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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis alternativement à Bezons dans le Val-d'Oise et à Massy dans l'Essonne. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. Je suis membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, en charge du pôle "Idées, formation, riposte".
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Gauche Républicaine & Socialiste

30 juillet 2007 1 30 /07 /juillet /2007 09:02
 
liemhoangngoc.jpgTaxe antisociale
Le gouvernement étudie une augmentation de la TVA pour financer la protection sociale.
 
Par Liêm Hoang-Ngoc, délégué national à l’économie du Parti socialiste.
Libération : lundi 30 juillet 2007

Eric Besson a été chargé par Nicolas Sarkozy d’évaluer les effets du basculement vers l’impôt du financement de la sécurité sociale. Une telle réflexion n’est pas hors de propos car la santé appartient au champ de la solidarité nationale et des dépenses universelles (elles bénéficient à chaque citoyen et pas seulement au salarié). Celles-ci, en tant que telles, doivent donc être financées par l’impôt et non par la cotisation sociale. Cette réflexion s’impose a fortiori car l’actuel système de financement des dépenses sociales est injuste et pénalisant pour l’emploi.
 
A cet égard, l’ex-secrétaire national en charge de l’économie du Parti socialiste n’a pas pu oublier que le chantier d’un financement «moderne» de la protection sociale est un de ceux où la gauche est particulièrement en avance. La création d’un grand impôt citoyen progressif sur le revenu (à partir de la fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu), proposée par les socialistes, est le moyen le plus juste de faire participer chaque citoyen à la solidarité nationale selon sa faculté contributive.
 
Cette solution évite d’augmenter la TVA ou de multiplier franchises et déremboursements. Le PS propose d’autre part de remplacer les cotisations patronales par une sorte de CSG entreprise, assise sur la valeur ajoutée (plus favorable aux petites entreprises de main-d’œuvre). Cette contribution sur la valeur ajoutée, mettant à contribution les profits, n’a rien à voir avec la TVA, qui taxe le consommateur au premier centime d’euro. Ces propositions sont malheureusement exclues du champ de l’évaluation du gouvernement, qui envisage un seul scénario de fiscalisation : le remplacement des cotisations par une hausse de la TVA dont le taux serait majoré de 3 à 5 points. Eric Besson a bien pris soin, comme il le faisait jadis, de ne pas trop se mouiller en attendant les «arbitrages», en désignant trois «experts» : un «pour» (Michel Didier de Rexecode, institut de recherche du MEDEF), un présumé «contre» (Jean-Paul Fitoussi de L’Observatoire français des conjonctures économiques) et un «dans le vent», Gilbert Cette de la Banque de France.
 
Défendue par le sénateur Jean Arthuis, proche de François Bayrou, cette mesure s’inscrit dans la compétition fiscale, lancée par la «grande coalition» allemande, qui a récemment augmenté de 3 points la TVA, réduit l’impôt sur les sociétés et abaissé les cotisations sociales. La réduction des coûts de production permettrait aux entreprises de baisser leurs prix sans entamer leurs marges.
 
La hausse de la TVA renchérirait quant à elle les importations et freinerait l’intérêt à délocaliser. Cette TVA serait «sociale» parce que les travailleurs sont présumés doublement gagnants, premièrement sur le terrain du pouvoir d’achat (grâce à la baisse des prix), deuxièmement sur celui de l’emploi (grâce aux délocalisations évitées). Malheureusement, la TVA est la solution la plus injuste socialement et la plus discutable quant à ses effets macroéconomiques. Le système fiscal français est déjà faiblement redistributif, en raison du poids des impôts non progressifs (TVA, CSG.). La part de l’impôt progressif sur le revenu dans les recettes fiscales n’est que de 17% alors que le poids de la TVA est de 51% ! Les pauvres la paient au premier centime d’euro dépensé.
 
Les 10% des ménages les plus pauvres consacrent 8 % de leur revenu au paiement de la TVA. Les 10% des ménages les plus riches ne lui concèdent que 3 % de leur revenu. La hausse de la TVA rendra l’impôt encore plus injuste en reportant sur les ménages modestes une part croissante du financement du budget social. Les effets pervers d’une hausse de la TVA sont évidents. Malgré la «baisse des charges», personne ne baissera les prix, ni les grandes entreprises monopolistiques, sommées par leurs actionnaires de maximiser leurs marges, ni les PME, étranglées par leurs donneuses d’ordre. Les baisses de cotisations sociales qui se sont déployées depuis 1993 n’ont aucunement enrayé la «vie chère» et ont occasionné de faibles créations nettes d’emplois.
 
La hausse de la TVA sera donc répercutée sur les prix, tout comme lors de la précédente augmentation de deux points, opérée par Alain Juppé en 1995. Elle déprimera à nouveau le pouvoir d’achat et cassera la consommation, actuellement le seul moteur de la croissance. Si les salaires s’indexaient sur l’inflation, l’effet recherché sur la compétitivité serait nul. La Banque centrale européenne (BCE), dont l’œil est rivé sur l’indice des prix, relèvera une fois de plus ses taux d’intérêt. La croissance ralentie amenuisera les recettes fiscales, de surcroît entamées par les baisses d’impôts directs. Les déficits se creuseront et seront prétextes à de nouvelles restrictions budgétaires en matière de redistribution. Il en résultera une aggravation du chômage et une montée des inégalités.
 
La hausse de la TVA allemande a relancé en un trimestre l’inflation de 0,5 point et freiné la consommation intérieure. La stratégie allemande est en apparence gagnante sur le terrain commercial parce que les industries d’outre-Rhin sont spécialisées sur des créneaux «hors coût» qui leur garantissaient déjà des débouchés mondiaux. La réforme fiscale permet surtout aux actionnaires allemands de bénéficier de dividendes en hausse. Si tous les pays européens s’engageaient dans cette stratégie de «désinflation compétitive», le jeu serait à somme nulle. Aucun gain de part de marché de part et d’autre, mais un marasme économique généralisé qui condamnerait une fois de plus le projet européen auprès des peuples.
 
Enfin, il est tout aussi illusoire de penser qu’une hausse de la TVA permettrait de lutter contre les délocalisations. Pour cela, l’Europe doit utiliser le tarif extérieur commun et réorienter la politique menée par la BCE, défavorable aux industries européennes. Pour lutter contre le dumping social, source de délocalisations intra-européennes, l’Europe doit accroître ses fonds structurels et favoriser l’harmonisation des normes fiscales et sociales. Ces choix seraient sérieusement compromis par la ratification d’un minitraité, consacrant un super marché européen à 27 et sonnant le glas d’une Europe politique à même de maîtriser les effets pervers du libre-échange.
 

Auteur de Vive l’impôt!, Ed. Grasset.
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12 juillet 2007 4 12 /07 /juillet /2007 16:02
Liêm Hoang Ngoc invité de I>Télé
I>Débat animé par Jean-Jérôme Bertolus | 12 juillet 2007
ligne
Face au député des Yvelines Jean-Michel Fourgous, Liêm Hoang Ngoc revient sur la politique fiscale du gouvernement. Extrait de l’intervention de Liêm Hoang Ngoc : "La droite nous fait un discours pseudo-social pour masquer des cadeaux fiscaux évidents en direction des hauts revenus. Le bouclier, par exemple, c’est un chèque de 580 millions d’euros qui va être distribué aux 13000 contribuables les plus riches. Le bouclier fiscal c’est aussi la suppression de l’ISF, qui avait été créé pour financer en partie le RMI. A l’heure où vous parlez de revenu de solidarité active, je trouve que c’est un peu indécent que de supprimer, sans avoir le courage de le dire, l’ISF."

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10 juillet 2007 2 10 /07 /juillet /2007 11:00
Ce matin je suis exceptionnellement parti plus tard de mon domicile. Benoît Hamon passait pour la première fois dans les Quatre Vérités de Télématin sur France 2, et je me suis dit qu'il fallait regarder, vérifier comment il s'en tirait. J'estime que c'est l'un des rares  "nouveaux responsables" du Parti socialiste qui sorte un peu du lot et j'aurais été assez déçu qu'il se prenne les pieds dans le tapis face aux journaliste de France 2.
J'avoue avoir été rassuré vous pouvez vous même aller visionner l'interview (pour cela il vous suffit de
cliquer  ici). Benoît s'est efforcé de ramener le niveau de la discussion politique là où elle le mérite : sur le fond de la politique économique et sociale de Nicolas Sarkozy afin de dissiper les illusions tant européennes que nationales que notre président-prestidigitateur déploient avec talent dans des médias serviles. 11 à 15 milliards de déficit supplémentaires du fait des cadeaux fiscaux que Nicolas Sarkozy va faire aux plus aisés des Français, cela inquiète légitimement nos partenaires au regard des engagements que nous avons vis-à-vis d'eux (quelque soit l'avis que l'on porte sur le fond de ces engagements) et Sarkozy serait sorti du conseil des ministres des finances en ayant convaincu les grands argentiers européens de sa capacité à atteindre le déficit zéro d'ici 2010 ou plutôt 2012 : Christine Lagarde dans l'entretien qu'elle honorait sur France Inter ce matin à 8h20 nous a assurés de la magnifique prestation du président et de sa fierté "en tant que simple Française" d'être aux côtés d'un président si convaincant (avait-elle  elle-aussi besoin d'être convaincue de la politique qu'elle est censée exécuter ?), mais surtout elle a indiqué que ce sont les réformes structurelles promises par le Président de la République aux ministres européens qui avaient rassuré ses homologues... quelles réformes structurelles précisément ? on ne l'a pas su, le journaliste de France Inter (Nicolas Demorand est en vacances et la qualité des interviews s'en ressent) n'a pas considéré que cela valait la peine d'aller plus loin. Il n'y a pas d'autres solutions pour rassurer les ministres européens que celles qu'évoquaient Benoît Hamon ce matin : coupes drastiques dans les comptes sociaux et le fonctionnement de l'Etat, réduction du périmètre et de la qualité des services publics dans de futurs budgets de rigueur car personne ne croit sérieusement que c'est en offrant des cadeaux fiscaux aux riches que l'on relancera l'économie française "quand vous donnez 100 €  à quelqu'un qui est riche, ces 100 € il les épargne, quand vous donnez 100 € à quelqu'un qui est modeste, en général il les consomme et cet argent est utile parce qu'il rentre dans l'économie...". Une fois de plus ce sont les Français moyens et modestes qui paieront les mesures idéologiques de la droite.
Il faut dire que la télévision et la radio publique s'en donne à coeur joie depuis quelques temps pour présenter sous son meilleur jour la politique du gouvernement de Nicolas Sarkozy :
  • - quand Christine Lagarde explique que les exonérations des droits de succession vont toucher désormais grâce à elle 95% des contribuables, les journalistes oublient de rappeler qu'il y a plusieurs années que ces exonérations concernent déjà 80% des Français, donc on va juste faciliter la vie à 15% des Français parmi les plus aisés (seuls les 5% les plus riches devront encore verser une obole) ;

  • - quand elle dit ce matin encore que les principales mesures fiscales en coût du gouvernement vont toucher le plus grand nombre, elle prend l'exemple des droits de succession (CQFD plus haut) et des heures supplémentaires défiscalisées, dont on ne sait pas aujourd'hui ce qu'elles coûteront réellement ni combien de personnes elles toucheront puisque ce n'est pas en les défiscalisant qu'on créera par génération spontanée des plans de charges nécessitant des heures supplémentaires ;

  • - enfin quand le journal de 7h30 de Télématin présentait le dossier sur le "paquet fiscal" mis en débat à l'Assemblée nationale, quelles étaient les images pour illustrer le bouclier fiscal fixant à 50% maximum (y compris CSG et CRDS) ce que les contribuables doivent verser à l'Etat ? un déclaration d'impôt d'un foyer déclarant 18 000 et 20 000 € de revenus annuels (soit 38 000 €) : vous en connaissez beaucoup vous des foyers qui déclarent 38 000 € de revenus annuels et qui peuvent être concernés par le bouclier fiscal ?

Fred
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22 juin 2007 5 22 /06 /juin /2007 09:27
Paquet fiscal : pour accroître les injustices
Liêm Hoang Ngoc - Politis | 21 juin 2007

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Les mesures fiscales néo-conservatrices de la France d’après l’élection présidentielle vont accroître les injustices fiscales. La quasi-suppression des droits de succession est contraire au principe libéral d’égalité des chances, affirmerait un authentique Self made Man comme Bill Gates, qui s’est récemment élevé contre un projet de ce type dans l’Amérique de George Bush.

Le bouclier fiscal à 50% supprimera de fait l’ISF. La déductibilité des intérêts d’emprunts pour la résidence principale est une aubaine pour les ménages aisés déjà détenteurs de logements. Elle ne favorisera en rien l’accès à la propriété de la moitié des foyers qui n’est pas imposable et entretiendra de surcroît la flambée des prix de l’immobilier. La hausse de la TVA (trompeusement baptisée TVA «sociale»), envisagée pour réduire à nouveau les cotisations sociales, ainsi que la franchise médicale, auront pour effet de reporter sur les ménages une part croissante du financement de la sécurité sociale. Enfin la défiscalisation des heures supplémentaires sous-entend que ceux qui ne veulent pas «travailler plus» sont les seuls responsables de la stagnation de leur pouvoir d’achat, à laquelle l’exploitation capitaliste serait absolument étrangère… Cette politique fiscale n’est pas seulement une politique de classe. Elle s’avère à contre-emploi pour un gouvernement qui entend relancer la croissance et réduire la dette.

 

Avant même le débat sur la première loi de finance élaborée sous sa responsabilité, le nouveau Ministre du budget a déjà annoncé une pause dans la réduction des déficits publics ! Les réformes envisagées risquent en effet d’accélérer l’érosion des ressources fiscales sans produire d’effet positif sur la croissance. Le coût cumulé de la baisse de la progressivité du seul impôt sur le revenu peut être chiffré à 30 milliards d’euros de 2002 à 2007. Les allègements envisagés pour 2008 s’élèveront à 15 milliards d’euros. La baisse du taux marginal des tranches supérieures depuis 2000, puis la réduction de 7 à 5 du nombre de tranches, le bouclier fiscal à 60% et la précédente baisse des droits de succession, instaurés par le Gouvernement Villepin, ont déjà pour effet de réduire la redistributivité du système pris dans son ensemble, engendrant des incidences macroéconomiques perverses observables à l’œil nu. Les réformes envisagées risquent d’accélérer cette tendance.

 

Les allègements fiscaux bénéficiant aux hauts revenus soutiennent certes la consommation des ménages aisés. Ils gonflent aussi, à travers la forte épargne des rentiers sur les marchés, une bulle boursière qui se forme dès lors que, comme on le constate, l’augmentation du cours des actions ne s’accompagne pas d’investissements dans l’économie réelle. Son éclatement ne manquerait pas de produire des effets récessifs. La hausse des hauts revenus nourrit également une spéculation immobilière. Celle-ci renforce le pouvoir des propriétaires face à la masse des locataires, dans l’impossibilité d’accéder à la propriété et condamnée à leur verser une rente de plus en plus élevée. Enfin, la hausse de 3 à 5 points la TVA, prévue pour réduire à nouveau les cotisations patronales, touchera au premier chef les ménages à faible revenu. Ces derniers consacrent déjà plus de 8% de leurs revenus au paiement de la TVA, alors que les 10% des ménages les plus aisés, bénéficiaires des nouvelles baisses d’impôt, n’y consacrent que 3% de leurs revenus. La consommation populaire s’en trouvera atteinte car il est peu probable que la baisse des cotisations patronales se traduise par une réduction de l’inflation. Les baisses de «charges», qui se sont déployées depuis quinze ans, n’ont pas enrayé la «vie chère» et n’ont pas engendré plus de 200 000 créations d’emplois. La dernière hausse de deux points de la TVA, opérée par Alain Juppé en 1995, fut par ailleurs intégralement répercutée sur les prix.

 

Désormais, le seul moteur de la croissance est la consommation de 10% des ménages, les ménages les plus aisés. Ceci s’avère insuffisant pour que l’économie retrouve le plein-emploi, à l’heure où l’investissement et les exportations sont en berne, pour cause d’absence d’innovations de la part d’entreprises pourtant excessivement profitables. Il en résulte un déficit de recettes fiscales par rapport à celles qui sont anticipées dans le cadre de chaque préparation de budget. La mauvaise dette prolifère, celle qui finance d’inutiles cadeaux fiscaux. Ces derniers, loin de peser sur les générations futures, profitent déjà aux créanciers de l’État... L’économie de rentiers qui se constitue est donc plus que jamais tributaire de la consommation et de la spéculation des classes aisées, pour le meilleur, comme pour le pire. Quant aux serviteurs de la chose publique, ils seront montrés du doigt lors des prochains exercices budgétaires. La «Réforme de l’État» réduira de moitié les effectifs des services publics, où le droit de grève sera prochainement limité…

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15 juin 2007 5 15 /06 /juin /2007 08:13
Pour ou contre la TVA "sociale" ?
Le point de Vue de Liêm Hoang Ngoc, économiste - Le Monde | 15 juin 2007

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La question fondamentale en matière de fiscalité est : qui paie ? En raison du poids des impôts proportionnels (TVA, CSG…), le système fiscal français est déjà des plus injustes. La TVA représente aujourd’hui 51% des recettes fiscales contre 17% pour l’impôt sur le revenu. Les pauvres la paient au premier centime d’euro dépensé pour leur pain quotidien. Les 10% des ménages les plus pauvres concèdent 8% de leur revenu au paiement de la TVA. Les 10% des ménages les plus riches ne lui consacrent que 3% de leur revenu. La hausse de la TVA rendra l’impôt encore plus injuste en reportant sur les pauvres une part croissante du financement du budget.

Malgré la baisse des charges prévue, ni les grandes entreprises, sommées par leurs actionnaires de maximiser leurs marges, ni les PME, étranglées par leurs donneuses d’ordre, ne vont baisser leurs prix. Demander à un restaurateur s’il baissera ses prix si on lui accordait la baisse de TVA qu’il demande de 19,6% à 5,5%, il vous répondra non. Croyez-vous qu’il les baissera si on l’augmente à 22 ou 25% ?

 

Les baisses de cotisations sociales qui se sont déployées depuis 1993 n’ont aucunement enrayé la "vie chère". Avec une telle mesure, les prix augmenteront et provoqueront une détérioration du pouvoir d’achat des ménages, ce qui cassera la consommation, actuellement le seul moteur de la croissance. La hausse de la TVA allemande a déjà relancé l’inflation de 0,5 point au premier trimestre et risque de freiner la consommation intérieure. En apparence, la stratégie allemande est gagnante sur le terrain commercial parce que les industries d’outre-Rhin sont spécialisées sur des créneaux "hors coût" qui leur garantissaient déjà des débouchés mondiaux. La réforme fiscale permet surtout aux actionnaires allemands de bénéficier de dividendes en hausse…

 

La BCE, dont l’œil est rivé sur l’indice des prix, risquerait de relever une fois de plus ses taux d’intérêt. La croissance ralentie amenuiserait les recettes fiscales, déjà entamées par les baisses d’impôts directs. Les déficits se creuseraient, justifiant de nouvelles restrictions budgétaires en matière de redistribution. Un cercle vicieux s’instaurerait et les inégalités se creuseraient.

 

Si tous les pays européens s’engageaient dans cette stratégie de "désinflation compétitive", le jeu serait à somme nulle. Aucun gain de parts de marché de part et d’autre, mais un marasme économique généralisé qui condamnerait une fois de plus le projet européen auprès des peuples. Des effets positifs sur l’emploi ? On estime à 200 000 le nombre de créations nettes d’emplois occasionné par ces politiques de baisse de cotisations salariales depuis une quinzaine d’années, chiffre qui reste très limité.

 

Liêm Hoang-Ngoc, maître de conférences à Paris I et chercheur au centre Panthéon-Sorbonne Economie, rattaché au CNRS

 

Propos recueillis par Anne-Gaëlle Rico

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14 juin 2007 4 14 /06 /juin /2007 08:41
un sujet n'est jamais abordé dans le débat de la TVA sociale : celui de la responsabilité sociale des entreprises... En effet voilà plusieurs années que l'on seurine avec  le fait que seule la baisse du coût du travail et donc des cotisations sociales patronales permettent de créer de l'emploi.  C'est oublier que les cotisations chômages et familiales  sont déjà inexistantes depuis bon nombre d'années sur tous les bas salaires et surtout que c'est l'activité qui crée de l'emploi.
Mais surtout comme pour la prime pour l'emploi (créée par la gauche), ce type de dispositif décharge les entreprises de leurs responsabilités dans la société : responsabilité de payer correctement les salariés pour la prime pour l'emploi, responsabilité de participer à l'effort social qui permet de financer l'assurance-maladie, l'assurance-chômage et les allocations familiales, permettant aux salariés d'être en bonne santé, d'avoir une certaine sécurité, et finalement d'être productif pour l'entreprise - donc ça leur profite aux entreprises !
S'il y a un problème sur le financement de la sécurité sociale c'est sans doute dans le fait qu'effectivement il pèse exclusivement sur le travail - et que au bout d'un moment ça coince - 22 millions de salariés pour 40 millions d'habitants en 1945, 24 millions de salariés pour 60.5 millions d'habitants en 2007 - mais dans ce cas il s'agit d'élargir l'assiette aux bénéfices, pas de faire des baisse de cotisations sociales compensées par une taxe sur la consommation des ménages modestes et moyens, sans que cela ne crée (selon toutes les études) plus de 25 000 emplois et sans résoudre les problèmes de financement.
Fred
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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 15:55
"Avec la TVA sociale, il y a bien une perte de pouvoir d'achat"
LEMONDE.FR | 07.06.07 | 12h52  •  Mis à jour le 13.06.07 | 16h38

L'intégralité du débat avec Xavier Timbeau, directeur du département Analyse et Prévision de l'OFCE, centre de recherche en économie de Sciences Po. En partenariat avec l'OFCE., mercredi 13 juin, à 15 h .

enoit : Quels sont les éléments objectifs qui permettent de penser que l'inflation pourrait être de retour et quels sont les principaux arguments des tenants de cette thèse ?

Xavier Timbeau : Les éléments objectifs sont assez peu nombreux.

Il y a 1) les indices de prix à la consommation publiés chaque mois. Pour faire un panorama rapide, en gros, ils sont stables et bas en Europe, ils sont, après avoir légèrement accéléré à la fin de l'année 2006, aux Etats-Unis, revenus à des niveaux très contrôlés ; ils ont tendance à accélérer légèrement au Royaume-Uni, et un tout petit peu dans les pays d'Asie en développement.

En revanche, au Japon, les indices de prix caractérisent toujours une situation de déflation. De ce côté-là, les développements récents (depuis le début 2007) ne sont pas porteurs d'inquiétudes.

2) Deuxième indicateur : les prix de l'énergie, des matières premières.

Là, effectivement, on assiste à des tensions sur les prix qui sont liées à des demandes de matières premières et de pétrole très importantes.

Mais ce qui avait été un des facteurs de la cause de l'inflation dans les années 1970 ne paraît pas se transmettre en spirale inflationniste.

3) Troisième élément : le développement des stocks de monnaie, de la masse monétaire, en particulier le développement des crédits, qui se vérifie dans pratiquement toutes les économies du monde.

Et pour un monétariste acharné, il y a là effectivement un signe particulièrement fort de risque inflationniste. La masse monétaire en Europe, par exemple, croît à plus de 10 % par an.

Cela étant dit, le développement d'outils financiers très sophistiqués et l'accès à des instruments de liquidité par l'ensemble des agents rend les mesures de la masse monétaire complètement illusoires et désavouent cette mesure en tant qu'indicateur d'inflation.

4) 4e élément : les développements récents sur les taux d'intérêt longs, et en particulier leur remontée récente. On pourrait penser que celle-ci est due à des craintes inflationnistes. On n'a pas beaucoup d'éléments pour étayer cette thèse.

Si la hausse des taux est indéniable, elle peut être liée à d'autres facteurs que l'inflation. D'autre part, si l'on regarde les obligations indexées qui sont censées révéler dans l'évolution des taux la partie liée à l'inflation, on s'aperçoit qu'elles ne révèlent pas d'élément notable d'accélération de l'inflation.

5) dernier élément, souvent avancé par la BCE : l'amélioration de la situation du marché du travail en Europe, qui pourrait à moyen terme conduire à des augmentations de salaires, ce qui pour la BCE porte le germe d'une inflation.

Ce dernier élément pourrait être discuté longuement, mais jusqu'à maintenant, les évolutions salariales ont plutôt été un facteur de déflation en Europe, il est donc toujours réjouissant de voir la BCE voir, de ce côté-là, un risque d'inflation.

toto : Il fut un temps (années 1970) où l'inflation finançait notamment les crédits contractés pour le logement. L'inflation résorberait aussi le poids de la dette. Alors pourquoi la craindre ?

Xavier_Timbeau : C'est une remarque excellente, et c'est la raison pour laquelle aujourd'hui, justement, il faut craindre l'inflation. On hérite de 15 ans de lutte avec succès contre l'inflation. Cette lutte a été coûteuse en termes de croissance, de chômage.

Mais cette période d'inflation très basse a permis un développement spectaculaire des relations financières, et donc le développement du crédit, que ce soit pour un ménage, pour des entreprises ou pour des Etats.

Mais l'équilibre bien compris de ce développement financier est que le créancier y trouve aussi son compte.

Aujourd'hui, donc, un retour de l'inflation se traduirait principalement par un formidable retour en arrière en matière de développement du crédit et des relations financières.

Un retour de l'inflation induirait aussi, puisque les niveaux d'endettement sont très élevés, des transferts de revenus considérables entre ceux qui sont endettés à taux fixe, qui y gagneraient fortement, ceux qui ont prêté à taux fixe, qui y perdraient énormément, ou ceux qui ont prêté à taux variable, qui y perdraient.

Un point par exemple de taux d'inflation induirait des transferts entre agents économiques comparables à une augmentation du prix du pétrole de 30 dollars. Il y a là matière pour un séisme dans l'équilibre actuel de l'économie mondiale tout à fait important. Il y aurait des gagnants, mais aussi beaucoup de perdants.

Et à moyen terme, on y perdrait la confiance dans le système financier.

Moubarack : Quel est le bon niveau d'inflation pour l'Europe, tenant compte de ses besoins en créations d'emplois?

Xavier Timbeau : C'est une question importante parce que le bon niveau d'inflation est un niveau bas, mais en même temps ce bas niveau d'inflation doit autoriser des variations de l'inflation, et donc il doit être bas en moyenne (si le prix du pétrole s'accélère, pourquoi ne pas avoir une accélération de l'inflation ?).

Par ailleurs - thèse développée aux Etats-Unis -, le niveau de l'inflation ne doit pas être trop bas pour ne pas risquer de tomber dans la déflation.

Et l'argument est assez simple : quand on entre en déflation, il est très difficile d'en sortir, comme le montre tous les jours le cas de l'économie japonaise.

Donc en résumé, il faut un taux d'inflation bas, mais avec une règle souple et une grande prudence pour ne pas tomber dans la déflation. Cela conduit à une inflation souhaitée pour la zone euro probablement supérieure à celle que la BCE a en tête.

clo : Pourquoi la BCE augmente encore son taux directeur (4 %) alors que le taux d'inflation annuel reste proche de 2 % ?

Xavier Timbeau : L'argument de la BCE est de dire : la politique monétaire met du temps à produire ses effets, donc ce qui compte, ce n'est pas l'inflation aujourd'hui, mais l'inflation dans neuf mois.

Or, en Europe, le chômage a baissé, donc il va y avoir des tensions sur les salaires et il faut au moins remettre la politique monétaire à la neutralité.

Evidemment, cela pose un lourd problème qui est : est-ce que cette anticipation d'un lien entre baisse du chômage et inflation à 9 mois est fondée ou pas ?

Ou est-ce que le taux de chômage de la zone euro peut descendre en dessous de 7 % sans que pour autant il y ait inflation ? La réponse à cette question de la BCE est non.

Et ce n'est pas très réjouissant pour les perspectives d'évolution du chômage en Europe.

La BCE a une stratégie aujourd'hui qui est l'exact opposée de la stratégie de Greenspan dans les années 1990, période où le chômage aux Etats-Unis est passé de 8 % à 4 % et où la croissance y est passée de 2 % à 4 %.

Dans cette période, Greenspan a choisi la voie du pragmatisme absolu et avait décidé de ne pas croire aux prévisions d'inflation. Avec le recul, il a eu raison.

t : L'euro fort est-il le meilleur moyen de lutter contre l'inflation en Europe?

Xavier Timbeau : Oui, c'est un des moyens pour lutter contre l'inflation en Europe. Mais il faudrait qu'il y ait de l'inflation en Europe.

L'euro fort a des avantages : il nous permet d'acheter à bas prix ce qui est fabriqué ailleurs dans le monde ; et il a un coût : nous perdons en compétitivité, en attractivité, et nous localisons de moins en moins de productions sur le territoire européen.

Donc à un moment donné, il faut faire un choix entre ces deux éléments, le positif et le négatif. Et on est probablement aujourd'hui dans un coin : on a choisi à outrance davantage de pouvoir d'achat au détriment de davantage de compétitivité.

josy : La hausse des matières premières est là ! L'immobilier est déjà une bulle en Espagne... et vous ne croyez toujours pas à une reprise de l'inflation ?

Xavier Timbeau : Je ne vois pas aujourd'hui, dans ces éléments-là, matière à craindre l'inflation.

Il y a un risque inflationniste qui existe, mais il est lié à un élément beaucoup plus subtil : les politiques monétaires menées dans chaque pays voient leurs effets dilués sur l'ensemble du monde, et poussent les banques centrales, soit à de l'insouciance ou à l'indifférence, soit à surréagir, en luttant trop fort contre l'inflation ou en se battant désespérément contre la déflation.

L'inflation étant devenue un phénomène essentiellement global, il faudrait, pour la maîtriser complètement, une politique monétaire globale. Or aujourd'hui, la politique monétaire est tout sauf globale.

C'est ce qui porte un risque d'instabilité de l'évolution des prix mondiaux, un risque à la fois d'inflation ou de déflation. Et, du fait des interdépendances financières, c'est un risque qui aurait des conséquences considérables sur l'économie réelle.

La bulle immobilière en Espagne ne fait qu'illustrer le découplage entre les conditions locales et les phénomènes globaux. Mais il n'y a pas de raison de penser que l'inflation immobilière en Espagne va gonfler jusqu'à devenir une inflation mondiale.

coassak : Comment s'explique l'affirmation selon laquelle les prix ne grimperont pas malgré l'instauration d'une TVA (sociale !) supérieure ?

Xavier Timbeau : Si l'on fait une TVA sociale pure, c'est un schéma dans lequel on augmente d'un côté la TVA et de l'autre on baisse les cotisations sociales employeurs.  Pour chaque milliard de recettes de TVA en plus, on abaisse le coût des entreprises d'autant.

Donc si tout se passe bien, d'un côté les prix de production baissent, et de l'autre côté les prix TTC compensent cette baisse des prix de production.

Cela n'est pas vrai pour les produits exportés, qui ne font que baisser, et pas vrai pour les produits importés, qui, eux, augmentent.

Donc l'affirmation selon laquelle la TVA sociale n'augmentera pas les prix est vraie si tout se passe bien et si on fait la moyenne entre le prix des produits importés et celui des produits exportés.

En revanche, la TVA sociale conduit bien à prendre du pouvoir d'achat au consommateur, car il va payer plus cher les produits importés, pour favoriser la compétitivité des entreprises. Du côté du consommateur, il y a bien une perte de pouvoir d'achat.

Asimov : En cas d'instauration de la TVA sociale, ne pensez-vous pas qu'il y a un risque que les entreprises, pour ne pas être accusées de favoriser l'inflation, ne la répercutent sur les produits en jouant sur la qualité ou la quantité, ce qui leur permettrait de donner l'illusion que les prix restent inchangés tout en conservant leurs marges ?

Xavier Timbeau : C'est un risque. Les entreprises ont tout un tas de stratégies pour manipuler leurs prix.

A cela, a priori, une remarque s'impose : si la concurrence est grande entre les entreprises, qu'elles jouent sur leurs prix ou sur la qualité des produits, la sanction du marché finit par arriver.

Donc en conclusion, ce phénomène est d'autant plus probable que les entreprises ont un pouvoir de marché, et en revanche, il est d'autant moins probable qu'elles sont exposées à une concurrence féroce.

Renault aujourd'hui aura beaucoup de mal à jouer de cet effet, car ses produits sont scrutés dans toutes les dimensions, de la qualité et du prix.

Par contre, dans le secteur des télécoms, le pouvoir de marché est plus grand, donc la capacité de manipulation est aussi plus grande.

doudou : La TVA sociale est censée pénaliser les importations. L'Allemagne, notre plus grand partenaire européen, a mis en place cette TVA. Sait-on si nos exportations là-bas en ont pris un coup ? Et dans quelle mesure ? Peut-on alors penser que, petit à petit, si chaque pays met en place cette taxe, tous nos produits seront pénalisés ?

Xavier Timbeau : La TVA sociale joue comme une dévaluation, elle accroît la compétitivité.

Quand un pays la fait, il gagne en compétitivité, mais la contrepartie automatique, c'est que ses voisins perdent en compétitivité. C'est un jeu à somme nulle.

Donc c'est tout le débat autour de la TVA sociale : doit-on la faire parce que les Allemands l'ont fait, pour regagner la compétitivité qu'ils ont gagnée sur nous ?

Et les avantages de cette TVA sociale ne seront-ils pas perdus quand les Espagnols ou les Italiens feront pareil ?

Aujourd'hui, en tout cas, les effets sur le commerce extérieur sont tout à fait caractéristiques, puisque l'Allemagne a un commerce extéieur florissant, alors que la France, l'Espagne, l'Italie ont un commerce extérieur très dégradé.

On peut même montrer que l'Allemagne a perdu des parts de marché hors de la zone euro, subissant comme les autres l'appréciation de l'euro, mais qu'elle a gagné des parts de marché à l'intérieur de la zone euro.

nil : Peut-on craindre une spirale inflationniste en Chine ? Aurait-elle des impacts au niveau mondial ?

Xavier Timbeau : On peut craindre beaucoup de choses en Chine : une spirale inflationniste, du surinvestissement, qui conduirait à une spirale déflationniste, une accumulation de mauvaises créances par le système financier, donc des mécanismes de récession à la japonaise.

On peut craindre soit une crise de change, soit que la Chine soit l'acteur d'une crise de change sur le dollar, car la Chine possède des réserves phénoménales. Et l'économie chinoise a un poids aujourd'hui dans l'économie mondiale qui est de moins en moins marginal.

Donc une crise massive en Chine aura des conséquences sur le reste du monde.

Cela étant dit, imaginons qu'il y ait une déflation ou une crise inflationniste en Chine, la globalisation, et en particulier la globalisation de la production, conduira à une réallocation de la production, non plus du monde vers la Chine, mais de la Chine vers le reste du monde.

Donc, assez rapidement, la crise chinoise serait contenue dans le territoire chinois. L'exemple du Japon est encore frappant à cet égard, puisqu'au début des années 1990 le Japon est entré dans une crise de déflation très grave, et qui finalement n'a pas eu beaucoup de conséquences, sauf peut-être l'émergence de la Chine.

Donc une crise en Chine serait probablement absorbée par l'économie mondiale.

Il y a encore une profonde différence à cet égard entre les Etats-Unis et la Chine. Une crise dont le point de départ serait les Etats-Unis serait plus lourde de conséquences qu'une crise dont le point de départ serait la Chine.

Pignouf : Une exonération fiscale des intérêts pour l'achat d'immobilier en France ne risque-t-elle pas d'augmenter le demande de logements sans augmenter l'offre, et donc de faire augmenter les prix (alors que l'on commence à voir un ralentissement de la hausse des prix) ?

Xavier Timbeau : Le mécanisme est très bien décrit : la déduction des intérêts d'emprunt va augmenter le pouvoir d'achat des ménages qui souhaitent emprunter ; en gros, au maximum, pour un couple, cela correspond à une augmentation du pouvoir d'achat de 7 500 euros, soit, si on prend une transaction moyenne à 150 000 euros, un gain de pouvoir d'achat de l'ordre de 5 %.

Le gain de pouvoir d'achat est instantané, le marché immobilier met beaucoup de temps à ce qu'il y ait de nouvelles constructions, donc le pouvoir d'achat a tendance à se matérialiser sous forme de hausse des prix.

Comme là le pouvoir d'achat augmente de 5 %, l'ordre de grandeur de l'augmentation des prix sera de 5 %.

e chiffre est à relativiser. Ces dernières années, on a connu des hausses de l'ordre de 15 % par an. Le chiffre de 5% reste donc modéré tout en restant significatif.

nil : Est-ce qu'il existe toujours une relation significative entre l'inflation et les anticipations des agents (ménages et industriels) en matière d'inflation?

Xavier Timbeau : On ne peut malheureusement pas répondre à cette question. C'est le problème pour la conduite de la politique monétaire. Les anticipations d'inflation sont aujourd'hui bloquées sur les cibles d'inflation des banques centrales.

Et les anticipations aujourd'hui ne reflètent que la confiance qu'ont les agents dans les banques centrales.

Tant que les agents ont confiance dans les banques centrales, ils sont convaincus que l'inflation ne dépassera pas, par exemple 2,5 %, donc ils situent leur anticipation d'inflation en dessous de ce plafond. Du coup, leur anticipation d'inflation ne fait que révéler leur confiance dans la Banque centrale.
 
En revanche, les anticipations d'inflation, si cette confiance venait à disparaître, ferait un bond rapide, montrant un profond changement de nature dans la façon dont les agents se mettent à anticiper l'inflation.

Mais jusqu'à maintenant, rien n'est venu perturber cette confiance.

pascal : Pensez-vous qu'il y a un écart important entre l'inflation telle qu'elle est perçue et l'inflation réelle ? Quels facteurs expliquent ce décalage ?

Xavier Timbeau : Il y a une différence entre l'inflation perçue et l'inflation mesurée, en tout cas en zone euro, et ce phénomène est très développé depuis l'introduction de l'euro.

Il y a une part de facteur psychologique qui a été largement avancée et argumentée par les banques centrales de la zone euro, qui ont beaucoup insisté sur ce caractère psychologique de cet écart de perception.

En revanche, il y a peut-être un peu plus d'attention à accorder à cet écart et il faut en chercher la signification. Probablement ce que les économistes appellent l'inflation ne correspond pas exactement à ce que les consommateurs appellent l'inflation.

Pour ceux-ci, c'est plus une notion de pouvoir d'achat que le concept beaucoup plus étroit d'inflation des banques centrales.

Cela peut expliquer aussi ce hiatus croissant qui existe entre, d'un côté, une situation économique dans laquelle on avance souvent une inflation faible, voire un risque de déflation, et de l'autre, un sentiment de pouvoir d'achat très dégradé.

Les deux ne sont pas incompatibles, mais aujourd'hui, probablement, les banques centrales refusent l'interpellation

Chat modéré par Pauline Schatz
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11 mars 2007 7 11 /03 /mars /2007 07:53

Img_9993_1Passionnant débat mercredi 28 février 2007 au Parlement Européen. Comme chaque année à l'initiative de la commission affaires économique et monétaire du Parlement européen, les parlements nationaux des 27 états membres étaient invités à discuter deux jours durant. Au menu hier et aujourd'hui : "comment améliorer la convergence des économies dans la zone euro ?"

Etaient donc appelés à plancher, pour commencer, plusieurs économistes dont le prix Nobel d'économie, l'américain Joseph Stiglitz, sur le modèle de croissance européen. Devaient leur succéder, les architectes de ce modèle, le patron de la BCE, Jean Claude Trichet et le Commissaire en charge des affaires économiques, Joaquin Almunia.

Là où le débat devait être compartimenté et cloisonné, Pervenche Beres, Présidente de la commission improvisa en demandant à Joseph Stiglitz de rester débattre avec Jean Claude Trichet et Joaquin Almunia. Bien lui en a pris !

Le temps annoncé à la grisaille s’est soudain éclairci.

Après les récitations auto satisfaites d'usage de messieurs Trichet et Almunia, sur les mérites incomparables de la politique de stabilité des prix, la nécessité de poursuivre les réformes structurelles et d'amplifier la flexibilité du marché du travail, Stiglitz a pris la parole.

La forme tranchait. L’homme est rond, jovial, souriant et sait combiner rigueur de la démonstration et clarté du discours. En outre, l’homme d’action et de pouvoir qu’il été durant ses années d’économiste en chef de la Banque Mondiale ou de conseiller économique de Bill Clinton n’a rien perdu des qualités de pédagogue appréciées par ses étudiants de l’Université de Columbia.

Le fond a été à la hauteur de la forme. Joseph Stiglitz a rappelé que les gens ne mangeaient pas de "stabilité des prix". Il a rappelé que celle ci comme la politique de concurrence ne sont pas une fin en soi mais qu'il s'agit d'outils ou d'objectifs intermédiaires qui doivent servir les objectifs majeurs que sont la croissance, le plein emploi, le pouvoir d'achat et le bien être des citoyens. Puis il est revenu sur les excès de la politique européenne de libéralisation, sur les dégâts des politiques de privatisation de la protection sociale. Il a rappelé à Jean Claude Trichet cette phrase d'un de ses confrères ancien patron de la banque fédérale américaine à propos de l'indépendance des banque centrale : "le Congrès nous a fait, il peut nous défaire". Il a souligné le caractère politique des décisions liées à la politique de change ou à la définition des objectifs d'inflation.

Bref, son Nobel d'économie sur le dos il est venu rejoindre la liste de ceux que Mrs Trichet ou Almunia observent parfois, tels des hérétiques, dés qu'ils évoquent la nécessité d’une réforme du mandat de la BCE et critiquent les orientations économiques libérales proposées par la Commission.

J'ai eu la chance d'intervenir dans ce débat. J'y ai critiqué l'interprétation restrictive du mandat de la BCE et répété qu'il était éprouvant d'entendre le patron de celle-ci s'opposer systématiquement à toute politique de hausse des salaires dans la zone euro comme il venait deux jours plus tôt de le faire. J’ai relayé la demande de nombreux parlementaires d’une définition de la politique de change par des institutions politiques.

Stiglitz m’avait fait entendre une musique qui m’avait fait oublier le mur d’orgueil des patrons de l’économie européenne. Trichet m’a répliqué en répondant à une question que je n’avais pas posée. En trois phrases, Almunia m’a dit que le mandat de la BCE était le bon, qu’il y avait pas de raison de modifier les règles en matière de contrôle politique de la politique des changes et m’a remercié pour avoir ouvert ce grand débat trop important pour être réglé là, sur la redistribution des fruits de la croissance et la hausse des salaires. Fermez le ban.

Pepite72gJe vous livre cette ultime pépite : Jean Claude Trichet citait hier à l’appui des résultats de sa politique de stabilité des prix, un sondage commandé par la Commission qui montrait que les consommateurs européens étaient favorables à la stabilité des prix !!! Quand je lui indiquais dans mon intervention plus tard, qu’on avait rarement vu un consommateur souhaiter la hausse des prix, surtout quand son pouvoir d’achat n’augmentait pas depuis des années et ceci conformément aux recommandations de la BCE elle-même, Jean Claude Trichet n’a pas jugé utile de répondre.

Merci à Joseph Stiglitz. Pendant deux heures, l’économie parlait aux hommes et parlait des hommes, l’orateur ne gonflait pas d’orgueil devant des tableaux statistiques et l’auditoire souriait d’être devenu plus intelligent.

A lire notamment :

La grande désillusion (Plon et livre de poche)

Quand le capitalisme perd la tête (livre de poche)

Un autre Monde (fayard)

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7 mars 2007 3 07 /03 /mars /2007 14:25
Deux administrateurs de l'Insee estiment à 9,5 % et non à 8,7 % le "véritable" taux de chômage
Virginie Malingre, Le Monde, 7 mars 2007

Dans un document anonyme de 15 pages, coécrit avec un syndicaliste de l'ANPE, deux économistes décortiquent les modifications qui ont affecté le calcul du nombre de chômeurs Quel a été le véritable taux de chômage français en 2006 ? Jeudi 8 mars, l'Insee ne dévoilera sans doute pas ce chiffre - celui qui est calculé selon la norme du Bureau international du travail (BIT) - mais tentera d'expliquer
pourquoi ses experts n'ont pas été en mesure de le publier, comme chaque année, en mars. Cela se passera devant le Conseil national de l'information statistique (CNIS), qui réunit syndicalistes, patronat, économistes, fonctionnaires du ministère de l'emploi... L'Insee - qui est largement suspecté d'avoir reporté la publication du chiffre du chômage à l'après présidentielle pour la raison qu'il serait nettement moins bon que prévu et ne servirait pas le bilan de Dominique de Villepin - n'a, jusqu'ici, pas convaincu de sa bonne foi en invoquant des raisons d'ordre technique.
3 fonctionnaires - 2 administrateurs de l'Insee, dont l'un a travaillé au ministère de l'emploi, et un salarié syndicaliste de l'ANPE - ont calculé que le taux de chômage ne serait en fait pas de 8,7% à la fin 2006 - un chiffre calculé à partir des données de l'ANPE - mais de près de 9,5%. Ce dernier chiffre représenterait les demandeurs d'emploi au sens du BIT, c'est-à-dire ceux qui, quand on les interroge, se déclarent à la recherche d'un emploi, qu'ils soient inscrits ou non à l'ANPE.
La correction serait donc de 0,8 point, ce qui représenterait quelques 200 000 demandeurs d'emplois en plus. Et atténuerait considérablement le recul du chômage dont peut se vanter le gouvernement : fin 2005, son taux, au sens BIT, était de 9,8%. Traditionnellement, le passage des estimations calculées à partir des données de l'ANPE au chiffre BIT, indépendant du mode de gestion administrative de l'emploi, donne lieu à une correction bien moins importante : elle est généralement comprise entre 0,1 et 0,3 point.
Les trois experts ont rédigé une note de 15 pages, envoyée anonymement par Internet à plusieurs économistes et que Le Monde s'est procuré. Signée Schi - pour schizophrène, "parce que nous sommes à la fois dedans et dehors", dans le système de la statistique française de l'emploi et critique à son égard, explique l'un des auteurs -, celle-ci retrace les modifications qui ont affecté le calcul du nombre de chômeurs inscrits à l'ANPE depuis juin 2005, c'est-à-dire depuis que Dominique de Villepin est à Matignon.
En l'occurrence, elles sont nombreuses. Certaines relèvent des partenaires sociaux et des réformes du système d'indemnisation des chômeurs qu'ils ont adoptées, avec notamment la mise en place de contrôles supplémentaires. Même si des décrets gouvernementaux en ont renforcé les effets, celles-ci expliquent une grande partie - sans doute près de la moitié - de la correction.
Une enquête du CNIS, en 2005, est à cet égard instructive. Elle établit que le nombre de sorties mensuelles a augmenté de plus de 30 000 à partir de juin 2005. Seul un quart de ces sorties résulte d'une reprise d'un contrat à durée indéterminée. Un 5ème d'entre elles correspond à un non renouvellement accidentel suivi d'une réinscription. Un quart est à mettre au compte d'un non-renouvellement de l'inscription, accidentel ou motivé (fin d'indemnisation), sans réinscription.
Pour le reste, la correction s'explique par la modification du mode de comptabilisation des chômeurs inscrits à l'ANPE. Ainsi - notamment dans la foulée du plan de cohésion sociale de Jean-Louis Borloo mais pas seulement - des demandeurs d'emploi se sont vus mettre hors des catégories phares pour les statistiques du chômage : les demandeurs d'emploi créateurs d'entreprise, ceux qui bénéficient de petits boulots aidés par l'Etat, ou encore les licenciés économiques signataires de conventions de reclassement personnalisé ou du contrat de transition professionnelle.

Nombre de conjoncturistes s'étonnent depuis plusieurs mois des taux de chômage établis à partir des chiffres de l'ANPE. Certes, il y a des créations d'emplois mais, comme le reconnaissait lui-même le ministère de l'emploi en octobre 2006, dans une note au 2ème trimestre de cette même année, "le dynamisme estimé de l'emploi ne suffit pas à expliquer l'ampleur de la baisse du chômage".
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7 mars 2007 3 07 /03 /mars /2007 09:35
J'ai passé un moment surréaliste hier au volant de la bagnole à écouter Du Grain à Moudre... Non seulement Georges De Menil et Sophie de Menthon ont fait preuve d'une mauvaise foi effroyable, mais leurs arguments politiques et économiques tenaient de la folie pure... à enfermer, j'vous dis.
à écouter à titre d'antidote radical à l'envie de devenir libéral ou social-libéral, et par compassion pour Eric Heyer, directeur adjoint du département analyse & prévision de l'OFCE, appelé pour remplacer des intervenants, qui a dû se demander toute une partie de l'émission si on ne l'avait pas placé dans un HP.
Fred

Du grain à moudre
par Julie Clarini et Brice Couturier
du lundi au vendredi de 17h à 18h
Du grain à moudre
Ecoutez

Podcast


émission du mardi 6 mars 2007
Comment enrayer le déclin de la France ?
Electrochoc ou thérapie douce ?
Après l’avalanche de livres, d’études et de notes mettant en garde les Français contre le déclin de leur pays, les éditeurs ont pris pitié de nous. Conscients de leur responsabilité dans la dépression collective ambiante, les voilà lancés dans une contre-offensive destinée à nous remonter le moral en cette veillée électorale. Depuis quelques jours, le patient, angoissé de se savoir si endetté, si déphasé par rapport à l’évolution du monde, si empêtré dans les contradictions de son fameux modèle social, se voit administrer les fameuses pastilles du docteur Feelgood. Non, tout ne va pas si mal en Hexagone, nous avons encore des ressources, des atouts et du talent, répondent les anti-déclinistes aux prophètes du malheur français. Et les N’enterrez pas la France de Jean-Pierre Jouyet ou encore le Il n’y a pas de malheur français de Philippe Delmas répondent manifestement à Nicolas Baverez.
Plus profondément, il semble que s’opposent deux écoles sur le meilleur moyen de remettre la France dans le courant porteur. L’une, qui réclame la rupture avec 25 ans de politiques qui auraient échoué. L’autre qui recommande plus modestement la poursuite des réformes entamées. L’intéressant est bien que ces deux écoles traversent la gauche comme la droite. Les héritiers de Pierre Bérégovoy et les admirateurs de Dominique de Villepin, d’un côté, s’appuient sur les acquis pour réclamer la poursuite tranquille des réformes d’adaptation déjà entamées, plaident pour la progressivité et le bon sens. En face, une école qui réclame, au contraire, un électrochoc pour réveiller un pays anesthésié par sa classe dirigeante et qui compte autant d’économistes de gauche que d’autres, estampillés à droite.


Georges de Menil.  Professeur à Harvard, Princeton et New York University, Directeur d'études à l'EHESS. Conseiller économique des gouvernements de l'Ukraine et de la Roumanie, Fondateur de la revue européenne Economic Polic.


Philippe Delmas.  Essayiste


Sophie de Menthon.  Présidente du réseau ETHIC (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance).


Philippe Mabille (au téléphone).  Rédacteur en chef du service Économie et des pages Idées de La Tribune.




Jean-Pierre Jouyet ; Philippe Mabille
N'enterrez pas la France !
Robert Laffont - 19 février 2007

Commander

Vous en avez assez des discours alarmistes sur le prétendu déclin de la France ? Vous ne supportez plus d'entendre dire que notre modèle social est vieux, condamné à disparaître ? Vous croyez dans le rôle d'un État efficace mais aussi à l'économie de marché, sans illusion sur les excès d'un capitalisme financier ? Vous pensez que la France a un grand avenir dans l'Europe de demain en refusant les sirènes du nationalisme et du repli sur soi ? Que l’élection présidentielle de 2007 peut être le départ d’un sursaut nécessaire, d’une adaptation de la France aux enjeux du XXIe siècle ? Alors ce livre est fait pour vous. Il est né de l’ambition commune d’un acteur et d’un observateur de la vie politique des vingt dernières années qui ont cherché, en ce moment si important pour notre vie démocratique, quelles réformes vont permettre à la France d’éviter le décrochage promis par les Cassandre. Jean-Pierre Jouyet et Philippe Mabille disent, preuves à l'appui, que ce pays va mieux que les Français ne le pensent généralement car nous vivons une période de mutation plus qu'un déclassement. Malgré des poches profondes de précarité, la France reste un pays riche ; sa démographie est la plus élevée d’Europe ; en économie, le secteur privé s'est adapté de façon brillante et depuis dix ans, la gestion des entreprises publiques s'est rénovée ; elle reste la sixième puissance économique mondiale... Sans afficher un optimisme naïf ni sous-estimer les réformes à accomplir, considérons les faits, sachons que l’avenir n’est pas si noir et que la France peut nous étonner.
- Description de l'éditeur -



Georges de Ménil
Common sense - Pour débloquer la société française
Odile Jacob - Février 2007

La société française semble bloquée par ses structures et ses mentalités. Est-ce une fatalité ? Pourquoi la France ne compte-t-elle aucun patron de grande entreprise issu de l’immigration maghrébine, aucun Noir dans l’état-major des armées et seulement un fils d’immigrés de couleur comme ministre, et cela depuis tout récemment ? Quel est le sens du débat sur l’immigration alors que nos banlieues sont des ghettos ? Pourquoi donner une prime pour l’emploi si le SMIC bloque l’embauche ? Les États-Unis ont commencé à mettre au travail les allocataires des minima sociaux. La France ne peut-elle s’en inspirer ?
Un économiste à la fois français et américain propose des réponses à toutes ces questions en s’appuyant sur « des faits simples, des arguments sans façon et du bons sens », à la manière du célèbre auteur franco-américain Thomas Paine, dont l’ouvrage, paru en 1776, résonnait déjà comme un appel au franc-parler.
Georges de Ménil est un ancien élève du MIT et de Harvard. Professeur à Harvard, Princeton et New York University, il est également directeur d’études à l’école des hautes études en sciences sociales de Paris. Conseiller économique des gouvernements de l’Ukraine et de la Roumanie, fondateur de la revue européenne Economic Policy, il est membre du conseil d’administration de l’école d’économie de Paris.
- Quatrième de couverture -


Philippe Delmas
Il n'y a pas de malheur français
Grasset - 7 février 2007

Voir le site

Réflexions sur la démocratie contemporaine, la culture du pouvoir en France, la confiance des Français dans le personnel politique de leur pays, etc.


Sophie de Menthon
Le carnet noir, 15 idées simples pour ruiner la France
Michalon - 1 mars 2007

Voir le site

20 conseils à ne pas suivre pour le prochain président de la République, pour ruiner la France.
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