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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis alternativement à Bezons dans le Val-d'Oise et à Massy dans l'Essonne. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. Je suis membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, en charge du pôle "Idées, formation, riposte".
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Gauche Républicaine & Socialiste

18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 15:08
«Nègre je suis, nègre je resterai»
NATALIE LEVISALLES - Libération - vendredi 18 avril 2008

Quelques jours avant d’être hospitalisé, Aimé Césaire faisait comme il avait fait chaque jour toutes ces dernières années. Après avoir passé la matinée à la mairie de Fort-de-France où il recevait tous ceux qui voulaient le rencontrer, des mères qui venaient lui présenter leurs enfants aux lycéens qui lui demandaient de l’aide pour un exposé, il mangeait un peu de riz, montait dans la voiture conduite par son chauffeur et partait se promener dans l’île.

L’écrivain Daniel Maximin, qui le connaît depuis près de 40 ans, a fait cette balade avec lui en décembre. Ils se sont arrêtés à l’endroit préféré d’Aimé Césaire, le sommet d’une colline d’où on voit, à droite, la mer des Caraïbes, à gauche, l’océan Atlantique. Ils se sont aussi arrêtés sous l’arbre préféré du poète, un énorme fromager dont les branches et le feuillage traversent la route. Dans un entretien avec Maximin, paru en 1982 dans la revue Présence africaine (1), Césaire raconte qu’il a toujours été fasciné par les arbres. «Le motif végétal est un motif qui est central chez moi, l’arbre est là. Il est partout, il m’inquiète, il m’intrigue, il me nourrit.»

«Libération». Aimé Césaire, poète, dramaturge et homme politique, est mort hier matin à Fort-de-France. Il était né le 26 juin 1913 dans une famille modeste de Basse-Pointe, dans le nord-est de la Martinique. Son père était petit fonctionnaire, sa mère couturière. Le jeune Aimé a fréquenté le lycée Schœlcher de Fort-de-France, dont il a été un élève exceptionnellement brillant. Quand il s’ennuyait en classe, il écrivait un ou deux actes d’une tragédie à la manière des tragédies grecques, avec son ami guyanais Léon-Gontran Damas. A 15 ans déjà, la culture grecque et latine était pour lui comme un antidote au monde colonial martiniquais qu’il s’était mis à détester, raconte-t-il. Ce monde «fermé, étroit» , ces petits-bourgeois de couleur, snobs et superficiels, qui singent l’Europe… Il déteste tout ça et veut partir en France. Dans le livre réunissant les entretiens qu’il a accordés à Françoise Vergès, il raconte : «Je me disais : "ils me foutront la paix, là-bas, je serai libre." C’est une promesse de libération, un espoir d’épanouissement.»

Le voilà donc à Paris. Le petit campagnard antillais et pauvre, mais brillant et boursier du gouvernement français, se retrouve en hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand. Le jour même de son arrivée, il croise un garçon dans un couloir. «Bizuth, comment t’appelles-tu ?» - Je m’appelle Aimé Césaire. Je suis de la Martinique et je viens de m’inscrire en hypokhâgne. Et toi ? - Je m’appelle Léopold Sedar Senghor. Je suis sénégalais et je suis en khâgne. Bizuth, il me donne l’accolade, tu seras mon bizuth.» C’est le début d’une très profonde amitié, qui durera jusqu’à la mort de Senghor.

A Louis-le-Grand, les amis étudient le latin et le grec, mais aussi Rimbaud - «Il a beaucoup compté pour nous, parce qu’il a écrit : "Je suis un nègre." » Ils lisent Shakespeare, Claudel et les surréalistes. Mais aussi les écrivains noirs américains, Langston Hugues et Claude McKay. En métropole, Césaire rencontre toutes sortes d’étudiants noirs : des Caribéens, des Africains, des Américains. C’est là qu’il commence à découvrir vraiment la composante africaine de son identité martiniquaise, et à réfléchir sur ce que c’est d’être noir.

En septembre 1934, avec Senghor et Damas, son ami de lycée retrouvé à Paris, il fonde le journal l’Etudiant noir. C’est dans ses pages qu’apparaît pour la première fois le concept de négritude , inventé par Césaire et Senghor. Le projet, a raconté Césaire, était de chercher, par-delà les couches de la civilisation, «le nègre en nous». Leur idée secrète : «Nègre je suis et nègre je resterai… Mais Senghor et moi, nous nous sommes toujours gardés de tomber dans le racisme noir.» Il ajoutait : «Aucun de nous n’est en marge de la culture universelle. Elle existe, elle est là et elle peut nous enrichir. Elle peut aussi nous perdre. C’est à chacun de faire le travail.»

Poésie. A peine admis à l’Ecole normale supérieure en 1935, Césaire commence à écrire son premier livre de poésie, Cahier d’un retour au pays natal. Senghor a raconté avoir assisté à une très «douloureuse parturition». En fait, Césaire était si éprouvé par l’écriture de ce livre que le médecin de l’ENS lui avait prescrit six mois de maison de repos. Pour Maximin, «c’était comme s’il se disait : "Qui suis-je moi, pour lutter contre l’inacceptable, le malheur du monde ?" C’était comme un volcan enfermé dans une montagne. Tout est bouclé et, tout d’un coup, ça explose, comme la montagne Pelée.» Césaire disait d’ailleurs : «Ma poésie est peléenne.» Il parlait de la poésie comme de la «communication par hoquets essentiels face à l’inepte bavardage». Dès ce premier texte, il veut écrire sur «cette foule inerte» brisée par l’histoire, et rêve d’«un pays debout et libre».

En 1939, Aimé Césaire retourne en Martinique avec Suzanne, qu’il a épousée en 1937, qui sera comme lui professeur au lycée Schœlcher, et avec qui il aura 6 enfants, avant qu’ils ne se séparent. C’est aussi avec Suzanne, et avec l’écrivain René Ménil, qu’il fondera la revue culturelle Tropiques.

Tous ceux qui ont rencontré Aimé Césaire décrivent un homme petit, fragile, courtois. Et en même temps une personnalité d’une force et d’une puissance incroyables, un homme qui n’a jamais plié et qui, dès l’enfance, était un râleur, ou un rebelle. «J’ai toujours été un rouspéteur», disait-il encore récemment. Ces dernières années, même très âgé, il n’avait pas changé. Comme il ne supportait pas son appareil auditif, il l’enlevait tout le temps, même quand on lui demandait de le garder pour recevoir François Fillon. Il était aussi épuisé par les insomnies et se faisait remettre, sans ordonnance, des somnifères par les pharmaciens de l’île. Son médecin, le docteur Pierre Aliker, était obligé de les lui sortir de la poche. Le docteur Aliker, qui a été l’adjoint d’Aimé Césaire à la mairie de Fort-de-France, est pour sa part en pleine forme. Il est âgé de 101 ans et a toujours dit : «Je reste vivant pour ne pas mourir avant Césaire.»

Césaire était donc un rebelle, il avait aussi horreur des relations de dépendance. «Il est lui, il veut qu’on lui fiche la paix, dit Daniel Maximin. Et même s’il a été maire et député pendant 50 ans, il se moque du pouvoir, au fond.»C’est dans mes poèmes les plus obscurs, sans doute, que je me découvre et me retrouve.» Ce qui, paradoxalement, est peut-être une des raisons de son aura politique, en Martinique, mais aussi dans toute la Caraïbe, l’Afrique et le monde afro-américain. Comment a-t-il pu, tout au long de sa vie, réussir à lier politique et poésie ? A Françoise Vergès qui lui a posé la question, il a répondu : «C’est dans mes poèmes les plus obscurs, sans doute, que je me découvre et me retrouve.»

«Espérance». De Soleil Cou Coupé (1948) à Ferrements (1960) et Moi, laminaire (1982), il aura écrit une poésie à la fois inspirée du surréalisme, tellurique et bucolique, «une poésie de culture et de nature, c’était un homme enraciné dans la terre, comme un arbre» , dit Maximin.

Figure politique d’un rayonnement mondial, Césaire était poète avant tout. «Le langage poétique, disait-il, est le seul qui permette d’exprimer la complexité de l’homme.» Le seul, avec celui de la tragédie grecque, le modèle de ses quatre pièces, qui étaient en même temps très politiques. La Tragédie du roi Christophe (1963) est une réflexion sur l’expérience haïtienne, Une saison au Congo (1966) part de l’assassinat de Patrice Lumumba, Une tempête (1969), inspirée de Shakespeare, a pour sujet l’aliénation coloniale et le Black Power américain.

Dans l’entretien de Présence africaine, Aimé Césaire disait : «C’est quoi une vie d’homme ? C’est le combat de l’ombre et de la lumière… C’est une lutte entre l’espoir et le désespoir, entre la lucidité et la ferveur… Je suis du côté de l’espérance, mais d’une espérance conquise, lucide, hors de toute naïveté.»

(1) Voir aussi la préface écrite par Daniel Maximin pour l’édition de Ferrements et autres poèmes, Points Seuil, février 2008.

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17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 16:04
Congrès : le NPS montre le bout de son nez
DAVID REVAULT D’ALLONNES - Libération - jeudi 17 avril 2008

Les grandes manœuvres pré-congrès ont bel et bien commencé au PS. Après Ségolène Royal qui, il y a dix jours, lançait une «consultation participative» , c’est au tour du Nouveau parti socialiste (NPS) de partir à l’offensive. Ce courant de la gauche du parti planche actuellement sur la préparation de huit grandes réunions régionales, qui se tiendront de fin avril à juin, «où seront mises en débat les options que nous défendons», explique Benoît Hamon, leader de cette sensibilité. Le député européen l’assure : «On se met en mouvement.» Un forum devrait également être lancé sur Internet, comme l’a fait l’ancienne candidate à la présidentielle, avec son site Congresutileetserein.com.

Ségolène Royal-NPS, même méthode ? «Il y a une chose sur laquelle nous sommes d’accord avec elle : il faut défendre une offre autour de laquelle les gens s’agrégeront, poursuit Benoît Hamon. Certains rentrent dans le congrès comme dans une partie de Rubik’s Cube, en envisageant toutes les contributions possibles. Nous, nous le ferons avec une offre politique. Comme elle.» Là s’arrête la ressemblance entre les deux initiatives : «Nous, nous proposons des options, pas des questions. On ne demandera pas si le capitalisme est méchant ou si l’écologie, c’est bien», résume Benoît Hamon.

Ces «options pour une gauche moderne» , rassemblées dans un «plan détaillé», visent à «préparer la France de l’après-Sarkozy en anticipant ce que sera la situation dans quatre ans, et en préparant les moyens de revenir au pouvoir dans un contexte où les inégalités auront augmenté, où la violence sera plus forte et les instruments de régulation auront été démantelés par la politique du gouvernement». L’économiste Liêm Hoang-Ngoc et l’historien - et ancien leader de l’Unef-ID - Philippe Darriulat, planchent d’ores et déjà, entre autres, sur ces contributions.

Autre objectif, plus arithmétique que programmatique celui-là : mobiliser afin de désenclaver et d’élargir le «périmètre» d’un courant qui, au moment du congrès du Mans de 2005, pesait près d’un quart des suffrages des militants. Mais qui, depuis, a vu partir plusieurs de ses dirigeants. Dont Arnaud Montebourg, puis Vincent Peillon, devenu depuis l’un des principaux soutiens de Ségolène Royal.

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17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 16:00
Aimé Césaire est mort

Aimé Césaire en janvier 2007. (Reuters)
Le poète martiniquais Aimé Césaire est mort ce jeudi à l'âge de 94 ans. Il était hospitalisé depuis le 9 avril.
LIBERATION.FR : jeudi 17 avril 2008

Le poète martiniquais Aimé Césaire, 94 ans, chantre de la «négritude», est décédé jeudi matin au CHU de Fort-de-France (Martinique), où il était hospitalisé depuis le 9 avril, a-t-on appris jeudi de source gouvernementale.

Depuis son hospitalisation, pour des affections «de nature cardiologique», à l’hôpital Pierre Zobda-Quitman de Fort-de-France, des rumeurs alarmistes circulaient sur son état de santé, qualifié de «préoccupant» par ses médecins.

Aimé Césaire fut, avec le Sénégalais Léopold Sédar Senghor et le Guyanais Léon-Gontran Damas, l’un des chantres du courant de la «Négritude».

L’auteur du «Cahier d’un retour au pays natal» avait consacré sa vie à la poésie et à la politique. Principale figure des Antilles françaises, il fut depuis les années 1930 de tous les combats contre le colonialisme et le racisme.

Les Martiniquais attendaient ces derniers jours avec sérénité et dans la discrétion l’évolution de l’état de santé d’Aimé Césaire, notamment à Fort-de-France, la ville dont il fut le maire pendant 56 ans, de 1945 à 2001.

Le président Nicolas Sarkozy avait salué le 26 juin dernier en Aimé Césaire le poète et «homme d’action», «porteur d’un message de paix, de tolérance et d’ouverture», à l’occasion du 94e anniversaire de l’écrivain, dans une lettre rendue publique par l’Elysée.

Après avoir refusé de rencontrer M. Sarkozy lors d’un voyage prévu, puis annulé, aux Antilles en 2005, le poète martiniquais avait finalement reçu en mars 2006 celui qui était alors ministre de l’Intérieur.

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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 16:16
Vous pouvez télécharger ici la lettre n° 40 du Nouveau Parti Socialiste, dans laquelle j'ai rédigé une note sur le plan Espoir Banlieue.
Fred
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6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 08:44
M. Obama reprend dans l'Indiana le message de Martin Luther King sur la "justice économique"
LE MONDE | 05.04.08 | 14h13  •  Mis à jour le 05.04.08 | 14h13
WASHINGTON CORRESPONDANTE

arack Obama avait choisi de ne pas se rendre à Memphis (Tennessee), vendredi 4 avril, 40e anniversaire de la mort de Martin Luther King, alors que le pays avait les yeux rivés sur le balcon du motel Lorraine où le héros de la lutte des droits civiques a été assassiné, à 39 ans, par James Earl Ray. Une manifestation a eu lieu comme il y a 40 ans, organisée par le même syndicat des employés municipaux. Le Dr King était venu à Memphis pour aider à organiser une grève d'éboueurs, dans le cadre de sa campagne contre la pauvreté.

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Le sénateur de l'Illinois, qui explique souvent qu'il ne serait pas arrivé là où il est si le Dr King n'avait pas mené son combat pour la légalité raciale, se trouvait dans l'Indiana. Il a indiqué qu'il avait jugé "préférable de délivrer le message" du pasteur assassiné dans le Midwest. Evoquant l'annonce, le matin, de la perte de 8 000 emplois le mois dernier, il a souligné que la revendication de "justice économique" avancée par les militants des années 1960 restait à l'ordre du jour.

C'était évidemment Barack Obama que la foule souhaitait voir, et elle a hué le républicain John McCain. Celui-ci a confessé avoir "fait une erreur" en votant contre l'instauration d'une journée fériée à la mémoire du Dr King dans son Etat de l'Arizona en 1983. La démocrate Hillary Clinton a rappelé qu'elle avait eu l'occasion d'assister à un de ses discours à Chicago, ce qui avait "ouvert" sa vie. Elle a promis de créer un poste de "tsar anti-pauvreté" si elle était élue.

La commémoration du 4 avril s'inscrit dans une période de retour de la société sur les années 1960. La génération des acteurs de l'époque commence à disparaître. Comme l'écrit l'éditorialiste Eugene Robinson, il y a maintenant "deux Amériques noires". L'une a connu une prospérité remarquable. "Une Amérique noire souveraine serait la 15e ou 16e nation la plus riche du monde." Les exclus le sont, en revanche, encore plus qu'avant. Comme l'a dit le révérend Samuel Kyles, qui était au motel Lorraine avec Martin Luther King, "maintenant nous avons le droit d'aller à l'école. Mais nous avons besoin d'argent pour payer la scolarité".

Curieusement, c'est le jour où il était beaucoup question de pauvreté que les Clinton ont révélé le montant de leurs revenus : 109 millions de dollars en 8 ans. Le camp Obama réclamait cette publication, dans l'espoir d'en savoir plus sur leurs relations avec le magnat des supermarchés Ronald Burkle, dont le holding Yucaipa a des intérêts dans le paradis fiscal des îles Cayman. La déclaration fait apparaître que les Clinton sont des auteurs à succès (29,6 millions pour l'ancien président ; 10,5 millions pour l'ex-first Lady). Bill Clinton a gagné près de 52 millions en donnant des conférences et en a touché plus de 12 millions comme consultant pour Yucaipa.

Corine Lesnes
Article paru dans l'édition du 06.04.08
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31 mars 2008 1 31 /03 /mars /2008 21:46
Au Zimbabwe, l'opposition assure avoir remporté l'élection présidentielle
LEMONDE.FR avec AP et AFP | 31.03.08 | 08h37  •  Mis à jour le 31.03.08 | 18h56

es résultats des élections générales au Zimbabwe continuaient à tomber au compte-gouttes, lundi 31 mars, tandis que Morgan Tsvangirai, candidat de l'opposition à la tête du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), affirme avoir battu le président sortant, Robert Mugabe, avec 60% des suffrages contre 30% à celui qui est au pouvoir depuis 1980. L'opposition avait déjà proclamé sa victoire au lendemain du scrutin, dimanche, mais se base cette fois-ci sur des chiffres non officiels recueillis dans 128 des 210 circonscriptions du pays.

Le secrétaire général du MDC, Tendai Biti, a précisé que son parti avait également gagné 96 sièges de députés dans ces circonscriptions. Le décompte officiel, établi lundi par la commission électorale du Zimbabwe, ne portait que sur 24 sièges, donnant une égalité parfaite à douze sièges entre le MDC et l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (ZANU-PF) de Robert Mugabe.

Les autorités, qui ont attendu 36 heures après la fermeture des bureaux de vote pour publier les premiers résultats officiels, doivent en premier lieu donner les vainqueurs du scrutin législatif, avant de désigner le vainqueur de la bataille présidentielle, qui oppose MM. Mugabe et Tsvangirai mais aussi l'ancien ministre des finances, Simba Makoni, qui aurait obtenu 10% des voix, selon le MDC.

"LES PROCHAINS JOURS VONT ÊTRE CRITIQUES"
Les leaders de l'opposition et plusieurs observateurs ont souligné que la lenteur du décompte ne pouvait qu'accroître les doutes sur le bon déroulement de l'élection. Les "retards étaient une expression de la panique de la ZANU-PF", a par exemple jugé un porte-parole du MDC, qui assure que les hommes de Robert Mugabe sont prêts à annoncer sa victoire avec 52% des voix. La commission électorale explique le retard par le fait qu'outre le président et les députés, les sénateurs et les maires sont également désignés.

Les forces anti-émeute étaient déployées dans la capitale Harare, notamment dans la circonscription de Makoni Central, où le ministre de la justice, Patrick Chinamasa, candidat à la députation, a été défait selon un résultat officiel. La Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), qui regroupe 14 pays de la région, a jugé les élections "pacifiques et crédibles", épinglant néanmoins les forces de l'ordre pour avoir prévenu qu'elles s'opposeraient à tout changement de régime.

"Les prochains jours vont être critiques pour l'avenir du Zimbabwe", a prévenu le chef de la diplomatie britannique, David Miliband, dont le pays suit de très près le déroulement du scrutin. "Des militants des organisations civiques au Zimbabwe ont surveillé les élections et nous attendons avec hâte leurs conclusions. Il ne doit pas y avoir de retard non nécessaire dans l'annonce des résultats officiels", a-t-il poursuivi.
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26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 10:02
Municipales : les électeurs veulent une gauche de gauche
par Henri Emmanuelli et Benoît Hamon

Tirer les leçons d’une consultation électorale est un devoir primordial pour une formation politique, a fortiori pour le Parti socialiste qui a été l’acteur majeur de la victoire de la gauche dimanche 16 mars.

La première leçon est simple. Elle se lit dans la sécheresse des résultats : la droite a subi une déroute lors de ces élections municipales. Les 58 villes de plus de 20 000 habitants conquises par la gauche traduisent l’ampleur de cette défaite. Il peut sembler banal de l’affirmer mais cela est nécessaire tant l’impudence, voire l’autisme des ministres et des dirigeants de l’UMP sur les plateaux de télévision confinait au déni de réalité. Le nombre de villes conquises donne une dimension incontestablement nationale à cette défaite.

La seconde leçon concerne le "rôle central" que prétendait exercer le MoDem au centre de notre échiquier politique. A force de vouloir être partout à la fois, le MoDem n’a fini nulle part. La plupart du temps il est resté dans le giron de ses alliés traditionnels de droite, sans lesquels il n’aurait pas conservé le peu de municipalités dont les électrices et les électeurs lui concèdent encore la gestion. En entendant François Bayrou, au soir du premier tour, appeler en vain les électeurs palois à faire barrage aux "socialo-communistes", il nous revenait en mémoire cette définition que François Mitterrand donnait du centre dont il affirmait, non sans humour, qu’il n’était "ni de gauche ni de gauche".

A CONTRESENS DE L’HISTOIRE

Nous serions donc bien avisés de stopper rapidement une inutile et grotesque "danse du centre" et de laisser François Bayrou à sa stratégie électorale narcissique. Le scrutin municipal a eu cette vertu de démontrer l’absence d’efficacité électorale de l’alliance avec le MoDem, ce qui ne signifie pas qu’il faille renoncer à parler à ses électeurs. Si le MoDem décide de rejoindre le camp de la gauche et ses valeurs progressistes, il sera le bienvenu. Cette décision lui appartient, mais n’appartient qu’à lui. En attendant, nous avons mieux à faire.

Ce que nous avons à faire, et cela sera notre troisième et dernière leçon provisoire, est de constater le glissement à gauche de notre électorat. Partout où la gauche était rassemblée, elle réalise de très bons scores. Quand elle était divisée de notre fait, alors communistes, écologistes ou extrême gauche réalisaient des scores qu’il serait absurde d’ignorer. Finalement nous sommes dans une figure classique de notre vie politique accompagnée d’une donnée nouvelle.

La figure classique est celle de la bipolarisation entre la gauche et la droite. Une bipolarisation dont nous n’hésitons pas à affirmer qu’elle est saine pour notre démocratie, qui a besoin d’options différenciées et de confrontations d’idées et de projets.

La nouveauté est celle d’une radicalisation d’une partie de notre électorat qui s’explique aisément par l’inquiétude croissante devant la dégradation des conditions de vie des classes populaires et, phénomène nouveau, des classes moyennes. Les socialistes risqueraient de passer à côté de l’essentiel s’ils ne tiraient pas rapidement les conséquences qui s’imposent de ce message adressé par les Françaises et les Français. Un message qui risque de s’amplifier tant les perspectives économiques mondiales sont inquiétantes. La crise de très grande ampleur que traverse le système financier international, et qui menace désormais d’entraîner l’économie mondiale dans la spirale de la récession, marque assurément la fin des illusions de la globalisation financière et de la libéralisation effrénée du commerce international.

Alors qu’aux Etats-Unis, en Angleterre et, demain, en France et en Europe les dirigeants seront soumis à la nécessité de prendre des mesures radicales de sauvetage du système bancaire et de se tourner vers des formes nouvelles de régulation publique de l’économie, il serait paradoxal que la gauche française, en quête d’une illusoire modernité, "mue" à contresens de l’histoire.

Nous assistons à la fin de la domination culturelle du libéralisme et du capitalisme financier. Cela constitue une opportunité sans précédent de faire avancer nos idées progressistes. C’est ce à quoi nous invitons le Parti socialiste et ce à quoi nous consacrerons notre énergie dans les semaines et les mois à venir, avec toutes celles et tous ceux qui le souhaitent.

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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 11:26
Vous pouvez lire ici les discours d'installation prononcés le jeudi 20 mars 2008 par :
  • Claude Bartolone, nouveau président du conseil général de la Seine-Saint-Denis ;
  • Didier Arnal, nouveau président du conseil général du Val d'Oise.
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21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 16:21
La France, ses déséquilibres, par Lionel Jospin
LE MONDE | 21.03.08 | 11h24

i, comme homme de gauche, je me réjouis du beau résultat des élections locales, comme citoyen, je reste inquiet, dix mois après la présidentielle, des déséquilibres qui troublent la marche de notre pays. Quels sont ces déséquilibres ? Et quels remèdes peut-on leur apporter ?

Il y a les déséquilibres économiques. Déficits majeurs du budget, du commerce extérieur, de la Sécurité sociale; endettement massif sur fond de croissance faible; montée de la pauvreté : les indicateurs sont mauvais. Les redressements amorcés sous mon gouvernement s'éloignent. L'héritage laissé en 2007 par mes deux successeurs était sans doute médiocre. Mais les actuels gouvernants, déjà membres des équipes précédentes, ne parviennent pas à restaurer la confiance.

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Le mieux serait que le pouvoir infléchisse ses orientations économiques. On peut douter qu'il le fasse. Au moins peut-on lui demander de ne plus adresser des messages contradictoires aux agents économiques, de ne pas désorienter nos partenaires européens par des volte-face et de fixer un cap clair à la politique économique de la France.

L'opposition, quant à elle, doit dégager les lignes d'une politique économique alternative. Il lui revient d'indiquer comment elle pourrait demain restaurer les équilibres tout en libérant la croissance, préférer la recherche et l'innovation à l'accumulation des patrimoines, relever la part des salaires par rapport aux profits pour à la fois armer et équilibrer notre économie. Ce serait une façon de redonner aux Français des repères.

Il y a les déséquilibres institutionnels. Il était certain que la conception de la présidence affichée par Nicolas Sarkozy serait source de difficultés. Le pouvoir a besoin de profondeur. Le président, le premier ministre, les ministres, le Parlement doivent exister chacun dans leur plan et jouer tout leur rôle. C'est ce qui garantit l'efficacité de l'action dans les temps ordinaires et la capacité à absorber les chocs dans les moments difficiles.

En s'attribuant tout l'espace, en court-circuitant ses ministres, en prétendant être la mesure de toute chose, le président a déstabilisé l'exécutif et démobilisé sa majorité parlementaire. Il a aussi désorienté les Français.

Le pouvoir est une pyramide qui ne saurait reposer sur sa pointe. Le président a altéré sa fonction en prétendant incarner toutes les autres et, par son comportement insolite, il est devenu le symbole d'une politique confuse. Lui qui se voulait tout-puissant se retrouve affaibli. Le premier ministre, qu'il avait marginalisé, s'est redressé : en agissant normalement, il a bénéficié d'un effet de contraste.

Cette distorsion imprévue est déstabilisante pour un pouvoir qui, sous la Ve République et hors période de cohabitation, repose sur l'autorité du chef de l'Etat dans l'opinion. Aussi la majorité est-elle passée en peu de mois de la sérénité à l'inquiétude.

Le retour à l'équilibre dépend d'abord du chef de l'Etat. C'est son image qui est dégradée en France et à l'étranger. Nicolas Sarkozy doit réaliser que, dans l'esprit des Français, l'exercice de sa charge est en cause. Que ses improvisations sur la religion, la laïcité, la mémoire de la Shoah irritent. Qu'il ne peut prétendre contourner une annulation du Conseil constitutionnel, puisqu'une telle tentative serait illégale. Que l'espace public où se meut le président est régi par des codes qui excluent le laisser-aller.

M. Sarkozy a le devoir de renoncer à l'illusion de la toute-puissance, à la griserie du bon plaisir, à la fusion de la vie privée et de la sphère publique.

Il y a les déséquilibres de l'ouverture. Celle-ci, loin de fonder une nouvelle construction politique, est devenue facteur de trouble. Pour les socialistes bien sûr, mais aussi pour la majorité, quand les ralliés, embarrassés par certaines décisions, ont fait entendre de premières dissonances. Et puis, ces dérèglements se sont étendus. La transgression, venue d'en haut, des loyautés politiques naturelles a fait école. A droite comme à gauche, trop de candidats dont le parti avait fait la carrière entrent en dissidence ou rallient l'adversaire si leur formation ne les désigne plus.

Ces trajectoires égoïstes sont une cause de confusion et discréditent l'engagement politique. La fidélité aux convictions n'est en rien du sectarisme. La majorité et l'opposition redonneront de la clarté à notre vie publique s'ils s'emploient à décourager ceux qui traitent la politique comme un marché.

Il y a les déséquilibres entre les discours et les actes. Ils vont croissant. Certes, la nouvelle équipe a, dans quelques cas, tenu parole. Elle l'a fait logiquement pour le traité européen, injustement pour les régimes spéciaux de retraite, et sottement pour le paquet fiscal.

Mais, pour l'essentiel, il y a un décalage majeur entre les annonces et les actions. Les Français constatent la détérioration et non la progression de leur pouvoir d'achat. Le démantèlement des 35 heures ne provoque évidemment aucune augmentation des salaires. A l'inverse, les hausses de prix amputent le niveau de vie et accroissent les difficultés de beaucoup.

Et puis se systématisent les effets d'annonce sans lendemain. Que reste-t-il des promesses aux marins pêcheurs du Guilvinec, de remettre en cause les quotas de pêche européens ? Où en est-on de l'engagement pris auprès des sidérurgistes de Gandrange d'une participation de l'Etat dans le groupe indien ArcelorMittal pour sauver le site ? Où sont les milliards d'euros promis aux chercheurs alors que ceux-ci constatent la baisse des crédits de leurs laboratoires ?

Cette manière de gouverner est détestable, car elle laisse les problèmes sans solution et elle dévalorise la parole publique. Le pouvoir en place doit donc mettre de l'ordre dans son action, hiérarchiser ses priorités, ne plus substituer la proclamation à l'action. Sinon, il continuera à créer scepticisme et démoralisation.

Il y a les déséquilibres à gauche. Désormais, le Parti socialiste domine et n'a plus d'alliés puissants. Et il reste confronté à une extrême gauche sans culture de pouvoir qui stérilise son électorat. Le PS aura dans l'avenir à compter de plus en plus sur ses propres forces.

Pour cela, le Parti socialiste doit surmonter ses propres déséquilibres. Le premier tient à la contradiction entre ses succès locaux et ses échecs nationaux. Le PS vient d'obtenir de très bons résultats aux élections municipales et cantonales. Mais il n'a pas remporté l'élection présidentielle depuis vingt ans ni gagné les élections législatives depuis onze ans.

On prétend que certains de ses notables s'accommoderaient de cette disparité, le statut d'opposants au pouvoir central leur paraissant propice à leurs victoires locales. Mais un courant politique qui perd son élan national ne gardera plus à terme que des places fortes isolées. Le Parti socialiste doit s'appuyer sur ses succès locaux, il ne peut s'y borner. Il lui faut se redonner un destin national.

Le second déséquilibre du PS concerne l'écart entre son potentiel collectif et sa panne de leadership. Les difficultés ne sont ici ni programmatiques ni stratégiques : un programme se mûrit et une stratégie s'affine. Mais il faut pour cela un chef de file reconnu qui mette chacun au travail.

 Ce n'est plus le cas, puisque le premier secrétaire actuel quitte sa fonction et qu'il n'y a pas de consensus sur son successeur. Pourtant, la question du leadership ne peut être éludée. Il faut au prochain congrès, sans déchirements mais après débat, choisir un leader, une équipe, une orientation.

Prendre prétexte des spéculations sur les candidatures à la présidentielle pour choisir aujourd'hui un premier secrétaire de transition forcément faible serait vouer le parti à la paralysie et à la stagnation. La question de savoir qui sera ou ne sera pas candidat en 2012 est aujourd'hui secondaire et sera réglée plus tard.

Parmi leurs dirigeants actuels, les socialistes doivent choisir pour la porter à leur tête une personnalité dotée d'une culture et d'une expérience politiques indiscutables. Qui connaisse le PS et respecte ses militants. Qui ait la volonté de redonner à tous le sens de la réflexion et de l'action collectives pour faire des propositions cohérentes au pays.

Il y a les déséquilibres médiatiques. La liberté de notre presse est précieuse. Que saurions-nous aujourd'hui des dérèglements d'une partie du patronat, des incohérences de notre politique africaine, de l'opacité de la sphère financière mondiale, de l'inquiétante évolution de la Russie ou encore des variations de l'opinion sans les investigations et les analyses de la presse ?

Elle n'a pourtant pas été étrangère aux déséquilibres actuels et elle peut aider à les résorber. Il y a un vif contraste entre l'engouement qu'elle a manifesté à l'égard de M. Sarkozy au moment de son élection et l'éreintement auquel elle procède maintenant. Il est vrai que la déception a succédé à la séduction, les ratés aux promesses et l'improvisation au volontarisme.

Mais ne pouvait-on pas anticiper ces distorsions et déceler dans la personnalité si exposée du candidat les carences du chef d'Etat ? Faut-il que les Français soient voués à élire un président couvert d'éloges pour l'accabler six mois plus tard ? Faudrait-il instituer en France des présidences à l'essai ?

Le président est là pour quatre ans encore. Il n'est donc pas indispensable, pour l'équilibre du pays, de déclarer chaque jour insoutenable une situation dont on sait qu'elle va durer. De même, on peut critiquer les actions d'une personne tout en respectant sa charge.

Les médias rendront un autre service à la vie publique en ne cultivant pas ce qu'ils disent déplorer. L'affaiblissement du président dans l'opinion tiendrait beaucoup à l'étalage de sa vie privée ? À eux de ne pas pratiquer non plus ce mélange des genres, fut-ce pour augmenter leurs tirages.

En centrant leurs actes, leurs analyses et leurs jugements sur l'examen lucide des problèmes de la France et sur la recherche sérieuse de leur solution, les acteurs de la vie publique – majorité, opposition, médias, citoyens – peuvent contribuer à rendre son équilibre à notre pays.


Lionel Jospin, ancien premier ministre (1997-2002)
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21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 11:21
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