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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis alternativement à Bezons dans le Val-d'Oise et à Massy dans l'Essonne. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. Je suis membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, en charge du pôle "Idées, formation, riposte".
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Gauche Républicaine & Socialiste

1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 15:55
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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 18:45

Rassembler notre famille politique autour d'un projet et d'une dynamique

 

L'université d'été des socialistes à La Rochelle du 28 au 30 août 2009 a donné une tonalité un peu nouvelle par rapport aux années précédentes. Les journalistes vous diront que nous avons connu 48 heures sans petites phrases entre socialistes, Rue89 allant jusqu'à titrer « bonne nouvelle pour le PS, il n'est rien passé... ». Au-delà de ces commentaires du microcosme, tous les militants que vous croiserez de retour de La Rochelle témoigneront de l'atmosphère de travail, de l'ambiance fraternelle et festive,de la qualité des intervenant car c'était cela aussi l'une des clefs du succès de ce week-end : le retour en force des intellectuels, de la société civile, des syndicats, de nos partenaires politiques, dans nos débats, dans nos ateliers et nos tables-rondes, pour nous bousculer parfois, mais toujours pour nous enrichir et construire avec nous un discours politique qui peut préparer l'avenir.

La semaine avait mal commencé : menace de crise de nerfs sans propos sur les primaires, photos de « famille » marseillaise alimentant un confusionnisme total... On prédisait le pire au Parti.

Benoît Hamon et Martine Aubry ont voulu ainsi dès jeudi voulu évacuer le débat pour que nous puissions nous consacrer à l'essentiel ; le porte-parole présentait à France Info une feuille de route précise sur des primaires de toute la gauche avec pour préalable un travail programmatique commun aux organisations de toute la gauche qui doit déboucher sur un contrat de gouvernement. Martine Aubry, elle, rappelait sa faveur pour des primaires ouvertes à gauche dans Le Monde, en fixant quelques grandes lignes vite tracées les thèmes des débats à mener avec la gauche.

Cependant dans son discours du vendredi, la Première secrétaire a instillé un doute chez de nombreux camarades qui comme moi attendait une perspective stratégique claire et des outils efficaces pour la mener. Dans son allocution d'ouverture, Martine Aubry présentait une vision des primaires ouvertes mais pour « désigner le candidat socialiste ». Autant le dire immédiatement, cette perspective-là c'est l'assurance de revivre 2006 en pire, et je ne saurais en être !

Le principe des primaires sera soumis avec d'autres questions (comme celle sur le cumul des mandats) au vote des militants le 1er octobre prochain, le Conseil national du Parti socialiste du 12 septembre doit en fixer la formulation ; alors d'ici là disons comme militants et comme courant, mais également et avant tout comme socialiste, soucieux de rassembler son camp pour gagner la gauche, comment le PS peut passer du suicide collectif à une dynamique politique.

 

D'abord quelques soient les obstacles, ne contredisons pas aujourd'hui ce que nous écrivions hier dans motion « Un Monde d'Avance » et dans notre bulletin de liaison.

 

Mais pourquoi fallait-il trancher aujourd'hui ?

Imaginez ce qu'auraient été les 6 prochains mois sans cela. Pollués par un débat de méthode, donnant tous les prétextes nombrilistes aux francs-tireurs qui dans ce parti sont trop heureux de lui saper ses bases en espérant ramasser les miettes. Les « moi-jistes » auraient ainsi court-circuité la campagne des élections régionales, l'auraient rendu inaudible, renforçant vraisemblablement les Verts dans la stratégie de ringardisation du PS qu'ils affectent aujourd'hui. Maintenant nous devons, sans illusion d'obtenir une réponse positive de nos partenaires avant avril 2010 (séquence de concurrence électorale oblige), répéter sur tous les tons et peser sur tous les fronts, quel doit être le cadre, le préalable, les critères, les conditions d'une primaire réussie, préludant à un rassemblement durable de la gauche ; conditions sans lesquelles ces primaires deviendraient illusoires, inutiles, voire nuisibles.

 

Préparer un Projet de la gauche

Ces conditions sont à l'évidence la préparation par un travail de fond avec les militants des organisations de toute la gauche (en tout cas toutes celles et ceux qui répondront chiche !) pour un programme de gouvernement de transformation sociale. Ce contrat de gouvernement devra par ailleurs recevoir une traduction électorale qui pourraient éventuellement être douloureuses pour quelques cumulards socialistes. Mais le rétablissement de la perspective de la transformation sociale ne découlera, j'en suis aujourd'hui intimement persuadé, que de l'ouverture du Parti socialiste sur son étranger proche (partis, syndicats, mutuelles, coopératives, associations).

Le mieux est-il l'ennemi du bien ?

Marie-Noëlle Lienemann e tPaul Quilès défendent depuis plusieurs mois un processus très construits pour la création d'un nouveau Front Populaire - qui au passage n'est pas moins « à prendre ou à laisser » que la pétition de Terra Nova (mais qui a l'avantage de refouler les ambiguïtés).Je ne sais si nous sommes en mesure de mettre en œuvre un processus aussi précis, mais nous pouvons toujours nous inspirer de son esprit, et pour ma part, je n'ai pas senti de contradictions majeures entre l'interview de Benoît Hamon, jeudi 27 août, et la tribune publiée par nos deux compères le même jour sur Mediapart.

Là encore, une petite remarque sur le mieux qui serait l'ennemi du bien : on nous dit qu'il ne faut pas s'engager dans un débat sur les seules valeurs, pour construire un simple « fond idéologique commun », tellement vague qu'il serait acceptable y compris à droite... L'un n'empêche pourtant pas l'autre, mon petit précis personnel d'histoire du socialisme français n'oublie pas que la direction Savary-Mollet issu du congrès d e fondation du Nouveau Parti socialiste de 1969 fut également renversée car elle défendait le préalable de la réduction active des écarts idéologiques d'avec un PCF en pleine glaciation brejnevienne avant tout débat programmatique. Mais je ne vois pas ce qui empêcherait de mener les deux de fronts ; et dans le contexte actuel d'aggravation exponentielle des inégalités, je doute que les Verts, le PCF ou nous-mêmes puissions abstraction d'un débat nécessaire sur la conflictualité sociale, thème inaccessible aux tripes du Modém ou de Villepin. Je ne me résouts pas à m'entendre dire - comme ce fut le cas par un délégué du NPA Val d'Oise, alors que je réunissais de manière inédite tous les partis de gauche du département à l'invitation du PS - que les divergences idéologiques se creuseraient à gauche quand au quotidien je constate et j'entends le contraire ! Pouria Amirshahi n'écrivait-il pas dans sa tribune « Nos futurs » de Mediapart, que l'écologie politique était désormais pleinement l'une des écoles du socialisme démocratique ?

 

La stratégie politique de conquête ne se sépare pas du projet

Ayons ce débat à la fois idéologique et programmatique concret ; démontrons par notre action, notre travail que l'écart est faible, et surtout, qu'il faut être cohérent, que projet et stratégie sont indissociables : une « bobo » de ma collectivité avait cherché à me démontrer que D. Cohn-Bendit et H. Désir avaient tenu sur les plateaux les mêmes discours, mais que le premier faisait vivre sa campagne quand l'autre était soporifique... soit... Cependant rappelons juste un moment avec qui Dany le Vert propose de mettre en musique ce discours : avec des candidats libéraux à opposer au Président sortant de la Commission européenne, j'ai nommé l'inénarrable ex-Mao et ex-Premier Ministre libéral, José Manuel Barroso. Il faudra bien mettre nos partenaires face à la nécessité d'une cohérence : on ne fait rien de précis avec n'importe qui ! On ne mène pas une politique de transformation sociale et écologique avec la droite !Les alliances, la stratégie sont le reflets d'un projet et d'une vision...

Refusons une fois pour tout d'intérioriser la perspective d'être marginalisé, comme si cela était quasiment inscrit dans notre code génétique, intérioriser la défaite. On ne construit rien de bon et d'efficace sur la rédemption dans la défaite ou sur le pessimisme dans l'action.

Nous avons les uns et les autres suffisamment de savoirs-faire, suffisamment de structuration intellectuelle, un esprit suffisamment ouvert pour être les fers de lance d'un rassemblement de la gauche, d'un dépassement du Parti socialiste. La Gauche du PS peut - et d'ailleurs peut-être elle seule - poser des ponts avec des communistes, des républicains (pas moins secoués que les socialistes dans les 20 dernières années) ou même certains écologistes qui se sentent pourtant aujourd'hui pousser des ailes. Alors arrêtons de nous interdire des perspectives et un débouché, quand on ne distingue pas encore ce que pourra être le paysage politique des deux années à venir que nous avons encore la possibilité de façonner. Nous sommes les derniers à défendre encore peu ou prou une vision cohérente de la VIème République, mais de nos rangs seuls peut sortir celui qui acceptera de rétablir la souveraineté populaire. Un Président de la gauche "socialiste" pour achever la Vème, ça aurait de la gueule, non ?

 

Frédéric FARAVEL

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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 17:44
Oui à des Primaires de toute la gauche pour un candidat unique au premier tour
- Primaires PS-Modem ? Non, honteux et ridicule
- Primaires du PS seul, impact plus limité, quel intérêt ? à quelles conditions, comment ?

Les primaires, c’est comme la langue d’Esope, cela peut-être la pire et la meilleure des choses.
Quelle est la base politique ? Quel est leur périmètre ? Quelle organisation ?

L’idée est stimulante s’il s’agit d’unir, de rassembler la gauche derrière un candidat qui fasse consensus sur un programme de transformation social. Dans ce cas-là, plus il y a de votants, plus il y aurait de chances que le candidat soit vraiment à gauche, plus le programme serait avancé, et plus il y aurait de chances qu’il soit en tête dés le premier tour - ce qui serait synonyme de victoire. Il ne faut pas avoir peur des masses de gauche, elles cherchent une issue à gauche, et 52 % des sympathisants du PS estiment eux-mêmes que leur parti n’est pas assez à gauche. (Le 1er décembre 2004 officiellement 42 % des adhérents du PS (en réalité une majorité) avait opté pour le « non » au TCE, mais 59 % de l’électorat socialiste avait voté « non » le 29 mai 2005 : on peut avoir confiance dés que la gauche est mobilisée).

1°) Mais ce qu’une pétition semble proposer  en invitant et en associant le Modem à participer, ce sont des primaires Modem-PS : là c’est honteux, car c’est une manipulation pour associer la droite à la désignation du candidat éventuel de la gauche. Et c’est voué à l’échec d’avance car les militants du parti socialiste n’accepteront fort heureusement jamais de désigner un Bayrou comme candidat. Alors pourquoi les promoteurs de cette initiative appellent-ils le Modem à participer en prévoyant d’ors et déjà une « case » à cocher où ils s’identifient pour participer au vote en tant que tels ? Le Modem n’est pas dans le périmètre de la gauche mais dans celui de la droite.
 
2°) Le parti de gauche et le NPA ont annoncé qu’ils ne voulaient pas de ces primaires-là. S’il s’agit des primaires Modem-PS manipulées par la grande presse, on les comprend. Mais c’est étrange que ces deux partis qui souhaitent à juste titre rassembler un front de gauche, s’opposent à l’occasion de le faire au travers d’un débat et d’un choix au sein de la gauche !
Qu’ont-ils à craindre ? S’il s’agit d’un choix et d’une consultation organisée en commun par toutes les composantes de la gauche, toutes les garanties démocratiques peuvent être données. Si ce n’était pas le cas, ils pourraient se retirer à tout moment.  Pourquoi ne pas saisir la perche ?  Si toutes les composantes de la gauche participent, une chose est absolument certaine, le candidat ne sera pas « social-libéral », il se situera forcément au cœur de la gauche, sur une ligne acceptable par une large majorité de ses composantes ainsi rassemblées.
C’est facile à comprendre comme mécanisme :  si chacun va à la bataille séparément, les voix les plus à gauche seront séparées des autres et le risque est donc que ce soit un “social-libéral” désigné au sein du seul PS qui se retrouve au deuxième tour.  Ce ne sera pas le cas si chacun accepte de chercher un accord et un candidat commun dés le premier tour.
 
3°) Reste une dernière hypothèse, celle qu’une partie des socialistes semblent promouvoir  : à partir du moment où les autres composantes de la gauche refusent un débat préalable sur un programme puis un débat sur le candidat commun, alors on revient dans un schéma presque classique : ce qui est proposé est une « primaire » entre candidats socialistes comme en 2007 mais “ouverte”. Est-on sûr que ce soit aussi mobilisateur ? N’est-ce pas plus incertain, plus dangereux ?
Car dans ce cas, l’intérêt est beaucoup plus limité de vouloir faire arbitrer par des non militants (combien ?) entre les multiples candidats qui surgiraient alors. Il y faudrait deux tours, beaucoup de palabres, et ce ne serait pas forcément plus probant ni plus enthousiasmant, que le choix raisonné et mûri d’un parti.
Dans tous les cas, il faut un débat sur le fond avant, ouvert lui aussi, pour ne pas voter sur des têtes sans programme.
Sans ce débat, tout vote serait démagogique. Personnaliser la politique, c’est dépolitiser les personnes.
Ensuite, il faut des garanties extrêmement sérieuses de non-manipulation par la presse et les médias, qui pousseraient n’importe qui à intervenir et à voter : que ce ne soit pas des gens de droite qui viennent arbitrer pour quelques euros et désigner le plus mauvais candidat. L’organisation doit être soigneusement débattu, les garanties démocratiques doivent être maxima, le financement doit être contrôlé.


Gérard Filoche, pour D&S, jeudi 27 août
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26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 15:27
Voilà plusieurs semaines que j'essayais de mettre les mots sur la dérive du Parti socialiste, sa professionnalisation/proximitisation, j'en avais esquissé quelques lignes dans mon papier sur les leçons des élections européennes. Rémi Lefebvre le fait bien mieux que je n'aurais su le faire dans cette interview de qualité. J'ajouterai qu'à la désidéologisation des élites locales du PS s'ajoute la technocratisation accélérée de leurs principaux collaborateurs dans l'administration territoriale.
Sans avoir peur de dire que je participe sans doute pleinement de cette lente tectonique des plaques et que parfois je me sens assez impuissant face à elle.
Frédéric Faravel

"Un fonctionnement en vase clos"
LE MONDE | 26.08.09 | 14h45  •  Mis à jour le 26.08.09 | 14h45

rofesseur en sciences politiques à l'université de Reims, membre du Centre d'études et de recherches administratives, politiques et sociales (Ceraps) de l'université Lille-II, Rémi Lefebvre est coauteur avec Frédéric Sawicki de La Société des socialistes (Editions du Croquant). Il a dirigé le numéro de la revue de l'Office universitaire de recherche socialiste (OURS) consacré aux "transformations du militantisme socialiste" (éd. OURS, juin 2009).


Quel diagnostic portez-vous sur la crise du Parti socialiste ?

Le terme de crise n'est pas vraiment approprié, car il fait référence à une situation transitoire. Le Parti socialiste est, en réalité, confronté à un processus de décomposition lente engagé bien avant le congrès de Reims. Ce congrès a certes accentué cette évolution, en rendant le PS ingouvernable, mais tout cela vient de plus loin. C'est le résultat d'un ensemble de dérèglements intervenus avec la succession de François Mitterrand lors du congrès de Rennes de 1990, qui se sont traduits par la "désidéologisation" et la professionnalisation du Parti. Je ne suis pas sûr cependant que cette crise affecte tous les socialistes. Un grand nombre d'entre eux semblent s'en accommoder et ne connaissent pas ladite "crise". Le PS n'a jamais eu autant d'élus locaux. Le PS est un Janus : un organisme national démobilisé, privé de leadership et de perspectives, un niveau local qui n'a jamais été aussi florissant.

Le PS ne serait-il devenu qu'un parti de notables locaux bien implantés, mais privé de perspectives nationales ?

Il reste difficile de connaître la composition du PS aujourd'hui, l'âge, l'origine socioprofessionnelle de ses adhérents. La dernière enquête remonte à 1998. Ce qui ressort toutefois, c'est qu'il s'agit d'un parti vieillissant, qui compte un grand nombre de retraités et beaucoup de fonctionnaires des collectivités locales. On sait aussi que la moitié de ses membres sont des élus absorbés principalement par la gestion locale. C'est ce lien essentiel et professionnel qui les retient à l'organisation. Le chiffre de 120 000 adhérents, habituellement retenu, correspond à la cartographie de cette implantation locale.

Dans vos enquêtes, vous évoquez aussi le rôle particulier des "professionnels" du PS, collaborateurs d'élus...

La professionnalisation des militants du PS est un phénomène plus récent. La filière de recrutement n'est plus le syndicalisme ou les réseaux associatifs. Un nombre de plus en plus important de ses adhérents vivent de et pour la politique. Avec la décentralisation, on a assisté à la montée en puissance d'une haute fonction publique territoriale et de collaborateurs d'élus, membres des cabinets ou salariés des collectivités locales qui se retrouvent militants semi-professionnels. Ce système endogamique fonctionne en vase clos, dans un milieu social fermé, entre personnes liées par des intérêts professionnels et politiques qui se confondent. Loin en tout cas des groupes sociaux que le Parti est censé représenter ou défendre.

Le PS s'est donc coupé de ses racines populaires et laïques ?

A l'exception de certaines grandes fédérations comme celles du Nord et du Pas-de-Calais, le Parti socialiste n'a jamais été un parti de masse, ancré dans le monde ouvrier. Il a notamment compensé ses faiblesses dans ce milieu par ses liens privilégiés avec les enseignants, une composante stratégique au coeur de l'organisation, qui étaient des relais d'opinion et la courroie de transmission auprès des classes populaires. Ces liens ont été rompus. Certes, le PS n'en est pas seul responsable. Le monde enseignant s'est transformé. Il est moins politisé et s'est embourgeoisé. Mais le Parti n'a rien fait pour reconstruire ces liens, notamment avec les syndicats. Il n'assure plus de promotion aux enseignants. Il suffit de se souvenir du nombre d'enseignants parmi les députés de la "vague rose" de 1981. Il n'y en a pratiquement plus aujourd'hui chez les nouveaux élus.

Cette transformation a-t-elle eu une incidence sur la ligne politique ?

Cette mutation s'est accompagnée d'un phénomène de désidéologisation. Même si on y débat en permanence - sans rien clarifier -, le PS n'accorde plus d'importance à la réflexion doctrinale, alors même que le déclin du modèle social-démocrate la rend impérieuse. Les prises de position cachent - mal - les luttes de position. Les élus sont dans une culture du pragmatisme. Ils sont devenus des notables qui cherchent à rassembler, à créer du consensus, en masquant souvent à cette fin leur étiquette politique. Cela ne signifie pas que la gestion de gauche est identique à celle de la droite. Le PS continue de s'appuyer sur le pouvoir local, mais il ne le conçoit plus comme un outil de transformation sociale. On est loin du cercle vertueux des années 1970, dans la relation entre le local et le national, lorsque les municipales de 1977 avaient préparé la victoire de 1981. Le désinvestissement de la question idéologique renvoie aussi aux courants en déshérence et aux liens totalement décomposés avec le monde intellectuel.

Comment évaluez-vous le désarroi des militants ?

Le PS, parti pluraliste, a toujours été agité par des divisions internes très fortes. C'est une constante historique. Mais pour les militants, elles s'appuyaient sur des substrats idéologiques qui n'existent plus. Les courants sont devenus des agrégats volatiles de soutiens qui se font et se défont. Les luttes internes, artificielles, n'ont plus de sens que pour les dirigeants. Confrontés aux citoyens et aux électeurs, les militants portent le fardeau de ces divisions et paient l'image de la dégradation de leur parti, d'où beaucoup de souffrance. Ce qui ne rend pas le parti attractif, d'où le repli dans l'entre-soi. Comment adhérer à une organisation qui donne un tel spectacle de mise en scène permanente de ses divisions ?

Sur quelles bases le PS peut-il espérer se reconstruire ?

L'équation sociologique est complexe : il doit réfléchir à la reconstruction d'une alliance de classes entre les catégories populaires et des classes moyennes, et pour cela redonner de la lisibilité au monde social. Ce n'est pas évident de faire converger des intérêts parfois contradictoires. Mais on ne sait plus qui le PS représente, qui il défend, quel est son adversaire. Il y a un déficit de conflictualisation, or la gauche ne peut faire l'économie du conflit dans une société profondément inégalitaire.

Le PS a tenté de se renouveler avec les adhésions à 20 euros. Quel bilan en tirez-vous ?

Comme toujours, le PS agit et bricole dans l'urgence et le court terme. Cette formule a été un succès, puisque 80 000 adhérents l'ont rejoint. Mais la plupart sont aussitôt repartis. Ces militants à 20 euros ont été souvent stigmatisés comme "utilitaristes". Ils ont adhéré pour la désignation de Ségolène Royal à la candidature de l'élection présidentielle. Comme elle a perdu, ils se sont retrouvés disqualifiés. Mais rien n'a été fait pour intégrer ceux qui voulaient rester et s'engager plus durablement. Le nouveau militant n'est pas forcément bien accueilli dans une organisation qui s'en méfie, car il perturbe les équilibres, peut contester l'élu en place, apporter un regard extérieur que l'appareil redoute. Or le PS a besoin de s'ouvrir. Un parti qui veut penser et changer la société ne peut se contenter d'une base étroite de 120 000 militants.


Propos recueillis par Michel Delberghe
Article paru dans l'édition du 27.08.09
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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 09:40
Retour sur la question sociale

Article publié le samedi 22/08/2009 - 18:37, par - Mediapart.fr - Pap N'Diaye est historien à l'EHESS, spécialiste des Etats-Unis.

«Dans son éloquent plaidoyer, «Une juste colère sociale», Edwy Plenel regrette que la gauche française ne défende plus les intérêts du monde du travail. Il écrit: «Défendre les moins fortunés, les moins protégés, les moins armés, les plus exposés, les plus fragiles: il n'y a pas d'autre levier d'action pour la gauche politique.» Il conviendrait donc que la gauche se saisisse à nouveau, et fortement, de la «question sociale», c’est-à-dire qu’elle s’attaque clairement aux inégalités de classe (et à leur approfondissement) générées par l’économie capitaliste.

Plenel appelle ainsi la gauche à un retour à ses origines historiques, c’est-à-dire à la défense des classes sociales opprimées par une bourgeoisie d’affaires que la crise actuelle n’a pas rendue moins arrogante ou moins égoïste. Je partage en bonne partie ce point de vue, à une sérieuse nuance près. Je vais m’en expliquer en revenant sur la fameuse «question sociale».

Historiquement, à gauche, la «question sociale» renvoie à la question du prolétariat, c’est-à-dire aux inégalités intrinsèquement produites par le capitalisme, et à ses contradictions, telles qu’analysées par Marx. C’est bien la question sociale qui a fondé des priorités intellectuelles et politiques à gauche et aussi dans les sciences sociales françaises : l’étude des rapports de classe est centrale en sociologie et en histoire depuis un siècle. Ce faisant, la gauche a négligé l’existence d’agents subissant des torts irréductibles aux rapports de classe.

L’analyse de l’exploitation de classe ne suffit pas, à elle seule, à rendre compte de toutes les formes de domination, même si ces rapports d’exploitation se trouvent imbriqués de telle manière qu'il serait inconséquent de jeter un voile d'oubli sur eux. La question des femmes a longtemps fait l’objet d’un dédain marqué (il s’agissait au mieux d’un «front secondaire» quand ce n’était pas tout bonnement le résultat d’une «fausse conscience»), et il fallut une mobilisation politique des femmes pour que l’irréductible de la condition féminine (au sens de non-réductible à la position de classe) fasse l’objet d’un minimum de reconnaissance intellectuelle et politique.

Il est est allé de même avec les minorités ethno-raciales: à gauche, elles ont été non seulement négligées, mais également suspectées de participer de la démobilisation et de la «désaffiliation» de la classe ouvrière. De tels soupçons ont eu un effet paralysant sur les sciences sociales et les politiques publiques de reconnaissance et de correction des discriminations. Le Parti socialiste a préféré amuser la galerie avec les concerts et les mains jaunes de SOS racisme, son association-lige. Le niveau de désintérêt et d’incompétence des responsables socialistes sur les questions relatives à ces minorités est tout simplement vertigineux.

Fondamentalement, la question qui se pose à la gauche consiste à prendre au sérieux le racisme et les formes de domination raciale, sans les dissoudre dans les rapports de classe, et sans considérer celles et ceux qui en font état comme «aliénés», c'est-à-dire comme incapables de reconnaître la vraie nature des processus matériels et idéologiques par lesquels la classe dominante maintient son pouvoir. Il convient de penser à la fois l'irréductibilité de certaines questions (les questions de genre et de «race», en particulier) et leur lien indissoluble aux rapports de classe. Justement, du côté de la gauche française, le problème a été de penser cette irréductibilité, et donc de secouer le carcan du réductionnisme de classe.

Il est donc question d’éviter le réductionnisme par lequel la question sociale s’est trouvée confondue avec la question de classe. Les plus «fragiles» qu’évoque Edwy Plenel ne sont pas seulement les moins fortunés. Ils cumulent une série de désavantages, parmi lesquels la position de classe, certainement, mais aussi la position juridique (étrangers en situation irrégulière par exemple, ou bien prisonniers aux droits bafoués), la position culturelle (celles et ceux dont les cultures d’origines sont, au mieux, perçues comme un inconvénient momentané en attendant que la fameuse intégration les efface), la position ethno-raciale (les non-Blancs), le genre, etc. Réfléchir sur ces questions suppose de ne pas les hiérarchiser a priori selon leur importance supposée: c’est l’objet de l’enquête de sciences sociales que de montrer comment ces positions interagissent et s’organisent selon les situations et les points de vue des acteurs.

L’enjeu, pour le Parti socialiste et la gauche en général, est de prendre au sérieux les points de vue que j’appelle «minoritaires» (non point au sens démographique mais politique : ils font état de torts qui ne sont pas historiquement représentés par la société civile et la grammaire politique françaises). Cela suppose donc, en ces moments de crise, de ne pas revenir à une conception trop réduite de la question sociale, par laquelle la situation du monde du travail redeviendrait l’alpha et l’oméga d’une politique de gauche.

Une anecdote: un élu local socialiste (un homme admirable à bien des égards, c’est pour cela que j’en parle) me fait part de ses soupçons, après avoir visité une exposition de photographies à Arles, montrant des lynchages de Noirs aux Etats-Unis: il s’agit sans doute d’une manière habile d’acclimater l’idée de diversité en France, m’explique-t-il. Pour lui, c’est la question de l’exploitation du monde du travail qui prime, et elle ne doit pas être détournée par des thèmes à la mode manipulés par la droite, dans la foulée de l’élection d’Obama. Il était donc sorti mécontent de l’exposition.

A cet élu je dirais ceci: pas plus à l’étranger qu’en France, le racisme ne procède simplement des agissements calculateurs des élites et la lutte antiraciste ne se résume à celle contre les inégalités de classe. Votre antiracisme de principe ne suffit pas, et il s’avère même incapable de penser les discriminations, à commencer par celles qui existent au sein même de votre parti, sous vos yeux.

Qu’est-ce alors qu’une politique de diversité, puisque c’est de cela dont il est question? Il ne s’agit pas d’une politique d’affichage à la Sarkozy (le tokenism bien connu des Américains, par lequel on donne l’illusion de la diversité, sans rien faire en profondeur). Il est plutôt question de démocratiser la vie politique française, ce qui passe notamment par son ouverture à des groupes peu ou pas présents et aux situations sociales qu'ils représentent.

Cela suppose des changements profonds dans le mode de fonctionnement des partis et les règles électorales (l’interdiction du cumul des mandats est un minimum). Bien entendu, cela suppose aussi une politique d’accueil aux minorités dans les partis en question, afin qu’elles puissent faire part de leurs situations, exprimer des demandes et accéder à des postes de responsabilité (sans avoir dû, au passage, abdiquer de leur spécificité et subir une violence symbolique qui les transforme en porte-paroles intransigeants du système politique).

Or les témoignages que j’ai entendus vont dans un sens bien différent: celui d’un accueil circonspect, voire hostile, délimitant une frontière entre le «nous» (les militants chevronnés) et le «eux» (les nouveaux, celles et ceux qui ne parlent pas l’idiome, qui sont hors-sujet). Je rêve donc qu’un jour le Parti socialiste ne soit plus le parti du «nous» et du «eux», mais un parti ouvert, multiculturel et en pointe contre les discriminations ; qu’une femme noire ou beure le dirige, et que les hommes blancs âgés soient minoritaires dans ses instances supérieures ; qu’il soit bien le parti de la «question sociale», dame oui, mais d’une question sociale qui ne laisse dans l’ombre aucune de ses facettes multiples, parce que, voyez-vous, comme l’écrivait jadis Martin Luther King du fond de la prison de Birmingham: «Nous en avons assez d’attendre ».


Liens:
[1] http://www.mediapart.fr/journal/france/090809/une-juste-colere-sociale
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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 08:48
Socialisme hors-les-murs

Sur une idée de l'historien (EHESS) Vincent Duclert, cette édition participative a vocation a accueillir des contributions (une seule par auteur) émanant de dirigeants, d’élus, d’intellectuels mais aussi de militants, de sympathisants, d’électeurs ou de futurs électeurs: des assises du socialisme hors-les-murs.

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Les élections européennes appellent une réaction de la gauche

11 Août 2009

Cette note a été rédigée le 8 juin 2009 (le lendemain des élections européennes donc) par Frédéric FARAVEL, secrétaire fédéral du Parti socialiste du Val d'Oise en charge des relations extérieures (partis, syndicats, associations...)

Les élections européennes de juin 2009 se sont conclues de manière relativement prévisibles. Elles nous attristent et nous consternent en tant que socialistes, et notre sursaut doit être à la mesure des quelques 16,66 % qui ont sanctionné notre campagne. Il ne s'agit pas aujourd'hui de tirer des conclusions définitives au regard d'une abstention massive et d'un scrutin qui n'a jusqu'ici jamais été totalement suivi durablement dans les rendez-vous électoraux nationaux ou locaux. Mais le 7 juin 2009 doit nourrir quelques leçons relativement fortes tant au niveau européen, que national et partisan.

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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 17:57
on verra à cette occasion qui est réellement pour la rénovation et la pacification des pratiques

Les socialistes languedociens préparent l'investiture de Frêche dans le dos d'Aubry

Par Stéphane Alliès - 28 juillet 2009 - Mediapart.fr

Ce devait être un acte fort de la nouvelle première secrétaire du PS. Martine Aubry l'a assuré: Georges Frêche ne serait pas investi par le PS lors des prochaines élections régionales. Mais en réalité, la partie s'avère bien plus complexe.

Ainsi, une correspondance entre le premier fédéral de l'Hérault Robert Navarro (proche de Frêche) et le secrétaire régional des Verts Languedoc-Roussillon Emmanuel Reynaud laisse entrevoir une toute autre destinée pour le président sortant, exclu du parti socialiste depuis janvier 2007, pour ses propos sur les harkis «sous-hommes» et le trop grand nombre de noirs en équipe de France de football.

Entamées en avril par Navarro, l'échange épistolaire visant à convenir d'une date pour se rencontrer en vue d'éventuelles négociations n'est jamais allé plus loin, les Verts faisant de la non-reconduction de Georges Frêche un préalable à toute discussion [Retrouvez les différentes lettres, rendues publiques par le parti écologiste, sous l'onglet "Prolonger" ou sur le blog de Reynaud]. Et lors du dernier courrier envoyé par le patron du PS héraultais le 20 juillet dernier (ici en PDF), une phrase donne officiellement le ton:

«Les militants socialistes désigneront démocratiquement leur tête de liste aux régionales à la fin du mois
de septembre. Ils décideront en toute souveraineté s’ils investissent Georges Frêche ou lui préfèrent un ou
une autre. C’est le seul renseignement que je puisse te donner pour l’heure.»

Non-cumul et limite d'âge?

Pourtant, selon la circulaire envoyée (ici en PDF) par Martine Aubry le 10 juillet dernier aux premiers fédéraux au sujet des régionales, il est spécifiée dans l'article 3 que, «au sein du PS, les candidat(e)s à une fonction élective publique doivent être à jour de leurs cotisations de militants et d'élus au moment du dépôt de leur candidature et justifier d'une adhésion au PS depuis trois années consécutives au 1° mars 2010.»

Dans l'entourage d'Aubry, on ne cachait pas jusqu'ici la difficulté de l'exercice. Assurant que «Martine veut tenir bon sur ce dossier», le député François Lamy reconnaissait, en marge du séminaire de la direction à Marcoussis, recevoir «des centaines de mails de militants locaux en faveur de Frêche, y compris des soutiens locaux de Benoît Hamon». Et de soupirer alors: «Le problème, c'est qu'on a là-dessus une position de principe, mais qu'aucun média ne s'y intéresse. Et quand arriveront les investitures, le seul truc qu'on retiendra, ce sera comme d'hab' le refrain de l'autoritarisme de Solférino contre les socialistes locaux qui, eux, gagnent les élections…»

Un autre des conseillers d'Aubry confie réfléchir à établir des critères comme le mandat unique ou une limite d'âge à 70 ans pour les têtes de liste, afin de tenter de sortir de l'embrouillamini qui s'annonce. Car il y a une autre difficulté de taille pour la direction du PS: l'absence d'une figure régionale pour contrer Frêche. La maire de Montpellier Hélène Mandroux, qui s'émancipe tant bien que mal de son mentor, a choisi de concentrer ses efforts politiques des mois à venir pour récupérer la présidence de la communauté d'agglomération, encore dirigée par Frêche.

Quant au premier fédéral de l'Aude, Eric Andrieu (un proche de Vincent Peillon), il a fait voter une position alambiquée par sa fédération, annonçant que s'il «fera acte de candidature pour le poste de Premier des Socialistes en Languedoc-Roussillon» lors du vote militant prévu dans toutes les régions le 1er octobre prochain, Georges Frêche sera «la tête de la liste soutenue par les socialistes aux élections régionales du mois de mars 2010». Une telle désignation qui pourrait mettre à mal toute tentative d'union de la gauche.

Bové et Mélenchon contre Royal?

Verts, Parti de gauche et communistes locaux ont fait savoir leur ras-le-bol sur un blog commun et appellent publiquement à en finir avec Frêche qui, selon eux, «n’incarne plus qu’un système clientéliste et clanique à bout de souffle». Déjà Jean-Luc Mélenchon laisse entendre qu'il serait intéressé par une candidature contre "l'empereur de Septimanie. Et José Bové a promis de s'engager dans la campagne, voulant par exemple promouvoir avec Europe-Ecologie un «pacte de déontologie politique» excluant toute alliance de second tour avec une liste PS emmenée par Frêche.

La cuisine interne socialiste pourrait enfin venir perturber les velléités anti-fréchistes de Martine Aubry. Soutien de poids (4.500 cartes dans l'Hérault, 3.700 dans l'Aude) de Ségolène Royal lors du dernier congrès de Reims, le président du Languedoc-Roussillon espère compter sur leur bienveillance au moment des débats de septembre sur les investitures. Et l'on se demande déjà si une rencontre sera organisée entre la présidente de Poitou-Charentes et son homologue languedocien (qu'elle avait défendu en novembre 2008), lors de la fête de la fraternité organisée par Désirs d'avenir, le 19 septembre prochain à Montpellier.


Links:
[1] http://www.mediapart.fr/club/blog/stephane-allies
[2] http://www.midilibre.com/articles/2009/06/16/20090616-Freche-Martine-Aubry-ne-veut-pas-de-Freche-pour-les-regionales.php5
[3] http://tf1.lci.fr/infos/france/politique/0,,3385534,00-georges-freche-exclu-parti-socialiste-.html
[4] http://reynaud.emmanuel.free.fr/?p=110
[5] http://reynaud.emmanuel.free.fr/wp-content/courrier-de-m-navarro-20-07-2009.pdf
[6] http://www.mediapart.fr/journal/france/100709/la-maison-commune-d-aubry-fait-un-flop-gauche
[7] http://www.mediapart.fr/journal/france/170709/pourquoi-martine-aubry-choisi-de-taper-sur-les-doigts-de-manuel-valls
[8] http://www.mediapart.fr/journal/france/080709/au-ps-un-petit-seminaire-pour-une-grosse-crise
[9] http://www.montpellier-journal.fr/fichiers/circulaireps.pdf
[10] http://www.ps11.fr/spip.php?page=global&id_rubrique=74&id_article=327
[11] http://valeursdegauche.blog.free.fr/index.php?
[12] http://www.mediapart.fr/journal/france/050709/avant-les-vacances-cohn-bendit-and-co-promettent-une-ecologie-politique-autono
[13] http://www.youtube.com/watch?v=3m710F4HTXs
[14] http://coeur-a-gauche.over-blog.com/article-33813713.html
[15] http://reynaud.emmanuel.free.fr/wp-content/courrier-robert-navarro-ps-regionales-2010-1.pdf
[16] http://reynaud.emmanuel.free.fr/wp-content/courrier-robert-navarro-2004092.pdf
[17] http://reynaud.emmanuel.free.fr/wp-content/courrier-d-fede-ps-navarro-juin2009.pdf
[18] http://reynaud.emmanuel.free.fr/wp-content/courrier-navarro-010709.pdf
[19] http://reynaud.emmanuel.free.fr/wp-content/courrier-navarro-280709.pdf
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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 08:42

Les vents et contrevents de l’unité
par Gérard Filoche le 13 juillet 2009

Il y a aujourd’hui à gauche un « déni d’unité » comme si les composantes de celle-ci ne se rendaient pas compte du danger face au sarkozysme menaçant tout azimut les droits sociaux et républicains.
Face à l’offre d’unité de la gauche de Martine Aubry, les réponses négatives fusent. Alors que le vent de la responsabilité, de l’urgence devrait souffler pour l’unité, les uns et les autres tirent dans des directions contraires.

On a au moins quatre réponses actuellement  :
-       1° pas d’unité assumée,
-       2° unité mais avec la droite,
-       3° petit front de gauche,
-       4° moyen front de gauche…
Reste à faire triompher le grand front de toute la gauche !

1°) La réponse la plus irresponsable est sans doute celle de Cohn-Bendit qui choisit de s’en moquer. Il explique qu’il n’est ni de droite, ni de gauche, ni du centre, que tout cela est faribole.
Ce gars-là, il est vrai, n’a pas de classe. Pas de classe sociale.
L’individu n’a pas de racines parmi les 91 % de la population active qui produisent l’essentiel des richesses de ce pays et n’en reçoivent pas la part qu’ils méritent. Vous l’avez déjà entendu évoquer l’exploitation, la violence et la souffrance au travail ? Il ne connaît pas. Il erre dans la stratosphère des médias, voit les choses de haut à la Yann-Arthus Bertrand. Ce n’est pas un syndicaliste, le syndicalisme l’ennuie… Ce n’est pas un défenseur des salaires, de la protection sociale, non, seulement « de la nature » !
C’est sans doute pourquoi une partie des Verts avec Martine Billard vient de fuir les Verts dans la mesure où ceux-ci sont retombés entre les mains des « ni ni », ni gauche, ni droite. Cohn-Bendit, c’est Waechter en plus mondain. Cohn-Bendit c’est celui qui, en 2008, va rendre visite à Sarkozy et lui offre son livre « Forget mai 68 ! » : ça ne pouvait que faire plaisir à un président partisan de « liquider mai 68 ». Cohn-Bendit n’a aucunement la volonté de donner la priorité à « battre la droite » et Sarkozy.
Mais est-ce que « Europe écologie » est vraiment avec José Bové, et la majorité des autres Verts comme Noël Mamére, Yves Cochet, engagée dans un déni d’alliance avec la gauche pour battre Sarkozy ? Déjà, il y a dix ans Cohn-Bendit avait tenté de faire une OPA sur les Verts pour les recentrer, les dévoyer dans des combines politiciennes. Y parviendra t il sans résistances ce coup-ci ?
Les Verts ont leur place et leurs devoirs au sein de la gauche, dans un front impératif si on veut avoir la chance de battre Sarkozy et de reconstruire une République sociale et écologiste. Pour sauver la banquise il ne faut pas se livrer aux banquiers.

2°) La deuxième, non moins dangereuse,  fait le succès  inattendu d’un disparu : Robert Hue. Celui-ci est devenu subitement la coqueluche des médias parce qu’il accepte l’unité avec le Modem. Du coup il est invité  par François Hollande chez les ex trans-courants de Lorient !  Il est invité par Peillon, Guérini, avec De Sarnez à Marseille. Voilà une nouvelle variante droitière de l’unité, du « front populaire » : un gros morceau de gauche, une exclusive contre le reste de la gauche, et une alliance avec un morceau de la droite. Une coalition arc-en-ciel, comme ils disent, mais sans rose ni rouge… ni verts.  Ils vont inventer une autre couleur, c’est sûr : on les verra en orange, avec Valls, histoire de bien marquer la rupture « moderne » avec 100 ans de socialisme. Cette voie de Hue-Peillon-Hollande  est une variante de ce qui s’est passé en Italie et y a tué à la fois le PCI et le PSI : derrière le « pacte d’unité progressiste » signé par Hue, Rebsamen, on voit bien qu’il ne s’agit pas d’unité du camp de la gauche, mais d’une nouvelle coalition interclassiste.
C’est une sorte de choix à la SPD, troisième voie : plutôt que d’unifier la gauche, on s’unifie avec la droite ! Il ne manquera plus qu’un « Prodi » local et le Sarkozy-Berlusconi se fera ré élire.  Ça devrait davantage plaire à Cohn-Bendit (mais encore moins à Martine Billard). On ne sait pas encore clairement ce que sera la réponse du PCF officiel : aller dans la voie d’Hue ou dans celle de Mélenchon ? On ne sait pas non plus ce que sera le choix de la direction du PS… si l’unité de la gauche ne se fait pas.
Le tiraillement est évident. Rien n’est joué. Mais pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas d’autre stratégie gagnante que l’union de la gauche : si on ne l’assume pas complètement, on dérive d’un coté ou de l’autre. Car il y a dans les « autres gauches » autant de « visions » que de groupes et sous groupes, alors chacun donne une stratégie de remplacement, d’attente, et le PS, indécis peut aller d’un bord ou de l’autre. Les forces centrifuges sont évidemment, férocement, à l’œuvre.

3°) La troisième, c’est celle du NPA : « Niet ». Rien à faire avec l’unité de toute la gauche. Entretenons la division. On préfère un « petit » front de gauche bien radical, sans le PS, même s’il ne sert à rien puisqu’il demeure incapable de gagner la majorité et de prendre le pouvoir. Et l’on somme ses alliés possibles… sur leur capacité de résistance à l’attraction de l’unité… Le problème est que ça correspond en partie à la démarche de Martine Aubry puisque celle-ci, justement, ne s’est pas adressée au NPA.
Le NPA dit qu’il ne veut pas, le PS ne lui propose pas… Cela peut durer des années… au plus grand profit de Sarkozy. Car chacun sait que la gauche ne peut être majoritaire si elle est divisée… La responsabilité de part et d’autre serait de proposer l’unité sans préalable, sans exclusive, quitte à en discuter âprement le contenu : et les électeurs de gauche jugeraient qui a raison ou tort… Mais non, Olivier Besancenot s’en tient à un superbe « rien sans nous, rien avec eux » du haut de ses 5 % obtenus aux européennes.
Pourtant chacun note que des résistances existent au sein du NPA, que celui-ci a connu une scission puis une hémorragie du seul fait de son sectarisme lors des européennes du 7 juin, qu’une tendance en son sein est née qui réclame une stratégie de front unique…
Est-ce que ce petit parti va pouvoir rester isolé, bloquant la situation éternellement et laissant la droite agir et se faire ré élire ? Ce n’est pas sûr non plus.

4°) La quatrième, c’est la réponse de Jean-Luc Mélenchon qui s’est empressé de rejeter vigoureusement l‘offre de Martine Aubry en l’accusant de jouer « double jeu ».

C’est peut-être vrai mais comment prouver  à des millions d’électeurs qu’il s’agit d’un double jeu si on refuse de jouer la partie ? Ce n’est pas la première fois dans l’histoire qu’il y aurait des propositions d’unité insincères. On peut croire que Martine Aubry a rédigé une lettre d’invitation à l’unité à gauche pour répondre aux exigences de l’aile gauche de son propre parti mais sans avoir l’intention de mener à bien une telle bataille. D’ailleurs le fait qu’elle ait délibérément omis d’inviter le NPA dans l’unité de la gauche, pourrait paraître un signe. Et le fait qu’elle ne place pas clairement la discussion d’un programme commun avant de parler « maison commune » est en effet problématique : dans quelle direction, sur quel programme l’unité   peut-elle se réaliser ?
Ceci dit, c’est toujours comme cela… Quoi de neuf ? Pourquoi refuser le défi ? L’unité est un combat. Il faut lever les obstacles un à un. Il faut que les militants s’impliquent et impliquent les électeurs, le salariat. Pour cela, il faut engager les discussions, les rendre publiques, les suivre, proposer non pas refuser.
Quand on refuse a priori d’affronter un (banal, ordinaire) « double jeu », c’est qu’on n’est pas sûr de soi et parce qu’en fait on ne souhaite pas, non plus, l’unité. Et, de facto, on se demande si Mélenchon ne propose pas un « super NPA » c’est-à-dire un « moyen » front de gauche qui rassemble toute « l’autre gauche », mais avec une exclusive, le PS… La stratégie serait la même que le NPA : dépasser d’abord le PS. Elle ne divergerait que plus tard : après avoir dépassé le PS, il serait possible de s’allier avec lui dans des conditions de rapport de force inversées.
Mais cette stratégie aléatoire en deux temps… prendrait tant de temps qu’elle laissera Sarkozy gagner 10 régions en 2010 et se faire ré élire en 2012 !
Quand on en est deux groupements à  5 ou 6 % des voix, face à un parti qui a 2 villes sur 3, 61 % des départements, 2 régions sur 3, 200 députés,  pareille stratégie défie l’entendement : le dépasser avant de s’allier ?
C’est l’argument que le NPA utilisait avant les européennes pour refuser le « moyen » front. Maintenant, c’est l’argument de Mélenchon : on refuse le « grand » front tant qu’on n’est pas les plus forts à l’intérieur. C’est stupide ! (car le seul moyen de devenir éventuellement plus fort, c’est de l’accepter). Ce n’est qu’une autre version de la division.

Il n’y a qu’une seule réponse cohérente à mettre en avant face à toutes ces tentations : l’unité de toute la gauche contre toute la droite. Et pour la réussir, il faut un programme commun de transformation sociale profonde.
On doit se battre pour que le PS propose l’unité à toute la gauche et non au Modem. On doit se battre pour que d’abord un programme commun soit débattu. Mais pour lancer la dynamique, on doit publier sa propre proposition de programme à l’intention de tous les partis de gauche (sans exclusive, des Verts au NPA) et à l’intention de tous les électeurs de gauche, en proposant des modalités de confrontation des propositions de tous les partis de gauche afin d’arriver à un accord : rencontre nationale de ces partis, rencontres locales, puis assises locales publiques co-organisées par ces partis et états généraux nationaux…
Et ensuite pour des candidatures communes et une candidature unique à la présidentielle, meilleur moyen, dès le premier tour, d’affronter puis de battre Sarkozy.
Devant les vents contraires, les paroles brouillées, les petits calculs qui ne sont pas à la hauteur de l’enjeu, il me semble que l’on peut s’appuyer sur les aspirations majoritaires dans le salariat à l’unité pour battre Sarkozy. Pour l’heure, les propos des « chefs » de clan, ou de groupes sont inconnus du grand public de gauche, mais ils vont forcément se heurter à la volonté unitaire.
Ras le bol de toutes ces manœuvres : ni front avec la droite, ni petit, ni moyen front de gauche, pour un front de toute la gauche !  Ne pas attendre, ni « laisser faire » : car à force de se repousser les extrêmes de la droite de la gauche et de la gauche de la gauche vont tuer toute chance de battre Sarkozy. Au cœur de la gauche, on doit appeler toutes ses composantes, à se rencontrer, à débattre de la base au sommet, en urgence. Un « appel à l’unité de toute la gauche » géant est nécessaire. Car le temps compte désormais : sauf explosion sociale, toujours possible, souhaitable et capable de hâter et de faciliter un tel processus, les régionales sont dans neuf mois et la présidentielle dans 33 mois.


Gérard Filo
che, le lundi 13 juillet 2009

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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 16:43

Rassembler la gauche (suite)

Posté par Benoît Hamon

Rassembler la gauche (suite)

Daniel Cohn Bendit a répondu et c’est niet ! À ses yeux les listes écologistes doivent « concurrencer le PS et le MODEM au premier tour ». Je parle rassemblement, il me répond concurrence. Soit ! Ma proposition était honnête. Il m’a semblé légitime de poser la question de la gouvernance des régions pour ne pas donner de mauvais prétexte à la division. Trop facile de vouloir rassembler quand on ne partage que les programmes mais jamais les responsabilités. Il n’y avait aucune subtilité tactique dans cette proposition. Juste une manière de proposer un dialogue qui ne soit pas bidon parce qu’il occulterait la question de la gouvernance des régions.

Le mérite de la démonstration n’en est que plus clair. Daniel Cohn Bendit propose la concurrence puis les arrangements d’entre deux tours, là où nous cogérons des régions depuis 6 ans et proposons sans préalable ni tabou, d’élaborer ensemble nouveaux programmes, nouvelles équipes et nouvelle gouvernance.

Pour motiver son refus, Daniel Cohn Bendit a évoqué un "socialisme européen moribond" et appelé les militants écolos à s’y substituer. Pour vous faire un avis vous-mêmes, lisez la tribune de Poul Nyrup Rasmussen, président du PSE (Parti Socialiste Européen) sur le bilan sans concession qu’il tire des élections européennes. Je ne suis pas mécontent de ses conclusions.

Dont acte ! Cela engloutit-il la proposition de listes d’union de la gauche dès le 1er tour des élections régionales ? Au contraire.

Je maintiens ma proposition et l’adresse à tous les écologistes et militants ou responsables de gauche, soucieux de l’intérêt général. Je maintiens ma proposition et réaffirme que le message principal venu de nos électeurs lors des élections européennes est un appel à l’unité de la gauche même si cet objectif ne doit en rien atténuer notre diversité politique et l’urgence d’une transformation en profondeur des idées et des pratiques.

Mais quand le E-day de l’écologie s’achève par une invitation à soutenir Fillon comme Président de la Commission européenne parmi une brochette de candidats acceptables qui comprend aussi le Vert Fischer, les libéraux Verhofstadt ou Robinson, le socialiste Rasmussen, permettez-moi de dire ma stupéfaction.

Où est la politique là-dedans ? Je vois bien le calcul, mais où est la politique ? Où est la différence entre Barroso et Fillon ? Où est la différence pour les salariés européens victimes de la concurrence fiscale et sociale ? Où est la différence pour le citoyen européen inquiet de l’absence de politique énergétique européenne et de la timidité des objectifs en matière de réduction des émissions de CO2 ? Si le supplément d’âme de l’écologie politique se réduisait au delta qui sépare Barroso de Fillon sur le fond, il y aurait là une immense imposture. Ce n’est pas ce que je crois.

Ce que je crois, c’est qu’il est temps de rompre avec cette compétition absurde à gauche dont aucun d’entre nous n’est jamais vainqueur puisqu’elle couronne au final la droite à chaque fois. La scène européenne en offre une nouvelle version, le Président du groupe socialiste européen Martin Schulz pourrait soutenir en octobre prochain Barroso contre un mi-temps à la présidence du Parlement Européen face à un président des Verts européen, Daniel Cohn Bendit défendant son propre champion de droite qu’il s’agisse de Fillon ou Verhofstatdt. Qui sortira vainqueur de ce duel importe peu, les perdants sont déjà connus, ce sont les électeurs de gauche européens. Ne les laissons pas faire.

Il faut croire que la gauche n'est pas encore arrivée à un stade de décomposition suffisant pour prétendre à se recomposer sérieusement.

Tous les partis composant la Gauche nous renvoient désormais la balle, trouvant dans le Parti socialiste un beau bouc émissaire pour ne pas exercer leurs propres responsabilités.

Baylet continue d'enferrer le PRG dans une dérive droitière de fumeuse jonction avec les valoisiens de Borloo. Les Verts appellent également à un dépassement droite-gauche par l'écologie et la voix de Dany le Rouge d'autrefois. Le Parti de Gauche, si l'on écoutait ses leaders nationaux mais aussi parfois certains de leurs soutiers, décrit un PS plus droitier, plus libéral, plus favorable à l'alliance avec le MoDém aujourd'hui qui ne l'aurait été avant le congrès de Reims (ne cessant pour cela de refaire le congrès du PS, d'en réécrire l'histoire et la signification) ; ainsi espère-t-il faire tuer un chien accusé d'avoir la rage et faire oublier sa drague compulsive d'un NPA qui a pourtant peu réussi dans son pari électoral : après avoir préempté le créneau électoral restant au PCF peut-être espère-t-il absorber également celui des amis néo-guevaristes d'Olivier Besancenot ? Cependant, l'ultimatum posé au Parti Communiste Français pour l'exigence d'une stratégie nationale "d'accords techniques" de second tour récusant la participation aux exécutifs régionaux pourrait bien finir par briser le Front de Gauche.

Tout cela n'est pas sérieux ! Il faut que chacun reprenne ses esprits, ne pas poursuivre dans l'agitation : le PS doit se concentrer sur son projet et son positionnement politiques, tout en continuant à se revendiquer de l'union de la gauche, le PS doit impérativement faire respecter à ses futures têtes de listes régionales les affirmations de son texte d'orientation de décembre 2008 refusant toute alliance avec un MoDém de droite ; les autres partis doivent redescendre d'un nuage électoral européen... On reverra tout cela à l'automne.

Frédéric Faravel

 

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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 15:37

«Il faut proposer des régions à nos alliés»

 

Interview Par DAVID REVAULT D'ALLONNES - Libération, jeudi 2 juillet 2009

Selon Benoît Hamon, un rassemblement des partis de gauche est urgent.

Benoît Hamon.

Benoît Hamon. (JEAN-PIERRE MULLER/AFP)

Le porte-parole du PS revient sur les suites de la défaite aux européennes et donne des pistes pour la reconstruction de son parti.

Ces jours-ci, chaque socialiste lance son club. Pourquoi une telle fragmentation ?

Chacun des initiateurs de ces clubs présente son initiative comme la pierre angulaire de la reconstruction du PS. Mais on peut se demander s’il ne s’agit pas d’une étape supplémentaire de la décomposition… En résumé, pour rassembler, chaque socialiste fonde une écurie supplémentaire ! Tout cela étant motivé par l’objectif d’une candidature de plus. Tant que chacun considérera que le rassemblement doit s’opérer autour de lui, nous aurons un problème.

Pourquoi le PS a-t-il reçu une telle gifle aux européennes ?

C’est un échec auquel on ne doit pas donner plus de portée qu’il n’en a, d’autant que 60 % des électeurs ne sont pas venus voter. Mais il ne faut pas non plus l’esquiver. La gauche n’a pas perdu de voix par rapport à 2004, mais à gauche, nous étions ceux qui donnaient le moins envie.

La campagne du PS n’était pas suffisamment à gauche ?

Nous n’avons pas donné envie aux classes populaires de se déplacer pour voter. Ni à ceux qui avaient décidé de voter à gauche de le faire pour des candidats socialistes. Le PS appelait à battre Barroso, alors qu’il fait partie d’un groupe socialiste européen qui pourrait appeler, en octobre, à reconduire Barroso ! Nous payons cette indifférenciation avec la droite.

La réaction de Martine Aubry à la défaite a-t-elle été à la hauteur ?

C’est fin 2009, au vu de l’état de notre projet et du rassemblement de la gauche, que nous pourrons voir si nous avons réussi à extraire le PS des sables mouvants dans lequel il se plonge depuis quelque temps. Martine Aubry a choisi de privilégier deux axes : le projet et le rassemblement de la gauche dans une «maison commune». Je suggère de ne pas attendre l’après-régionales, comme nous avons attendu l’après-européennes, pour parler rassemblement avec nos partenaires. Ce serait la quasi-certitude qu’il n’y aura pas de rassemblement en 2012, et donc pas de victoire.

Comment aborder ces régionales ?

Socialistes, Verts, communistes et Parti de gauche cogèrent 20 régions sur 22. Là où les élections européennes justifiaient des approches politiques distinctes, je ne vois pas de clivage évident pour les régionales. Il me semble assez logique que la question de listes communes soit posée, et qu’on aborde tous les sujets, de fond comme de gouvernance. D’autant que l’électorat de gauche réclame partout l’unité.

Des Verts ou des communistes pourraient présider des régions ?

Le meilleur moyen de gagner les régionales et de favoriser le rassemblement de la gauche pour 2012, c’est de poser la question. Le fait que certaines régions soient présidées par des partenaires du PS n’est pas un tabou et ne me choque pas. Nous devons le leur proposer. Un gouvernement de rassemblement de la gauche où ne figureraient que des ministres socialistes ne serait pas très sérieux…

Mais pour la plupart d’entre eux, les présidents de région se représentent…

Il n’y a pas de syndicat des présidents sortants ! Ceux-ci sont tous légitimes, mais les présidents ne sont pas uniquement préoccupés par leur réélection personnelle, ni totalement indifférents à la présidentielle. Si l’on ne s’intéresse qu’à son propre sort, cela veut dire que le PS n’existe plus.

Et l’alliance avec le Modem, alors que Vincent Peillon invite Marielle de Sarnez à la réunion de son courant ?

Il serait impensable de s’associer à une formation qui pourrait, selon les régions, faire l’appoint avec l’UMP ou le PS, et qui siège avec le groupe libéral au Parlement européen ! Les socialistes seraient ridicules s’ils constataient que ceux qu’ils ont invités à la tribune négocient plus tard avec l’UMP pour prendre une région à la gauche. Il faut donc que le Modem clarifie sa position. Appartient-il au camp des progressistes, ou pas ?

Que pensez-vous des primaires ?

Que les primaires soient ouvertes aux électeurs de gauche, c’est une bonne idée et je la défendrai. A condition qu’il y ait un projet commun. Il nous faut trancher toutes les questions sans réponse, le libre-échange absolu, la redistribution de la richesse, la propriété dans l’économie, la planification pour domestiquer l’évolution environnementale… Sans projet commun clivant avec le bilan et l’idéologie de la droite, les primaires n’auraient pas de sens.

Serez-vous candidat ?

Non. Ce qui m’intéresse, c’est de battre Sarkozy en 2012.

Comment vivez-vous votre non-réélection au Parlement européen ?

Comme un échec. Mais je ne vais pas gémir sur le sort d’un député européen non réélu.

Pourquoi être resté porte-parole ?

A la demande de la première secrétaire, de nombreux dirigeants et de mes amis politiques. Ceux-ci considéraient qu’une démission aurait rajouté à la crise du PS et favorisé la lecture, que certains veulent donner, selon laquelle nous avons perdu à cause de la ligne politique de Hamon.

Cette ligne, l’assumez-vous toujours ?

Je n’ai jamais renoncé à la défendre. Et je ne crois pas que la crise me donne tort.

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