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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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Maintenant la Gauche !

signez la contribution générale de MLG pour le congrès de Poitiers

 

16 mai 2017 2 16 /05 /mai /2017 09:50

Nous, militants socialistes d'Argenteuil et de Bezons, avons pris acte du soutien public de Philippe DOUCET, député sortant de la 5e circonscription, à Emmanuel Macron dès le premier tour de l'élection présidentielle.

Philippe Doucet dans les médias et sur le terrain a multiplié, comme Manuel Valls dont il était le porte parole, les actes effectifs de campagne contre Benoît Hamon le candidat investi par le Parti Socialiste et les écologistes pour l'élection présidentielle.

Philippe Doucet, malgré son communiqué de presse du 10 mai indiquant qu'il n'aurait jamais demandé l'investiture du parti d'Emmanuel Macron, a expliqué le soir même aux militants socialistes qu'il avait très sérieusement envisagé d'être le candidat d'En Marche ! Il n'a par ailleurs pas été capable de répondre aux questions qui lui étaient posées pour savoir dans quel groupe parlementaire il choisirait de siéger, si jamais il était réélu.

Nous pensions que Philippe Doucet aurait la décence de respecter les règles communes du Parti auquel nous appartenons qui impliquent logiquement que nous soutenions le candidat qu'il s'est donné. En trahissant nos règles collectives, il a trahi les militants socialistes d'Argenteuil et Bezons, trahi également les milliers d'électeurs de la circonscription qui ont participé aux deux tours de la primaire de gauche les 22 & 29 janvier 2017, qui pouvaient légitimement attendre des candidats et de leurs portes-parole qu'ils respectent la parole donnée.

Philippe Doucet ne peut donc plus prétendre être un candidat socialiste pour l'élection législative de juin 2017 ; les instances nationales du PS et sa fédération départementale ont été saisis de son cas : elles auraient dû dans les plus brefs délais lui retirer son investiture ; elles peuvent encore le faire. Par son attitude et sa décision personnelle, il a fragilisé les chances pour la gauche de conserver le siège de député de la 5ème circonscription du Val-d'Oise.

Pour notre part, nous en appelons donc aux militants socialistes, communistes, écologistes, aux « insoumis », aux sympathisants de gauche d'Argenteuil et de Bezons pour qu'ils se retrouvent sur une candidature de rassemblement à gauche, porteuse d'espoir pour nos concitoyens.

Nous considérons que dans les circonstances présentes et dans les délais trop courts d'ici le dépôt des candidatures officielles, seul Dominique LESPARRE, Maire reconnu et apprécié de Bezons, a les qualités nécessaires et suffisantes pour incarner cette candidature ; nous lui apportons donc notre soutien.

À nous tous désormais de construire l'alternative et de créer la dynamique.

Signataires :

  • Frédéric Faravel, membre du conseil national du PS et du bureau fédéral du PS 95 (Bezons)
  • Xavier Morin, membre du conseil fédéral du PS 95, directeur de campagne départemental de Benoît Hamon (Argenteuil)
  • Christian Gourdet, membre de la commission administrative de la section PS d'Argenteuil
  • Thierry Noiriel (Argenteuil)
  • Christelle Lévi (Argenteuil)
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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 20:58

Comme en 2002, la gauche sort éliminée du premier tour de l'élection présidentielle ; à une différence près... le score total de la gauche est bien plus catastrophique (à peine 28%, le pire jamais cumulé à une présidentielle), comme le laissait imaginer les reniements et les échecs du quinquennat de François Hollande (qui sur les questions européenne, économique et sociale aura fait l'exact contraire de ce à quoi il s'était engagé devant les citoyens). Par sa politique, il aura fracturé la gauche, durablement peut-être, il aura également inscrit les rapports de la gauche socialiste et des Français sous le signe de la défiance, durablement sans doute.

Pourtant un temps, avec la réussite (inespérée) de la primaire de la gauche et l'élan réel de la campagne interne de Benoît Hamon, avec ensuite la dynamique de fond de Jean-Luc Mélenchon, on a pu espérer que la gauche saurait se reconstruire et retrouver enfin le sens de son projet et de ses valeurs. Las, on ne dira jamais assez à quel point leur incapacité partagée à s'accorder et se rassembler place aujourd'hui la gauche et surtout la France dans une impasse.
J'espère que désormais l'intelligence prévaudra et que pour les élections législatives la gauche saura se rassembler sur la base des projets de ses deux candidats pour qu'un groupe parlementaire d'opposition fort puisse combattre les politiques de faillite économique et de régression sociale qui s'annoncent.

Car si le réactionnaire François Fillon est heureusement écarté, les projets portés par Emmanuel Macron sont du point de vue économique, social et européen à la fois dans la continuité libérale, mais aggravés, de François Hollande et dans une certaine convergence avec les propositions de François Fillon.

Tout le monde connaît mon opposition viscérale à l'extrême droite et à Marine Le Pen, comme à son père auparavant et à tous leurs séides ; je ne confond pas la droite et l'extrême droite, même si depuis Nicolas Sarkozy la droite s'est donnée beaucoup de mal pour nourrir la confusion. Cependant, ce soir, j'ai bien plus peur qu'auparavant car deux courses vers l'abîme nous sont présentées : le nationalisme xénophobe et le libéralisme technocratique... Emmanuel Macron propose de poursuivre en l'aggravant la politique de François Hollande qui a échoué et qui a été rejetée au point que celui-ci a renoncé à se représenter. Il propose même des orientations que la droite réactionnaire partageait (autonomie des établissements scolaires, parmi tant d'autres) ou n'osait pas imaginer (déconstruction de l'assurance-chômage).
Ces politiques ont fait prendre 5 points au Front National en 5 ans, il lui a permis d'atteindre plus de 27% aux élections régionales. On imagine ce que pourraient donc être les conséquences de la perpétuation de ces politiques. Enfin le profil présenté par Emmanuel Macron, fait de libéralisme éculé, de technocratie sourde et d'indifférenciation politique droite-gauche, propose une incarnation presque parfaite à l'argumentation du FN sur l'UMPS ou LRPS.

En conscience, je ne peux soutenir une personnalité et une politique qui serviraient de marchepied à Marine Le Pen en lui permettant une nouvelle progression qui lui apportera la victoire en 2022 avec sans doute une majorité parlementaire à la clef. Je ne veux pas soutenir  quelqu'un qui permettra à l'extrême droite d'arriver en meilleure position plus tard. On ne peut pas combattre l'extrême droite avec quelqu'un qui nourrira sa dynamique.
Si donc il faudra faire battre Marine Le Pen et son programme de haine le 7 mai, jamais il ne faudra donner la moindre caution à l'orientation de celui qui sera sûrement élu. Dès aujourd'hui, nous devons nous mobiliser pour dénoncer l'extrême droite comme les libéraux lors des élections législatives et engager une opposition frontale à leurs projets dans le prochain hémicycle de l'Assemblée Nationale.

Nous devons maintenant construire une nouvelle gauche qui soit capable de conjuguer toutes ses cultures et d'offrir une espérance et un projet neuf qui a pu parfois, même imparfaitement, émerger des campagnes de Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon ou Arnaud Montebourg. Cette nouvelle gauche devra combattre tout à la fois la voie du libéralisme technocratique dépolitisé, la droite radicalisée qui n'hésitera pas à dériver encore, et enfin l'extrême droite en lui opposant un projet politique et culturel puissant et diamétralement différent.
Voila comment nous ferons reculer durablement l'extrême droite ; voila comment nous ferons renaître l'esprit de la République sociale.

Frédéric FARAVEL
membre des instances nationales du PS
membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du PS

Macron-Le Pen : reculer pour mieux sauter ? Probablement, sauf si une nouvelle gauche nait...
Macron-Le Pen : reculer pour mieux sauter ? Probablement, sauf si une nouvelle gauche nait...
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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 11:13

laicite.jpgComme beaucoup de socialistes, j'ai découvert avec stupéfaction ce samedi 7 mars, après une alerte du site egale.eu l'existence d'un communiqué de presse publié le 26 février dernier par Laurent Dutheil, secrétaire national du PS à la laïcité, qui promeut notamment :

 

"- La création d’une instance de dialogue avec les représentants de l’islam de France ;

- Le développement de l’enseignement privé confessionnel musulman;

- L’incitation à l’édification de nouveaux lieux de culte.

En outre, le Parti socialiste approuve la création d’une Fondation pour « promouvoir les réalisations de l’islam de France »."

Ce communiqué visait à apporter son soutien aux annonces du Ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve lors du Conseil des ministres du 25 février 2015, relatives à la promotion du dialogue avec l’islam en France et approuve ses propositions pour l’exercice de la liberté de religion dans le respect des règles de la République. L'auteur du communiqué se félicite de la convergence d’analyses avec le gouvernement dans ce domaine et se réjouit que les mesures que ce dernier a dévoilé, reprennent largement celles du rapport sur la «Cohésion républicaine», feignant de croire que ce dernier s'en soit inspiré. Il y voit "une initiative sans précédent de concorde nationale" et dénonce ceux qui instrumentalisent la laïcité et encourage son dévoiement. Cet argumentaire jésuitique est proprement consternant : en effet, comment ne pas voir et ne pas comprendre que ces propositions sont en contradiction avec le caractère laïque de notre République ? Comment peut-on prétendre renforcer la cohésion républicaine en appelant à toujours plus de repli communautaire ? Comment imaginer que la concorde nationale soit renforcée en renvoyant nos concitoyens de culture musulmane, ou supposée telle du fait de leur couleur, de leur nom ou de leur origine géographique, à un essentialisme confessionnel au lieu de les intégrer pleinement dans l’école publique laïque ?

 

La République française n'est pas neutre, elle est laïque ! Ce n’est pas à l’Etat d’inciter à la création d’établissements privés, financés sur fonds publics, qu’ils soient musulmans ou autres. Sans même parler qu'en période de contraintes budgétaires, qu'avec mes camarades socialistes je combat par ailleurs, cela reviendrait en outre à ponctionner les financements destinés à l’enseignement public.

On ne peut donc que désapprouver totalement de telles propositions qui me paraissent en contradiction avec ce qu'ont toujours défendu les socialistes : la priorité absolue à l'école publique laïque, la stricte séparation des Églises et de l'Etat qui permet la liberté de conscience et l'émergence d'un espace public libéré de la pression religieuse.

Ce communiqué pour le moins tendancieux est passé inaperçu au regard des conséquences de l'actualité législative après l'adoption forcée du projet de loi Macron. Il est étonnant que la parole publique du Parti socialiste n'ait pas été l'objet par sa direction d'un contrôle plus sérieux au regard de l'importance du sujet.

portail_solferino.jpgDe la même manière, il n'est pas acceptable que le pré-rapport du groupe de travail "cohésion républicaine", sur lequel s'appuie Laurent Dutheil pour soutenir son communiqué, puisse être considéré comme la parole du PS : une présentation d'étape liminaire, qui n'est pas allée au fond et qui ne pouvait appeler à aucune réaction dans une salle inattentive et uniquement concentrée dans l'attente de l'intervention du Premier ministre, devant le rassemblement national des Secrétaires de section le 1er février n'est en rien une validation politique par les instances du parti. Il est par ailleurs choquant et lamentable que le secrétaire national à la laïcité ait voulu se prévaloir de la signature des membres de son groupe de travail sans leur soumettre le contenu de ce pré-rapport : plusieurs responsables socialistes (et non des moindres, puisqu'il s'agit de députés ou de secrétaires nationaux) ont depuis contesté avoir été informés du contenu de ce pré-rapport et donc y avoir donné leur accord, indiquant qu'ils avaient pris connaissance du communiqué et du pré-rapport par les réseaux sociaux ce 7 mars ; c'est d'autant plus criant que certains comme Emmanuel Maurel, député européen, et principal animateur du courant de gauche du Parti socialiste, ont toujours exprimé des positions claires et diamétralement opposées à celles que prétend imposé sans légitimité aucune le Secrétaire national à la Laïcité du PS.

Sur le fond et sur la méthode, il devra donc s'expliquer devant les instances du PS. Je ne peux imaginer tant les faits et les propos sont accablants qu'il puisse rester un jour de plus dans ses fonctions une fois que les instances du parti auront examiné cette situation.

Plus largement, la direction du Parti Socialiste doit clairement se remettre en cause : comment imaginer que le communiqué de presse mis en cause puisse encore rester en ligne sur son site officiel ? comment imaginer qu'elle reste sans réagir au regard des dysfonctionnement qu'elle a permise en son sein ? comment dans le même peut-il laisser passer chez certains de ses parlementaires des appels à mettre en oeuvre les statistiques ethniques et l'attribution des logements sociaux sur cette base, alors qu'il n'a eu de cesse de menacer ceux qui lui rappeler quels avaient été nos engagements de campagne en terme de politique économique et sociale ?

Mais au-delà, il est nécessaire d'interpeler notre gouvernement, qui jusqu'ici pourtant avait plutôt été exemplaire dans sa manière d'aborder les conséquences des attentats tragiques du début du mois de janvier et dans la réaffirmation des valeurs républicaines et laïques au coeur de notre société, au regard des annonces du Ministre de l'intérieur : ce n'est pas à l'Etat d'organiser une confession, ce n'est pas à l'Etat de soutenir des fondations pour faire la promotion d'une religion, ce n'est pas à l'Etat d'encourager le développement de l'enseignement confessionnel.

nouveau-logo-psAlors que nous entendons chaque jour des admonestations et des injonctions à l'égard des Français et tout particulièrement du peuple de gauche à se mobiliser et à faire barrage par leur vote à la progression électorale de l'extrême droite, abstraction faite de tout débat sur la nature et la portée de la politique économique et sociale du gouvernement qui nourrit largement la désespérance de nos concitoyens et donc l'absention et le vote FN, ces annonces et la confusion qui en résulte sont un mauvais coup porté aux candidats socialistes et même à toute la gauche à deux semaines du premier tour d'élections départementales qui s'annoncent plus que difficiles. Comment imaginer que les réseaux laïques ne soient pas atteints la confiance qu'ils portaient encore aux candidats du parti du gouvernement ? sans parler des cris d'orfraie du PRG et du MRC, qui mettent un peu plus à mal la cohésion d'une majorité parlementaire déjà largement rétrécies. Espérons que les rappels à l'ordre des responsables socialistes qui ont dénoncé cette situation ubuesque suffisent à éteindre provisoirement l'incendie.

Il ne fait pas de doute qu'une fois passées les élections départementales, il faudra remettre cette question au coeur du débat politique et socialiste. On s'en serait pourtant bien passé.

Frédéric FARAVEL

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 15:14
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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 21:55

je_suis_Charlie.jpg

Aujourd'hui, à la mi-journée, en plein cœur de Paris, les locaux de Charlie Hebdo ont été victimes d'une attaque terroriste perpétrée à l'arme de guerre.

À l'heure qu'il est, le procureur de la République fait état de douze morts, des membres de la rédaction de l'hebdomadaire satirique et deux policiers morts dans l'exercice de leurs fonctions, et quatre blessés très graves. Le bilan peut encore s'alourdir.

En s'attaquant à Charlie, c'est la liberté d'expression, la liberté de la presse, la liberté de conscience, la République, qu'ont voulu assassiné les terroristes ! En visant Charlie, ce sont aussi des figures de la gauche intellectuelle, sociale, critique, atypique, un brin « libertaire » et « paillarde », que les assassins ont ciblé ; c'est une part de nous-mêmes qu'ils ont voulu tuer, car ils ont accompagné nombre d'entre nous dans notre adolescence et à l'âge adulte.

« Nous avons tué Charlie Hebdo » ont-ils hurlé… nous devons leur donner tort ; et nous devons, dans les jours, les semaines, les mois qui viennent, apporter notre soutien total pour que ce journal continue de vivre et de porter avec indépendance et irrévérence sa légendaire liberté de parole. Charlie Hebdo a été touché au cœur et va affronter, au-delà de la peine immense de ce jour, de longs moments difficiles.

Nous devons continuer à vivre, le peuple, la société française ne doit pas céder à la paranoïa et au repli, mais démontrer la force au quotidien de la République française et de ses valeurs démocratiques et sociales.

Je voudrais ici citer les mots très justes de notre camarade parlementaire valdoisien, Gérard Sebaoun : « La République ne doit jamais rien céder à la terreur d'où qu'elle vienne. Unis sur nos valeurs, nous allons faire face ensemble sans nous laisser déborder par la panique et les réactions irrationnelles, malgré la tristesse et la colère.
Le danger d'attentats est permanent, la France est exposée mais nous avons le devoir de continuer à vivre debout en hommes libres, en démocrates et en citoyens.
J'ajoute que notre vigilance ne doit pas céder un pouce de terrain à ceux qui tenteraient d'instrumentaliser ces assassinats pour nourrir l'islamophobie.
 »

L'attentat d'aujourd'hui ne doit évidemment pas effacer ou éteindre les débats qui nous animent, les questions qui sont posées au pays pour sortir de la crise qu'il traverse depuis trop longtemps.

Mais ce soir, nous sommes aux côtés de Cabu, de Charb, de Tignous, de Georges Wolinski, de Philippe Honoré et de Bernard Maris, dans le recueillement et la détermination ; nous pensons à leurs familles, leurs amis et leurs collègues, qui traversent une épreuve inimaginable. Ce soir, nous avons de la peine et nous sommes emplis d'émotion. Nous sommes avec tous les véritables républicains rassemblés sur les places de France pour refuser l'innommable, pour rejeter les amalgames et réaffirmer l'unité des citoyens français.

Face à la barbarie, nous devons faire front et démontrer aux ennemis de la Liberté que la France – qui a donné au monde tant de ses idéaux démocratiques – dans la réponse qu'elle leur opposera n'abandonnera pas son âme et ses valeurs républicaines. La France doit être et sera à la hauteur hauteur du message universaliste qu'elle porte.

C'est dans cet état d'esprit que nous participerons samedi après-midi à la marche silencieuse à laquelle appellent les partis de gauche français.

Vive la Liberté ! Vive la République !

pour Maintenant la Gauche Val-d'Oise,

Frédéric FARAVEL

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 13:14

1020472 affaire-des-ecoutes-telephoniques-comment-nicolas-sAprès une longue campagne de préparation médiatique, Nicolas Sarkozy vient d'annoncer sur Facebook sa candidature à la présidence de sa «famille politique».

À le lire, on ne peut que constater que l'ancien président de la République est convaincu de sa stature d'homme providentiel dans la tradition d'une certaine droite conservatrice et autoritaire. Les Français ont pourtant suffisamment souffert des politiques qu'il a conduites dix années lorsqu'il était président ou ministre des gouvernements de Jacques Chirac. Ils lui ont d'ailleurs assez clairement signifié ce qu'ils pensaient de son bilan et de son action le 6 mai 2012.

Celui qui veut devenir le chef de l'opposition nous explique avoir pris le «recul indispensable pour analyser le déroulement de [son] mandat [et] en tirer les leçons». Ce recul ne semble cependant insuffisant pour qu'il apporte, dans son adresse aux sympathisants de la droite conservatrice, des propositions nouvelles qui permettent de nourrir le débat politique et démocratique absolument nécessaire entre la droite et la gauche. Nous ne lisons dans sa déclaration qu'un mécano partisan (alors même qu'il appelle à dépasser «les clivages traditionnels») qui n'est évidemment pas à la hauteur des graves questions qui se posent au pays. Il est à ce titre consternant de voir que la seule chose qui semble gêner Nicolas Sarkozy dans la perspective de voir gagner Marine Le Pen soit le risque d'un isolement sans issue de la France. On ne peut que constater que les leçons de la campagne ultra-droitière de 2012 n'ont pas été tirées, malgré sa tentative pour faire croire au retour de la tonalité de 2007 : Sarkozy veut rassembler toute la droite, y compris extrême. Il ne fera donc que crédibiliser un peu plus le Front National dans sa marche vers le pouvoir.

Personne à gauche ne devrait se réjouir d'un tel retour en politique, plaçant les jeux politiciens au premier rang des manchettes des journaux. Il est sidérant que certains conseillers politiques de François Hollande aient pu glisser aux médias que le retour officiel sur la scène politique de l'ancien président allait permettre de restaurer le clivage droite/gauche dans le débat public et détourner la majorité de ses conflits internes. Ils comptent sur une diversion alors que les parlementaires socialistes opposés à leur politique ont le mérite d'apporter au débat des propositions concrètes. Sans projet mobilisateur, le réapparition du président battu n'apportera aucun échappatoire, aucune bouffée d'air au gouvernement. En effet, la politique de l'offre et de rigueur budgétaire conduite depuis octobre 201 et le refus, dès juin 2012, de demander la renégociation du traité européen porté par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel empêchent toute lisibilité à l'action politique de la gauche, qui plus est elle échoue à redresser les comptes publics (l'atonie économique et la déflation ne peuvent pas être vaincues par la diminution de l'investissement public et les réductions budgétaires ; au contraire, les carnets de commandes demeurent désespérément vides, les recettes fiscales chutent et les déficits et la dette s'accroissent). Que l'on renvoie Nicolas Sarkozy à son bilan, n'empêchera pas les Français de constater chaque jour que la politique économique menée aujourd'hui n'est pas si éloignée de celle que voulait mettre en oeuvre le perdant de 2012. Cette réalité ne peut pas permettre le rassemblement de la gauche contre un adversaire commun, mais contribuera au contraire à élargir le fossé.

Face à l'offensive du MEDEF et à la banalisation de la pensée néo-libérale – qui n'a pourtant jamais autant démontré son inefficacité économique et son injustice sociale –, il me paraît plus nécessaire que jamais de créer les conditions du rassemblement de la gauche autour d'un projet qu'elle sera fière de porter et qui répondra aux besoins du pays et de nos concitoyens. Cette alternative à gauche pour réussir ici et maintenant est possible, et peut s'appuyer sur la majorité politique qui a permis l'élection de François Hollande à la Présidence de la République.

En revenant au cœur des engagements de la campagne présidentielle et à l'esprit du discours du Bourget, nous pouvons encore provoquer le sursaut : c'est en relançant l'investissement productif, en menant une profonde réforme fiscale et en pesant sur la construction européenne pour la réorienter, que nous retrouverons le soutien des Français et que nous réussirons le redressement dans la justice !

Frédéric FARAVEL

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 13:35

000_par7978167.jpgLe Premier Ministre Manuel Valls a annoncé lors de sa deuxième déclaration de politique générale ce mardi 16 septembre 2014, une nouvelle modification du calendrier électoral pour les élections départementales.

Lorsque la gauche a emporté l'élection présidentielle et les élections législatives en 2012, le Président de la République et la majorité parlementaire se sont empressés avec justesse de reporter les élections régionales et cantonales en mars 2015. La précédente majorité et le Président Sarkozy avait fixé la fin du mandat des conseillers généraux et régionaux élus en 2011 et 2010 à mars 2014, en cohérence avec la création de l'élu hybride et physiquement exceptionnel qu'aurait été le conseiller territorial, siégeant à la fois au conseil général et au conseil régional. Il s'agissait donc de se redonner du temps pour adopter d'ici là une réforme territoriale cohérente.

On a vu entretemps ce qu'il en a été de la ou plutôt des réformes territoriales successives ; personne n'y voit goutte.

Finalement, Manuel Valls annonce en avril dernier lors de sa première déclaration de politique générale la fusion des régions françaises et la possible disparition des départements. Les élections déparmentales et régionales étaient désormais prévues par le projet de loi en cours d'examen au parlement en décembre 2015.

Il y a quelques mois, des proches de Cambadélis (oui j'ai des "amis" douteux) m'avaient assuré que le report des deux élections à décembre 2015 avait été "dealé" avec le Conseil constitutionnel.

Pourtant, soudainement, en plein été, alors que les appels à convoquer en urgence un congrès montent de tous côtés, on s'inquiète opportunément d'un risque de censure !? Par ailleurs, comment le conseil constitutionnel accepterait le maintien des régionales en décembre 2015, s'il avait menacé de censurer les départementales pour la même date ? ça ne tient pas debout.

Tout cela ne peut donc être qu'une opération d'une médiocrité crasse pour avoir un prétexte pour repousser le congrès à 2016, en espérant que d'ici là suffisamment de militants de la gauche du PS auront déserté nos rangs par colère et lassitude. Un congrès tardif écarte aussi la faisabilité d'une primaire citoyenne.

Ce type de méthodes n'est tout simplement pas acceptable.

Frédéric Faravel

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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 21:46

Nicolas-sarkozy-garde-a-vue scalewidth 630C'est devant les micros et les caméras de deux médias amis – TF1et Europe 1 – que Nicolas Sarkozy a choisi de donner sa version de la journée de garde à vue qui a conduit à sa mise en examen pour «corruption active et trafic d'influence actif» dans l'affaire révélée par les écoutes sur le financement Bettencourt et libyen et le cas de Bernard Tapie.

Sarkozy, éternelle victime – un refrain bien connu

Comme l'on pouvait s'y attendre, l'ancien Président de la République a protesté de son innocence absolue, s'est posé en victime d'une «instrumentalisation politique» de la justice. Sa mise en examen ne serait à l'en croire qu'une nouvelle stratégie pour empêcher son retour actif en politique (donc on voit qu'il n'y a pas que la corruption et le trafic d'influence qui sont actifs). Il aurait subi un traitement exceptionnel qui ne tiendrait qu'à la haine que lui voueraient la gauche et une partie de la magistrature française : «Est-il normal que je sois placé en garde à vue pendant quinze heures sous la surveillance, d'ailleurs, de policiers qui ont remarquablement fait leur travail, à qui, bien sûr, je n'ai rien à reprocher. Mais ne pouvait-on pas me convoquer pour que je réponde aux questions des juges ?» «Devais-je absolument avoir rendez-vous avec les deux dames qui m'ont donné rendez-vous à 2 heures du matin cette nuit, après 14 heures d'interrogatoire par les policiers ?»

Nicolas Sarkozy, tout à la construction de sa posture de victime des beaux quartiers, oublie au passage que les gardes à vues, parfois très longues, sont le lot commun de nombreux Français à qui la Justice demande de rendre des comptes avant de les mettre ou non en examen. N'en déplaise à l'ancien Président de la République, ce qui lui est arrivé n'est ni exceptionnel ni un événement inédit : il n’est pas le premier ancien président à être mis en examen. Lui-même l'avait déjà été en avril 2013 pour «abus de faiblesse» dans l’affaire Bettencourt, avant de bénéficier d'un non-lieu à l'automne (on y reviendra). Avant lui, son prédécesseur Jacques Chiracavait été mis en examen à deux reprises dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, en 2007 et en 2009, avant d’être condamné à 2 ans de prison avec sursis pour «détournement de fonds publics», «abus de confiance» et «prise illégale d'intérêt». Sa garde à vue, initiée mardi 1er juillet, était en revanche une première historique pour un président français, mais comme l'indiquait hier sur France InterJean-Pierre Rosenczweig, président du tribunal pour enfants de Bobigny forcé de prendre sa retraite, le traitement très favorable accordé à Jacques Chirac – c'est à dire sans garde à vue, les juges d'instruction s'étant déplacés dans ses bureaux – était, lui, bel et bien une exception que rien ne justifiait. Notons que le citoyen commun qui aurait été l'objet d'une garde à vue qui se serait prolongerait en début de soirée n'aurait pas eu la possibilité de passer devant le juge d'instruction en pleine nuit, aurait donc été placé sous mandat de dépôt pour la nuit avant d'être présenté au juge au mieux le lendemain matin ; en signifiant sa mise en examen à 2 heures du matin, les juges d'instruction ont donc évité à l'ancien président de passer la nuit au dépôt et lui auront permis de rentrer chez lui dormir.

La garde à vue ne dépend pas de la gravité des faits. On ne peut donc comparercelle du 1er juillet 2014 et d’autres affaires politiques où il n’y a pas eu de recours à cette mesure. On peut par contre rappeler que Claude Guéant et Isabelle Balkany ont été entendus dans ce cadre, qui n'a donc rien d'exceptionnel. La garde à vue est une forme de convocation judiciaire particulière, qui implique une privation de liberté, dans le but de garder le suspect à disposition des enquêteurs et de l’empêcher de communiquer, modifier des preuves ou de fuir (une seule de ces raisons suffit et il n'est pas nécessaire de les cumuler pour la justifier, et personne ne peut soutenir l'idée que les juges d'instructions qui ont choisi à cette occasion la garde à vue auraient dévoyé la procédure en fantasmant ouvertement sur les risques de fuite de l'ancien locataire de l’Élysée).Elle n’est possible que si «il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner[que le suspect]a commis ou tenté de commettre un crime ou un délit puni d'une peine d'emprisonnement».Son régimea été modifié en 2011 – sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, donc, et à n'en pas douter il a suivi de près sa réforme. La garde à vue n’est désormais possible que si elle constitue la seule option des enquêteurs pour :

  1. Permettre l'exécution des investigations impliquant la présence ou la participation de la personne

  2. Garantir la présentation de la personne devant le procureur de la République afin que ce magistrat puisse apprécier la suite à donner à l'enquête

  3. Empêcher que la personne ne modifie les preuves ou indices matériels

  4. Empêcher que la personne ne fasse pression sur les témoins ou les victimes ainsi que sur leur famille ou leurs proches

  5. Empêcher que la personne ne se concerte avec d'autres personnes susceptibles d'être ses co-auteurs ou complices

  6. Garantir la mise en œuvre des mesures destinées à faire cesser le crime ou le délit

  7. La garde à vue est cependant tout sauf rare. Selon les chiffres officiels, hors délit routier, 286 337 personnes ont été mises en garde à vue en 2013.

[je n'invente rien, toutes ces descriptions sont sur le site internet LeMonde.fr]

La «vérité» est toute autre : Nicolas Sarkozy n'a sans doute toujours pas fait le deuil de son statut d'immunité présidentielle absolue qu'il avait bâti et qu'il a perdu le 15 mai 2012. Il ne supporte pas d'être redevenu un justiciable comme un autre et c'est bien lui qui fantasme sur le fait que son «statut» d'ancien Président de la République pourrait le placer au dessus du commun des citoyens français. Il a d'ailleurs doctement expliqué que son état devrait lui valoir un respect supérieur.

1020472_affaire-des-ecoutes-telephoniques-comment-nicolas-s.jpgL'opération médiatique d'hier soir n'avait finalement qu'un objectif, celui de lui permettre de perpétuer son objectif de revenir en politique – et pour cela déjouer le piège judiciaire que lui auraient tendu, dans son esprit, ses adversaires politiques. C'est très clair dans ses déclarations : «J'aurai à déciderà la fin du mois d'août, au début du mois de septembre (...). Je ne suis pas un homme qui se décourage devant les vilenies et les manipulations politiques» ; il n'a d'ailleurs pas manqué d'ajouter que ce qu'il espère être son accession prochaine à la présidence de l'UMP – «des responsabilités d'opposition» – devrait également lui valoir de passer dans les mailles du filet judiciaire. Nicolas Sarkozy est en fait incapable d'imaginer, tant il a été habitué à manipuler le système judiciaire lorsqu'il était à l’Élysée et même avant, qu'un autre exécutif puisse procéder autrement. Or, et c'est bien un des acquis positif du quinquennat Hollande, il se trouve que la Justice française a retrouvé depuis le 15 mai 2012 une sérénité et une liberté réelle dans la conduite des dossiers dont elle a la charge.

La stratégie de victimisation de Nicolas Sarkozy, passe encore, mais l'UMP a décidé de fragiliser la République

Je n'irai pas jusqu'à écrire que l'ensemble des responsables politiques conservateurs sont tous sur la même longueur d'onde. Il y a d'abord tous ceux qui «dans le secret de leur cœur» – comme l'a dit ce matin sur France InterNKM – espèrent que la mise en examen de Nicolas Sarkozy et la gravité des charges qui lui sont reprochées (sans connaître le fond du dossier, on peut considérer que la motivation explicite de la mise en examen est grave). Il y a ceux qui, Sarkozistes notoires ou non, ont été sincèrement bousculés par la gravité des faits reprochés et préfèrent conserver une réserve prudente.

Mais, au-delà de la folklorique Nadine Morano, la machine UMP est depuis hier à la manœuvre pour induire le déni dans l'opinion – pour l'instant cela ne semble pas recevoir l'écho espéré – et l'intervention de ténors UMP «modérés» (même si on les a déjà pris à plusieurs reprises en flagrant délit de mauvaise foi sur divers sujets) doit nous inquiéter collectivement pour la bonne santé de notre République.

Ainsi, l'inénarrable Jean-Pierre Raffarin était invité de France Info ce jeudi : «Je l’ai trouvé convaincant», a-t-il déclaré avant de critiqué le manque de «sérénité»,une «justice-spectacle»qui ne servirait ni la vérité, ni la justice elle-même. «Une convocation[qui] donne le sentiment qu'on cherche une justice-médiatique»qui ne prend pas le temps. On accordera à l'ancien Premier Ministre de Jacques Chirac et membre du triumviratqui dirige aujourd'hui une UMP embourbée dans l'affaire Bygmalion et les mécomptes de campagne de Nicolas Sarkozy qu'il lui appartient évidemment d'avoir un avis personnel sur l'aspect convaincant de l'entretien organisé par ce dernier. On pourra aussi lui répondre qu'il est curieux de dénoncer une justice spectacle lorsque la droite n'a eu de cesse lorsqu'elle était au pouvoir de monter en épingle faits divers et affaires diverses pour édifier l'opinion publique. Il est également ironique que les amis de l'ancien Président reproche aujourd'hui la médiatisation des affaires Sarkozy alors que ce dernier a toujours recherché à mettre en scène, à «spectaculariser», sa vie personnelle et politique avant et pendant son mandat élyséen. Dans ces conditions, il n'est pas besoin que des juges d'instruction appellent les médias une nuit de mise en examen pour que caméras et micros suivent et anticipent désormais ses moindres faits et gestes.

nkm_10.jpgLes insinuations de Nathalie Kocziusko-Morizet ce matin sur France Inter sont autrement plus graves. Nous passerons sur la conduite complaisante de l'entretien que menait l'animateur radio ce matin, au point qu'il cherchât à interrompre à plusieurs reprises la journaliste – spécialiste police-justice de la chaîne – lorsque celle-ci reprenait la députée de l'Essonne sur ses approximations.

Elle a, à plusieurs reprises, sous-entendu l'existence d'un «cabinet noir», dirigé depuis l’Élysée, qui instruirait à charge contre l'ancien Président de la République, en dépit de l'indépendance de la Justice. «À chaque fois [qu'il] parle d'un retour, les affaires sortent». Se défendant d'avoir un avis et des preuves sur le sujet, elle n'en a pas moins répété l'argument – reprenant les éléments de langage de celui dont elle était porte-parole au printemps 2012 – jusqu'à ce que Bernard Guetta la place devant le vide de ses contradictions. C'est là démonstration que c'est ainsi toute la droite – et pas seulement Nicolas Sarkozy – qui est incapable d'envisager que la Justice puisse être indépendante, car elle n'a pas cette pratique lorsqu'elle est au pouvoir.

Plus grave encore, elle a martelé – reprenant ici des arguments répétés par de nombreux responsables politiques UMP – qu'il était inacceptable que Nicolas Sarkozy soit «jugé par ses ennemis». On s'attendait à des attaques sur le complots des «juges rouges» dans la bouche d'Henri Guaino ou Nadine Morano ; mais les propos de NKM sont la démonstration que la «berlusconisation» de l'UMP – Silvio Berlusconi n'ayant eu que ce seul argument pour expliquer ses ennuis judiciaires – est bien plus avancée et généralisée qu'on n'aurait pu l'imaginer. Car il ne s'agit pas d'instrumentaliser comme cela arrive souvent – y compris sous la gauche – des conflits de « territoires » et d'approche entre police et justice, conflits que la droite française a toujours accentués, en dénonçant le soit-disant laxisme des juges qui handicaperait l'action des policiers, pour «démontrer» à l'opinion publique qu'elle et elle seule serait du côté de l'ordre et des victimes.

Ce refrain avait déjà été entonné mezzo vocelors de la première mise en examen de Nicolas Sarkozy ; la droite et ce dernier avait accusé le juge Gentil d'arrière-pensée politique dans la procédure qu'il conduisait, alors que ce même juge d'instruction n'était pas connu (c'est un euphémisme) pour être marqué à gauche et qu'il avait lui-même rendu un arrêt de non-lieu dans cette affaire, preuve s'il en est que les moyens juridiques utilisés par les magistrats ne préjugent pas de leur décision finale.

Aujourd'hui, c'est l'une des deux juges d'instruction qui a signifié à l'ancien Président sa mise en examen qui est mise en cause par NKM et la droite. Membre du syndicat de la magistrature (SM, classé à gauche), elle aurait publiquement et politiquement pris fait et cause contre le candidat Sarkozy. Or il se trouve que les responsables et militants UMP, tout à leur emportement, développent des contre-vérités démontrées à l'encontre de Mme Claire Thépaut :

  • elle n'est pas l'ancienne présidente du SM ;

  • elle n'a pas écrit de tribune contre Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle et les propos tirés d'un reportage de Médiapart qui servent à entretenir la confusion sont loin d'être des attaques directes et acerbes : «Ce qui est certain, c'est que nous aspirons tous à retrouver du calme, de la sérénité et de la confiance (...) Puisque la Seine-Saint-Denis est devenue le symbole de la délinquance urbaine, raison de plus pour que l'on nous accorde du respect et des moyens. Etre taxés de juges rouges quand on ne fait qu'appliquer les textes de loi, ce n'est pas normal, lance la magistrate. Certains ont voulu nous opposer aux policiers, alors qu'ils sont performants et qu'ils travaillent dans des conditions difficiles. Eh bien il faut maintenant que la justice retrouve son rang face au ministère de l'intérieur, et que la séparation des pouvoirs soit enfin respectée. (...) Je ressens une certaine défiance du parquet vis-à-vis des juges d'instruction, à qui l'on confie de moins en moins de dossiers ces dernières années, même dans les affaires criminelles» (...) «Nous étions 16 juges d'instruction en 2007, et nous ne sommes plus que 12 aujourd'hui. Même les policiers s'en plaignent : il serait plus simple pour eux d'avoir le juge d'instruction comme seul interlocuteur, avec un cadre procédural simple, celui de la commission rogatoire, plutôt que d'avoir affaire à plusieurs magistrats du parquet.» ;

  • Une version tronquée d'un texte attribué à Claire Thépaut circule sur les réseaux. Or il n'est pas d'elle. Il s'agit d'une lettre ouverte publiée par le Syndicat de la magistrature, à l'intention de Nicolas Sarkozy, et donc signée de son secrétaire général, Mathieu Bonduelle. Voici la version originale.

On notera au passage que le juge Thépaut ne travaille pas seule et n'a pas décidé seule de la mise en examen de Nicolas Sarkozy et c'est ainsi faire bien peu de cas du juge Simon, qui ne semble pas, elle, faire l'objet des même attaques. De fait, la nature des mensonges et des attaques à l'encontre de Mme Thépaut sont de graves atteintes à la liberté syndicales des juges et au-delà des fonctionnaires et des salariés en général. C'est une attaque inacceptable à l'égard de la liberté du Syndicat de la Magistrature à établir et développer son discours syndical ; c'est une mise en cause répréhensible pénalement de la liberté des magistrats à adhérer au SM, ce qui ne saurait leur être reprochés dans l'exercice de leur profession.

Ces attaques stupides veulent entretenir le fantasme de la frange la plus radicale des électeurs de droite sur une «France rouge» et des «juges rouges». Le fameux laxisme des juges se doublerait d'une volonté de nuireà Nicolas Sarkozy. On peut rappelerque le Syndicat de la magistrature est minoritaire. C'est l'Union syndicale des magistrats (USM), qu'on classe plutôt à droite, qui est majoritaire. En 2010, le SM avait obtenu 32,1% des suffrages, contre 58,9% pour l'USM et 9% pour FO-Magistrats. L'affaire des écoutes révèle l'existence d'une sorte de réseau d'amitiés sarkozystes au sein de l'appareil judiciaire, ce qui tend à démontrer que tous les juges ne sont pas de gauche... Et c'est bien pour cela que l'avocat de Nicolas Sarkozy et le juge Azibert étaient eux-mêmes en garde à vue avant leurs mises en examen.

Ces tentatives de détourner l'attention de la réalité des faits ne peuvent aboutir qu'à un seul résultat (et c'est d'ailleurs l'objectif recherché) : une perte de la crédibilité totalement infondée de l'appareil judiciaire français, un des piliers de l’État de droit et de la République Française. En cherchant les arguments les plus vils pour sauver un Nicolas Sarkozy de moins en moins défendable, c'est la République que la droite met désormais en danger. De telles manœuvres opérées par Berlusconi ont abouti en Italie au surgissement sur la scène politique d'un mouvement populiste parfaitement insaisissable, conduit par le peu drôle humoriste Beppe Grillo. Tout baroque qu'il soit, il reste moins dangereux à ce stade pour la démocratie que ne l'est en France le Front National de Marine Le Pen ; c'est au renforcement de cette dernière que nous conduisent les menées irresponsables des dirigeants de l'UMP et de Nicolas Sarkozy.

Frédéric FARAVEL

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 09:18

Nicolas Sarkozy s'est donc "enfin" adressé aux Français par l'entremise d'une tribune publiée ce matin dans Le Figaro et pour leur parler de lui et de sa personne.

PHO3f2fbc4c-b048-11e3-818f-07d248a8be93-640x230.jpgL'ancien Président de la République serait victime d'un complot judiciaire, piloté par le pouvoir politique socialiste. Il est marquant que Nicolas Sarkozy, redevenu un justiciable comme un autre, soit aujourd'hui tombé sous le coups du durcissement des politiques pénales qu'il a lui-même fait voter. Il juge les moyens disproportionnés à son encontre et bien qu'il les conteste en droit et la justice devra justifier des moyens requis pour enquêter sur son compte. Au regard des affaires en question (arbitrage Tapie-Lyonnais, sondage de l'Elysée, financement libyen présumé de sa campagne de 2007) les éléments sont en soi assez grave pour que les moyens déployés soient importants.

Le fait que le Président déchu ait choisi d'usurper l'identité d'une connaissance de son avocat pour acheter un téléphone portable sur le modèle du grand banditisme plaide également en sa défaveur : de tels moyens pris pour se protéger indiqueraient qu'il y a quelque chose à masquer. En réalité, l'immunité présidentielle, dont il a joui 5 ans et qui n'aurait jamais dû exister, lui est monté à la tête car il n'admet pas l'idée même qu'il puisse être soumis à une quelconque investigation

L'outrance est dépassé lorsque l'ancien Président compare la République Française, sa Police et sa Justice à la RDA et à la STASI. La France ne serait donc plus un Etat de droit et les investigations seraient menées par une police secrète sur réquisition politique à des fins politiques. L'excès décrédibilise en soi le propos. Mais si Nicolas Sarkozy pense que l'exécutif agit ainsi - en dépit du fait que l'amateurisme effroyable dont le gouverement fait preuve dans cette affaire pour communiquer plaide pour le contraire - c'est qu'il est incapable d'imaginer que le pouvoir puisse fonctionner autrement : on imagine tout de suite la façon dont l'Elysée devait gérer les choses sous le prédédent mandat, ce que laisse à penser d'ailleurs certains enregistrements Buisson.

Le drame dans cette affaire c'est que Nicolas Sarkozy a décidé d'agir sciemment dans l'outrance avec cette tribune et que cela participe d'une stratégie de la tension, qui ne peut que s'aggraver. A ce rythme la paranoïa des sympathisants conservateurs ne peut que s'en trouver renforcer - les propos tenus et les tracts diffusés à l'occasion des élections municipales par ceux-là le confirme d'ailleurs - et sur le refrain du "tous pourris", il n'y a que Marine Le Pen qui y retrouvera ses petits.

Non seulement, Nicolas Sarkozy vient d'insulter la République Française dont il a eu la charge pendant 5 trop longues années, mais il la met aujourd'hui sciemment en danger. Il se croit homme providentiel, seul capable de sauver la Nation en danger. Cette stratégie ne peut pas fonctionner sinon au profit de pire que lui. Mais quand bien même il croirait à son étoile bonapartiste, il est bon de rappeler que son modèle en la matière a conduit la France à la ruine et que les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Frédéric FARAVEL

J'ajoute ci-dessous la vidéo de l'entretien accordé ce matin par Arnaud Montebourg à France Inter, il a été pour une fois brillant.


Arnaud Montebourg: "c'est une injure à notre... par franceinter

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 14:19

maxnewsworldthree441679.jpgDepuis mardi 25 février, l'UMP a décidé de provoquer une vaine polémique parlementaire sur le dos du Ministre de l'Intérieur, Manuel Valls. Chacun a pu comprendre en me lisant que le représentant de l'aile droite du PS n'était pas exactement la personnalité politique que j'appréciais le plus, c'est peu dire. Trop de divergences (économie, immigration, intégration, etc.) me séparent des positions qui sont les siennes et qui n'ont souvent plus grand chose à voir avec la tradition socialiste démocratique française.

Il faut cependant avoir l'honnêteté de dénoncerles faux procès faits à un homme politique, sinon toute critique que l'on pourrait lui faire ensuite perdrait toute crédibilité.

Ainsi l'UMP a accusé le ministre de l'intérieur d'avoir perdu ses nerfs en séance, tirant prétexte de l'incident qu'elle a elle-même provoqué pour justifier le boycott des Questions au gouvernement du lendemain. Selon l'opposition conservatrice, le Ministre de l'Intérieur vise depuis des mois à remplacer Jean-Marc Ayrault comme Premier Ministre (c'est possible) et sous le coup d'arbitrages récents et de quelques déboires médiatiques, Matignon s'éloignant pour lui il aurait été pris d'une fébrilité indigne d'un ministre de la République. Fébrilité qui serait étendue à l'ensemble du gouvernement et qui justifierait la démission du ministre.

Que reproche-t-on exactement à Manuel Valls ? D'avoir répondu à un député UMP qui mettait en cause la supposée connivence ou indulgence du gouvernement vis-à-vis des casseurs d'ultra-gauche à Nantes en marge de la manifestation du 23 février contre le projet d'Aéroport international à Notre-Dame-des-Landes. Alors que la plus extrême rigueur aurait été appliquée contre les manifestations anti-mariage pour tous, où se retrouvaient de manière carnavalesque conservateurs, réactionnaires et quelques groupuscules fascistes.

C'était une manière d'accuser Manuel Valls de complicité avec l'extrême gauche et l'ultra gauche. C'est une manière de sous entendre que le Parti Socialiste compte beaucoup d'anciens militants d'extrême gauche et que donc la porosité entre le parti de gouvernement et la gauche radicale ou ultra serait source de partialité. C'était également en résonnance avec le discours de nombreux dirigeants de l'UMP comparant EELV au FN.

Outre le fait que ramener sur un même plan extrême gauche et extrême droite ne tient pas une minute du point de vue de l'histoire politique du pays, il y a là une absurdité complète. Aucun responsable politique socialiste (à part peut-être Jospin et on se demande encore pourquoi il s'était enferré dans le déni) étant passé par des mouvements d'extrême gauche (LCR, OCI, GP, etc.) n'en fait mystère aujourd'hui et ils le peuvent car personne ne saurait dénoncer chez ses mouvements les mêmes dérives que celles reprochées au FN et à toute la nébuleuse d'extrême droite. D'autre part, il serait risible aujourd'hui de voir une connivence entre les membres socialistes du gouvernement et de la direction du PS, quand on constate la politique qu'ils soutiennent et qu'ils mettent en oeuvre.

Tel n'est pas le cas à droite. Le passé réactionnaire ou crypto-fasciste de certains parlementaires est en général vécu comme une maladie honteuse et mal assumé. Mais il reprend une certaine actualité lorsque l'on constate aujourd'hui la coagulation réactionnaire autour de la "Manif pour Tous". On constate également chaque jour la porosité idéologique entre l'ex droite républicaine et les nationaux-populistes, sur l'immigration, l'identité nationale, les questions de société (égalité femmes-hommes, mariage et adoption homosexuels, PMA, études de genre, éducation), l'UMP concédant ouvertement que le seul dossier qui l'empêche de s'allier au FN de Marine Le Pen est la volonté de ce dernier de quitter l'euro. Aveu terrible...

Le Ministre de l'Intérieur était donc parfaitement fondé face à la dénonciation d'une collusion imaginaire à renvoyer le parti conservateur à la collusion intellectuelle, idéologique, personnelle, historique et actuelle entre l'UMP et l'extrême droite. Il n'a pas eu de mal à démontrer que l'indulgence n'avait pas été de mise face aux casseurs (et les reportages sur les victimes des "violences policières" ce jour-là l'ont largement rappelé). Et il a pu rappeler l'origine d'extrême droite de Claude Goasguen, l'un des plus virulents parlementaires de droite. Il est pathétique que ce dernier nie aujourd'hui ce qu'il reconnaissait à demi mot hier et que les médias ont depuis quelques jours à nouveau établi.

A ce titre, non seulement Manuel Valls n'a pas commis de faute dans l'hémicycle, mais il a également fait oeuvre de salubrité politique. C'est bien la droite qui en la matière fait preuve de fébrilité et de nervosité.

Frédéric FARAVEL

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