Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. J'anime aussi le groupe d'opposition municipale de gauche "Vivons Bezons" et je suis membre du groupe d'opposition de gauche ACES à la communauté d'agglomération Saint-Germain/Boucle-de-Seine.
Me contacter

en savoir plus

 

Trouve

Gauche Républicaine & Socialiste

1 octobre 2025 3 01 /10 /octobre /2025 20:35

Le vendredi 12 septembre 2025, François Roberge, journaliste radio québécois francophone, m'avait interviewé sur la situation politique de notre pays afin de la décrypter, de l'expliquer pour les auditeurs de Montréal… Il est vrai que la situation de la République française peut paraître relativement lunaire pour nos cousins de la Belle Province. Elle l'est d'autant plus que même si l'entretien n'a été diffusé que ce mardi 30 septembre 2025 à 19h (heure de Paris) et 13h de Montréal, elle n'a toujours pas décantée, la France attend toujours un gouvernement et Sébastien Lecornu, nommé premier ministre le 9 septembre dernier, n'a pas vraiment fait preuve de rupture politique, au contraire : par son entretien, accordé au Parisien le vendredi 26 septembre, il a sans doute tué toute chance d'un accord de non-censure en refusant par principe toute concession significative à la gauche.

Je vous laisse écouter ci-dessous l'enregistrement que vous pouvez trouver sur le site de Radio Centre Ville Montréal 102.3 FM https://www.radio-centreville.com/shows/lhistoire-jugera/

Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire GRS de Bezons
Membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS)
Animateur du pôle Idées, formation, riposte de la GRS

François Roberge : Alors que je suis en France, dans ce pays qui n'a plus de gouvernement. Effectivement, à mon arrivée mardi, le gouvernement n'existait plus puisque la veille, François Bayrou a perdu son vote de confiance à l'assemblée nationale. Et dès le lendemain, mercredi, c'est Sébastien Lecornu, le fidèle des fidèles macronistes, qui a pris sa place, ex-ministre des armées, désormais nommé premier ministre et qui devrait, en principe, convoquer un gouvernement d'ici deux semaines. Pour discuter et y aller de ses premières réactions un habitué de Radio centre-ville: Frédéric Faravel, qui est un élu dans la ville de Bezons, dans le Val-d’Oise, en Île-de-France, qui a accepté notre invitation et qui observe ça, évidemment, avec beaucoup d'intérêt. Frédéric, bonjour et bienvenue à radio centre-ville.

Frédéric Faravel : Bonjour François. Merci pour ton accueil.

FR : Écoute, je vais y aller d'une analyse. Ma première réaction, ça alors, pour l'anecdote, j'étais dans le métro, mardi. J'entends des gens prononcer le nom de Yaël Braun-Pivet comme proposé pour Matignon. Ma réaction était « encore une macroniste !?? ». Et à la sortie du métro, j'ai entendu que c’était finalement Sébastien Lecornu. Alors de toi à moi, pour la macronie, alors, de deux choses l'une est-ce qu’Emmanuel macron n'a pas compris le message ou il s'est dit « là, c'est la dernière chance pour la macronie », t’en pense quoi ?

FF : alors pour les auditeurs déjà quand même, je vais quand même dire d'où je parle. Car je ne suis pas un observateur totalement impartial. J'ai un engagement politique : je suis un des responsables de la Gauche Républicaine et Socialiste en France, un petit parti qui a un député dans le Val-d’Oise, aussi. Je suis donc forcément un peu partial.
On avait écrit, et pour le coup c'est moi qui l'avais écrit, dans un communiqué de presse annonçant avant même la chute de Bayrou, on avait écrit qu'on avait bien compris qu’Emmanuel Macron était en incapacité psychologique à nommer un premier ministre ou une première ministre gauche. Je pense que c'est exactement ça qui se passe malgré les échecs répétés, malgré la sanction à de multiples reprises, de la politique qu’il mène lors des précédentes élections et à plusieurs reprises, avec plusieurs scrutins différents. Emmanuel macron ne veut pas entendre le message des Français.
Il veut trouver un moyen totalement improbable pour avoir quelqu'un à Matignon qui préserve, comme la prunelle de ses yeux, l'essentiel du bilan de son action depuis 2017, à savoir notamment une politique de l'offre et une politique parfaitement injuste fiscalement, qu’il imposé depuis 2017 et qui créent quand même de sérieux dégâts économiques et sociaux d'abord, mais politiques aussi.

FR : Est-ce que tu crois que sa stratégie, c'est justement de pousser, la gauche a faire des concessions, en se disant que si jamais à la gauche, avec Olivier Faure en tête de liste, refait tomber, refait tomber le gouvernement, là, la population va mal l'accepter et la gauche pourrait perdre de la crédibilité. Est-ce que c'est pas un peu ce jeu-là, d'après toi, qu'il mène ?

FF : Emmanuel macron je pense est enfermé dans une « tour d'ivoire ». Il est détesté dans la population française, on a rarement connu à un exécutif en France qui est aussi bas dans l'opinion publique, en termes d'opinions favorables. Donc je pense vraiment qu'il est dans une logique … il tourne sur lui-même ! Il n’y a plus rien qui est connecté avec le reste.
Il a humilié les socialistes en décembre-janvier dernier en nommant Bayrou qui a fait croire qu’il pourrait y avoir une possibilité de débat ouvert sur l'évolution de la réforme des retraites qui, elle aussi, était totalement injuste. Ils se sont fait avoir dans les grandes largeurs. Ils sont extrêmement amers. Je ne vois pas, même à l'aile droite du parti socialiste, qui irait aujourd'hui faire une seule concession à Emmanuel Macron ou à Sébastien Lecornu, si la politique est annoncée par Sébastien Lecornu reste identique à celle qui a été conduite depuis sept ans et qui a été conduite depuis les élections législatives anticipées, qui ont donné une chambre à la majorité introuvable.

FR : Alors, justement, quelle est la mission impossible, selon toi, de Sébastien Lecornu ? Il y a un budget qu'il faut adopter, qu’il faut entériner avant noël ? Est-ce que tu crois qu'il peut réussir malgré tout ?

FF : S’il propose le même budget François Bayrou, que celui que François Bayrou, dont François Bayrou avait annoncé la philosophie en juillet dernier, le 15 juillet dernier, y a pas de majorité ! Y a pas de majorité possible, s’il fait passer ça au 49.3 il sera censuré. C'est un budget qui est totalement injuste, qui est économiquement contre-productif et qui ne marchera pas ! Quarante-quatre milliards de baisse des dépenses ! Ça sera une catastrophe pour l'activité économique du pays. On aura un effet récessif.
Et puis, surtout, le problème français, comme le problème de la plupart des pays européens, n’est pas tant que leurs dépenses publiques exploseraient : on a une évolution des dépenses publiques qui en fait est est assez normal en France comme dans le autres pays. Mais chez nous, ça fait depuis à peu près Nicolas Sarkozy, donc depuis à peu près 2007 que chaque président de la république, et avec Macron cela a été le pompon, décide de tailler dans les recettes. Donc au bout d'un moment, quand vous avez eu une augmentation, parfois nécessaire fortement pendant la crise sanitaire ou la crise de l'énergie voici deux ans – il a bien fallu faire des efforts pour un certain nombre de Français (bon qui sont restés modestes par ailleurs) – vous avez une augmentation des dépenses à ce moment-là, mais après le rythme de l'augmentation des dépenses est redevenu normal… Et si, pour le coup, à côté, vous tapez dans toutes les recettes fiscales ou sociales, le système ne peut pas tenir.
Et ce qui est délirant, c'est qu’au moment de la période fortement instable, où l’on n’avait plus du tout de Premier ministre – Barnier n'avait pas été nommé – Bruno Le Maire, qui était ministre des finances [démissionnaire] d'un gouvernement qui gérait les affaires courantes, était venu pour être auditionné devant les députés de la commission des finances à l'Assemblée Nationale pour leur dire : « Notre politique est excellente … mais la situation est catastrophique, donc il faut continuer » … à faire ce qui a rendu la situation catastrophique, sans aucune autocritique.
Je pense que la macronie en est là et le problème de la macronie est à l’Élysée : Sébastien Lecornu pourra s'en sortir, à condition qu'il fasse ce qu'il a annoncé lors de sa passation de pouvoir à Matignon avec François Bayrou : non seulement une rupture sur la méthode, sur la forme, mais aussi une rupture sur le fond. Il l’a annoncée mais on ne sait pas ce qu’elle contient cette rupture sur le fond. S'il met en cause un certain nombre de mesures qui ont été imposées par Macron pendant ses deux mandats présidentiels, notamment d'un point de vue fiscal, notamment sur la fiscalité des très grandes entreprises et la fiscalité des ultra-riches, il a – peut-être – une voie sur une crête. Sinon : non !

FR : voilà, Frédéric Faravel, je le rappelle, tu es conseiller municipal de Bezons, dans le Val-d’Oise, dans en Île-de-France… en terminant, Frédéric, toi qui es élu municipal, je sais que beaucoup de tes collègues, un peu partout en France, élus dans les communes, commencent à s'inquiéter de cette instabilité politique, en haut lieu, en vue des élections municipales du printemps prochain. On sent que ça nuit un peu, que ça risque de tasser de côté sur le plan médiatique les élections municipales, tout ce branle-bas de combat à l'Assemblée Nationale et à l’Élysée, forcément… Est-ce que tu penses la même chose ?

FF : C'est peut-être des choses qui commencent à se raconter chez un certain nombre de maires ou dans les associations d'élus locaux. Moi sur le terrain, je ne ressens pas ça du tout… c'est-à-dire que les gens sont très énervés d'avoir des responsables politiques qui ne semblent pas se préoccuper de leurs priorités, de leurs angoisses et leurs colères. Mais le fait que les scrutins, s’il y avait dissolution, se percuteraient avec les municipales, mais alors je n’ai vu personne m’en parler dans la rue ! Personne !

FR : à suivre ! Frédéric Faravel, merci beaucoup pour l'entretien et écoute, on se tient au jus parce que rien n'est acté encore en France. Merci beaucoup !

Partager cet article
Repost0

commentaires