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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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18 mars 2008 2 18 /03 /mars /2008 15:27
Martine Aubry : "Les Français veulent le retour au sérieux"
LE MONDE | 18.03.08 | 09h00

artine Aubry, vous avez fait, au second tour à Lille, alliance avec les Verts et le MoDem. Pourquoi être allé cherché le MoDem, dont vous n'aviez pas besoin ?

La gauche faisait 64% au 1er tour. Et, avec les Verts, nous sommes d'accord sur essentiel. Les Verts ont décidé de présenter une liste, comme ils l'avaient toujours fait à Lille. J'avais toujours dit que je commencerais par réunir la gauche, et donc, le dimanche soir des élections, nous nous sommes retrouvés. (…)

Mais face à la politique que mène Nicolas Sarkozy, il y a beaucoup d'hommes et de femmes dans notre pays qui partagent nos valeurs d'humanisme. J'ai toujours dit que s'il y a des hommes et des femmes qui veulent nous rejoindre, après l'union de la gauche, pour s'engager à combattre la politique de Nicolas Sarkozy dans ce qu'elle a d'injuste et de non conforme à l'identité de la France, et d'autre part, adhérer à notre projet en acceptant toutes les composantes de la gauche, j'y serais ouverte.

J'ai aussi la chance d'avoir en face de moi un MoDem qui n'est pas d'accord avec la politique fiscale du gouvernement, s'est dit ulcéré par la loi sur l'immigration et les testes ADN, et est porté par un homme qui a une fibre sociale reconnue dans la ville et une morale reconnue par tous…

Etes-vous cependant favorable à ce que le PS, au niveau national, envisage systématiquement cette alliance avec le MoDem?

Je n'étais pas d'accord pour l'alliance systématique avec le MoDem. Je ne l'aurais jamais fait avec le MoDem de Bordeaux, sans doute avec difficulté à Paris, dès lors qu'il n'y avait pas eu de position de fond prise auparavant.

Au soir du premier tour, vous avez expliqué que vous n'aviez pas aimé la façon dont la gauche avait fait de la politique en 2007, et tout le monde a compris que vous critiquiez Ségolène Royal. Qu'est-ce que vous n'aviez pas aimé ?

Je me sens aussi responsable de l'échec de 2007 que tous mes camarades qui avaient la responsabilité de gestion et de direction du Parti socialiste. Nous avons un peu abandonné la politique. Nous avons eu l'impression qu'il valait mieux suivre les Français dans ce qui pouvait leur plaire plutôt que de leur proposer une vision de notre société. Par moments, nous avons eu des doutes sur les valeurs.

Les villes de gauche vont-elle devenir des contre-pouvoirs au gouvernement ?

Nous sommes des lieux où nous essayons de réduire les effets de la politique que mène aujourd'hui le président de la République. (…) Par exemple, je vais diminuer les tarifs de cantine par deux pour tout le monde, nous mettons en place un programme d'aide à l'isolation de l'habitat qui fait chuter les charges d'énergie des gens.

Sur de tels sujets, les départements accompagnent les RMIstes, et donc nous pouvons contrecarrer. Nous sommes là aussi pour porter d'autres valeurs. Quand nous décidons de créer des logements sociaux dans des quartiers de qualité, avec la même qualité dans les quartiers riches et pauvres, nous faisons la mixité sociale.

Dans chaque classe, les enfants sont mêlés, et cela remonte immédiatement le niveau et la chance scolaires. Ce que je fais à Lille, d'autres le font à Nantes…

Le président de la République parle d'accélérer les réformes après ce deuxième tour…

J'ai été assez étonnée, pour ne pas dire choquée, des propos de François Fillon, dimanche soir. Les Français veulent des réformes, mais celles que le président de la République leur avait promises.

"Tous les Français seront propriétaires", avait-il promis, et il n'y a des primes que pour ceux qui sont déjà propriétaires. Le pouvoir d'achat : on ne l'a pas vu. Et l'augmentation des petites retraites ? Les Français veulent que ces réformes aient lieu.

Mais, aujourd'hui, ils ont l'impression que ces réformes ne sont pas justes, sans compter qu'elles sont souvent extrêmement brutales. Je crains que dans les prochains jours vienne une accélération de réformes qui va accroître les problèmes de la France.

Vous tenez le discours d'un premier secrétaire du Parti socialiste…

Je crois que ce serait la pire erreur.

Votre victoire à Lille ne change-t-elle pas votre statut ?

Non. J'ai été n° 2 du gouvernement, et j'ai toujours été là quand il fallait se battre contre les choses injustes ou sans sens : le CPE, la loi sur l'immigration.

Quand les valeurs de gauche semblent être remises en cause alors qu'elles me paraissent être saines dans la situation que nous vivons, je suis là et j'ai toujours été là.

Cette dernière année, il est vrai que je me sentais mal à l'aise. Grâce à de nombreux amis, tout cela va repartir.

La démagogie, la facilité du langage, la communication, les Français n'en veulent pas. Ils veulent le retour au sérieux, à la vision, au projet, au collectif. Et je suis convaincue qu'ils sont prêts à se mobiliser derrière ces valeurs.

Propos recueillis par Raphaëlle Bacqué, Thomas Hugue et Stéphane Paoli

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