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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis alternativement à Bezons dans le Val-d'Oise et à Massy dans l'Essonne. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. Je suis membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, en charge du pôle "Idées, formation, riposte".
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Gauche Républicaine & Socialiste

16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 17:02

no comment ...

Début de polémique entre Simone Veil et Nicolas Sarkozy
Simone Veil critique le projet d'un «ministère de l'immigration et de l'identité nationale». «Chacun a le droit d'avoir sa propre opinion», répond Sarkozy.
vendredi 16 mars 2007
Simone Veil, qui a exprimé son soutien à Nicolas Sarkozy, critique le projet du candidat de l'UMP de créer un ministère de l'immigration et de l'identité nationale, dans une interview à l'hebdomadaire Marianne à paraître cette semaine.

«Je n'ai pas du tout aimé cette formule très ambiguë. J'aurais préféré parler d'un ministère de l'immigration et de l'intégration», explique Simone Veil à propos de ce projet très controversé, selon le texte diffusé par Marianne.
   
A la question de savoir si elle a fait part de son désaccord à Nicolas Sarkozy, Simone Veil répond: «Il est très difficile à joindre en ce moment. Mais je compte bien lui en parler. Je lui ai toujours dit ce que j'en pensais».

Interrogé par la presse en marge d'une visite dans les Alpes de Haute-Provence et les Hautes-Alpes, Nicolas Sarkozy lui a aussitôt répondu que «chacun a le droit d'avoir sa propre opinion, ce n'est pas un problème. Chacun a le droit d'avoir sa propre sensibilité».

«Simone Veil est quelqu'un qui m'apporte un soutien engagé et formidable. Toutes les enquêtes d'opinion montrent que les deux tiers des Français pensent que j'ai eu raison de parler "d'identité nationale". On aura l'occasion d'en parler avec Simone Veil», a ajouté  Sarkozy.
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10 mars 2007 6 10 /03 /mars /2007 17:23
Immigration: Royal dénonce l'amalgame «assez ignoble» de Sarkozy
En marge de sa visite samedi au Salon de l'agriculture, la candidate socialiste a critiqué la proposition de Nicolas Sarkozy de créer un «ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale».
Par Reuters
LIBERATION.FR : samedi 10 mars 2007
Ségolène Royal a dénoncé samedi dans la proposition de Nicolas Sarkozy de créer un «ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale» un amalgame assez ignoble. «Je trouve assez ignoble de faire cet amalgame entre l'identité française et les travailleurs immigrés, étrangers, qui viennent ici pour contribuer à la croissance économique», a déclaré la candidate socialiste à l'élection présidentielle en marge de sa visite au Salon de l'agriculture à Paris.

«Je pense que c'est une confusion malheureuse, a-t-elle ajouté. Jamais les travailleurs immigrés n'ont menacé l'identité française. Au contraire, les immigrés réguliers (...) viennent souvent faire du travail que les Français ne veulent pas faire.»

La proposition du candidat de l'UMP à l'Elysée de créer un «ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale», avancée jeudi soir sur le plateau France2 lors de l'émission "À vous de juger", a provoqué un tollé quasi-général. À part le Front National, la totalité des adversaires politiques de Nicolas Sarkozy, ainsi que les associations de défense des droits de l'homme, se sont accordées pour fustiger son projet.

Samedi, Dominique Voynet a elle aussi attaqué le ministre de l’Intérieur, jugeant que ce dernier «chasse sur les terres de l'extrême droite» avec sa proposition de créer un «ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale». «Sa proposition est exécrable», a déclaré la candidate des Verts sur TF1.  Et de rappeler que son parti proposait, pour sa part, «quelque chose de radicalement différent, sortir, bien sûr, l'immigration de l'orbite du ministère de l'Intérieur pour faire un ministère de la coopération internationale et des migrations».

À Caen, une justification laborieuse
Le candidat UMP a tenté de désamorcer les «mauvaises polémiques».
Soleil rasant d'hiver sur fond de plage du débarquement de juin 1944 et de gigantesque croix de Lorraine. Nicolas Sarkozy se recueille. La controverse sur son ministère de l'Immigration et de l'Identité française ? Il s'en moque : «Il y a de mauvaises polémiques», dit-il. Mais quand il se justifie, c'est laborieux : «L'identité, ce n'est quand même pas un gros mot. La France est un pays ouvert, mais ceux que nous accueillons doivent prendre en compte nos valeurs.» Selon lui, «on ne peut pas parler d'intégration sans dire ce que nous sommes, ce que c'est la France». S'il finit par convenir que la notion d'identité est mouvante, qu'elle se nourrit de l'apport des autres, il estime, comme presque tous les candidats, que des valeurs ne sont «pas négociables» : «La laïcité, l'égalité homme-femme, la République et la démocratie.» Mais, à l'entendre, c'est «parce que nous n'avons pas dit ce que nous sommes» que l'extrême droite a pu prospérer.
En meeting vendredi soir à Caen (Calvados), face à 9 000 personnes, il en a même profité pour tacler sa concurrente socialiste : «L'identité française est au coeur de la campagne, qui n'est pas une campagne pour gérer une région, aussi belle soit-elle.» Il a aussi cherché à couper court aux critiques des défenseurs des droits de l'homme : «La France, ce n'est pas une race, pas une ethnie. La France, c'est tous les hommes qui l'aiment, qui sont prêts à défendre ses idées, ses valeurs.» S'il prend soin de rajouter dans son discours quelques incises sur les apports de l'immigration à l'identité nationale, il fait surtout un tabac en lançant : «Être Français, c'est parler et écrire le français. [...] Celui qui ne fait aucun effort pour s'intégrer, celui-là ne doit pas s'attendre à se voir reconnaître les mêmes droits qu'un Français.» Ou encore : «Ceux qui méprisent la France, ceux qui la haïssent ne sont pas obligés de rester.» Une déclinaison du bon vieux slogan emprunté à l'extrême droite : «La France tu l'aimes ou tu la quittes!»

L'identité nationale, passerelle entre droite et extrême droite
Jean-Marie Le Pen ravi du ralliement de Sarkozy à ses idées.
Bruno Mégret en a rêvé, Nicolas Sarkozy le promet. Bien sûr, Jean-Marie Le Pen n'a pas manqué de se réjouir vendredi de la proposition du candidat UMP de créer un «ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale». Le vieux leader d'extrême droite a moqué «une petite opération de racolage sur les terres du FN», mais il a pris soin d'approuver la suggestion de Sarkozy. Placer la défense et la perpétuation de «l'identité nationale» sous la férule des pouvoirs publics à travers la création d'une structure ministérielle est une revendication de longue date du parti d'extrême droite. Au-delà de sa volonté de restreindre le regroupement familial ou d'accélérer les expulsions, exprimée aussi jeudi soir sur France2, la trouvaille sémantique de Sarkozy illustre un vrai virage politique.
Comblé. Refuser d' «associer immigration et identité nationale», comme l'a fait, notamment, vendredi, François Bayrou, c'est nier que «l'immigration puisse porter atteinte à l'identité nationale» alors «qu'il s'agit d'une terrible réalité», a ainsi asséné Le Pen comme pour traduire les propos du ministre-candidat. Pourtant, plus encore que le président du FN, c'est le chef de file du Mouvement national républicain (MNR), Bruno Mégret, que Sarkozy comble, au moins sur le plan lexical. C'est en effet l'ex-«félon», revenu dans le giron lepéniste à l'occasion de cette campagne présidentielle, qui avait attisé la prééminence de la revendication identitaire au sein du FN. Lorsqu'il rallia le parti de Le Pen au milieu des 80's, Mégret, lui-même ancien membre du comité central du RPR, y importa des thèses radicales faisant de la sauvegarde de «l'identité nationale» la clef de voûte du programme frontiste.
Depuis lors, la mise en exergue de ce thème demeure, au fil de la concurrence électorale, un carrefour où se rencontrent droite traditionnelle et extrême droite. Dans les 80's, le Club de l'horloge, où Bruno Mégret avait puisé son inspiration avec ses amis Yvan Blot (ex-RPR) et Jean-Yves Le Gallou (ancien du Parti républicain, PR), servit de passerelle entre ces 2 mondes. À coup de livres et de colloques défendant le droit du sang ou inventant la «préférence nationale», le Club de l'horloge fit mijoter un cocktail idéologique explosif visant à remuscler le logiciel intellectuel de la droite. Tandis que certains «horlogers» demeuraient cadres du RPR ou du PR, le trio Blot-Le Gallou-Mégret finit donc par investir le FN pour y créer, notamment, une revue théorique baptisée... Identité. 
Au tournant des 90's, sous le coup de l'ascension électorale du FN, la droite RPR-UDF durcit le ton sur l'immigration pour récupérer l'électorat qui la quitte pour Le Pen. C'est le temps du «bruit et [de] l'odeur» des immigrés moqués par Jacques Chirac à la fin d'un banquet, à Orléans, ou encore de Valéry Giscard d'Estaing qualifiant l'immigration d'«invasion» dans le Figaro Magazine en 1991.
Rupture. Après 1993, les leaders de la droite rompent avec ces dangereux cousinages, seuls des barons locaux (Millon, Soisson, Baur, Blanc) se vautrent dans les délices de la compromission avec le FN à l'occasion des régionales de 1998.
À coups de provocations verbales («Kärcher», «racaille», etc.) et d'une succession de lois répressives sur l'immigration, Sarkozy fut souvent accusé par ses adversaires depuis 2002 de se «lepéniser». L'intéressé s'en est toujours farouchement défendu, exhibant la suppression de la double peine, la «discrimination positive» ou la création du Conseil français du culte musulman en gages de bonne foi. Cette fois, en promettant la création d'un ministère de «l'Immigration et de l'Identité nationale», Sarkozy franchit une étape périlleuse.

Sarkozy chasse sur le territoire du FN
En proposant un «ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale», il choque ses adversaires et les associations.
Un tollé. Et un seul soutien. Celui de Jean-Marie Le Pen. Vendredi, la proposition de Nicolas Sarkozy, la veille au soir sur France2, de créer, s'il était élu président, un «ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale» et de faire voter, dès juillet, une nouvelle loi sur l'immigration destinée à «encadrer le regroupement familial», a suscité une vague de protestations. De ses adversaires évidemment. Mais aussi de l'ensemble des associations de défense des droits de l'homme.
Nicolas Sarkozy propose 3 conditions pour qu'un étranger puisse faire venir sa famille en France : la loger «pour qu'il n'y ait plus de squats», avoir des revenus pour la faire vivre et qu'elle ait appris «des rudiments de français avant de venir en France». Ce durcissement du candidat de l'UMP, désormais sous la pression d'un François Bayrou de plus en plus haut dans les sondages, n'a été salué que par Jean-Marie Le Pen : refuser d' «associer immigration et identité nationale», c'est nier que l'«immigration puisse porter atteinte à l'identité nationale alors qu'il s'agit d'une terrible réalité», a déclaré le leader d'extrême droite.
«Frontière». François Bayrou a été un des premiers à réagir vendredi. «En enfermant dans la même phrase immigration et identité nationale», le ministre-candidat a franchi une «frontière», a-t-il estimé dans la matinée. Avant de souligner le soir, lors d'un meeting à Perpignan, que l' «identité nationale, elle a un nom et c'est la République. Dans une campagne électorale, il arrive qu'on ait des déclarations risquées, mais il y a une chose qu'il ne faut pas faire, c'est que ces déclarations remettent en cause les principes républicains les plus élémentaires». 
«Les mots ont un sens», a affirmé pour sa part François Hollande. «Je crains vraiment que, dans cette campagne, Nicolas Sarkozy soit dans un flirt poussé avec les thèses du Front national», a ajouté le n°1 socialiste. En proposant de créer ce ministère, Nicolas Sarkozy «s'arc-boute dangereusement sur des questions identitaires», a ajouté Faouzi Lamdaoui, secrétaire national adjoint à l'Égalité du PS. «Accoler immigration et identité nationale renvoie aux épisodes les plus sombres de notre histoire, a affirmé pour sa part Marie-George Buffet. Réveiller ainsi l'époque de Vichy pour mieux donner des gages aux thèses xénophobes et racistes du FN est indigne d'un candidat républicain [...]. Décidément, Nicolas Sarkozy est un homme politique dangereux.» 
Les condamnations ont été tout aussi fortes chez les associations qui luttent quotidiennement aux côtés des étrangers. SOS Racisme, France terre d'asile, la Ligue des droits de l'homme (LDH), le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) et le Réseau éducation sans frontières (RESF) ont désavoué les déclarations du ministre. Ils y voient un risque pour la cohésion nationale. «L'association entre immigration et identité nationale suggère, comme le martèle Le Pen depuis 15 ans, que les immigrés menacent l'identité nationale», relève Jean-Paul Dubois, président de la LDH. Pour le Mrap, «Sarkozy fait ainsi un choix de société, celui du rejet de l'autre, dans une logique de division incendiaire». 
«Opportun». Etonnamment, dans son propre camp, peu de voix se sont levées pour soutenir Sarkozy. Ses porte-parole sont vaillamment montés au créneau. En 2 temps, vu l'ampleur de la polémique. Le matin, Rachida Dati a estimé qu'il n'y avait «rien de choquant» dans la proposition du candidat UMP de créer un tel ministère. Selon elle, «la France souffre depuis plus de 20 ans d'échec de la politique d'intégration». «On a de plus en plus de mal à intégrer des gens qui sont Français, qui sont nés en France, par rapport à une première génération qui a eu moins de difficultés, donc [il faut] que l'immigration et l'identité nationale aillent ensemble», a-t-elle fait valoir. «Ce n'est pas parce que Bayrou est à l'affût de tout et que Hollande est aux abois qu'il faut qu'ils racontent n'importe quoi», a lancé Xavier Bertrand, l'autre porte-parole de Sarkozy. Hier soir, dans un communiqué, les deux porte-parole ont réaffirmé qu' «établir un lien entre l'immigration et l'identité nationale est tout aussi nécessaire qu'opportun». «Affirmer que la France ne doit accueillir que les migrants qui parlent et écrivent le français, aiment la France, respectent ses valeurs, est aussi fondamental que de reconnaître que l'identité française s'enrichit avec l'arrivée de nouveaux migrants», ont-ils expliqué.
Rhétorique. Reste que cette nouvelle proposition de Sarkozy s'inscrit dans un durcissement continu des conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France. Avec à la clé une inflation législative qui avait fini par poser question. En 2003, Sarkozy avait fait voter une loi sur l'immigration, puis une 2nde en juillet 2006, qui compliquait déjà le regroupement familial en fixant des conditions (surface d'habitation, ressources) plus exigeantes.
Avec sa déclaration de jeudi, il franchit d'ailleurs un nouveau palier, alors que tous les décrets d'application de son dernier texte ne sont même pas encore parus. Pour Patrick Weil, spécialiste des questions d'immigration, «le regroupement familial a déjà été restreint dans les 2 premières lois [...]. Aller au-delà des restrictions apportées, c'est risquer de mettre en cause le droit à la vie familiale normale qui est un droit fondamental». Celui énoncé par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme sur le droit de vivre en famille.
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9 mars 2007 5 09 /03 /mars /2007 10:52
Le grand écart de François Bayrou, par Jean-Baptiste de Montvalon
LE MONDE | 08.03.07 | 13h59  •  Mis à jour le 08.03.07 | 13h59

ommunément présentée comme l'occasion d'un vaste débat sur les grandes orientations de la politique nationale, la campagne présidentielle est - tout au moins à ce stade - surtout source de confusions. Pour s'être efforcée de distendre les liens qui l'unissent au Parti socialiste, Ségolène Royal a sa part de responsabilité. De même que Nicolas Sarkozy (UMP), lorsqu'il se présente comme l'héritier de Jean Jaurès et de Léon Blum ; ainsi que Jean-Marie Le Pen (FN), quand il assure être "un homme de centre droit". Mais c'est François Bayrou qui, dans ce registre, force l'admiration.

Conscient de l'impressionnant décalage entre ses paroles présentes et ses actes passés, le président de l'UDF a eu ce mot, destiné à concilier les unes et les autres : "J'ai été longtemps un jeune conformiste. Et sans doute "formiste" est-il de trop." (Le Monde du 1er décembre 2006). Cette fausse autocritique témoigne de l'ampleur du grand écart. Quelques rappels pour mémoire.

M. Bayrou est un pur produit du "système" qu'il pourfend depuis quelques mois. Entré en politique en écrivant les discours de Pierre Méhaignerie et de Jean Lecanuet, il a patiemment gravi les échelons du Centre des démocrates sociaux (CDS), creusant ainsi son sillon dans la maison mère, l'UDF. Du parti fondé par Valéry Giscard d'Estaing, il fut délégué général (1989-1991), secrétaire général (1991-1994), puis président (depuis 1998). Parallèlement à cette ascension partisane, M. Bayrou a conquis à peu près tous les mandats électifs disponibles dans le "système".

Sauf à remettre en question les repères de la science politique contemporaine, on considérera, en outre, que l'UDF a toujours appartenu à ce que l'on appelle communément la droite. N'étant pas parvenue, contrairement aux voeux de son fondateur, à supplanter le RPR, l'UDF - à l'exception de quelques débauchages obtenus par François Mitterrand - a servi, pour l'essentiel, de supplétif au parti chiraquien. Elle a, à ce titre, combattu la quasi-totalité des projets de la gauche.

Les gouvernements Balladur (1993-1995) et Juppé (1995-1997), dont M. Bayrou a été membre de bout en bout, furent des gouvernements de droite. L'intéressé semblait d'ailleurs s'accommoder de ces clivages qu'il dit aujourd'hui vouloir effacer. En mars 1991, M. Bayrou assurait au quotidien Libération que le grand parti du centre dont il rêvait ne serait pas "la roue de secours du PS" : "Ni de près ni de loin, nous ne gouvernerons avec les socialistes", prévenait-il alors.

Si on ne peut écarter l'hypothèse que le président de l'UDF soit gagné par la ferveur des nouveaux convertis, il reste que le "nouveau chemin" proposé par M. Bayrou résulte d'un itinéraire personnel très largement contraint. Lorsqu'il prend les rênes de l'UDF, en 1998, M. Bayrou se distingue en condamnant les accords conclus par plusieurs présidents de région avec le Front national. Mais son parti est déjà partiellement vidé de sa substance idéologique. La plasticité de Jacques Chirac a permis au RPR d'importer deux idées phares qui avaient fait l'originalité de l'UDF : la défense de la construction européenne et de la décentralisation. M. Bayrou va dès lors indexer l'autonomie de son parti sur sa propre ambition, la principale raison d'être de l'UDF - comme jadis le RPR pour M. Chirac - devenant de conduire son chef aux plus hautes destinées.

Les moyens n'étant pas les mêmes, M. Bayrou doit surmonter de multiples obstacles - pressions du RPR sur les élus centristes, mode de scrutin majoritaire qui favorise la bipolarisation, etc. - pour se faire entendre. Il s'y emploie, non sans un certain panache. A défaut d'être fondée sur un socle idéologique solide et spécifique, sa volonté d'indépendance personnelle est indéniable.

UNE CERTAINE INDÉPENDANCE POLITIQUE

Après avoir conduit une liste UDF autonome aux élections européennes de juin 1999, où elle obtient 9,28% des voix, M. Bayrou se porte candidat à l'élection présidentielle de 2002. S'il évoque déjà sa volonté de rassembler "de Balladur à Delors", le président de l'UDF mise alors sur la volonté présumée des Français de tourner la page Chirac. Sa campagne est peu audible, hormis deux "coups" médiatiques : le 23 février, à Toulouse, le candidat UDF s'invite à une convention de la très chiraquienne Union en mouvement (UEM, prélude à la future UMP) ; le 7 avril, à Strasbourg, il inflige une gifle à un enfant qui était en train de lui faire les poches. Son score au premier tour (6,84%) n'est pas négligeable ; mais la qualification surprise de Jean-Marie Le Pen, et donc l'écrasante victoire annoncée de Jacques Chirac, ne lui laisse aucune marge de négociation.

La configuration de l'échéance présidentielle de 2007 n'était guère plus favorable à M. Bayrou. Si le député des Pyrénées-Atlantiques - en convainquant une partie de ses collègues de s'associer au vote d'une motion de censure socialiste - était parvenu à accréditer l'idée d'une certaine indépendance politique, l'espace du "renouvellement" était occupé par M. Sarkozy. M. Bayrou a donc dû hausser considérablement le ton.

C'est ainsi que l'ancienne "plume" de M. Méhaignerie s'est mué en candidat de "l'extrême centre", s'adressant au "peuple" en usant de recettes qui étaient jusqu'alors l'apanage du Front national : rejet du "système", renvoi dos à dos des deux principaux partis de gouvernement, dénonciation des médias. Dans la préface de son dernier livre (Au nom du tiers état, Hachette Littérature, 2006), M. Bayrou évoquait "un réseau opaque d'intérêts partisans, claniques, économiques, médiatiques". Le 12 novembre 2006, devant le conseil national de l'UDF, il s'en prend aux "deux candidats prétendument rivaux" qui font la course en tête. "Ils ne sont pas un duel, ils sont un duo", insiste-t-il. Le 20 septembre, M. Le Pen avait de la même façon dénoncé la "valse-hésitation" des deux favoris des sondages, qui "s'enlacent dans une sorte de tango".

Dans ce registre populiste, M. Bayrou a joué un coup de maître le 2 septembre 2006, au journal de TF1, en défendant en direct, devant des millions de téléspectateurs, la thèse du "complot médiatique". Ce soir-là, le président de l'UDF a fait coup double, en s'attirant la sympathie d'une partie de l'opinion, ainsi que la bienveillance de médias plus fragiles et culpabilisés qu'on ne le croit. Tel est le socle sur lequel M. Bayrou a pu ensuite entamer sa forte progression dans les sondages. Le président de l'UDF a gagné son pari personnel, qui était de se faire entendre. Pour quel projet ? Et avec quelle majorité ? Ces questions restent aujourd'hui entières.

Jean-Baptiste de Montvalon
Article paru dans l'édition du 09.03.07
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9 mars 2007 5 09 /03 /mars /2007 10:47
A en croire, ce qu'il a présenté hier soir sur France 2, il y a de quoi être effrayé par les manipulations populistes et communautaristes d'un homme qui prétend à éccéder au pouvoir à partir de la droite parlementaire en empruntant toutes ses thématiques et se propositions au Front National.
Mettre en avant un ministère de l'identité française est nauséabond, d'autant plus qu'il traiterait du même coup de l'immigration, impliquant explicitement que celle-ci mettrait en danger cette identité. C'est donc la mort de l'idée républicaine et universelle.
Décidément ce qu'il est crie tout aussi fort désormais que ce qu'il dit...
Fred

IMMIGRATION : Le nouveau texte sur le regroupement familial poserait trois conditions pour permettre à un étranger de faire venir sa famille en France : qu'il ait un logement pour la loger ("pour qu'il n'y ait plus de squats"), qu'il ait des revenus pour la faire vivre et "qu'on apprenne (...) des rudiments de français avant de venir en France". Le candidat de l'UMP envisage la création d'un "ministère de l'immigration et de l'identité nationale" et a promis une nouvelle loi sur l'immigration.
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8 mars 2007 4 08 /03 /mars /2007 14:49
Les silences gênés autour de l'affaire de l'appartement de Nicolas Sarkozy
LE MONDE | 08.03.07 | 14h19

es nouvelles révélations du Canard enchaîné. Dans son édition du 7 mars, l'hebdomadaire publie de nouveaux documents sur la foi desquels le journal conclut, une nouvelle fois, que Nicolas Sarkozy a acquis son duplex sur l'île de la Jatte, à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), en septembre 1997, à un tarif préférentiel, avec un rabais "d'au moins 750 000 francs", et a bénéficié de travaux gratuits.

Leur montant s'est élevé à plus de 1,8 million de francs (274 500 euros environ), selon un document du 9 octobre 1997 récapitulant les ordres de service au nom de la SCI Victoria XXI. Selon Le Canard, M. Sarkozy n'aurait réglé que 400 000 francs sur cette somme, laissant le reste à la charge du promoteur, la société Lasserre, par ailleurs client régulier à l'époque de la ville.

La réponse de M. Sarkozy. Depuis la première publication du Canard, le 28 janvier, sur son appartement, dont il avait été informé quelques jours plus tôt, le candidat n'a produit qu'une seule facture concernant les travaux réalisés après l'achat : celle d'un escalier, intégralement réglé selon le candidat, pour 72 360 francs. Mais sur cette somme, affirme le Canard, le promoteur lui a accordé "une remise d'environ 30 000 francs." Claude Guéant, directeur de campagne de M. Sarkozy, avait expliqué au Monde, dans son édition du 1er mars, qu'une partie des factures personnelles du couple se trouvait sans doute "au garde-meuble" où il a entreposé ses affaires, après la vente de l'appartement, le 6 novembre 2006, pour 1,94 million d'euros.

Interrogé à nouveau à ce sujet, mercredi 7 mars, M. Guéant a précisé qu'il n'avait pas retrouvé d'autres factures.

L'indifférence de la justice. Le parquet possède "l'opportunité des poursuites" et peut ouvrir une enquête préliminaire ou une information judiciaire. " Le Canard enchaîné écrit des choses extrêmement précises dont la lecture laisse supposer que des infractions ont été commises, cela mériterait au moins une enquête pour vérifier ces éléments", indique Emmanuelle Perreux, présidente du Syndicat de la magistrature (SM, gauche).

La chancellerie se refuse à tout commentaire. Pour l'heure, le parquet de Nanterre, compétent, ne compte guère agir. Le contexte électoral et l'attente de la nomination d'un nouveau procureur dans cette juridiction ne s'y prêtent pas. En outre, traditionnellement, le parquet répugne à enclencher la machine judiciaire sur la base d'articles de presse. Ce fut pourtant le cas en 1995, quand Le Canard enchaîné révéla une affaire de caisse noire impliquant le CDS. Le garde des sceaux, Pierre Méhaignerie, responsable du CDS, ordonna au parquet de Paris l'ouverture d'une enquête préliminaire.

Une enquête pourrait néanmoins être ouverte si une plainte avec constitution de partie civile était déposée par un individu ou un organisme s'estimant victime de l'éventuel traitement de faveur dont aurait bénéficié M. Sarkozy.

Selon les magistrats et universitaires interrogés par Le Monde, plusieurs infractions pourraient être visées. Il pourrait être reproché à Denise Lasserre, si elle a consenti des avantages à M. Sarkozy, un "abus de bien social" dont son client serait le receleur. La remise évoquée par Le Canard dépasserait en effet les traditionnelles ristournes (10 %) tolérées.

Une éventuelle décision municipale, prise sous la houlette du maire de Neuilly en faveur du promoteur (par exemple une dérogation au cahier des charges de la ZAC sur laquelle a été construit l'immeuble) pourrait par ailleurs recouvrer une "prise illégale d'intérêt". Un hypothétique avantage obtenu du promoteur lors de l'achat de l'appartement pourrait correspondre à une "corruption passive" ou à un "trafic d'influence". Toutefois, la qualification des faits s'avère difficile. Surtout, des problèmes sérieux de prescription se posent, le délai courant à partir du dernier acte du maire. Il faudrait établir qu'il y a eu dissimulation pour que le délai de trois ans ne débute pas au moment de la signature des contrats de vente et de travaux. Or de telles transactions sont publiques.

Le silence de la gauche. L'opposition a fait preuve de retenue dans l'affaire. La publication dans Le Monde et Le Canard enchaîné d'articles mettant en cause la sous-évaluation des biens immobiliers par le couple Hollande-Royal pourrait expliquer la réserve de l'entourage de la candidate. En privé, certains soulignent pourtant la gravité inégale des deux affaires et souhaiteraient une attaque plus franche contre M. Sarkozy.


Gérard Davet, Nathalie Guibert et Piotr Smolar
Article paru dans l'édition du 09.03.07
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6 février 2007 2 06 /02 /février /2007 22:29
J'entendais tout à l'heure Pierre Cardo, député-maire UMP de Chanteloup-les-Vignes, interrogé dans le journal de 18h00 de France Culture, qui tentait péniblement (pour lui-même aussi) de réagir et d'expliquer les propos insidieux et nauséabonds, hier soir sur TF1, de Nicolas Sarkozy.
Et de conclure, comme le font désormais tous les responsables politiques à droite - y compris ceux qui ne sont pas sarkozistes - gagnés par la fièvre communautariste de leur petit ministre-candidat, que nous trouverions une solution dans nos banlieues, dans les quartiers populaires que la puissance publique a déserté durant tant d'années, en sortant de l'incompréhension et en faisant se parler des croyants plus ou moins pratiquants, plus ou moins rigoristes...
Ce qui m'inquiète c'est que je connais d'autres élus de gauche qui auraient finalement tenu les mêmes propos que Sarkozy hier soir, et d'autres encore qui auraient tenté de justifier l'injustifiable de la même manière que Pierre Cardo.

Dans ce que Sarkozy a dit ce qui est insupportable ce n'est pas une pseudo-dénonciation de tabous, de pratiques préoccupantes, inacceptables ou simplement dangereuses : excision, polygamie, problèmes sanitaires... Ce qui était dénoncé devait sans doute l'être, même si les situations qui répondent à la description du ministre-candidat restent statistiquement peu significatives en France.
Non le gravissime, le condamnable, l'innommable dans les propos de Sarkozy c'est cet amalgame trop directement implicite pour ne pas être compris en un clin d'oeil par tous les téléspectateurs ; Sarkozy en 2 mn est allée beaucoup plus loin que "le bruit et l'odeur" de Jacques Chirac en 1990... une fois encore un candidat de droite réduit la question de l'immigration à des caricatures ridicules, confondant tous les Français issus de l'immigration avec des intégristes, tout droit sortis du moyen âge.
Comment un responsable politique digne de ce nom, un dirigeant gouvernemental dit républicain, peut-il en 2007 laisser à penser à ses concitoyens - sauf à les prendre pour des imbéciles et flatter leur pires instincts - que les problèmes que nous vivons en banlieues depuis plus de 30 ans sont dûs à l'excision, les moutons égorgés dans les baignoires et la polygamie ? Comment pourra-t-il avoir l'affront de retourner ensuite dans ces quartiers où en réalité les habitants souffrent de discriminations policières, administratives, économiques et sociales. Cet homme est la honte de la République, car il ose se revendiquer d'elle.

En conclusion je citerai Kennedy s'adressant à Nixon lors du débat TV de la présidentielle de 1960 : "ce que vous êtes crie plus fort que ce vous dites !", formule plus forte et plus poétique que "chassez le naturel, il revient au galop"... en clair, Sarkozy, populiste de droite, ne court pas derrière Le Pen, fondamentalement il est de la même nature.
La France est dans de beaux draps, si on se réfère aux applaudissements qui accueillirent la saillie de l'apprenti empereur.
Frédéric FARAVEL
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6 février 2007 2 06 /02 /février /2007 15:21

ça se précise là, non?

Le mouton censuré sur TF1.fr ?

Un passage de l'émission "J'ai une question à vous poser", diffusée lundi soir en direct sur TF1 avec, comme invité, Nicolas Sarkozy, n'a pas été repris dans les vidéos de la soirée mises en ligne sur les sites de LCI et TF1. Il s'agit d'une séquence consacrée à la question de l'immigration et, notamment, aux moutons "égorgés dans les salles de bain".

 

C'est une internaute ("Lionne") qui nous a averti, ce mardi matin 6 février à 10h23, en réaction a notre article "Les principaux points" de l'intervention de Nicolas Sarkozy dans l'émission "J'ai une question à vous poser", lundi soir sur TF1.

Voici le texte de "lionne" : "Je viens de regarder le podcast de l'émission, partie 1 et 2, et là exit les propos sur le mouton égorgé dans les salles de bain, ça fait trop raciste (…)."

Vérification faite, à plusieurs et à plusieurs reprises, en regardant les deux vidéos de l'émission mises en ligne sur les sites de TF1 et LCI ("Sarkozy face aux Français : partie 1",  "Sarkozy face aux Français : partie 2"), c'est vrai : un passage, vif, concernant l'immigration, a sauté (encore vérifié vers 14h30).

Nicolas Sarkozy faisait face à un jeune homme, Jérôme Monod (qui n'a rien à voir avec l'ami de Jacques Chirac et fondateur de l'UMP), qui lui demandait si l'emploi de certaines formules du type "La France tu l'aimes ou tu la quittes" n'était pas susceptible de faire le lit de l'extrême-droite.

 

"Des propos racistes"

 

"Pas une fois en 30 ans de vie politique, je n'ai défendu une idée qui n'était pas profondément républicaine", a répondu Nicolas Sarkozy. "Je suis le premier homme politique de droite à dire qu'il faut une immigration choisie. Mais je dis aussi une chose avec la plus grande force: personne n'est obligé d'habiter en France. Et quand on aime la France, on la respecte", a-t-il ajouté.

"On respecte ses règles, c'est-à-dire qu'on n'est pas polygame, on ne pratique pas l'excision sur ses filles, on n'égorge pas le mouton dans son appartement et respecte les règles républicaines", a-t-il insisté.

Ce à quoi une jeune Lilloise d'origine algérienne a répondu : "les propos que vous venez de tenir sur les moutons ce sont des propos racistes. Il y a des règlementations, il y a des abattoirs, on est civilisés", a-t-elle dit, en ajoutant. "c'est honteux, je suis d'origine algérienne et je suis musulmane et je me sens insultée, complètement".

 
A la rédaction de TF1
 

La rédaction de nouvelobs.com a tenté de joindre la direction de la rédaction de TF1 à 13h45. L'assistante de Robert Namias nous a indiqué qu'il était en pause-déjeuner. Celle-ci a précisé que "probablement, ce sera plutôt le site internet qui vous rappellera que moi-même mais, quoi qu'il en soit vous aurez une réponse dans l'après-midi".

A 14h30, contacté par nouvelobs.com, Renaud Pila, chef de la rubrique Politique à LCI.fr, a assuré ne pas être au courant et évoqué un éventuel  "problème d'encodage".

Un peu plus tard, à 14h50, Pascal Emond, rédacteur en chef du site LCI.fr, nous a confirmé qu'il s'agissait d'un problème technique. Selon lui, les choses se sont passées de ma manière suivante. Le site reçoit la vidéo de l'émission vers 1h00 du matin. Celle-ci est confiée à un technicien chargé de la numériser pour internet. La vidéo est très lourde et nécessite donc une séparation en deux parties. La séquence coupée était située juste avant l'écran de publicité qui servira de repère pour séparer les deux parties mises en ligne. Il s'agirait donc d'un simple problème de numérisation. Pascal Emond ajoute qu'il n'a reçu aucune consigne d'aucune sorte de la part de TF1 et que, de toute façon,  l'émission ayant été diffusée en direct, personne n'aurait eu le moindre intérêt a effectuer une quelconque censure.

L'intégralité de l'émission devrait être en ligne vers 15h30.
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2 février 2007 5 02 /02 /février /2007 15:08
Bon je sais on va me dire que les mots de mon titre sont des propos outranciers, mais honnêtement après des transfuges du FN belge qui veulent appeler leur nouveau parti UMP-Belgique, y a de quoi se poser des questions sur ce qu'inspire notre ministre-candidat-patron des RG à l'extérieur des l'hexagone, et donc in fine sur la portée réelle de son programme... Non ?
Fred


Gianfranco Fini: le préfacier post-fasciste de Sarkozy

TestimonianzaLes mots sont importants, leurs auteurs ne le sont pas moins.

Ainsi, l'auteur choisi pour la préface italienne du dernier livre de Nicolas Sarkozy mérite d'être cité puisqu'il s'agit du leader post-fasciste Gianfranco Fini.

J'avoue mon incrédulité lorsque j'ai reçu la couverture de Testimonianza (Témoignage, en VF, sorti il y a quelques semaines en Italie) de la part d'un ami romain.

Pour ceux qui connaissent peu la politique italienne, Gianfranco Fini dirige l'Alliance Nationale.

Son parti est l'héritier du MSI, parti fasciste italien dont il a conservé le logo : une flamme tricolore, qui a aussi inspiré le Front National en France. Et, comme le FN*, Alliance Nationale, en quête de respectabilité, se définit désormais comme un parti de "centre-droit".

Voir préfacer un livre de candidat à la présidentielle par Fini est inquiétant. La pré-campagne a été marquée par des débats un peu futiles sur l'expression "Sarko Facho"  (notamment après une chanson de Renaud). Aujourd'hui, les contacts du candidat UMP avec les post-fascistes de l'Alliance Nationale méritent de faire partie du débat public.

Mehdi Ouraoui.

* "On dit que Jean-Marie Le Pen est un extrémiste, que c'est l'extrême-droite pour disqualifier son message. C'est faux, je suis un homme de centre-droit [...] Ce n'est pas moi qui me suis déporté vers l'extrême droite, c'est le corps politique français qui s'est déplacé vers la gauche" (Jean-Marie Le Pen, Paris-Match, 4.01.07).

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31 janvier 2007 3 31 /01 /janvier /2007 15:08

Quand les RG fichent les voisins du QG de Nicolas Sarkozy

 

Une cellule des Renseignements généraux met sous pression les riverains du siège de campagne du candidat UMP, rue d'Enghien, à Paris. L'équipe de campagne a refusé de commenter.

 

Un extrait du document de la Préfecture de police de Paris, pour le consulter en intégralité, cliquez ici

Un extrait du document de la Préfecture de police de Paris, pour le consulter en intégralité, cliquez ici DR

Début janvier, Nicolas Sarkozy établit son QG de campagne 18 rue d’Enghien, dans le Xème arrondissement de Paris. Le candidat a choisi ce quartier pour s’éloigner des arrondissements chics, les 8ème et 16ème. Dès le premier jour, la rue d’Enghien est mise sous haute surveillance policière. Dans la foulée, tous les habitants des trois immeubles qui font face au QG reçoivent une étrange enveloppe saumon, sans cachet de la Poste.

A l’intérieur, une lettre, datée du 15 janvier (voir document), leur demande de répondre au plus vite à un recensement de sécurité. On leur communique un numéro de téléphone. Au bout du fil, un policier questionne : nom, prénom, date de naissance. Au cours de la conversation, le policier se fait plus précis. Il suggère à son interlocuteur de ne pas recevoir de paparazzi chez lui, évoque avec lui les dangers terroristes, la présence d’un éventuel sniper planqué sur les toits. En quelques minutes, l’habitant de la rue d’Enghien est mis sous pression. Le voilà devenu un riverain fiché par la police.

 

Des riverains choqués

En fait, le fonctionnaire est un agent du service Enquête des Renseignements Généraux de la préfecture de Police de Paris, basé rue aux Ours, dans le 3ème arrondissement. Cette cellule des RG enquête généralement sur les mariages blancs, les candidatures pour les postes particulièrement signalés. Sa mission : fouiller le passé de certains citoyens pour le compte de l’administration. Des riverains sont choqués par la méthode. Quand ils téléphonent au numéro indiqué, leur interlocuteur ne leur précise pas qu’il travaille pour les RG, mais il les soumet à un interrogatoire qui leur fait comprendre qu’ils font désormais partie d’un périmètre de haute sécurité et que tous leurs faits et gestes risquent d’être surveillés. "C’est intolérable, raconte une jeune femme du quartier. Nous avons le sentiment d’être dans la Cité Interdite, mais surtout d’être sous le contrôle d’un Big Brother qui s’appelle Nicolas Sarkozy".

 

"Une annexe du ministère"

Pour la préfecture de Paris, il n’y a rien d’illégal dans cette activité. Est-ce si sûr ? Des habitants fichés par la police pour le seul motif d’être logés près du siège du candidat UMP. Alors qu’aucun autre prétendant à l’Elysée n’a bénéficié de ce "régime de faveur". Au siège de Ségolène Royal et de François Bayrou, on réfute toute enquête sur les voisins effectuée par la police. Pour qui alors travaillent ces fonctionnaires des RG ? Pour le candidat Sarkozy ou pour le locataire de la place Beauvau ? Devant sa porte, une habitante ironise : "C’est une annexe du ministère de l’Intérieur, ici". De son côté, Maître Jean-Pierre Mignard, avocat du couple Hollande-Royal, a décidé de passer à l’offensive: "Cette fois, nous sommes face à une entreprise de fichage systématique de citoyens à des fins personnelles, s’insurge-t-il. C’est presque plus grave que l'affaire Rebelle. Je saisis dès maintenant le président le président de la CNIL, Alex Turk, pour qu’il demande à la DCRG (Direction Centrale des renseignements Généraux), de lui transmettre tous les documents qui ont trait à toutes ces affaires Il faut que les citoyens sachent ce qu’on leur prépare…."

 
"Voyez avec la préfecture de police"
A la suite de la parution de l'article sur nouvelobs.com, l'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy a refusé de commenter mercredi ces informations, renvoyant à la préfecture de police.
"Voyez avec la préfecture de police de Paris, nous, on ne s'occupe pas de çà", a indiqué l'entourage du candidat, refusant de dire si la démarche policière lui paraissait justifiée ou excessive. "Voyez avec la préfecture de police quelles sont les mesures mises en oeuvre quand il y a un autre candidat dans un autre quartier", a-t-on indiqué.

Léna Mauger
(cet article est publié dans le Nouvel Observateur daté du jeudi 1er février 2007)
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25 janvier 2007 4 25 /01 /janvier /2007 10:31

Enquête des Renseignements généraux

A la suite des informations précises et circonstanciées publiées par Le Canard Enchainé selon lesquelles le ministère de l’Intérieur a donné ordre aux Renseignements Généraux d’enquêter sur des membres de l’équipe de campagne de Ségolène ROYAL, le Parti socialiste demande au Chef de l’Etat de rappeler les règles élémentaires et de donner toutes les garanties du respect des principes démocratiques.

Ces pratiques dignes des pires campagnes électorales sont inacceptables.

Ces informations révélées confirment la confusion totale des genres entre fonction ministérielle et candidature à l’élection présidentielle.

Communiqué de Julien DRAY,
Porte-parole du Parti socialiste

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