectivement les intérêts immédiats de la première secrétaire du PS.

Pour la troisième phase de l’action de Martine Aubry, il faudra patienter. Tout dépend des primaires socialistes à l’automne 2011 et, avant elle, de la décision de Dominique Strauss-Kahn d’en être ou pas. Si le très probable « pacte de Marrakech » de l’été 2008 les a unis pour la prise de contrôle de l’appareil du PS, il ne prévoit pas d’accord de désistement réciproque automatique aux primaires. Beaucoup soutiennent qu’ils ne partiront pas l’un contre l’autre ; peut-être. D’autres affirment au contraire qu’un débat public les opposant serait de haute volée et éclairant sur les termes possibles d’une alternative de gauche à Nicolas Sarkozy. Ce débat aurait encore l’avantage de mobiliser, et peut-être massivement, l’électorat de gauche lors des primaires. Mais nul ne peut dire aujourd’hui ce qu’ils feront l’un et l’autre, et vraisemblablement ne le savent-ils pas eux-mêmes à ce jour.

En experte des rythmes politiques, Martine Aubry voudrait que DSK se déclare avant la fin de l’année ou au tout début de l’autre, quitte à ne confier sa décision qu’à elle et qu’elle soit rendue publique plus tard, en juin, au commencement de la procédure officielle des primaires. Cela permettrait aux équipes des uns et des autres de travailler efficacement à la rédaction d’un projet présidentiel, qu’il soit commun ou concurrentiel, puis de le populariser avant de le soumettre au vote des sympathisants convoqués aux urnes en octobre 2011.

Au-delà, si elle devait porter les espoirs socialistes à la présidentielle, Martine Aubry entamerait alors la troisième phase de son action. Candidate désignée par un suffrage quasi universel, elle se souviendrait alors, et nous avec elle, qu’elle est la fille de Jacques Delors, européenne et sociale, en bref, capable de rassembler, au-delà de son camp, les fédéralistes et démocrates sociaux fâchés dès aujourd’hui, et certainement demain encore, avec le sarkozysme et son repositionnement nationaliste et populiste. Martine Delors, présidente ?

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