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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. J'anime aussi le groupe d'opposition municipale de gauche "Vivons Bezons" et je suis membre du groupe d'opposition de gauche ACES à la communauté d'agglomération Saint-Germain/Boucle-de-Seine.
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Gauche Républicaine & Socialiste

22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 17:29

J’ai rédigé pour la Gauche Républicaine et Socialiste ce décryptage de l’opération électorale d’Emmanuel Macron sur le thème de la sécurité. C’est un sujet essentiel qui vaut mieux que le plan de comm’ ultra-conservateur qu’il nous a infligé.

Frédéric FARAVEL
conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
coordinateur national des pôles thématiques de la GRS

Emmanuel Macron à Montpellier le 19 avril 2021

Emmanuel Macron à Montpellier le 19 avril 2021

Le plan comm’ se veut parfait. Un entretien « exclusif » dans Le Figaro, pour séduire un lectorat supposé ancré à droite, publié le dimanche 18 avril, un déplacement de terrain à Montpellier le lendemain pour faire de belles images du Président en maraude avec la BAC, quelques phrases chocs et définitives…

Emmanuel Macron a lancé sa campagne électorale et a décidé de placer la sécurité comme point d’entrée,. Il considère que ce thème est idéal pour consolider sa position dans l’électorat de droite et mettre en scène son duel souhaité avec Marine Le Pen. Pourtant, la sécurité qui a toujours été une préoccupation importante de nos concitoyens vaut mieux qu’une mise en scène d’opérette.

Des affirmations contredites par le terrain

Emmanuel Macron affirme « se battre pour le droit à une vie paisible ». Il a donc d’abord tenu à défendre son bilan au moment où la France doit faire face, selon lui, « à une forte augmentation des violences sur les personnes, qui visent tout particulièrement les détenteurs de l’autorité ». Il promet de « faire reculer la délinquance partout ». Voilà qui est bel et bon. Il promet de tenir son objectif de 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires avant la fin du quinquennat ; ainsi « chaque circonscription de police aura plus de policiers à la fin du quinquennat qu’au début, sans exception ». Il insiste : « Chaque Français verra plus de bleu sur le terrain en 2022 qu’en 2017. Ça rassure les gens, ça dissuade les délinquants ».

Commissariat de Bezons fermé depuis plusieurs années et inoccupé...

Pourtant la réalité vécue par les élus locaux et nos concitoyens dément chaque jour cette affirmation : nombre d’entre eux pourraient démontrer aisément que les effectifs de policiers nationaux ou de gendarmes ne sont pas au rendez-vous, malgré les recrutements engagés dès le précédent quinquennat. De même, le dispositif “Police de sécurité au quotidien” (appellation technocratique pour ne plus dire “police de proximité”) n’est déployé qu’avec parcimonie… y compris dans des communes populaires pour lesquelles tout justifierait son implantation. Dans les faits, les habitants voient chaque jour les distances croître entre eux et leurs commissariats, alors que pour ces derniers les collectivités locales sont souvent appelées à fournir ramettes de papier et encre pour les imprimantes tant il manque du strict nécessaire administratif quand ce n’est pas tout simplement de matériel d’intervention. Doter les agents de police des moyens de faire leur métier, d’être présents sur le terrain en nombre au quotidien, plutôt que de devoir mettre en œuvre une politique du chiffre qui les éloigne de la population : voilà qui permettrait de prévenir voire d’empêcher les agressions dont ils sont aujourd’hui victimes et d’avoir le soutien et la confiance des habitants, nécessaires pour lutter contre les gangs, trafiquants et ennemis de la République. On en est loin… nous le verrons plus loin, la stratégie impulsée par le gouvernement et la hiérarchie détourne en réalité la police de sa mission essentielle sans lui apporter les effectifs là où ce serait nécessaire.

Expliquant qu’il fallait prendre le temps de former, le chef de l’État veut convaincre « qu’aujourd’hui 4 508 policiers et 1 706 gendarmes ont déjà été recrutés, soit 6 214 membres des forces de l’ordre », auquel il faudrait ajouter 2 000 fonctionnaires supplémentaires en 2021. On voit difficilement en refaisant tous les calculs comment on pourrait atteindre l’objectif des 10 000 postes supplémentaires d’ici la fin de son quinquennat. D’autant plus que lorsque l’on consulte les rapports « performances » des ministères à Bercy, c’est une toute autre réalité qui apparaît : en effet, si les effectifs de police et gendarmerie ont bien progressé de 9 789 postes équivalents temps plein (ETP) entre 2013 et 2017 (avec une légère baisse pour la police nationale sous l’effet du dernier budget Sarkozy), ceux-ci baissent clairement – et de manière plus prononcée pour la police nationale – entre le 31 décembre 2013 et le 31 décembre 2020 pour atteindre un déficit global de 1 109 ETP (voir notre infographie ci-dessous). La communication élyséenne est donc une fois de plus prise en flagrant délit de mensonge. S’appuyant sur le vote de la loi « sécurité globale », dont le cœur vise avant tout à restreindre les libertés publiques plutôt qu’à renforcer la sécurité, il annonce enfin la création d’une réserve de 30 000 hommes dans la police. Emmanuel Macron réitère également sa promesse de renouveler 50% du parc automobile de la police. Promesses, promesses de campagne… On verra si, à ces annonces, il faut appliquer le même ratio que pour les postes claironnés par l’Élysée et ceux qui sont réellement détruits : si c’est le cas, ça pourrait faire mal…

infographie sur les chiffres d'évolution des postes de policiers et de gendarmes fournis par Bercy

infographie sur les chiffres d'évolution des postes de policiers et de gendarmes fournis par Bercy

Cécité volontaire et entêtement dans l’erreur

Après avoir reconnu l’existence de violences policières, il revient à l’affirmation que celles-ci n’existeraient pas : « Il n’y a pas de violence systémique de la police, c’est faux ». Cette déclaration est tout autant électoraliste que les précédentes : elle vise uniquement à s’attirer les bonnes grâces d’un syndicat de police radicalisé, Alliance, qui défend l’impunité a priori des fonctionnaires de police. Là encore, il s’agit d’asseoir une connivence politique et non d’assurer l’efficacité de la police française en garantissant sa respectabilité chez nos concitoyens.

Disposer d’une police républicaine c’est disposer de fonctionnaires de police respectant les principes et la loi républicaine : le racisme n’y a pas plus sa place que la violence. C’est parce qu’elle est républicaine que son action doit être publique. Cela passe par dénoncer la responsabilité de la hiérarchie et du gouvernement inspirant la dérive malsaine, parce que si peu républicaine, dans une partie de la police. Lorsque le préfet de police de Paris, Didier Lallement, affirme devant des caméras de télévision qu’il existe dans la société deux « camps », n’inspire-t-il pas là une culture de guerre civile, incitant les policiers à regarder leurs concitoyens comme de possibles ennemis ? Lorsque le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, « s’étouffe » au mot violence policière, n’entretenait-il pas ainsi une culture de l’impunité mettant la police au-dessus des lois, le contraire même de la République ? La police républicaine doit former ses fonctionnaires, les contrôler, les accompagner et garantir leur conformité aux principes républicains. La GRS a toujours affirmé son attachement à une police républicaine. Nous avons rappelé la nécessité de doter la police des moyens humains, des formations, et des contrôles nécessaires. Nous appelons également à un changement de doctrine, refusant la militarisation à l’américaine initiée par la droite il y a 15 ans, mais amplifiée depuis 2015 par les gouvernements successifs de François Hollande et d’Emmanuel Macron.

Durant des décennies, la police française a été considérée comme un modèle d’efficacité et de pondération, formant à l’étranger des centaines de forces de l’ordre à l’encadrement des manifestations et de certains des débordements qui peuvent malheureusement s’y produire. Depuis six ans, aucune manifestation n’a pu se tenir calmement ; la faute à des éléments radicalisés et agressifs qui visent à chaque fois à détourner les mobilisations syndicales et populaires de leur objet ; mais également à une doctrine d’engagement des forces de l’ordre dont l’objet n’est plus la sécurité des manifestations et des manifestants (en lien avec les organisateurs), mais l’affrontement « viril » avec les casseurs et l’amalgame de ces derniers avec les manifestants pacifiques. Loi Travail XXL, 1er mai, « Gilets Jaunes » … la liste est longue où, sous prétexte d’affronter les black blocs et autres casseurs, ce sont des citoyens pacifiques qui ont été « nassés » et visés par les forces de l’ordre, noyés sous les gaz lacrymogènes et gravement blessés, comme nous ne l’avions plus vu depuis les années 1970 ! Il y a une disjonction totale entre les besoins quotidiens de sécurité et tranquillité publiques réclamées par nos concitoyens qui ne sont pas au rendez-vous et la violence exercée avec des moyens disproportionnés contre l’expression démocratique et constitutionnelle des Français. Le choix électoraliste d’Emmanuel Macron est de poursuivre dans l’erreur en faisant de notre police un outil de « maintien de l’ordre » et non un service public de « gardiens de la paix ».

Sémantiquement et juridiquement, si l’on assemble les éléments de discours de ces derniers mois, couronnés par l’adoption de la proposition de loi « Sécurité Globale », « nous sommes en guerre » avec les mesures prises récemment, « couvre feu » « état d’urgence » « confinement », « Drone », « caméra autorisée sans contrôle », « interdictions de filmer la police », les ingrédients sont réunis pour faire basculer la France dans un régime de contrôle et de contrainte et non de liberté, sans garantir la sécurité ! Au-delà des craintes pour les libertés publiques, l’alourdissement de l’arsenal juridique n’a jamais renforcé l’efficacité de la police. La Gauche Républicaine et Socialiste rappelle son opposition farouche à la loi « Sécurité Globale » (nos deux parlementaires – Marie-Noëlle Lienemann et Caroline Fiat ont d’ailleurs signé la saisine du Conseil Constitutionnel sur ce texte). Nous demandons la tenue d’états généraux de la sécurité où seront redéfinis la doctrine d’encadrement des manifestations et de l’ordre public, les moyens nécessaires accordés à la police et son intégration à un projet de société en lien avec la population. Ces états généraux devront déboucher sur une loi de programmation pluriannuelle pour la sécurité intérieure qui prévoira la montée en puissance des moyens humains, matériels, techniques des forces de l’ordre, de renseignement intérieur et de la justice ainsi que leurs missions prioritaires et le déploiement territorial.

Dans cette opération de communication commencée dimanche dernier, le locataire de l’Élysée n’a pas eu un mot pour la Justice et les moyens dont elle manque cruellement et que l’agitation du Garde des Sceaux ne peut (pas plus que du temps de ses prédécesseurs) masquer. Là encore, le gouvernement Macron-Castex reprend les recettes éculées des conservateurs en annonçant la création mardi 20 avril de 15 000 places supplémentaires de prison… sans se soucier le moins du monde des raisons pour lesquelles celles-ci sont combles, sans rien changer à l’indignité des conditions de vie dans les maisons d’arrêts et sans aucune réflexion sur un système qui, plutôt que réhabiliter les détenus, fabrique des récidivistes souvent plus dangereux à l’issue de leur peine qu’ils ne l’étaient avant…

Emmanuel Macron à Montpellier le 19 avril 2021 (en présence du maire PS, Michaël Delafosse)

Emmanuel Macron à Montpellier le 19 avril 2021 (en présence du maire PS, Michaël Delafosse)

Stupéfiant contre-sens !

Emmanuel Macron semble avoir bénéficié sur la question des drogues d'une illumination soudaine : « La France est devenue un pays de consommation et donc, il faut briser ce tabou, lancer un grand débat national sur la consommation de drogues et ses effets délétères ». On espère que le Président ne découvre pas la situation !? « Ceux qui prennent de la drogue doivent comprendre que non seulement, ils mettent leur santé en danger, mais qu’ils alimentent aussi le plus grand des trafics. On se roule un joint dans son salon et, à la fin, on alimente la plus importante des sources d’insécurité… ». Il ajoute que « 70 000 amendes forfaitaires délictuelles ont été dressées depuis septembre. […] Ça veut dire quelque chose de clair : si vous vous faites prendre comme consommateur, vous savez que vous allez devoir payer et que vous n’allez pas y échapper. Ça change le rapport de force. » Il affirme également se fixer comme objectif d'éradiquer le trafic « par tous les moyens, [c’est] devenu la mère des batailles, puisque la drogue innerve certains réseaux séparatistes mais aussi la délinquance du quotidien, y compris dans les petites villes épargnées jusqu’ici. Ne laisser aucun répit aux trafiquants de drogue, c’est faire reculer la délinquance partout ». On n'est pas loin de l'unité de pensée entre un Didier Lallement, qui accusait une partie des Français d'être responsables des morts du COVID, et un Emmanuel Macron qui dénonce une autre partie comme des complices objectifs des terroristes. On imagine l'efficacité de ce type de déclarations…

Cette façon de présenter les choses est en réalité parfaitement inefficace et contre-productif. La lutte contre le trafic de cannabis mobilise des effectifs importants de policiers et de gendarmes pour des résultats contestables. Elle est selon les études la raison principale des contrôles au faciès (ce qui rappelle au demeurant que les préjugés existent malgré les dénégations du présidents de la République). En effet, les contrôles inopinés d'identité sont justifiés par la hiérarchie policière essentiellement pour détecter des détenteurs de haschisch. Non seulement ce type de contrôles ne débouchent que sur l'écume du trafic réel mais provoquent rancœur et frustration chez ceux de nos concitoyens qui subissent ce qu'ils vivent souvent à juste titre comme une forme de harcèlement. Les forces de l'ordre se trouvent mobilisées pour des opérations à l'efficacité douteuse et qui ternissent leur image auprès d'une partie de la population, dont ils ont déjà du mal à obtenir une confiance pourtant indispensable. Ainsi il serait légitime d'examiner de manière plus appuyée les arguments qui ont poussé de nombreux parlementaires – et notamment Daniel Vaillant, ancien ministre de l'intérieur – à défendre la dépénalisation de la consommation du cannabis et la réglementation de son commerce : outre qu'il libérerait des effectifs de policiers qui pourraient être affectés à des tâches bien plus utiles pour nos concitoyens et à leur contact quotidien (tout en supprimant une source de friction et des zones grises dans les contrôles d'identité au regard de nos principes républicains), la vente réglementée de cannabis telle qu'elle a été mise en place dans d'autres pays d'Europe et d'Amérique du Nord (sans qu'il y ait d'explosion de la consommation) pourrait sous contrôle de l’État devenir une source de recettes pour les pouvoirs publics (comme le tabac) et tarir les recettes de nombreux réseaux criminels et terroristes, contribuant ainsi à la tranquillité publique. Ainsi en affichant un raidissement intransigeant sur le cannabis, Emmanuel Macron énonce un contresens stupéfiant !

Enfin pour Emmanuel Macron, « dire que le haschisch est innocent est plus qu’un mensonge » : « Sur le plan cognitif, les effets sont désastreux. Combien de jeunes, parce qu’ils commencent à fumer au collège, sortent totalement du système scolaire et gâchent leurs chances ? Et je ne parle même pas des effets de glissement vers des drogues plus dures. » Cette toute dernière affirmation n'a aucun fondement scientifique, mais on peut s'attendre à ce que le candidat Macron la répète ad nauseam pour garantir à son propos de l'efficacité. Les effets de la consommation de cannabis n'ont jamais élevé la raison, personne ne dira le le contraire.

Ce serait par contre une erreur dramatique de considérer sa consommation excessive – à tous les âges – comme un objet de sécurité et de répression plutôt que comme une priorité de santé publique. Que dire des effets de l'alcool et du tabac qui en vente libre provoquent lorsqu'ils sont consommés à l'excès des dégâts psychologiques, sanitaires et morbides massifs ! Pourtant ici la morale ne se mêle pas du commerce. Les expériences de prohibition ont toujours été des échecs funestes. La vente du tabac est réglementée bien que le produit soit mortel, elle rapporte des recettes importantes à l’État ; la vente d'alcool non seulement continue de faire l'objet de campagnes publicitaires mais le produit en lui-même sous ces diverses formes est présenté comme un élément constitutif de notre mode de vie. Chacun examinera en conscience la contradiction. En réalité, le fait de considérer les consommateurs de drogue, les toxicomanes, comme des délinquants handicape concrètement les opérations de prévention mise en œuvre par tous les organes de santé publique et les associations. Il est nécessaire et urgent de renverser le point de vue des pouvoirs publics sur ce dossier.

* * * * * * *

Personne ne niera que la violence a progressé dans la société française et que celle qui vise les dépositaires de l'autorité publique, les agents publics en général, a connu une augmentation plus inquiétante encore. Mais sans retomber dans l'excuse sociale de la violence – les faits d'agression contre des policiers ou les attaques de commissariats ne sont pas excusables, leurs auteurs doivent être appréhendés et condamnés –, cette évolution est également corrélée à la progression des inégalités sociales et dans l'accès aux services publics. C'est une situation qui n'est d'ailleurs pas réservée aux seuls quartiers populaires. Ainsi considérer que la restauration d'une plus grande tranquillité publique ne passera que par une logique répressive est une erreur. Nous sommes favorables à ce que l’État fasse un effort de recrutement pour la police nationale et la gendarmerie, encore convient-il comme nous l'avons dit plus haut de veiller à leur formation, à une répartition territoriale répondant aux besoins réels du pays et aux missions précises qu'on assigne à nos forces de l'ordre : nos concitoyens ont besoin de policiers et de gendarmes de proximité qui connaissent les habitants, pas de CRS ou de gendarmes mobiles supplémentaires. D'autre part, comme nous l'avons indiqué plus haut, il serait illusoire d'en rester là… évidemment la question de la justice et de la réponse carcérale (et des alternatives à la prison) ont été trop longtemps négligées et traitées par des opérations « coups de mentons », mais nos concitoyens ont besoin de retrouver confiance dans la promesse sociale et émancipatrice de la République ce qui passe obligatoirement par un New Deal des services publics sur l'école, le logement et la mixité sociale, l'accès au services publics en général, sur la formation, les transports et par une politique volontariste de l'emploi et sur les salaires afin de résorber ghettos sociaux et poches de pauvreté.

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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 08:09
Voila une nouvelle fois la démonstration que rien de particuliers ne s'est levé durant la campagne de Ségolène Royal...

L’indiscutable défaite de Ségolène Royal
Jérôme Jaffré, directeur du Cecop, chercheur associé au Cevipof | 7 juin 2007

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Depuis le 6 mai au soir, on ne sait plus très bien s’il faut considérer le score de Ségolène Royal comme une défaite prometteuse, une quasi-victoire ou un échec sans appel. Le passage aux élections législatives comme les enjeux internes au Parti socialiste ont différé voire empêché d’apporter des réponses à une question pourtant fondamentale. A leur façon et avec leurs limites, les données de sondages recueillies par le Cevipof tout au long de la campagne et au lendemain de l’élection fournissent des données précieuses pour comprendre le vote des Français et apprécier la signification du résultat de Mme Royal.

L’examen de la sociologie du vote permet de constater que Mme Royal réussit à dominer Nicolas Sarkozy dans trois catégories qui jouent un rôle-clef dans la fédération de son électorat : les jeunes, les diplômés et les minorités. Parmi les électeurs de moins de 25 ans, elle recueille 63% des suffrages exprimés, 16 points de plus que Jospin au 2nd tour de 1995, mieux même que Mitterrand en 1988. Parmi les électeurs ayant au moins le baccalauréat comme diplôme, elle atteint 56% des voix. Ce soutien des diplômés est le vecteur du vote en sa faveur des professions intermédiaires (58%), des salariés du public (56%) et de sa bonne tenue dans les grandes villes, où leur poids est important (elle obtient en moyenne 49,7% dans les communes comptant plus de 50 000 inscrits).

Plus spectaculaire encore est le soutien massif des minorités à Ségolène Royal. Parmi les Français qui déclarent avoir un parent étranger, le vote en sa faveur est de 56%, parmi ceux qui n’ont qu’un grand- parent étranger, il tombe à 52%, et parmi les Français sans ascendance étrangère (qui représentent les trois quarts de la population), il n’est plus que de 45%.

Mais les données du Cevipof permettent d’être plus précis encore. Parmi les électeurs ayant une origine étrangère provenant des autres pays européens, le score de Mme Royal est de 48%, et parmi ceux qui ont une origine étrangère provenant d’un pays africain, il monte à 76% contre 24% seulement à Nicolas Sarkozy. Ces indications se trouvent confirmées par les données électorales que l’on relève dans beaucoup de communes ou de cantons de Seine-Saint-Denis ou du Val-de-Marne. Il faut prendre conscience que, dans l’isoloir, deux France se sont opposées. Du côté des catholiques pratiquants, Nicolas Sarkozy a recueilli 77% des suffrages exprimés et sa rivale 23% ; du côté des musulmans, Ségolène Royal atteint... 94% des suffrages exprimés et son adversaire 6%.

Le 6 mai, Ségolène Royal a ainsi fédéré le vote des "insiders" (les diplômés, les habitants des grandes villes, les salariés du public) et des exclus (les minorités et les jeunes, qu’on peut d’une certaine façon y classer). Il est frappant de constater que, selon la facilité avec laquelle on déclare s’en sortir sur le plan financier, la candidate socialiste ne l’emporte que dans les 2 catégories extrêmes : les personnes qui s’en sortent très difficilement, comme il est classique pour la représentante de la gauche (mais à seulement 51%), et aussi celles qui déclarent vivre "très facilement", comme cela est moins attendu (plus nettement, à 54%). Sachant que l’essentiel des Français vit "difficilement" ou au mieux "facilement", l’alliage des "insiders" et des exclus s’est révélé minoritaire.

Ségolène Royal a échoué à recueillir une majorité des voix au sein de la France modeste, âgée, non urbaine et ouvrière. Les électeurs qui ont arrêté leurs études avant l’âge de 20 ans ont voté en grande majorité pour son adversaire (58%), ceux qui les ont poussés au-delà ont voté pour elle à 52%. Les personnes âgées de plus de 65 ans lui ont massivement refusé leur soutien (seulement 33% des voix). Dans cette catégorie, la gauche est 7 points en dessous de son score du 2nd tour de 1995. Si - hypothèse absurde - seuls les moins de 65 ans avaient le droit de vote, Ségolène Royal aurait été élue présidente.

Plus les communes sont de petite taille, plus elles ont voté en faveur de Nicolas Sarkozy, qui obtient 56% des voix là où elles comptent moins de 5 000 inscrits - et où vivent la moitié des électeurs. La France provinciale des petites et moyennes communes a refusé son soutien à la gauche. Enfin, les ouvriers n’ont voté qu’à 49% pour Ségolène Royal. De la même façon, elle ne recueille que 49% des voix parmi les employés. La candidate a échoué dans son objectif de reconquête des catégories populaires, alors que Lionel Jospin y était majoritaire au 2nd tour de 1995 et qu’il faut rappeler que François Mitterrand recueillait 70% des voix ouvrières.

Ségolène Royal a également échoué dans son objectif de conquête de l’électorat féminin que lui laissaient espérer sa candidature et ses appels nombreux dans cette direction. Elle n’obtient parmi les femmes que 46% des voix, seulement un point au-dessus de Jospin en 1995. Seules les jeunes femmes de 18 à 24 ans ont voté massivement pour elle, à 69%, beaucoup plus que les jeunes hommes (57%).

La candidate socialiste n’a pas obtenu le soutien majoritaire de la France modeste et provinciale et là réside la nature de son échec. Parmi les électeurs qui déclarent s’en sortir "difficilement" et qui auraient dû constituer le coeur de son électorat, la candidate est nettement minoritaire, avec 47% des voix. Elle a souffert des handicaps traditionnels de son camp sur les thèmes de la sécurité et de l’immigration, mais elle y a ajouté une incapacité à convaincre sur les 2 attentes fondamentales des Français lors de cette campagne : le chômage et le pouvoir d’achat. Un sondage Ipsos réalisé entre les deux tours indique que, sur le chômage, Nicolas Sarkozy était jugé plus crédible par 50% des Français contre 31% à sa rivale, et pour faire progresser le niveau de vie par 44% contre 38%.

Sur ces plans, le projet adopté par les socialistes en 2006 est à mettre en cause. Mais Ségolène Royal n’est pas exempte de critiques. Elle n’a pas réussi à imposer des thèmes de campagne, elle n’a pas donné corps à son concept pourtant très prometteur de l’ordre juste. Dans les semaines précédant le 1er tour, il ne se trouvait que 40% des Français pour lui accorder l’étoffe de président de la République, alors que 60% la reconnaissaient à son adversaire. On pourrait imputer cette différence à une réticence devant la nouveauté d’une candidature féminine, mais on peut y voir aussi l’effet d’une faible campagne. En décembre 2006, 52% des personnes interrogées lui reconnaissaient cette dimension.

En définitive, ce qui a permis à Ségolène Royal de limiter les dégâts a été la dimension anti-sarkozyste qui structurait une partie importante de l’électorat, et en particulier les jeunes, les diplômés et les minorités. Invité à préciser la motivation de son vote entre la confiance au candidat, la proximité à ses idées et la volonté de barrer la route à son adversaire, 1 électeur sur 5 cite cette dernière réponse. Parmi ceux-ci, 74% votent Royal et 26% Sarkozy. Si l’on ôte fictivement cette fraction du résultat final, le président de l’UMP l’aurait emporté sur la candidate socialiste par 61% des voix !

L’anti-sarkozysme a donc apporté 8 points supplémentaires à la gauche. Mais les premiers pas réussis du président ne lui permettent pas d’en espérer autant pour les législatives. Et préparer 2012 comme réarmer le PS supposera de mettre en avant des motivations plus positives.

Jérôme Jaffré, directeur du Cecop, chercheur associé au Cevipof
 
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17 mai 2007 4 17 /05 /mai /2007 15:14
Vous tenez tellement à ce que la Gauche française devienne Blairiste ?
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7 mai 2007 1 07 /05 /mai /2007 08:16
On le sentait venir tout de même depuis un petit moment, mais comme d'autres je voulais espérer jusqu'au bout que les Français ne donneraient pas le pouvoir à Nicolas Sarkozy... que dans un sursaut républicain ils empêcheraient finalement cet apprenti-Bonaparte, celui qui a réintégré la Réaction et le discours d'extrême droite dans le logiciel de la Droite française, d'entrer à l'Elysée pour placer Ségolène Royal à sa place, comme garante de la persistance républicains.
Et puis, les résultats sont tombés comme un couperet, implacables... avec une telle marge que cela fait froid dans le dos, et que tous les leviers sont désormais presque mécaniquement entre les mains de "Sarkozy l'Américain" (je l'écris comme cela parce que cela fait plaisir au nouveau président et que comme Guy Carlier, je rejoins pour une micro-seconde la horde des lécheurs de bottes).
Ma première pensée hier soir a été pour tous ceux qui vont durement subir la politique que nous promet Nicolas Sarkozy pour les cinq prochaines années, après avoir déjà encaissé bien des coups. Oui, la majorité de la population en France va se voir confrontée à une société plus dure et plus violente encore qu'elle ne l'a été durant les cinq dernières années. Pour moi, il m'apparaît inévitable que les fractures s'élargissent dans la société française, qu'une minorité tire chaque jour un peu mieux son épingle du jeu alors qu'elle n'en avait même pas besoin et qu'une grande partie de la population se trouve parquée dans la marginalisation, avec un certain nombre de quartiers populaires que l'on considèrera finalement comme des "réserves indiennes". Cette société-là est lourde de menaces pour l'avenir et je suis d'autant plus amer qu'aucun des leaders socialistes que j'ai vu à la Télévision hier soir (il faut dire que je ne suis pas resté longtemps devant le poste) n'a eu un mot pour ceux qui vont souffrir cruellement et qu'il nous fallait défendre !
Mon autre pensée a été pour mes enfants... Car si je pense que personnellement je ne fais pas partie de ceux qui ont le plus à souffrir de l'élection de ce réactionnaire, j'ai peur de la société qu'il prépare pour les plus jeunes et dans laquelle ils évolueront et devront construire leur avenir, leur vie. J'ai peur qu'ils grandissent dans une société où les valeurs de Liberté, Egalité et Fraternité auront été si largement dévoyées qu'on ne comprendra même plus ce que ces principes signifient, que lorsqu'on leur parlera de la solidarité et de la justice sociale ils nous regardent avec des grands yeux éberlués. Je ne laisserai pas faire ; mes enfants - je m'y engage - ne se feront pas bouffer le cerveau et le coeur par cet individualisme et cet égoïsme social qui gangrène toute la société.
Un mot pour conclure dans la foulée de cette dernière phrase, nous entrons dans les législatives où il faut espérer et se battre pour que la Droite réactionnaire n'ait pas les coudées trop franches dans les cinq prochaines années. Cet objectif nécessite une union de combat à gauche : et c'est pourquoi j'ai été particulièrement meurtri que dès hier soir nous donnions sur les plateaux de TV et des radios le spectacle des règlements de compte et de promotion des ego. Bien des choses seront à dire sur la gauche, sur son message et sur la manière de le porter, des conditions à mettre en oeuvre pour revenir au pouvoir et surtout à nouveau changer la vie, mais cela ne se fait ni dans la précipitation ni devant les caméras d'un soir de défaite électorale surtout aussi cruelle. Et surtout je préviens ceux qui espèrent secrètement qu'avec la tornade Sarkozy, les conservateurs vont faire en France le boulot de destruction réalisé par Thatcher en Grande-Bretagne pour permettre à quelques uns d'imposer ensuite leurs méthodes et leurs ambitions si peu collectives avec plus de facilité : ce pari, cette stratégie est immorale et délétère, elle mènera à long terme à d'autres catastrophes.

FRED
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3 mai 2007 4 03 /05 /mai /2007 14:26

SECURITE :

Le vrai bilan de Nicolas Sarkozy, c'est :

-           432 000 victimes officielles d'agressions en 2005.

-           + 30 % d'agressions depuis 2002.

-           + 26% pour le nombre de faits de violence à l'école.

-           Quand hier 20 000 voitures brûlaient par an, c'était pour Nicolas Sarkozy un échec de la gauche. Avec près de 45 000 voitures brûlées en moyenne chaque année depuis 2002, ce ne serait pas un échec de l'ancien ministre de l'intérieur, mais une r��ussite personnelle.

-           12 000 policiers agressés en 2006.

-           3 semaines d'émeutes dues à une très mauvaise gestion de la crise de l'automne 2005.

Le bilan de l'ancien ministre de l'Intérieur est particulièrement mauvais et prouve l'incapacité du candidat en matière de sécurité.
Lors du débat, il a ironisé sur le souhait de Ségolène Royal de faire accompagner les policières de nuît jusqu'à chez elles (suite aux viols dernièrement de deux d'entre elles). Pourtant, un dispositif ayant le même objectif pour les femmes travaillant le soir existe déjà à Montréal où les bus les raccompagnent aux pieds de leurs immeubles. En banlieues, les patrouilles du soir peuvent ramener les policières.

 

NUCLEAIRE :

-           Sur l'EPR, Nicolas Sarkozy n'a pas contesté la position de son gouvernement qui est celle de l'avoir imposé sans concertation pour ensuite assurer son lancement par un décret pris quelques jours seulement avant l'élection présidentielle. Ségolène Royal annulera le décret et remettra le dossier sur la table.

-           Nicolas Sarkozy, pourtant ancien ministre de l'Intérieur et ministre d'Etat, a été incapable de répondre à la question de Ségolène Royal et ignorait donc qu'il s'agissait de la troisième génération de réacteur.

Ségolène Royal a raison de rappeler que la part du nucléaire représente 17% de l'énergie totale (électricité, gaz, charbon, pétrole, hydraulique, énergies renouvelables) consommée en France (même si elle a fait un lapsus).

RETRAITES :

-           Nicolas Sarkozy a fait un mensonge plus gros que lui en prétendant que le financement des retraites était résolu par la Loi Fillon jusqu'en 2008. Le Conseil d'Orientation des Retraites (COR) dit en réalité qu'il manque à peu près 50% du financement, et par ailleurs, qu'un rendez-vous en 2008 sera indispensable pour trouver une solution pour combler le « trou ».

-           Ainsi, Nicolas Sarkozy trompe les Français sur la loi Fillon : outre les injustices qu'elle crée, elle ne résoud rien sur le plan financier puisque le besoin de financement des régimes de retraite sera, au minimum, de 0,7% de PIB par an d'ici 2025 selon le COR.

-           Nicolas Sarkozy promet ce qu'il ne pourra pas tenir. Il a annoncé hier qu'il augmenterait les petites retraites de 25% en finançant cette mesure par la réforme des régimes spéciaux. Or, cette augmentation coûterait spontanément au moins 10 milliards d'euros. Or,  le retour à l'équilibre des régimes spéciaux ne pourra se faire que dans la longue durée, par définition. En outre, le poids de ces régimes est surestimé : 7% des dépenses seulement.

-           Sur le Fonds de réserve des retraites, Nicolas Sarkozy ne pouvait pavoiser. Depuis 2002, sa dotation n'a quasiment pas augmenté, se situant à 30 milliards, alors que les Finlandais en sont à 200 milliards... Pour enfin aller de l'avant, Ségol��ne Royal propose d'abord de relancer la croissance et d'abonder le Fonds grâce aux ressources nouvelles qui en résulteront pour les finances publiques.

Dans ce cadre, prévoir que les profits contribuent davantage semble la moindre des choses (on peut évoquer, pour être plus précis, la contribution sociale sur les bénéfices, voire la taxe sur les contrats d'assurance, prélèvements qui existent aujourd'hui et dont le rendement pourrait être accru sans drame).

35 HEURES :

Nicolas Sarkozy n'a pas répondu : pourquoi ne les a-t-il pas supprimé ? Il a dû reconnaître devant Ségolène Royal, que cela était une formidable avancée sociale.

HEURES SUPPLEMENTAIRES :

-           Les deux Lois Fillon permettent déjà largement le recours aux heures supplémentaires, avec un contingent de 220 heures possible. 37% des salariés à temps plein font des heures supplémentaires et ils font 55 heures par an en moyenne. Moins de 40% des salariés à temps plein ont fait une heure supplémentaire en 2006.

-           Effectuer des heures supplémentaires, c'est consacrer moins de temps à sa vie familiale et c'est plus de fatigue.

-           La mesure de Nicolas Sarkozy coûte au moins 5 milliards d'€ d'après l'étude de Pierre Cahuc et Patrick Artus pour le Conseil d'analyse économique.

-           Cette même étude montrait que cette mesure détruirait l'emploi. Une entreprise de 20 personnes détruirait 2 emplois pour faire faire 4 heures supplémentaires aux autres.

-           Le « coup de pouce » de Ségolène Royal ne coûte que 180 euros par mois en plus de l'augmentation légale (l'augmentation légale sera au 1er juillet de 3%) pour une entreprise de 10 salariés. Quelle entreprise de 10 salariés ne peut pas payer cette somme ? De plus, cela redistribue le pouvoir d'achat et augmente la consommation.

-           Dans quel pays, dans quelle économie, Nicolas Sarkozy a vu que ce sont les salariés qui choisissent leurs horaires de travail ?

IRAN :

-           Nicolas Sarkozy n'a toujours pas saisi l'enjeu terrible pour la sécurité du monde. Il n'a pas compris que passer du nucléaire civile au nucléaire militaire est une simple question d'enrichissement d'uranium.

-           La position de Ségolène Royal qui est celle de l'AIEA, de l'UE et du Conseil de Sécurité des Nations Unies consiste à dire : pour l'Iran, pas de nucléaire civil tant que l'Etat ne se soumet pas aux contrôles de l'Agence.

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3 mai 2007 4 03 /05 /mai /2007 13:55
De graves ennuis informatiques m'ont empêché d'écrire ce matin pour m'exprimer sur le débat télévisé entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, mercredi 2 mai 2007.
Je ne vous cacherai pas que pour ma part je suis resté sur ma faim, le débat n'ayant à mon sens pas eu la hauteur de vue que j'attendais d'un tel rendez-vous. Quelques enseignements cependant...
On a tous dit un de ces derniers jours que l'on craignait que la candidate socialiste se fasse marcher dessus par Sarkozy ; c'est aujourd'hui une évidence elle a encore fait mieux que lui tenir tête. Les tenants du candidat conservateur diront qu'elle a été agressive et que "Nicolas est resté zen", on les laissera s'en satisfaire. Mais à plusieurs reprises, le candidat Sarkozy a été déstabilisé par l'applomb de Ségolène Royal et s'il a constamment chercher à faire du "plus rationnel que moi tu meurs", se raccrochant au développement de mesures de portées mineures ou au regard de Patrick Poivre d'Arvor, il n'a pas pu déroulé le rouleau-compresseur qu'il actionne généralement autour de son projet de société réactionnaire comme il le fait en meeting.
Ségolène Royal est restée constamment à l'offensive et a tenté de dépasser les difficultés posées sur son chemin par un volontarisme ; en effet, elle est candidate d'une gauche qui se cherche politiquement et doit rallier à elle une majorité des électeurs centristes. Il n'est donc pas simple dans ces conditions de développer un projet de société, une vision de la France qui aille plus loin que la simple défense républicaine et démocratique. Pourtant, elle a su être offensive et ambitieuse sur le social, déterminée sur le développpement économique des PME et l'innovation, résolue sur l'Etat impartial et le renforcement de la démocratie ; on peut espérer qu'elle ait su ainsi parler à la fois à l'ensemble du peuple de gauche mais aussi aux électeurs de François Bayrou.
Je pense qu'elle a sans doute réussi à faire passer l'idée que Sarkozy doit assumer le bilan des gouvernements dont il a été membre, et qu'il ne peut s'en affranchir totalement comme il a tenté de le faire sur la scolarisation en établissement classique des enfants en situation de handicap. Il est effectivement immoral et indécent de dire avec des trémolos dans la voix que l'on fera tout pour les scolariser dans un contexte classique quand votre gouvernement s'est acharné à détruire les outils antérieurs qui le permettaient. Il est peu crédible d'expliquer que l'on va permettre aux senior de travail jusqu'à l'âge limite de départ en retraite quand toute la politique de la droite (à laquelle Nicolas Sarkozy a pris part) consiste depuis 15 ans à faciliter aux grandes entreprises la mise en pré-retraite de cette catégorie de la population. Il est incohérent de dire que le financement des régimes de retraites est équilibré jusqu'à 2020 quand tous les comptes sociaux sont dans le rouge et que les lois Balladur, Juppé et Fillon ont sciemment organisé ces déficits pour préparer et justifier a posteriori des régressions plus graves encore.  Nicolas Sarkozy n'est pas crédible économiquement et financièrement lorsqu'il annonce qu'il réduira la dette car il a avec les gouvernements Raffarin et Villepin réduit les recettes fiscales au profit des catégories les plus aisées, accentué  les difficultés avec le bouclier fiscal (qu'il propose de renforcer) et ainsi aggravé le déficit public de la nation !
Entre 1995 et 1997, et depuis 2002, la droite française pourtant confrontée à la même conjoncture économique que nos voisins européens a maintenu le pays dans le marasme quand les autres allaient de l'avant ; la France n'a connu une embellie économique qu'entre 1997 et 2001 (le ralentissement consécutif au 11-Septembre handicapant les derniers mois du gouvernement Jospin) ; il est fort probable que la gauche aurait su relever la pente pour le pays, comme cela s'est passé pour nos voisins. Mais nous ne referons pas l'histoire...
Pour revenir au débat, une annecdote est marquante de l'ambiance générale :
Lorsque les deux candidats se sont empoignés sur le Nucléaire civil, ils se sont chacun trompés ; Ségolène Royal a fait un lapsus en parlant d'une part de 17% de l'électricité plutôt que de l'énergie globale, Nicolas Sarkozy s'étant rendu compte du lapsus a recherché à prendre en défaut sa concurrente mais il a lui donné un chiffre complètement erroné de 50% : la part du nucléaire dans la production d'énergie en France est bien de 17%, la part du nucléaire est de plus 70% dans la production d'électricité. Ségolène Royal a fait part de son lapsus sur France Inter ce matin, démontrant qu'elle savait en rabattre sur son orgueil, quand Sarkozy a joué à Monsieur "Je-sais-tout" en étant complètement hors les clous... Ma foi que faut-il en penser ?

fred.jpgHier soir, j'ai assisté à un débat entre une "Premier ministre" et un "Parrain de la Maffia" : je préfère mettre mettre une Premier ministre à l'Elysée qu'un Parrain. Maintenant, il faut savoir si les Français préfèreront majoritairement les bras d'une femme protectrice ou la badine d'un apprenti-Bonaparte, s'ils choisiront une Présidente qui fait du dialogue et du rassemblement le coeur de sa politique sans abdiquer ses convictions et sa détermination (qu'elle a grandement démontrée hier soir) ou les certitudes égotistes d'un aventurier.

FRED
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2 mai 2007 3 02 /05 /mai /2007 14:57

Grand rassemblement pour Ségolène à Montréal le jeudi 3 mai.    

Ségolène Royal, l'heure du choix
Ségolène Royal est arrivée en tête du premier tour à Montréal. Avec 35,71% des suffrages exprimés, elle devance Nicolas Sarkozy avec 30,71% et François Bayrou avec 22,92%. Pour les résultats des autres candidats, consultez le site du consulat de France.

Retrouvez l'ensemble des résultats sur le site du Ministère de l'Intérieur.

Cette élection a mobilisé au-delà de toutes les anticipations. Cela confirme que les citoyens ont compris que nous étions face à un moment décisif de l'histoire de notre pays.

Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal proposent deux visions opposées de la France.
Si Nicolas Sarkozy devenait le président de la France, celle-ci abandonnerait tout ce qui a fait d'elle un pays souvent cité en exemple dans le monde. Les combats pour le respect des individus et de l'environnement ne sont pas des luttes du passé, bien au contraire.

Ségolène Royal souhaite une France rassemblée autour des principes de liberté, d'égalité et surtout de fraternité. Car aujourd'hui nous avons besoin de réconciliation.

Diviser pour mieux régner, stratégie vieille comme le monde pour s'emparer du pouvoir, n'apportera aucun progrès à notre pays.

La France a décidé d'être une voix singulière dans le concert des nations. Ségolène Royal, une fois présidente, sera celle qui portera à nouveau cette voix pour faire avancer les grandes questions qui divisent aujourd'hui le monde, que ce soit l'environnement, le respect des cultures et des peuples.

En allant voter samedi 5 mai à Montréal, choisissez le dialogue et la négociation, rejetez l'arrogance et le passage en force. Votez Ségolène Royal.

Rassemblement citoyen à Montréal

Dimanche 22 avril, la section de Montréal était présente à l'Union Française pour participer au rassemblement citoyen organisé par la presque totalité des partis politiques, des élus à l'Assemblée des Français de l'Etranger et de nombreuses associations.

Retrouvez le récit de ce beau rassemblement citoyen dans un article du quotidien La Presse.

 

Venez participer !

Nous organisons un grand rassemblement à l'Union Française, 429 rue Viger Est, le jeudi 3 mai à 19 heures.

Vous pouvez aussi échanger vos points de vue sur la campagne de Ségolène Royal sur le site de son comité de soutien au Canada : Désir d'avenir Québec.

Acualités précédentes :

     Le vote des expatriés français : écouter l'émission "Maisonneuve en direct" de radio Canada du 11 avril 2007

     Ecouter le débat du 3 avril sur CHOQ FM, radio de l'UQAM

     Deuxième partie du débat sur CHOQ FM, émission du 10 avril

     Retour sur le premier débat montréalais entre l'UMP, l'UDF et le PS

     Appel de la section au rassemblement des forces de gauche

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2 mai 2007 3 02 /05 /mai /2007 09:27
Discours de Charléty
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2 mai 2007 3 02 /05 /mai /2007 08:37
"Je vous salue peuple de France, peuple libre, peuple fier, peuple insoumis et qui veut la victoire"

Pour la fête du travail, le plus grand meeting jamais organisé par la gauche s'est déroulé autour de Ségolène Royal et d'une pléiade d'artistes à trois jours du deuxième tour du scrutin présidentiel. De Renaud à Yannick Noah en passant par Bénabar et Saez, ils sont tous venus soutenir la candidate socialiste en chanson, pour le plus grand plaisir de l'immense foule présente au stade Charléty à Paris. L'équipe de la Web TV vous livre leurs impressions en images.
> Ségolène Royal au concert-meeting de Charléty
> Voir la réaction de François Hollande à l'issue de la soirée
> Voir les réactions des élus socialistes présents au stade Charlety
> Voir les photos
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30 avril 2007 1 30 /04 /avril /2007 15:02
Meeting de Ségolène Royal le mardi 1er mai à Charletty
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