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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis alternativement à Bezons dans le Val-d'Oise et à Massy dans l'Essonne. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. Je suis membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, en charge du pôle "Idées, formation, riposte".
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Gauche Républicaine & Socialiste

4 juin 2007 1 04 /06 /juin /2007 09:33
Un rapport accablant sur la police dans le "93" s'invite dans la campagne des législatives
 

clichypolice.jpga divulgation d'un rapport de l'Institut national des hautes études de sécurité (Inhes), qui dépend du ministère de l'intérieur, sur les relations police-population en Seine-Saint-Denis a suscité, ce week-end, de nombreuses réactions politiques. Cette enquête dresse un constat accablant des rapports entre la police et la population dans le "93" et évoque un "climat d'insécurité permanent" à même de s'envenimer. Les auteurs soulignent notamment un "décalage" entre la "suractivité permanente" de la police, en matière de lutte contre les stupéfiants et les clandestins, et les "réalités subies par la population", avec une "hausse considérable des violences" dans ce département, où les vols avec violences ont ainsi crû de 15,95% en 2006. Ce rapport inédit a été finalisé en décembre 2006 après 2 mois d'étude et de rencontres avec des acteurs municipaux, policiers et magistrats du "93", d'où sont parties les émeutes de 2005.

Si les Hauts-de-Seine ont "si bien évolué" et la Seine-Saint-Denis "si mal évolué", "c'est parce que l'un était géré par la droite, l'autre était géré par le Parti communiste", a estimé dimanche Patrick Devedjian, secrétaire général délégué de l'UMP, nouveau président du conseil général des Hauts-de-Seine et proche du président Nicolas Sarkozy, sur le "Forum Radio J". "Les communistes ont ancré les gens dans la misère parce que c'était aussi une manière pour eux d'asseoir leur pouvoir politique", a jugé M. Devedjian.

Qualifiant ces propos de "scandaleux" et de"déplacés", le président du conseil général de Seine-Saint-Denis, Hervé Bramy (PCF), a affirmé, dimanche soir, que "les communistes n'ont pas démérité en Seine-Saint-Denis". "Le conseil général, signataire de tous les contrats locaux de sécurité du département, agit tous les jours dans son domaine de compétence, celui des clubs prévention, dont le budget a été renforcé en 2007 de 2 millions d'euros", a indiqué M. Bramy. "Nous avons été les plus ardents défenseurs de la police de proximité", a poursuivi l'élu PCF, alors que, souligne le rapport de l'Inhes, cette dernière, abandonnée par Nicolas Sarkozy, a eu des "effets positifs incontestables". Et d'ajouter : "Il est facile pour M. Devedjian, président du conseil général le plus riche de France, de nous critiquer."

"DES VÉRITÉS QUI DÉRANGENT"
Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF et députée de Seine-Saint-Denis, a demandé "d'urgence, dès lundi, la réunion avec le préfet de Seine-Saint-Denis de tous les élus du département afin que nous soit donnée connaissance du rapport complet, et que soient débattues les mesures indispensables et immédiates qui s'imposent". "Je suis scandalisée d'apprendre qu'un rapport officiel établi dans le cadre des services du ministère de l'intérieur, et jusqu'à maintenant tenu secret, nous révèle qu'il y aurait en Seine-Saint-Denis un divorce complet entre la police et la population, a-t-elle affirmé. Il s'agit de faits d'une extrême gravité. Et il est scandaleux que l'ex-ministre de l'intérieur, aujourd'hui président de la République, ait dissimulé ce fait aux Françaises et aux Français alors qu'il est naturellement lui-même premier responsable de cette situation."

Jean-Pierre Raffarin a estimé, de son côté, au "Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI", que "le climat électoral" n'était "pas le meilleur climat pour traiter" d'un sujet "grave" comme les difficultés en Seine-Saint-Denis. Interrogé sur un échec éventuel de Nicolas Sarkozy en tant que ministre de l'intérieur sur ce dossier, M. Raffarin a affirmé : "Je pense qu'on ne peut pas réduire des sujets aussi difficiles par le manichéisme succès-échec. Ce sera un dossier très difficile et très, très long."  Selon lui, "un travail immense" est "mené, il devra être poursuivi", et le président de la République et le premier ministre "sont mobilisés". Il a regretté que Ségolène Royal (PS), qui déplorait samedi que ce rapport ait été "caché aussi longtemps", veuille "utiliser une situation aussi difficile pour des raisons politiques".

Samedi, Ségolène Royal s'était en effet insurgée contre le fait que ce rapport ait été "caché aussi longtemps", évoquant "des vérités qui dérangent". "Je demande au président de la République pourquoi ce rapport a été caché aussi longtemps et quelles décisions vont être prises sans tarder pour rétablir les moyens de fonctionnement de la police", a insisté la présidente de Poitou-Charentes. Et d'estimer : "Sans doute pendant la présidentielle ne fallait-il pas dire des vérités qui dérangent." Précisant que ce rapport a été sorti "grâce à quelqu'un qui a envie que la vérité se fasse jour", Mme Royal a affirmé que "maintenant il faut que l'on passe à l'action".

La direction générale de la police nationale a indiqué, samedi, que ce rapport de l'Inhes était un "document interne qui n'avait pas vocation à être diffusé".

Un rapport accablant sur la police en Seine-Saint-Denis aurait été "caché" pendant des mois

es conclusions d'un rapport inédit rédigé fin 2006 sur les relations entre police et population en Seine-Saint-Denis ont été révélées par l'AFP, samedi 2 juin. Le constat est accablant : évoquant un "climat d'insécurité permanent" , l'Institut national des hautes études de sécurité (INHES), auteur du rapport, souligne un "décalage" entre la "suractivité permamente" de la police et les "réalités subies par la population". A tel point que les auteurs parlent d'une "césure" entre la police et la population dans le département.

Le document a été commandé par le préfet de Seine-Saint-Denis à l'INHES, un organisme qui dépend du ministère de l'intérieur, mais jamais rendu public officiellement. En déplacement dans l'Essonne, Ségolène Royal s'est insurgée contre le fait que ce rapport ait été "caché aussi longtemps", évoquant "des vérités qui dérangent".

"DOCUMENT INTERNE"
Il s'agit d'un "document interne qui n'avait pas vocation à être diffusé", a réagi, samedi, la direction générale de la police nationale (DGPN) selon laquelle "beaucoup a été fait en Seine-Saint-Denis" depuis fin 2006, notamment pour le "renforcement des effectifs" ou "l'accueil dans les commissariats".

La "mission d'étude" de l'INHES s'est concentrée sur quatre communes du "93", département d'où sont parties les émeutes de novembre 2005. Parmi elles, Montfermeil ou Clichy-sous-Bois. Les chercheurs de l'INHES ont rencontré pendant deux mois des acteurs municipaux, policiers ou magistrats.
 
LA POLICE DE PROXIMITÉ A EU DES "EFFETS POSITIFS INCONTESTABLES"

Les auteurs évoquent une "déferlante de violence" avec un "nombre croissant de mineurs" mis en cause dans la délinquance, une "dégradation", voire "parfois une césure" entre la police et la population. La police se concentre trop sur la lutte contre les stupéfiants ou les clandestins, affirme encore l'étude, dénonçant une "hausse artificielle" de ses taux d'élucidation, qui lui donnent "une image agressive".  La Seine-Saint-Denis, soutient l'étude, est dans une situation de "marginalisation croissante" avec une "délinquance hors normes". Un "fossé se creuse avec les autres départements" notamment pour ce qui est des faits violents constatés.

Quelles sont les solutions ? Il faut "renouer les liens avec la population des quartiers", "réorganiser le travail de la police et de ses techniques d'intervention". Un train de mesures est préconisé comme l'accueil dans les commissariats, une "doctrine d'emploi" des policiers et particulièrement des CRS. La police de proximité, dit aussi l'étude, a eu des "effets positifs incontestables" dans certains secteurs.

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3 juin 2007 7 03 /06 /juin /2007 13:19
Duels autonomiste-indépendantiste au 2e tour en Polynésie
L'ex-président indépendantiste Oscar Temaru affrontera le député UMP sortant autonomiste Michel Buillard dans la 1ère circonscription. La participation a été faible 53,06%.

 

Les bureaux de vote ont fermé à 19H00 (heure locale) samedi soir en Polynésie (07H00 dimanche matin à Paris), à l'issue du premier tour des législatives organisé avec huit jours d'avance sur la métropole, pour des raisons logistiques

Les bureaux de vote ont fermé à 19H00 (heure locale) samedi soir en Polynésie (07H00 dimanche matin à Paris), à l'issue du premier tour des législatives organisé avec huit jours d'avance sur la métropole, pour des raisons logistiques

(c) AFP
L'ex-président indépendantiste de Polynésie Oscar Temaru a été légèrement devancé (40,16%) par le député UMP sortant autonomiste Michel Buillard (41,50%) au 1er tour des législatives dans la 1ère circonscription (ouest) de Polynésie, a annoncé dimanche le Haut commissariat de Polynésie à Papeete.
 
Dans la 2e circonscription, le candidat autonomiste Bruno Sandras est arrivé en tête avec 36,98% des suffrages face à l'indépendantiste Pierre Frébault (29,71%), un syndicaliste proche de M. Temaru.
 
Les 2 circonscriptions verront donc un duel autonomiste-indépendantiste au 2nd tour. Michel Buillard et Bruno Sandras font tous 2 partie du Tahoera'a Huiraatira, le puissant parti autonomiste de Gaston Flosse, affilié à l'UMP.
 
 
Royal avait eu 82 voix d'avance sur Sarkozy
 
Ces résultats sont quasi définitifs, seuls les chiffres concernant 3 bureaux de vote isolés n'ayant encore pu être communiqués pour des raisons logistiques.
Mais le faible nombre d'électeurs en cause --181 dans le bureau concerné de la 1ère circonscription et 42 pour les 2 bureaux visés dans la 2e circonscription-- ne peuvent en aucune façon modifier les qualifiés pour le 2nd tour, a précisé à l'AFP un représentant du ministère de l'Outre-mer à Paris.
La 1ère circonscription, dite "ouest", regroupe les principales villes de Tahiti, l'île de Mooera, les îles-sous-le-vent -dont Bora-Bora- et l'archipel des Australes. Dans cette circonscription, Ségolène Royal avait eu 82 voix d'avance sur Nicolas Sarkozy au 2nd tour de la présidentielle.
La 2e circonscription (est) comprend la presqu'île de Tahiti et les archipels des Marquises et des Gambier.
 
 
Pas de triangulaire
 
Députée UMP sortante mais non investie par le Tahoera'a, Béatrice Vernaudon, candidate dissidente, a drainé 22,54% des suffrages. Victime d'une participation faible (53,06%), elle ne peut provoquer une triangulaire, échouant à moins de 500 voix du seuil de 12,5% des inscrits.
En 2002, les candidats autonomistes désignés par le Tahoera'a et investis par l'UMP avaient été élus facilement au 1er tour. 
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2 juin 2007 6 02 /06 /juin /2007 16:58
La crise est dénouée
Québec - vendredi 1er juin 2007

Québec va hausser l'impôt des banques et des pétrolières pour financer l'ajout de 111 millions$ au budget provincial. L'opposition officielle affirme que ce sont les contribuables qui paieront quand même au bout du compte.

 
«Nous prélèverons une contribution supplémentaire des sociétés de raffinage et des institutions financières», précise la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, dans une déclaration ministérielle lue à l'Assemblée nationale, quelques heures avant le vote pour l'adoption du budget, vendredi.
Ainsi, pour financer les mesures consenties à l'opposition péquiste, le gouvernement va augmenter le taux d'imposition des banques et des pétrolières de deux points, soit de 9,9% à 11,9%.
La hausse de la taxe dégagera des fonds supplémentaires pour injecter 60 millions $ de plus dans les soins à domicile et les Groupes de médecine familiale (GMF), 30 millions $ pour les élèves en difficulté et 21 millions $ pour les régions-ressources.

Ces ajouts au budget, arrachés par le PQ au terme d'une longue semaine de tractations et de négociations avec le gouvernement, permettront aux libéraux de se maintenir au pouvoir en faisant adopter leurs orientations budgétaires.
En principe, le Parti québécois demeure opposé au budget, mais ne délèguera que 3 députés pour voter contre son adoption, un nombre insuffisant pour renverser le gouvernement.
Ces 3 votes péquistes s'ajouteront à ceux des 41 députés de l'Action démocratique opposés au budget. Le vote devrait se tenir autour de midi vendredi.

ANALYSE
Jean Charest sur la sellette

Denis Lessard

Il a choisi de déclencher les élections plus tôt que prévu et les a pratiquement perdues. Il a formé un gouvernement qui a multiplié les foyers de mécontentement dans son caucus.

 

Cette semaine, sa gestion de la crise autour du budget Jérôme-Forget était la troisième prise.

Son gouvernement a été sauvé in extremis hier par le PQ, qui a décidé que seulement trois élus se présenteraient en Chambre pour voter contre son budget. Mais le clan libéral a passé toute la semaine dans les montagnes russes, et plusieurs se demandent aujourd'hui si Jean Charest est capable de faire fonctionner le ménage à trois à l'Assemblée nationale.

Bien des libéraux sont désormais convaincus que Jean Charest ne dirigera pas leur parti aux prochaines élections générales. Son départ est maintenant attendu chez ses propres troupes.

Car au-delà des bluffs et des coups fourrés, s'il est un message que les élus libéraux ont retenu de ce dernier bras de fer avec le PQ, c'est que le gouvernement ne survivra pas à celui du printemps 2008.

Sans le sou, sans chef, le PQ devait cette fois se contenter d'un baroud d'honneur - jamais plus du tiers des 36 députés n'auront été en faveur d'élections estivales, indique-t-on à l'interne. La situation sera bien différente dans un an; Pauline Marois aura alors plus d'assurance à la barre du PQ, les finances du parti seront en meilleure forme.

Et puis plus on y pense, pourquoi M. Dumont et Mme Marois voudraient-ils attendre le prochain budget? André Boisclair est parti bien plus vite que ne le prévoyaient les observateurs, et Jean Charest. L'arrivée de Mme Marois, dès la fin juin, à la barre du PQ rend plausible une motion de défiance des deux partis de l'opposition dès octobre prochain, à la reprise des travaux parlementaires.

Car Mario Dumont et Pauline Marois tombent d'accord sur une chose; les deux aimeraient bien avoir Jean Charest comme adversaire plutôt qu'un nouveau chef libéral, qui, inévitablement, bénéficiera d'une lune de miel de quelques mois dans l'opinion publique.

À Québec, dès que se ferment les magnétophones des journalistes, des élus libéraux se prennent à réfléchir tout haut à des scénarios où Jean Charest annoncerait qu'il passe la main avant la reprise des travaux à l'Assemblée nationale, à la mi-octobre.

Peut-il lire la situation?

Au PLQ, on a retenu son souffle quand Jean Charest a bombé le torse vendredi et annoncé qu'il serait intraitable sur le budget qu'il venait de déposer. Est-il encore capable de lire la situation? Sent-il encore le pouls de la population? De ses propres troupes? C'est le même Jean Charest qui, deux jours avant le scrutin du 26 mars, appelait ses ministres pour se faire rassurant, pour marteler une évidence selon lui; le gouvernement allait être majoritaire. Eux n'y croyaient déjà plus.

Les officiers du parti conscrits pour sonder la détermination des soldats par téléphone en fin de semaine dernière sont revenus bien perplexes. L'enthousiasme pour un autre scrutin était nul, c'était prévisible. Mais les commentaires sur la direction du parti en général n'étaient guère plus rassurants. Même le président du PLQ, Me Marc-André Blanchard, sondait les reins et les coeurs en soutenant qu'à son avis, une autre campagne électorale à brève échéance était impensable.

Même chez les disciples de Jean Charest, on est conscient que la grogne a pris beaucoup d'ampleur depuis une semaine. C'est bien plus intangible que l'affrontement fratricide d'André Boisclair et de Gilles Duceppe, mais l'effet accélérant est similaire.

Bien théorique jusqu'à cette semaine, la défaite du gouvernement est devenue une réalité tangible pour les libéraux. Et tout le monde est inquiet.

"Je n'ai pas entendu un attaché politique libéral dire qu'il voulait travailler à cette élection", laisse tomber l'un de ces adjoints, sous le couvert de l'anonymat. Avec un rire nerveux, les députés libéraux évoquent les épluchettes de blé d'Inde où la population se défoulerait en tirant des épis aux politiciens, tous partis confondus.

Bien des libéraux en sont rendus à craindre pour l'avenir du PLQ, et se souviennent avec une pointe d'angoisse que Brian Mulroney, le mentor politique de M. Charest, avait laissé le Parti conservateur en déroute en s'accrochant à son poste en 1993.

Avec inquiétude on observe les sondages; Jean Charest est clairement devancé par ses deux adversaires comme meilleur premier ministre. Pire encore, le Parti libéral trouve à peine l'appui d'une personne sur cinq chez les francophones. Mario Dumont et Pauline Marois ont une meilleure cote que leur parti, Jean Charest tire le PLQ vers le bas, un constat qui inquiète les libéraux de longue date qui se souviennent de plus en plus souvent qu'il n'était pas issu du parti. "Les libéraux veulent quelqu'un qui vient de la famille, ils ont besoin d'être rassurés", laisse tomber un acteur influent au PLQ.

Chez les députés, les foyers d'incendie sont désormais nombreux. Les anglophones sont malheureux, les "oubliés" sont mécontents, les "dégradés" sont furieux.

Dans l'entourage de Jean Charest, les départs s'annoncent. D'abord Stéphane Bertrand, le chef de cabinet, commence à dire qu'il ne sera pas là quand tel ou tel problème devront être réglés. D'autres disciples indéfectibles du chef reluquent des postes qui ne se libéreront qu'à l'automne dans la haute fonction publique.

Les prétendants

Reste la suite des choses. Tout récemment, au caucus des députés, Jean Charest répétait qu'on avait fait mille fois sa nécrologie politique et qu'il était toujours là. Les députés étaient dubitatifs.

Les partis poussent leur chef quand ils ont sous la main une solution de rechange, ce qui n'est pas évident cette fois. Le Dr Philippe Couillard reste le nom le plus souvent évoqué. À Québec, Marc-Yvan Côté fait doucement campagne pour son poulain. Mais les problèmes du réseau de la santé ont terni son armure - les nombreuses fermetures de lits dans les hôpitaux cet été ne l'aideront pas non plus.

Claude Béchard va, c'est certain, tenter sa chance. Issu de la base libérale, il compte bien des amis dans l'organisation du PLQ.

Pierre Paradis sera sur les rangs, ne serait-ce que pour se positionner pour l'avenir. Raymond Bachand va aussi tester sa popularité avec sa nouvelle famille politique.

Du côté des femmes, Nathalie Normandeau sera sur les rangs, mais son unilinguisme français sera un lourd handicap. Monique Jérôme-Forget a, dit-on, davantage d'appétit depuis qu'elle cumule les Finances et le Trésor. À 67 ans, elle serait toutefois un chef de transition pour des élections que les libéraux auraient concédées à l'avance.

Puis tous les autres, l'essaim de Montréalais en vue qui laissent porter leur nom, par vanité ou par réel intérêt. Liza Frulla serait surtout tentée par Ottawa, où une troisième élection l'assurerait d'une bonne pension.

Yves Séguin serait prêt demain matin, mais il est très loin de faire consensus chez les libéraux. Redevenu journaliste, Jean Lapierre assure qu'on ne l'y reprendra pas. "Amenez-moi à Louis-H. Lafontaine si j'annonce ma candidature!" lance-t-il, amusé.

Finalement, à leur grande surprise, des maires des Cantons-de-l'Est ont reçu le coup de fil de Daniel Johnson, qui se rappelait à leur bon souvenir!

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2 juin 2007 6 02 /06 /juin /2007 16:54
Le désarroi des militants PS du Nord qui aspirent à une "refondation" idéologique
LE MONDE | 02.06.07 | 13h56  •  Mis à jour le 02.06.07 | 13h56
Lille et Dunkerke, envoyé spécial

ls ont en mémoire l'"engouement" suscité par la campagne de Ségolène Royal... et le goût amer de la défaite, au soir du 6 mai. Ils ressentent le besoin d'une "refondation" ou - à tout le moins - d'une "clarification" idéologique, mais redoutent l'image que donnera leur parti lorsqu'il se livrera à cet exercice. C'est peu dire que les militants socialistes, partagés entre des aspirations parfois contradictoires, ne savent plus très bien à quel saint se vouer. Dans le département du Nord, cette terre ancrée à gauche qui a accordé la majorité de ses suffrages à Nicolas Sarkozy au second tour de l'élection présidentielle, le désarroi est manifeste.

Pour le masquer, des facteurs exogènes sont mis en avant. Chacun dénonce d'emblée la responsabilité des médias, accusés d'avoir fait la part belle au candidat victorieux ; tout en reconnaissant volontiers l'efficacité électorale du candidat de l'UMP. "Le principal problème de la campagne de Ségolène Royal, c'est qu'en face il y avait Sarkozy", note Stéphane Thiery, un fonctionnaire territorial de 41 ans, adhérent du PS depuis 1985. "Ce qui est dramatique, c'est que les gens se laissent abuser", ajoute Frédéric Marchand, 42 ans, secrétaire de section à Hellemmes, dans la banlieue lilloise.

Les uns et les autres savent, toutefois, que les "qualités" de l'adversaire ne peuvent suffire à expliquer la défaite du PS. Mais se remettre en question est un exercice autrement délicat. "On a du mal à sortir du positif de nos erreurs", souligne Jocelyne Paccou, 59 ans. La proximité des élections législatives a offert un sursis, en remobilisant les troupes et en reportant à plus tard l'inéluctable examen de conscience.

Bon gré mal gré, ces militants de Lille et de Dunkerque ont accepté d'anticiper en confrontant - et en livrant - leurs vues à ce sujet.

La désignation de la candidate a été généralement jugée trop tardive : "On y a laissé quelques plumes", note Kamal Baddou, 41 ans, responsable associatif. "Il a manqué un an", renchérit Wulfran Despicht, 33 ans, secrétaire de section à Dunkerque. Mais, là encore, le compte n'y est pas. "Si on avait été clair, on avait le temps", assure Olivier Tibier, 25 ans, attaché territorial, qui souhaite que le PS évite désormais "les synthèses qui contentent tout le monde mais ne satisfont personne".

Les batailles d'ego auxquelles se livrent les responsables nationaux du parti exaspèrent. Le choix des personnes viendra plus tard. Au demeurant, les objectifs fixés vont bien au-delà, qui témoignent de l'ampleur du malaise. "Il faut redéfinir qui on est et ce que l'on veut", soutient Vivian Ringot, 29 ans. "Le PS doit redéfinir son électorat", renchérit Zoé Carré. Cette enseignante de 60 ans redoute que son parti soit à contre-courant de l'évolution de la société. "On va vers un monde de plus en plus individualiste, alors que les valeurs socialistes sont basées sur la solidarité", constate-t-elle, s'interrogeant sur les moyens de "conjuguer tout cela". "Les idées d'égalité et de solidarité sont perçues négativement", constate aussi Cédric Pruvost, 25 ans, chargé de mission à la mairie de Lille. "Le fonds de commerce traditionnel du PS a tendance à se déliter", note Frédéric Marchand.

L'état électoral de la gauche pèse par avance sur le futur examen de conscience du PS. "Quand je vois les scores des partenaires de feu la gauche plurielle, j'ai un peu peur" (Gaetan Stirbois, 32 ans). "Les réserves de voix s'amenuisent" (Frédéric Marchand). Reste l'hypothèse d'alliances au centre, que les militants ne rejettent pas, à condition que leur parti les négocie en position de force, sur des bases idéologiques claires et fixées par avance.

La social-démocratie, qu'aucun de ces militants ne cite spontanément, suscite encore des réticences inavouées. Interrogés à ce sujet, ils font mine de relativiser la portée de l'expression. "Un argument marketing en interne", note Frédéric Marchand. "N'est-on pas sociaux-démocrates depuis le tournant de la rigueur, au début des années 1980 ?", s'interroge Stéphane Thiery. Vingt-cinq ans plus tard, l'appellation a pourtant toujours du mal à passer. "Les socialistes font comme s'il fallait encore discuter de la mondialisation. Ce n'est plus le moment de ne pas en vouloir, parce qu'elle est là. Il faut vivre dans le monde actuel. Si ça continue, on va faire comme le PCF, on va fondre comme neige au soleil. Je ne comprends pas pourquoi ça fait peur", note Zoé Carré.


Jean-Baptiste de Montvalon
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2 juin 2007 6 02 /06 /juin /2007 09:32
A Gauche l’éternelle tentation centriste
Le Monde Diplomatique - Juin 2007 | 1er juin 2007

ligne

Par Grégory Rzepski et Antoine Schwartz *. La défaite de Mme Ségolène Royal lors de l’élection présidentielle française du 6 mai dernier a relancé de très vieux débats sur l’identité du Parti socialiste. Face aux attraits de M. Nicolas Sarkozy, capable de séduire le Front national et d’enrôler des personnalités comme M. Bernard Kouchner, les dirigeants de gauche semblent singulièrement désorientés. Certains d’entre eux recommandent une adhésion plus ostensible à l’économie de marché et une alliance avec le centre. L’idée n’est pas vraiment inédite...

« Un printemps français. » Au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle, la quasi-totalité des éditorialistes a célébré, à la manière de Jacques Attali dans L’Express, une bipolarisation de la vie politique française autour de deux formations « modérées ». Laquelle ferait, enfin, de la France une « démocratie moderne » [1]. La nomenklatura médiatique s’est en particulier réjouie des mauvais résultats des candidats situés à la gauche du Parti socialiste (PS). Selon Bernard‑Henri Lévy, dans son « Blocnotes », la marginalisation du courant antilibéral a permis de « casser la gauche pour vaincre la droite », de « briser l’homonymie qui donne le même nom ‑ la "gauche" ‑ aux héritiers de Lénine et de Jaurès » [2].

 

La défaite de Mme Ségolène Royal au second tour de l’élection a ensuite conduit ces même faiseurs d’opinion à déplorer l’« immobilité doctrinale » du PS et sa « négligence à l’égard du centre. » D’après Jacques Julliard, directeur adjoint du Nouvel Observateur, la candidate aurait perdu « parce que la gauche est trop à gauche pour s’élargir vers le centre, seul lieu où elle pourrait gagner des renforts ».

Même tenu par un ancien historien comme Julliard, le discours de la « modernisation » et de l’élargissement du PS est avant tout... idéologique. Négligeant l’importance du « vote utile » dans le résultat de Mme Royal au premier tour, cette thèse avance qu’il n’y aurait plus de « renforts » à la gauche du PS. Mais surtout, bien qu’elle se prétende innovante, son analyse rejoue une rengaine très ancienne. Dans l’histoire socialiste, la question de l’« ouverture » s’est en effet posée à maintes reprises. Or les précédents se sont souvent révélés coûteux, à la fois politiquement et électoralement.

 

Condamnés à vivre ensemble.

 

Entre mai 1947, date de la révocation des ministres communistes par le président du conseil socialiste Paul Ramadier, et le retour au pouvoir du général de Gaulle onze ans plus tard, la « troisième force » gouverne le pays. Il s’agit d’une coalition de socialistes et de centristes qu’on prétend alors « condamnés à vivre ensemble » face aux assauts des gaullistes et des communistes. Le gouvernement déclenche la guerre d’Indochine et celle d’Algérie. Il réprime aussi, parfois férocement, nombre de grèves, dont celle des mineurs en 1947‑1948. Au moment de mourir, en 1958, ce régime ne compte guère de défenseurs, y compris chez les socialistes.

 

Anticipant l’élection en 1965 du président de la République au suffrage universel, des journalistes « modernisateurs » de L’Express (Jean‑Jacques Servan‑Schreiber, Françoise Giroud) et des technocrates du Club Jean‑Moulin tentent, à partir de septembre 1963, d’imposer à la Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO, le parti socialiste de l’époque) la candidature de Gaston Defferre, maire de Marseille grâce à une coalition municipale socialo‑centriste. Ils espèrent ainsi ressusciter un rassemblement de « troisième force » susceptible d’endiguer la tentation montante d’une alliance entre la SFIO et le Parti communiste français (PCF). Le projet échoue. Profitant du vide ainsi créé, François Mitterrand devient le candidat de la gauche unie dès le premier tour de l’élection présidentielle de décembre 1965. Il obtient alors 32,24 % des suffrages, contre 42,72 % au général de Gaulle, lequel est réélu.

 

En 1 969, le maire de Marseille se présente à l’élection présidentielle suivante, avec le soutien de Pierre Mendès France, dont il a promis de faire son premier ministre en cas de victoire. La modernisation idéologique et la « rigueur » financière sont une nouvelle fois à l’ordre du jour : « On les voit tous les deux, raconte un observateur, assis derrière une table comme deux instituteurs assénant des leçons d’économie à grand renfort de statistiques [3]. » Le score obtenu (5,08 % des voix) paraît d’autant plus humiliant que le candidat communiste, Jacques Duclos, 73 ans, plein de faconde, prosoviétique et médiocrement soucieux de gestion orthodoxe, réunit, lui, 21,52 % des suffrages. Créé en 1969, dans le sillage de la déroute de Defferre, le PS fait le choix de l’union de la gauche au congrès d’Epinay en 1971. Cette stratégie le conduit, dix ans plus tard, à la victoire le 10 mai 1981. Et Defferre devient ministre de l’intérieur...

La question des alliances se pose de nouveau à partir de 1984, quand les communistes quittent le gouvernement. Le PS, qui détient la majorité des sièges à l’Assemblée nationale entre 1981 et 1986, est devenu hégémonique à gauche. Mais, l’année précédente, le « tournant de la rigueur » a eu lieu, rapprochant, sur le fond, socialistes et centristes. En juin 1984, l’éditorialiste de centre droit Alain Duhamel peut féliciter le chef de l’Etat du chemin parcouru : « De 1981 à 1984, François Mitterrand a effectué un impeccable quart de tour à droite idéologique [4]. »

 

Quelques semaine plus tôt, le sociologue Alain Touraine, intellectuel marquant de la « deuxième gauche » [5],faisait lui aussi part de sa satisfaction : « Le mérite de notre gouvernement sera de nous avoir débarrassés de l’idéologie socialiste. (...) Ce n’est pas l’alliance socialo‑communiste qui transformera la France, c’est l’alliance de la gauche modernisatrice et soucieuse de justice sociale avec le courant libéral innovateur et ouvert sur la concurrence internationale [6]. » Jugement avisé ? Le 17 juin 1984, à l’occasion des élections européennes, le PS n’obtient que 20,75 % des voix ; son partenaire communiste à peine plus de la moitié (11,20 %). En revanche, la droite triomphe avec 43,02 %, et le Front national, inexistant trois ans plus tôt, accède sans coup férir au rang de formation importante (10,95 %).

 

En mai 1988, au terme de deux années de cohabitation tendue avec un gouvernement de droite dont il exploite les outrances libérales et autoritaires, Mitterrand est réélu à l’Elysée. M. Michel Rocard, qui devient son premier ministre, nomme dans son équipe d’« ouverture » ‑ c’est le terme alors consacré ‑ M. Bernard Kouchner, populaire dans les sondages mais incapable de se faire élire député quel que soit l’endroit où on le parachute, ainsi que plusieurs personnalités de centre droit (MM. Jean‑Pierre Soisson, Olivier Stirn, Michel Durafour) qui avaient participé, sous le septennat de M. Valéry Giscard d’Estaing (1974-1981), aux gouvernements dirigés par MM. Jacques Chirac et Raymond Barre.

 

Dans ses Mémoires, M. Pierre Mauroy, premier secrétaire du PS en 1988, est revenu sur ce moment politique « Pour un peu, la victoire du 8 mai [1988] n’aurait signalé que le renoncement des socialistes à leurs propres valeurs. (...) Le PCF voyait dans l’ouverture la résurgence de la "troisième force" dont il dénonçait la tentation depuis tant d’années. Il m’était très difficile de lui donner entièrement tort tant les conditions de cette ouverture restaient floues et, à bien des égards, inexplicables [7]. » A Matignon, M. Rocard mène une politique contestée dans son propre camp. En septembre 1989, le ministre de l’équipement et des transports, M. Michel Delebarre, estime, par exemple, que les socialistes auraient tort de gouverner « pour se faire attribuer dans quelques mois, ou dans quelques années, une médaille de bonne gestion sur les critères de la droite [8] ».

Renvoyé de Matignon en 1991, M. Rocard recommande, le 17 février 1993, un « big bang politique » à l’occasion d’un discours prononcé à Montlouis‑sur-Loire. L’ancien premier ministre invite ses camarades à abandonner un « discours monolithique », leurs « rites » de « société close », une « conception du monde tout entière basée sur des rapports de production, sur des rapports de classe ». Débordant de ce diagnostic sévère, il préconise un « vaste mouvement, ouvert et moderne » s’étendant « à tout ce que l’écologie compte de réformateurs, tout ce que le centrisme compte de fidèles à une tradition sociale, tout ce que le communisme compte de véritables rénovateurs, et à tout ce que les droits de l’homme comptent aujourd’hui de militants actifs et généreux ».

 

L’ensemble débouche sur un vibrant appel : « voter pour nos candidats le 21 mars 1993, ce ne sera plus voter pour le PS d’hier, ce sera donner sa chance à la renaissance de demain. » Quelques mois plus tard, bien que M. Rocard ait perdu son siège de député, comme les quatre cinquièmes des parlementaires de son parti, il devient premier secrétaire du PS. Il conduit à ce titre la liste de celui‑ci aux élections européennes de juin 1994. Son score (14,54 %) fut le plus mauvais jamais réalisé par les socialistes à un tel scrutin.

 

La modernisation de la gauche sous forme d’« ouverture » ou d’oeillades au centre n’est donc pas, on le voit, une idée tout à fait neuve... Et ses résultats ne furent pas non plus toujours probants. Pourtant, les médias et nombre d’intellectuels (médiatisés) n’ont cessé d’exiger du PS qu’à l’instar de la socialdémocratie allemande, en 1959, lors de son congrès de Bad Godesberg, il opère lui aussi son aggiornamento.

 

Il y a dix‑sept ans déjà, M. Henri Emmanuelli, l’un des dirigeants de l’aile gauche du PS, répliquait avec agacement à cette sommation monotone : « Nous avons fait notre Bad Godesberg. Nous l’avons fait le 23 mars 1983 à 11 heures du matin. Le jour où nous avons décidé d’ouvrir les frontières et de ne pas sortir du SME [système monétaire européen], nous avons choisi une économie de marché [9]. »

 

Soit, objecte‑t‑on alors : le problème ne tient pas tant aux politiques conduites par le PS depuis 1983 ‑ dont il semble en effet difficile de contester le caractère modéré, voire néolibéral ‑ qu’à un discours « radical » qui persisterait en dépit de la réalité et de ses « contraintes ». Mais, depuis son congrès de l’arche de la Défense, en décembre 1991, le PS a formellement abjuré son ambition révolutionnaire d’autrefois et, du même pas,théorisé son ralliement à l’économie de marché : « Nous avons changé. (...) Oui, nous pensons que l’économie de marché constitue le moyen de production et d’échange le plus efficace. Non, nous ne croyons plus à une rupture avec le capitalisme. (...) Nous sommes conscients que le capitalisme borne notre horizon, pour la décennie à venir et sans doute pour bien longtemps encore. Mais nous sommes également décidés à en corriger les excès », expliquait M. Mauroy, alors premier secrétaire du PS, dans sa préface au nouveau manifeste de son parti [10].

Ainsi, même dans les textes, le PS affiche une identité doctrinale réformiste depuis au moins quinze ans. Il faut dorénavant avoir bonne mémoire pour se souvenir de « changer la vie », la formule empruntée au poète Arthur Rimbaud qui résumait le projet socialiste de 1971. Et pour retrouver un PS qui évoquait l’« idée toujours neuve d’une société sans classes » et rendait hommage à ses militants, « armée de volontaires mobilisés contre la fatalité de l’histoire et qui avancent, la tête pleine des révolutions qui ,font pencher le monde du côté de la liberté [11] ».

 

Au demeurant, loin d’avoir été seulement victime d’une révolution conservatrice, le PS s’en est fait l’instrument. « Les glorieuses années 1980, rappelle par exemple l’économiste Frédéric Lordon, ont été celles de la grande conversion économique. 1983 : le tournant de la rigueur et sa parenthèse jamais refermée ; 1984 : la nouvelle vocation des entreprises nationalisées , c’est de faire du profit comme les autres ‑ c’est‑à‑dire de finir privatisées ; 1986 : l’Acte unique ‑ l’Europe sera un grand marché ou ne sera rien ; quant aux Etats, ils se soumettront au droit européen de la concurrence libre et non distordue ; 1986 encore : la déréglementation financière ‑ c’est la Bourse, donc c’est moderne et vivifiant. » Les années 1990 ont prolongé un tel bilan, « de la monnaie unique façon Delors à l’actionnariat salarié façon Fabius, en passant par les privatisations Jospin et les stock‑options Strauss‑Kahn [12] ».

 

Parfois, cette orientation a rencontré des résistances. Quand, par exemple, une brochette d’intellectuels et d’essayistes déjà partisans d’une orientation « réaliste » ‑ voire libérale (Pierre Rosanvallon, Alain Minc, Alain Touraine, Jacques Julliard, Laurent Joffrin) se retrouvèrent, en novembre-décembre 1995, pour célébrer le plan Juppé et fustiger les grévistes [13]. Plutôt qu’un défaut de « pédagogie » de la part de ces penseurs et publicistes à qui les dirigeants du PS ont toujours fait les yeux de Chimène, M. Rocard a préféré incriminer les mauvaises dispositions des élèves qu’ils s’efforçaient d’instruire : « Notre projet historique est de promouvoir la libre entreprise. Mais ce n’est pas facile, parce que nous devons faire ça avec un peuple qui n’a pas de culture économique [14]. »

 

Longtemps, la gauche a eu des principes forts ; on lui propose de les troquer pour des valeurs floues. Au risque de déporter son imaginaire vers le centre... voire au‑delà. Lors de la dernière campagne présidentielle, Mme Royal a promis de « réhabiliter la valeur travail », de faire des Français un « peuple d’entrepreneurs », de réfléchir à des « fonds de pension collectifs » destinés à financer les retraites, elle a fustigé l’« assistanat » et l’« idéologie punitive du profit ». Un tel esprit d’« ouverture » aurait dû séduire les commentateurs. Mais, pour qui prescrit les limites du « politiquement pensable », ce genre de bonne volonté ne va jamais assez loin. Comme si le dessein inavoué était de profiter de chacun des revers de la gauche pour la défaire un peu plus ‑ son unité, ses utopies, ses ambitions.

[1] Cf. Henri Maler et Grégory Rzepski, « Le sacre du printemps ou le banquet des éditorialistes »

[2] Le Point, Paris, 26 avril 2007.

[3] François Stasse, cité par Eric Roussel, Pierre Mendès France, Gallimard, Paris, 2007, p. 500.

[4] Le Monde, 12 juin 1984.

[5] Lors du congrès de Nantes du PS (juin 1977), M. Michel Rocard a estimé que la gauche française avait été, à travers l’histoire, constitutée de « deux cultures » : l’une « jacobine, centralisatrice, étatique, nationaliste et protectionniste » ; l’autre, la sienne, la « deuxième gauche », « régionaliste, décentralisatrice, méfiante devant les réglementations et soucieuse d’expérimentations ».

[6] Le Nouvel Observateur Paris, 11 mai 1984.

[7] Pierre Mauroy, Mémoires, Plon, Paris, p.339‑340

[8] Le Monde, 3 septembre 1989.

[9] Emission « Objections », France Inter, 9 février 1990. Cité dans Serge Halimi Quand Ia gauche essayait, Arléa, Paris, 2000, p. 364.

[10] Un nouvel horizon, Projet socialiste pour la France, Gallimard, Paris, Paris, 1992, p. 11.

[11] Parti socialiste, Projet socialiste : pour la France des années 80, Club socialiste du livre, Paris, 1980, p. 9.

[12] Frédéric Lordon, « La compulsion de répétition », Oulala.net, 5 mai 2007.

[13] Lire Philippe Videlier, « Des intellectuel, sonnants et trébuchants », Le Monde diplomatique janvier 1996.

[14] Newsweek, New York, 16 juin 1997.


- Logo : Philippe Berry "L’équilibre des éléphants" (1999).
- * Respectivement coanimateur d’Action-Critique-Médias (ACRIMED et chercheur en sciences sociales.

A voir aussi : Le Monde Diplomatique
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2 juin 2007 6 02 /06 /juin /2007 08:58
Bambi, elle est noire mais elle est belle…
Bambi01.jpg
de et par Maimouna Gueye
en ce moment à Gonesse - Contact direction de l'action culturelle : 01 39 87 70 46


Contact diffusion tournée 2006-2007/2007-2008 :
Scène 2 / Séverine Liebaut 01 40 53 92 41 ou 06 15 01 14 75 – scene2@acteun.com

Coproduction Scène 2 - Le TARMAC de la Villette
Cette œuvre a bénéficié de l’aide à la production et à la diffusion du fonds SACD

« C’est le cadeau que mon fils nous a rapporté d’Afrique. Elle est noire mais elle est belle »... ainsi parle Marie-France Séguin, la belle-mère française de Bambi.

Bambi la Sénégalaise a quitté l’Afrique pour suivre Antoine et, de maladresses en malveillances, d’humiliations en déconvenues amoureuses, découvre, sous le regard de l’autre, la douleur de la solitude et de l’exil.

Bambi raconte comment elle doit faire face, avec bonne figure, à la commisération, la bêtise et les insultes, à peine dissimulées derrière une compassion mal pensante. Comment la Belle doit remiser ses rêves et ses attentes lorsque le Prince n’a plus de manières et que ses charmes ont perdu leurs attraits...

Bambi se réfugie alors au creux de sa mémoire, revient aux premières douleurs, aux souvenirs de l’enfance, au père disparu, aux vexations perverses de l’instituteur, au viol.

Bambi, fragile de naissance, mais forte d’expérience, cherche alors avec des mots et des cris, crus et drus, à vaincre la douleur, assumer la rupture et partir sur les traces, les amours et les plaisirs d’un destin qu’elle pourra enfin choisir.

Bambi, pour raconter les mirages du rêve d’ailleurs et les revers brutaux de la rencontre avec une société désenchantée.

Maïmouna Gueye, seule en scène, poursuit l’intimité de sa quête, se jouant des pièges de l’intégration, pour parvenir à l’évidence : « me voici aujourd’hui, simplement moi. Je suis. »

Bernard Magnier

Maïmouna Gueye
COMÈDIENNE ET AUTEUR

BAMBIPhotoEric-Legrand-19.jpg«  Bambi, elle est noire mais elle est belle, c’est tout d’abord un rendez vous donné au public lors de mon premier spectacle, Les souvenirs de la dame en noire afin de leur raconter une suite, une prochaine fois ; mais plus personnellement c’est aussi l’occasion de répondre à un besoin d’universalité, étant donné que le premier spectacle parlait plus de l’Afrique (excision, mariage arrangé etc…).

Ici, en abordant la question de l’intégration, le passage d’une culture à une autre, je souhaite élargir mon propos, rendre compte d’une aventure humaine qui nous concerne tous.

Le théâtre est sûrement l’endroit approprié pour poser les questions de l’intégration, de l’amour et de la différence. J’espère que la comédienne que je suis s’effacera pour mieux servir l’auteur que j’ai été, afin de rendre au texte sa résonance universelle. »

Comédienne née au Sénégal, formée au conservatoire d’art dramatique d’Avignon, elle crée son premier spectacle en temps qu’auteur et interprète avec « Les souvenirs de la dame en  noir » au T.I.L.F de la Villette, puis tournée en  France et Belgique.
« Un rendez-vous incontournable, qui résonne avec la force de conviction du témoignage. »  Libération.  « C’est émouvant, hardi, tantôt drôle et terriblement acide. Chapeau ! » Le Journal du Dimanche. « Une voix de femme tendre et féroce. » L’Express. « Maïmouna Gueye prend une parole brûlante, contemporaine et féminine, à l’occasion de sa première pièce. » Politis.  
Elle jouera également dans Les monologues du vagin d’Isabelle Rattier, Hecatombeon de Mateï Visniec, Les Baigneuses de Daniel Lemahieu et au cinéma : Touristes Ho Yes de Jean Pierre Mocky (rôle principal féminin) et Gomez et tavares de Gilles Paquet-Brenner.


Parc de la Villette
211 avenue Jean Jaurès – 75019 Paris
Réservations : 01 40 03 93 95
Administration : 01 40 03 93 90
Fax : 01 42 39 14 77
www.letarmac.fr
contact@letarmac.fr

Scène 2
Adresse postale : 8 avenue Gourgaud - Paris 75017
Siège social : 71, bd Gouvion St-Cyr - 75017 Paris
SARL    -   RCS Paris B 479 766 941
N° TVA intracom. : FR91479766941
Licence n° 7500864
Mobile :          0033 6 15 01 14 75
Tél./fax :         0033 1 40 53 92 41
Mail :            scene2@acteun.com
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1 juin 2007 5 01 /06 /juin /2007 11:16
sebaoundsk.jpg
Faut voter Sébaoun quoi !
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31 mai 2007 4 31 /05 /mai /2007 09:26
Point presse du PS par Benoît Hamon
WebTV du PS, mercredi 30 mai 2007 | 30 mai 2007

Le député européen est revenu lors du point presse quotidien de campagne sur l'annonce par Nicolas Sarkozy d'une déduction fiscale pour les emprunts immobiliers en cours en vue de l'achat d'une résidence principale, lors de son discours au Havre, le 29 mai : "une nouvelle démonstration de la politique inégalitaire du gouvernement". Benoît Hamon a, par ailleurs, commenté la situation de Lagardère, actionnaire du groupe EADS, soupçonné de délit d'initié.
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30 mai 2007 3 30 /05 /mai /2007 10:46
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29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 14:22
Pour une fois je suis d'accord avec lui, en espérant qu'il ne se produise plus dans des émissions de saltimbanques où le manque de sérieux et surtout la démagogie l'emportent sur le divertissement et la responsabilité.
FRED
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