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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis alternativement à Bezons dans le Val-d'Oise et à Massy dans l'Essonne. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. Je suis membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, en charge du pôle "Idées, formation, riposte".
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Gauche Républicaine & Socialiste

9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 11:51
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J'étais interrogé hier à 14h05 (8h05 heure de Montréal) dans l'émission Le Plateau Montmartre par François Roberge de Radio Centre-Ville sur l'analyse du premier tour des élections régionales qui ont eu lieu dimanche 6 décembre 2015.

Vous trouverez le fichier mp3 ci-dessous.

L'occasion de faire prendre conscience à nos cousins québécois la catastrophe électorale qu'elles ont à nouveau révélée :

  • le FN à 30%, en tête dans 6 régions sur 13, dépassant ou approchant les 40% dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, PACA et Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes ;
  • une gauche divisée par la politique gouvernementale, et des électeurs qui ont à nouveau sanctionné la gauche toutes sensibilités confondues, parce qu'ils désapprouvent la politique menée, ce qui a également renforcé le FN ;
  • une droite en tassement, car elle ne convainc pas et a depuis 10 ans crédibilisé le discours de l'extrême droite ;
  • une incapacité à rendre audible dans ces conditions le bilan favorable des équipes de gauche dans les régions, et des projets pour l'avenir ;
  • un second tour très incertain qui risque de voir 3 régions tomber dans l'escarcelle du FN, avec un retrait des listes socialistes dans le Nord et en PACA, qui n'empêchera vraissemblablement pas les victoires de Marine et Marion Maréchal Le Pen ;
  • la nécessité de tout faire pour que les régions françaises conservent des projets progressistes là où c'est encore possible grâce au rassemblement de la gauche, et à l'avenir pour réorienter la politique gouvernementale afin qu'elle respecte enfin les engagements de 2012.

Bonne écoute.

Frédéric FARAVEL

en podcast ici

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 13:39
Portugal : la souveraineté populaire bafouée, nouvel exemple d'évolution post-démocratique en Europe

Le Président de la République portugaise a annoncé hier soir dans une allocution télévisée sa décision de reconduire Pedro Passos Coelho, premier ministre de centre-droit sortant.

Si la coalition PSD/CDS-PP, qu'il menait, est arrivée en tête avec 38,5% des suffrages exprimés le dimanche 4 octobre dernier, elle ne dispose pourtant pas d'une majorité parlementaire, au contraire des forces de gauche qui ont, elles, rassemblé 52% des voix (tous partis confondus).

Pour la première fois dans l'histoire de la démocratie portugaise, Antonio Costa – leader des socialistes portugais – avait engagé et réussi un travail politique important permettant de rassembler l'ensemble des forces de gauche (PS : 32,4%, Bloc de Gauche (BE) : 10,2%, alliance écolo-communiste : 8,3%) derrière un gouvernement disposant d'une majorité parlementaire alternative et absolue de 122 sièges sur 230. Alors qu’Antonio Costa lui a présenté mardi soir un accord de gouvernement majoritaire, le président Anibal Cavaco Silva a décidé de faire fi de cet accord, de faire du message politique extrêmement clair adressé par le peuple portugais pour sortir du « tout austérité ».

Il n'est pas question pour nous d'entrer dans un débat hors sol pour savoir si cette décision respecte la lettre ou l'esprit de la constitution portugaise, mais de condamner avec force le déni de démocratie qu'elle représente.

En effet, le Président portugais a donné pour seul argument de son choix qu'il refuserait de permettre la participation au gouvernement de forces politiques (le Parti communiste portugais et le BE) critiques vis-à-vis des institutions européennes et favorables à la sortie du Portugal de la zone euro. En insistant sur ce point (« Hors de l'UE et de la zone euro, l'avenir du Portugal serait catastrophique »), il a sciemment menti à ses concitoyens puisque le programme de gouvernement rassemblant PS, PCP et BE ne prévoit évidemment ni la sortie de l'UE, ni celle de l'euro et qu'Antonio Costa s'est engagé à respecter les règles financières de l'eurozone.

En fait, M. Cavaco Silva tente un coup de poker : à demi-mot, il espère l’abstention de 16 députés socialistes afin d’obtenir, dans 13 jours, la confiance au gouvernement. Celle-ci semble d’ores-et-déjà utopique. En opposant ainsi une fin de non recevoir définitive à une alternative de gauche pourtant majoritaire, il choisit de maintenir un gouvernement minoritaire de droite qui pourrait ne pas passer le vote de confiance au Parlement et gérer les affaires courantes indéfiniment (c'est-à-dire poursuivre la politique austéritaire engagée par Passos Coelho).

Le Président portugais a pris hier soir le risque de faire entrer son pays dans une période d'instabilité politique, qui ne profitera à terme à aucune force démocratique puisque la souveraineté populaire et l'esprit démocratique sont ainsi battus en brèche.

C'est une nouvelle distorsion entre la volonté exprimée par des citoyens européens et les politiques qui leurs sont imposées. C'était le cas en en 2008 avec la ratification du Traité de Lisbonne malgré le rejet référendaire du TCE en 2005 par les Français et les Néerlandais ; ce fut la même logique lorsque l'eurogroupe a contraignit le gouvernement Tsípras à céder sous sa menace le 13 juillet. À chaque fois, la logique ordo-libérale imposée à la construction européenne« il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités » (Jean-Claude Juncker)nous enferme un peu plus dans une grave dérive post-démocratique, qui risque de tuer à petit feu l'idéal de l'intégration européenne et qui nourrit tous les jours un peu plus les populismes et les formations xénophobes.

Les socialistes français et européens doivent désormais par tous les moyens manifester avec force et détermination leur soutien envers le peuple portugais, Antonio Costa et la coalition de gauche qu’il avait su rassembler. La parole démocratique qui s’est exprimé le 4 octobre dernier doit être respectée. On ne joue pas avec la démocratie sous peine de l’abîmer. Il est temps qu'en Europe les socialistes et toute la gauche se mobilisent ensemble pour exiger une alternative à l'austérité et une réorientation de la construction européenne qui la rende à nouveau conforme aux valeurs démocratique et respectueuses de la souveraineté populaire.

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 14:21
Répondre à la lettre ouverte de Jean-Christophe Cambadélis à la gauche

Le Premier secrétaire du Parti Socialiste a donc - comme il l'avait annoncé lors de l'université d'été du PS à La Rochelle - envoyé une "lettre ouverte à la gauche et aux écologistes". Ce vocable large et imprécis permet de jouer sur l'ambiguïté concernant les destinataires réels de cette missive : parler aux électeurs de gauche et écologistes en général ou s'adresser aux organisations politiques, syndicales et associatives qui s'identifient à la gauche...? Il est peu probable que nos électeurs se précipiteront pour lire ces trois pages et demi, tout comme personne n'avait lu l'adresse du PS aux Français qui enterraient déjà les engagements de la motion majoritaire du congrès de Poitiers ; et il n'est pas sûr que les organisations que Jean-Christophe Cambadélis souhaite pouvoir dépasser (à plusieurs reprises lors du congrès du PS, les responsables de la motion A ont affirmé leur volonté de squizzer les dirigeants écologistes ou du Front de Gauche pour parler directement à leurs électeurs et les mettre face à leurs responsabilités) apprécient forcément le ton et fond de ce courrier.

Pourtant, cette démarche aurait pu être utile, après tant de mois sans dialogue à gauche.

S'adressant à la gauche et aux écologistes dans son ensemble, le premier secrétaire me permettra donc d'avoir un avis sur son propos.

Mon premier sentiment fut de noter le caractère hors sol et particulèrement tactique de cette lettre : s'il s'agissat de parler aux électeurs de gauche, c'est raté, car il y a peu de chances que ceux-ci se laissent émouvoir ou appeler à la réflexion par des considérations qui oublient leurs conditions de vie concrètes.

Le principal sujet n'est pas de savoir ce que la gauche peut faire ensemble au service des Français mais d'en appeler à une réaction de défense contre le "bloc réactionnaire", qui allierait la droite sarkoziste et l'extrême droite. Inventant de nouveaux vocables comme "arabophobie", qui semble remplacer le racisme, villipendiant l'europhobie du bloc réactionnaire - alors même que Les Républicains avouent eux-mêmes que la dernière chose qui les distinguent encore du FN et du Rassemblement Bleu Marine est la politique européenne, les premiers dénonçants la volonté des seconds de quitter la zone euro et l'union européenne -, Jean-Christophe Cambadélis interpèle donc organisations et électeurs "que croyez-vous qu'ils feront de la République et de l'Etat social ?"

Cette stratégie est suicidaire et défaitiste : elle entérine l'irrésistibilité de la montée de l'extrême droite, plutôt que d'envisager la reconquête de ceux des électeurs de gauche qui ont voté Marine Le Pen aux élections européennes et/ou sont tentés de le faire aux élections présidentielles. Il est vrai que le Premier secrétaire du PS s'est convaincu que la principale motivation des électeurs qui renforcent aujourd'hui les suffrages du FN l'ont fait par préoccupation identitaire, alors que tout démontre qu'ils l'ont fait par la déception que la gauche au gouvernement a suscité chez eux au sujet de la question sociale, cette même question sociale que Jean-Marie Le Guen considérait comme accessoire ou secondaire dans sa tribune publiée par Le Point le 21 juin dernier.

De fait, poser le débat en ces termes évite aux dirigeants actuels du PS et du gouvernement d'affronter une question plus gênante : qu'est-ce qui a provoqué la montée du FN au-delà des 20%, et jusqu'à s'approcher des 30% aujourd'hui, depuis 2012 ? A cela, la majorité des électeurs de gauche ont déjà répondu à plusieurs reprises par voie électorale et cela est rappelé par tous les sondages auprès des sympathisants de gauche : ils considèrent que le PS et l'action du gouvernement qu'il soutient ne sont pas assez à gauche. Qu'importe qu'ils ne votent pas pour une alternative à gauche, on sait que l'inertie des institutions de la Vème République et la nature de la gauche française - que nos électeurs considèrent comme un seul bloc et non comme scindée entre des pôles irréconciliables (ce qui invalide depuis le départ la thèse de Jean-Luc Mélenchon et du PG) - ne permettent pas l'émergence d'une alternative à gauche lorsqu'elle est au pouvoir. Ainsi quand le PS perd des électeurs, tous les autres partis de gauche et écologistes en perdent aussi, dans des proportions différentes comme si les électeurs leur reprochaient également les politiques conduites bien qu'ils ne les soutiennent pas. Ceux qui accusent d'ailleurs les "Frondeurs" de s'insurger contre le gouvernement pour sauver électoralement leur peau souffrent d'une grave myopie, puisque l'étiquette PS qu'ils souhaitent conserver leur inflige la même opprobe qu'à ceux qui soutiennent les choix qu'ils dénoncent.

Or tant que le PS n'aura pas analysé sereinement les raisons dans son action gouvernementale qui ont provoqué une profonde déception et nourri l'abstention massive et la croissance du vote FN, l'appel à se rassembler derrière lui pour y faire barrage sera perçu par ses partenaires politiques comme une tartufferie détestable.

Il n'est pas possible de demander à des électeurs et des partis politiques de soutenir un parti qui soutient des politiques gouvernementales qu'ils considèrent comme cause du problème politique dont le FN est le symptôme, le véhicule. Plus le PS jouera sur une tactique de culpabilisation, plus il provoquera des réflexes d'opposition de plus en plus violents.

Comment d'ailleurs ne pas se pâmer quand on demande aux militants écologistes du Nord-Pas-de-Calais/Picardie de rallier des listes conduites par le PS, lorsque dans la même semaine on voit les manoeuvres présidentielles pour faire imploser de l'intérieur EELV grâce à Jean-Vincent Placé et François de Rugy et la ministre de l'écologie annoncer le report de la fermeture de Fessenheim à 2018 ! on aurait voulu les pousser dans les bras du Front de Gauche qu'on n'aurait pas su faire mieux : c'est d'ailleurs ce qui s'est passé, alors qu'il aurait fallu réunir toutes les conditions pour faciliter l'union dans cette région !

Jean-Christophe Cambadélis rappelle "Dans les années 1970 ou bien 1936, les désaccords au sein de la gauche étaient plus graves puisqu'ils portaient sur le modèle de société. Et pourtant la gauche s'est unie." Sauf qu'en 1936 comme en 1970, la gauche ne cherchait pas à dépasser des divergences idéologiques mais avait fait le choix de s'accorder sur un programme politique ; c'était d'ailleurs la grande innovation de François Mitterrand à Epinay en 1971, abandonner l'idée illusoire de refaire le congrès de Tours à l'envers pour afficher la perspective de gouverner ensemble pour transformer la société. Aujourd'hui le premier secrétaire du PS voudrait donc faire croire à nos électeurs et nos partenaires que nous n'avons plus de divergences idéologiques et que rien n'empêche donc d'agir ensemble, alors même que nous avons été incapable de respecter nos engagements économiques et sociaux et que le Président de la République a confié à François Fressoz à quel point il était conscient de tromper ses électeurs et qu'il avait sciemment changé de programme. Comment instaurer la confiance à gauche pour agir ensemble si nous ne tenons pas nos engagements, si nous ne respectons pas les accords politiques (celui conclu avec EELV en 2011) avec nos partenaires.

Guillaume Balas, député européen, a également répondu à notre premier secrétaire ; je me permets ici de le citer : "Un projet qui serait fondé sur l’égalité politique sans prendre en compte les inégalités sociales, la citoyenneté sans sa traduction en droits concrets, l’appel aux valeurs de la République de manière purement théorique, le rassemblement incantatoire face au « bloc réactionnaire » sans autre projet que d’éviter sa prise du pouvoir est condamné à l’échec, un échec électoral mais pire encore, un échec moral."

De fait, le premier secrétaire fait régresser les socialistes au niveau de l'aveuglement de Lamartine en 1848 qui professait alors qu'"avec l'instauration du suffrage universel, il n'y a plus de prolétaires"... Jean-Christophe Cambadélis vient ainsi d'effacer 150 ans d'histoire sociale et politique !

Frédéric FARAVEL

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