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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

25 septembre 2006 1 25 /09 /septembre /2006 16:33

C’est un peu l’heure des bilans. Un peu aussi l’heure de vérité.

NPS est né au lendemain du 21 avril. Au lendemain d’une élection présidentielle. Il n’est pas inutile de nous souvenir pourquoi

Nous avions tous des trajectoires différentes. Nous avons tous vécu cette défaite comme une blessure.Une blessure créée par :

- notre distance avec les classes populaires.

- l’asphyxie de la démocratie. Le poids des médias dans la campagne, nouvel acteur omniprésent.

- la dégradation des conditions de vie, morcellement du corps social.

Nous étions aussi en colère face à la cécité des élites socialiste, le repli sur l’appareil pour mieux échapper à l’inventaire des responsabilités politiques.

C’est le moment de mesurer et d’évaluer ce que nous avons contribué à changer.

Les signes visibles de l’influence du NPS sont d’abord dans le projet.

  1. L’Europe. Depuis le 29 mai la ligne du PS a changé. La ligne du PSE a changé

  2. La démocratie : République nouvelle.

  3. Les salaires. Une approche globale de la question sociale plus conforme à nos analyses.

  4. Nous avons nettoyé, rafraîchi, (clarifié) la relation du PS avec le mouvement social empreinte de soupçons respectifs.

L’essentiel de notre bilan est là. On ne peut pas faire comme si l’ensemble de ces acquis était subalterne, secondaire au moment du choix du candidat.

Nous avons aussi connu des échecs.
Depuis 5 ans la majorité du PS est la même. Si son centre de gravité a bougé, le casting a peu évolué. ce sont les mêmes qui dirigent le parti. Ca n’est pas tant une question de génération qu’une question d’orientation.

  1. Peut être en est ce la raison ou la conséquence : nous nous sommes divisés. La gauche du parti est morcelée. Elle n’a ni leader, ni stratégie commune.

  2. La dépolitisation (la désidéologisation) s’est accentuée. C’est comme si le choix du candidat à l’élection présidentielle faisait tomber tous les clivages politiques en notre sein et qu’elle provoquait même la dissolution des courants.

  3. Le rassemblement à gauche reste une chimère. Le parti en 5 ans n’a que trop peu restauré sa capacité à conduire le rassemblement de la gauche. Le casting des présidentielles risque d’être aussi éclaté qu’il y a cinq ans.

  4. Le spectre d’un nouveau 21 avril n’est pas écarté.

Un nouveau 21 avril reste envisageable

- les raisons sociales demeurent.

- l’impasse démocratique est amplifiée par 5 années de mépris du suffrage universel, d’autisme et d’irresponsabilité politique au sommet de l’état. L’affaire Clearstream a montré l’utilisation des moyens d’état au service de règlements de compte interne à la majorité.

- le discours de Sarkozy accentue la rivalité entre les français, la stigmatisation de groupes entiers de la population française.

- un duel gauche droite au second tour déjà annoncé par la presse et qui oublie Le Pen.

- l’indifférenciation entre le discours de gauche et le discours de droite subsiste.

Quelle est la réalité du rapport de force entre la gauche et la droite à quelques mois du premier tour ? Il est un chiffre qui suscite peu de commentaires à gauche, une constante quel que soit le candidat socialiste, le rapport de force entre la gauche et la droite, en intention de vote, s’établit selon tous les instituts autour de 43-44% pour la gauche et l’extrême gauche, 56-57% pour la droite plus l’extrême droite.

Ce qui frappe dans ce chiffre, c’est que le bilan de la droite ne se traduise pas par un rapport de force plus favorable à la gauche. Nous avons sans doute notre responsabilité dans cette réalité mais il faut aussi regarder l’évolution plus profonde de la société française.

D’abord celle-ci vieillit et simultanément devient plus frileuse, plus peureuse plus conservatrice.

Ensuite, le constat que nous faisions au lendemain de la présidentielle précédente demeure d’actualité : le recul des protections collectives, des services publics, de la sécurité sociale, du droit du travail, n’est pas seulement une régression sociale, ce recul alimente un sentiment qu’on ne va pas pouvoir se payer longtemps un tel modèle social.

Pour les plus jeunes, confrontés au décalage entre l’avenir possible, celui d’une intégration professionnelle et sociale réussie après l’école et l’avenir probable, celui du chômage, des petits boulots, de la précarité, déstabilise la confiance des élèves, des parents comme des profs eux-mêmes dans l’efficacité du système éducatif.

Les services publics vivent une mutation accélérée à coup de libéralisations sectorielles décidée par l’Union Européenne. Comment maintenir la gratuité ou l’égalité tarifaire, les péréquations entre territoires riches et territoires pauvres, dans un environnement désormais ouvert à la concurrence.

Nos valeurs et nos réponses ne sont pas majoritaires dans la société. Ils sont des millions à être en colère, à être désorientés, à refuser les politiques libérales et simultanément ne font pas confiance dans nos propositions pour répondre à leur demande, pire ne croient plus que nos valeurs, la solidarité, l’égalité et la redistribution puissent avoir une traduction politique et sociale concrète.

Le danger, c’est quand les socialistes intègrent eux même que c’est trop compliqué de réguler l’économie, trop compliqué de lutter contre les délocalisations, de redistribuer plus justement la richesse. Le danger est là quand par notre propre attitude, nous confirmons l’impression qu’il est vain de freiner la dégradation globale des conditions de vie des individus et de leur capacité à vivre ensemble. Quand hier on opposait au pessimisme de la raison l’optimisme de la volonté, quand on disait le monde est dur, on doit le changer, aujourd’hui on dit le monde est dur on doit s’adapter.

La désidéologisation, l’indifférenciation dans le débat politique génèrent progressivement ce que j’appelle la pensée de marché.

Cette pensée fluctue selon les règles de l’offre et de la demande. Une pensée flexible. Une pensée aussi souple que l’exige les soubresauts, les humeurs de la demande, les humeurs de l’opinion publique.

Quels sont les acteurs de ce marché. Les sondeurs qui vendent le produit le plus précieux : ce que pensent les français. Ce que veulent les français. Ce que supportent les français. Ils sont les marchands, ceux qui fabriquent l’opinion publique.

En face on trouve les clients. Ce sont les responsables ou formation politique qui achète des sondages et des groupes qualitatifs. A droite comme à gauche on consomme les mêmes enquêtes d’opinion. On fait appel aux lumières des groupes qualitatifs, séances durant lesquels quinze français coachés par un intervieweur, parlent de tout, de rien, de la politique, de leur vie et dont les instituts extraient l’humeur profonde de la France. Bistrot à 30 000 euros.

Vient enfin le moment de restituer aux clients la demande des français. Arrive donc sur le bureau de nos dirigeants politiques de droite comme de gauche une livraison identique. Tant de français pensent ceci, tant de français détestent cela.

Le problème ne vient pas de ce que cette information existe, ni même qu’on en tienne compte. Elle vient de la place, de la proportion dans laquelle elle inspire le débat politique. Le problème vient aussi qu’on oublie ou qu’on ignore l’absence de neutralité de ceux qui posent les questions et les publient.

Ceux qui publient, ceux qui plantent le décor. Ce sont les médias. Deux exemples récents montrent:

Sarkozy et les régimes spéciaux.

Sarkozy et les juges

Au lendemain du 21 avril nous disions que nous avions perdu parce que nous avions accepté de regarder la société avec les yeux de la droite. Nous avions accepté son terrain. Nous avions accepté la hiérarchie des problèmes sociaux qu’elle voulait imposer. Et bien cinq ans plus tard, selon un scénario identique, nous glissons progressivement d’une stratégie d’affirmation de notre projet à une autre stratégie principalement élaborée autour du dialogue avec l’opinion publique.

Le nombre croissant de sujets qui échappent désormais au clivage entre la droite et la gauche illustre le phénomène. C’est à partir de nos rangs qu’on a entendu qu’une politique de sécurité, une politique économique, une politique européenne, une politique éducative n’était ni de gauche ni de droite, elle est efficace ou inefficace.

Au bout du compte un échantillon représentatif de 964 français peut peser davantage dans la stratégie d’un candidat que la réflexion collective d’un parti de plus de 200 000 adhérents.

Temps politique/temps médiatique

Cette nouvelle donne politique est une conséquence de ce que nos élites confondent le temps politique et le temps médiatique.

Notre temps à nous militants, c’est le temps long, celui pendant lequel les militants peuvent et doivent mobiliser leur intelligence, leur désir de participer et d’échanger, leur volonté de convaincre.

Depuis 4 ans le Nouveau Parti Socialiste a fait honneur à l’intelligence de tous les militants socialistes en participant pleinement au débat, en en faisant le cœur de son activité à l’intérieur du Parti Socialiste. Depuis la création du NPS, nous n’avons jamais déserté ce front du débat, mais toujours dans le même état d’esprit : convaincre, faire avancer tout le Parti, pour ne plus connaître le sentiment humiliant d’inutilité qui nous a tous submergé le 21 avril 2002.

Est-ce que cette activité nous a empêché d’être à l’écoute des citoyens ? Je ne le crois pas. Parce que je crois que les millions de français qui ont défilé contre le CPE, et auparavant contre la guerre en Irak – pour ne citer que ces deux exemples – je crois que les millions de français qui ont voté NON au référendum sur le TCE, nous avons fait mieux que d’être à leur écoute. Nous avons été à leurs côtés.

Qui depuis 4 ans a le mieux restitué l’humeur des français, leur désir profond ?

qui ?

qui mieux que ceux qui ont été à l’écoute de leur protestation,

qui mieux que ceux qui ont été les interprètes politiques de cette protestation et ont rassemblé ces millions d’hommes et de femmes dans une réponse politique commune de gauche.

Mais bien sûr, en règle générale, ce temps politique a un inconvénient majeur : il est rarement le temps médiatique :

Car il n’est pas possible de résumer en un titre de quatre mots quatre ans de débat politique. Il n’est pas vendeur d’expliquer que des militants qui débattent ne sont peut-être pas des apparatchiks, mais tout simplement des femmes et des hommes de gauche attachés à l’existence d’un intellectuel collectif socialiste. On ne fait pas la une d’un magazine en disant le candidat, c’est le projet.

Car le temps médiatique, lui, défile. Les titres, les sondages, les photos ; tous les mois ; puis toutes les semaines ; puis tous les jours. Si vous parlez d’autre chose, vous êtes « déconnecté ». Vous devenez invisible.

Mais si cette invisibilité est le prix du temps politique, quel est le prix du temps médiatique ? Réfléchissons à cela : si nous cédons à cette ardente obligation de commenter chaque jour, de suivre le vent, de prendre pour argent comptant les humeurs d’une opinion publique que nous laissons sonder par d’autres. De sanctifier le choix fait par des médias que dans nos textes nous avions cloué au pilori ?

Si nous nous rendons à cette prétendue raison du plus fort, alors plus rien de ce que nous avons construit dans le temps long n’existera. Les acquis sur la République parlementaire, sur le pouvoir d’achat, sur le partage de la valeur ajoutée, sur la rénovation, ces idées que nous avons défendu dans le parti pendant quatre ans – et bien souvent depuis beaucoup plus longtemps – ces idées qui ont progressivement gagné du terrain parmi les militants au point que la direction a du les faire siennes… Eh bien ces idées, elles aussi, elles disparaîtront au gré du courant, du flux d’image, de la répétition des enquêtes d’opinion.

Car si les sondages, et seulement eux, suffisent seuls à convaincre pour choisir aujourd’hui une personne, comment réagirons-nous quand ils nous diront que ce en quoi nous croyons n’est pas vendeur ? Alors, il sera trop tard. Le piège infernal du tic tac médiatique se sera refermé sur nous.


Je voudrai vous convaincre d’une chose. Les hommes et les femmes qui voteront en mai prochain, ces hommes et ces femmes ne voteront pas en fonction des questions qu’on leur pose aujourd’hui. Ces hommes et ces femmes voteront en fonction de leur intérêt. Leur intérêt personnel, ce qu’ils espérèrent y gagner. Ce qu’ils veulent voir changer.

Et il va falloir convaincre des millions d’entre eux qu’ils ont moins à gagner avec Sarkozy qu’avec nous.

Il va ensuite falloir les convaincre, que voter pour nous c’est leur donner du pouvoir, du pouvoir à tous, du pouvoir à chacun d’entre eux.

Il va falloir ensuite les convaincre que nous aurons le courage politique véritable, pas celui de renverser la table au Parti socialiste, celui de nous affronter à ceux qui bloquent, freinent interdisent le changement pour préserver leurs privilèges et leurs intérêts.

Le courage, il se jugera dans le face à face, difficile avec le MEDEF pour changer la répartition de la valeur ajoutée.

Le courage, il se jugera sur la scène européenne dans le temps, la patience, l’énergie que nous consacrons à réorienter la construction européenne.

Nous devrons les convaincre de tout cela.

Penser que nous rassemblerons la gauche seulement sur l’anti Sarkozysme et la culpabilité du 21 avril 2002, est une erreur grave. C’est croire que ce sont les électeurs qui nous ont manqué et pas les socialistes qui ont manqué à leur camp.

Camarades, notre rôle, quand tout s’agite ailleurs, c’est d’être cette sentinelle qui dit gravement et fermement à tous les socialistes : cette fois ci, nous n’avons pas le droit de manquer à notre camp.

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