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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis alternativement à Bezons dans le Val-d'Oise et à Massy dans l'Essonne. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. Je suis membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, en charge du pôle "Idées, formation, riposte".
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Gauche Républicaine & Socialiste

29 octobre 2026 4 29 /10 /octobre /2026 17:42

🇮🇱Il aura fallu plus de 24 heures pour avoir le dépouillement des 15 derniers pourcents de bulletins (militaires, policiers, diplomates) des élections générales israéliennes du 27 octobre 2026. Netanyahu n'a certes plus la majorité, mais le bloc des opposants conduit par Gadi Eisenkot - qui n'est en réalité uni que par son rejet de "Bibi" et des "sionistes religieux" - n'a pas non plus la majorité. Seuls les HaDemocratim (ancien travaillistes, 8 sièges dans le bleu) appellent à passer un accord avec les partis arabes, mais la droite nationaliste laïque de Liebermann (Ysraël Beytenu, 7 sièges) le refuse catégoriquement (la coalition Beyachad/Ensemble, qui mélange le centre de Yaïr Lapid et la droite nationaliste de Naftali Bennett, ne l'accepterait sans doute pas plus).

Donc on est face à 4 hypothèses qui, de toute façon, font durer l'intérim de Bibi potentiellement 3 mois pendant lesquels il peu faire beaucoup de conneries et monter en épingle (ou inventer) une histoire d'ingérence qatari pour le financement de la campagne des partis arabes (ou reprendre la guerre avec l'Iran et le Liban) :
1⃣ de nouvelles élections…
2⃣ un accord entre le bloc Eisenkot et les partis arabes, sans participation, finalement accepté par les partis de droite nationaliste de ce bloc (qu'en France on qualifierait d'extrême droite) [on a vu que c'était peu probable] ;
3⃣ Netanyahu arrive à débaucher 8-9 élus de la droite nationaliste pour compléter son bloc et faire une majorité qui le maintient premier ministre avec toujours Smotrich et Ben Gvir ; ces deux-là, non contents d'appeler à l'extermination des Gazaouï, encourageront désormais ouvertement les colons religieux de Cisjordanie à mener une guerre ouverte armée contre les Palestiniens de ce territoire ;
4⃣ les 2 blocs explosent : les partis de droite (Likud, Beyachad, Yashar/Eisenkot, Ysraël Beytenu : 66 sièges) s'allient en rejetant les partis religieux classiques  (Shas et UTJ) et les partis "sionistes religieux" (Ben Gvir et Smotrich), d'un côté, et les travaillistes et les Arabes, de l'autre… à condition que le Likud se débarrasse de Netanyahu (c'est pour ça que je ne compte que 66 sièges), tout cela encouragé en sous mains par Isaac Herzog le président israélien… avec comme programme, l'arrêt des réformes qui mettaient en cause l'Etat de droit, l'arrêt de la guerre à Gaza dans quelques mois, la poursuite de la guerre avec le Liban et avec l'Iran, la poursuite à bas bruit de la colonisation de Cisjordanie, mais en arrêtant de couvrir les "exactions trop voyantes" des colons religieux. [hypothèse qui n'est pas si tordue que cela quand on connaît la politique israélienne]

J'aimerais croire aux miracles, mais je suis un adulte.

Il y a cependant un point encourageant dans cette situation déprimante, c'est le vote massif des Arabes israéliens (a priori : 11 sièges pour la liste unie, conduite par la Parti communiste, avec d'autre partis nationalistes arabes laïques et de gauche ; 8 sièges pour Ra'am, parti islamiste "modéré" qui avait soutenu un court gouvernement de droite anti-Netanyahu entre 2021-2022). On est passé d'une participation inférieure à 50% en 2022 à une participation supérieure à celle de l'électorat juif israélien.

L'irruption des Arabes israéliens à la Knesset a une double signification :
- la première, c'est effectivement le couronnement/la confirmation d'une forme d'intégration civique, sociale et culturelle de cette population qui représente tout de même 20% des citoyens d'Israël, malgré les discriminations réelles qu'ils subissent ;
- la seconde, c'est que le choix d'une abstention massive de ces électeurs depuis leur accès au droit de vote, pour des raisons de posture qu'on pouvait comprendre, est devenu intenable, car le risque est croissant dans la société israélienne en elle-même : ne pas voter cette fois-ci c'était donner un pouvoir politique à ceux qui ont encouragé le déferlement de comportements racistes violents désormais assumés dans une partie de la société judéo-israélienne, et leur donner le pouvoir de changer la législation pour donner force de loi au racisme.

Le vote massif des Arabes israéliens pourrait donc représenter une véritable chance pour l'Etat d'Israël : remettre le pays et la société sur les voies de l'inclusion, de la démocratie, de l'Etat de droit et de la construction d'une identité nationale israélienne plutôt que d'une identité nationale juive (je ne vais pas faire mon Shlomo Sand mais quand même). Il serait bienvenu que l'hypothèse 2 l'emporte.

Frédéric FARAVEL
membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste

élections israéliennes 2026 : série à suspense
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