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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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Maintenant la Gauche !

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 19:48
au premier rang, Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris, Emmanuel Maurel, député européen, et Christian Paul, député de la Nièvre, principaux responsables de l'aile gauche du Parti Socialiste lors d'un conseil national du parti

au premier rang, Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris, Emmanuel Maurel, député européen, et Christian Paul, député de la Nièvre, principaux responsables de l'aile gauche du Parti Socialiste lors d'un conseil national du parti

Au lendemain des primaires de novembre 2011, qui l'avait vu être désigné candidat du PS, du PRG et du MRC, François Hollande s'était engagé à repasser par cette procédure de validation citoyenne pour l'échéance suivante, si jamais il était élu président de la République. Evidemment, depuis son élection le 6 mai 2012, le Président de la République a cherché à faire oublier les engagements du candidat Hollande, sur ce sujet comme sur bien d'autres.

Pourtant samedi 18 juin 2016, à la Maison de la Chimie, Rue Saint-Dominique à Paris, le Conseil National du Parti Socialiste a adopté à l'unanimité une résolution confirmant l'organisation de primaires citoyennes ouvertes pour un vote les 22 et 29 janvier 2017. Dès les premières minutes qui ont suivi le CN du PS, la direction du Parti - Jean-Christophe Cambadélis en tête - a tenté de faire raconter une petite histoire qui n'a pas grand chose à voir avec la réalité : le premier secrétaire du Parti Socialiste aurait habilement manoeuvré pour imposer à tous - et piéger les "Frondeurs" - une primaire taillée sur mesure pour adouber François Hollande, dans le cadre de "La Belle Alliance Populaire", coquille vide rassemblant artificiellement la direction du PS et ses satellites (micro-partis ou dirigeants d'associations sous perfusion du PS).

De la part d'un couple exécutif/parti qui a tout fait pour empêcher les primaires citoyennes la ficelles est un peu grosse. Il est vrai que le manque de subtilité d'EELV et du PCF lui a fourni le prétexte pour être à deux doigts de réussir à emêcher les primaires. En fait, malgré les déclarations tranchantes des dirigeants de ces deux partis refusant la participation du Président sortant et/ou du premier ministre, les représentants de la direction du PS avaient tout fait pour gripper progressivement la dynamique de rassemblement qui s'était bâtie depuis l'appel de nombreux intellectuels dans Libération, en repoussant toujours à plus tard l'échéance des décisions concrètes, contestant le principe de pluralité de candidatures socialistes sans lequel le rendez-vous n'avait pas grand sens. Parallèlement, depuis plusieurs mois, députés et ministres (comme Eduardo Rihan-Cypel ou Najat Vallaud-Belkacem) couraient les plateaux TV et radio expliquant que la primaire était inutile car le Président de la République était naturellement légitime à se représenter.

Plus près de nous encore, nous revenons de loin puisqu'en début de semaine dernière, le premier secrétaire avait envisagé un congrès extraordinaire du PS pour supprimer les primaires citoyennes des statuts du parti. C'est là en réalité la seule véritable habileté réussie du premier secrétaire du PS, or elle ne visait pas à pièger les "Frondeurs", mais à démontrer qu'au regard de la situation politique, François Hollande ne pouvait plus se permettre d'interdire la convocation de primaires. En effet, face à l'opposition de l'Elysée, Jean-Christophe Cambadélis mettait le Président devant le risque d'un congrès extraordinaire raté, où les militants du PS pouvaient probablement refuser la manoeuvre et devant laquelle l'opinion considérerait que l'exécutif, comme le parti, fuyait la démocratie... En termes d'image et de courage politique, cette option était intenable pour François Hollande.

C'est la raison pour laquelle François Hollande s'est résolu à laisser Cambadélis valider ces primaires citoyennes. "Si je ne suis pas en mesure de l'emporter dans des primaires, comment pourrais-je prétendre gagner l'élection présidentielle ?"... Il cite une de ses probables concurrentes.

Avec Emmanuel Maurel, Marie-Noëlle Lienemann et Jerome Guedj, avec toute la motion Maintenant la Gauche, nous avons demandé dès 2013 (et à l'époque nous étions bien seuls) que le Parti socialiste organise des primaires citoyennes lorsque le moment serait venu de préparer les élections présidentielles de 2017. Nous percevions déjà qu'après un peu plus d'un an de mandat, François Hollande n'était déjà plus le candidat naturel qui permettrait de rassembler le peuple de gauche. Les reniements sur ses engagements posaient déjà évidemment la nécessité que le peuple de gauche se prononce à nouveau.

Malgré un périmètre plus restreint que nous ne l'avions espéré (sans le PCF et EELV), mais plus large qu'en 2011 (puisqu'en plus du PRG s'y ajouterait l'UDE et peut-être Nouvelle Donne), cette décision répond à notre volonté revendiquée de renouveler les primaires citoyennes qui doivent permettre de désigner le candidat de la gauche pour la présidentielle (comme c'était clairement exprimé dès la page 30 de la motion B "à gauche pour gagner" du congrès de Poitiers).

En effet, François Hollande plus que jamais n'apparaît plus comme un candidat naturel pour sa réélection, mais même un handicap pour la préparation de la présidentielle au regard des conséquences de sa politique dans l'opinion publique et dans notre électorat. Personne n'est d'ailleurs aujourd'hui assuré que le Président sortant sera en situation de se représenter d'ici là.

Le choix de Jean-Christophe Cambadélis se comprend donc selon ces deux facteurs :

1- la direction du PS valide l'idée que - même pour elle - le président sortant n'est en rien le candidat évident de la gauche à la Présidentielle, et qu'à tout le moins il a l'impérieux besoin de repasser par cette procédure pour retrouver une légère légitimité et éviter d'être totalement ridicule lors du premier tour d'avril 2017 ;

2- si la situation politique personnelle du Président continuait de se dégrader et qu'il ne soit même plus en mesure de se représenter (jetant l'éponge en novembre ou en décembre avant la date de dépôt des candidatures aux primaires), la direction du PS a besoin d'avoir une procédure de sélection de son (sa) remplaçant(e)...

C'est pourquoi, dans ce contexte, pour ceux qui étaient membres du conseil national du PS, nous n'avons voté cette résolution qu'à deux conditions :

1- qu'en soient retirées les provocations agressives contre les écologistes et les communistes alors même que ce texte lançait un nouvel appel à nous rejoindre (c'est encore possible puisque le PCF a repoussé à novembre prochain sa décision finale) ;

2- que soit clairement précisé noir sur blanc que les règles qui présideront aux primaires pour 2017 soient calquées sur celles de 2011 (conditions de candidature, d'organisation, de transparence et d'ouverture du vote).

Tous les Français de gauche pourront donc voter les 22 et 29 janvier 2017 prochain. Nous devons tout faire pour qu'un maximum de participants nous rejoignent, car c'est la seule manière de faire émerger un débat ouvert et public sur la nature du projet que nous voulons défendre en 2017 et la candidature alternative que nous souhaitons porter pour la faire vivre.

Vous pourrez lire plus bas en pièce jointe la résolution qui valide cette procédure.

Désormais, nous allons pouvoir confronter le bilan de François Hollande à ses engagements et aux attentes du peuple de gauche, nous allons pouvoir proposer un(e) candidat(e) qui défendra un Projet de gauche ambitieux pour gouverner et transformer le pays ; un(e) candidat(e) qui sera capable d'emporter l'investiture contre le Président sortant si celui-ci s'y risquait.

Je continue de penser qu'il serait plus sage que François Hollande s'écarte de lui-même ; ce serait de sa part faire preuve de lucidité au regard des résultats de son action et de la situation politique qu'il a créée, mais aussi cela aurait l'avantage d'élargir encore le champ du rassemblement (à EELV, au PCF, au MRC...). Car il est évident que #LaBAP de Jean-Christophe Cambadélis n'est en rien un dépassement du PS mais une excroissance de celui-ci qui permet cependant de gommer la dimension socialiste du parti qui la conduit.

Pourtant, les caciques du PS vont évidemment apporter par légitimisme (ou par calcul qu'il vaut mieux en finir avec la séquence Hollande dans une défaite, plutôt que de voir un candidat alternatif être adoubé par une campagne courageuse reprenant le flambeau du socialisme démocratique, ce qui obscurcirait leur propre horizon) leur soutien au Président sortant ; ce sera le cas de Manuel Valls, Martine Aubry ou Jean-Christophe Cambadélis, qui lors de la conférence de presse suivant le conseil national du PS s'est déjà empressé de dénigrer tous les concurrents éventuels de François Hollande, alors même qu'il appelait les socialistes à éviter les travers comportementaux constatés dans la primaire LR. Le Premier secrétaire et son équipe feront évidemment tout pour piper les dés, tenter de reculer sur les conditions actées lors du CN du 18 juin, réduire le nombre de bureaux de vote, limiter au maximum le nombre de participants. A nous d'être plus convaincants et plus forts.

Quels que soient les candidatures alternatives que nous pourrions faire émerger - Marie-Noëlle Lienemann et Arnaud Montebourg sont à ce jour les plus sérieusement engagés dans cette démarche -, chaque voix exprimées dans ces primaires doit pouvoir être une voix contre le reniement sur le projet européen, une voix contre la loi Macron, une voix contre la loi travail, une voix pour un projet ambitieux ancré à gauche pour gouverner et transformer la société française dans le sens du progrès et de la Justice.

Frédéric FARAVEL

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