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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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Trouve

Maintenant la Gauche !

signez la contribution générale de MLG pour le congrès de Poitiers

 

3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 09:22

PREAMBULE


La France attend un message d’espoir.

Elle aspire à d’autres perspectives que celles diffusées par une pensée dominante avide de fatalisme et de résignation.

Le discours sur un prétendu déclin de la société française, justifiant toutes les régressions sociales, est devenu la norme. Le clivage entre le conservatisme et le progrès est escamoté derrière des politiques, des mesures profondément réactionnaires que l’on appelle, par antiphrase, « réformes ». Le libéralisme économique atteint de nouvelles limites tout en maintenant son hégémonie.

Dans cette situation il appartient aux socialistes de rompre avec ces orientations, de préparer l’avenir en réconciliant le pays avec le progrès.

Seule une gauche résolue et déterminée peut remettre la justice sociale au cœur de l'action politique, dépasser le modèle exclusif du libre-échange sans précaution et redonner du sens au clivage gauche/droite.

Forger les idées et les outils de ces reconquêtes tel est bien l’enjeu du prochain Congrès du Parti Socialiste.


La convergence et la coïncidence de quatre crises mondiales majeures (financière, alimentaire, énergétique, écologique) bouleversent les principes sur lesquels les sociétés occidentales fondaient leur prospérité et leur développement. La mondialisation libérale, telle qu’elle a été imposée depuis les années 1980, s’essouffle. Son modèle économique montre des limites sérieuses quant à sa capacité à répondre, non seulement à la réalité sociale, mais aussi aux nécessités de développement à l’échelle mondiale.

Nous assistons à un renversement de cycle et entrons dans le deuxième âge de la globalisation.

Alors que la droite, aveuglée par son idéologie, continue de démanteler la puissance publique, nous devons proposer, avec l’ensemble de la gauche, un État régulateur et innovateur comme réponse à l’urgence sociale, économique et écologique.


Le choc des défaites.

Depuis juin 2006, la social-démocratie européenne a enregistré 13 défaites lors des 15 derniers scrutins nationaux et connaît une crise générale qui nous oblige à un inventaire serein des erreurs stratégiques et politiques accumulées depuis plus de 10 ans. Dans la plupart des pays de l’Union la gauche a prospéré, dans le sillage des victoires britanniques et allemandes, sur la base d’un programme, d’une offre politique de type « social-libéral ».

Pourtant cette orientation ne lui a pas permis de conserver le pouvoir dans les années 2000 et c’est, paradoxalement, au moment où monte le mécontentement contre l’ultra-libéralisme qu’elle connaît les pires difficultés. De ce point de vue, la situation de la gauche française n’est pas particulièrement originale. Lorsqu’elle reprend à son compte le modèle social-libéral élaboré par ses voisins, à leur instar, elle échoue ; mais là où elle fait campagne sur ses principes et ses valeurs, en portant un programme de gauche- comme aux législatives de 1997 ou aux européennes de 2004 – elle renoue avec les succès. Si la modernité se définit par la rupture avec les cadres conservateurs de pensée, la sociale-démocratie européenne doit rapidement abandonner une orientation qui lui a soustrait une part importante du vote ouvrier et populaire, réduit le poids total de la gauche et l'éloigne durablement des responsabilités.


Le monde a changé.

L'avenir de la gauche française ne peut pas consister à mimer le New Labour ou le SPD des années 90, l'avenir du PS ne peut pas être le passé de la social-démocratie européenne. L'efficacité électorale commande de renouer avec les classes populaires plutôt que de confier notre sort politique à l'air du temps.

Parmi les poncifs abondamment diffusés par la pensée dominante, l’idée que le progrès n’est concevable qu’en contrepartie de sacrifices imposés aux salariés, occupe une place de choix. Sans nier la nécessité de l'effort collectif, la gauche ne peut plus se contenter, au nom d'une prétendue "responsabilité", de rejoindre la droite sur la finalité et le contenu des réformes structurelles. Sur des sujets aussi lourds que la politique salariale, les retraites, la fiscalité, etc., nous nous opposons aux conservateurs sur des orientations de fond, pas uniquement sur des questions de dosage ou d'agenda.

Nous pouvons et nous devons lever un nouvel espoir, réhabiliter la volonté en politique.

Dans un contexte certes différent, un tel processus s’est d’ores et déjà engagé en Amérique. Le quarantième anniversaire de 1968 nous permet de célébrer un grand mouvement social de conquêtes. Il est temps que la gauche retrouve cet esprit, pour inventer de nouveaux droits et élargir l’espace de nos libertés, et non plus se contenter, dans le meilleur des cas, d’organiser la résistance aux attaques de la droite. Cette voie est plus exigeante, mais oh combien plus enthousiasmante, que la confortable adaptation aux exigences de la pensée unique qui nous mène à d’inévitables déconvenues.

Les marges de manoeuvre nécessaires à un tel changement de cap existent, en dépit d'une situation difficile et complexe. L’intelligence, l’initiative, l’engagement ne manquent pas Ils sont présents dans le mouvement social, dans les universités, dans la jeunesse, dans le monde économique ou culturel.


Changer notre offre politique.

Nous n'avons plus gagné d’élection présidentielle depuis 20 ans, ni de législative depuis 11 ans. Nous avons le devoir de regarder cette réalité en face et d’en accepter les conséquences.

Parce que les mêmes orientations portées par les mêmes responsables n'ont pas plus de chance de faire gagner les socialistes demain qu'hier, il faut renouveler les équipes et redéfinir nos axes programmatiques. La gauche est immobile parce qu’elle s’incarne dans les mêmes comportements, les mêmes réflexes, les mêmes mots et parfois le même cynisme depuis 20 ans.

Abandonnons nos mauvaises habitudes, en commençant par éviter que notre prochain congrès soit un nouveau congrès de Rennes. Pour cela nous devons collectivement nous engager à rejeter la tentation d’un affrontement de personnalités qui serait déconnecté du débat de fond. Nous voulons pour notre parti un congrès qui pose les vrais enjeux et permette les clarifications nécessaires. Nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de laisser des écuries présidentielles déchirer le Parti Socialiste. Nous le savons tous, ce type d’affrontement fait peser une menace lourde sur l'avenir du PS, son intégrité, son image dans la population et son existence même. Un congrès n’est pas un casting ! En disant cela, nous ne nions pas la nécessité de nous doter d’un chef de file. Mais le moment de son choix n’est pas anodin : débattons d’abord, nous choisirons ensuite qui est le mieux à même de porter nos convictions.


Le congrès du PS doit être le congrès de l’anticipation et de la relance.

L’élection de Nicolas Sarkozy est l’aboutissement de la défaite culturelle de la gauche, résultat des batailles que nous n’avons pas, ou insuffisamment, menées. Les Socialistes doivent tourner cette page !

Ils doivent définir une politique qui remette le progrès au service de l’humanité.

Notre première responsabilité est d'imaginer la France d'après Sarkozy. Une France à reconstruire, un progrès social et des libertés à reconquérir ; et cela dans un contexte où il est à redouter que les inégalités, et leur cortège de violences, auront augmenté alors que les instruments de régulation, d'intervention et de redistribution, nationaux et continentaux auront, eux, été réduits par la droite à une peau de chagrin.

La modernité, c’est anticiper, préparer le post-libéralisme et construire la gauche du XXIe siècle qui saura remettre la justice sociale au coeur de l'action politique.


Pas de faux débats.

Pour que le congrès de Reims réponde aux attentes qu’il doit susciter, notre premier devoir est d’écarter un certain nombre de faux débats dans lesquels on souhaiterait nous enfermer. C’est ce que nous avons fait en adoptant une nouvelle déclaration de principes qui peut être considérée comme une « carte d’identité » du Parti socialiste, un socle commun sur la base duquel nous devons réfléchir à l’avenir que nous voulons bâtir.

Premier faux débat. On voudrait nous faire croire que s’opposent, au Parti socialiste, partisans et adversaires de l’économie de marché que nous avons tous acceptée depuis longtemps. Pas de collectivistes chez les socialistes mais des partisans d’une « économie sociale et écologique de marché régulée ». Pour nous, la question n’est pas celle de l’acceptation ou non d’un système, mais celle des réponses politiques proposées pour le réguler et redistribuer les richesses. C’est pourquoi nous entendons laisser en dehors de la sphère marchande un certain nombre d’activités correspondant à des droits fondamentaux.

Deuxième faux débat. Les clivages opposeraient les « modernes » aux « archaïques ».

Comme si la modernité se résumait à la soumission docile aux modèles dominants imposés par ceux qui en bénéficient et l’archaïsme s’incarnait dans l’espoir d’une réduction des inégalités. La modernité ne peut être entendue comme l’acceptation d’un libéralisme aujourd’hui dépassé.

Troisième faux débat. Les socialistes se diviseraient entre « audacieux » - ceux qui voudraient « lever les tabous » - et « timides » - ceux qui voudraient « occulter certains problèmes ». Nous devons être en capacité d’aborder collectivement l’ensemble des débats. Pour autant cela ne peut signifier qu’il y aurait un courage politique particulier à parler de sujets relevant traditionnellement du champ lexical de la droite !

Quatrième faux débat. Les divergences qui existent entre nous opposeraient individualistes et collectivistes. Pour nous, c’est autour d’un projet collectif que s’articule le combat pour les libertés individuelles qui ne peuvent jamais être déconnectées des questions sociales, sans prendre le risque de les voir confisquées par quelques privilégiés. Alors que les conservateurs veulent démanteler le droit du travail afin, justement, de ramener les rapports sociaux à de simples relations individuelles, nous devons combattre avec la même ténacité pour toutes les libertés et tous les droits, qu’ils soient individuels ou collectifs.

Dans un contexte de confusion idéologique, prétexte à tous les faux débats entre socialistes, il est important de rappeler nos finalités politiques.


Vous pouvez télécharger la contribution complète et poursuivre votre lecture.


Vous pouvez signer en ligne la contribution générale Reconquêtes

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17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 12:24
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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 15:56
La présentation de la contribution générale "Reconquêtes" change de lieu : elle se déroulera finalement à La Sorbonne.
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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 10:03
Pour Hamon, Delanoë et Royal sont "ringards"
20 Minutes - Emile Josselin, le 29 mai 2008

"Reconquête" : c’est le nom de la contribution que déposera le NPS, un courant classé à la gauche du Parti socialiste, au Congrès de Reims. Lors d’une conférence de presse ce mercredi midi, l’eurodéputé Benoît Hamon et Henri Emmanuelli ont annoncé vouloir "incarner une nouvelle voie" en opposition à "l’offre politique partagée par Bertand Delanoë et Ségolène Royal", dont ils estiment qu’ils représentent une "seule et unique ligne". Une analyse similaire à celle développée par Laurent Fabius mardi.

A la tribune, le NPS avait misé sur la jeunesse : pas moins de 3 - jeunes - anciens présidents du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) : Benoit Hamon, Régis Juanico, député de la Loire, et Razzye Hammadi, Bruno Julliard, l’ancien président du syndicat étudiant Unef, et Olivier Dussopt, benjamin de l’Assemblée du haut de ses 29 ans. Un réseau que Benoît Hamon travaille à maintenir depuis son départ du MJS en 1995.

Delanoë et Royal "se fourvoient"

"Ils se fourvoient", a lancé Benoît Hamon au sujet de ce qu’il appelle des"initiatives à la droite du PS" : "Ils miment le blairisme ou les choix politiques des Allemands dans les années 90". A ses yeux, c’est "dépassé, conservateur, et pour tout dire complètement ringard", affirme-t-il, dans une allusion au débat sur la modernisation de la ligne politique du PS.

Il a souligné que la démarche de Bertrand Delanoë n’étais pas "couronnée de succès sur le terrain", tandis que la base de soutien de Ségolène Royal avait plutôt tendance au "rétrécissement". Avec pour conséquence l’absence d’une "force collective autour d’eux".

"Monolithisme générationnel"

Concernant le projet développé par son courant, le NPS, Benoît Hamon a appellé la gauche à en finir avec "l’improvisation programatique et politique", face aux "crises que traverse le libéralisme". "Peut-t-on faire une vraie relance économique avec le Pacte de stabilité ? Sans augmenter la progressivité de l’impôt, peut-on redistribuer ? Nous répondons non", a-t-il donné comme exemple.

Il entend travailler à "une majorité nouvelle qui prépare et anticipe l’avenir", face au "monolithisme générationnel" incarné par les leaders socialistes actuels. Cette aspiration à être "majoritaire" a conduit Hamon et Emmanuelli à ne pas donner suite pour le moment à la proposition du sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon, "adjure le NPS d’entendre les appels au rassemblement de la gauche du parti". La gauche du parti, "ça fait déjà longtemps que nous bien plus que cela", explique-t-il, soucieux d’éviter la "posture de témoignage".

Le NPS discute actuellement avec les "reconstructeurs", qui rassemble Manuel Valls [????], Arnaud Montebourg ou encore Pierre Moscovici : "nous avons un a priori positif sur leur démarche", explique Benoît Hamon, qui a également fait part de son intérêt pour la ligne incarnée par Martine Aubry, avec laquelle il a travaillé quand elle était ministre de l’emploi. "Mais pour le moment on attend de voir" a-t-il résumé.

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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 09:58
Hamon et Emmanuelli entrent en scène
Le Point - Charlotte Chaffanjon, le 29 mai 2008

"Reconquêtes". Un mot, un programme, pour les socialistes Benoît Hamon, Henri Emmanuelli, Bruno Julliard ou encore Razzye Hammadi, qui présentaient mercredi matin à l’Assemblée nationale leur contribution en vue du congrès du PS qui aura lieu en novembre prochain à Reims.
Assimilé à la gauche du parti, Benoît Hamon, patron du Nouveau parti socialiste (NPS), veut en finir avec cette stigmatisation. "Cela fait longtemps que nous ne sommes plus que cela. Nos objectifs peuvent être partagés au-delà de ce périmètre." Le jeune député européen aspire "au renouvellement, à une grande respiration au sein du PS". Surtout, il est en colère. Contre la focalisation de l’attention autour du duel entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë . "Le PS ne peut pas se résumer à ceux et celles qui animent le débat aujourd’hui." Il enrage aussi contre cette guerre des leaders autour de la notion de "libéralisme". "Ce n’est pas au moment où l’on vit une crise mondiale et l’échec du libéralisme économique que les dirigeants de gauche doivent réhabiliter ce modèle !"

"Égalité, justice sociale, solidarité et liberté" au programme
Son acolyte, le député des Landes Henri Emmanuelli, renchérit. "C’est comme si on se disputait une place sur le Titanic au moment où l’orchestre commençait à jouer !" Les socialistes veulent croire que le congrès de Reims reste "ouvert". "Je ne trouve pas que l’entrée en campagne de Bertrand Delanoë soit couronnée de succès. Je ne sens pas le vent se lever. Pour Ségolène Royal, c’est différent car elle bénéficie encore des réseaux de la présidentielle. Mais l’assiette se rétrécit." 8 forums régionaux se tiendront d’ici à la mi-juin, sous la houlette de Razzye Hammadi, secrétaire national PS à la riposte, pour faire remonter les aspirations des militants. "Il y a une différence entre ce qu’écrit un cadre à Paris et les véritables revendications du peuple", lâche l’ancien président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS). Benoît Hamon affirme vouloir se pencher sur les questions primordiales "d’égalité, de justice sociale, de solidarité et de liberté".
L’option Martine Aubry sérieusement envisagée Reste la question du leader. Tous les regards se tournent vers Hamon pour incarner les idées du courant. Officiellement, il n’est "pas candidat". Mais celui sur lequel beaucoup de dirigeants socialistes misaient avant qu’il ne démissionne de son poste de secrétaire national du PS chargé des questions européennes, à la suite de la décision de son parti de voter oui à au mini-traité européen de Lisbonne, sait qu’il marche sur une corde raide. "Si je me déclare candidat, tout le monde va s’exclamer : un candidat de plus au PS, et je deviendrai inaudible", confie-t-il. Par ailleurs, son courant est en contact étroit avec Martine Aubry, dont "les mots sonnent doux" à leurs oreilles, et il n’exclut pas de la soutenir si cette dernière choisit de briguer la succession de François Hollande. Car une chose est sûre : "Il faut arrêter de dire que le prochain premier secrétaire ne doit pas être un présidentiable. À partir du moment où il est le chef de l’opposition, il s’oppose à Nicolas Sarkozy. Il doit donc, par effet de miroir, être en mesure d’être futur président", pense le député européen. Ce dernier ne comprend donc pas la démarche de Pierre Moscovici, candidat du pôle des "reconstructeurs" au poste de premier secrétaire, qui a d’ores et déjà affirmé qu’il ne briguerait pas l’Élysée en 2012. "C’est un peu le poste de premier secrétaire expliqué aux enfants", raille Benoît Hamon. Peut-être que certains socialistes eux-mêmes ne seraient pas contre une petite clarification.
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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 09:41
L'aile gauche du PS veut conquérir la majorité
Henri Emmanuelli et Benoît Hamon ont présenté leur initiative politique pour la construction d’une gauche déterminée.

«Improvisation et indétermination» : c’est le constat que font Henri Emmanuelli , Benoît Hamon et leurs amis. Un constat qui n’épargne personne sur la scène politique actuelle. Et tout particulièrement le PS.
Entourés notamment de Razzye Hammadi et de Bruno Juilliard, les acteurs de la gauche du PS ont présenté, hier, à l’Assemblée nationale, l’initiative politique de leur courant d’idées dans le cadre de la préparation du congrès socialiste. L’objectif est d’engager une «démarche à vocation majoritaire» en contribuant à ce que leur parti soit en capacité de fournir une vraie alternative. Une démarche baptisée «Reconquêtes» qui se veut aussi renouvellement, y compris générationnel. «Seule une gauche résolue et déterminée peut remettre la justice sociale au coeur de l’action politique, dépasser le modèle exclusif du libre-échange sans précaution, et redonner du sens au clivage gauche-droite», estiment-ils. En opposition au discours idéologique de Ségolène Royal et de Bertrand Delanoë surfant sur les idées dominantes, ils plaident en faveur d’une nouvelle «conflictualité» dans la société française. «Ce n’est pas au moment où le modèle libéral est en échec qu’il faut réhabiliter ce concept dépassé», a lancé Benoît Hamon.
Et d’insister sur les 4 crises mondiales majeures (financière, alimentaire, énergétique et écologique) face auxquelles le système actuel montre ses limites dans un contexte de demande sociale et de nécessités de développement. Selon eux, la gauche, et singulièrement le PS, ont le devoir «d’anticiper la société post-libérale» et de proposer «un État régulateur et innovateur» en réponse à «l’urgence sociale, économique et écologique». Le parti doit «changer de cycle et d’orientation» : «Les mêmes lignes n’ont pas plus de chance de faire gagner les socialistes demain qu’hier», l’élection de Nicolas Sarkozy étant «la défaite culturelle de la gauche», «résultat des batailles que nous n’avons pas menées». Benoît Hamon a dénoncé «une pensée de marché» de la part de certains socialistes, l’offre politique ne faisant que s’adapter à la demande dominante. Sur ces bases, Reconquêtes se veut une incitation à la construction d’une offre politique distincte autour de «propositions fortes» écartant les «faux débats». Au chapitre des vrais débats, le texte de leur contribution évoque en particulier la question des socialisations face à l’impératif écologique et aux besoins sociaux.
L’initiative politique était attendue au moment où Ségolène Royal et Bertrand Delanoë médiatisent leur concurrence d’images dans la course à la direction du PS et à l’investiture présidentielle pour 2012. Une posture qui semble ne pas recevoir l’adhésion de nombreux militants qui se disent inquiets quelle que soit la sensibilité dans laquelle ils se reconnaissent. C’est précisément cette inquiétude et la nature de celle-ci qui permet aux animateurs de
Reconquêtes de nourrir l’ambition de peser en faveur d’un congrès différent de celui qui semble annoncé. Dans cet esprit, ils voient grand. Et surtout large. «Notre objectif est de participer à la construction d’une nouvelle majorité au PS.» Aussi entendent-ils se démarquer de l’image d’éternelle «aile gauche». Sans doute est-ce pour ces raisons qu’ils tiennent à distance sans l’avouer Jean-Luc Mélenchon, dont les positions radicales et parfois brutalement exprimées fonctionnent souvent comme un repoussoir au sein du PS.
Conséquence : la marginalisation en interne des idées non consensuelles. Un Jean- Luc Mélenchon qui leur a adressé pourtant il y a quelques heures «un appel au rassemblement de la gauche du PS». Ce qui ne cadre pas, à ce stade, avec le sens de l’initiative d’Henri Emmanuelli et de Benoît Hamon : ils souhaitent en revanche, avec Reconquêtes – qui n’est pas la simple «résistance» –, revenir dans le jeu et si possible en être un des moteurs principaux. Ils s’affirment donc «ni fétichistes ni figées» et se disent ouverts à la discussion avec aussi bien les «reconstructeurs» (mouvement réunissant des proches de Laurent Fabius, de Dominique Strauss-Kahn ou d’Arnaud Montebourg – NDLR.) que François Hollande, Martine Aubry ou Jean-Luc Mélenchon. Sans exclusive.

Dominique Bègles dans l’Humanité du 29 mai 2008

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29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 13:36
La gauche du PS sort du bois
MATTHIEU ÉCOIFFIER - Libération : jeudi 29 mai 2008

Sur le boulevard antilibéral, quand Bertrand Delanoë et Ségolène Royal se crêpent le chignon sur «libéralisme et socialisme», la gauche du PS reprend du poil de la bête. Ses chefs de file, l’eurodéputé Benoît Hamon et l’ancien ministre Henri Emmanuelli, ont jugé hier la polémique «surréaliste» et «archaïque» au moment ou «la crise financière, alimentaire et énergétique» marque «un renversement de cycle». Les voilà donc en piste pour construire un «rassemblement à vocation majoritaire» au PS qui tire les «leçons de l’échec du libéralisme».

«Ringard». La contribution de leur courant, le Nouveau Parti socialiste (NPS), au congrès de Reims en novembre se veut une «offre politique distincte de la ligne partagée par Ségolène Royal et Bertrand Delanoë», a expliqué Benoît Hamon, 41 ans, flanqué de deux porte-parole de moins de 30 ans : Razzye Hammadi et Bruno Julliard. Façon aussi «d’incarner le renouveau et la respiration à l’intérieur du PS» face au «monolithisme générationnel» des deux présidentiables.

Si l’aile gauche la joue modeste - «nous n’avons pas la prétention d’incarner l’alternative» -, il s’agit bien d’engranger sur la «déception des militants» face «à la querelle, au jeu de ping-pong entre Royal et Delanoë, a assuré l’eurodéputé. Je n’ai pas senti un vent se lever ni dans un sens ni dans l’autre». Après les avoir renvoyés dos à dos et dénoncé «le haut niveau d’improvisation que l’on entend à la droite du PS». «Il n’y a pas beaucoup d’audace, dans les contributions de l’un ou de l’autre, à nous régurgiter des solutions expérimentées dans les années 90», a-t-il ajouté. Taclant le «blairisme parfaitement ringard» de Delanoë pour qui «le passé de la social-démocratie européenne ferait office d’avenir pour le PS», Hamon a invité les socialistes «à rompre avec le discours CSP ++».

 

Elargir. Vocation majoritaire oblige, le NPS se recentre. Dénonçant un «discours du sacrifice insupportable» demandé aux classes populaires et moyennes, Hamon a prôné de «l’imagination pour penser de nouveaux droits et de nouveaux pouvoirs sans tomber dans le Grand Soir». Pour élargir son audience, le courant ne lorgne pas sa gauche : l’eurodéputé a renvoyé le sénateur Jean-Luc Mélenchon à «ses barbelés autour de la vraie gauche». Des discussions ont lieu, notamment avec les «reconstructeurs», amis de DSK, de Fabius et de Montebourg, avec Martine Aubry, «dont les mots sont doux à nos oreilles», a reconnu Benoît Hamon. Sauf que pour le NPS le «tout sauf Ségolène ou le tout sauf Delanoë ne peut être le ciment» d’un rassemblement majoritaire.

Reste à convaincre les militants que le congrès se prendra par la gauche. Et pour le leadership ? Hamon candidat au poste de premier secrétaire ? «Non» , a répondu l’intéressé. «Oui» , a susurré Emmanuelli.

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29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 09:37

En France comme en Europe, une droite décomplexée, impose à marche forcée le libéralisme économique aux peuples. Alors qu’aujourd’hui, les régressions sociales sont présentées comme des réformes et justifiées par les discours déclinistes, les citoyens français et européens sont dans l’attente d’une politique alternative. Les socialistes doivent lutter contre la pensée dominante libérale pour éviter le désenchantement des citoyens qui pensent ne plus rien avoir à attendre de la politique. L’espoir ne peut venir que d’une gauche moderne et progressiste qui mette en avant le combat pour la justice sociale, l’égalité et la régulation du marché, et assume le clivage droite-gauche.


Le modèle néo-libéral imposé par la droite se révèle incapable de résoudre les crises majeures (financière, alimentaire, énergétique et écologique) qui bouleversent le monde. Il échoue autant à répondre à la demande sociale des sociétés occidentales qu’aux nécessités de développement au niveau mondial. Alors que la droite démantèle la puissance publique, les socialistes doivent au contraire proposer un État régulateur et innovateur comme réponse à l’urgence sociale, économique et écologique.


Pour cela, la gauche européenne doit se rénover et tenir compte de ses 13 défaites lors des 15 derniers scrutins nationaux. L’orientation social-libérale des années 1990, impulsée par Blair et Schröder, aboutit à une impasse : elle a détourné le vote ouvrier et populaire, réduit le poids total de la gauche, pour finalement éloigner durablement celle-ci des responsabilités. Cet échec est significatif : l’avenir du PS ne peut pas être le passé de la social-démocratie européenne.


Malgré les crises, des marges de manœuvre existent pour proposer une politique alternative. Les socialistes ne peuvent plus se contenter de rejoindre la droite sur le but et le contenu des grandes réformes. Au contraire, la gauche doit renouer avec le dynamisme des grands mouvements sociaux, et s’inspirer de la créativité des mobilisations d’aujourd’hui, des débats sur la régulation et les protections en Amérique du Nord, et de l’espérance levée par les peuples, notamment en Amérique du Sud.


Nos défaites répétées aux élections nationales nous imposent de changer notre offre politique et de renouveler les équipes. C’est pourquoi, lors du prochain congrès, il nous faut éviter de proposer les mêmes orientations stériles et de nous replonger dans des batailles de personnes comme celles du congrès de Rennes. Les électeurs de gauche méritent mieux qu’un PS déchiré par les ambitions présidentielles.


L’élection de Nicolas Sarkozy est l’aboutissement d’une défaite culturelle de la gauche. Notre responsabilité est d’anticiper la France de l’après Sarkozy, une France où les inégalités sociales se seront creusées et où les instruments de régulation et de redistribution seront affaiblis.


Il est temps aujourd’hui pour les socialistes de forger les idées et les outils qui nous permettront de conduire demain des politiques à la hauteur de nos ambitions : en un mot, d’inventer une politique qui remette le progrès au service de l’humanité.


La modernité, c’est anticiper le post-libéralisme et construire la gauche du XXIe siècle.

vous propose de venir débattre de ses propositions le :

 

Samedi 28 juin, à partir de 10 heures

au Gymnase Mouchotte, 33 rue du commandant Mouchotte, 75014, Paris (métro : Montparnasse)

 

en présence de Benoît Hamon et Henri Emmanuelli

Télécharger le préambule de la contribution générale

Télécharger le plan détaillé de la contribution générale

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27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 09:41
La gauche du PS veut peser sur le prochain congrès
LE MONDE POUR DIRECTMATINPLUS | 27.05.08 | 09h42

econquêtes. C'est sous cette appellation, suggèrant qu'il faut refaire le terrain perdu ces dernières années, que les partisans d'Henri Emmanuelli [et de Benoît Hamon] regroupés au sein du courant Nouveau parti socialiste (NPS) s'apprêtent à lancer la bataille du congrès du PS programmé en novembre à Reims. Le NPS, sensibilité qui regroupe une bonne partie de la gauche du PS, présentera demain son projet de contribution – texte d'avant-congrès non soumis au vote des adhérents – avant d'organiser une série de 8 forums à travers le pays.
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Notamment animés par Benoît Hamon, député européen, Razzye Hammadi, secrétaire national du PS et Bruno Julliard, adjoint au maire de Paris et ex-président de l'UNEF, ces réunions visent à imposer l'idée selon laquelle "l'avenir du PS ne peut pas être le passé de la social-démocratie européenne". Les partis socialistes européens classiques, fait remarquer le NPS, ont "enregistré 13 défaites lors des 15 derniers scrutins nationaux" sur le Vieux continent en présentant "une offre politique sociale-libérale". "La gauche ne peut plus se contenter au nom d'une prétendue responsabilité rejoindre la droite sur le but et le contenu des réformes structurelles, se distinguant seulement sur les dosages ou l'agenda", insiste le texte élaboré par le NPS.

"SAGE ACTIF"

Selon les amis d'Henri Emmanuelli, le PS risque de connaître "un nouveau congrès de Rennes", c est à dire "le choc de deux profils sans différence majeure de ligne". Après le duel fratricide Fabius-Jospin de 1990, l'affrontement mortifère Ségolène Royal-Bertrand Delanoë ? Proches de l'aile gauche, en particulier lors de la campagne contre le référendum européen de 2005, les fabiusiens redoutent eux-aussi de faire les frais d'un tel face à face. Le ralliement au maire de Paris de certains strauss-kahniens (tels Michel Destot, maire de Grenoble, Roland Ries, maire de Strasbourg ou Daniel Delaveau, maire de Rennes) menace directement l'alliance des "reconstructeurs" entre partisans de DSK et fabiusiens sur une ligne "ni Bertrand ni Ségolène". Les amis de Laurent Fabius redoutent de se retrouver isolés et exclus de la majorité "réformiste" qui sortira du congrès. Ou devoir s'y rallier dans les pires conditions. Une situation qui risquerait de mettre à mal leur cohésion et ruiner les derniers espoirs de retour sur le devant de la scène de leur champion.

En attendant, l'ex-premier ministre soigne son image de "sage actif ". Il a annoncé, hier, son intention de signer avec les fabiusiens de Seine-Maritime une contribution qui dénonce "la peoplelisation, personnalisation et la présidentialisation".


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17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 16:04
Congrès : le NPS montre le bout de son nez
DAVID REVAULT D’ALLONNES - Libération - jeudi 17 avril 2008

Les grandes manœuvres pré-congrès ont bel et bien commencé au PS. Après Ségolène Royal qui, il y a dix jours, lançait une «consultation participative» , c’est au tour du Nouveau parti socialiste (NPS) de partir à l’offensive. Ce courant de la gauche du parti planche actuellement sur la préparation de huit grandes réunions régionales, qui se tiendront de fin avril à juin, «où seront mises en débat les options que nous défendons», explique Benoît Hamon, leader de cette sensibilité. Le député européen l’assure : «On se met en mouvement.» Un forum devrait également être lancé sur Internet, comme l’a fait l’ancienne candidate à la présidentielle, avec son site Congresutileetserein.com.

Ségolène Royal-NPS, même méthode ? «Il y a une chose sur laquelle nous sommes d’accord avec elle : il faut défendre une offre autour de laquelle les gens s’agrégeront, poursuit Benoît Hamon. Certains rentrent dans le congrès comme dans une partie de Rubik’s Cube, en envisageant toutes les contributions possibles. Nous, nous le ferons avec une offre politique. Comme elle.» Là s’arrête la ressemblance entre les deux initiatives : «Nous, nous proposons des options, pas des questions. On ne demandera pas si le capitalisme est méchant ou si l’écologie, c’est bien», résume Benoît Hamon.

Ces «options pour une gauche moderne» , rassemblées dans un «plan détaillé», visent à «préparer la France de l’après-Sarkozy en anticipant ce que sera la situation dans quatre ans, et en préparant les moyens de revenir au pouvoir dans un contexte où les inégalités auront augmenté, où la violence sera plus forte et les instruments de régulation auront été démantelés par la politique du gouvernement». L’économiste Liêm Hoang-Ngoc et l’historien - et ancien leader de l’Unef-ID - Philippe Darriulat, planchent d’ores et déjà, entre autres, sur ces contributions.

Autre objectif, plus arithmétique que programmatique celui-là : mobiliser afin de désenclaver et d’élargir le «périmètre» d’un courant qui, au moment du congrès du Mans de 2005, pesait près d’un quart des suffrages des militants. Mais qui, depuis, a vu partir plusieurs de ses dirigeants. Dont Arnaud Montebourg, puis Vincent Peillon, devenu depuis l’un des principaux soutiens de Ségolène Royal.

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