Selon l’Institut BVA, la France ne s’est pas « droitisée »
Les Echos - Cecile Cornudet | 22 mai 2007
Les résultats de la présidentielle seraient trompeurs pour BVA, qui continue de penser que le rapport de force idéologique penche du côté de la gauche. Ce que Nicolas Sarkozy aurait parfaitement intégré en proposant un gouvernement «d’ouverture».
A quatre semaines des élections législatives, tous les instituts de sondage prédisent une nette victoire de l’UMP, voire un raz de marée. Et pourtant, «contrairement à l’impression que pourraient donner les résultats de l’élection présidentielle, la France ne s’est pas droitisée», affirme Gaël Sliman, directeur adjoint de BVA Opinion, qui vient de passer au crible 6 mois de résultats et d’attentes des Français.
Si l’on regarde les attentes des électeurs, leurs valeurs et même leurs affinités partisanes, «l’état des forces idéologiques dans le pays penchait même encore assez nettement à gauche avant le 1er tour», avance-t-il. En décembre dernier, quelque 54% des électeurs se disaient «proches de la gauche», contre 46% de la droite. Quand on leur demandait, mi-novembre, de qui ils «souhaitaient» la victoire, 41% contre 30% répondaient que c’était «celle du candidat de gauche». Quand on faisait la liste de leurs préoccupations, les sujets sociaux - emploi, pouvoir d’achat, précarité, éducation - arrivaient devant la sécurité et l’immigration. Et ils faisaient alors nettement plus confiance au PS qu’à l’UMP pour y répondre.
Thèmes secondaires
Alors, que s’est il passé ? Une campagne électorale, tout simplement. En l’espace de 3 mois, la donne a radicalement changé. Exemple ô combien symbolique : l’emploi. En décembre 2006, Ségolène Royal avait, dans la lutte contre le chômage, une avance de «crédibilité» de 5 points sur son rival UMP. 3 mois plus tard, c’est lui qui la devançait de 13 points. En réalité, c’est moins le positionnement de la candidate socialiste qui aurait déstabilisé les électeurs, avance BVA, que son choix de faire campagne sur des thèmes pour eux secondaires, et l’absence de cohérence d’ensemble de sa ligne économique et sociale. «Elle a eu tendance à aller sur des sujets périphériques (démocratie sociale...) ou à vouloir se positionner sur les lignes de force de son adversaire (sécurité, nation...)», observe Gaël Sliman, «sans fournir, jusqu’au soir du premier tour, d’éléments clairs sur sa ligne et sur ce qu’elle ferait en matière économique et sociale si elle était élue». En face, Nicolas Sarkozy a certes mené une campagne très à droite, mais «il a au moins proposé des solutions sur des enjeux qui intéressaient les gens, notamment "travailler plus pour gagner plus"», poursuit-il.
Reste à savoir quelles conséquences en tirer. Pour le PS, ce sera très difficile de redresser la barre d’ici aux 10 et 17 juin, «parce qu’on ne bâtit pas une cohérence politique en quelques semaines».
Des gages d’ouverture
En revanche, cette analyse du rapport de force idéologique expliquerait en grande partie le choix de Nicolas Sarkozy d’intégrer des personnalités de gauche dans son gouvernement. «Il a vilipendé Mai 68 et accueille dans son gouvernement Bernard Kouchner, incarnation vivante de Mai 68, au risque de déstabiliser son électorat», relève Gaël Sliman. Le président de la République ne chercherait pas uniquement à affaiblir le PS à la veille des élections législatives. Il aurait compris, lui le grand consommateur d’études d’opinion, que, pour mettre en oeuvre son programme de droite, il lui fallait donner des gages d’ouverture aux Français.
Consulter le baromètre BVA - bilan de la présidentielle 2007
Consulter le dossier présidentielles 2007 de BVA
Cette étude confirme ce que quelques uns d'entre nous ressentaient, c'est-à-dire que les thèmes de campagne développées par la candidate socialiste n'étaient ceux qui étaient en phase avec les attentes de l'électorat, que la gauche n'a donc pas su développer ses propositions sur les thématiques attendues qui lui étaient pourtant favorables (emploi, logement, pouvoir d'achat, éducation) et que Sarkozy a lui réussi sa triangulation en faisant passer ses vessies pour des lanternes.
Faut-il que nous continuions dans cette même direction ? les socialistes le diront collectivement après les législatives.

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ssu de la fusion des 2 principaux partis de centre gauche, les Démocrates de gauche (DS, héritiers du Parti communiste italien) et la Démocratie libérale-Marguerite (DL, héritiers de la Démocratie chrétienne), le Parti démocrate - une formation de type social-démocrate - doit voir le jour le 14 octobre, dans le cadre d'une assemblée constituante pour laquelle les dirigeants des deux formations comptent faire voter un million de sympathisants.
Le SPQ libre, un club politique actif au sein du Parti québécois (PQ), réclame l'élaboration d'une constitution du Québec. Le SPQ suggère qu'un organisme indépendant de tout parti politique en soit responsable, pour ne pas qu'il soit seulement issu du PQ.
Je réagis à la nouvelle intervention de la jeune candidate socialiste aux législatives
1- On ne demandait pas à Ségolène Royal de rénover le PS en six mois, parti dont d'ailleurs elle n'a cessé de déclarer qu'elle souhaitait s'en affranchir, appelant puis jetant les affreux "éléphants" au gré des circonstances, mais de remporter l'élection présidentielle. Ce qui était déjà un beau défi qui se suffisait à lui-même et rien ne démontre dans les sondages que ce soit le Parti socialiste qui l'ait gênée dans sa campagne, les électeurs qui se sont rangés derrière elle étant motivés au premier comme au second tour par l'idée de ne pas éliminer la gauche puis d'éviter Sarkozy. Encore une fois, l'entourage de la candidate cherche à reporter toutes les responsabilités sur cette campagne qu'elle a menée vers ceux qui en était exclu ; Ségolène étant infaillible, comment aurait-elle pu faire une erreur ? Si elle a perdu c'est donc de la faute des autres.
2- Rappelons au passage que Lionel Jospin - avec il est vrai un taux de participation moindre (mais qui donc favorisait le Front National) -, avait en 1995, après 14 années de présidence mitterrandienne si décriée, réussi à arriver en tête avec 23,5% puis à réaliser 47,3% des suffrages au second tour, plaçant la gauche dans une perspective de travail, de rassemblement et de reconquête. Aujourd'hui, après 12 années de présidence chiraquienne, après 5 années d'actions réactionnaires, dans un contexte où le candidat de l'UMP appartenait à une équipe sortante impopulaire désavouée à mainte reprise par les Français, la candidate socialiste (elle n'en est pas la seule responsable...) arrive 2ème aux deux tours de scrutins, portée essentiellement par la logique défensive des électeurs de gauche, notamment communistes, écologistes et altermondialistes, une partie de l'électorat social-démocrate ayant choisi le vote Bayrou, décontenancé qu'il était par les interventions tout azimut de la candidate socialiste. Avec 46,94% alors qu'elle aurait dû être l'alternative naturelle, Ségolène Royal peut contempler aujourd'hui une gauche qui n'a pas compris le 21-Avril, dont elle a dénigré le peu de travail sur soi accompli, et dont les différentes composantes sont réthives au rassemblement du fait de certaines de ces prises de positions et de ces thèmes de campagne... Belle perspectives en effet !
3- Enfin puisque le Parti socialiste, selon Madame Vallaud-Belkacem, n'aurait rien fait pendant cinq ans, depuis le 21 avril 2002, j'aimerais lui poser la question tout comme je la pose aux trois candidats à l'investiture présidentielle du 16 novembre 2006. Quels ont été les choix de Dominique Strauss-Khan, Laurent Fabius et Ségolène Royal durant ces cinq années, désormais décriées ? Lors du congrès de Dijon, ils ont tous été dans la motion A menée par François Hollande qui s'est échinée à enterrer consciencieusement toutes perspectives de rénovation et de réflexion sur le fond car elles auraient signifié la rupture entre les tenants du pacte - Mme Royal s'était distinguée à l'époque par un silence absolu, DSK et Fabius par des faux-semblants... Mme Belkacem est sans doute trop jeune pour rendre des comptes sur le sujet. Qu'a fait à l'époque le principal ouvrier de la candidature de Ségolène Royal, Monsieur Julien Dray ? il s'est employé à saborder la seule motion rénovatrice,
On ne rénove pas le Parti socialiste dans une campagne d'investiture (contrairement à ce que veut nous faire croire DSK), on ne le rénove pas en quelques mois en choisissant une personne, on ne le rénove pas avec violence et dans l'urgence d'une campagne électorale présidentielle ou législative ! N'en déplaise à certains, le PS a encore quelques traditions qui lui font honneur : le débat politique, le choix de la ligne programmatique, se fait collectivement et précède le choix des candidats ! Je serai de ceux qui refuseront toute transformation caporaliste des partis de gauche ! et je continuerai à me battre pour une véritable rénovation socialiste contre tous ceux qui ont tout fait pour l'empêcher jusqu'ici ou qui ont contribué à l'empêcher par leur silence ou leur lâcheté, pour aujourd'hui l'enfourcher comme un nouveau plan com'.
Si les péquistes mettent leur menace à exécution et que les adéquistes de Mario Dumont, de leur côté, maintiennent eux aussi leur opposition farouche aux baisses massives d'impôts promises à maintes reprises par Jean Charest, le gouvernement pourrait être défait avant l'été.
François HOLLANDE
Razzye HAMMADI
