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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis alternativement à Bezons dans le Val-d'Oise et à Massy dans l'Essonne. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. Je suis membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, en charge du pôle "Idées, formation, riposte".
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Gauche Républicaine & Socialiste

21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 09:50

À quoi peut bien servir un ministère de l'immigration et de l'identité nationale ?

Nicolas Sarkozy entonne la trompette de l'"identité nationale", il amorce ainsi un tournant stratégique limpide : séduire les électeurs de l'extrême droite. Mais le candidat de l'UMP ne s'est pas contenté de magnifier les valeurs républicaines comme ferment du "vivre ensemble" dont la France en crise a besoin. Il a exprimé la volonté de créer un ministère chargé, outre l'immigration, de l'«identité nationale». Ce message a été délivré sur France2, jeudi 8 mars, sans susciter sur le moment la moindre interrogation, quelques heures après l'annonce du soutien de Simone Veil à la candidature de M. Sarkozy. Ce n'est que quelques jours plus tard que les observateurs se sont rendus compte de la portée de ses propos que Madame Alibi de Monsieur Sarkozy a été contrainte de prendre ces distances avec cette «formule».

Les précédents

Vichy n'est pas la seule réponse ; dans l'entre-deux-guerres, "ritals" et "polaks" ont longtemps été considérés comme "inassimilables" tandis que juifs et Arméniens étaient accusés d'«abâtardir la race». Mais il faudra attendre 1945 pour qu'un organe de l'État républicain, le Haut Comité de la population, prône une sélection des étrangers basée sur leur "assimilabilité". Dans cette logique, les Européens du Nord sont les mieux notés, à l'opposé des Africains du Nord, relégués pour cause d'"incompatibilité entre l'islam et la civilisation européenne". Cette mécanique, défendue par une partie de l'administration, n'a jamais été appliquée. Parce que toute idée de discrimination ethnique avait été bannie des ordonnances gaullistes de 1945 sur l'entrée et le séjour des étrangers. Et surtout parce que, dans l'euphorie de la reconstruction puis des trente glorieuses, le patronat a opté pour la main-d'oeuvre bon marché, fût-elle considérée comme "indésirable".

En réalité, seul Vichy a développé des structures administratives à leur manière efficaces pour défendre une certaine conception de l'"identité nationale". Le Commissariat général aux questions juives (CGQJ), créé en mars 1941, avec à sa tête l'antisémite Xavier Valade, répondait, avant même d'être un outil au service de la politique d'extermination, à l'objectif de purification de la nation française.

Quel pourrait être le champ d'action de ce ministère ?

La France d'aujourd'hui n'est évidemment pas celle de 1940 et invoquer l'identité nationale dans le débat politique d'aujourd'hui n'est pas en soi sacrilège. Pas innocent non plus. Confier à l'État la gestion d'une notion mouvante, qui n'appartient à personne en particulier, réduire la nation aux immigrés et feindre d'ignorer que ces derniers évoluent au contact de la société, c'est courir le risque de l'exclusion et de l'arbitraire. Car l'organe - le ministère de l'identité - créerait la fonction : le tri de "bons" immigrés.

M. Sarkozy a annoncé au début de sa campagne qu'il souhaitait constituer un gouvernement avec très peu de ministères, on peut donc en déduire que dans l'esprit du candidat-ministre de l'intérieur il ne s'agit pas de créer un gadget mais un véritable outil de gouvernement. Dans un gouvernement restreint, chaque ministère serait essentiel. Si les mots ont un sens, quelle serait la fonction de cette administration voire, en son sein, du "directeur de l'identité nationale" qui devrait logiquement y être nommé ? Quel type de travail législatif produira donc ce ministère essentiel de l'immigration et de l'identité nationale ?

On peut légitimement penser qu'il s'agira en 1er lieu de définir ce que c'est qu'être Français et, une fois les critères de francité établis, on s'en servira pour déterminer si tel ou tel étranger est aux normes, fautes de quoi il ne pourra rentrer sur le territoire, ou, s'il est entré, il devra en partir.

Cela revient à poser 2 questions de portées différentes, l'une confinant peut-être au simplisme mais dont le ridicule prêtera au moins à sourire, l'autre plus complexe mais dont les fondements amènent à approfondir notre réflexion.

Qu'est-ce qui fait qu'on est Français ?

La langue française ne peut être un critère, puisque nombre d'étrangers (Belges, Canadiens, Suisses, Africains, Maghrébins, Indochinois...) la parlent parfois bien mieux d'ailleurs que certains de nos concitoyens.

L'adhésion à la constitution, à la littérature française, aux idéaux des Lumières ?

Non seulement la constitution de 1958 a été en partie rédigée par Léopold Sédar Senghor, ancien président du Sénégal, mais – sans aller jusqu'à parler des débats institutionnels sur la volonté de certains (dont je suis) de passer à une VIème République parlementaire et sociale – doit-on dénier leur identité française à tous ceux qui de près ou de loin s'opposent aux fondements du régime républicain français (royalistes, trotskystes, fascistes...) ? Simenon, auteur le plus populaire de la 2ème moitié du XXème siècle, était belge, mais il est vrai que Johnathan Littel vient d'accéder à la naturalisation. Jean-Jacques Rousseau était un jeune calviniste genevois forcé de se convertir virtuellement au catholicisme pour travailler en France avant de devenir le principal philosophe des Lumières, courant universaliste faisant rayonner la grandeur nationale.

Faut-il compter des ancêtres morts à Verdun, comme Résistants ou à Vichy ? Outre que cela simplifierait la situation de certains sans-papiers dont les ancêtres ont sans doute dû servir de chairs à canon sur les champs de bataille des Première et Seconde guerres mondiales, cette solution se rapproche plus d'une conception organiciste voire karadzcienne de la nation («la Bosnie et le Kosovo sont serbes parce que le sang de nos ancêtres y a coulé ou qu'ils y sont enterrés»).

Qu'est-ce que la notion d'identité en France ?

La notion est intrinsèquement équivoque.

La Carte d'identité nationale de chacun indique que l'individu qui la détient est qui elle est et que personne d'autre ne peut prétendre l'être à sa place et usurper son identité ; y figure de plus en plus l'empreinte digitale (unique) et un jour on y mettra sans doute notre séquence ADN au rythme où vont les choses. La Carte d'identité décrit donc notre unicité, notre singularité.

Dans le même temps, la Carte d'identité nationale démontre que nous sommes identiques à tous ceux qui en possèdent une ; en fait, nous sommes identiques du point de vue des droits et des devoirs et des raisons pour lesquels nous en jouissons.

En tant que Français, nous sommes à la fois unique/singulier et identique. La singularité est d'ailleurs une réalité intangible de tout être. C'est cette tension entre la personne et la nation, qui fait du citoyen français qu'il est libre et qu'il s'exprime dans le cadre d'une communauté politique qui le dépasse et qui dépasse le plus souvent ses autres appartenances particulières.

Mais comment enfermer l'Homme et a fortiori le citoyen français dans une catégorie relevant de la définition d'un ministère ? Ce serait alors nier qu'un groupe humain est composé de multiples singularités, personnes libres, multiplicité des singularités qui fait la richesse du groupe, de la communauté. À ce point de la discussion, on comprend bien que le Droit du sol (couplé à l'héritage pour les expatriés) est seul pertinent pour définir qui est Français, tout tri sur la base de critères définissant le Français idéal revenant à faire immanquablement disparaître les raisons pour laquelle la nation française est riche de sa diversité. D'une manière générale, toute tentative de définir une identité nationale normée en lien avec la question de l'immigration revient à rechercher une conception racialiste de la nation, qui recèle au moins deux dangers : la dérive fasciste et xénophobes de la population et du régime politique dans lequel nous évoluons, et l'affaiblissement de la nation politique dans laquelle nous avons vécu jusque là, l'ammenant à terme à l'implosion - car moins bien armée pour répondre aux revendications centrifuges qui reprendraient elles-aussi la référence à l'identité -, une implosion sans doute vécue dans la douleur et avec un passage irrédentiste qui nous exposerait à la vindicte de nos voisins.

Au moment de construire l'Europe, ce n'est pas faire un cadeau à la nation française que de la concevoir dans le repli, car nos aspirations devraient au contraire nous pousser au dépassement de la République et de son message vers une fédération européenne qui en reprendrait non l'essentiel mais la substantifique moëlle.

La tentation populiste de la droite française

La proposition de M. Sarkozy renoue avec une tentation politique plus contemporaine, qui avait saisi la droite dès 1984. Le Front national, inspiré par les penseurs de la Nouvelle Droite, venait alors d'ériger la défense de l'identité française menacée, en cheval de bataille. Le RPR et Valéry Giscard-d'Estaing lui emboîtèrent le pas en prônant une réforme du code de la nationalité directement inspirée par Jean-Marie Le Pen.

20 ans après, Nicolas Sarkozy reprend le flambeau, non sans avoir imperceptiblement franchi un cap. Cette fois, il brandit la menace sur l'identité nationale non pour barrer l'accès à la nationalité française, mais pour empêcher l'entrée de certains étrangers sur le territoire. Outre que la volonté de concevoir une politique migratoire n'a de pertinence qu'à l'échelle européenne et certainement pas au niveau national, le ministre-candidat oublie au passage que les valeurs républicaines dont il fait mine de se réclamer - égalité homme-femme, laïcité -, déjà fermement protégées par la législation, sont loin de ne concerner que les étrangers. L'obligation de parler français et de suivre une formation civique, elle, est déjà obligatoire pour l'obtention d'une carte de résident. Le candidat UMP veut en faire une condition a priori du droit au regroupement familial. La mère de Zidane ou les ancêtres de... M. Sarkozy parlaient-ils français à leur arrivée en France ?

La nouvelle antienne du ministre candidat est pourtant habilement choisie : elle pointe les divisions de la gauche sur la question de l'assimilation, l'approbation, par une large partie de l'opinion publique, du lien entre immigration et identité nationale inclut probablement des électeurs issus de l'immigration, soucieux de refermer la porte derrière eux. Les enfants de ceux-là mêmes qui, récemment encore, étaient déclarés "inassimilables".

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20 mars 2007 2 20 /03 /mars /2007 12:20
L'ONU recommande l'«indépendance» du Kosovo
LE MONDE | 20.03.07 | 11h36  •  Mis à jour le 20.03.07 | 11h45
NEW YORK (Nations unies) Correspondant

près avoir soigneusement évité d'utiliser le mot "indépendance", durant 14 mois de négociations délicates, le médiateur de l'ONU sur le statut du Kosovo, Martti Ahtisaari, conclut, dans son rapport final, que "l'indépendance sous supervision internationale est la seule option viable" pour la province serbe à majorité albanaise, placée sous administration des Nations unies depuis la campagne militaire aérienne de l'OTAN, en 1999.

Selon le rapport encore confidentiel de M.Ahtisaari, consulté par Le Monde, et qui devrait être transmis aux pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU le 26 mars, "le maintien d'une administration internationale n'est pas tenable", et "la réintégration dans la Serbie n'est pas une option viable".

Le médiateur de l'ONU, qui a renoncé à une solution négociée entre Albanais et Serbes, plaide, dans son rapport, pour un Kosovo indépendant au sein duquel la minorité serbe jouirait d'une large autonomie. Le nouveau pays, doté de sa propre Constitution, serait placé, "au cours d'une période initiale", sous surveillance de "personnels civils internationaux", qui relèveraient de l'Union européenne, ainsi que d'"une présence militaire" de l'OTAN.

"Le temps est venu de fixer le statut du Kosovo", écrit M.Ahtisaari, qui, huit ans après la mise en place d'une administration de l'ONU accordant au Kosovo une large autonomie sous souveraineté de la Serbie, estime qu'avec "la poursuite de l'ambiguïté politique, la paix et la stabilité du Kosovo et de la région resteront en danger". "L'indépendance est la seule garantie contre ce risque", et "c'est aussi la meilleure chance d'un partenariat durable avec la Serbie", écrit-il.

Bien que l'indépendance soit la seule "option réaliste" à ses yeux, le médiateur de l'ONU reconnaît que "la capacité du Kosovo à relever seul les défis de la protection des minorités, du développement démocratique, du redressement économique et de la réconciliation reste limitée".

Selon le rapport de Martti Ahtisaari, remis le 15 mars au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, la supervision internationale est "particulièrement importante" pour la protection des minorités, et notamment des "Kosovars serbes qui continuent à vivre dans des conditions difficiles".

Le médiateur de l'ONU propose donc une indépendance sous surveillance d'un dispositif international aux pouvoirs "importants, mais concentrés dans des secteurs clés tels que les droits des communautés, la décentralisation, la protection des églises orthodoxes serbes et la justice". Cette supervision s'exercerait pour "corriger les actions" qui seraient contraires à l'esprit de son plan et "ne prendrait fin qu'une fois que le Kosovo aurait mis en œuvre" les mesures qu'il préconise.

"PROTECTION DES MINORITÉS"

Après avoir "soigneusement pris en considération l'histoire récente du Kosovo, les réalités du Kosovo d'aujourd'hui, et en tenant compte des négociations avec les parties", le diplomate assure que son plan "fournit les fondations d'un futur Kosovo indépendant qui soit viable, durable et stable, et dans lequel toutes les communautés et leurs membres puissent vivre une existence digne et pacifique".

Après plus d'un an d'intenses négociations, M.Ahtisaari a constaté, lors d'une ultime réunion le 10 mars à Vienne, qu'il n'y avait pas de "terrain d'entente commun" entre la Serbie, farouchement hostile à toute indépendance de la province de deux millions d'habitants, qui couvre 15% de son territoire national, et les 90% d'Albanais du Kosovo, qui rejettent toute solution autre que l'indépendance. Une première version plus diplomatique du plan, exposée le 2 février, ne mentionnait pas le mot "indépendance".

"Il n'y a que dans un Kosovo indépendant que les institutions démocratiques seront pleinement redevables de leurs actions", ce qui "sera crucial pour assurer le respect de la loi et la protection efficace des minorités", affirme aujourd'hui l'envoyé de l'ONU.

Malgré une "forte implication de la communauté internationale, les autorités kosovares sont en fin de compte responsables", mais ne réussiront "qu'avec l'engagement et la participation de toutes les communautés, y compris les Serbes du Kosovo", affirme M.Ahtisaari, qui, au début du mois d'avril, devrait défendre ses conclusions face au Conseil de sécurité, chargé de trancher la question.


Philippe Bolopion

Chronologie

10 juin 1999 : le Kosovo est placé sous administration de l'ONU à l'issue de la campagne aérienne de l'OTAN et du retrait de l'armée serbe.
Novembre 2005 : le Parlement kosovar vote une résolution pour la création d'un Etat indépendant.
Décembre 2005 : médiation de l'ONU dirigée par Martti Ahtisaari.
29 octobre 2006 : la Serbie adopte une nouvelle Constitution réaffirmant sa souveraineté sur le Kosovo.
26 janvier 2007 : M. Ahtisaari présente à Vienne son plan pour le Kosovo.

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20 mars 2007 2 20 /03 /mars /2007 11:34
Mardi 20 mars à partir de 15h30

Un mois quasiment jour pour jour avant le premier tour de l'élection présidentielle, notre candidate vient rencontrer les habitants des Courtillières. Ce quartier symbolise les programmes de renouvellement urbain à la sauce Borloo,  mais aussi les retards que prennent les travaux.

Bertrand Kern l'accueillera avec Claude Bartolone au Métro Fort d'Aubervilliers à 15h30.

Après une visite au Centre médico-social Ténine et une rencontre avec les enseignants et parents de l'école Marcel Cachin mobilisés contre les fermetures de classe, elle rencontrera les habitants et les associations du quartier à 17h à la Maison de Quartier des Courtillières.
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19 mars 2007 1 19 /03 /mars /2007 14:36
Boisclair réplique à gauche et à droite

Antoine Robitaille  - Le Devoir - Édition du lundi 19 mars 2007


Taxé de parti de la «gau-gauche» coûteuse par l’ADQ et de suppôt de la droite par Québec solidaire, le Parti québécois est plutôt «à la bonne place» parce qu’il possède la «meilleure synthèse», a soutenu André Boisclair, hier en soirée, de passage dans son ancienne circonscription de Gouin.
Plus tôt dans la journée, le chef péquiste avait multiplié les appels aux «progressistes», aux féministes, aux pacificistes, aux altermondialistes, pour qu’ils se rallient au Parti québécois devant les risques que comporte la création d’un axe Dumont-Harper.

L’ancien chef Jacques Parizeau, en après-midi dans Laprairie, a déclaré que le PQ restait le parti le plus progressiste dans notre société. Plus tôt, la co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David avait soutenu le contraire : «Le PQ n’est plus progressiste depuis longtemps, ce sont ses dirigeants de droite qui m’ont conduit à faire de la politique» pour défendre des idées de gauche, a-t-elle déclaré. «Le mot progressiste sonne faux dans la bouche de monsieur Boisclair» a pour sa part affirmé l’autre porte-parole, Amir Khadir.

Au chef adéquiste Mario Dumont, qui a violemment pris à partie le PQ pour son «virage à gauche», le qualifiant de «gau-gauche», André Boisclair a répondu qu’en voulant abolir les commissions scolaires et les conseils d’agglomération, Mario Dumont «casserait le Québec en 2», créerait des îlots d’égoïsme et «des écoles de riches pour des gens qui vivent dans des villes riches».

Le «vote ethnique» se diversifie

lundi 19 mars 2007 - cyberpresse.ca - Mario Girard

En déclarant le soir du référendum de 1995 que le «vote ethnique» était en partie responsable de l'échec du oui, Jacques Parizeau avait lancé une véritable polémique. Mais, du coup, il a suscité une importante réflexion sur le comportement électoral des groupes ethnoculturels. Au cours de la dernière décennie, le vote des immigrés s'est diversifié.

«Même s'il a été politiquement incorrect, Jacques Parizeau avait raison, dit Carolle Simard, professeure au département de science politique de l'UQAM. Cela dit, les choses ont changé depuis
Une croyance veut que les communautés culturelles votent massivement pour le parti le plus fédéraliste. «Il est vrai que, au Québec, les membres des groupes ethnoculturels ont longtemps favorisé le Parti libéral, dit Carolle Simard. Ce comportement est maintenant différent

Samir Georges Moukal, spécialiste du comportement électoral des communautés ethnoculturelles au département d'histoire, de sociologie et de politique de l'UQAM, observe lui aussi une diversification des votes. «Le regard est plus réfléchi, dit-il. Les immigrés ne représentent pas qu'une seule voix. C'est fini, cela
Salam Elmenyawi est président du Conseil musulman de Montréal, qui regroupe environ 175000 membres. Il affirme qu'on ne peut plus parler d'un vote monolithique. «Oui, ils ont encore des craintes, celle de perdre des droits. Mais je remarque qu'il y a une plus grande liberté dans les choix
Les candidats qui se battent actuellement pour obtenir un siège auraient tort, selon Carolle Simard, de ne pas tenir compte de ces changements. «Les immigrés me disent qu'on tient trop souvent leur vote pour acquis. Et ils détestent cela

Le récent scandale des commandites et le débat sur les accommodements raisonnables ont contribué à modifier la perception des électeurs d'origine étrangère. «M. Dumont a peu de chances d'aller chercher le vote des immigrés», dit M. Moukal, qui croit par ailleurs que la question de l'immigration occupe peu de place dans l'actuelle campagne.

Il est difficile, voire impossible de décortiquer les choix politiques des immigrés. «On sait peu de choses là-dessus à part que les Haïtiens sont les plus susceptibles de faire un vote souverainiste», dit Mme Simard.
«Je remarque que les immigrés francophones ont plus de chances d'être charmés par le PQ», ajoute de son côté M. Moukal.

Ce qui semble plus clair, c'est que les immigrés s'intéressent de plus en plus à la politique québécoise. «Je ne sais pas ce qui se passe avec l'actuelle campagne, mais les gens de la communauté haïtienne en parlent beaucoup, dit Jean-Ernest Pierre, directeur de Radio-Union. On fait des tribunes téléphoniques et on entend des discussions passionnées de la part de partisans du PLQ, mais aussi du PQ et de l'ADQ

Études à l'appui, les électeurs appartenant aux groupes des minorités visibles sont moins nombreux à s'inscrire sur les listes électorales que les autres. «Dans tout le processus d'intégration pour un immigrant, la participation à la vie politique est la dernière étape
, explique Carolle Simard. On peut en déduire que, lorsqu'il vote ou discute de la politique de son pays d'adoption, il se sent pleinement intégré

Même si le «vote ethnique» est de plus en plus diversifié, les immigrés continuent de craindre les partis qui symbolisent le conflit. «C'est normal que certains aient peur du projet souverainiste, dit Carolle Simard. Plusieurs quittent des situations difficiles. Ils viennent ici pour trouver la quiétude. Ils sont admiratifs face à notre démocratie. Peut-être est-ce trop leur demander ?»

Le mérite d'un règlement au déséquilibre fiscal revient aux souverainistes

Le chef péquiste André Boisclair a avancé que si le budget fédéral de lundi règle le déséquilibre fiscal, le crédit en reviendra aux souverainistes qui ont lutté pour cet enjeu durant des années.

Il a même ajouté que la résolution du déséquilibre fiscal favorisera la souveraineté.

En point de presse dans un théâtre de Montréal dimanche pour souligner l'entrée en vigueur de la Convention sur la diversité culturelle de l'UNESCO, le leader souverainiste a voulu répliquer à la déclaration du ministre fédéral de l'Industrie, Michael Fortier. Ce dernier a expliqué qu'Ottawa réglera le déséquilibre fiscal lundi à la satisfaction du Québec et que le mérite revient au chef libéral Jean Charest.

«Le mérite revient aux souverainistes», a plutôt plaidé M. Boisclair en citant la bataille du chef bloquiste et allié Gilles Duceppe en Chambre des communes sur le sujet, le rapport de la commission Séguin, ainsi que Bernard Landry. Du temps où il était ministre des Finances, M. Landry avait fait valoir l'enjeu auprès de ses homologues provinciaux.
«C'est parce que les souverainistes ont fait des pressions que M. Harper a pris ce genre d'engagement. Nous allons récolter le fruit de mois de travail, d'années de travail, s'il y a un règlement. Reste à voir s'il est satisfaisant

André Boisclair ne se satisfera du budget fédéral de lundi que s'il comporte non seulement une solution financière, mais aussi une dévolution fiscale pour régler en permanence le déséquilibre fiscal.
«Au delà d'un règlement «monétaire» (sic), nous sommes à la recherche d'un règlement fiscal, parce que s'il y a une entente qui est signée et si c'est à recommencer dans 3 ans ou 5 ans, on n'a rien réglé

Il a rappelé que le règlement du déséquilibre fiscal est fixé par le Conseil de la fédération à 3,9 milliards $ supplémentaires accordés au Québec. Mais il réclame également le transfert de points d'impôt pour assumer de façon permanente les responsabilités financières de l'État québécois.

M. Boisclair s'est demandé si le premier ministre conservateur Stephen Harper tiendra sa promesse de régler ce contentieux financier.
«Le jour où il (le gouvernement fédéral) règle la question, nous serons les premiers contents, a-t-il maintenu, en se défendant de placer la barre trop haute. On sera juste mieux placé pour faire la souveraineté du Québec. (...) On aura encore plus de moyens pour la faire, encore plus de responsabilités, encore plus d'outils pour construire ce pays
Selon lui, le problème de fond demeure le même : «Nous nous sommes fait imposer il y a 25 ans par le peuple canadien une Constitution qui a été rejetée par le quart de la population canadienne, à savoir nous les Québécois

Enfin, il n'a pas manqué aussi de décocher une flèche à l'endroit du chef adéquiste Mario Dumont, qui a appuyé le budget de lundi avant même d'en avoir pris connaissance.
«Ce qui est clair, c'est qu'il y a de la confusion chez les fédéralistes; nous, on parle d'une même voix», a-t-il assuré. Il a précisé plus tard que les bloquistes de Gilles Duceppe travaillaient de concert avec le PQ sur cette question, mais il a refusé de s'avancer sur la stratégie d'adoption ou d'opposition au budget.

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18 mars 2007 7 18 /03 /mars /2007 17:05
PQ : la barre à gauche, toute !

Cyberpesse.ca - dimanche 18 mars 2007 - Denis Lessard

Il proposait de «recentrer» le Parti québécois (PQ). Il voulait «libérer le capital» et réhabiliter l'investissement créateur de richesse.

Mais André Boisclair s'est vite fait rattraper par la réalité - le PQ penche toujours un peu à gauche - et il a dû s'y plier. Dans le discours, du moins.

Le rassemblement le plus important de la campagne du Parti québécois était plutôt réussi, hier. Près d'un millier de personnes, dont plusieurs jeunes attirés par Les Respectables, avaient bravé la tempête pour venir entendre le tandem souverainiste Gilles Duceppe et André Boisclair.

Le discours du chef péquiste s'est métamorphosé depuis le début de la campagne. Devant un Mario Dumont qui parle constamment de la famille, des enfants et même, plus récemment, des aînés, son adversaire péquiste a dû mettre au rancart ses envolées sur la mondialisation et le labyrinthe du protocole de Kyoto.

"Tous les souverainistes, tous les progressistes, tous les féministes, tous les environnementalistes, tous les altermondialistes à l'ouvrage pour le 26 mars !" a lancé hier André Boisclair.
Ce virage à gauche n'est pas surprenant. Déjà le jeune chef avait fait grincer des dents avec son discours new Labour. Les Marc Laviolette et Pierre Dubuc, membres du SPQ libre, avaient critiqué les engagements de leur parti à réduire à 0 la taxe sur le capital - un clin d'oeil à ceux qui justement en ont, du capital.
Hier, M. Boisclair n'en avait que pour les familles. Il évoquait avec angoisse un Québec aux «écoles riches et écoles pauvres» que ferait apparaître l'ADQ avec l'abolition des commissions scolaires.

Campagne électorale oblige, ces passages de la droite vers la gauche sont fréquents. En 1996, Lucien Bouchard avait passé les syndiqués à la moulinette du déficit 0 et réhabilité les multinationales, invitées à ses sommets économiques. Mais cela ne l'avait pas empêché d'assimiler Jean Charest au «vent froid de la droite», en 1998. M. Charest était alors présenté comme la réincarnation québécoise de Mike Harris. À la campagne de 2003, les libéraux avaient graduellement mis en sourdine leur «réingénierie» technocratique pour favoriser les baisses d'impôt attendues par les salariés.

Tous les politiciens changent de registre en campagne électorale - même le cérébral Jacques Parizeau y allait en son temps d'engagements biens sentis sur le «Québec cassé en 2», entre riches et pauvres essentiellement.

Que reste-t-il dans l'imaginaire collectif des engagements de campagne de Bernard Landry en 2003 ? La semaine de 4 jours et probablement des abattements fiscaux pour les vacances familiales.

En politique, la proximité fait recette.
Aussi, bien que Mario Dumont soit décrit comme un politicien de droite, il parle depuis le déclenchement de sa campagne d'allocation aux enfants, d'ombudsman de l'enfance, d'une commission d'enquête sur le sort réservé aux aînés... On a vu plus percutant comme discours de droite.

Hier, Gilles Duceppe avait donné le ton dans son discours, quelques minutes avant celui d'André Boisclair. Le PQ, martèle-t-il, reste «le seul parti progressiste qui peut gagner». Sortie obligée pour le chef bloquiste, dont c'était hier le 10e anniversaire à la tête du parti fédéral : il retrouvera aujourd'hui M. Boisclair au défilé de la Saint-Patrick. Il n'y aura pas d'estrade ; André Boisclair ne pourra pas, comme il l'a fait hier, bondir sur la scène pour sa douche d'applaudissements avant même d'avoir serré la main à son allié venu d'Ottawa.
Hier, le chef bloquiste a exhorté les troupes à serrer les coudes derrière André Boisclair : «Entre nous, c'est la collaboration, pas la compétition.» Mais il ajoute qu'il faut «du réalisme» quand on lui demande si, comme le dit André Boisclair, un gouvernement péquiste minoritaire peut déclencher un référendum. Il a eu cette formule choc : «Imaginez l'axe Dumont-Harper à l'oeuvre.» L'axe du mal revisité par le chef bloquiste.

Mais Gilles Duceppe n'a pas été chiche hier et a mis son poids derrière Boisclair. Le chef péquiste a pris du galon depuis le débat des chefs. C'était son baptême du feu, a rappelé M. Duceppe, soulignant en passant qu'il avait pour sa part franchi 11 fois l'épreuve

Le bloquiste s'en est tenu à une allocution brève, sans autre visée que de chauffer la salle pour André Boisclair. «Il a montré qu'il avait la stature qu'il fallait pour devenir premier ministre». Et s'il ne le devenait pas...

Québec solidaire admet un recul dans les sondages

Le parti Québec solidaire tentera au cours des derniers jours de la campagne électorale de convaincre les électeurs qu'il est la véritable alternative.

Une des porte-parole de ce parti de gauche, Françoise David, a déclaré dans une entrevue à NTR, diffusée dimanche, que «les vrais contestataires, ceux qui proposent des solutions les plus audacieuses, les plus proches des gens», font partie de Québec solidaire.
Mme David, qui admet que son parti a légèrement perdu du terrain dans les sondages, affirme que l'alternative n'est pas l'Action démocratique du Québec de Mario Dumont, qui, selon elle, «propose un retour en arrière digne de l'ancien Premier ministre du Québec, Maurice Duplessis». Elle a ajouté que l'ADQ prône la division entre les villes et les régions.
Pour elle, le travail de Québec solidaire dans ce dernier droit de la campagne consistera à démontrer aux électeurs les véritables enjeux.

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17 mars 2007 6 17 /03 /mars /2007 14:46
Appel à la commémoration du 60e anniversaire du Programme du Conseil national de la Résistance du 15 mars 1944 | 15 mars 2007
ligne
Lucie Aubrac est décédée. A cette triste occasion, nous rappelons "L’appel des Résitants", texte lancé en mars 2004 dont elle était la 1ère signataire. "Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ?".

Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et etransmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle.

60 ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et soeurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n’a pas totalement disparu et notre colère contre l’injustice est toujours intacte.

Nous appelons, en conscience, à célébrer l’actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d’accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s’éteigne jamais :

Nous appelons d’abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l’anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des «féodalités économiques», droit à la culture et à l’éducation pour tous, presse délivrée de l’argent et de la corruption, lois sociales ouvrières et agricoles, etc. Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie. Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau «Programme de Résistance» pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.

Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : «Créer, c’est résister. Résister, c’est créer».

Signataires : Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.

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17 mars 2007 6 17 /03 /mars /2007 14:42

Facteur_3Dans le cadre de la 1ère lecture de la proposition de directive visant à libéraliser intégralement le secteur postal, Benoît Hamon a pris l'initiative d'une rencontre mercredi 14 mars entre les responsables de la CGT Poste, Bernard Dupin et Patrick Bourgeois, et la Délégation socialiste française.

Cette directive est la dernière d'une série de textes législatifs sur la libéralisation progressive du secteur postal en Europe. Après la libération des services de publipostage, des colis et des courriers express, la Commission s'attaque aux courriers de moins de 50g, qui constituent 58% du chiffre d'affaires de la Poste. Le financement du service universel et le maintien d'un service public qui assure une distribution et une levée du courrier partout sur le territoire sont aujourd'hui mis en cause.

La fin du prix unique du timbre et la réduction du nombre de facteurs seront les conséquences les plus immédiates de l'ouverture à la concurrence d'un secteur pourtant jugé unanimement rentable et efficace. Aujourd'hui, selon Patrick Bourgeois, responsable du secteur Poste CGT, ce sont  plus de 7500 bureaux de Poste qui seront fermés et 60000 emplois supprimés d'ici  2010.

         

Rv_poste Les eurodéputés socialistes ont déploré l'attitude du gouvernement français lors du dernier Conseil européen des 8 et 9 mars, qui a soutenu l'adoption rapide de cette directive.

Le prochain Conseil de juin sera décisif, il rendra un avis définitif sur cette directive. Les députés européens présents ont indiqué aux responsables syndicaux la volonté des socialistes français au lendemain de l'élection de Ségolène Royal de s'opposer à la mise en œuvre de cette directive dès le sommet de juin 2007.

Pour compléter votre information, cette tribune trés éclairante de Gilles Savary, député européen, rapporteur pour avis en commission économique.

Une pétition européenne est lancée sur http://www.sosposte.eu/index.php?p=0&l=0 contre la libéralisation du service postal en Europe.

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16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 17:02

no comment ...

Début de polémique entre Simone Veil et Nicolas Sarkozy
Simone Veil critique le projet d'un «ministère de l'immigration et de l'identité nationale». «Chacun a le droit d'avoir sa propre opinion», répond Sarkozy.
vendredi 16 mars 2007
Simone Veil, qui a exprimé son soutien à Nicolas Sarkozy, critique le projet du candidat de l'UMP de créer un ministère de l'immigration et de l'identité nationale, dans une interview à l'hebdomadaire Marianne à paraître cette semaine.

«Je n'ai pas du tout aimé cette formule très ambiguë. J'aurais préféré parler d'un ministère de l'immigration et de l'intégration», explique Simone Veil à propos de ce projet très controversé, selon le texte diffusé par Marianne.
   
A la question de savoir si elle a fait part de son désaccord à Nicolas Sarkozy, Simone Veil répond: «Il est très difficile à joindre en ce moment. Mais je compte bien lui en parler. Je lui ai toujours dit ce que j'en pensais».

Interrogé par la presse en marge d'une visite dans les Alpes de Haute-Provence et les Hautes-Alpes, Nicolas Sarkozy lui a aussitôt répondu que «chacun a le droit d'avoir sa propre opinion, ce n'est pas un problème. Chacun a le droit d'avoir sa propre sensibilité».

«Simone Veil est quelqu'un qui m'apporte un soutien engagé et formidable. Toutes les enquêtes d'opinion montrent que les deux tiers des Français pensent que j'ai eu raison de parler "d'identité nationale". On aura l'occasion d'en parler avec Simone Veil», a ajouté  Sarkozy.
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15 mars 2007 4 15 /03 /mars /2007 09:00
Héroïne de la résistance, Lucie Aubrac est morte

ucie Aubrac, figure de la Résistance, est morte, mercredi soir 14 mars, à l'âge de 94 ans, à l'Hôpital suisse de Paris, à Issy-les-Moulineaux, a-t-on appris auprès de sa famille. "Elle était hospitalisée depuis deux mois et demi. Elle est décédée ce soir à 20 h 30", a déclaré sa fille Catherine, jointe par téléphone.

Née en juin 1912 près de Mâcon, Lucie Bernard, dite Aubrac, avait obtenu l'agrégation d'histoire à la fin des années 1930 et épousé Raymond Samuel en 1939.

Après avoir milité contre la montée du fascisme, elle rejoint les rangs de la Résistance à l'occupation allemande dès 1940 en participant à la création du mouvement Libération-Sud, qui publie le journal Libération.

Elle effectue des missions d'information puis joue, enceinte de son deuxième enfant en 1943, un rôle majeur dans l'évasion de son mari lors d'un transfert, après son arrestation à Caluire (Rhône) avec Jean Moulin et d'autres chefs de la Résistance par la Gestapo dirigée pour la région de Lyon par Klaus Barbie. En février 1944, le couple gagne Londres.

MILITER POUR LA PAIX

Après la guerre, Lucie Aubrac reprend son métier d'enseignante qu'elle avait quitté en entrant dans la clandestinité après l'évasion de 1943. Elle ne cesse alors de militer en faveur de la paix et de livrer, à travers de nombreuses conférences, le témoignage de son engagement dans la Résistance.

Elle avait écrit plusieurs livres, dont Ils partiront dans l'ivresse (1984) et La Résistance expliquée à mes petits-enfants (2000).

Sa vie a été adaptée au cinéma par le réalisateur Claude Berri en 1997. Elle était incarnée à l'écran par Carole Bouquet.

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14 mars 2007 3 14 /03 /mars /2007 16:08
Alors là y en a qu'ont trouvé l'argument qui tue, je n'y avait pas pensé moi-même.

"Voter Royal, non, mais voter socialiste, oui", se résignent des profs de la Seine-Saint-Denis
LE MONDE | 14.03.07 | 15h28  •  Mis à jour le 14.03.07 | 15h28
PIERREFITTE ET VILLEPINTE (Seine-Saint-Denis) ENVOYÉ SPÉCIAL

i l'élection présidentielle est une histoire de désir et de choix personnels entre des électeurs et un élu, alors Ségolène Royal a perdu leur vote. Si c'est une affaire de choix rationnel entre une politique de gauche ou de droite, alors la candidate socialiste peut encore espérer. Dans les collèges de Villepinte et de Pierrefitte (Seine-Saint-Denis), les professeurs balancent entre un jugement très sévère sur la personnalité et les méthodes de "Ségolène" et la volonté, profondément ancrée, d'en finir avec la droite au pouvoir.

Car Ségolène Royal pose un problème de confiance à ces enseignants, souvent très jeunes. Une blessure ouverte en novembre 2006 : "On a tous en tête ses déclarations sur les 35h des profs", témoigne Emilie Respingue, professeure de lettres de 27 ans, en référence à la vidéo pirate diffusée sur Internet dans laquelle elle proposait que les enseignants assurent 35h de présence.

Avec cette proposition, Ségolène Royal a instillé le doute. Pour beaucoup, elle a rejoint, par démagogie, le chœur de ceux qui dénigrent les enseignants "absentéistes" ou "privilégiés". Alors que, eux, attendent du futur président une réponse sur leur angoisse de dévalorisation de leur profession, aussi bien sur le plan matériel que symbolique. "Je crois que personne ne s'est remis de cette déclaration. C'était une phrase choc pour plaire au grand public en laissant entendre que les profs ne font rien et qu'on est toujours en vacances", poursuit Emilie Respingue, en poste à Pierrefitte.

A cause de ce passif, la candidate socialiste souffre d'une image très médiocre. Dans les "salles des profs" ne s'exprime pas d'adhésion forte, pas de sentiment de proximité avec la candidate. Et le fait d'être une femme politique n'y change rien, y compris dans des collèges où le corps enseignant est traditionnellement très féminisé. Mais ces critiques sont loin d'entraîner un basculement à droite. Voter pour l'UMP reste impossible pour ces enseignants : les conflits de ces dernières années, marqués par des "défaites" importantes (retraites, loi Fillon sur l'école, suppression de postes), ont accentué le ressentiment vis-à-vis des gouvernements sortants.

De ce point de vue, les manoeuvres de séduction de Nicolas Sarkozy ne changent rien : dans ces collèges des quartiers populaires, le ministre de l'intérieur apparaît comme celui qui soutient les réductions budgétaires et qui défend une approche "managériale" de l'éducation nationale. "Il fait des beaux discours sur les enseignants, mais personne ne peut le croire", estime Marie Le Padellec, 26 ans, professeure d'anglais à Pierrefitte.

François Bayrou, alors ? Le principe de précaution politique conduit à se méfier d'un ancien ministre de droite. Dans les établissements, on imagine mal qu'il ait pu changer de camp, sauf pour le temps d'une campagne. "Une fois au pouvoir, on est sûr qu'il mènera une politique libérale", affirme ainsi Marylène Molari, 29 ans, enseignante de lettres à Pierrefitte.

Depuis que le candidat UDF est monté dans les sondages, il a suscité plus d'intérêt. Mais de raz de marée, non : "Il se présente comme un candidat antisystème. Mais on n'est pas des crétins ! On voit bien que c'est un produit médiatique", glisse Régine Charles, 36 ans, enseignante d'histoire et de géographie à Pierrefitte. Ceux qui avaient marqué un intérêt par rapport à sa candidature sont allés chercher son programme pour l'éducation. Et n'ont rien trouvé ou presque : "Son discours peut être séduisant, mais on voit vite qu'il cherche surtout à ratisser le plus large possible", affirme Souad Tayebi, 29 ans, enseignante en sciences de la vie et de la Terre à Pierrefitte, qui tranchera au dernier moment. "Bayrou n'a pas de position, il évite de trop se mouiller, relève Emilie Respingue. Royal, on ne l'apprécie pas, mais c'est quand même la moins pire sur le fond."

Après beaucoup d'hésitations, beaucoup retournent ainsi à la case départ. Voter Royal, non, mais voter socialiste, oui. "C'est pas pour elle, c'est pour le Parti socialiste, pour la gauche. Même si on n'est pas satisfait avec Royal, on sait, en tant qu'enseignants, qu'on pourra discuter avec un gouvernement qui nous écoutera", explique Stéphane Schermann, 37 ans, professeur de lettres à Villepinte. "Il reste des réflexes culturels forts", sourit Régine Charles.


Luc Bronner
Article paru dans l'édition du 15.03.07
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