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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 11:43

Dravisseurs-gourdel-2838146-jpg_2471967_652x284.JPGepuis hier soir et l'annonce de l'assassinat d'Hervé Gourdel par les "soldats du Califat" en Kabylie, je lis sur les réseaux sociaux des déclarations à l'emporte pièce toutes plus affligeantes les unes que les autres. Qu'elles émanent parfois de responsables politiques, qui sont censés avoir un peu de recul et de jugeotte, me paraît d'autant plus consternant.

Pour la plupart, elles se fondent sur l'idée que l'ensemble des religions - tout particulièrement les trois "religions du livre" - seraient intrinsèquement violentes et totalitaires. D'aucuns condamnent en soi Dieu (quelle que soit la forme que lui donnent les humains), la foi et les différentes confessions en raison des exactions qui sont et ont pu être commises en leur nom tout au long de l'Histoire. C'est oublier que les textes "révélés" sont avant tout sujet à interprétation et exégèse, donc les enseignements qui en sont tirés sont largement facteurs du regard humain qui se porte dessus. Si certains veulent avoir une lecture littérale des passages et citations les plus violents du Coran, de "l'Ancien Testament" ou des Evangiles, c'est leur seule responsabilité qui est en cause. Ce serait comme lire Nietzsche et en tirer la conclusion que seule une minorité aristocratique de l'humanité aurait droit de vivre et de gouverner, en oubliant que le grand philosophe allemand n'appelait qu'au dépassement de soi, dans un message profondément anti-militariste et anti-autoritaire...

Dans le même mouvement, ils exigent que les "croyants" prennent enfin leurs responsabilités et combattent avec la dernière des fermetés ceux qui massacrent au nom de Dieu. C'est donc que les religions ne seraient pas en soi totalitaires puisque des "fidèles" pourraient avoir une autre vision de la foi que celle qui conduit au massacre. Mais c'est à nouveau les comparer aux assassins, donc les insulter, tout en oubliant les combats incessant entre tous ceux qui ont toujours cru au message d'Amour contenu dans les textes incriminés, qui ont toujours combattu les intégrismes, et qui souvent ont été les premiers à en faire les frais, qui d'ailleurs le payent encore aujourd'hui.

Je suis dans le même ordre d'idée fort mal à l'aise quand j'entends des responsables politiques ou des représentants d'organisation diverses exiger des musulmans français qu'ils suivent l'exemple de leurs correligionnaires anglophones qui ont lancé depuis quelques semaines sur les réseaux sociaux la campagne #notinmyname, pour condamner les exactions et la perversion des "fous de Dieu" au Moyen Orient et partout ailleurs. Ce n'est pas de l'extérieur d'une "communauté" qu'il convient d'indiquer à ceux qui en sont membres quel est leur rôle, leur tâche, leur devoir. C'est à eux seuls de se déterminer en fonction de leur conscience et de déterminer quel est le meilleur viatique pour être utile et efficace dans le combat contre l'intolérance et la violence. Pour ma part, je préfère que nous nous prononcions d'abord et avant tout en tant que citoyens français, membres de la seule communauté qui vaille, la communauté républicaine. Si je participe de manière personnelle et privée à la vie d'une organisation confessionnelle, c'est en son sein que je parlerai des choix et des alternatives qui nous sont posées, pour éventuellement déboucher sur la parole publique de l'organisation concernée ; mais hors d'elle je ne suis qu'un citoyen français, un républicain aux convictions socialistes, qui seules doivent s'exprimer en mon nom propre sur la place publique. Cette réaffirmation de la prégnence de la communauté républicaine est d'autant plus nécessaire quand un de nos concitoyens a été mise à mort, lâchement égorgé, parce qu'il en était membre.

Enfin, j'ai pu aussi lire que le gouvernement, voire le Parti Socialiste, porterait une part de responsabilité dans l'assassinat d'Hervé Gourdel. C'est abject ! C'est vouloir trouver des excuses à ses assassins, c'est considérer qu'ils leur aurait manqué un prétexte si la France n'était pas intervenue au Mali et en Irak. Mais ces "fous de Dieu" n'auront jamais besoin de prétextes pour appliquer leur doctrine de mort ! Leur idéologie politique qui veut se draper du voile de la religion n'est rien de moins qu'un "nouveau" fascisme qui cherche par tous les moyens à instaurer son pouvoir territoriale et/ou culturel sur l'ensemble de la planète ; il renouvellera ses massacres quelles que soient les forces qui s'opposent à lui et le fera d'autant plus aisément que nous ferions preuve de faiblesse ou d'indifférence à son égard. Nous n'aurons de repos que lorsque nous aurons éradiqué un tel ennemi. Eradiquer cela veut dire remporter de manière radicale et définitive la bataille politique et culturelle qui se joue à l'échelle mondiale. Cela veut dire rétablir la stabilité et l'Etat de droit là où les interventions militaires américaines, fondées sur l'idée du "choc des civilisations", ont apporté tout au long des années 2000 le chaos et la division.

Frédéric Faravel

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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 16:31

MoranoL'inénarrable Nadine Morano a provoqué une polémique en cette fin d'été en postant sur son compte twitter en dénonçant photo à l'appui la présence d'une femme voilée sur la plage de ses vacances, au milieu des autres baigneurs et estivants. Ce buzz médiatique qui permet à l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy de refaire surface à l'occasion de la période de creux du mois d'août, quand les journalistes qui ne sont pas spécialistes des questions internationales et économiques sont un peu désœuvrés, a connu un rebondissement inattendu lorsqu'Harlem Désir, sous-ministre aux affaires européennes – qui a laissé un si bon souvenir comme premier secrétaire du PS entre novembre 2012 et avril 2014 – a indiqué sur BFM TV et RMC info «comprendre sa réaction».

Dans les deux cas, ces prises de position ont suscité un déferlement de commentaires tant de soutien que de réprobation sur les réseaux sociaux ; Harlem Désir s'est particulièrement exposé à l'ire de jeunes députés socialistes sur twitter qui voient dans le harcèlement contre l'ancien premier secrétaire une manière facile de se refaire une virginité politique, quand ils n'ont pas grand chose à proposer face aux errements de la politique économique du gouvernement. Ce brave Harlem a cependant reçu le soutien de son ancien comparse de SOS Racisme et de feu la Gauche Socialiste, Julien Dray considérant sur RTL que le voile n’était «pas seulement un signe religieux»mais «d’abord et avant tout un signe d’oppression des femmes».

Dans tous les cas, le caractère liminaire et hâtif des réseaux sociaux n'est pas le bon format pour répondre à notre lorraine et notre sous-ministre. On peut y faire des bons mots mais en aucun cas sortir par le haut de cette polémique nauséeuse, ce n'est d'ailleurs pas l'objectif de ces twittos parlementaires qui ne cherchent qu'à attirer l'attention médiatique à cette occasion.

Il faut prendre le temps pour développer quelque peu son argumentation et explique pourquoi Nadine et Harlem ont tort.

Morano et le dévoiement de la laïcité par la droite

Coupons court à toute mauvaise interprétation : je n'ai aucune sympathie pour le fondamentalisme religieux et je ne pense pas que l'on puisse traiter la question abordée par l'ex-ministre UMP par la simple invocation du «droit à l'indifférence» et de la «liberté culturelle». Oui, le développement du port du voile dans toutes ses variantes nous pose question collectivement, cette pratique me choque comme elle choque la très grande majorité de nos concitoyens ; oui le port du voile du hidjab jusqu'à la burqa en passant par le niqâb est clairement un symbole d'oppression de la femme. Non, le voile n'est pas inhérent à l'islam qui n'est pas en soi une religion plus misogyne que les autres et l'on peut très bien vivre l'islam sans le voile.

La première remarque nous permet de rappeler qu'au regard de la loi républicaine, aucune tenue vestimentaire n'est interdite dans l'espace public sauf le voile intégral – niqâb ou burqa – et les femmes voilées et très couvertes qui profitent de la plage fréquentée par Madame Morano ont parfaitement le droit de le faire et ne contreviennent en aucun cas ni à la tradition française, ni aux lois de la République. Pour dédramatiser, on dira que si elles veulent «crever de chaud» sur la plage c'est leur affaire et réécouter la très belle chanson de Zebda «Le dimanche autour de l'église».

20130728-100921.jpgD'ailleurs, cette propension de Nadine Morano a tout d'un coup se draper dans la laïcité et l'égalité femmes-hommes ne peut pas manquer de faire sourire, il est plus que probable qu'elle n'aurait pas eu la même réaction en regardant des bonnes sœurs déambuler sur une plage et qu'elle n'aurait jamais posté la photo ci-contre sur son mur facebookpour pousser un cri d'alarme. La laïcité n'était pas non plus dans ses principales préoccupations lorsqu'elle portait aux nues son Nicolas chéri, qui avait commis, en décembre 2007, le fameux discours de Latran, expliquant que "l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur" (le pauvre pasteur en cette occasion vaticane n'avait pourtant rien demandé). Nadine nous avait habitué paradoxalement à promouvoir sa pratique culturelle (et peut-être confessionnelle) chrétienne en regrettant le 24 décembre 2011, qu'il n'y ait "plus de films sur la nativité" diffusés à la télévision, remarque qui n'a pas sa place sous le clavier (oui c'était encore sur les réseaux sociaux) d'un(e) ministre de la République.

L'égalité femmes-hommes n'a pas plus été sa préoccupation principale jusqu'ici : on ne l'a guère entendue protester contre son propre parti qui préfère payer des millions d'euros d'amende plutôt que de présenter des femmes aux élections législatives ; de même, elle s'est récemment élevée contre l'amendement visant à modifier la loi Veil, supprimant la notion de "détresse" pour recourir à l'IVG.

Non, le propos et l'objectif de Nadine Morano est ailleurs et il est très explicitement exprimé par sa phrase : « A la vue de cette scène, on ne peut s’empêcher de ressentir une atteinte à notre culture (…) », écrivait-elle. « Lorsqu’on choisit de venir en France, État de droit, laïc, on se doit de respecter notre culture et la liberté des femmes. Sinon, on va ailleurs !! »

Plusieurs enseignements sont à retirer de ces admonestations :

  • -> Nadine réduit l'islam à sa sensibilité fondamentaliste pour expliquer qu'il est radicalement incompatible avec la culture et la République françaises, ce qui est pire qu'un raccourci ;

  • -> Nadine mélange allègrement droit et culture qui sont des notions différentes et l'on a vu plus haut que, dans tous les cas, cette pauvre femme à la présence gênante pour notre lorraine n'enfreint pas le droit ;

  • -> les musulmans sont forcément des gens venus d'ailleurs, et comme leur pratique culturelle et confessionnelle serait incompatible avec «la nôtre», ils ne sont donc décidément pas intégrables.

On voit bien ainsi où aboutit le raisonnement de notre égérie de la droite des réseaux sociaux. C'est bel et bien un buzz médiatique extrêmement calculé pour, dans la droite ligne des débats lancés par Nicolas Sarkozy et l'UMP sous le précédent quinquennat, dénoncer l'étranger ou plutôt celui dont elle considère que sa nature est étrangère au «corps national». S'attaquer à ce qu'elle croit, ou veut faire croire à nos concitoyens, être l'essence de sa pratique religieuse lui permettrait de ne pas être taxée de racisme. Allons ! Elle ne s'attaque pas aux maghrébins, aux africains ou aux turcs, mais aux islamistes, vous voyez bien qu'elle prend la défense des femmes... Amalgames et raccourcis habillent la haine, et je reprends les mots de Jean Baubérot interrogé sur cette polémique : «La droite ne cesse de détourner les termes de cette loi, et à force de répéter des mensonges, elle fait croire à l'opinion publique que la laïcité n'a plus rien à voir avec ce qu'elle était à l'origine. Ainsi, il ne faut pas s'étonner que la laïcité glisse de gauche à droite, voir à l'extrême droite. C'est du Nadine Morano tout crachée, Marine Le Pen aurait pu dire la même chose.» La France tu l'aimes ou tu la quittes c'est toujours le même programme, on ne saura sans doute jamais, si Nadine le pense vraiment ou si son alignement sur les thèses du FN est un simple calcul politique visant à conserver et/ou reconquérir un électorat. Dans le deuxième cas, on a déjà vu l'inefficacité de ce type de posture, les gens préférant toujours l'original à la copie par accoutumance. Dans tous les cas, cela ne vise à répondre et à résoudre aucun des problèmes évoqués au début de ce chapitre, d'autant que notre Nadine nationale oublie largement que ces «pratiques culturelles» fondamentalistes qu'elle fait mine d’exécrer ne sont pas réservées à des gens qui «viennent en France» mais touchent un nombre grandissant de «gaulois» convertis, ce qui devraient largement nous interroger sur l'évolution de notre société.

Harlem-Desir-assure-qu-il-sera-toujours-patron-du-PS-apres.jpegHarlem se prend les pieds dans le tapis

Je l'ai dit en introduction la charge lancée sur les réseaux sociaux contre l'ancien et mauvais premier secrétaire du PS est facile et mesquine. En tout, même avec des personnes dont on désapprouve les actes et la stratégie, il faut se garder des mots blessants, ainsi quand on lit sur le compte d'un ancien président du MJS «Ce qui est rassurant dans le fait qu'Harlem Désir comprenne Morano ? Le fait qu'il comprenne quelque chose...», cela peut faire sourire mais pas plus et en tout cas cela ne fait en rien avancer le débat. On a connu l'auteur de la saillie mieux inspiré. C'est sans doute le travers de twitter mais bon...

Je n'ai aucun doute sur les bonnes intentions du sous ministre des affaires européennes dans cette affaire. Son engagement à gauche et comme ancien Président de SOS Racisme ne sauraient être mis en doute et il a sans doute voulu exprimer les mêmes sentiments que ceux que je développais en introduction du premier chapitre.

Cependant, un responsable politique de cette «envergure» n'aurait pas dû faire preuve d'autant de légèreté dans sa réponse. Surtout avec une personnalité aussi sulfureuse que Nadine Morano. Si l'on avait été devant un coup de gueule soudain d'une personnalité centriste (pas comme le Maire de Cholet, hein !) ou d'un représentant de ce qu'il reste de la droite républicaine, on aurait pu à la rigueur comprendre qu'il dise «comprendre». Mais la simple citation retranscrite plus haut démontre déjà la perversité du propos de Madame Morano et il était impensable dans cette configuration de faire preuve de compréhension et paraître ainsi cautionner le raisonnement qui sous-tend le propos. Je l'ai déjà dit nous ne sommes pas devant un simple coup de gueule et une éructation soudaine à laquelle Nadine nous a habituée (parfois avec une vulgarité sans égal) en 140 signes sur twitter ; le propos est construit et avant même la réaction du sous ministre il a été longuement développé sur la page Facebook de l'intéressée. Harlem Désir a donc ici commis une nouvelle faute politique.

Par ailleurs, l'ancien premier secrétaire n'apporte dans cette interview aucune réflexion qui fasse avancer le débat. Il démontre ainsi à quel point la gauche est en train de perdre le combat face au dévoiement de la laïcité organisé par la droite et l'extrême droite. Ici aussi, je me permets de citer Jean Baubérot : «La droite va continuer de surfer sur cette thématique. C'est à la gauche de reconquérir l'hégémonie intellectuelle sur la laïcité. Aujourd'hui, la gauche a beaucoup de mal à répondre à cette perversion car elle-même n'est pas au clair sur la laïcité, et bien qu'elle invoque souvent la loi de 1905, elle ne la connaît pas vraiment. Il y a un combat à mener. Je regrette d'ailleurs que l'on ne soit pas suffisamment nombreux à le mener à gauche. Après les propos de Nadine Morano, la gauche devrait se sentir interpellée car la laïcité lui échappe – ce qui est de sa faute.[…] Elle doit rappeler que la laïcité est une règle politique et pas du tout un conformisme culturel. Tant que la gauche fera preuve de paresse intellectuelle, il ne faudra pas s'étonner que la laïcité soit prise en otage par des gens comme Nadine Morano – qui pourtant n'est pas très brillante sur plan intellectuel. C'est à la gauche de réagir

Il y a donc nécessité de faire un retour clair à la lettre et à l'esprit de la loi de 1905, que nous avons largement perdus de vue depuis quelques années, dans des débats publics où couvert par les meilleures intentions du monde qui ont présidé à l'évolution récente de la législation sur le voile, la droite et l'extrême droite ont réussi à faire du sujet une arme de dénonciation ethnique contre une partie de nos concitoyens d'origine immigrée – cette partie étant présentée comme la représentation du tout.

000_par7355636_0.jpgDans le précédent chapitre, j'évoquais ceux qui ne sont pas issus de l'immigration maghrébine, turque ou subsaharienne (oui parce que parmi les «petits blancs», n'oublions jamais qu'il y a eu aussi des immigrations belge, italienne, espagnole, polonaise, etc. sans parler des autres apports anciens qui font la richesse actuelle de notre République) qui se convertissant à l'islam – ce qui en soi n'est pas répréhensible – choisissent pour certains la voie fondamentaliste pour exprimer leur nouvelle foi. Hommes et femmes, ils font partie de cette minorité islamiste qui sert à stigmatiser l'ensemble des musulmans et les nos voisins issus des immigrations venus du sud de la Méditerranée (bien loin de leurs supposées racines donc). Ce choix de rejoindre la pratique la plus fermée, la plus communautariste, celle qui met le plus en cause l'égalité entre citoyens et entre femmes et hommes, devrait bien plus nous inquiéter. Il est pour moi le symbole des reculs de la République engagés depuis plusieurs années. Lorsque la République, qui doit porter le message universel de la Liberté et de l'Égalité (une fois réalisé celles là, on pourra expérimenter concrètement la Fraternité), laisse sans réponse sérieuse et durable se gripper l'ascenseur social, se creuser les inégalités, au point d'empêcher parfois l'égalité des droits, lorsqu'elle laisse se consolider des espaces de relégations sociale, il est évident que les forces sournoises qui abhorrent la République se proposent de la remplacer et parfois de la combattre. Partout où la République recule, partout où la solidarité républicaine fait défaut communautarismes et extrémismes fleurissent. Quarante année de chômage de masse et de ségrégation sociale, ethnique et spatiale nous présente aujourd'hui la facture, et parmi ceux qui nous présentent la note l'islamisme est l'une des forces qui souhaitent en tirer parti. Dans les classes populaires, les dégâts sociaux ont touché les uns et les autres quelle que soit la couleur de la peau ou l'origine géographique des aïeux. Ces nouveaux convertis à l'islamisme font partie des déshérités d'un système où les défaillances de la solidarité républicaine se sont doublées du déclin de la conscience de classe.

Malgré quelques tentatives (parfois timides) pour relancer la machine du progrès en 1981, 1988 ou 1997, nos concitoyens ont subi 30 ans de reculs sociaux, 30 années de recul de la République dans les têtes et sur le bitume. L'accélération de ses reculs à la faveur de l'abdication de la puissance publique devant la vulgate néolibérale ne peut donc avoir comme seule conséquence celle de l'aggravation du phénomène qui nous occupe ici.

Cela aussi devrait plaider pour changer radicalement de politique économique et pour reprendre la bataille idéologique et culturelle.

Frédéric FARAVEL

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 13:35

Depuis plusieurs mois, toute la gauche est à nouveau bousculée par les contradictions qui s'expriment en son sein sur les questions de l'immigration et de l'intégration. Ceci serait moins dramatique si nous n'étions pas aujourd'hui en charge de conduire les destinées de la République.

Quel effroi lorsque en septembre dernier, le Ministre de l'intérieur Manuel Valls, un socialiste, a expliqué sur une radio publique qu'une catégorie de la population résidant sur le territoire de la République n'avait «pas vocation à s'intégrer» mais retourner dans leurs pays d'origine (la Bulgarie, la Roumanie, essentiellement), sur la base de leur «culture trop différente». Cette déclaration ethnicisante n'est pas conforme selon nous à la tradition républicaine d'une part et aux valeurs humanistes de la gauche d'autre part.

Elle entre pourtant dans une stratégie construite de créer le clivage et la polémique par la triangulation.

leonarda.jpgL'expulsion d'une famille rrom au Kosovo, alors que leur pays d'origine n'était pas clairement identifié, l'interpellation de la jeune Leonarda Dibrani en marge d'une activité scolaire, avant sa reconduite à sa frontière, a suscité une grave polémique dont toutes les retombées ne sont pas encore connues. L'arbitrage final et public du Président de la République – après avoir pris connaissance des résultats de l'enquête administrative demandée par le Premier Ministre, qui a démontré à la fois une application stricte du droit mais également un manque de discernement dans l'appréciation humaine de la situation – est également troublante : en proposant à la jeune fille et «à elle seule» de rentrer en France pour poursuivre sa scolarité, nous sommes en contradiction avec le droit international, avec la convention internationale des droits de l'enfant.

Non seulement la droite et l'électorat conservateur, qui n'auraient en tous les cas jamais soutenu la décision gouvernementale, accusent désormais le Président de laxisme, mais surtout une large partie des militants et des électeurs socialistes ont mal à leurs valeurs humanistes.

Mais au-delà de la légitime émotion que l’expulsion de cette famille, alors que sa volonté d’intégration se traduisait clairement par la scolarisation assidue des quatre enfants, suscite, il est temps d’interroger notre politique en matière d’immigration irrégulière.

Le cas de la famille de Leonarda n'est que la partie émergée de centaines d'expulsion de famille de sans papier, dont les enfants sont le plus souvent scolarisés dans les écoles de la République.

Ce n’est pas seulement l’application des textes qu’il faut discuter, mais aussi les textes eux-mêmes. C’est aussi l’état du droit en matière d’immigration que cette triste affaire révèle. Le parlement devait légiférer, mais les délais ont été repoussés.

Pendant cinq ans, les socialistes ont, aux côtés des associations, milité pour un assouplissement des critères de régularisation des sans papiers et l’abandon d’une politique du chiffre. L’abrogation du délit de solidarité, celle de la circulaire Guéant sur les étudiants étrangers ou encore la circulaire d'août 2012 sur les campements nomades illicites (qui s'adresse essentiellement aux populations Rroms) ont incontestablement marqué une rupture avec le sarkozysme. Mais ces mesures sont peu ou mal appliquées.

Pour l’essentiel, la politique de l’immigration menée aujourd’hui est malheureusement comparable à celle de la période précédente, car notre législation continue à « fabriquer des sans papiers » et des familles ni régularisables, ni expulsables. Un des problèmes provient de ce que l'immigration relève de la compétence du ministère de l’intérieur. Penser l’immigration au seul titre de la sécurité est en soi un non sens. Ce n’est pas au ministère de l’intérieur de définir une politique migratoire. Quand tout est entre les mains du ministère de l’intérieur, cela donne une vision presque policière de l’immigration.

Aujourd’hui, il faut aller plus loin.

lampedusa1.jpgCar «l'affaire Leonarda» ne peut pas masquer le drame récent de Lampedusa, qui a rappelé après bien d'autres naufrages, que la mer méditerranée était en train de devenir un cimetière marin pour des milliers d'immigrants originaires du Moyen Orient et d'Afrique. La réponse de l'Union Européenne, en cette circonstance, n'a pas été à la mesure du défi : en proposant uniquement d'augmenter les crédits de l'agence Frontex, dont le rôle est de surveiller les frontières extérieures de l'UE, les Européens démontrent qu'ils ne cherchent qu'à repousser au loin ces migrants, quelle que soit leur situation sanitaire ou humanitaire, condamnant des dizaines de milliers d'entre eux à la misère et parfois à la mort.

naufrage-de-lampedusa.JPGSoyons clair : il n'est pas possible de dresser sur la Méditerranée un "mur" comme les Américains ont échoué à en dresser un sur le Rio Grande. Il n'est pas possible de décréter la fin des flux migratoires au regard de la détresse économique, politique, humanitaire et sanitaire des populations concernées. Cette question ne peut donc pas se régler par les seules réponses policières. Personne ne peut penser qu’à l’inverse, ce sujet sera réglé sans frontières et sans entraves. La question du développement avec le soutien des Européens des pays au sud de la Méditerranée est une donnée essentielle du problème : mais ne nous y trompons pas, le rythme et la qualité de ce développement ne suffiront pas à stopper ces flux migratoires. À nous de définir comment on régule la mobilité légitime des personnes et comment nous nous donnons collectivement, Français et Européens, les moyens d'accueillir dignement ces migrants.

Dans ce cadre, il faut d’abord définir notre projet européen. On ne peut plus continuer à organiser la concurrence entre nous, à nous exclure les uns les autres, selon l’origine ou le degré de pauvreté. Pourtant, on continue avec une logique européenne qui nous impose de nous faire du mal.

Le Parti Socialiste, ses parlementaires et notre gouvernement doivent retrouver la boussole qui semble leur faire défaut aujourd'hui et qui doit nous conduire collectivement à réformer en profondeur notre politique migratoire. Cette boussole n'est pourtant pas loin : elle a été réactualisée en conformité avec les valeurs émancipatrices et humanistes de la gauche lors des conventions que le PS a organisées en 2010 et 2011, validée lors de l'adoption du projet socialiste en juin 2011.

Il est temps d’agir.

Frédéric FARAVEL

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 08:18

Cochin_Port_royal.jpegLa mort d'un bébé in utero à la maternité Cochin-Port-Royal de Paris a déclenché une émotion énorme dans l'opinion.

On n'a pas encore les résultats complets des différentes enquêtes commandées par l'Assistance Publique Hôpitaux de Paris (APHP), le ministère de la santé ou consécutive à la plainte du compagnon de la femme qui a perdu le bébé.

Cependant, les premières conclusions de l'APHP transmises hier soir sont pourtant inquiétantes : aucun défaut de moyens et aucun défaut de personnel. On retrouve ici le même processus qu'en octobre dernier, lorsqu'une famille avait perdu son enfant sur l'autoroute A20 en cherchant à rejoindre la maternité de Brives depuis Figeac... La grossesse était à risque, la famille n'en veut à personne, c'est la "faute à pas de chance", la faute à tout le monde et à personne en même temps... Circulez, y a rien à voir !

On touche pourtant les limites d'une logique comptable de la santé publique et notamment de la maternité. Il est préoccupant que dans une maternité réputée excellente, au coeur de Paris, on échelonne les priorités, en considérant qu'une grossesse à risque proche du terme peut être renvoyée au domicile. Il est bon que certaines de nos maternités disposent de moyens concentrés et exceptionnels mais on ne peut aboutir à une forme d'"industrialisation" (le terme est impropre) des naissances, alors que des territoires ruraux ou périurbains deviennent des déserts médicaux, hospitaliers et maternels (l'Etat vient d'ailleurs être condamné après la fermeture en 2009 de la maternité Valréas dans le Vaucluse et devra la rouvrir dans les mois prochains).

Une fois encore, Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf), posait hier les bonnes questions. Il est nécessaire de déterminer si «la France a les maternités et le niveau qu’elle doit avoir pour l’accueil des femmes et de la petite enfance», a-t-il expliqué à l’AFP. «Lorsque l’on passe de la 7e à la 20e place en Europe pour la mortalité infantile comme le dit la Cour des comptes, ça doit interpeller le politique. Les Samu prennent de plus en plus en charge des accouchements inopinés parce que les centres où les femmes sont suivies ne peuvent pas les prendre en charge, c’est pareil en néonatalogie», a-t-il précisé.

Le Dr Pelloux souligne qu’il est indispensable de «rouvrir des maternités, des lits, installer des maisons de naissance, réinvestir dans l’humain de manière à accompagner les femmes et améliorer leur accueil au niveau des maternités». Et d’ajouter : «Le personnel fait ce qu’il peut, il est sans arrêt au taquet et on ne sait plus où mettre les malades. Nous avons toujours très peur de commettre une faute ou une erreur parce que nous n’avons pas les moyens de travailler».

Le gouvernement et la gauche doivent rompre franchement comme l'envisageait le projet du Parti Socialiste avec les logiques des 10 années précédentes : la santé n'est pas rentable. La ministre Marisol Touraine a emporté 1,5 milliards € supplémentaires pour le budget de la santé, c'est une bonne chose. Il est temps désormais de rompre également avec la loi HPST qui continue de détruire la santé publique en France.

Frédéric FARAVEL

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 08:05

GPALe débat parlementaire s'est ouvert hier par un discours magistral de la Garde des Sceaux, Christiane Taubira (cf. la vidéo ci-dessous), un mauvais numéro d'acteur de biopic, Henri Gay-No et une prière de rue de l'association intégriste, homophobe et crypto-fasciste anormalement autorisée par le Préfet de Police de Paris (ce qui a valu à quelques députés - notamment notre camarade valdoisien, Gérard Sébaoun - d'être bousculés par les CRS pour les empêcher d'aller interpeler les "manifestants")...

Le débat parlementaire est désormais lancé, il arrive tard ; il arrive après qu'on ait laissé le temps aux pires opposants de se mobiliser contre le projet, et aux pires propos homophobes de se répandre dans le pays ; il arrive à un moment où la société française y est favorable et en même temps commence à être agacé qu'on ne concentre le débat public sur ce seul sujet.

Le projet n'en est pas moins légitime et nécessaire pour faire avancer les principes d'égalité et d'émancipation qui sont au coeur des convictions socialistes et républicaines.

Désormais, la main de nos parlementaires ne doit pas faiblir : pour réaliser l'égalité, il faudra le 12 février adopter enfin le mariage et l'adoption pour tous, et ensuite dans les mois à venir adopter la PMA pour tous les couples.

Je l'ai déjà écrit la question de la Gestation Pour Autrui (GPA), c'est-à-dire des "mères porteuses", n'est en rien connectée avec les deux sujets précédents, malgré ce que voudrait imposer quelques lobbies minoritaires LGBT et surtout les pires opposants caricaturaux. La GPA implique une marchandisation du corps humain, de la même manière que la prostitution et l'esclavage, incompatible avec la République et le Socialisme, et ne sera autorisée pour aucun couple, ce qui invalide tout argument sur une supposée rupture d'égalité.

L'annonce ce matin de la circulaire du ministère de la Justice - publiée vendredi - pour accorder la nationalité française aux enfants nés à l'étrangers d'une GPA, mais dont le père biologique est français, est donc mal venue, car elle va donner la possibilité aux outranciers réactionnaires qui s'opposent au projet de mariage pour tous d'instiller la confusion. Qu'on résolve un problème humain qui fait de certains enfants des apatrides, ce qui est incompatible avec le droit international, était nécessaire. Il n'était pas utile politiquement de le faire en même temps que le débat sur le mariage pour tous. Le gouvernement vient de se compliquer la tâche et de rajouter à des difficultés pour toutes les personnes directement concernées par le projet de loi.

Donc, soyons très clair, on ne peut pas être socialiste et républicain et validée le principe de la GPA et en conséquence, s'il faut donner une nationalité à des personnes qui existent, il n'est pas compatible avec les principes républicains de valider une filiation fondée sur la GPA.

Frédéric FARAVEL


Retrouvez l'intégralité de l'intervention de... par LCP

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 10:11

Depuis plusieurs semaines maintenant, une bonne partie du débat public – malgré ce que racontent nos concitoyens réactionnaires – se concentre sur le projet de loi, qui va être présenté au Parlement en janvier prochain, sur le mariage et l'adoption pour tous. Ce débat ne surgit pas maintenant : Le « mariage pour tous » était un des 60 engagements de François Hollande, élu président de la République, grâce à la majorité des suffrages des citoyens français.

L'égalité et la sécurité

Logo Site Engagement31Il s'agit bien évidemment d'avancer dans la réalisation de l'égalité et de donner enfin accès à leurs droits aux couples homosexuels et aux enfants issus de ces couples – ceux qui vivent déjà dans le cadre de ces (pas si) nouvelles familles, et ceux qui viendront à y vivre. Il s'agit bien évidemment du mariage civil, indépendamment, donc, de toute considération privée ou religieuse. Et, si les associations confessionnelles sont bien entendu parfaitement autorisées à prendre part au débat public (pour peu qu'il ne s'agisse pas d'une action de prosélytisme), elles (celles qui s'opposent à cette réforme) s'affolent pour peu de choses puisque l’État n'interviendra jamais, grâce au principe de laïcité, pour leur demander de marier des couples homosexuels si elles n'en ont pas envie.

Parce qu'il s'agit d'assurer à toutes et à tous cette égalité sur tout le territoire de la République, lorsque la loi sera votée, elle devra être pleinement appliquée partout en France, quels que soient les états d'âme de certains élus locaux. Il serait particulièrement choquant que certain(e)s de nos concitoyen(ne)s soient pénalisé(e)s à cause des convictions privées de quelques élus locaux où que ce soit en France. La République est laïque, à Paris, à Landernau, à Orange, à Pointe-à-Pitre ou à Castres.

Pour ma part, je me réjouis également de l'autre pendant de la loi qui va permettre l'adoption par tous les couples. En premier lieu, parce que cela va apporter une sécurité juridique et affective aux enfants qui vivent déjà avec leurs deux pères ou leurs deux mères (merci au passage à Christianne Taubira de l'avoir rappelé de belle manière au Palais Bourbon) :

  • que l'un vienne à disparaître et voilà ces enfants protégés d'une seconde séparation douloureuse ou de procédures juridiques souvent destructrices ;
  • que le couple se sépare et cela évitera aux enfants de se voir éventuellement retirer les liens qu'ils avaient construits avec celui ou celle des parents qui n'avait pas de lien biologique direct, mais dont personne ne peut contester les liens d'affection et d'amour.

Taubira.jpgEn second lieu, parce que les couples homosexuels qui souhaiteront adopter :

  • pourront sortir de l'hypocrisie que leur impose aujourd'hui l'administration quand l'un se déclare « célibataire » et se voir parfois autoriser à adopter sur la base de cette fiction ;
  • pourront offrir un foyer aimant et tout autant capable d'apporter une éducation de qualité que les couples hétérosexuels qui disposent d'un agrément.

Le Zapatérisme est encore loin

Formellement, seuls le mariage et l'adoption pour tous figuraient noir sur blanc dans le petit livret du candidat François Hollande compilant ses « 60 engagements ». Il s'était cependant engagé lors de multiples déclarations publiques, oralement et dans des magazines, par sa propre voix ou par l'intermédiaire de sa porte-parole Najet Vallaud-Belkacem, à autoriser l'accès de la Procréation Médicale Assistée (PMA) aux couples de lesbiennes.

Hollande-PMA-big.jpgUn trouble s'est donc emparé d'une partie des soutiens du président de la République, enregistrant sur ce terrain un recul, quand a été constaté que la PMA ne figurait pas dans le projet de loi. On nous a expliqué que la PMA appartiendrait à une loi plus large sur la bioéthique. Mais la polémique enflant, le Président a dû revenir sur le sujet : « Si j'avais été favorable [à cette mesure], je l'aurais intégrée dans le projet de loi » mais le Président dans sa grande mansuétude laisse le Parlement libre d'adopter les amendements qu'il jugera utile. Le contraire eût été étonnant par ailleurs dans une pratique démocratique que le nouvel hôte de l’Élysée souhaite démarquer de celle de son prédécesseur.

[Au passage, on aura tout de même appris que c'est le Président de la République qui rédige les projets de loi : note pour plus tard].

Ce qui est inquiétant dans cette séquence, c'est le Président contredit les engagements répétés du candidat en indiquant qu'il n'est pas « favorable » à une mesure qu'il appelait de ses vœux quelques mois plus tôt. Ce qui est inquiétant, c'est qu'au-delà du débat qui peut exister légitimement à gauche sur la PMA – on a vu 27 députés PS demander à ne pas figurer parmi les signataires de l'amendement du groupe SRC – il témoigne d'une frilosité, d'une pusillanimité de l'exécutif sur une réforme qui met en jeu l'égalité.

Car je le redis, c'est bien là-aussi l'égalité des citoyens devant la loi qui est en jeu. Les opposants, mêmes de gauche, dénonce dans l'ouverture de la PMA aux lesbiennes une démarche qui vient contrecarrer le caractère médical et réparateur qu'on lui avait donné à l'origine. Or, si nos camarades veulent bien s'arrêter 30 secondes sur le sujet, il y a bien longtemps que cette considération a été dépassée dans nos débats à gauche : il ne s'agit pas de donner un droit exorbitant aux lesbiennes mais le PS a pris position pour l'ouverture de la PMA à toutes les femmes, quelles que soient leur orientations sexuelles. Donc si l'on avance vers l'élargissement de l'accès à la PMA aux femmes hétérosexuelles, pourquoi le refuser aux couples lesbiens ? Pourquoi ralentir sur ce sujet alors que dans tous les pays où le mariage et l'adoption pour tous a été légalisé, cela s'est accompagné de l'ouverture de la PMA aux couples lesbiens.

Zapatero.jpgAinsi à ceux qui craignent que notre gouvernement sombre dans le Zapatérisme en limitant le progrès aux questions sociétales pour oublier les questions économiques et sociales, je réponds que nous sommes « malheureusement » encore en retrait par rapport à Zapatéro.

La gauche au pouvoir ne peut pas se permettre de donner l'impression de se déjuger ou de reculer sur une mesure qui si elle est sociétale est bien symbolique comme élément de clivage et de distinction entre la gauche et la droite. Alors que l'exécutif est soumis à une pression médiatique et « lobbystique » du patronnat et des marchés financiers tout recul sur un symbole sera pris comme un encouragement à élargir les brèches du Traité Merkozy et du Pacte de Compétitivité.

D'un point de vue politique, et malgré les chroniques de Thomas Legrand sur France Inter qui dénonce une erreur stratégique du PS, les combats économiques, sociaux et sociétaux de la gauche se rejoignent ; pensons y sérieusement alors que le Patronnat et la droite ont décidé de pousser les feux du rapport de force au maximum autour de la « conférence sociale », une volonté de confrontation bien éloignée de l'appel béat du pouvoir à un « compromis historique ».

La marchandisation du corps humain est incompatible avec l'égalité, incompatible avec la République

GPA.jpgUne partie de la droite et de la gauche se rejoignent enfin dans ce débat en expliquant que l'accès des couples lesbiens à la PMA ouvre forcément la voie à la Gestation pour autrui (GPA) et aux mères porteuses. En effet, autoriser la PMA pour les lesbiennes signifierait créer une inégalité pour les gays qui ne peuvent physiquement y avoir accès. Il faudrait alors leur offrir la GPA en compensation… Je suis pour ma part consterné par la médiocrité de cet argument qui joue sur le retournement absurde des arguments de quelques lobbys homosexuels et intellectuels égarés.

Les socialistes considèrent dans leur immense majorité qu'il faut ouvrir la PMA à toutes les femmes, il s'agit donc d'établir l'égalité entre les femmes quelles soient hétérosexuelles ou homosexuelles.

La légalisation des mères porteuses impliquent la location des organes d'une personne ; il s'agit d'entrer dans une logique de marchandisation du corps, voire de la personne humaine entière. Trafic d'organes, prostitution, esclavage, sont autant d'aliénation qui rentrent dans cette logique de marchandisation, dont la GPA serait une version moderne et bobo.

Le Parti Socialiste et toute la gauche ont heureusement pris vigoureusement position, après débat, contre les mères porteuses et la GPA : elle ne sera pas ouverte pas plus ouverte aux couples hétérosexuels qu'aux couples homosexuels, il n'y a ici aucune rupture d'égalité, l'égalité n'est pas affaire de « compensation » et elle ne saurait supporter d'être confondue avec une proposition indigne.

Pierre-Berge.jpgEt c'est pourquoi je tiens à dénoncer fermement les propos désastreux et selon moi lamentables de Pierre Bergé qui, le 17 décembre dans une interview au Figaro, déclarait : « Nous ne pouvons pas faire de distinction dans les droits, que ce soit la PMA, la GPA ou l'adoption. Moi je suis pour toutes les libertés. Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l'usine, quelle différence ? ». Le milliardaire ne pouvait rendre plus mauvais service à la cause de l'égalité que cette déclaration.

Mais est-ce vraiment l'égalité que Pierre Bergé vise ? Il appartient sans doute à cette infime catégorie de la population déconnectée des réalités, soit par la fréquentation des puissants, soit par l'argent qu'elle possède, qui croit être de gauche en confondant égalité et consommation, et qui croit peut-être que l'égalité sera atteinte quand on aura accordé aux salariés les émoluments suffisants pour leur permettre de consommer sans trop se poser de questions, et surtout sans les interroger à nouveau sur l'orgine et l'utilisation de leur trop grande richesse. Avec Bergé et ses amis "une autre marchandisation est possible".

Pierre Bergé vient de décrire la négation parfaite de la mission historique du socialisme : Il est temps de tordre le cou à cette pseudo gauche libérale-libertaire qui, en comparant la location du ventre d'une femme à la force du travail de l'ouvrier, rabaisse l'une au rang de marchandise et renvoie le second à l'aliénation prolétarienne que plus de 150 ans de luttes sociales n'ont pas encore suffit à réduire.

Frédéric FARAVEL

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 21:40

 

Depuis plus de trente ans, la question du droit de vote des étrangers aux élections locales fait partie du débat public. Elle a été intégrée dans les programmes de plusieurs majorité parlementaire sans jamais prendre force de loi jusqu'ici. La réalisation de cette aspiration légitime à l'achèvement de la démocratie française n'a connu qu'une seule avancée : depuis 1992, les étrangers issus des pays membres de l'Union Européenne peuvent être électeurs et éligibles pour les élections municipales et européennes.

Hollande_conference_presse_13-11-2012.jpgÀ nouveau, cette proposition phare a été au cœur des débats de l'élection présidentielle ; c'est un des 60 engagements du candidat François Hollande, élu le 6 mai dernier Président de la République. Il est donc plus que temps de faire aboutir cette mesure qui a été validée par le suffrage universel des citoyens français. Il est temps de mettre fin par là même à une discrimination qui perdure entre les Européens et les étrangers non-européens.

Cette démarche d'égalité participera au renforcement de l'intégration de ceux qui vivent quotidiennement à nos côtés. On ne peut verser des larmes de crocodiles devant les difficultés de l’intégration, et dans le même instant, refuser d’examiner la forme avancée d’intégration politique qu’offre le vote aux élections locales. Si la France veut redevenir un modèle, elle doit regarder hors de ses frontières pour vérifier que de nombreux autres pays ont agi avec plus d’efficacité et d’humanité. C’est affaire de reconnaissance et de dignité.

Depuis plusieurs semaines, quelques responsables politiques agitent le chiffon rouge du risque du vote communautaire et de la constitution de liste communautariste. Sans aucune naïveté ni complaisance, nous savons d’expérience que les communautarismes prospèrent davantage quand l’égalité est bafouée, la capacité à s’intégrer déniée, et qu’au fond, une part de la cité se mure à sa propre périphérie.

Tout le monde aura pu constater que nos concitoyens d'origine étrangère qui parfois peuvent constituer la majorité du corps électoral de certaines communes n'ont jusqu'ici pas apporté leurs suffrages à de telles listes ; ces listes quand elles ont existé on rassemblé tellement peu de suffrages qu'elles ont été durablement dissuadées de se représenter.

droit-de-vote-des-etrangers.jpgUn citoyen est d’abord une personne qui vit dans la cité et contribue à ses activités. Nos voisins « étrangers » ont les mêmes préoccupations quotidiennes que celles de tous les habitants : le logement, l'emploi, les services publics, la qualité de l'enseignement. C'est cela qui déterminera avant toute autre considération leur choix au moment de voter, et non comme certains essaient de le faire croire de supposés déterminismes ethniques ou confessionnels.

Lorsqu’ils vivent et travaillent en France depuis des années, parce que leurs enfants grandissent avec les nôtres, parce qu’ils participent activement à la vie de la cité dans les associations, les étrangers en situation régulière doivent enfin prendre part aux élections locales comme électeurs ou éventuellement comme candidats.

Pour toutes ces raisons, il est extrêmement décevant que le Président de la République ait lors de sa première Conférence de presse le 13 novembre 2012 pris une certaine distance avec cette revendication essentielle. M. Hollande a repoussé, sinon enterré, sa promesse de campagne. Lors de sa conférence de presse, il s'est montré plus que prudent sur la mise en œuvre de cette réforme – populaire il y a encore quelques mois dans l'opinion, mais qui semble de plus en plus rejetée. "Le gouvernement peut préparer le texte, mais il ne le déposera que si la perspective de son adoption est réunie. Je ne vais pas déposer un texte dont je saurais qu'il sera repoussé", a justifié le président.

On pourrait comprendre que le Président de la République explique une situation politique, les difficultés qui en découlent et décrive l'impasse temporaire à laquelle il se trouve confronté. Mais il est inquiétant qu'il ne s'avance plus que cela, qu'il ne réaffirme pas avec force son engagement et qu'il n'appelle pas les Français et les acteurs politiques de ce pays à lui donner les moyens de faire changer d'avis les quelques politiciens qui ont jugé plus tactique aujourd'hui de s'opposer au Parlement à ce projet, qu'ils admettaient légitimes voici encore quelques mois.

aubry ayraultMartine Aubry, dans son allocution devant le congrès de Toulouse, explication que l'action gouvernementale et parlementaire était sans doute plus efficace que les pétitions ; on me permettra d'y apporter un bémol, qu'elle admettra elle-même tant on connaît son attachement pour cette mesure et la force des arguments qu'elle a développés pour la défendre publiquement : en l'occurrence, confrontés que nous sommes à la faiblesse et à la lâcheté de plusieurs responsables politiques de droite et du centre, le Parti Socialiste et le premier d'entre les socialistes devraient absolument prendre l'initiative d'une campagne populaire pour rassembler et élargir le soutien de nos concitoyens, ce qui serait susceptible de modifier une fois de plus l'avis des faibles parlementaires UDI... et dans cette campagne, il n'y a pas de contre-indications à l'utilisation massive d'une pétition.

discours Maurel samediSi le Parti Socialiste - en tant qu'organisation - ne prenait pas cette initiative nécessaire, c'est alors à l'aile gauche du PS, conduite par Emmanuel Maurel, de prendre ces responsabilités, devant la gauche, devant l'histoire, devant les Français. Et de mener ce qui devrait être l'honneur du militantisme... quitte à forcer la main et la détermination d'un président de la République.

Frédéric FARAVEL

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 12:49

logement-nouveaux-modes-de-vie-nouveaux-besoins.jpegCeci est le compte rendu de l'atelier sur le Logement organisé lors de l'université d'été du Parti Socialiste à La Rochelle, samedi 25 août 2012 à 15h15.

daniel-goldbergCet atelier était animé par Daniel Goldberg, député et secrétaire national au Logement du Parti Socialiste.

 

 

 

 

 

Les intervenants étaient :

Vincent Renard, directeur de recherche au CNRS, Marianne Louis, conseillère régionale, Première adjointe au Maire d'Evry et secrétaire nationale à la politique de la ville et au renouvellement urbain du PS, Alain Cacheux, ancien député, président de la fédération des offices HLM, Philippe Vignaud, architecte-urbaniste.

logement-nouveaux-modes-de-vie-nouveaux-besoins-copie-1* * * * *

La question du logement sera l’un des marqueurs de l’action de la gauche au pouvoir, l’un de ceux sur lesquels elle sera jugée.

Dans une situation d’urgence permanente et de crise durable, la question du logement est une forte source d’angoisse pour nos concitoyens alors même qu’elle apparaît peu en campagne électorale. Il s’agit de répondre à une réelle pénurie de logements, notamment sociaux, facteur d’accentuation des inégalités. La droite a abandonné toute politique réelle d’aménagement du territoire, laissant la politique du logement sans pilote face à la dérive des coûts du foncier. Avec le sarkozisme, l’idée s’est installée que logement était un produit de spéculation dans l’espace et dans le temps, pis aller face aux incertitudes sur les retraites, renvoyant à la défaillance organisée des solidarités collectives, théoriquement suppléées par la responsabilité individuelle.

La demande de logements ne fait que croître marquant une évolution profonde de la société française : multiplication des foyers, familles recomposées, monoparentales –souvent plus précaires –, besoin d’autonomie des jeunes, héliotropisme des seniors.

Face à cette situation, la question est de savoir si le logement est un coût ou un amortisseur social. Il faut "déspécialiser"et "détechnocratiser" ce sujet majeur, pour prendre des décisions politiques fortes et cohérentes sur la durée du mandat, alors même que la droite n’a cessé de déstabiliser le secteur en modifiant constamment les dispositifs et la législation. Le parlement s’attaquera dès septembre 2012 à la cession des terrains de l’Etat pour la construction de logements sociaux, et la réforme de la loi SRU. Le PLF 2013 est un autre rdv majeur, où il faudra réorienter intelligemment les crédits.

Plus généralement, il faudra faire plus de "ville" ! Une bonne partie du mal-logement est lié au malaise des habitants dans leurs environnements de vie : territoires éloignés de l’emploi, sans transports suffisants, sans services publics, sans fonctions de centralités nécessaires… que ce soit en milieu urbain ou autour des communes rurales. Souvent, les quartiers devenus des ghettos ont été bien construits, avec des logements de bonne qualité, mais sont aujourd’hui mal entretenus et enclavés, sans perspective d’en sortir pour les habitants.

La question de l’aménagement durable du territoire et de la réactivation de la politique industrielle , est une priorité absolue, pour ne pas laisser des populations loin de l’emploi ou des services, pour ne pas créer des zones d’habitation qui seraient rapidement transformées en ZUS, ou encore des bourgs et villes moyennes désertées car sans activités.

Si l’objectif chiffré de 500 000 logements, dont 150 000 logements sociaux, doit être tenu pour être mobilisateur, il faut surtout s’assurer que l’on construit ce qu’il faut, là où il faut, au prix qu’il faut avec le loyer de sortie accessible. Quel que soit le mode d’accès au logement, locatif ou accession, la gauche doit opposer le « tous logés » au « tous propriétaires » de la droite.

De très nombreuses propositions sont venues tant de la salle que des intervenants :

  • Tenir impérativement l’objectif du doublement du plafond du livret A, même par étape, pour assurer le financement du logement social en le centralisant par la Caisse des dépôts (CDC), et surtout en contraignant TOUS les opérateurs bancaires à atteindre un niveau de 65% de collectes. Ceci devrait permettre à la CDC de multiplier les prêts bonifiés ;
  • Un véritable travail doit être mené concernant la transparence sur les attributions de logements sociaux, les logiques de clientélisme sont de tout bord, avec notamment l’anonymisation des dossiers ;
  • Créer un rapport de force exigeant avec les promoteurs immobiliers, notamment en refusant les opérations sous conditions de marges excessives (15%) inacceptables en temps de crise : il faut contrôler les bilans d’aménagement et rappeler que le logement social paye (!) et qu’il est même devenu une garantie pour les opérateurs de réussite financière des programmes, car les bailleurs remboursent toujours le coût de la production ;
  • Rendre obligatoire, dans les PLH, les accords intercommunaux de peuplement, obligeant toutes les communes à se répartir correctement au sein de l’agglomération PLS, PLUS, PLAI ;
  • Abaisser la TVA et les droits de mutation sur le logement social, prêt à taux zéro pour les PLAI, etc.
  • Enfin un débat s’est engagé sur la pertinence de conserver aux maires le contrôle foncier sur la commune, alors que c’est au niveau de l’agglomération et du bassin de vie que semble se situer les éléments les plus pertinents de régulation des politiques de l’habitat.

Ce compte rendu ne peut malheureusement pas traduire toute la richesse des débats et propositions.

Frédéric FARAVEL

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 07:59

liberte-de-la-presse1.jpgEn 2005, lors de l'affaire des caricatures de Mahomet, l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo avait fait sensation en publiant en couverture une excellente caricature de Cabu mettant en scène un Mahomet déprimé, la tête dans ses mains, se plaignant : "c'est dur d'être aimé par des cons" (évidemment par cons il faut entendre les intégristes qui disent l'aimer comme prophètes, pas l'ensemble des musulmans).

Au lendemain de l'attentat dont ses locaux ont été victimes, l'équipe rédactionnelle de Charlie Hebdo doit se dire à peu près la même chose. L'incendie des locaux du journal est une violation, une attaque évidente contre le principe de la liberté de la presse et il est naturel que l'hebdomadaire reçoive le soutien des démocrates, quelles que soient l'avis que l'on puisse porter sur la qualité du journal (pour ma part, je n'ai pas cédé à caricature de me précipiter pour acheter un Charia Hebdo - pas forcément de très bon goût, mais après tout il paraît que c'est ça la libre-pensée ; si France Soir, qui est un mauvais quotidien, était attaqué, je défendrai sa liberté, mais je n'irai pas plus l'acheter).

Personne ne s'étonne que la gauche radicale, la gauche parlementaire ou la droite républicaine apportent donc leur soutien à un journal devenu le symbole de la liberté de la presse. Mais on est plus sceptique devant le soutien apporté par une Marine Le Pen, en visite sur le Capitole, ou par Claude Guéant qui en a profité pour présenter quelques amalgames.

Concernant Marine Le Pen, les ficelles de la manipulation et de l'instrumentalisation sont extrêmement visibles : la nouvelle madonne de l'extrême droite française a depuis longtemps maquillé son discours anti-immigrés et anti-musulmans sous un vernis de pseudo-défense de la laïcité. Dénoncer l'intégrisme musulman équivaut pour elle à dénoncer l'Islam, défendre "l'identité française", celle qui ne saurait tolérer selon elle les prénoms arabes, berbères, turcs ou africains dans l'Etat-civil républicain.

Avec Claude Guéant, c'est évidemment plus insidieux. Le rôle du ministre de l'intérieur est évidemment de défendre les citoyens contre la violence illégitime, de défendre les principes républicains contre les atteintes dont ils sont victimes. Mais le ministre de l'intérieur sait comme toujours salir la République par des additions discursives dont il a le secret. Hier donc, nous avons appris que Charlie Hebdo était victime d'un attentat (allez on accordera au ministre de l'intérieur que c'est probable, même si l'enquête n'a rien dit encore...) ; interrogé pour savoir s'il était "difficile de critiquer la religion en France aujourd'hui" alors que des catholiques intégristes manifestent depuis plusieurs jours devant le Théâtre de la Ville où se joue la pièce Sur le concept du visage du fils de Dieu, Claude Guéant a souligné que ceux-ci "protestent, expriment aussi une opinion, ils ne brûlent pas".

La belle affaire donc... Claude Guéant vient d'un coup de tordre le coup à l'hypothèse d'un complot d'extrême droite qui ferait croire que des méchants musulmans auraient attaqué Charlie pour retourner la colère populaire contre les musulmans et attirer vers l'extrême droite les électeurs (pourtant ça s'est déjà vu des coups tordus). Et en même temps, le ministre de l'intérieur nous explique donc qu'il y a des gentils intégristes qui "ne brûlent pas", alors que vraissemblablement des méchants intégristes existent et qu'ils sont eux assurément islamistes. CQFD.

Notons par ailleurs que depuis hier matin, il est déjà indiqué, sans même que l'enquête ait eu lieu, que l'attentat dont a été victime Charlie Hebdo serait le fait d'islamistes. C'est possible, il est évident que le site de Charlie Hebdo a été victime de hackers islamistes, de même que sa page Facebook, pour l'attentat on verra.

Enfin, rappelons que les gentils intégristes catholiques ont obtenu la paroisse de Saint-Nicolas-du-Chardonnet par une action violente d'occupation contre les autorités officielles de l'Eglise Romaine. Rappelons surtout que les gentils intégristes catholiques avaient mis le feu dans la nuit du 22 au 23 octobre 1988, au cinéma Espace Saint-Michel à Paris, qui diffusait l'excellent film La dernière tentation du Christ de Martin Scorcese. Claude Guéant doit se dire que les gentils intégristes catholiques ont changé et que le seul mal qu'ils feraient aujourd'hui serait de faire de la publicité à une mauvaise pièce de théâtre.

Frédéric Faravel
Secrétaire fédéral aux relations extérieures du Parti Socialiste du Val-d'Oise

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 07:12
Anne-Cécile Juillet | Publié le 29.03.2011, 18h26 par Le Parisien
Mohammed Moussaoui (Conseil français du culte musulman), le cardinal André Vingt-Trois et Gilles bernheim, grand rabbin de France, ont cosigné une tribune remettant en cause les conditions du débat sur la laïcité. 

Mohammed Moussaoui (Conseil français du culte musulman), le cardinal André Vingt-Trois et Gilles bernheim, grand rabbin de France, ont cosigné une tribune remettant en cause les conditions du débat sur la laïcité.  | LP / MdM, Ph.L. et D.G. 

Le ton est prudent et «sans aucun esprit polémique ou partisan», mais le message est clair. Les représentants des six grandes religions de France, réunis au sein de la Conférence des responsables de culte en France (CRCF), désapprouvent la tenue du débat sur la laïcité tel qu’il est proposé à ce jour par le président de l’UMP, Jean-François Copé.

Leur déclaration commune, dont Le Parisien/Aujourd’hui en France a eu connaissance, constitue une première pour le CRCF, fondé discrètement en novembre dernier. Pour l’heure, outre les représentants musulmans, seul le président de la Fédération protestante de France et le Grand Rabbin de France s’étaient prononcés publiquement sur le débat, prenant nettement leurs distances.

Catholiques (Mgr André Vingt-Trois), protestants (le pasteur Claude Baty), orthodoxes (le métropolite Emmanuel), juifs (le Grand Rabbin de France Gilles Bernheim), musulmans (le président du CFCM, Mohammed Moussaoui) et bouddhistes (le révérend Olivier Wang-Genh) appellent d’une même voix à veiller «à ne pas dilapider ce précieux acquis» (la laïcité), et «pendant cette période pré-électorale, de bien garder sereinement le cap en évitant amalgames et risques de stigmatisation». «Le débat est toujours signe de santé et de vitalité. (...) Mais un parti politique, fût-il majoritaire, est-il la bonne instance pour le conduire seul ?»

Les religieux posent la question, sans y répondre directement. Mais en réclamant de ne pas ajouter «de la confusion dans la période trouble que nous traversons», et en affirmant que, déjà, les religieux de France militent «ensemble pour une laïcité de bonne intelligence», il ne fait aucun doute que pour eux, la réponse est non.

LA TRIBUNE DANS SON INTÉGRALITÉ :

«Débat sur la laïcité ?
Sérénité, attention et réflexion appliquées, recommandent les responsables de culte !


La Conférence des Responsables de Culte en France a été créée le 23 novembre dernier et elle regroupe six instances responsables du Bouddhisme, des Églises chrétiennes (Catholique, Orthodoxe, Protestante), de l’Islam et du Judaïsme. Cette initiative est justifiée par la volonté d’approfondir notre connaissance mutuelle, par le sentiment de contribuer ensemble à la cohésion de notre société dans le respect des autres courants de pensée, et par la reconnaissance de la laïcité comme faisant partie du bien commun de notre société.

La laïcité est un des piliers de notre pacte républicain, un des supports de notre démocratie, un des fondements de notre vouloir vivre ensemble. Veillons à ne pas dilapider ce précieux acquis. Il nous parait capital, pendant cette période pré-électorale, de bien garder sereinement le cap en évitant amalgames et risques de stigmatisation.

Nous signons ensemble cette tribune sans aucun esprit polémique ou partisan. Une parole commune nous semble néanmoins nécessaire. Notre cohésion au sein de la Conférence que nous avons fondée, est significative dans notre société française. Elle a été rendue possible grâce notamment au climat de coopération instauré entre les religions, que la "laïcité à la française" et ses évolutions depuis plus d'un siècle ont permis.

Mais cette cohésion ne signifie pas pour autant uniformité ! Elle ne nous engage nullement en faveur d'un quelconque amalgame syncrétiste ou d’un nivellement de nos positions individuelles et celles des cultes que nous représentons. Nous travaillons ensemble dans la confiance, en intégrant nos histoires et identités respectives. Nous continuons à avoir des approches différenciées sur telle ou telle question, sans pour autant faire de nos différences des facteurs d'opposition. Nous sommes déterminés à réfléchir et à œuvrer ensemble sur la durée, en relation avec les autorités et les forces vives de notre pays, afin que le facteur religieux y soit un élément de paix et de progrès.

L'accélération des agendas politiques risque, à la veille de rendez-vous électoraux importants pour l’avenir de notre pays, de brouiller cette perspective et de susciter des confusions qui ne peuvent qu'être préjudiciables. Nous en sommes conscients. Cela ne doit pas nous dissuader pour autant de rappeler l'essentiel quand il le faut. Nous restons très attentifs aux évolutions profondes de notre société, notamment celles qui concernent les religions, dans le respect du cadre de la République. Ces évolutions appellent parfois des adaptations voire des améliorations du cadre juridique et règlementaire de l’expression et de la vie des cultes en France. Nous ne manquerons pas d’être une force positive de propositions dans ce sens.

Faut-il dans le contexte actuel un débat sur la laïcité ? Le débat est toujours signe de santé et de vitalité. Le dialogue est toujours une nécessité. Il a un rôle majeur dans une société libre, démocratique et respectueuse de la personne humaine. Mais un parti politique, fût-il majoritaire, est-il la bonne instance pour le conduire seul ? Ce ne sont ni les débats, ni les travaux qui manquent dans ce domaine ! La Loi 1905 est déjà plus que centenaire. Elle a permis d’apporter depuis lors des solutions à des questions nées de nouvelles situations et des évolutions de notre société dans un monde de plus en plus rapide. Tous les cultes adhèrent sans réserve à ses principes fondamentaux tels qu’ils s’expriment en particulier dans ses deux premiers articles. Mais les modalités d’application de ces principes restent toujours perfectibles. Faut-il recenser tous les colloques et autres séminaires qui ont abordé en long et en large la question de la laïcité et de ses applications dans notre pays depuis des années? Faut-il rappeler, dans la période récente, les travaux étendus et exhaustifs de la Commission présidée par le Professeur Jean Pierre MACHELON qui ont donné lieu à un rapport sur les « relations des cultes avec les pouvoirs publics » remis au ministre de l’intérieur le 20 septembre 2006 ? Ce rapport avait abordé d’une manière approfondie les différents aspects liés à l’exercice du culte en France dont celui du « support institutionnel » de son exercice dans notre pays. Faut-il rappeler de même les travaux du « Groupe juridique inter-cultes » qui travaille depuis 2007, dans le prolongement des recommandations du Groupe MACHELON, au sein du Ministère de l’intérieur, et où siègent des représentants des principaux cultes ? Ce groupe a bien fonctionné et a permis la publication de plusieurs circulaires dont la dernière, du 23 juin 2010, conjointe aux Ministères de l’intérieur et des finances, aborde d’une manière détaillée à l’attention des préfets, des directeurs départementaux des finances publiques et des trésoriers payeurs généraux, les différents aspects liés au « support institutionnel de l’exercice du culte en France » ? Faut-il rappeler aussi la production intellectuelle abondante d’articles et d’écrits divers, ainsi que les nombreux ouvrages qui paraissent sur l’histoire, les fondements, la pratique et les perspectives de la laïcité en France ? La liste en sera longue. Elle illustre parfaitement toute la richesse et la profondeur de notre expérience française de la laïcité. Nous y reviendrons lors de la rencontre publique que nous comptons organiser en octobre prochain.

Secouée par des crises à répétition, politique, économique, financière et morale, la période actuelle manque de lisibilité mais sans doute pas d’espérance ! Le devoir de ceux qui sont « en responsabilité » consiste à éclairer le chemin et à élaborer des solutions conformes au bien de tous. N'ajoutons pas de la confusion dans la période trouble que nous traversons. Nous militons ensemble pour une laïcité de bonne intelligence.

La laïcité n’est pas séparable des valeurs fondamentales que nous partageons, en particulier de la dignité et du respect de la personne humaine et de sa liberté inaliénable. Ces valeurs qui ne peuvent s’épanouir que dans la confiance mutuelle source de paix pour notre société.»

SIGNATAIRES :

Cardinal André VINGT-TROIS, président de la Conférence des Évêques de France
Avec Mgr Laurent ULRICH, vice-président de la Conférence des Évêques de France
Pasteur Claude BATY, président de la Fédération protestante de France
Avec le pasteur Laurent SCHLUMBERGER, membre du Conseil de la Fédération protestante de France, président du Conseil national de l’Église réformée de France
Métropolite EMMANUEL, président de l’Assemblée des Évêques orthodoxes de France
Avec le Métropolite Joseph, secrétaire de l’Assemblée des Evêques orthodoxes de France
Et Mr. Carol SABA, porte-parole de l’Assemblée des Évêques orthodoxes de France
Grand Rabbin Gilles BERNHEIM, Grand Rabbin de France
Avec le rabbin Moshé LEWIN, porte-parole du Grand Rabbin de France
M. Mohammed MOUSSAOUI, président du Conseil français du culte musulman
Avec M. Anouar KBIBECH, secrétaire général du Conseil français du culte musulman
Révérend Olivier WANG-GENH, président de l’Union bouddhiste de France
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Published by FARAVEL - dans Société
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