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Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis alternativement à Bezons dans le Val-d'Oise et à Massy dans l'Essonne. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. Je suis membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, en charge du pôle "Idées, formation, riposte".
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Gauche Républicaine & Socialiste

28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 22:35

"Le mouvement ouvrier d'aujourd'hui, sa fatigante lutte économique de tous les jours, son organisation de masse [on aimerait bien], sont basés sur la collaboration de tous les pays de la production capitaliste. Si la phrase a de la valeur, que ce n'est que sur le terrain d'une vie économique saine, au pouls puissant, que la cause des ouvriers peut prospérer, elle ne vaut pas seulement pour l'Allemagne, mais aussi pour la France, l'Angleterre, la Belgique, la Russie, l'Italie. Et si le mouvement ouvrier de tous les pays capitalistes d'Europe est en état de stagnation, s'il y existe de bas salaires, de faibles syndicats, une force minime de résistance des exploités, le mouvement syndical ne peut - c'est impossible - être florissant en Allemagne. De ce point de vue, que le capitalisme allemand soit renforcé aux dépends du capitalisme français ou le capitalisme anglais [ou américain] aux dépens du capitalisme allemand, c'est la même perte, en fin de compte, quant à la situation du prolétariat dans sa lutte économique."

Rosa Luxemburg, 1915, dans La crise de la social-démocratie

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 19:04

Je publie ici l'entretien accordé par Pierre-Alain Muet, député socialiste et spécialiste réputé des questions économiques, au Nouvel Observateur. Lui aussi crie son inquiétude face à la saignée annoncée de 50 Milliards d'euros (en fait jusqu'à 80 Mds). Il n'est pas membre de mon courant, ce qui devrait faire réfléchir quelques uns de mes camarades socialistes, qui continuent de croire que le légitimisme sert de viatique politique. Il est temps de réagir.

Frédéric FARAVEL

Pierre-Alain Muet, député PS et vice-président de la Commission des finances à l'Assemblée, s'en prend au plan d'économies qu'a détaillé Manuel Valls. Interview.

Pierre-Alain muet, député du Rhône, à l'Assemblée nationale en 2009. STEVENS FREDERIC/SIPA Pierre-Alain muet, député du Rhône, à l'Assemblée nationale en 2009. STEVENS FREDERIC/SIPA Prestations sociales non revalorisées, gel de l'indice des fonctionnaires… Manuel Valls a dévoilé mercredi 16 avril le programme des 50 milliards d'économies. Même s'il a promis de sanctuariser les minima sociaux et le Smic, cela n'a pas empêché certains députés de la majorité de fustiger les annonces du Premier ministre, tant sur la forme que sur le fond. Pour Pierre-Alain Muet, député du Rhône, économiste et vice-président de la Commission des finances à l'Assemblée, c'est l'idée même d'effort budgétaire qu'il faut remettre en question. 

Le plan d'économies budgétaires se précise, comment accueillez-vous les mesures annoncées ?

- Cela fait trois mois que je passe mon temps à expliquer en interne aux gouvernements que le montant des économies à réaliser est excessif. Aujourd'hui, je le dis publiquement : 50 milliards d'euros, c'est trop ! Même constat pour ce qui est du déficit public [part des dépenses de l'Etat qui dépasse ses recettes, NDLR]. Le déficit structurel de 2014 est de 1,7, ce qui veut dire qu'en conjoncture normale, nous serions très en dessous des 3%. La France a déjà fait des efforts considérables, et nous sommes dans un contexte où la demande en Europe s'est effondrée à cause des politiques d'austérité. Il faut donc, à présent, être plus modéré réduction des déficits, car c'est la meilleure façon de retrouver la croissance et de réduire le chômage.

La France doit pourtant se conformer aux directives de la Commission européenne ?

- Pas forcément : l'Italie de Matteo Renzi a par exemple choisi de laisser filer les déficits pour relancer sa croissance. Je ne comprends toujours pas pourquoi en France on cherche encore à donner des gages à une Commission sortante qui, d'une part, restera dans l'histoire comme celle qui a imposé l'austérité à toute l'Europe, et d'autre part, risque d'être sévèrement sanctionnée dans les urnes le 25 mai. Je rencontre assez régulièrement d'autres parlementaires européens, et au cours de nos réunions, nous assez souvent le même constat : il faut que l'Europe fasse cesser ces politiques d'austérité.

Certains de vos camarades socialistes ont eu des réactions assez dures après le discours de Manuel Valls ce mercredi. La majorité est-elle en train de se morceler ?

- Je m'inquiète plus pour la situation économique du pays que pour la santé de la majorité. Un assez grand nombre de mes collègues ont été surpris, sans doute. Je continue de penser que le Premier ministre tente de prendre les mesures les moins injustes. Mais la seule façon d'y arriver est d'être plus modéré sur la réduction des dépenses, notamment sociales, et de limiter les allègements fiscaux sur les entreprises.

Propos recueillis par Clément Quintard 16 avril 2014 - 20h18 - Le Nouvel Observateur

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 08:43

Florange: le compromis passé avec Mittal divise les socialistes

Libération - 5 décembre 2012

flormittal.jpgLe dossier Florange et le compromis passé avec l’industriel Mittal divisent les socialistes, entre partisans de la solution Montebourg de nationalisation temporaire, déçus de la solution trouvée, et soutiens du gouvernement.

Depuis vendredi, les critiques des syndicats et de bon nombre de responsables politiques au sujet de l’accord signé avec l’industriel Lakshmi Mittal sur le site de Florange ont aussi gagné les socialistes.

Premier exemple, au sein même du gouvernement: se défendant de parler en tant que ministre, “mais en tant qu’(ex)-élue mosellane”, Aurélie Filippetti, la ministre de la Culture, a dit sa “préférence nette pour une solution de portage public temporaire de l’entreprise”.

Ce n’est pas la solution qui a été retenue”, a-t-elle noté, ajoutant: “Si les engagements n’étaient pas tenus par Mittal, je considère qu’il faudrait en revenir à cette solution-là”.

Il y a un accord, il n’y a pas de confiance”, a déclaré dimanche la ministre de l’Ecologie Delphine Batho, soulignant que “jamais Mittal n’a tenu ses promesses dans le passé”.

Jean-Marc Ayrault avait écarté vendredi soir la nationalisation, expliquant qu’elle “n’est pas efficace face à un problème de débouchés pour une entreprise ou face à un problème de compétitivité.”

Mardi, lors de la réunion de groupe PS à l’Assemblée, à laquelle ont assisté le Premier ministre, Arnaud Montebourg et Michel Sapin, plusieurs députés socialistes ont affirmé, en sortant, que l’atmosphère était assez “glaciale”.

Une dissension dans les rangs de l’exécutif, que la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem s’est employée à nier mercredi, assurant que “la solidarité gouvernementale est entière” sur le sujet.

Qu’il y ait des différends, c’est normal, car on a des sensibilités de gauche différentes dans ce gouvernement”, commente, pour sa part, un ministre. “Mais ça ne peut se faire sous les regards de la représentation nationale”, estime ce membre.

Au Parti socialiste, qui se réunissait en Bureau national mardi soir, les partisans de l’aile gauche, qui depuis le Congrès de Toulouse (fin octobre), défendent l’idée de nationalisation, “n’ont pas voté” le communiqué sur Florange proposé par la direction, a expliqué à l’AFP Emmanuel Maurel, l’un de ses représentants.

Nous voulions qu’apparaisse”, dans le texte, entre autres, l’idée de “recours à la +nationalisation temporaire+ si les engagements de Mittal n’étaient pas tenus. Harlem Désir n’a pas souhaité que figurent ces termes”, a-t-il ajouté.

En pleine “contradiction”, note-t-il, “déçu”, avec une prise de position du PS du 26 novembre, signée d’Harlem Désir, qui disait que “si le groupe Mittal (…) ne prenait pas ses responsabilités”, le PS soutenait “la solution d’une prise de contrôle public temporaire de l’Etat”.

On est sur une position qui est celle du soutien de la position du gouvernement, on l’assume”, a confié un proche de M. Désir.

Oui, c’est une question qui nous divise, y compris au sein du gouvernement. Mais derrière cette question”, note un autre proche du patron du PS, “il y a la question de savoir si on considère que la nationalisation est un outil dans la négociation, à utiliser en dernier recours, ou si c’est un changement de paradigme dans la politique industrielle qui est menée. La majorité pense que c’est la première solution”.

Tout le monde est acquis à l’idée que la nationalisation temporaire était un moyen de faire pression, un moyen et non une fin”, affirme le député Olivier Faure, ancien conseiller de M. Ayrault.

Le sénateur Gérard Longuet (UMP), ancien ministre de l’Industrie, a estimé que c’était “le silence du président qui (avait) rendu l’équivoque entre (Jean-Marc) Ayrault et (Arnaud) Montebourg possible”.

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 08:24

Après Standard and Poor's, l'agence Moody's vient d'abaisser la note de la France de AAA à AA1, en précisant une perspective négative. Des trois agences de notation financière internationale, il ne reste que Fitsch qui accorde un triple A à notre pays, mais également affublé d'une perspective négative.

Pierre Moscovici a dénoncé dans cette dégradation la sanction des 10 années d'attentisme politique sous Chirac et Sarkozy, mais nous devons regarder clairement quels sont les attendus de la décision de l'agence : malgré un budget de rigueur pour 2013, malgré l'application du rapport Gallois – cette motion 6 qui s'est invitée chez les socialistes après le congrès de Toulouse –, les agences de notation ne croit pas à la réussite des « efforts » du gouvernement français.

Sont dénoncés le manque de compétitivité industrielle, un « coût du travail » excessif, un droit du travail trop protecteur, un niveau de dépenses publiques bien trop important, des perspectives économiques nationales et européennes négatives et enfin une dépendance trop forte de l'économie française à ses clients européens.

Ainsi, quel que soit le point de vue libéral que l'on voudrait adopter – une recherche de compétitivité fondée sur l'abaissement du « prix » et du droit du travail ; une rigueur budgétaire non assumée qui risque de nous conduire à l'austérité et à la récession – ces stratégies sont vaines : jamais nous ne trouverons grâce aux yeux des néo-libéraux. Tout comme les travailleurs français seront toujours trop payés pour concurrencer les salaires chinois, indiens, vietnamiens ou roumains, l'économie française sera toujours trop peu « compétitive » face à des concurrents qui font fi des normes sociales, démocratiques et écologiques.

Pour ma part, je considère qu'au-delà d'être voués au mépris du monde de la finance, les objectifs politiques de baisse à marche forcée des dépenses publiques en période de récession et de compétitivité sur les prix ne sont ni souhaitables ni efficaces.

Il est nécessaire de réaffirmer que le salut économique de la France et de l'Europe passe par deux principes essentiels :

  • une stratégie offensive de réinvestissement productif, fondé sur :
    • l'investissement dans la formation, la recherche et l'innovation ;
    • le soutien économique aux PME par un État stratège au travers de la BPI ;
    • la préservation de l'outil productif et des savoirs-faire des salariés français ;
    • l'association des salariés à la stratégie des entreprises ;
  • une profonde réorientation de la construction européenne, articulée sur trois axes :
    • une augmentation massive du budget communautaire européenne pour porter une politique de croissance ;
    • une politique monétaire offensive de la BCE, coordonnée avec les États et l'Union ;
    • la restauration de la souveraineté populaire par le renforcement des pouvoirs du Parlement européen.

Frédéric FARAVEL

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 10:17

acieries.jpgL'État doit sauver Florange et ses ouvriers ; La sidérurgie européenne ne doit pas disparaître.

Le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, a assuré jeudi à Florange les salariés de l'aciérie ArcelorMittal, que l'Etat ferait tout ce qui est en son pouvoir pour trouver un repreneur aux deux hauts-fourneaux du site, dont l'arrêt définitif pourrait être annoncé lundi 1er octobre par la direction.

Nous saluons l'engagement du gouvernement. Nous considérons inacceptable la mort annoncée de la sidérurgie française et européenne ; nous dénonçons le comportement rapace d'ArcelorMittal et de son PDG Lakshmi Mittal, qui a manipulé pendant des années les salariés de la sidérurgie. Dans ce contexte de prédation économique, la reprise partielle du site semble peu probable ; mais nous ne pouvons accepter la fermeture du site de Florange : la nationalisation temporaire de cette aciérie peut répondre à l’urgence du maintien de l’activité et préparer la restructuration de la filière acier en France.

Montebourg-Florange.jpgLa motion 3 propose au gouvernement de lancer la contre-offensive industrielle et de donner à Arnaud Montebourg les moyens concrets du redressement productif.

Au-delà du seul cas de Florange, la motion 3 « Maintenant la Gauche » développe de nombreuses propositions qui peuvent servir au gouvernement de François Hollande et Jean-Marc Ayrault pour réussir le changement attendu par les Français.

La future Banque Publique d’Investissement devrait privilégier, en lien avec les Régions, les aides aux entreprises sous forme de capital, plutôt que sous forme de simples prêts, en particulier dans les entreprises qui pourraient être rachetées ou partir à l’étranger. La réintroduction de capital public, voire même des nationalisations, fussent-elles temporaires, peuvent constituer des protections majeures dans des secteurs stratégiques ou vulnérables aux prédateurs.

Par ailleurs, nous proposons de créer des outils nouveaux pour favoriser les reprises et transmissions d’entreprises, en particulier à travers des SCOP. Un fonds d’investissement coopératif abondé par un pourcentage des bénéfices des coopératives pourrait démultiplier les opportunités de cette nature.

Une stratégie défensive est aussi indispensable, pour ne pas laisser partir des entreprises, des brevets et des marques. Les lois prévues contre les licenciements économiques abusifs, sur l’obligation de reprise lorsqu’un repreneur crédible se présente et que le propriétaire de l’entreprise veut la fermer sont urgentes et essentielles. Le droit de préférence accordé aux salariés qui sont prêts à reprendre l’entreprise sera aussi très utile.

Frédéric FARAVEL
Mandataire fédéral de la motion 3 dans le Val-d'Oise

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 21:16

BAROMÈTRE DE LA POLITIQUE ÉCONOMIQUE
BVA – ABSOLUCE – LES ÉCHOS – FRANCE INFO - 26 mai 2010

L’Institut BVA a réalisé ce sondage par téléphone les 21 et 22 mai auprès d’un échantillon de 1005 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus.
La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas, appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, profession du chef de famille après stratification par région et catégorie d’agglomération.

Longtemps attendues, les propositions du PS sur la réforme des retraites sont très bien accueillies, étant jugées nettement «meilleures», et «plus justes» mais aussi, avec un écart moindre, plus «crédibles» et «plus efficaces» que celles du gouvernement.
Il faut dire que le terrain est favorable au PS : les Français tiennent à la retraite à 60 ans comme à un acquis social et, plus globalement, ne considèrent pas qu’il soit inéluctable d’augmenter la durée de cotisation ou l’âge légal de départ à la retraite pour garantir le système pour le moment.
Il est à l’inverse doublement miné pour le gouvernement, non seulement en rupture avec l’opinion sur ces sujets, mais aussi en panne de confiance, les 2/3 des Français (et, désormais 40% des sympathisants de droite) jugeant «mauvaise» sa politique économique.

1. Pas d’effet de la bonne séquence Grecque pour Nicolas Sarkozy concernant la politique économique du gouvernement : les 2/3 des Français et 4 sympathisants de droite sur 10 la jugent mauvaise

Les 2/3 des Français (67%) jugent «mauvaise» la politique économique du gouvernement et seulement 28% la jugent «bonne». Plus fâcheux, si le consensus sociologique dans le rejet n’est guère nouveau (70% auprès des CSP+ et 76% auprès des CSP-), il tend désormais à gagner une part croissante de sympathisants de droite : 40% d’entre eux partagent les jugements négatifs de leurs concitoyens. Ils ne sont plus à présent que 55% à soutenir la politique économique gouvernementale alors qu’ils étaient encore 71% en septembre dernier.
Nul doute pourtant que la bonne séquence médiatique de Nicolas Sarkozy avec son rôle à la fois efficace et discret dans la crise grecque lui servira en tant que candidat en 2011 ou 2012. Pour le moment en tout cas elle ne lui apporte que peu de gains à court terme à la fois en popularité personnelle (celle-ci ne remonte que de quelques points et reste très faible) et de jugements positifs sur son action économique.

2. Le projet du PS sur la réforme des retraites est nettement préféré aux orientations gouvernementales

Une très large majorité de 57% contre 33% de Français estime que le projet de réforme des retraites du PS est « meilleur » que celui du gouvernement (soit 63% contre 37% si on exclue les personnes ne se prononçant pas sur le sujet).
Ils sont encore plus nombreux à estimer que ce projet est « plus juste » : 59% contre 32% (soit 65% de ceux faisant un choix entre les deux).
Plus intéressant, voire surprenant encore pour le PS, s’agissant d’une orientation récente et plutôt en contradiction avec les points de vues les plus souvent entendus dans les médias, une majorité relative de Français estime aussi que ce projet est «le plus crédible» (47% contre 41% soit 53% contre 47% si on exclue les sans opinions) et «le plus efficace à long terme» (42% contre 40%, soit 51% contre 49% sans les NSP).
Bref, c’est une bonne séquence pour Martine Aubry quelques jours seulement après l’annonce de ses orientations tant attendues sur le sujet.
Surtout qu’au-delà de ce soutien de l’ensemble des Français, elle bénéficie d’un plébiscite auprès des sympathisants de gauche, futurs électeurs des prochaines primaires socialistes : 61% des sympathisants de gauche (et 65% de ceux du PS) jugent que le projet du PS est «le plus efficace à long terme», 66% (75% au PS) qu’il est «le plus crédible», 79% (86% au PS) qu’il est «le meilleur» et 81% (86% au PS) qu’il est «le plus juste».
Sociologiquement aussi, le résultat est sans appel : le projet socialiste l’emporte sur chacun des indicateurs à la fois auprès des catégories populaires où il écrase le projet du gouvernement, mais aussi, auprès des catégories supérieures où il le domine, mais de façon moins écrasante (notamment sur les aspects «crédibilité» et «efficacité»).
Outre les sympathisants de droite, les retraités (et les plus de 65 ans), qui sont aussi les plus partisans d’un allongement qu’ils ne subiront plus, sont les plus nombreux à privilégier le projet du gouvernement.

3. Les Français rejettent massivement le report de l’âge légal et, plus globalement, considèrent que l’augmentation de la durée d’activité n’est pas le seul moyen de garantir le système

Le succès d’opinion de Martine Aubry est indiscutablement une bonne nouvelle pour elle. Mais au-delà de sa grosse séquence médiatique de la semaine dernière il s’explique surtout par un contexte d’opinion à la fois très hostile au gouvernement, mais aussi, depuis longtemps favorable aux orientations qu’elle vient de prendre : contrairement à l’immense majorité des commentateurs, médias et «expertologues» divers sollicités depuis des années sur le sujet, les Français, très attachés au principe du maintien de l’âge légal à 60 ans «en tant qu’acquis social» (57% contre 41%), rejettent (53% contre 41%) le caractère inéluctable de l’augmentation de la durée d’activité, estimant «qu’on peut très bien garantir notre système de retraite sans avoir à augmenter pour le moment la durée de cotisation ou à repousser l’âge légal». Evident nouveau signe de fracture entre le peuple et les élites !
Les lignes bougent toutefois sur le sujet …
- à la fois dans le temps : le report de l’âge légal s’il est toujours largement rejeté l’est moins qu’en janvier dernier (+7 points d’acception sur le fait qu’il soit repoussé au-delà de 60 ans) et il y a fort à parier qu’il l’aurait été encore moins dans les mois à venir si le PS avait embrassé la position de DSK plutôt que celle de Martine Aubry.
- et au niveau des clivages politiques (la gauche rejette, la droite plébiscite) mais aussi sociologiques : sur les deux sujets il y a consensus entre l’ensemble des actifs qu’ils soient catégories supérieures ou populaires à rejeter majoritairement le report de l’âge légal comme le caractère inéluctable de l’augmentation de la durée d’activité.

Tout au plus observe-t-on un rejet plus fort encore parmi les catégories populaires (74% et 65%). En revanche, actifs et inactifs s’opposent totalement entre eux sur ces questions, les inactifs, retraités et plus de 65 ans, demandant majoritairement aux autres de travailler plus : 55% sont favorables au report de l’âge légal et 54% affirment le caractère inéluctable de l’augmentation de la durée d’activité.

Au-delà du gouvernement – en rupture avec une large majorité de Français sur le sujet – ce résultat devrait sans doute inviter à la réflexion médias et commentateurs qui, comme en 2005 sur le TCE, mettent en avant tous ou presque une position dominante voire évidente parmi « les élites », mais pas du tout auprès du « peuple ».

Analyse réalisée par Gaël Slimane, DGA de BVA opinions

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 15:03
EURO ET GRÈCE : COMMENT SORTIR DE LA CRISE ?
Instaurer un mécanisme de stabilité financière est indispensable, par Pervenche Berès et Poul Nyrup Rasmussen

LE MONDE | 05.03.10 | 13h15

Le débat autour de la dette grecque doit marquer une étape critique dans les annales de la gouvernance économique européenne. Au rythme où vont les choses, il pourrait s'agir d'une occasion manquée : au lieu de considérer que nécessité fait loi pour exercer la solidarité européenne et créer enfin une forme de gouvernement économique, le Conseil et la Commission acculent le gouvernement et le peuple grecs au mur. Certains propos sur le laxisme grec opposé à la rigueur allemande laisseront des traces...

Les tergiversations autour de la mise en place d'une forme d'emprunt européen ont déjà fait apparaître pour certains le Fonds monétaire international (FMI) comme prêteur de dernier ressort, ébranlant ainsi les fondements mêmes de l'Union économique et monétaire (UEM).

Et lorsque l'on se retourne vers l'Union européenne, c'est la Banque centrale européenne (BCE) qui semble s'imposer comme l'institution crédible. Aujourd'hui, si l'ensemble des gouvernements ne prennent pas leurs responsabilités, le déséquilibre que nous constatons entre le pilier économique et monétaire de l'UEM pourrait être encore aggravé au profit de l'union monétaire.

La question grecque est européenne puisqu'elle signe l'échec du pacte de stabilité et de croissance comme outil de gouvernance de la zone euro. Il a laissé les divergences de productivité croître entre Etats membres, n'a pas permis à la zone euro d'atteindre sa croissance potentielle, n'a pas protégé les économies qui l'ont appliqué à la lettre (l'Espagne), n'a en rien évité la situation grecque et a permis d'éluder un débat sur les stratégies non coopératives de certains membres de la zone euro. Sa version révisée en 2005 devait renforcer son caractère préventif et mettre l'accent sur le critère de la dette...

La question de la soutenabilité des finances publiques est essentielle et les Grecs doivent mettre de l'ordre dans ce domaine, faire preuve de responsabilité. Mais ce qui se passe aujourd'hui en Grèce est une véritable attaque spéculative qui concerne toute l'Europe. Nous assistons à la troisième phase du grand krach : après le déclenchement d'une crise de liquidités le 9 août 2007, la chute de Lehman Brothers et une crise de solvabilité du système bancaire le 15 septembre 2008, le 5 février marque l'apparition d'une crise de solvabilité d'Etat. C'est parce que nous n'avons toujours pas remis les marchés financiers à leur place que les spéculateurs peuvent aujourd'hui attaquer la Grèce.

Pour les dirigeants européens qui n'ont eu de cesse de clamer leur volontarisme à moraliser les marchés, c'est le moment d'agir.

Les ministres des finances de la zone euro ne peuvent pas contraindre la Grèce sans l'aider. Ce qui a été fait pour des Etats en dehors de la zone doit être possible en son sein. L'idée qu'un pays de la zone euro ne puisse bénéficier du même type d'aide repose sur l'idée qu'un Etat appartenant à la zone euro n'a plus à être protégé de la pression des marchés sur sa balance des paiements. Mais l'attaque dont la Grèce est victime à travers l'intervention des agences de notation de crédit et des marchés rétablit cette exposition spéculative.

Nous proposons, sur la base de l'article 122 du traité de Lisbonne, la mise en place d'un mécanisme de stabilité financière géré par la Banque européenne d'investissement (BEI) afin de venir en aide aux Etats membres de la zone victimes d'attaques spéculatives. Ce serait la première étape vers la construction d'un marché européen de la dette souveraine qui permettrait à la zone euro d'être un espace aussi attractif pour les capitaux étrangers en quête d'investissements que le marché américain.

Ensuite, le peuple grec ne peut pas être appelé à faire des efforts considérables, pendant que Goldman Sachs continue à vendre tranquillement des CDS (credit default swaps) en Europe, où aucune transparence n'existe puisqu'il s'agit d'acteurs uniquement sous l'autorité des Etats-Unis.

La situation actuelle appelle à des actions immédiates : l'interdiction des ventes à découvert, en particulier des CDS, et la possibilité pour la future autorité européenne de supervision des marchés financiers de prendre ce type de décision. Cette interdiction doit s'accompagner de l'ouverture d'une enquête sur les conflits d'intérêt de la banque d'investissement Goldman Sachs. En tant qu'autorité de la concurrence, la Commission a les pouvoirs en main pour agir. Aujourd'hui, seule la Réserve fédérale américaine (FED) a annoncé devant le Congrès américain vouloir se pencher sur cette question.

La France est coupable de l'état de ses finances publiques, largement lié à des cadeaux fiscaux faits de manière inconsidérée par l'actuel gouvernement.

La coalition au pouvoir en Allemagne est coupable de penser qu'elle pourrait prospérer seule avec une stratégie d'exportation alors que ses partenaires seraient malades. L'Union économique et monétaire ne survivra pas à de tels égoïsmes.

Pervenche Berès est présidente de la commission de l'emploi et des affaires sociales du Parlement européen ;
Poul Nyrup Rasmussen est président du Parti socialiste européen, ex-premier ministre du Danemark (1993-2001).
Article paru dans l'édition du 06.03.10
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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 11:05

Tribune de Benoît Hamon parue dans Les Echos le 27 avril.

A l’heure où la plupart des dirigeants des pays occidentaux rivalisent de superlatifs pour professer qu’avec la crise financière « l’ère du secret bancaire est révolue » et qu’il faut « changer le système », le Parlement européen est, lui, passé aux travaux pratiques.

On estime chaque année le montant total de la fraude fiscale dans l’Union européenne à 200 milliards d’euros. Rapportée au budget de l’Union en 2008 (133 milliards d’euros) ou aux montants cumulés des déficits publics dans l’Union européenne, on comprend combien la perte de ces sommes colossales affecte les Etats membres. En effet, l’addition des plans de relance européens approche 1,5 % du PIB de l’Union, là où la fraude fiscale s’établit à 2 % du PIB. L’injection massive d’argent public pour sauver le système bancaire motive donc les Etats à réclamer de solides contreparties aux banques européennes pour recouvrer les recettes fiscales que le secret bancaire permet de leur soustraire. Ce contexte explique que j’ai trouvé une majorité au Parlement européen pour soutenir une politique ambitieuse de lutte contre la fraude et l’évasion fiscale, dont la portée dépasse la révision de la seule « directive épargne ».

Mon rapport propose à l’Union européenne de franchir une étape décisive dans trois domaines.

Le premier consiste à porter un coup direct au secret bancaire par l’abrogation en 2014 du système de retenue à la source encore appliqué par le Luxembourg, l’Autriche et la Belgique. En 2008, la France a reçu des pays pratiquant le secret bancaire 64 millions d’euros au titre des impôts dus sur les intérêts de l’épargne. 38 millions en provenance de la Suisse et 13 en provenance du Luxembourg, principales destinations européennes des résidents français pour leurs placements en épargne. Qui sont-ils ? Combien sont-ils ? Comment vérifier l’exactitude des sommes perçues. Cela échappe à Bercy comme à ses homologues de 24 des 27 Etats membres dont les ressortissants placent tout ou partie de leur épargne dans les pays de l’Union pratiquant le secret bancaire. Les parlementaires européens ont donc décidé que le système d’échange automatique d’information s’applique à tous les Etats. L’engagement de l’Europe à abroger le secret bancaire d’ici à 2014 est aussi un choix pragmatique qui place l’Union en position de force dans ses futures négociations avec la Suisse et tous les pays tiers qui accueillent aujourd’hui les milliards de l’évasion fiscale.

Le second acquis de ce texte porte sur le champ d’application de la directive. La fraude fiscale s’exerce la plupart du temps par personne morale interposée. Le champ de la directive a été élargi aux fondations et aux trusts derrière lesquels se cachent des personnes physiques cherchant à échapper à l’impôt. Le cas du Liechtenstein a illustré cette pratique mettant en scène une multitude de fondations factices abritant en réalité des contribuables allemands ou français indélicats. Au-delà de la question des supports juridiques à la fraude, la définition des produits financiers qui entrent dans le champ de la directive a fait aussi l’objet d’un âpre débat. L’ingénierie financière est sans limite dès lors qu’il s’agit d’inventer de nouveaux produits qui permettent notamment d’échapper à l’impôt. C’est pourquoi ce rapport propose que la Commission puisse adapter par « comitologie » la définition des produits d’épargne à l’évolution des marchés dans ce domaine.

Le troisième acquis de ce texte n’est pas le moindre. L’Europe établit une liste sans précédent de paradis fiscaux ou centres offshore et de structures et entités juridiques suspectes. Contrairement à la liste du G20, le Parlement européen a notamment inscrit dans sa liste les Etats américains du Delaware et du Nevada. Mais la contribution du Parlement vaut principalement par les contraintes supplémentaires que nous imposons aux paradis fiscaux. Là où la Commission proposait une liste limitée de territoires et d’entités, le Parlement renverse la charge de la preuve. Il impose à ces juridictions de démontrer que toutes les personnes morales suspectes sont fiscalement transparentes. Ainsi l’Union européenne se dote d’un instrument puissant de lutte contre la fraude fiscale qui renvoie aux paradis fiscaux le soin de faire la preuve de leur conformité avec les exigences de l’Union en matière de transparence fiscale.

Le Parlement a pris ses responsabilités. La balle est maintenant dans le camp du Conseil européen. Un député socialiste minoritaire en Europe a obtenu l’engagement du Parlement européen en faveur de l’abrogation du secret bancaire d’ici à 2014. Nul doute qu’un chef d’Etat conservateur majoritaire en Europe saura obtenir du Conseil un résultat identique.

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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 11:25
Matthieu Pigasse : "Ce G20 n'est ni un succès, ni un échec"
LEMONDE.FR | 03.04.09 | 11h24  •  Mis à jour le 03.04.09 | 11h52

'intégralité du débat avec Matthieu Pigasse, associé gérant de la banque Lazard et auteur de "Le monde d'après, une crise sans précédent".

Eddie_1: Les ressources supplémentaires allouées au FMI sont-elles suffisantes pour répondre à la crise ?
Matthieu Pigasse :
Ces ressources ne correspondent pas stricto senso à des mesures de relance, telles que mises en œuvre aux Etats-Unis ou en Europe. Elles sont néanmoins très bienvenues dans la mesure où les ressources du FMI étaient très insuffisantes compte tenu des besoins qui apparaissent. Elles doivent servir à assurer la stabilité d'un certain nombre de pays dans des situations très difficiles. A ce stade, ces 1 000 milliards de dollars apparaissent suffisants.

Jibi : Où vont vraiment aller les fonds alloués au FMI ? Aux pays émergents, pauvres, les moins développés ?

Ces ressources vont aller aux pays, émergents ou déjà émergés, qui se trouvent confrontés à des difficultés de financement. Il peut donc s'agir soit de pays pauvres, soit de pays développés et proches de nous, le meilleur exemple étant les pays d'Europe de l'Est.

Alfred_1 : Quel peut être l'impact sur la croissance économique des mesures prises par le G20 ? On parle de plusieurs points de PIB. Qu'en pensez-vous ?
Il est très difficile de mesurer l'impact du G20 sur le PIB. Parce que les mesures annoncées portent d'abord sur la régulation financière. L'un des regrets que l'on peut avoir, c'est précisément l'absence de mesures ou d'annonces touchant à la relance économique, particulièrement en Europe. En tout état de cause, ce G20 permet d'enclencher une dynamique de confiance favorable à la croissance mondiale.

Jibi: L'Europe s'était farouchement opposée à tout nouveau "plan de relance" comme le demandait Obama, alors est-ce un plan de relance ou pas ? Obama fanfaronne alors qu'on a fait le contraire de ce qu'il annonçait ?
Non, ce n'est pas un plan de relance. Et on peut le regretter. Les mesures de régulation annoncées sont évidemment nécessaires. Elles auraient cependant été utilement complétées de mesures à court terme portant à la fois sur la relance et sur la sortie des actifs toxiques des bilans des banques.

Louda: Vous n'avez pas l'impression que le G20 n'a pas été le retour attendu de l'interventionnisme que Keynes prônait, dont on a loué les mérites depuis quelques semaines, mais seulement un pas en avant pour rétablir l'économie ?
Le G20 permet en effet de faire un pas en avant, mais pour avancer, il faut faire plusieurs pas. Il y a un certain nombre d'objectifs qui ont été affichés et qui vont dans le sens d'une plus grande moralisation et réglementation du système financier (hedge funds, paradis fiscaux...). C'est positif, mais ces objectifs doivent encore être traduits en mesures précises appliquées par l'ensemble des pays.

Oups : Les annonces du G20 ont été saluées hier par une hausse spectaculaire des Bourses. Ne s'agit-il pas d'un signe que les dirigeants des grandes puissances ont échoué à "moraliser" le capitalisme comme ils avaient annoncé vouloir le faire ?
Les hausses des Bourses reflètent d'abord et surtout l'espoir que la croissance revienne. Leur enthousiasme pourrait ne pas durer si des mesures d'application rapides ne suivent pas cette réunion du G20.

Misologue_de_Saint-Paul: La véritable révolution ne vient-elle pas de la présence de nouveaux acteurs dans les débats, tels que la Chine ?
Si. Il s'agit d'un changement majeur. L'apparition d'un nouveau directoire mondial. Ce ne sont plus les Etats-Unis qui dominent seuls le monde. Ce ne sont plus les sept ou huit pays les plus riches qui codirigent le monde. C'est désormais un directoire élargi, qui compte douze pays émergents, qui s'impose. Cela traduit un nouvel équilibre mondial dont on ne peut que se réjouir.

Marco59 : A quoi bon publier une liste noire ou grise des paradis fiscaux ? Ces pays sont connus depuis longtemps. Pourquoi ne pas annoncer d'emblée des mesures de rétorsion et un calendrier de mise en application de ces mesures ?

Axelsaury : Que pensez-vous de la liste des paradis fiscaux annoncée ? Serait-elle réellement efficace alors que certains endroits n'y seront pas référencés (Le Delaware, où la plupart des entreprises du top500 sont implantées ? )
Vous êtes là au cœur des interrogations que l'on peut avoir sur cette réunion du G20. La volonté de lutter contre les paradis fiscaux est évidemment une très bonne chose. Ce qui est en cause, c'est d'abord le secret bancaire qui autorise tous les trafics : drogues, armes... Là encore, on ne peut que se féliciter du consensus mondial sur ce sujet. Le diable est néanmoins dans les détails et dans la mise en œuvre de cette volonté. Quels sont les paradis fiscaux à inscrire ou non sur cette liste ? Hongkong, Macao, le Delaware, Andorre en font-ils partie ? Surtout, au-delà de la liste, quelles sanctions et quelles mesures de rétorsion prendre à l'encontre de ces zones de non-droit ? Sur ces sujets, le G20 reste très silencieux.
On voit donc bien qu'il peut y avoir un décalage important entre l'annonce d'un objectif et sa mise en œuvre pratique.

Jeff : Le comité de stabilisation financière aura-t-il vraiment un impact plus important que l'ancien simple forum ?
Le point important, c'est d'abord l'élargissement de ce forum à de nouveaux membres, et surtout la coopération avec le FMI afin de prévenir l'apparition de nouvelles crises. Mais vous avez raison : le point-clé sera, là encore, les missions et les pouvoirs réellement confiés à cette instance.

Placedesfetes : Le G20 n'a-t-il pas abandonné toute volonté de régulation financière ? Il n'y a aucune décision, seulement des intentions sur ce point dans le rapport final.
C'est déjà très bien d'afficher des intentions et des objectifs en matière de régulation financière. C'est une vraie nouveauté que de voir les Anglo-Saxons se rallier à la nécessité de plus et mieux de règles. De ce point de vue, l'encadrement des hedge funds, des agences de notation ou des rémunérations témoigne d'une volonté nouvelle de réguler. Mais il faudra juger aux actes et aux mesures qui seront mises en œuvre. Tout le défi de cette réunion du G20 dans les semaines qui viennent, c'est de passer des intentions aux actes.

Melanie_Monjean : Que penser de l'absence de décision commune quant à l'assainissement des marchés financiers ?
On peut se féliciter du consensus sur le besoin d'une plus grande régulation. Mais on peut en effet regretter l'insuffisance des mesures sur l'assainissement des marchés. Un seul exemple : la sortie des actifs toxiques des bilans des banques. Il est impératif de permettre aux banques de rejouer le rôle qui est le leur, assurer le financement de l'économie. Pour ça, il est impératif de renforcer leur capital. On peut donc légitimement déplorer l'absence d'annonces concrètes sur ce sujet, particulièrement en Europe.

aviolette : Quelle est la contribution de la France à ce plan ? D'où vient cet argent ? N'est-ce pas de la dette supplémentaire ?

Il ne s'agit pas stricto sensu d'un plan de relance, mais de renforcer les moyens financiers du FMI en utilisant notamment les réserves de change d'un certain nombre de pays. Le Japon, la Chine sont par exemple mis à contribution.
Il ne s'agit donc pas de dette supplémentaire, sauf à ce que le FMI s'endette sur les marchés financiers, mais d'une meilleure allocation de la liquidité internationale.

Utilisateur3 : Ne pensez-vous pas qu'injecter de l'argent au FMI ne fera qu'aggraver ce qui se passe dans les pays pauvres ? Je pense au projet structurel que le FMI a mis en place et qui a laissé de grosses séquelles dans leurs économies ?
Il est absolument indispensable de renforcer les moyens financiers du FMI pour éviter la faillite d'Etats, dont les conséquences en chaîne seraient dramatiques. Tout dépend des conditions posées par le FMI à son intervention. Les temps ont changé. Les programmes d'ajustement structurel des années 1980 ou 1990, et qui ont mis par exemple l'Argentine KO en 2001, ne doivent plus avoir cours aujourd'hui. Le G20 a de fait souligné la nécessité d'accompagner la croissance économique par une grande cohésion sociale et de la solidarité.

Houba : Sur les 1 000 milliards de dollars supplémentaires à injecter dans l'économie mondiale annoncés hier, "250 milliards seront financés par de la création monétaire, en clair la planche à billets". Pouvez-vous nous éclairer sur cette méthode, qui paraît finalement si simple...
Ces 1 000 milliards ne seront pas mécaniquement injectés dans l'économie mondiale. Il s'agit de doter le FMI de moyens supplémentaires, qu'il utilisera dans le temps, au cas par cas, selon les besoins. Faire fonctionner la planche à billets, c'est-à-dire créer de la monnaie, peut paraître simple. Mais il faut prendre garde à la conséquence économique associée : l'inflation. C'est parce que l'on a créé trop de monnaie au cours des dix dernières années, que des bulles spéculatives ont pu se former.

Jacklittle : Vous paraissez sceptique sur la relance économique à court terme et sur les actifs toxiques. A votre avis, jusqu'où aurait dû aller le G 20 ?
C'est en effet le sujet sur lequel le G20 m'a déçu. En matière de relance, le FMI recommande un effort supérieur à 2 % du PIB. Les plans européens tournent autour de 1 % du PIB, le plan français étant lui-même inférieur à 1 %. Les pays européens auraient pu profiter de cette réunion du G20 pour coordonner, enfin, un plan de relance plus rapide et plus fort. De la même manière, on peut regretter la timidité du G20 – en l'occurrence la timidité des pays européens – sur les actifs toxiques. Les sortir des bilans bancaires, à l'image de ce que les Etats-Unis ont annoncé, apparaît aujourd'hui comme une nécessité. Là encore, l'Europe aurait pu en profiter pour annoncer un plan coordonné.

Virginie Novaro : Quels sont les éléments qui permettent de dire qu'en 2010, nous commencerons à "sortir" de la crise ? D'après votre livre, la sortie de "cette" crise n'est pas aussi proche... Essaie-t-on de nous rassurer ?
Trois éléments peuvent permettre d'espérer une sortie de crise en 2010 : l'impact mécanique des plans de relance (même si certains demeurent insuffisants...), la baisse du prix des matières premières et notamment du pétrole, la baisse des taux d'intérêt. Ces trois éléments sont autant de facteurs de soutien de la croissance. Il demeure néanmoins un élément d'incertitude : le retour du crédit, c'est-à-dire la capacité des banques à financer à nouveau l'économie. De l'importance de traiter les actifs toxiques...

LaFourmi: L'intervention des Etats pour sauver les entreprises financières (AIG, Dexia...) n'est-elle pas une incitation à une prise de risque maximale pour le management ("Too big to fail")? Ne faudrait-il pas dès maintenant renforcer les ratios (type Bâle II) et limiter l'endettement et l'effet de levier des banques ?

Non et oui. Non, parce qu'il n'y a pas d'alternative au sauvetage des banques. La leçon de la crise de 1929, c'est qu'il ne faut jamais laisser une banque faire faillite. Si une banque chute, c'est l'ensemble du système qui peut s'effondrer. Il était donc indispensable que les Etats interviennent.
Oui, parce que, bien évidemment, il faut empêcher que se reproduise ce qui s'est passé. De ce point de vue, il faut en effet a) revoir les règles comptables et prudentielles applicables aux banques, car trop procycliques ; b) limiter les effets de levier, notamment en encadrant les techniques de titrisation qui sont déresponsabilisantes ; c) pousser les banques à constituer des matelas de sécurité pendant les périodes de croissance pour qu'elles puissent continuer à prêter pendant les périodes de repli.

Jeff : A l'avenir, plutôt que de devoir faire intervenir les contribuables pour recapitaliser les banques ayant pris des risques inconsidérés sur des produits toxiques, pourrait-on imaginer un système assurantiel entre établissements financiers, afin que ceux qui prennent les risques soient aussi ceux qui en supportent les coûts ?

Oui, bien sûr. Mais les Etats, c'est-à-dire les contribuables, demeureront toujours les "sauveurs en dernier ressort", car aucun système assurantiel privé ne permettrait de compenser la faillite d'une très grande banque. C'est la raison pour laquelle il faut mettre en œuvre des règles strictes pour contrôler et maîtriser en amont les risques pris par les établissements financiers.

Muller_F : On est un peu surpris que le spectre de l'inflation ne soit pas davantage anticipé, comme si l'essentiel était la relance et que la forte inflation générée par la création monétaire faciliterait le remboursement des dettes pour les Etats comme pour les particuliers surendettés. Implicitement, l'inflation apparaît ainsi comme la solution pratique mais qu'il ne faut surtout pas évoquer.
L'urgence, c'est de rester vivants. Dit autrement, la priorité absolue, c'est de tout faire pour éviter que la crise s'installe. Il n'y a donc pas d'alternative à la relance. Je préfère le déficit et la dette au chômage. Demain se posera en effet la question de la gestion de cette dette supplémentaire. Pour qu'elle soit soutenable, il faudra probablement plus d'inflation et plus d'impôts. Mais à nouveau, restons vivants.

Melanie_Monjean : Peut-on parler d'un succès de ce G20 qui entrerait dans l'histoire, et pourquoi ?
Ce G20 n'est ni un succès ni un échec. Ce n'est pas un échec de réunir vingt pays, émergents et émergés, qui représentent 90 % de la richesse mondiale, et de les mettre d'accord sur un texte important. Ce n'est pas un échec d'obtenir un consensus mondial sur la nécessité de plus et de mieux réguler les marchés financiers. Cela traduit une évolution politique profonde, la fin du dogme de l'autorégulation des marchés et du credo de la main invisible. Ce ne sera pas un succès tant que les objectifs annoncés n'auront pas été traduits en mesures concrètes. De ce point de vue, espérons qu'il n'y aura pas trop loin de la coupe aux lèvres. Espérons enfin que les Etats européens prendront la pleine mesure de la crise et ne resteront pas les passagers clandestins du monde. Oui, il faut relancer ici et maintenant.

Chat modéré par Claire Ané
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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 19:00

DE LA CRISE ECONOMIQUE…
….A LA CRISE POLITIQUE

Son origine ? Jusqu'où ?
Quelles en sont les vraies victimes ?
Quelles réponses et à quel niveau ?
- le "plan de relance" de Sarkozy
- les propositions des Socialistes

REUNION-DEBAT
Avec
Liêm HOANG-NGOC
Economiste - Maître de Conférence à Paris I, Secrétaire national adjoint du PS en charge de l'économie

&
Bernard POIX
Syndicaliste - Conseiller national à l'économie à l'UNSA, Membre de la Commission syndicale de l'OCDE




JEUDI 2 AVRIL 2009
à 20 h 30

Grande Salle - Espace Mandela
82, Bd du Gal Leclerc
ARGENTEUIL
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