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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis alternativement à Bezons dans le Val-d'Oise et à Massy dans l'Essonne. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. Je suis membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, en charge du pôle "Idées, formation, riposte".
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Gauche Républicaine & Socialiste

1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 14:08

Du grain à moudre
par Julie Clarini et Brice Couturier
du lundi au vendredi de 17h à 17h55
  Du grain à moudre


  de Brice Couturier

Ecoutez



 
  émission du mercredi 27 février 2008
Les totalitarismes du XX° siècle : la faute à Dieu ou à son oubli ?
 

 
Le président de la république ne dit pas que des gros mots. Il lui arrive aussi de mettre en débat des idées fondamentales. Hélas, ce ne sont pas ces dernières qui font l’objet des discussions les plus nombreuses dans les média. Je vous propose donc d’oublier un instant l’exégèse du désormais célèbre « mot de Sarkozy », « casse-toi, pauvre con ! », pour mettre en débat la thèse qu’il a avancée, lors du dîner du CRIF, à propos du rôle des religions face aux grands crimes de masse du XX° siècle.
« Si les religions sont impuissantes à préserver les hommes de la haine et de la barbarie, le monde sans Dieu, que le nazisme et le communisme ont cherché à bâtir, ne s’est pas révélé tellement préférable. […] Le drame du XX° siècle n’est pas né d’un excès de Dieu, mais de sa redoutable absence. »
Voilà un jugement qui méritait mieux que le procès rituel en bigoterie. Mais il est vrai qu’il a du mal à trouver sa place entre les Guignols de l’Info, les pages peoples des quotidiens gratuits et la Star Ac.
Et pourtant. Beaucoup d’essayistes ont développé l’idée selon laquelle l’expulsion du religieux à la fin du XIX° siècle aurait, en effet, produit un appel d’air, où se seraient engouffrées des religions de substitution, des religions politiques.
Ainsi George Steiner, dans « Nostalgie de l’absolu », explique que l’écroulement du christianisme qui, durant des siècles, en Europe, avait structuré l’imaginaire collectif, a laissé derrière lui, « un vide immense ». D’où l’apparition de toute sorte de « credos de substitution », modelés sur la vieille croyance. Ainsi, le marxisme aurait transposé le paradigme chrétien du Péché originel et de la Rédemption, dans les deux mythes modernes de l’apparition de la propriété privée et de la Révolution communiste, la figure du prolétariat prenant la place du Sauveur. C’est la thèse de la rechute.
Mais il en est une autre, défendue par Eric Voegelin ou par Camus dans « l’homme révolté », selon laquelle la sécularisation est responsable d’une forme de nihilisme inhérente à notre modernité elle-même.
L’homme du Moyen Age, écrit Voegelin, reconnaissait l’existence d’une pluralité d’autorités, susceptibles de se limiter mutuellement. Les « religions intramondaines » modernes élisent, au contraire, un élément du monde et « l’élèvent à la place de Dieu où ils lui cachent tout le reste ». Cela a pu être la Nation, l’Etat, la Science, la race ou la classe. Et pour nous, quoi ?
Le croyant des anciennes religions disposait d’une loi, extérieure et supérieure au monde, qui lui permettait de prendre ses distances envers les choses d’ici-bas, d’en prendre et d’en laisser. L’homme de la modernité ne dispose pas d’un tel recours.
Par ailleurs, le nihilisme contemporain a entraîné une réduction de l’homme à l’Histoire et une relativisation de la notion de vrai. Il est tentant de déduire de la mort de Dieu et du retrait de la transcendance que l’Histoire est désormais le Juge suprême, la Raison même en devenir. Et que l’illumination finale justifie les crimes et les mensonges commis au nom du But sublime.
La religion de l’Histoire a cessé de faire recette, mais elle peut toujours revenir. Quant au nihilisme, suggérer qu’il pourrait bien inspirer à la fois les grands despotes totalitaires du XX° siècle et nos émissions de télé les plus bêtes et les plus vulgaires, justifie que leurs animateurs ne se précipitent pas pour ouvrir le débat…
 

 
Pierre Bouretz.  Philosophe
Directeur d'études à l'EHESS
Membre du Centre d'Etudes Interdisciplinaires des Faits religieux

 
Gilbert Merlio.  Germaniste
Professeur Emérite à la Sorbonne-Paris IV. Président du Conseil scientifique de l'Institut Hannah Arendt de Dresde pour l'étude des totalitarismes

 
Tzvetan Todorov.  Philosophe
Historien des idées
Directeur de recherches honoraire au CNRS


 
 

 
 

 
Hannah Arendt
Les origines du totalitarisme & Eichmann à Jérusalem
Quarto Gallimard - 2 mai 2002


Edition établie sous la direction de Pierre Bouretz.

Cet ouvrage qui se compose de trois parties - L'Antisémitisme, L'Impérialisme et Le Totalitarisme - composé à l'origine en un seul volume, a fait l'objet en France d'une publication en trois volumes séparés, chez trois éditeurs différents, avec intervention de cinq traducteurs différents. Une révision générale s'imposait donc, afin de rétablir la cohérence de l'œuvre. Elle a été effectuée à partir de la dernière édition en langue anglaise revue et corrigée par Hannah Arendt. Ce volume rassemble Les Origines du totalitarisme et Eichmann à Jérusalem. Chaque œuvre est suivie et complétée par un dossier (textes complémentaires, correspondance, dossier critique). Les notes et la bibliographie ont également été entièrement revues et mises à jour. L'ouvrage est complété en particulier par un "Vie et oeuvre" très illustré et un index des noms propres. A noter : la parution, chez Gallimard également, de Lettres de 1925 à 1975, la correspondance entre Hannah Arendt et Martin Heidegger.

 

 
Pierre Bouretz
Qu'appelle-t-on philosopher ?
Gallimard - mars 2006
 

La philosophie se pose souvent à elle-même la question de sa définition. Mais nous ne savons rien, ou presque, de ses manières de faire au jour le jour. Les philosophes aiment en effet à cacher les pistes, tenir secrètes les hésitations et gommer les ratures. Et nous sommes moins curieux des documents de leur travail que de ceux des écrivains, considérant que journaux, brouillons ou correspondances sont déjà de la littérature, pas encore de la philosophie.

Il est bien sûr quelques exceptions, tels les fragments posthumes de Nietzsche, le dossier du Livre des passages de Walter Benjamin, les carnets de Wittgenstein. Mais c'est peu pour tenter de relier le visible et l'invisible, les idées et les intuitions.

Récemment publié, le Journal de pensée d'Hannah Arendt offre de quoi surprendre quiconque est familier de son oeuvre comme le lecteur en quête d'une réponse à la question : qu'appelle-t-on philosopher ? Il illustre admirablement une pratique, un style, un ethos de la pensée.

Arendt est demeurée rétive aux programmes de la philosophie, préférant s'adonner à ce qu'elle nommait «pensée libre». Ses exercices quotidiens doivent beaucoup à la fréquentation des livres classiques, qu'elle cite et commente «pour avoir des témoins, également des amis». Nous y voyons des idées qui surgissent d'un mot noté au hasard des lectures, se déploient en ligne droite ou bifurquent, s'agencent en tables de catégories, trouvent enfin la forme d'un article ou d'un livre. Mais nous y découvrons aussi des chemins qui ne mènent nulle part et les raisons de quelques échecs.

Séjournant dans l'antichambre des livres, serons-nous tentés, pour finir, de donner raison à Kant et dire à sa suite que «le philosophe n'est qu'une idée» ?

 

 
Tzvetan Todorov
L'esprit des Lumières
Robert Laffont - Février 2006
 

Les Lumières appartiennent au passé, puisqu'il a existé un siècle des Lumières ; pourtant, elles ne ne peuvent pas "passer", car elles en sont venues à désigner non plus une doctrine historiquement située, mais une attitude à l'égard du monde. Identifier ses grandes lignes sans détacher le regard de notre époque, pratiquer un va-et-vient constant entre passé et présent, tel est l'objectif de ce petit livre, rédigé par l'un des commissaires de l'exposition. Parmi les thèmes abordés : autonomie des individus et souveraineté des peuples, laïcité et recherche de vérité, universalité et rôle de l'Europe.

 

 
Gilbert Merlio
Les résistances allemandes à Hitler
Tallandier - 2003
 

La première résistance à Hitler est allemande. Elle prend des formes et des moyens divers dans toutes les couches de la société et tout au long de l'histoire du IIIe Reich. La résistance ouvrière poursuit son opposition contre le nazisme engagée sous Weimar, en dépit d'une désunion qui scellera son échec. Devenues illégales, ses organisations sont laminées et apporteront, dans l'exil, leur soutien à des groupes clandestins restés en Allemagne. La résistance religieuse tarde à se manifester, et la responsabilité de la hiérarchie demeure une question épineuse. Toutefois, l'Église (catholique et protestante) sera jusqu'à la fin du Reich un pôle actif de résistance. La résistance des élites traditionnelles, civiles et militaires, encore plus tardive (si l'on excepte le Cercle de Kreisau), fut considérée comme une «révolte de la conscience» de la part d'hommes qui avaient d'abord choisi de collaborer avec le régime. Le point d'orgue en demeure l'attentat manqué contre Hitler le 20 juillet 1944.

La guerre accentuera le malaise des opposants de l'armée suscité par la fâcheuse impression de trahir la patrie. Elle créera également de nouvelles formes de résistance : résistance de la jeunesse (le groupe Rose blanche), renaissance d'une opposition de gauche (l'Orchestre rouge), collaboration avec les travailleurs étrangers dans les usines, résistance de déportés, résistance juive, etc.

Cet ouvrage, qui s'inscrit dans une nouvelle approche de l'Allemagne nazie, raconte et analyse une page peu connue de l'histoire du IIIe Reich et démonte les mécanismes, notamment culturels et politiques, qui conduisirent des hommes et des femmes à payer parfois de leur vie leur refus de la barbarie.


 

 
Pierre Bouretz
Témoins du futur : philosophie et messianisme
Gallimard - 2003
 

Guerres d'ampleur inconnue, rêves d'émancipation brisés, extermination: le XXe siècle a été le cimetière du futur.

Il y a des témoins: de Hermann Cohen à Emmanuel Lévinas, d'Ernst Bloch à Leo Strauss, de Franz Rosenzweig à Gershom Scholem, de Walter Benjamin et Martin Buber à Hans Jonas, ils sont allemands d'origine ou de culture, juifs et philosophes. Leur formation, leurs préoccupations et leur orientation parfois s'opposent mais souvent se croisent: entre l'engagement sioniste et des formes hétérodoxes de marxisme, dans la redécouverte de traditions cachées de l'histoire juive, au carrefour de l'éthique et de la métaphysique. Ils ont en commun d'avoir contribué à introduire dans la philosophie une dimension messianique inédite.

La raison en est que, à un moment donné de leur critique du monde comme il va, l'expérience historique s'est dressée comme un obstacle qu'il fallait se résigner à accepter ou tenter de surmonter pour dégager un nouvel horizon, tourné vers le futur, ouvert à l'utopie, en un mot messianique.

Les plus grands de leurs prédécesseurs avaient annoncé le désenchantement du monde et proposé d'en payer le prix: leurs oeuvres portent la trace d'une morsure du nihilisme. Eux se sont risqués à la résistance et au sauvetage des promesses du monde: c'est la lumière messianique qui éclaire leur oeuvre.

Thèses de Walter Benjamin sur l'histoire, principe de responsabilité envers les générations futures chez Hans Jonas, redéfinition par Emmanuel Lévinas des formes de l'éthique, voici quelques-unes des problématiques qui irriguent désormais la philosophie.

Comment comprendre le paradoxe de ces pensées dont l'écho est d'autant plus universel qu'elles se sont faites d'abord plus juives?

 

 
Tzvetan Todorov
Mémoire du mal, tentation du bien : enquête sur le siècle
Livre de Poche - 2002
 

Todorov juge avec acuité le nazisme et le communisme. Il dénonce cette tentation du bien, responsable de la bombe d'Hiroshima et de la guerre du Kosovo. Il jalonne sa réflexion de portraits d'hommes et de femmes ayant souffert dans leur chair et qui ont résisté au mal sans se prendre pour une incarnation du bien. (Note de l'éditeur)

 

 
dirigé par Paolo D'Irio, Gilbert Merlio
Nietzsche et l'Europe
Maison des sciences de l'homme - 2005
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1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 13:58

Les vendredis de la philosophie
par François Noudelmann
le vendredi de 10h à 11h
  Vendredis de la philosophie (les)


Ecoutez

Podcast
    émission du vendredi 29 février 2008
Archives - L'apparition de l'idée de civilisation
 
  par Marc-Hubert Floriot
Mixage : Jean-Michel Cauquy
Réalisation : Bruno Sourcis

1. Extrait d'un débat entre Louis Althusser, Jean Cazeneuve, Michel Foucault et Georges Gusdorf ("Analyse spectrale de l'Occident", par Pierre Sipriot, 11 novembre 1961) ;

2. Rencontre entre Raymond Aron et Michel Foucault, diffusée la première fois le 8 mai 1967 ("Les idées et l'Histoire").

A la surprise générale, le terme de "civilisation" semble devoir obéir désormais à l'emploi idéologique par l'Etat d'un concept développé naguère par Edgar Morin et Sami Naïr, dans «Pour une politique de civilisation» (Ed. Arléa, 1996).

Il n'y a pas de rapport de pouvoir, selon Foucault, qui ne se donne nécessairement dans l’histoire et inversement.

Le débat : Michel Foucault venait de soutenir sa thèse en Sorbonne (avril 1961) et de publier son «Histoire de la folie».

L' «Introduction à l’Anthropologie du point de vue pragmatique d’Emmanuel Kant» - thèse qui annonçait «Les mots et les choses», vient d'être publiée pour la première fois en version intégrale (Librairie Vrin, Paris, 2008).

En 1966, Raymond Aron et Michel Foucault publiaient simultanément chez Gallimard «Les étapes de la pensée sociologique» et «Les mots et les choses». Interview en règle de Michel Foucault par Raymond Aron, sur son historicisme kantien et son nietzschéisme.

1961, 1966, 2008 : à la lumière de ces trois moments de la généalogie philosophique de Foucault (de Kant à Nietzsche, en passant par les Encyclopédistes, les Idéologues et Sade), comment l'idée de civilisation peut-elle encore relever d' «une critique de la finitude qui serait libératrice, aussi bien par rapport à l’homme que par rapport à l’infini ? [Une critique de la finitude] qui montrerait que la finitude n’est pas terme, mais cette courbure et ce nœud du temps où la fin est commencement ?»
 
     
 
 
 
 

 
Edgar Morin
Pour une politique de civilisation
Arléa, Paris - Collection Arléa-poche, n° 76 - 16 mai 2002
 

Pour conjurer la crise actuelle que traverse la société, E. Morin propose de rétablir l'être humain comme moyen, fin, objet et sujet de la politique, et d'insuffler l'espoir, non en tant que résurrection de la grande promesse, mais en tant que résurrection d'une possibilité, pour qu'il porte l'élan salvateur.
 
 
 

 
Emmanuel Kant et Michel Foucault
Anthropologie du point de vue pragmatique
Vrin, Paris. Collection Bibliothèque des textes philosophiques - 15 janvier 2008
 

« Les rapports de la pensée critique et de la réflexion anthropologique seront étudiés dans un ouvrage ultérieur ». C'est sur cette phrase que s'achevait la brève « Notice historique » que Michel Foucault avait placé en tête de l'édition de sa traduction de l'Anthropologie de Kant (Vrin, 1964). La note annonçait sans aucun doute l'ouvrage à venir, d'abord caractérisé, dès 1963, comme « le livre sur les signes », et qui paraîtra en avril 1966 : Les mots et les choses, une archéologie des sciences humaines.

En réalité, la courte notice historique, de trois pages, en ouverture de la traduction du texte de Kant ne proposait qu'un extrait fort réduit de ce qui avait constitué l'élément principal de la Thèse complémentaire soutenue en Sorbonne le 20 mai 1961 : Introduction à l'anthropologie de Kant, et dont Jean Hyppolite était le rapporteur. Si la thèse complémentaire, intitulée Genèse et structure de l'anthropologie de Kant, était restée inédite (à l'exception de la traduction de Kant), ce n'est pas que Foucault en eût été insatisfait : suivant les conseils des membres du jury, il allait bientôt, dès l'automne 1963, en faire le matériau central de son grand livre à venir.

D'où l'intérêt considérable de la présente édition qui donne pour la première fois l'Introduction complète, Genèse et structure de l'anthropologie de Kant, et qui permet ainsi au lecteur d'entrer dans l'atelier d'un penseur dont l'oeuvre entier aura été nourri par un débat critique avec Kant : qu'est-ce que l'homme ?

traduit de l'allemand par Michel Foucault
présentation D. Defert, Fr. Ewald, F. Gros
Précédé de Introduction à l'Anthropologie
Michel Foucault

Résumé
La thèse complémentaire soutenue en Sorbonne (1961) par Foucault est ici éditée pour la première fois. La traduction de Kant par le philosophe français est parue chez Vrin en 1964.
 
 
 

 
Raymond Aron / Michel Foucault
Dialogue
Lignes Essais

Voir le site

Inédit. Deux philosophes que tout semble séparer (l'âge, l'histoire, l'engagement) dialoguent. Raymond Aron vient de faire paraître Les Étapes de la pensée sociologique. C'est sur ce livre que devait porter l'entretien ici retranscrit pour la première fois. Or, c'est au contraire autour de celui que Michel Foucault vient de publier, Les Mots et les Choses, que s'organise la conversation.

On serait tenté de donner à l'année 1966-67 le sous-titre d'"année structuraliste". Les débats autour du mot, de la méthode et des ses possibles applications font rage dans l'espace intellectuel français. C'est en 1966, surtout, qu'au "matérialisme dialectique" d'Althusser, au structuralisme anthropologique de Claude Lévi-Strauss et aux travaux psychanalytiques de Lacan, s'ajoutent les conclusions de Les Mots et les Choses, où Michel Foucault remet en question le point de vue classique des sciences humaines, tout en annonçant la mort prochaine de l'homme. L'important succès de ce livre n'éteint pas les critiques, et le jeune philosophe doit à de nombreuses reprises clarifier son projet et clarifier sa méthodologie, justifier l'emploi d'un style quelque peu "flamboyant", contre ce qu'il considère être de fausses interprétations. C'est dans cette période passionnée que Michel Foucault rencontre Raymond Aron lors d'un entretien radiodiffusé le 8 mai 1967, et intitulé "Les Idées et l'Histoire". Le sociologue, de vingt-cinq ans son ainé, vient de faire paraître dans la même collection que Les Mots et les Choses son important ouvrage: Les Étapes de la pensée sociologique. La discussion devait initialement porter sur ce dernier. Or, cette rencontre est au contraire l'occasion, pour les deux philosophes, d'aborder les questions relatives à la méthode et à la nouveauté (contestées) que propose Les Mots et les Choses. On y découvre que Raymond Aron est un lecteur passionné et passionnant, tout à la fois contradicteur et défenseur du travail de Michel Foucault. Si cette archive nous apprend peu sur l'attitude de Michel Foucault, sa dénonciation de l'existentialisme, des "marxismes mous", elle documente d'une nouvelle façon la réception problématique de Les Mots et les Choses. Dans son analyse, Jean-François Bert fait revivre les débats méthodologiques de grande qualité qui animaient la vie intellectuelle de l'époque (en citant notamment les articles critiques parus dans les revues d'alors).
 
 
 

 
Philippe Artières et Mathieu Potte-Bonneville
D'après Foucault : gestes, luttes, programmes
Les Prairies ordinaires - novembre 2007
 

Des prisonniers aux migrants, de la maladie aux formes inédites de contrôle, de la géopolitique au renouvellement des vieilles questions «que faire ?» et «d'où parlez-vous ?», de multiples raisons portent aujourd'hui à se mettre à l'écoute de Michel Foucault. Comment penser d'après lui ce qui vient après lui ? Comment se saisir de ses analyses pour renouveler la lecture du présent et les manières d'y intervenir ? User, comme il y invitait, de son oeuvre comme d'une boîte à outils suppose de briser l'image d'une doctrine sagement rangée aux côtés d'autres académismes : sous les mots trop connus du «discours», du «pouvoir», faire lever la série des gestes inventés par Foucault (une nouvelle manière de parler, d'écrire, de disparaître ou de rire), et la série des luttes auxquelles il prit part (tout en visant du coin de l'oeil d'autres luttes, actuelles, où ses travaux peuvent encore servir). Passeurs, parmi d'autres, de cette oeuvre dans un monde qui n'est plus le sien, nous voudrions prendre appui sur elle pour crayonner les programmes d'une histoire, d'une philosophie, d'une politique à venir. À quatre mains, on tâche ici de mettre le feu à la boîte pour s'inventer d'autres outils.
 
 

 
Michel Foucault
Histoire de la folie à l'âge classique
Gallimard - coll. Tel - octobre 1976


A l'âge classique. C'est, en principe, une histoire de la folie qu'on enferme, du Moyen Age au XIXe siècle ; c'est, plus profondément, à travers l'étude de cette structure qu'est l'internement, une tentative pour établir un dialogue entre folie et déraison ; c'est enfin une esquisse de ce que pourrait être "une histoire des limites - de ces gestes obscurs, nécessairement oubliés dès qu'accomplis, par lesquels une culture rejette quelque chose qui sera pour elle l'Extérieur".
 
 

 
Michel Foucault
Les Mots et les Choses : une archéologie des sciences humaines
Gallimard, Collection Tel, n° 166 - 12/09/1990


Dans la culture européenne, l'"homme" est une invention récente. Il est né d'une mutation dans notre savoir. Cette mutation est ici étudiée à partir du 17e siècle dans les trois domaines où le langage classique avait alors le privilège de pouvoir représenter l'ordre des choses : grammaire générale, analyse des richesses, histoire naturelle.
 
 

 
Raymond Aron
Les Étapes de la Pensée Sociologique
Gallimard, coll.Tel - 1987
 

Le livre est une synthèse des cours prononcés entre 1959 et 1962, et, à travers la lecture détaillée de Montesquieu, Comte, Marx, Tocqueville, Durkheim, Pareto et Weber, pose la question de savoir s'il existe en sociologie une place pour une pensée critique, entre d'un coté les doctrines globalisantes, et de l'autre les démarches empiriques.
 
 

 
Raymond Aron
Introduction à la philosophie de l'histoire : essai sur les limites de l'objectivité historique
Gallimard, Bibliothèque des sciences humaines - 1986
 

(Edition de sylvie Mesure)
Une analyse devenue classique de l'historicité, publiée pour la première fois en 1938 et qui fait ici l'objet d'une édition nouvelle, revue et annotée.
 
 
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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 16:08
Vous trouverez en cliquant sur le lien ci-dessous, les deux communiqués de presse que je me suis vu contraint d'adresser aux médias locaux, suite à la désinformation menée par la candidature apparentée communiste de Pierre Barros à la mairie de Fosses.
Communiqués
Bonne lecture
Fred
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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 10:12
Affrontement McCain-Obama sur l'Irak
AFP | 28.02.08 | 15h33  •  Mis à jour le 28.02.08 | 15h33

ObamaMcCain.jpges 2 candidats en tête pour l'instant dans les primaires américaines, le républicain John McCain et le démocrate Barack Obama, durcissent leur affrontement sur la guerre en Irak.

"Nous avons entendu M. Obama dire qu'après avoir retiré les forces américaines il se "réserverait le droit" d'agir "si Al-Qaida formait une base en Irak. M. Obama ignore-t-il qu'Al-Qaida est toujours présente en Irak, que nos militaires la combattent avec succès tous les jours, et que sa politique de retrait enhardirait Al-Qaida ?", a lancé, mercredi 27 février, le sénateur de l'Arizona John McCain.

Barack Obama lui a répondu sur un ton virulent : "J'ai des nouvelles pour (M. McCain) : il n'y avait pas d'Al-Qaida en Irak avant que George Bush et John McCain nous embarquent dans une guerre qui n'aurait jamais dû être autorisée ni livrée." "John McCain aime à dire qu'il veut poursuivre Oussama Ben Laden jusqu'aux portes de l'enfer, a poursuivi le sénateur de l'Illinois et candidat démocrate, mais jusqu'à présent tout ce qu'il a fait c'est suivre George Bush dans une guerre en Irak (...) à laquelle j'entends mettre fin pour que nous puissions réellement poursuivre Al-Qaida en Afghanistan et dans les montagnes du Pakistan."

LE SOUTIEN DE JOHN LEWIS
Barack Obama a par ailleurs obtenu, mercredi, le soutien très recherché du leader de la lutte pour les droits civiques John Lewis, qui soutenait jusqu'alors sa rivale pour l'investiture démocrate à la présidentielle, Hillary Clinton. "Quelque chose est en train de se passer en Amérique. Il y a un mouvement, un esprit, un enthousiasme dans le coeur et l'esprit des Américains que je n'avais pas vus depuis longtemps, depuis la candidature de Robert Kennedy"
en 1968, a déclaré John Lewis, parlementaire d'Atlanta (Georgie). Le basculement de M. Lewis dans le camp Obama, sous la pression des électeurs de sa circonscription qui avaient choisi le sénateur de l'Illinois lors de la primaire du 5 février, est particulièrement symbolique.

L'annonce de M. Lewis intervient le jour où l'équipe de M. Obama a annoncé avoir franchi le seuil d'un million de donateurs.
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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 14:12
Poitou-Charentes : divorce houleux entre Mme Royal et l'un de ses vice-présidents
 
LEMONDE.FR avec AFP | 26.02.08 | 13h27  •  Mis à jour le 26.02.08 | 13h27

segolenepresidentepoitoucharente.jpga présidente de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal (PS), a retiré, lundi 25 février, la délégation des finances à son premier vice-président, Jean-François Fountaine (PS), qui avait manifesté un désaccord au moment du vote du budget.

Cette décision a été annoncée au cours d'une commission permanente du conseil, qui s'est déroulée dans un climat houleux. La présidente de région a refusé la parole à son premier vice-président, rapporte France Bleue Poitou. La méthode aurait fait hurler une partie de la majorité et l'opposition. Choqué par "cette humiliation en public", Jean-François Fountaine a quitté un moment la séance, suivi par le groupe des Verts et l'ensemble de l'opposition.

Lors des débats sur le budget 2008 en décembre, M. Fountaine s'était prononcé pour une augmentation des impôts "afin de ne pas endetter la collectivité" alors que Mme Royal s'y était opposée "pour ne pas aggraver les difficultés de nos concitoyens face au pouvoir d'achat".

"DÉLIT D'OPINION"
"Je suis dans mon rôle de présidente garante de la cohérence de notre politique. Il est impératif que l'élu chargé des finances soit sur la même ligne que moi", s'est justifié Mme Royal, qui a affirmé ne pas souhaiter "augmenter les impôts pour 2009". Pour Jean-François Fountaine, "il s'agit de me punir d'un délit d'opinion sur le budget malgré mon vote favorable".

M. Fountaine a trouvé des alliés inattendus dans les rangs de l'opposition. La droite a en effet décidé de saisir le tribunal administratif car elle estime que le délai légal de convocation de la réunion de lundi n'a pas été respecté. "Toute délibération pour cette raison ne pourra être qu'annulée", a déclaré Henri de Richemont, le chef de file de l'opposition.

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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 14:06

Benoit Hamon invité de I>Télé
Vidéo envoyée par Nouveau-PS

Benoît Hamon était face à Jérôme Chartier (UMP) pour répondre à la question posée par Jean-Jérôme Bertolus sur I>Télé : "Le président perd-il son sang froid ?"

La Chronique de Stéphane Guillon lors du 7/10 de France Inter le mardi 26 février 2008

L'interview de Sarkozy aux lecteurs du Parisien trafiquée par l'Elysée
Samedi au Salon de l'agriculture. Photo AFP
 
 
Selon le directeur de la rédaction du quotidien, la phrase de regret du Président à propos de son altercation avec un visiteur du salon de l'agriculture a été rajoutée à la relecture de l'entretien.
 
philippe brochen
 
LIBERATION.FR : mardi 26 février 2008

Oui, à la lectrice du Parisien qui comparait les paroles du Président au coup de boule de Zidane en finale de la Coupe du monde de foot, Nicolas Sarkozy a répondu: «Il est difficile même quand on est Président de ne pas répondre à une insulte. J'ai sans doute les défauts de mes qualités. Ce n'est pas parce qu'on est le Président qu'on devient quelqu'un sur lequel on peut s'essuyer les pieds.» Non, Nicolas Sarkozy n'a pas dit: «Cela étant, j'aurais mieux fait de ne pas lui répondre», qui figure pourtant dans la même réponse. C'est ce qu'a révélé le directeur de la rédaction du Parisien, ce matin sur Canal+. «Cette phrase n'a pas été prononcée», a expliqué Dominique de Montvalon.
 

Ce rajout à l'entretien a été fait par l'Elysée à qui, comme toujours dans pareil exercice, l'interview avait été adressée pour «vérification» avant publication. Seulement voilà, les conseillers du Président ne se sont pas contentés de vérifier les dires de leur patron, ils se sont aussi autorisés à compléter la réponse faite par le Président. Avec l'aval de Nicolas Sarkozy? On peut l'imaginer.

 

Sur Canal+, Dominique de Montvalon a expliqué qu'il révèle cet ajout par respect à ses lecteurs qui ont interviewé le chef de l'Etat: «Ils retrouvent dans le journal quelque chose que le Président n'a pas dit, qu'ils n'ont pas entendu.» Le Parisien annonce qu'il publiera demain mercredi la version non amendée de l'interview.

 

Il y a peu, la rédaction de Libération avait eu la surprise de constater, au retour de relecture d'un entretien avec Bernard Laporte par ses conseillers, qu'une question et une réponse avaient été rajoutés par le cabinet du secrétaire d'Etat aux Sports. Une première dans l'histoire de Libération.

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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 11:02

Du grain à moudre
par Julie Clarini et Brice Couturier
du lundi au vendredi de 17h à 17h55
  Du grain à moudre


  de Brice Couturier

Ecoutez

Podcast

 
  émission du lundi 25 février 2008
Tous les peuples ont –ils droit à un Etat ?
 
 
 
Le principe d’autodétermination des peuples, fut lancé comme une machine de guerre par les libéraux de 1848, contre les Empires qui se partageaient alors la majeure partie de l’Europe. Tous les peuples qui se considéraient comme «historiques» voulurent alors accéder - à l’unité pour les uns (Italiens Allemands), à l’indépendance nationale pour les autres (Polonais et Hongrois, en particulier). Beaucoup de candidats à un Etat bien à eux durent patienter jusqu’aux lendemains de la Première Guerre Mondiale pour se voir reconnaître ce droit. Et la création d’une série d’Etats-tampons, bordant l’Allemagne, dut autant à la méfiance des Français qu’à l’idéalisme wilsonien.
Après la Seconde Guerre Mondiale, le colonialisme affronta la montée, chez les peuples soumis, d’un fort désir d’indépendance nationale. En 1945, l’ONU comptait 51 Etats membres. A l’issue des luttes de décolonisation, en 1962, ce nombre avait plus que doublé : 110 membres. Une nouvelle vague de créations d’Etats fut provoquée par la chute de l’Empire soviétique. L’Onu, qui comptait 159 Etats en 1990, en reconnaissait 192 en 2006. Et il va sans doute lui falloir compter prochainement avec un nouveau venu, le Kosovo.
L’ancienne province serbe, peuplée à 90% d’Albanais, a en effet proclamé sans surprise son indépendance au lendemain des élections présidentielles serbes. «La Yougoslavie ne fut jamais qu’un immense malentendu», aime répéter Paul Garde. Fédération de peuples égaux entre eux, pour les Slovènes, elle était, pour les Serbes, l’équivalent de la Grande Serbie. Mais les persécutions endurées par la majorité albanaise à l’époque de Milosevic justifient-elles la prompte reconnaissance, accordée par les grands pays européens à une indépendance qui ne saurait déboucher sur la viabilité économique ? Ne risque-t-on pas de créer un dangereux précédent, dans lequel pourraient s’engouffrer toutes les minorités nationales, tous les séparatismes ethniques ? Déjà la Roumanie tremble pour ses provinces hongroises et la Macédoine pour sa minorité albanaise. Chypre craint que la sécession turque de l’île ne prononce, elle aussi, son indépendance. Et jusqu’à l’Espagne qui redoute la contagion possible chez ses Basques et ses Catalans.
Il semble que le mouvement vers l’intégration mené en Europe depuis 1951 s’accompagne d’un processus d’éclatement des Etats multinationaux. Cette prolifération étatique est-elle compatible avec l’échelle dorénavant requise pour exister sur la scène mondiale ?

 
Eric Chevallier.  Conseiller spécial du Ministre des affaires étrangères et européennes

 
Georges Marie Chenu.  Membre du Comité Kosovo et ancien Ambassadeur de France en Croatie

 
Alain Dieckhoff.  Directeur de recherche du CNRS rattaché au CERI

 
 

 

 
Alain Dieckhoff
L'Etat d'Israël
Fayard - à paraître mars 2008
 


 

 
Alain Dieckhoff
La nation dans tous ses Etats
Flammarion - 2002
 

La question nationale est de retour. Avec l'éclatement de l'Union soviétique, la guerre dans les Balkans, la réunification de l'Allemagne, la montée des courants régionalistes en Ecosse et au pays de Galles, on évoque sans cesse le réveil des nations. L'erreur serait d'y voir l'éruption d'un tribalisme primitif alors que nous avons affaire à une manifestation centrale de la modernité.
Une double perspective guide la réflexion d'Alain Dieckhoff. D'abord, saisir les ressorts cachés des revendications identitaires qui s'expriment du Québec à la Catalogne ne passant par la Flandre et la Corse. Elles répondent à des dynamiques sociales dont il s'agit de repérer les logiques d'intérêt. Elles sont surtout liées à la volonté de reconnaissance d'une culture spécifique, distincte de la culture d'Etat.
Au-delà, Alain Dieckhoff s'attache à voir comment les sociétés modernes peuvent répondre au défi du pluralisme national. Ni le libéralisme, ni le républicanisme, ni le multiculturalisme ne sont à la hauteur des enjeux. Il faut réformer en profondeur l'Etat-nation sans craindre de le voir remplacer dans l'avenir par l'Etat démocratique multinational. A défaut, le risque est grand de voir la tentation sécessionniste se renforcer, et avec elle le spectre de l'ethnicisation hanter le monde.
 
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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 11:38
Rétention de sûreté : levée de boucliers contre l'initiative de Nicolas Sarkozy 
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 23.02.08 | 16h49  •  Mis à jour le 23.02.08 | 19h40

icolas Sarkozy a une nouvelle fois tenté de justifier, samedi 23 février, son souhait de voir la loi sur la rétention de sûreté appliquée immédiatement, y compris aux détenus déjà incarcérés. En marge du Salon de l'agriculture, le chef de l'Etat s'est placé du côté des "victimes", estimant qu'on ne peut pas "laisser des monstres en liberté après qu'ils aient effectué leur peine".

Alors que le Conseil constitutionnel a en partie censuré le texte, jeudi, M. Sarkozy a appelé la Cour de cassation à la rescousse, demandant à son Premier président, Vincent Lamanda, de lui faire des propositions visant à rendre la loi immédiatement applicable. Cette solution "n'est pas un contournement" du Conseil constitutionnel, a assuré le président, sans toutefois convaincre syndicats de magistrats, constitutionnalistes et opposition.

Pour les syndicats de magistrats, Nicolas Sarkozy tente bel et bien un contournement du Conseil constitutionnel. Dans un communiqué, le Syndicat de la magistrature (SM), classé à gauche, s'élève contre "un coup de force inacceptable", demande à Vincent Lamanda de refuser de donner suite à la demande présidentielle et appelle à manifester le 20 mars à Paris pour une "nuit de défense des libertés". Même indignation du côté de de l'Union syndicale des magistrats (USM), majoritaire au sein de la profession : "C'est une décision ahurissante, unique dans l'histoire de la Ve République", a estimé son secrétaire général, Laurent Bedouet.

Les superlatifs son également de rigueur au Parti socialiste. Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, a dénoncé une "stupéfiante atteinte à l'état de droit". "Le président de la République n'est plus le garant de la Constitution dans notre pays", écrit le député-maire de Nantes dans un communiqué.
 
"NOUS SOMMES DANS UNE PÉRIODE SOMBRE POUR NOTRE JUSTICE"

Dans un entretien au Monde, Robert Badinter juge "singulier de demander au plus haut magistrat de France les moyens de contourner une décision du Conseil constitutionnel". "Aujourd'hui, nous sommes dans une période sombre pour notre justice", prévient l'ancien Garde des Sceaux socialiste.

Pour l'ancienne ministre de la justice socialiste Elisabeth Guigou, on assiste là à une manoeuvre "inconcevable". La réaction de Nicolas Sarkozy "est une dérive grave et dangereuse car le plus haut personnage de l'Etat doit donner l'exemple à tous les citoyens en matière de respect des institutions", souligne la député de Seine-Saint-Denis qui demande la convocation de la Commission des lois de l'Assemblée nationale. 

"Le gouvernement ne peut que s'incliner devant la décision du Conseil constitutionnel", met en garde, sur France Info, le constitutionnaliste Jean Gicquel. Le premier président de la cour de Cassation dispose d'une "marge de manoeuvre extrêmement étroite" selon lui.. "Je n'imagine pas le premier magistrat de France se mettre en travers du Conseil constitutionnel."

Seule voix à s'élever pour prendre la défense du chef de l'Etat, celle de Rachida Dati, qui, dans un entretien au Figaro assure qu'"il ne s'agit pas de remettre en cause la décision du Conseil constitutionnel, mais de proposer de nouvelles solutions".

En marge de cette agitation, les services du Premier président de la Cour de cassation se sont réunis vendredi soir, se contentant de confirmer avoir reçu la proposition de mission de l'Elysée.

Rétention de sûreté : le président de la Cour de cassation n'entend pas contredire les Sages
LEMONDE.FR avec AFP | 25.02.08 | 13h50  •  Mis à jour le 25.02.08 | 13h56

vant même de recevoir les instructions précises de l'Elysée, qui voudrait charger la Cour de cassation d'une mission de réflexion sur la rétention de sûreté, son premier président, Vincent Lamanda, a fait savoir qu'il refuserait de remettre en cause la décision de censure prise par le Conseil constitutionnel la semaine passée, refusant la rétroactivité de la rétention de sûreté.

"Il accepte le principe d'une mission sur la récidive, mais il est hors de question de remettre en cause la décision du Conseil constitutionnel qui, comme le dit la Constitution, s'impose à toutes les juridictions, y compris la Cour de cassation", a indiqué un collaborateur du plus haut magistrat français.

A la mi-journée, lundi 25 février, M. Lamanda n'avait toujours pas reçu de lettre de mission du cabinet de Nicolas Sarkozy. Le président avait annoncé vendredi son intention de se tourner vers la Cour de cassation pour trouver les moyens d'appliquer la loi immédiatement, y compris aux détenus déjà emprisonnés. L'opposition et les syndicats de magistrats ont immédiatement dénoncé une tentative du président de contourner la décision du Conseil constitutionnel.

 

 
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21 février 2008 4 21 /02 /février /2008 09:26
En tout cas, vu la dernière campagne électorale, les deux candidats finalistes et le comportement du président nouvellement élu, on peut penser que quelque chose cloche au "Royaume de Danemark"...
Fred

 

> Univers
IDEES


Du grain à moudre
par Julie Clarini et Brice Couturier
du lundi au vendredi de 17h à 17h55
  Du grain à moudre



  de Brice Couturier

Ecoutez



 
 
émission du mardi 19 février 2008
Démocratie : maturité ou sénilité ?

 

 
En 1989, on a vécu dans l’illusion que la démocratie ayant miraculeusement triomphé des deux idéologies qui l’avaient contesté le plus radicalement, elle avait désormais vocation à se répandre miraculeusement. Elle était le but lointain auquel tous aspiraient.
Boris Eltsine en 1995 à Marek Halter : " - Mais vous ne nous avez-vous pas expliqué ce qui venait après la démocratie. » Marek Halter : " - Il n'y a rien après, elle est simplement perfectible." Boris Eltsine : "Ah, il n'y a rien ? Alors il faut s'en accommoder ?"
Cette heure de gloire de la démocratie est bien passée aujourd’hui. Nous vivons l’Age du désenchantement démocratique.
Une floraison de publications illustre ce moment de doute, de Marcel Gauchet à Pierre Rosanvallon, et de Cynthia Fleury à Jacques Julliard en passant par Pascal Perrineau, tous se penchent désormais sur les « pathologies de la démocratie », auxquelles notre confrère Raphaël Enthoven a consacré une semaine sur cette antenne, dans ses « nouveaux chemins de la connaissance ». Ce week-end, Libération, sensible aux humeurs intellectuelles du temps, a fait sa une avec ce même désenchantement.
De quoi s’agit-il au juste ?
D’abord d’un phénomène de société. Les politologues enregistrent une tendance générale au déclin de la participation électorale. La présidentielle de l’an dernier, avec son taux record, apparaît comme une parenthèse qui risque de se refermer. D’où le diagnostique selon lequel le peuple aurait « décroché de ses élites » et qu’il y aurait une crise de la représentativité. Nous en avons déjà traité ici.
Mais d’autres analyses sonnent d’une manière encore beaucoup plus pessimiste. Celle de Guy Hermet, par exemple, qui semble estimer que la démocratie aurait atteint la fin de sa période historique et que quelque chose d’autre s’apprêterait à lui succéder. Le point de vue de Boris Eltsine contre celui de Marek Alter ? Il nous le dira lui-même.
Un peu comme Marcel Gauchet, Guy Hermet pense que la démocratie avait vocation, dés le départ, à se retourner contre elle-même. N’a-t-elle pas contribué à émanciper des individus, qui manifestent depuis une tendance croissante à se refermer sur leurs bonheurs privés, leur bien-être, leurs petites affaires ? L’autorité de l’Etat souverain, lointain héritier de nos monarchies et de nos empires, se heurte de plein fouet à des amas mouvants d’individus sentimentaux et capricieux, qui veulent qu’on les comprenne, qu’on les plaigne et qu’on les flatte. Comment pourrait-il en être autrement, quand ce même Etat, explique Jean-Pierre Le Goff, n’a d’autre stratégie à proposer que celle d’une adaptation permanente à une réalité dont le devenir lui échappe ? Quand le personnel politique est condamné à chevaucher le tigre de la culture médiatique pour tenter de rester en phase l’esprit du temps ?.

  Invités

 
Jade Lindgaard.  Journaliste à Médiapart et membre du comité de rédaction de la revue Mouvements

 
Guy Hermet.  Directeur de recherche émérite
Directeur d'études à l'IEP de Paris

 
Pierre Dupuis.  Agrégé de philosophie
Professeur en classes préparatoires littéraires
Directeur de rédaction de la revue Cause commune

 
Jean Pierre Le Goff.  Sociologue au CNRS
Président du club Politique Autrement

 
 
           
les livres
 

 

 
Jean Pierre Le Goff
La France morcelée
Gallimard Folio actuel - 2008
 


 
 

 
Guy Hermet
L'hiver de la démocratie ou Le nouveau régime
Armand Colin. Coll. Le temps des idées - 3 octobre 2007
 

Berlusconi a inventé la Télé-République italienne, Tony Blair a galvanisé les Anglais avec son New Labour, tandis que les populistes modernes sont descendus de Scandinavie pour envahir l'Europe. Comme les présidentielles de 2007 l'ont souligné, c'est maintenant à la France d'inaugurer son Nouveau Régime, résidu de populisme type Front national assorti d'une dose beaucoup plus forte de néo-populisme bien élevé à la façon des trois grands ex-candidats présidentiels et, pour les choses sérieuses, d'une injection discrète mais décisive de gouvernance destinée à dynamiser vraiment le «management» du pays. Pour tout dire, l'hiver de la démocratie est arrivé. Celle-ci conserve son nom pour un temps. Mais elle a perdu sa substance. Face à ce grand tournant, nous vivons pourtant comme nos ancêtres à la veille de la Révolution de 1789. Ce crépuscule de l'Ancien Régime annonçait déjà la fin d'un monde. Mais les Français comme leurs voisins ont continué alors à vaquer à leurs routines sans vouloir imaginer que leurs habitudes déjà très ébranlées allaient être mises sens dessus dessous. Nous faisons de même à l'approche du séisme politique annoncé. Ce livre rappelle qu'en dépit de ses heureuses saisons passées, la démocratie est un mode de gouvernement non moins voué à s'effacer devant un Nouveau Régime que les régimes qui l'ont précédée.

           
les liens
 

 

 
  > Revue Cause commune

Cause commune noue une alliance inédite entre professeurs de lycée, universitaires et intellectuels. Tous les collègues, mais aussi les lettrés et les étudiants sont donc invités à écrire dans la revue, à élargir cette alliance, à ouvrir une brèche face à la pseudo culture de divertissement, omniprésente, et à placer l’écrit et le savoir au centre de l’Ecole et de la Société, non ce qui fait écran à la pensée, et anesthésie l’esprit en stérilisant la critique. Revue pluraliste, exigeante, d’abord adressée aux jeunes citoyens francophones, mais également au grand public qui désire élargir ses horizons théoriques et mieux comprendre le monde contemporain, Cause commune a pour ligne éditoriale de réfléchir l'actualité à partir des œuvres majeures de l'esprit : par la publicité faite aux idées et aux oeuvres, il s'agit de participer à la consolidation d’un espace public éclairé.
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  > Le site de Politique autrement
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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 20:01
Rama Yade est désormais habituée des vidéos polémiques, avec une petite concurrence conjoncturelle de la part de Jean-Marie Cavada, mais c'est temporaire... ;o)
sinon ajoutons qu'on peut être blanc et tenir des propos ou défendre des positions contestables aussi (Nicolas Sarkozy ??? Ségolène Royal ???)...
Fred

A Colombes, Rama Yade dénonce "une gauche qui s'en prend à elle parce qu'elle est noire"
LEMONDE.FR avec AFP | 19.02.08 | 17h29  •  Mis à jour le 19.02.08 | 17h29

e ton est monté d'un cran dans la campagne des municipales à Colombes (Hauts-de-Seine). Mardi 19 février, le socialiste Philippe Sarre, qui mène la liste de gauche dans la ville, a dénoncé des propos tenus lors d'une réunion publique par Rama Yade, numéro 3 de la liste UMP.

Lors de cette réunion à Colombes samedi 16 février, dont des extraits ont été mis en ligne sur le site Internet du Parisien, Rama Yade évoque une visite improvisée à des squatteurs à Aubervilliers, peu après son entrée au gouvernement, qui lui avait valu les remontrances de François Fillon.

"Je suis allée voir et j'ai découvert que le maire qui avait fait ça, c'était un maire communiste", explique la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme. "Cette gauche qui dit défendre les modestes, les minorités et les immigrés, c'est cette gauche qui s'en prend à moi, qui ne suis que numéro 3 de la liste, je le rappelle, qui s'en prend à moi parce que je suis noire", a-t-elle ajouté.

A Colombes, Rama Yade joue sa différence - Le Parisien
A Colombes, Rama Yade joue sa différence - Le Parisien

Dénonçant des propos d'une "rare violence", Philippe Sarre "trouve désolant que l'UMP en soit rendue à ce niveau et qu'un membre du gouvernement de la République n'ait pas d'autres arguments à faire valoir en direction des Colombiens"."En l'absence d'excuses publiques, nous nous réservons la possibilité de poursuivre en justice ces propos diffamants et souhaitons que chacun et chacune revienne à une attitude digne et responsable", conclut le candidat de gauche.

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