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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. J'anime aussi le groupe d'opposition municipale de gauche "Vivons Bezons" et je suis membre du groupe d'opposition de gauche ACES à la communauté d'agglomération Saint-Germain/Boucle-de-Seine.
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Gauche Républicaine & Socialiste

16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 11:00
Article interactif
Parents divorcés ou séparés, comment vivez-vous la garde alternée ?
LEMONDE.FR | 15.04.10 | 19h10  •  Mis à jour le 16.04.10 | 08h57

 

"Un moindre mal"
  • "Il faut savoir rester souple", par Patrick

En 2002, suite à notre séparation, nous avons proposé la garde alternée une semaine sur deux pour notre fils. A l'époque, il a fallu se battre et très sérieusement argumenter pour que la juge aux affaires familiales accepte le principe de la garde alternée. Aujourd'hui, avec le recul, nous pouvons assurer que c'est une expérience pleinement réussie. Notre enfant ne s'en est pas porté plus mal : il n'a pas "perdu ses repères" comme on l'entend trop souvent dire, il a parfaitement intégré ce rythme de vie et il n'y a eu aucun effet secondaire néfaste sur sa scolarité ou son épanouissement. Bien sûr, il faut savoir rester souple et adapter la garde aux besoins ou aux demandes de l'enfant, ne pas s'enfermer dans la contractualisation papier. Si l'enfant demande parfois à rester pendant quelque temps un peu plus chez l'un ou l'autre parent, ne pas faire blocage. Idem pour les vacances scolaires, ne pas tenir de comptes d'apothicaire.

  • "Maman, ce soir on dort chez qui ?" par Maria Martino

J'ai deux garçons de 10 et 8 ans. Depuis la rentrée scolaire, leur père et moi avons opté pour une garde alternée. Je suis logée sur mon lieu de travail et ne peux donc pas déménager. Mon futur ex-mari a pris un appartement en location, sis à dix minutes à pied. Cadres, nous avons tous les deux un agenda surchargé. La présence des grands-parents maternels est un atout de taille dans notre situation : ils prennent en charge les enfants à midi et en fin de journée, en cas de réunions tardives. Nous avons organisé les choses bien comme il faut : vêtements en double aux deux domiciles, recharges pour affaires scolaires en cas d'oubli, participation active à l'aménagement de la nouvelle chambre. Nous avons convenu que les enfants seront chez l'un ou l'autre du lundi au lundi. Pas de problème s'ils veulent plutôt dormir chez papa, même si c'est la semaine de maman, et vice versa.

En théorie, tout devait bien fonctionner, sauf que… Les premières réunions tardives ont commencé à tomber, ainsi que des déplacements professionnels sur Lyon et Paris, les premiers échanges de soirées assortis de compensation, "tu les as eus deux jours de plus je les prends deux jours de plus la semaine prochaine"… Les enfants se sont retrouvés complètement largués, au point de me demander chaque midi : "Maman ce soir on dort chez qui ?" Des amis me suggèrent de créer un calendrier de l'année scolaire. Sur Excel, je marque les semaines en rouge chez maman, en vert chez papa, trait noir en plus pour les vacances. Enfants et parents en ont un exemplaire chacun dans leur agenda.

Six mois après, le bilan est plutôt positif. Les enfants ont trouvé leur rythme. Ce qui les réconforte, je crois, c'est que je n'ai pas déménagé. Ma maison reste leur point d'ancrage, le rocher auquel ils se rattachent. Ils n'ont emporté qu'un minimum de choses chez leur père (le doudou lapin est resté chez moi). Son appartement est comme une "transition éphémère". L'oubli du livre de lecture chez l'un ? La proximité permet le dépôt rapide. Ma devise : nous avons raté notre mariage, réussissons notre divorce. La garde alternée ne peut réussir à mon sens qu'à certaines conditions : entente cordiale entre les parents, communication constante, accord sur les grands principes d'éducation, organisation claire expliquée aux enfants, garder des repères inébranlables, dialogue constant avec les enfants et, pour finir, clarté aussi par rapport à situation avec l'ex. Ce n'est pas parce qu'on se parle qu'on va se remettre ensemble !

  • "Nous sommes vigilants à ce qu'il ne joue pas de la situation", par Sylvie Curty

Séparés depuis deux ans et demi, nous avons dès le départ choisi d'un commun accord la garde alternée. Cette solution fut possible car nous habitons à proximité l'un de l'autre. Notre fils de 10 ans et demi a pu rester dans le même établissement scolaire. Son père s'est toujours investi dans son éducation et il semblait donc naturel qu'il ait la même place que moi après notre séparation. Cette formule demande de communiquer, car chacun à son mot à dire dans les choix qui concernent notre enfant et dans l'organisation pratique quotidienne (activités extra-scolaires par exemple). L'alterannce nous permet également d'avoir une semaine "off", et de profiter de ce temps libre pour avoir des activités qui favorisent notre épanouissement personnel ou professionnel. La garde alternée convient également très bien à notre fils, qui ne se sent pas plus avec l'un qu'avec l'autre, qui s'enrichit de nos différences dans les activités qu'on lui propose (sportives avec son père, culturelles et artistiques avec moi), et qui a développé une relation privilégiée avec chacun d'entre nous. Nous sommes vigilants à ce qu'il ne "joue" pas de la situation, et là encore la communication en est la clé. Nous essayons de faire en sorte que les tensions qu'il peut y avoir entre nous, parents, n'aient pas de conséquences négatives sur l'équilibre de V.

  • Un moindre mal, par Jérémy Moulinet

Mon garçon a 9 ans et ma fille 5 ans. Je suis séparé de leur mère depuis trois ans et demi. Nous avons adopté la garde alternée un an après notre séparation. Nous avons fait ce choix pour le bien de tout le monde : il m'était insupportable de ne voir mes enfants que tous les quinze jours et eux n'arrêtaient pas de dire que je leur manquais. Je crois que lorsque les deux parents s'entendent bien, c'est la meilleure façon d'élever des enfants après une séparation. Cela leur permet de grandir avec deux référents, et si en plus de cela les parents arrivent à aménager leur temps de travail en fonction de leur semaine de garde, les enfants bénéficient de toute l'attention, la concentration et la disponibilité du parent. Il est évident que cela demande quand même beaucoup d'efforts pour s'adapter. Avec ma fille, par exemple, il faut que je puisse faire ressortir mon côté féminin…

  • "(Re)donner une place aux pères", par Vincent Florin

La garde alternée ne s'organise pas forcément "une semaine chez papa, une semaine chez maman". Ici, avec deux enfants de 3 et 4 ans et des parents qui habitent à moins d'un kilomètre l'un de l'autre, ils passent trois jours chez papa, trois jours chez maman, et un week-end sur deux avec l'un ou l'autre, et ça se passe plutôt bien autant pour les enfants que pour les parents. A mes yeux, une des vertus de la garde alternée est de (re)donner une place aux pères (qui n'ont d'ailleurs pas toujours cherché à la prendre, pas de procès d'intention ici) dans la vie de leurs enfants, et leur implication dans la société en général vis-à-vis du monde de l'enfance, qui a par défaut l'habitude de s'adresser plutôt aux mères (pour de bonnes et de mauvaises raisons). La croissance de l'approche de la garde alternée permettra aussi peut-être de mieux prendre en compte, notamment dans le monde de l'entreprise, des solutions alternatives pour les horaires, les maladies des enfants et les contraintes inhérentes aux imprévus de l'enfance : puisque la majorité des chefs d'entreprise sont masculins, peu d'entre eux, pour ne le vivre que de loin, voire pas du tout, savent prendre en compte ces aspects dont les femmes sont comptables la plupart du temps, ce qui n'est évidemment pas normal.

 

 

"Un vrai casse-tête"
  • "Nous ne nous entendons absolument pas et le juge le savait", anonyme

Mon ex a demandé la garde alternée "pour ne pas payer de pension alimentaire" (sic). Nous ne nous entendons absolument pas et le juge le savait. Il a pourtant décidé de ce mode de garde. Résultat : tous les quinze jours, le lundi matin, mon fils doit trimbaler toutes ses affaires d'école dans un énorme sac. Que dire des jeux laissés en plan dans la chambre, des affaires en double, des "tu ne l'emportes pas chez ta mère", des jouets offerts emportés chez son père systématiquement cassés ?

  • Un vrai casse-tête, par J-Luc

Mon cas est particulier : je suis musicien, la mère de mes enfants sage-femme. Nous n'avons pas de rythme prédéfini pour la garde des enfants. Il faut faire les plannings au coup par coup en fonction de ses gardes et de mes concerts, avec l'angoisse que le deux ne tombent en même temps. Nous n'avons pas de famille dans la région pour nous dépanner. Il arrive que les enfants aillent chez leur mère pour une nuit, puis chez moi pour une autre… Les enfants semblent ne pas en souffrir, mais c'est plus compliqué pour les adultes. Il faut gérer les habits (et les lavages) qui ne sont jamais dans des armoires mais se baladent dans des valises. Difficile de les éduquer à ranger leurs habits et les choisir eux-mêmes. Autre inconvénient : les parents doivent vivre dans la même région à cause de l'école. En ce qui me concerne, j'ai suivi le choix de mon ex, mais je n'ai pas assez de travail dans le coin et le logement est cher.

  • "J'ai dû arrêter de travailler", par Maman n'est plus

Je suis maman et la garde alternée nous a été imposée à mes enfants et moi. Le plus jeune est un bébé de 3 mois. Nous devons parcourir 450 kilomètres tous les quinze jours. Mes enfants sont déstructurés, bouleversés par un rythme que même un adulte ne pourrait tenir. Ils ont contracté de l'eczéma et des terreurs nocturnes à cause de ces allers-retours incessants. Deux fois, je n'ai pas réussi à emmener mes enfants chez leur père, à 18 heures en semaine. J'ai été convoqué au commissariat. Les policiers m'ont dit que la prochaine fois c'était la prison. J'ai dû arrêter de travailler, mais il faut bien payer les allers-retour en train (350 euros par mois). J'ai dû contracter un crédit. Croyez-moi, nous vivons un enfer. Mes enfants veulent tout arrêter et le père exige désormais la garde totale, car lui aussi ça lui coûte de l'argent. Je ne sers plus à rien.

  • Quand l'enfant trinque, par Stéphane Marchand

Je suis le conjoint d'une femme ayant une fille en garde alternée issue d'un précédent mariage. Je précise que ce mode de garde était demandé à l'origine par les deux conjoints. Il s'est avéré catastrophique pour l'enfant. Ma belle-fille n'a jamais pu s'y adapter. Fatiguée en permanence, elle a des problèmes de discipline à l'école et ses résultats sont en dents-de-scie. Elle a du mal à se faire des amis et à avoir une activité suivie comme la gymnastique ou la musique, parce que son papa est allé habiter à 30 km et ne souhaite pas l'amener à chaque fois alors que l'on pourrait. Il est arrivé que ma belle fille manque l'anniversaire de ses amies parce qu'elle n'était pas chez nous. Je pense que nous n'avons pas pris en compte les besoins et les rythmes de l'enfant au départ, et nous le regrettons beaucoup. L'argument selon lequel il est nécessaire pour l'équilibre de l'enfant de voir ses deux parents à égalité est une erreur totale. Ma femme ne voyait son père divorcé qu'un week-end sur deux. Aujourd'hui elle est tout à fait équilibrée.

 

 
"Il est temps que la loi évolue"
  • "Il serait temps que la loi évolue", par Bénédicte

La fille de mon compagnon vient chez nous un week-end sur deux et de temps en temps le restant de la semaine, en fonction du planning des uns et surtout des autres. Sa mère s'est opposée catégoriquement à la garde alternée, ne laissant guère le choix à sa fille et à son ex-compagnon. Chaque journée et nuit passée chez nous est âprement discutée et négociée. Il serait temps que la loi évolue et ne considère pas comme acquis qu'une mère est la mieux placée pour élever des enfants.

  • En finir avec la toute-puissance des mères, par Jean-François Leroy

Je suis en garde "presque alternée" puisque j'ai ma fille cinq mois et demi par an. Mon ex, magistrate, a obtenu, sans difficulté, auprès de ses consœurs juges au affaires familiales (à 95 % des femmes), d'avoir notre fille un mois de plus. Cette garde, qui n'est plus reconnue officiellement comme alternée, lui permet de bénéficier d'une demi-part supplémentaire en plus du versement d'une pension alimentaire, alors que ses revenus sont annuellement de 15 000 euros supérieurs aux miens. Je précise qu'elle s'est remariée avec un cadre supérieur, ce qui lui donne des revenus mensuels frisant les 10 000 euros, contre 2 500 pour moi.

Ainsi va la justice familiale en France : une justice faite par et pour les femmes, quelque soit la probité morale de celles-ci. Les plus garces peuvent s'en donner à cœur joie en toute tranquilité, sûres d'obtenir tout ce qu'elles veulent. Actuellement, la garde qualifiée de "normale" pour le père c'est un week-end sur deux. Idéal pour s'impliquer dans l'éducation des enfants… Et l'on s'étonne que des pères démissionnent ! Cela ne semble guère interpeler nos politiques. Il est vrai qu'il s'agit là de sexisme envers les hommes, donc normal, au contraire de celui envers les femmes, traqué résolument, même quand il est imaginaire. Oui à la résidence alternée par défaut, pour redonner de la place aux pères méritants face à la toute-puissance des mères !

  • Une absolue nécessité, par Laurent C

Renforcer cette disposition qui permet (enfin) aux pères de revendiquer et d'exercer leur paternité est une absolue nécessité. Je suis le papa d'une petite puce de bientôt 5 ans. Je ne peux pas imaginer ne pas vivre aux côtés de ma fille, la voir grandir, la voir jouer, aller la chercher à l'école, bref l'accompagner dans tous les moments de vie. C'est pour moi une question vitale, ni plus ni moins. La garde alternée n'est pas la panacée, mais à mon avis, il n'existe rien de mieux. Trop d'adultes malheureusement s'approprient pour leur seul profit, le devenir de leurs enfants. Ces derniers ont autant besoin d'un parent que de l'autre.

 

 
"L'uniformisation n'est pas la solution"
  • L'uniformisation n'est pas la solution, le problème est multiforme, par Frédéric Faravel

Je suis séparée de la mère de ma fille depuis plus d'un an. Nous avons choisi de conserver le domicile de l'enfant chez elle pour plusieurs raisons.  Avec son précédent compagnon, une première expérience de garde alternée avec son fils très jeune (3 ans et demi) n'avait pas été satisfaisante. D'autre part, notre fille avait 3 ans lors de notre séparation, nous avons estimé qu'à son âge le nomadisme permanent d'une semaine sur l'autre était insécurisant : une enfant de 3 ou 4 ans a besoin d'avoir des points de repère stables, de savoir où est son foyer.

Une garde alternée, quand on a les moyens d'habiter près l'un de l'autre, quand la relation entre parents n'est pas ou peu conflictuelle, quand les enfants sont grands, pourquoi pas ? Mais hors de cela, il ne faut pas l'imposer à tous. Tant de problèmes se posent. Comment reconstruire sa vie en fondant éventuellement un nouveau couple ? Le futur conjoint doit-il accepter d'habiter là où s'est fixée la précédente famille recomposée ? Comment répondre à une évolution professionnelle si elle impose un déménagement ? La garde alternée peut être un frein puissant qui obère le bien-être des parents sans garantir celui des enfants, qui en dépend en grande partie.

  • Le choix devrait dépendre de l'âge des enfants, par Franck - Benati

Je suis le beau-père de deux filles de 3 et 5 ans qui ont vécu pendant un an en garde alternée. Cette expérience a été très difficile pour elles : le fait de changer constamment de maison et de règles de vie a été très perturbant. Nous avons constaté que les jours suivant le "transfert", elle étaient "éteintes" et se refermaient sur elles-mêmes. La plus petite ignorait sa maman (suivie par un pédopsychiatre, elle nous a indiqué qu'elle réagissait comme cela car elle pensait que sa maman l'avait abandonnée). La plus grande se comportait comme une maman et portait sur ces jeunes épaules des responsabilités qui ne sont pas de son âge.

Je peux comprendre que ce soit difficile pour celui ou celle qui n'a pas la garde des enfants, mais je pense que la priorité reste leur bien-être. C'est pourquoi je suis forcement contre toutes les lois qui proposent des solutions systématiques et encore plus lorsqu'il s'agit d'enfants.

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