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Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis alternativement à Bezons dans le Val-d'Oise et à Massy dans l'Essonne. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. Je suis membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, en charge du pôle "Idées, formation, riposte".
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Gauche Républicaine & Socialiste

23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 17:13

Les DROMs Guyane, Guadeloupe et Martinique connaissent depuis le début de l’année 2009 une situation de crise sociale quasi insurrectionnelle générée par la vacance de l’Etat dans la gouvernance de ces territoires et par la mise de ces morceaux de France sous la coupe d’intérêts privés.

 

Ces mouvements de grève générale, lancés depuis le 20 janvier 2009 par le collectif Guadeloupéen, et rejoints depuis le 5 février 2009 par le peuple martiniquais, viennent sanctionner une gestion de la question ultra marine largement héritée des temps coloniaux ; laquelle bat en brèche ces principes de justice et d’égalité qui sont au fondement de ce pacte républicain qui nous lie.

 

Etant entendu que ces luttes s’inscrivent dans un contexte de sous emploi caractérisé par un chômage endémique touchant plus de 25% de la population ;

 

Etant entendu que ces revendications s’inscrivent dans un contexte de, PIB faible comparativement à la métropole ;

 

Etant entendu que ces revendications s’inscrivent dans un contexte de 40% de vie plus chère dans les DROMs mais avec un Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance identique à celui de la métropole, grevant en cela le pouvoir d’achat du salaire ;

 

Etant entendu hic et nunc que l’Etat a failli à ses mission de services publics en développant a minima une continuité territoriale, numérique et bancaire ;

 

Etant entendu que les choix politiques de l’actuel gouvernement ajoute la crise sociale aux crises immobilières et financières ;

 

Nous affirmons à l’instar des habitants du village de Champagney (Franche-Comté) notre SOLIDARITE avec le peuple ultra marin en lutte. Nous considérons que les revendications de ces citoyens qui se sont levés pour faire acte de résistance et dire non à cette politique aliénante et déshumanisante mise en place par les zélateurs du néo libéralisme, sont légitimes.

 

A fortiori, Nous  adressons une mise en garde solennelle à ce gouvernement, lequel faisant fi de toute volonté de communiquer pourrait être tenté d’utiliser la force pour répondre à des problématiques dont les déterminants sont structurels.

 

« Quant à toi Peuple de France n’oublie pas tes martyrs de mars 1948 et de mai 1967 lesquels ont donné leurs vies pour que nous jouissions d’un peu plus de droits et de libertés ».

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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 15:16
Que faire de cette première mobilisation sociale réussie après la faillite du modèle néo-libéral ?


Le Jeudi 29 janvier 2009 restera comme une journée forte forte dans l'histoire récente des mouvements sociaux. 2 500 000 manifestants dans toute la France avec 195 cortèges recensés officiellement dans tout le pays (là où souvent on ne manifeste jamais) ; 300 000 manifestants à Paris entre République et Opéra, le cortège parisien s'est d'ailleurs lentement écoulé pendant plus de 4 heures sur les boulevards tant l'affluence était massive ; à ce niveau là, on pourra noter le ridicule des chiffres donnés par les préfectures, dont tout le monde reconnaît qu'ils n'ont plus rien à voir avec la réalité (20 000 à Marseille ou 65 000 à Paris !?).

Il est notable qu'à l'origine de cette mobilisation les huit grandes organisations syndicales aient non seulement lancé un texte commun mais également et surtout publié une plate-forme commune précisant les revendications essentielles des salariés :

1 – Donner la priorité au maintien des emplois dans un contexte de crise économique

2 – Politiques salariales : améliorer le pouvoir d’achat, réduire les inégalités

3- Orienter la relance économique vers l’emploi et le pouvoir d’achat

4 – Préserver et améliorer les garanties collectives

5 – Réglementer la sphère financière internationale

Que des syndicats aussi différents que SUD et la CFTC, en passant par la CFDT et la CGT, aient signé le même texte de fond est en soi un signe que quelque chose bouge dans le pays ; mais n'en déplaise aux responsables confédéraux, qui rappellent sans cesse - Charte d'Amiens oblige - que leur action n'est pas politique, ils ont ainsi donné une signification profondément politique à la mobilisation. Tout le texte est un long désaveu de la politique gouvernementale dans sa méthode comme dans le contenu des « réformes » mis en œuvre par les ministres de Sarkozy. Et qui a un tant soit peu écouté les échos des manifestations comprend bien que les manifestants eux-mêmes donnaient un contenu politique à leur participation : le rejet du sarkozisme comme régime politique était évidemment central, démontrant ainsi que la posture et les choix du président de la République continuent d'une part de diviser le pays mais crée aussi les conditions d'un rassemblement conjoncturel plus large que le seul peuple de gauche ; mais avant tout c'est la logique néo-libérale, dont chacun peut mesurer aujourd'hui la faillite, qui est mise en cause, avec l'idée au-delà que ce n'est pas aux salariés qui s'en sont toujours méfiés de payer pour cette faillite et qu'il ne s'agit plus aujourd'hui (outre le fait qu'il faut bien préserver les conditions de circulation du crédit pour faire fonctionner l'économie, et assurer les ratios de solvabilité des banques) de se contenter de discours lénifiant sur la moralisation du capitalisme ou de consentir au sauvetage d'un système capitaliste en échec, sans que les travailleurs n'obtiennent les garanties d'une véritable régulation et d'une justice sociale plus grande, c'est-à-dire le renversement de la tendance qui a fait que depuis 30 ans le capital a pris plus de 10 points à la rémunération du travail.

Nous en sommes à un point où les questions de fond ne peuvent plus être contournées ; les manifestants d'hier savent bien que c'est désormais à des choix de société que nous sommes confrontés. Que ces débats soient en train de s'ouvrir à leur manière aux États-Unis d'Amérique sous l'impulsion du président Obama indiquent de façon flagrante qu'on ne saurait encore moins les éluder en Europe et particulièrement en France. Il est particulièrement marquant de noter que les mobilisations sociales en temps de crise économique sont généralement inexistantes ou anémiées : nous sommes au début de l'une des pires crises financière, économique et sociale que nous ayons connu depuis près d'un siècle, et non seulement la mobilisation est forte mais en plus elle dépasse largement les contingents dénoncés comme des « secteurs protégés ». Les salariés du privé, voire même des artisans et des commerçants, s'étaient joints fortement aux manifestants, malgré la peur et l'angoisse des répressions patronales, des licenciements, du chômage technique, de la perte de salaire et des plans sociaux.

C'est dire si l'attente est forte, c'est dire si la nécessité d'un débouché politique est plus pressante que jamais.


Ne pas enterrer trop tôt l'UMP

Il serait pour conclure dangereux de s'accorder trop tôt sur l'annonce de défaite que signifierait le rabaissement momentanée de la morgue présidentielle. Cela nous fait plaisir qu'une grève soit visible ; nous nous sommes sans doute réjouis de la mine déconfite et décontenancée de Xavier Bertrand face à Martine Aubry jeudi 29 au soir sur France 2 ; vu l'aplomb du personnage c'est suffisamment rare pour le souligner, il n'avait sans doute pas mesuré les changements qui s'étaient produits à la tête du Parti socialiste depuis décembre. Mais cette situation n'aura qu'un temps.

N'oublions pas que Nicolas Sarkozy dispose de tous les leviers du pouvoirs et que ceux qu'il ne contrôle pas encore il s'emploie aujourd'hui à les confisquer peu à peu malgré l'opposition renouvelée de nos parlementaires.

N'oublions pas non plus que le président de la République reste maître du calendrier électoral et que les élections intermédiaires (sauf les européennes) sont d'autant plus incertaines que Nicolas Sarkozy n'aura sans doute aucun scrupule à en changer les règles du jeu quelques mois avant.

Par ailleurs, bien que Bernard Thibaud ait fait part du décalage probable qui existerait entre les organisations syndicales et le président de la République, si ce dernier s'avisait de ne parler que de l'agenda de ses réformes, n'oublions pas que certaines confédérations auront besoin pour justifier leur radicalité du 29 janvier 2009 d'avancées sociales - mêmes infinitésimale - qui ne peuvent attendre l'arrivée de la gauche au pouvoir. En France, l'unité syndicale est souvent plus prompte à se fissurer qu'à se consolider.

Enfin, prenons garde aux évolutions sémantiques instillées à l'occasion de la prise de fonction de Xavier Bertrand comme secrétaire général de l'UMP. L'UMP n'est plus, vive le « Mouvement Populaire »… Je ne crois pas que la droite française cherche aujourd'hui à refaire le coup de la campagne de 2007, avec un Sarkozy s'essayant au lyrisme en citant Jaurès, Blum ou évoquant les mânes de Guy Môquet ; par contre n'ayons aucun doute sur le fait que la conquête de l'électorat ouvrier soit un objectif essentiel du parti présidentiel. Il est d'ailleurs assez amusant que Brice Teinturier de la Sofres indiquait la forte présence des ouvriers dans les cortèges du 29 janvier quand voici quelques années certains socialistes annonçaient la disparition des ouvriers dans les débats du parti. Le vote ouvrier de droite a toujours existé en France, fait de pression patronale, d'appel au nationalisme et d'instrumentalisation de la valeur travail (on l'a déjà vu) : les réactionnaires n'ont jamais hésité à orienter les inquiétudes des ouvriers vers des dénonciations populistes. C'est le rôle confié au ministère de l'immigration et de l'identité nationale, sous la gouverne d'Éric Besson (également adjoint de X. Bertrand) - l'histoire du socialisme fourmillant d'opportunistes prêts à retourner leurs valeurs (Rochefort, Millerand, Péguy, Déat, Faure) de manière tout aussi radicale.

Et l'UMP compte aussi sur la division de la gauche, espérant qu'une stratégie gouvernementale d'exacerbation des tensions sociales pourrait finalement handicaper le Parti socialiste. En effet, si le PS ne parvenait pas à offrir un débouché à une certaine radicalité qui s'exprime aujourd'hui dans tous les milieux sociaux, c'est le NPA qui couperait définitivement les jarrets de la gauche. Mais ce scénario catastrophe nous pouvons encore l'éviter.


La responsabilité du PS et de la gauche

Les éditoralistes ont noté la mobilisation forte du « cortège » socialiste à l'occasion du mouvement. Le point fixe entre Alternative Libertaire et Lutte Ouvrière au Cirque-d'Hiver était effectivement assez marquant, mais n'oublions pas non plus la présence du PS dans de nombreux défilés en province, de manière plus massive qu'avant (car il faut bien dire que les socialistes manifestaient en général jusqu'ici plus facilement en province que dans la capitale).

Mais le simple retour du Parti socialiste dans la rue aux côtés des salariés n'est pas une fin en soi, elle est nécessaire pour rappeler que le Parti socialiste est l'héritier du mouvement ouvrier français et qu'il doit à l'avenir de nouveau se ré-ancrer dans les revendications sociales, alors que les catégories populaires souffrent déjà depuis longtemps de la dégradation de leurs conditions et que nous assistons au décrochage des classes moyennes. Mais enfin, le Parti socialiste doit avant tout être le moteur d'une dynamique qui peut mener enfin à une alternative politique.

Au regard de la plate-forme syndicale pour ce 29 janvier 2009, il n'est pas inutile de noter les correspondances avec le contre-plan de relance présenté le 21 janvier dernier par Martine Aubry et le secrétariat national du PS. Le Parti socialiste ne peut plus se voir opposer qu'il ne présente pas de propositions, et c'est déjà l'un des acquis majeurs de la nouvelle direction du Parti socialiste. La lutte engagée par ailleurs à l'Assemblée nationale prouve également que depuis décembre, les groupes parlementaires socialistes & apparentés mènent une opposition plus résolue au gouvernement et à la majorité UMP, rencontrant dans cette bataille les aspirations d'une partie de la population contre le régime sarkoziste ; et c'est le deuxième acquis majeur de l'équipe menée par la première secrétaire du Parti socialiste.

Mais il va falloir aller au-delà. Le contre-plan du PS vise à répondre à l'urgence de la crise, à de plus le mérite de démonter les faux-semblants de l'action gouvernementale, démontrant que dans l'immédiat une autre politique est possible pour relancer l'activité. Mais les 50 milliards d'euros proposés pour l'année 2009 (de manière virtuelle car nous ne sommes pas aux responsabilités) ne font pas une doctrine ou une politique durable ; nous pouvons souligner les convergences qui existent avec les plans britanniques, espagnols, américains et allemands comme le faisait Martine Aubry sur France 2 le soir du mouvement, mais cela ne sert pour le moment qu'à démontrer l'isolement, l'aveuglement et le ringardisme des conservateurs français.

Le dur est devant nous. Les débats qui ont commencé à s'ouvrir à l'occasion du congrès de Reims doivent impérativement être assumés : Quelle alternative à la logique néo-libérale ? Quel contenu donner à l'économie sociale et écologique de marché ? Comment sortir du libre-échange généralisé pour créer les conditions du « juste échange » ? Comment changer le cours de la construction européenne pour que l'union devienne un agent actif de l'économie mondiale et protège enfin ces citoyens ? Comment promouvoir une société d'émancipation collective et individuelle ?

Dans ces débats, rien ne sera évident : la dépolitisation du Parti socialiste a laissé des traces durables, la porosité du grand parti de la gauche française à l'air du temps libéral (sous prétexte de respectabilité gouvernementale) a durablement éloigné le Parti socialiste de sa base sociale, la présidentialisation des institutions ont créé des dégâts catastrophiques dans le Parti impliquant qu'aujourd'hui encore certains réservent leurs coups les plus durs leur camp alors que l'unité sociale et politique était au rendez-vous du 29 janvier. Le Parti socialiste doit se rassembler dans la construction d'un projet alternatif et il peut y être aidé par la déconfiture complète des vieilles lunes libérales.

À partir de là, il doit proposer à la gauche sociale et politique de se coordonner pour rendre efficace sa lutte contre l'action du gouvernement Sarkozy. Alors qu'à l'Assemblée nationale, la motion de censure socialiste a rassemblé à elle les voix des verts, des radicaux, des communistes et même du Modém, sur des orientations économiques et politiques, il vient de la responsabilité de tous les autres partenaires de la gauche de choisir désormais si le Parti socialiste doit être considéré comme un ennemi de classe. Et il ne suffira pas à Olivier Besancenot de dire que tolérer dans la rue les socialistes est l'alpha et l'oméga de sa conception de l'unité d'action : cette stratégie ne peut conduire à terme qu'à se constituer un petit fond de commerce tranquille fondé sur la protestation, en empêchant la gauche de devenir majoritaire et de lui redonner une possibilité de transformer le quotidien des gens.

Aujourd'hui toute la gauche est face à ses responsabilités ; elle a pour impérieuse obligation de rechercher ensemble les voies d'une alternative politique au néo-libéralisme. Que ceux qui veulent mettre les mains dans le cambouis le disent haut et clair. Déjà certains commencent à perdre leurs illusions sur les chances de créer un « front » à la gauche du PS : Jean-Luc Mélenchon et son Parti de Gauche en synergie avec le Parti communiste de Marie-George Buffet viennent de se voir rejetés par le NPA d'Olivier Besancenot qui ne semble « pas intéressé par un score à deux chiffres » aux élections européennes.

Nous ne pouvons pas nous satisfaire de ces discours de feux qui n'allument en définitive aucun espoir. Nous ne pouvons pas plus reproduire à l'avenir les rapports convenus entre les différentes organisations issues de la Gauche plurielle, qui bien que gérant ensemble la grande majorité des collectivités françaises se sont montrées incapables jusqu'ici (en 1981 et en 1997) de produire autre chose des accords entre les deux tours des élections nationales pour constituer une majorité et rédiger un programme de gouvernement. D'ici 2012, il nous faudra travailler ensemble à un programme commun de toute la gauche si nous voulons créer une dynamique, ce qui implique que nous créions les conditions d'un véritables dialogue politique entre organisations et ente militants de ces organisations.

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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 16:10
Chronique
Une naissance dans le zoo socialiste, par Dominique Dhombres
LE MONDE | 01.12.08 | 13h28

e congrès de Reims n'était pas seulement un combat de dames. Il y avait aussi un homme en compétition. Ces deux femmes lui faisaient de l'oeil. Cela aurait pu produire un effet comique, dans un congrès qui ne l'était guère. Un homme encore jeune courtisé par deux femmes plus mûres. Mais Benoît Hamon est tout sauf le personnage de Chéri imaginé par Colette. Il veut être aimé pour ses idées, non pour lui-même. Il y met une sorte de point d'honneur. Il était l'invité d'Anne-Sophie Lapix, dimanche 30 novembre, sur Canal+. "Les idées que j'ai défendues à l'occasion de ce congrès étaient en résonance avec ce qui se passe dans la société : les plans sociaux, les licenciements, la casse du service public. Ces idées-là ont pris beaucoup plus de poids, et bon nombre de solutions qu'on développait depuis plusieurs années ont acquis beaucoup de légitimité et de crédibilité aujourd'hui. On parle à nouveau de nationalisation, de redistribution, d'impôt", disait-il. L'hôtesse insistait : n'est-il pas simplement le jeune de service dans un parti vieillissant ? "Si le PS pense qu'il va s'en sortir avec juste une opération de façade, il se trompe", répliquait-il. Les idées, les idées seulement, pas les personnes ! "Je ne veux pas d'un parti toujours concentré sur cette maudite élection présidentielle", disait-il encore. Il ne se voit pas en candidat à l'Elysée. Il veut échapper à cette obsession qui est manifestement celle de Ségolène Royal. Il est cependant admiratif devant l'obstination de cette dernière. "Je lui reconnais une détermination et un courage assez rares dans la vie politique française", dit-il. Ses préférences vont bien entendu à Martine Aubry, mais il ne lui accorde pas un chèque en blanc. Il attend de savoir quelles seront ses priorités. Il a une phrase étonnante à ce propos. "De ce congrès, il est sorti une ligne politique", dit-il. A gauche, bien entendu. Il est bien le seul à avoir perçu le phénomène. Toujours la préséance des idées sur les personnes. C'est peut-être de l'autosuggestion. Là où tout le monde a vu une foire d'empoigne, Benoît Hamon a senti l'émergence d'une ligne politique. Est-ce que Martine Aubry lui a proposé le poste de numéro deux du parti ? Non, elle ne l'a pas fait. Il dit cela avec un petit sourire, une satisfaction à peine voilée.
Personne n'aurait pensé, il y a peu de temps encore, à lui poser une telle question ! Ségolène Royal lui avait également demandé, avant le congrès, de faire partie de son équipe. Le congrès de Reims a été un désastre pour l'image du Parti socialiste dans l'opinion, mais il n'a visiblement pas été perdu pour tout le monde. Il y a eu le combat frontal des deux éléphantes. Mais aussi, dans le zoo socialiste, la naissance d'un éléphanteau.
Dominique Dhombres
Article paru dans l'édition du 02.12.08
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21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 16:39

Plus de 30 000 militants ont porté leur suffrage sur Benoît Hamon au poste de premier secrétaire du PS. La décision prise pour le second tour est dictée par l'intérêt de la gauche.

Nous sommes confrontés à une situation extrêmement difficile pour celles et ceux qui attendent de la gauche une alternative à la politique de la droite et des propositions pour sortir de la crise financière.
Ce scrutin, en cohérence avec celui sur les motions, exprime deux volontés constantes des militants socialistes. La première c'est la volonté d'un ancrage clair à gauche du parti socialiste et la seconde, une volonté forte de renouvellement.
En cela le parti socialiste est encore en chantier. Il est confronté à des difficultés considérables pour s'adresser aux milieux populaires. Il est temps de jeter des ponts entre les socialistes et la société, entre les autres composantes de la gauche et entre les socialistes eux-mêmes.

Cette décision est également éclairée par une situation qui se présente à nous seulement tous les dix ou vingt ans : celui d'un choix de culture éminemment politique.
Il est acquis que dès demain le parti socialiste changera. L'enjeu est de savoir quelle orientation prendra ce changement.
Pour avoir un parti ancré à gauche, qui affirme son attachement au rassemblement de la gauche et travaille au renouvellement des pratiques et des comportements ainsi qu'à l'approfondissement de la démocratie.
Nous appelons à voter massivement pour Martine Aubry.

Ce Congrès n'est que le premier acte d'un profond mouvement qui puise ses racines dans la société elle-même et que nous avons la responsabilité de le faire vivre au sein de notre parti. C'est pour cela que nous devons lui donner force et vigueur en appelant dès le lendemain du congrès les Français à nous rejoindre.
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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 15:51
Emmanuel Maurel, premier secrétaire fédéral

6 bonnes raisons de voter Emmanuel Maurel

  • Emmanuel Maurel représente le renouvellement et l'ancrage à gauche nécessaire à cette fédération. L'orientation politique qu'il défend depuis toujours dans la fédération ne souffre d'aucune ambiguïté, il refuse les alliances à la carte localement avec le MODEM ; à 35 ans, il apportera un vent nouveau dans la fédération ;

  • Emmanuel Maurel permettra de mettre en place une équipe fédérale pluraliste dans cette fédération, car sa candidature est encouragée par des camarades de toutes les sensibilités du Parti ;

  • Emmanuel Maurel pourra promouvoir une fédération socialiste plus conviviale car il n'a jamais pris part aux disputes existant entre les grands élus et barons locaux du PS Val d'Oise qui minent notre action politique ;

  • Dominique Lefebvre et Alain Assouline représentent tous les deux la direction fédérale sortante dont le bilan est très insuffisant, notamment en termes de communication (la délégation d'Alain Assouline), de débat politique et d'ouverture sur le mouvement social et la société civile ;

  • La candidature d'Emmanuel Maurel permet de ramener à lui des camarades de la motion A en rupture avec Dominique Lefebvre qui auraient pu sinon voter pour Alain Assouline. La candidature d'Alain Assouline, comme celle de Ségolène Royal, représente une rupture avec le Parti démocratique, Parti des militants que nous connaissons, que nous défendons et que nous voulons renforcer ;

  • La candidature d'Emmanuel Maurel offre une alternative au duel Dominique Lefebre vs Alain Assouline, les deux sortants de la fédération. Si vous voulez marquer clairement votre choix d'une fédération militante, active, conviviale et fraternelle, portez vos voix pour permettre à Emmanuel Maurel d'être présent au 2nd tour le vendredi 21 novembre devant Alain Assouline.


Toujours de bonnes raisons de voter Benoît Hamon

  • Son discours ancré à gauche est clair depuis le début et n'a pas évolué ; il n'a pas eu besoin de s'adapter quand la crise financière et économique que nous annoncions a éclaté aux yeux de tous ;

  • Il n'appartient pas aux écuries qui se disputent le parti derrière Ségolène Royal ou Martine Aubry. Il ne propose pas au parti et aux militants une revanche du vote d'investiture de novembre 2006, un conflit permanent entre les équipes des campagnes présidentielles perdues de 2002 et 2007. Lui seul peut rassembler le parti loin des haines de ses dirigeants actuels qui l'étouffent ;

  • Il est candidat depuis depuis 3 mois au poste de premier secrétaire du PS ; personne ne sera surpris. Il n'a pas mis sa candidature au "frigidaire", il n'a pas hésité jusqu'au dernier instant. Martine Aubry a plusieurs fois proposé de soutenir la candidature de Benoît Hamon tout au long du congrès de Reims, on ne comprend donc pas que ce qui était légitime jusqu'à dimanche 16, 9h50, ne le soit plus aujourd'hui ;

  • Avec lui, le renouvellement réel, des pratiques, des dirigeants, et de la ligne politique, entrera Rue de Solférino. Les militants se sont exprimés à la fois pour l'ancrage à gauche et le renouvellement, Benoît Hamon conjugue ses deux aspirations. Il peut jeter des ponts entre socialistes, entre les socialistes et la gauche, entre les socialistes et le mouvement social, et enfin offrir un discours clair aux Français qui attendent désespèrement que les socialistes s'occupent d'eux plutôt que des querelles de personnes ;

  • L'argument du « vote utile » est invalide. En effet, soit Ségolène Royal est capable d'emporter une majorité dès le 1er tour et alors le fait qu'il y ait une ou deux candidatures ne change rien. Soit elle n'en est pas capable et alors les deux candidatures permettent de rassembler des voix qui se reporteront au 2nd tour soit sur Martine Aubry, soit sur Benoît Hamon. Benoît Hamon va d'ailleurs pouvoir recevoir des voix venant de la motion A qui n'auraient pas voté Aubry au premier tour et inversement.

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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 11:32
L'appel pro-Aubry de Delanoë: "une logique du règlement de comptes" (Hamon)

PARIS, 17 novembre 2008 (AFP) - Benoît Hamon, candidat au poste de premier secrétaire du PS, a jugé "décevant" l'appel de Bertrand Delanoë à voter pour Martine Aubry lors de l'élection du chef du parti jeudi, qui montre que "la vieille logique du règlement de comptes prend le pas sur le renouvellement".

"C'est décevant (...). La vieille logique du règlement de comptes prend le pas sur le renouvellement", a déclaré le jeune eurodéputé lors d'une rencontre avec la presse.

Selon M. Hamon, "le vieux parti va continuer à régler ses comptes, avec d'un côté la bande qui a peur de se faire prendre le parti, et de l'autre, Ségolène Royal, soutenue par les fédérations des Bouches-du-Rhône et de l'Hérault où Georges Frêche a annoncé sa prochaine réintégration au PS" en cas de victoire de la présidente du Poitou-Charentes.

Le candidat a dénoncé "un esprit de revanche" qui prévaut tant chez Mme Aubry et M. Delanoë que chez Mme Royal. Selon M. Hamon, "le camp perdant" lors de l'élection du premier secrétaire "mettra en oeuvre dès le 21 ou le 22 novembre une stratégie d'empêchement pour éviter que l'autre ne prenne l'avantage en vue de la présidentielle de 2012".

"Ma candidature a l'avantage de jeter des ponts entre nous. Je ne suis pas dans leurs querelles", a-t-il affirmé.

Commentant l'initiative de M. Delanoë, l'eurodéputé s'est déclaré "un peu déçu du décalage" entre les témoignages de soutien qu'il dit recevoir de cadres et militants pro-Delanoë "et cette pièce d'un théâtre d'ombres qu'on nous rejoue indéfiniment".

M. Hamon a précisé qu'en cas de 2e tour --la seule hypothèse crédible, selon lui-- et s'il n'était pas l'un des deux finalistes, il "donnerai(t) une consigne de vote".

Il a ironisé sur l'étiquette de "candidat de la gauche du parti" dont il est affublé. "Personne n'ose dire: la droite du parti, c'est Ségolène Royal".

Hamon pense être au "deuxième tour", de préférence face à Royal

NOUVELOBS.COM | 17.11.2008 | 18:27

L'eurodéputé candidat à la direction du Parti socialiste estime ainsi qu'un tel duel permettrait de proposer "un vrai choix" aux militants. Le premier tour du vote est prévu jeudi pour sortir le parti au plus vite de la crise de leadership.

Benoît Hamon (Sipa)

Benoît Hamon (Sipa)

Lors de l'élection du du nouveau premier secrétaire du Parti socialiste, prévue jeudi, Benoît Hamon, candidat à la direction du PS représentant la gauche du parti, estime qu'il pourra "être au 2e tour". "Je pense que j'y serai", a déclaré l'eurodéputé, lundi 17 novembre sur France Inter.
Le meilleur cas de figure étant, pour lui, un duel avec Ségolène Royal plutôt qu'avec Martine Aubry, pour proposer "un vrai choix" aux militants.
Benoît Hamon dit avoir "des proximités évidentes" avec la maire de Lille, "mais ça ne suffit plus, je pense que celles et ceux qui ont été acteurs des querelles depuis 20 ans ne sont plus les mieux placés pour permettre au PS de se reconstruire".

Le parti est atteint "par le poison présidentiel"

Il a également déclaré qu'il fallait "incontestablement" revoir les règles de fonctionnement du PS. Le parti est atteint "par le poison présidentiel qui veut qu'aujourd'hui, on pourrait avoir une cohabitation à la tête du PS", c'est-à-dire "un premier secrétaire qui ne dispose pas de majorité".
Selon lui, l'avenir du PS repose sur "l'ancrage à gauche" ainsi que "le "renouvellement et la rénovation". Il a indiqué vouloir "jeter des ponts entre les socialistes" mais aussi entre les socialistes et "le reste de la gauche" et "le mouvement social"
"Il faut faire en sorte qu'il y ait un peu de mixité générationnelle au PS, ce qui n'est absolument pas le cas aujourd'hui, mais aussi une mixité sociale des origines", a-t-il aussi jugé.
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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 12:13

Le congrès de Reims aurait pu offrir aux socialistes une occasion de sortir de l'embourbement politique dans lequel ils se sont enfoncés depuis 11 ans et plus encore depuis 2002. Depuis plusieurs années, les responsables socialistes ont fui les débats qui divisaient le parti, ils ont habitué les militants socialistes à des choix reposant essentiellement sur des questions de personnes ou sur des rapports de force fondés essentiellement sur la capacité à distribuer emplois ou investitures électorales. Lors du seul débat interne de fond qu'a tenu à organiser la direction sortante du PS autour de François Hollande, sur le projet de traité constitutionnel européen, les conditions de mise en oeuvre de ce débat l'ont fait versé dans la caricature démocratique, biaisant les résultats de la consultations militantes et ouvrant la voie à une division plus grave encore du PS. La "Une" de Charlie Hebdo en fin de campagne référendaire nationale plusieurs mois plus tard aurait tout aussi bien pu illustrer la qualité des débats qui s'étaient tenus au P, Darth Vador disant de sa voix chuitante et mécanique "si vous votez "non", je détruirai la terre !".

Depuis mars 2008, les différents prétendants (plus ou moins vélléitaires) au congrès du PS ont tous promis un débat de fond qui permette à la fois de règler la question de l'orientation et du leadership, loin des synthèses molles et inopérantes, loin des querelles personnelles. Un tel congrès ils le doivent aux militants socialistes, ils le doivent à toute la gauche, ils le doivent aux catégories populaires et moyennes qui désespèrent qu'une alternative crédible, forte et ambitieuse émerge enfin face au Sarkozisme.

Au sortir du 23 septembre, le nombre et la qualité des motions représentées reflétaient assez bien les clivages sous-jacents au sein du PS depuis de nombreuses années sans sortir d'une identité commune socialiste et auraient pu permettre un débat salutaire ouvrant un choix tout autant salutaire des militants. La motion A avec Bertran Delanoë et François Hollande devéloppant une orientation sociale-libérale libertaire ; la motion B, maintenue de manière quelque artificielle, reflète la préoccupation écologique récente du PS ; la motion C de Benoît Hamon appelle à la lucidité sur les fondamentaux et les conséquences du système capitaliste et réclame un contenu des réformes un peu radical que ce qui se disaient jusqu'alors au PS ; la motion D reflète la tradition ancienne d'un PS social-démocrate ; la motion E de Gérard Collomb et Ségolène Royal traduit une orientation sociale-libérale autoritaire ; enfin la motion F, Utopia, est l'expression d'une sensibilité marginale mais bien vivante post-matérialiste au sein de la gauche française.

 

C'est pour cela qu'avec Benoît Hamon nous avons appelé depuis la phase des contributions générales du congrès à écarter les faux débats. C’est ce que nous avons fait en adoptant une nouvelle déclaration de principes qui peut être considérée comme une « carte d’identité » du Parti socialiste, un socle ommun sur la base duquel nous devons réfléchir à l’avenir que nous voulons bâtir.
Premier faux débat. On voudrait nous faire croire que s’opposent, au Parti socialiste, artisans et adversaires de l’économie de marché que nous avons tous acceptée depuis longtemps. Pas de collectivistes chez les socialistes mais des partisans d’une « économie sociale et écologique de marché régulée ». Pour nous, la question n’est pas celle de l’acceptation ou non d’un système, mais celle des réponses politiques proposées pour le réguler et redistribuer les richesses. C’est pourquoi nous entendons laisser en dehors de la sphère marchande un certain nombre d’activités correspondant à des droits fondamentaux.
Deuxième faux débat. Les clivages opposeraient les « modernes » aux « archaïques ». Comme si la modernité se résumait à la soumission docile aux modèles dominants imposés par ceux qui en bénéficient et l’archaïsme s’incarnait dans l’espoir d’une réduction des inégalités. La modernité ne peut être entendue comme l’acceptation d’un libéralisme aujourd’hui dépassé.
Troisième faux débat. Les socialistes se diviseraient entre « audacieux » - ceux qui voudraient « lever les tabous » - et « timides » - ceux qui voudraient « occulter certains problèmes ». Nous devons être en capacité d’aborder collectivement l’ensemble des débats. Pour autant cela ne peut signifier qu’il y aurait un courage politique particulier à parler de sujets relevant traditionnellement du champ lexical de la droite !
Quatrième faux débat. Les divergences qui existent entre nous opposeraient individualistes et collectivistes. Pour nous, c’est autour d’un projet collectif que s’articule le combat pour les libertés individuelles qui ne peuvent jamais être déconnectées des questions sociales, sans prendre le risque de les voir confisquées par quelques privilégiés. Alors que les conservateurs veulent démanteler le droit du travail afin, justement, de ramener les rapports sociaux à de simples relations individuelles, nous devons combattre avec la même ténacité pour toutes les libertés et tous les droits, qu’ils soient individuels ou collectifs.

 

Parmi ces faux débats peu ont été évité par les tenants des motions issues de la direction sortante (A, B, D, E). En premier lieu, les grands élus locaux issus de la contribution "La Ligne Claire" ont versé dans la caricature dénonçant l'impossibilité que le PS aurait à dépasser le débat entre "révolutionnaires" et "réformistes", enfilant en celà les perles que les médias leur préparent, alors que la déclaration de principes adoptée en juin 2008 mettait un terme définitif à cette interrogation (pour ceux qu'elle agitait encore), que les socialistes français ont fait le choix de la démocratie contre la violence en politique lors du congrès de Tours de décembre 1920, et que l'acceptation de l'économie de marché comme outil de production a été réelle dans les années 1980 et a fait l'objet de suffissamment de débats pour que les socialistes n'aient plus à s'en justifier.

Faux débats aussi, sur les audacieux et les timides (intituler sa motion "courage, clarté, créativité" c'est un lapsus quand on lit la liste des signataires)  car qui depuis son poste à la direction du PS a permis d'aborder des débats de fond qui traversait le PS dans ses rivières souterraines sans jamais être débattus (le libre-échange, le rôle et les marges de manoeuvre de la puissance publique, etc.) : personne.

Faux débat encore quand tout au long de la campagne interne du congrès, Bertrand Delanoë lui-même et les intervenants de sa motion dans chaque section insinuent ou dénoncent explicitement qu'eux seuls seraient de véritables "libéraux", défenseurs des libertés publiques et individuelles, quand la gauche du Parti serait finalement dangereusement liberticide (voire en rupture avec l'universalisme) ; j'ai même rencontré un camarade de la motion A expliquant doctement dans une section rurale l'identité existant entre "universalisme" et "libre-échange" et refus de notre supposé "protectionnisme". Outre le fait que la volonté de réactiver le tarif extérieur commun (que seule la motion C propose) afin de rétablir un peu d'équilibre en face de marchés protégés comme ceux des Amériques, du Japon, de la Russie, de la Chine ou de l'Inde (seule l'union européenne s'enorgueillit d'être un passoire commerciale internationale, par choix idélogique d'ailleurs), j'aurais pu lui faire remarquer que la définition "universaliste"et pro-libértés était à géométrie variable : motion A et E prétendent finalement s'aligner sur une "immigration choisie" quand d'autres proposent la régularisation des travailleurs sans-papiers et de leurs familles. Bref, le libre-échange, la libre circulation c'est bon pour les capitaux ou les marchandises mais pour les hommes on repassera !?!

Il serait tellement évident de rappeler les propositions de la motion C en faveur de nouveaux droits et de nouvelles libertés collectives, ici, que je ne le ferai pas.

 

J'aimerais dire quelle est ma conviction profonde sur la manière de refermer la séquence ouverte par Sarkozy en 2007. Je suis convaincu que le président de la République a gagné au printemps 2007 en développant devant les Français sa vision structurée de la société, quand ses adversaires étaient confus donc inquiétants. Avec Sarkozy, tout le monde savait à quoi s'en tenir, pour lui la société se structure en fonction de "gagnants" et de "perdants" ; la séquence électorale l'a amené à faire croire à ceux qui le voulaient bien qu'avec lui ils feraient partie des "gagnants"et il était évident que la réalité du sarkozisme ferait apparaître rapidement la supercherie.

Mais face à cela la candidate de la gauche a inquiété par son absence de vision cohérente, et sa façon de courrir après le candidat de la droite (Nation, Valeur travail, drapeau, sécurité, etc.) ; faisons lui grâce que le PS n'était pas exempt de reproches : l'absence de travail de fond mené par François Hollande n'avait aucunement permis à ce parti de proposer quelque chose de concret, il a même pavé la voie à l'émergence de Ségolène Royal, transformant aux yeux des médias et d'un peuple de gauche déboussolé ce qui n'était que de pâles intuitions (souvent fausses d'ailleurs) en vision audacieuse. On l'a vu dénoncer l'assistanat plutôt que défendre et rénover la solidarité, proposer la casse de la carte scolaire plutôt de renouveller le contrat républicain pour l'école.

Mais aujourd'hui cela continue. Quand la motion E prétend défendre une VIème République parlementaire, son premier signataire Gérard Collomb et François Rebsamen et actuel n°2d u parti proposent l'alignement du PS sur la présidentialisation et les institutions de la Vème République. On ne peut pas un jour expliquer que proposer la généralisation des 35h était une erreur, que parler d'un SMIC à 1500€ en 5 ans était une erreur, puis annoncer en meeting musical sa volonté d'interdire les licenciements !

Martine Aubry, elle-même n'est pas exempte de confusion. Il faut être sérieusement solide pour comprendre ce qui justifie les alliances locales avec le MODEM quand on les refuse tout aussi catégoriquement que la motion C au niveau national, sur des arguments comparables. Le discours de ses soutiens dans la sections sur "nous ne voulons pas d'une minorité de gauche dans le parti, qui aiguillonnerait de l'extérieur la majorité, nous voulons que le PS soit à gauche" est d'un ridicule quand on a vu comment Jean-Christophe Cambadélis et elle ont refusé de travailler avec Benoît Hamon et Marie-Noëlle Lienemann alors que cette solution aurait bien sûr évité la "stigmatisation" réthorique contre l'odieuse et infréquentable "gauche du parti" mais au contraire aurait placé l'ancrage à gauche au coeur du PS !

 

Il apparaît aujourd'hui que ces infréquentables, ces trublions sont désormais à la mode, remis au goût du jour par une crise financière mais plus largement un crise du capitalisme, dont ils n'avaient cessé de démontrer les failles dangereuses. Aujourd'hui, les dirigeants sortants du PS semblent redécouvrir la "pierre philosphale" de la régulation et de la limitation du libre-échange, dénonçant la supercherie sarkozienne de son discours régulateur international quand il continue à déréglementer à tour de bras dans le pays. Que ne l'ont-ils fait plus tôt car à force d'avoir accompagné le discours ambiant des 15 dernières années, ces socialistes-là ne sont plus crédibles pour revendiquer comme leurs les positions de fond d'une sociale-démocratie efficace et volontariste ; les Français semblent aujourd'hui plus enclins à croire la conversation internationale de Sarkozy que la sincérité de la redécouverte par les Delanoë ou les Royal des outils du socialisme démocratique.

Alors il faut leur proposer une transformation réelle et un peu enthousiasmante. Le congrès de Reims ne sera réellement utile que s’il permet de clarifier les orientations stratégiques de notre Parti. Les ambiguïtés sont en effet loin d’être levées. Nous revendiquons une stratégie claire de refus d’alliance avec le centre. Nous proposons d’engager une démarche politique pour l’émergence d'un "Parti de la Gauche".

Voter pour la motion C "Un monde d’avance" c’est :

1) Affirmer une orientation à gauche pour notre parti. La Gauche est victorieuse lorsqu'elle est la Gauche, comme en 1981 ou en 1997. Elle est défaite lorsque les électeurs ne savent plus qui elle est, comme en 2002 ou 2007. Pour gagner en 2012, le PS doit donc s'affirmer à gauche.
2) Vouloir un changement réel par rapport à la direction sortante du PS dont sont issues les 3 autres principales motions.
3) Faire le choix du renouveau : le PS a besoin d’un nouveau souffle, d’un sursaut, que porte la candidature de Benoît Hamon plus que toute autre.

Ce Congrès doit être celui du changement d’orientation et de pratique du parti. Il n’y aura pas de vote utile car il n’y aura pas de motion qui dépassera les 50% des suffrages exprimés le 6 novembre au soir. Il n’y a aura pas de motion qui, plus que la nôtre, aura rassemblé ce qui semblait épars sur une même ligne politique. La motion propose le rassemblement autour d’un candidat de 41 ans, fil d’ouvrier et fier d’être de gauche. Les militans socialistes ne doivent pas se faire voler ce Congrès. Le 6 novembre ils peuvent voter en fonction de lerus convictions ; le choix des personnes, ne viendra que dans un second temps.

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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 11:11

Hamon se voit figurer dans le tiercé de tête des motions

Nicolas Barotte, notre envoyé spécial à Lille - Le Figaro - 23/10/2008
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Le contexte de crise économique semble favorable à Benoît Hamon, ici en compagnie de Martine Aubry, lors de l'assemblée générale de présentation des motions, le 16 octobre dernier.Le contexte de crise économique semble favorable à Benoît Hamon, ici en compagnie de Martine Aubry, lors de l'assemblée générale de présentation des motions, le 16 octobre dernier. Crédits photo : AFP

Le député européen a participé, jeudi, à un débat à Lille avec Martine Aubry, Vincent Peillon et Bernard Roman.

Dans le camp de Bertrand Delanoë et François Hollande, on s'est penché sur le cas Benoît Hamon. «J'ai voulu savoir s'il y avait vraiment une dynamique en sa faveur», raconte un des experts pointeurs de l'équipe. Le contexte de crise économique internationale semble favorable au député européen de 41 ans, qui a réussi à fédérer la gauche du PS derrière lui. Sa motion est la plus dure contre le libéralisme des six motions en lice pour le congrès de Reims. Durant les réunions, il rencontre le succès à l'applaudimètre, comme à Paris le 7 octobre par exemple. Mais la main sur le cœur, l'expert delanoïste assure : «Il n'y a pas d'effet, sauf à la margeA priori, il devrait rester en quatrième position, derrière Delanoë, Royal et Aubry : sa candidature au poste de premier secrétaire n'est pas jugée suffisamment crédible.

Benoît Hamon veut croire le contraire. «Je postule au tiercé et au podium. Je pense qu'un des 3 gros textes sera derrière nous», a-t-il lancé la semaine dernière à Marseille. Il s'en donne les moyens en enchaînant déplacement sur déplacement. S'il s'est entouré d'une équipe de jeunes responsables pour mener campagne avec lui, ses soutiens les plus significatifs, mais aussi les plus marqués politiquement, veillent à rester discrets. Difficile d'incarner le renouvellement si l'on s'affiche avec Henri Emmanuelli, Jean-Luc Mélenchon, Paul Quilès ou Marie-Noëlle Lienemann, quelles que soient leurs qualités.

 

Une rude concurrence

Jeudi soir, il était à Lille pour un débat entre les représentants de chaque camp, devant quelque 200 militants. Face à lui, il y avait la maire, Martine Aubry, pour défendre son texte, le président du conseil général du Nord Bernard Roman, l'un des opposants les plus farouches à Aubry, pour le texte de Delanoë, et Vincent Peillon, bras droit de Ségolène Royal. La fédération du Nord est l'une des plus importantes du PS et l'une des plus surveillées aussi.

Entre Hamon et Aubry, la concurrence est rude : l'ancienne ministre et le député européen nagent dans les mêmes eaux. Plus de régulation, plus d'État… La maire de Lille refuse seulement de le suivre sur le terrain du protectionnisme. Hamon assume : «Il faut mettre des restrictions au libre-échange quand le libre-échange porte atteinte à nos systèmes sociaux

Entre Hamon et Peillon, c'est un jeu de chien et chat. Les deux hommes étaient alliés, il y a un peu plus de 2 ans. En 2002, ils avaient fondé le Nouveau Parti socialiste, un courant de gauche au PS. Mais quand Vincent Peillon a décidé de soutenir la candidature de Ségolène Royal à la présidentielle en 2006, la rupture a été consommée. Dans le train qui les emmène là-bas, les deux hommes échangent impressions et estimations. «Et dans cette fédération, tu nous mets à combien ?» Benoît Hamon s'interroge aussi : Ségolène Royal sera à Toulouse le même jour que lui la semaine prochaine. «On peut peut-être essayer de se voir ?» Au bout du compte, tout le monde va devoir parler avec tout le monde.

À deux semaines du vote des militants, Benoît Hamon joue sur du velours. «Il est sûr de faire un bon congrès», estime-t-on au PS. C'est-à-dire obtenir un résultat qui lui permette de peser. Avec lui, il n'y a pas «de contentieux», explique-t-on chez Delanoë, Aubry, voire Royal. Il est courtisé. Pas de quoi en faire un premier secrétaire, pense Vincent Peillon.

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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 13:56

Hamon : "Le Modem ne sera jamais un partenaire du PS"

NOUVELOBS.COM | 28.09.2008 | 18:08

Invité des forums de nouvelobs.com, l'un des candidats à la direction du Parti socialiste, à la tête d'une motion pour le Congrès de Reims, a balayé l'éventualité d'une alliance avec le parti de François Bayrou pour l'élection présidentielle de 2012.

Benoît Hamon (Sipa)

Invité des forums de nouvelobs.com, vendredi 26 septembre, Benoît Hamon, candidat à la direction du Parti socialiste et député européen, a balayé l'éventualité d'une alliance avec le Modem de François Bayrou pour la prochaine élection présidentielle de 2012, affirmant que "le Modem ne sera jamais un partenaire du PS".
"A propos des alliances, je suis favorable au rassemblement de la gauche", a répondu Benoît Hamon, interrogé sur un rapprochement du Parti socialiste avec le Modem. "Le reste m´apparait hasardeux électoralement et inacceptable politiquement", a également affirmé celui qui présente l'une des 6 motions socialistes, "Un monde d'avance", pour le Congrès de Reims.

Peyrelevade dans le viseur
"Quand on évoque le Modem, sachons au moins de quoi on parle", a-t-il poursuivi. "Le Modem a un vice-président en charge des questions économiques, Monsieur Peyrelevade, qui propose ni plus ni moins que d´administrer à la France un véritable plan de rigueur caractérisé par le transfert de 5 points de PIB des ménages vers les entreprise", a-t-il ensuite expliqué.
"Il ne sert à rien d´en dire davantage", a-t-il conclu avant de lancer que "le Modem ne sera jamais un partenaire du PS".

Déficit de popularité
Questionné par ailleurs sur son déficit médiatique par rapport aux autres prétendants à la succession de François Hollande (Bertrand Delanoë, Ségolène Royal et Martine Aubry), Benoît Hamon a déclaré que c'était "une difficulté incontestable".
"Je ne nie pas que dans certaines rédactions, la motion et le courant de pensée que je représente sont systématiquement caricaturés et minorés", a-t-il expliqué, estimant que "le référendum de 2005 n´a rien changé".
Le député européen a cependant jugé que sa "candidature au poste de Premier secrétaire devrait en partie combler ce déficit" même s'il ne peut "pas empêcher certains médias et journaux de faire leur choix".
"J´ai récemment été invité à Mots croisés [une émission politique en 2ème partie de soirée, ndlr] sur France 2", a-t-il ensuite rappelé, précisant que "France 3 ou Canal+ (lui) ont régulièrement ouvert leur antenne".

> Lire toutes les réponses de Benoît Hamon
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23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 13:36

Benoît Hamon candidat au poste de premier secrétaire

NOUVELOBS.COM | 23.09.2008 | 14:11

Le député européen est "le premier signataire" d'une motion rassemblant la gauche du parti: le NPS, Marie-Noëlle Lienemann, Pierre Larrouturou ou encore Jean-Luc Mélenchon. Il compte "changer l'orientation du parti et construire une nouvelle majorité" qui "refuse la mondialisation libérale".
Les différentes motions en vue du congrès de Reims sont présentées cet après-midi.

Benoît Hamon (Sipa)

Benoît Hamon (Sipa)

Le député européen Benoît Hamon, chef de file de la gauche du PS, a annoncé mardi 23 septembre son intention de "présenter au Conseil national" du PS, ce mardi, sa candidature au poste de premier secrétaire, pour "changer l'orientation du parti".
"Il faut changer l'orientation du parti et construire une nouvelle majorité" qui "refuse la mondialisation libérale", estime le leader du Nouveau PS (NPS), 41 ans.

La gauche du parti

"Dès lors que nous postulons à construire une majorité nouvelle, il est légitime d'avoir un candidat et logique et naturel que je propose au Conseil national ma candidature au poste de premier secrétaire", a ajouté Benoît Hamon, ex-secrétaire national du PS à l'Europe.
Il sera, a-t-il précisé, "le premier signataire" d'une motion rassemblant diverses forces de la gauche du parti, notamment l'ex-ministre Marie-Noëlle Lienemann, mais aussi l'ex-rocardien Pierre Larrouturou, promoteur de la semaine de quatre jours et le sénateur Jean-Luc Mélenchon.
"Je propose au PS de faire quelque chose de vraiment neuf. L'âge du premier signataire de notre motion marque une volonté de renouveler le parti et de faire qu'il ne soit pas confisqué par une génération", a affirmé ce quadragénaire.

Quatre orientations politiques

Selon Benoît Hamon, sa candidature portera quatre orientations politiques: "retour de la puissance publique dans le champ économique; restrictions indispensables au libre échange là où il met à mal la protection de l'environnement et les droits des salariés et des citoyens; exigence d'une nouvelle répartition des revenus entre le travail et le capital; vraie réorientation de la construction européenne".
"Aujourd'hui, un vent nouveau souffle en faveur de nos thèses, car la situation de crise internationale démontre l'échec des solutions libérales", a encore affirmé Benoît Hamon. "Cela fait longtemps qu'on dénonce la logique folle de la mondialisation libérale et la dérégulation tous azimuts".
"Nous avions anticipé les métamorphoses du système économique. Il faut que le PS ait la capacité à répondre avec un temps d'avance à ces mutations, et à ne plus subir la domination de la droite", a tranché l'eurodéputé.

Manifestation sur La Poste

Il devait participer mardi après-midi à la manifestation syndicale contre le changement de statut de La Poste, en compagnie d'Henri Emmanuelli, leader historique de la gauche du PS, qui lui a passé le témoin en se plaçant, sur la motion, derrière Benoît Hamon.
Fils d'ouvrier - ce qui est rare au PS - ex-président du MJS, Benoît Hamon avait été avec Arnaud Montebourg et Vincent Peillon co-fondateur du NPS. Il a aussi été conseiller de Martine Aubry quand elle était ministre des Affaires sociales.
Le sénateur de l'Essonne Jean-Luc Mélenchon a qualifié d'"événement historique" l'unité de l'aile gauche du PS: "c'est la première fois depuis 30 ans que l'aile gauche du parti est rassemblée, alors que la majorité est divisée".(avec AFP)
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