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Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis alternativement à Bezons dans le Val-d'Oise et à Massy dans l'Essonne. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. Je suis membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, en charge du pôle "Idées, formation, riposte".
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Gauche Républicaine & Socialiste

7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 10:20

«Europe, réveille-toi !», par Martine Aubry, Poul Rasmussen et Elio di Rupo

Mais où va l’Europe ? Notre continent est pris dans la tourmente. La crédibilité de l’Union européenne est en chute libre tant auprès des citoyens européens que partout dans le monde. Ne nous y trompons-pas : la gestion calamiteuse de la crise grecque est un manquement grave. L’Europe doit se ressaisir si elle ne veut pas sortir des radars de l’histoire voire se disloquer.

La réaction face à la crise grecque a été trop tardive, mal ficelée et incomplète. Depuis janvier, la zone euro est en attente d’une solution à la crise grecque. Pendant tout ce temps, nous avons beaucoup entendu « mon pays d’abord », « les mauvais élèves de la zone euro, dehors ! » et d’autres refrains punitifs du même style. Au courage politique exemplaire de George Papandreou pour rétablir les finances de son pays, la droite européenne, pour des raisons de politique intérieure, n’a fait que prôner encore et toujours plus d’austérité, sans jamais démontrer une quelconque solidarité. Les atermoiements électoralistes des uns n'ont eu d'égal que le silence assourdissant d'autres pourtant d'habitude prompts à se mettre bruyamment en avant. C’est comme si, tout d’un coup, les principes de solidarité et de coopération - fondateurs de l’Union européenne - avaient disparu. Mais les mois perdus coûtent très cher, à la Grèce tout particulièrement, et aussi à l’Europe tout entière qui est aujourd’hui menacée par l’incendie faute de l’avoir circonscrit à temps. La paralysie de la décision européenne a encouragé la spéculation.

Trop tardif, ce plan est aussi mal ficelé. Le dispositif de bric et de broc qui a été retenu, nécessitant une intervention individuelle de chaque Etat européen et du FMI, ne protège pas de la contagion car il est difficilement reproductible à d’autres Etats. L’Espagne, attaquée au lendemain de l’annonce du plan sur le seul fondement de rumeurs, en a fait ces derniers jours la douloureuse expérience. La zone euro a besoin d’un dispositif de sauvetage des Etats en difficulté qui puisse être activé rapidement et désarme par anticipation la spéculation. L’Europe en tant que telle aurait très bien pu intervenir sur la base des articles 122 et 143 du traité, comme l’a proposé le Parti socialiste européen, au travers d’un mécanisme européen de stabilité financière, préfigurant un Fonds monétaire européen. C’était une question de volonté politique face aux diktats des marchés financiers ; elle n’a pas été au rendez-vous.

Le plan de sauvetage est incomplet, car s’il règle temporairement la crise de liquidité à laquelle la Grèce est confrontée, il ne résout pas le problème de solvabilité. Sans rebond de son économie, dont on ne voit pas aujourd’hui les ressorts compte tenu des effets mêmes du plan imposé, la Grèce aura beaucoup de difficultés à rebondir et risque de se retrouver dans la même situation dans 18 mois. C'est pourquoi nous demandons que ce plan soit accompagné par un plan de relance de l’économie grecque mobilisant la Banque Européenne d’Investissement (BEI) et les fonds structurels, mais aussi par une grande vigilance dans la définition et la mise en œuvre des mesures de redressement des comptes.

Plus largement, la crise grecque a révélé les déséquilibres structurels d’une union monétaire sans gouvernement économique. Les socialistes et sociaux-démocrates européens réclament la mise en place sur le long terme d’une véritable gouvernance économique européenne, fondée sur la responsabilité, la solidarité et la coordination. Pour cela, nous insistons sur une coordination efficace des politiques macro-économiques, pas seulement pour consolider les budgets mais aussi pour relancer l’économie, avec des délais raisonnables pour réduire les déficits tout en investissant dans la croissance et l’emploi.

L’Europe paie aussi une inaction face à la crise financière. Dix-huit mois après, rien n’a été fait. De vitupérations en G20, il y a eu beaucoup d’agitation mais jamais de décision. Tout recommence comme avant : les bonus, les stock-options, les attaques spéculatives, les paradis fiscaux et un robinet du crédit toujours fermé pour les PME et les particuliers...Il faut réguler les fonds spéculatifs, créer une taxe sur les transactions financières, limiter les bonus et la rémunération des dirigeants, supprimer les paradis fiscaux, protéger les consommateurs contre les produits financiers toxiques et démocratiser le contrôle des marchés financiers.

Voilà ce que nous devons faire pour que jamais plus les citoyens européens n’aient à payer le prix d’une crise dont ils ne sont pas responsables. Loin d’aller dans ce sens, les droites au pouvoir en Europe ne régulent pas la finance, ne développent pas la gouvernance économique et réduit les moyens d’action publique en prônant le désengagement des Etats, laissant les citoyens sans recours, menaçant un peu plus leurs emplois.

La solution à la crise actuelle n’est pas de chercher des boucs émissaires, mais de retrouver le volontarisme qui a fait l’Europe et de remettre en avant le principe inaltérable la solidarité, sans lequel chacun de nos pays s’enfoncera encore un peu plus dans la crise, sans pays voisins pour venir à son secours. Europe, réveille-toi !

Martine Aubry, première secrétaire du Parti Socialiste Français
Poul Rassmussen, président du Parti Socialiste Européen
Elio di Rupo
, président du Parti Socialiste Belge

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 21:23

La modification nécessaire des politiques européennes pour mettre en œuvre un «nouveau modèle de développement économique, social & écologique»

Notre convention nationale sur un nouveau modèle de développement économique, social et écologique intervient en pleine crise financière, au moment où la zone euro est mise à mal à la suite des mensonges énormes du gouvernement conservateur défait aux dernières élections (mais couvert par de puissants groupes financiers comme Goldman & Sachs) et à la spéculation des marchés financiers sur la dette grecque.

Alors que jusqu'ici l'existence de l'euro avait été un outil unanimement salué en Europe comme facteur de protection économique, l'appartenance de la Grèce à la zone euro ne l'a en aucun cas protégé de la spirale financière et économique des dernières semaines ; pis la lenteur des États européens à réagir face à la situation traversée par un de leurs membres a sans doute aggravé la situation et a permis que les difficultés s'étendent au Portugal et à l'Espagne.

L'enchaînement des faits doit fortement nous interroger en tant que socialistes sur ce que cela signifie profondément de l'état de la construction européenne, de la nécessité de modifier profondément les postulats de base sur lesquels sont bâties les politiques européennes et sur le débat politique que nous devons mener avec nos camarades du PSE.

La crise financière grecque est le révélateur de l'état réel de la construction européenne.

Les États européens ont fait preuve en l'occurrence d'une débauche de lâcheté et d'égoïsmes nationaux. On peut reprocher au précédent gouvernement grec ses mensonges et d'être in fine le principal responsable des malheurs de son peuple, on peut exiger un sérieux plus important au regard des erreurs commises. Mais une sévérité comparable n'a pas été de mise pour les grands groupes financiers que l'on jugeait responsables de l'épisode précédent de 2007-2008. Et surtout, on assiste à l'application précise d'un des principes contenus dans l'ex TCE de punir les États-membres qui ne respecteraient pas les règles du pacte de stabilité. Peu importe le sort des populations, peu importe que les premières victimes du mensonge soient le peuple grec lui-même…

La réalité est plus sordide encore : si l'on a tant tardé à intervenir et soutenir la Grèce qui mettait en œuvre des efforts gigantesques pour réparer les erreurs de la droite, ce n'est pas en aucun cas pour défendre des principes budgétaires et le bien commun européen, mais parce que parmi les deux principaux bailleurs de fonds publics européens se trouvaient en pleine élection régionale : le débat fiscal entamé par la coalition Noire-Jaune de Nord-Rheinland-Westphalen ne pouvait souffrir les mécanismes de solidarité envers un autre État membre ; la chancelière fédérale Angela Merkel ne pouvait supporter que le pendant régional de sa coalition fédéral conservatrice-libérale soit défaite électoralement parce qu'elle aurait mis en œuvre le plus élémentaire réflexe de défense entre deux membres d'une même communauté ; il est vrai que le profil de la majorité du Bundesrat peut évoluer le 9 mai après les élections en Rhénanie du nord, et le Bundesrat vaut bien une Grèce !

Ainsi si on a pris tant de retard, si aujourd'hui on paye 110 milliards d'euros quand voici deux semaines on se serait contenté d'en payer 30, si on a laissé les taux d'intérêt augmenter de manière vertigineuse pour la Grèce, si on a laissé se dégrader la note financière de ce pays, puis du Portugal et de l'Espagne, si on a laissé l'euro atteindre aujourd'hui son niveau le plus bas depuis un an avec les répercussions que cela a sur le prix de l'énergie, c'est parce que l'une des principales dirigeantes européennes avait une élection régionale sur le feu. Voilà le message adressé aux peuples européens : l'intérêt général, le bien commun, le mieux être d'un peuple, la défense des outils européens et de la capacité de l'Europe à rebondir ont été sacrifiés à un intérêt partisan national, maquillé en orthodoxie financière et en rectitude morale.

Ici l'instauration d'institutions communes considérées comme plus efficaces n'a pas eu d'effet ; vous pouvez avoir toutes les institutions que vous voulez quand la volonté politique est absente, quand elle est biaisée, cela ne marche pas. Je dirai même au passage que la complexité du triangle institutionnel européen n'a pas été résolu, aggravé au contraire, et qu'il a prouvé une fois de plus dans cette affaire sa lenteur et son inefficacité.

N'accablons pas trop les Allemands, il n'est pas dit que Nicolas Sarkozy n'applique pas les mêmes erreurs en espérant sauver une majorité au Sénat et n'oublions pas que les gouvernements britanniques et néerlandais ont agi avec la même aménité pour répondre à ce qu'ils croyaient être les exigences de leur opinion publique nationale au moment de chercher à résoudre les problèmes financiers de l'Islande : on mesurera sur le long terme les dégâts causés à l'idéal européen dans un peuple islandais qui voyait dans l'Union son salut et son avenir. On en voit un résultat tangible avec le score de l'extrême droite hongroise voici 10 jours.

Si j'ai parlé de prétextes pour maquiller des égoïsmes nationaux, il n'en reste pas moins que les postulats de base sur lesquels sont fondés les politiques européennes depuis plus de 10 ans doivent être remis en cause si nous voulons inventer un nouveau modèle de développement.

Le pacte de stabilité et la stratégie de Lisbonne ont prouvé au regard des faits l'impasse dans laquelle ils menaient la construction européenne.

Bien qu'ayant volé en éclat lors des premiers épisodes de la crise financière en 2008 le pacte de stabilité continue d'être la référence de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne. Plus personne n'est en mesure de le respecter, mais il a à nouveau été invoqué au début de la crise grecque. Ce pacte de stabilité empêche théoriquement de mener des politiques contracycliques, il ne prend pas en compte les nécessité de la croissance et du développement ; la nécessité de sa révision en profondeur se fait chaque jour cruellement sentir mais elle n'est toujours pas à l'ordre du jour. Pourtant la BCE vient d'annoncer une mesure qu'elle se refusait à imaginer voici encore quelques jours : le rachat d'obligations de la dette grecque afin de venir en aide à cet État membre. Ce que chaque pays faisait avant la monnaie commune avec sa banque centrale nationale, c'est-à-dire faire marcher la planche à billet pour payer sa dette, la BCE est en train de le faire pour la Grèce sous l'effet de la nécessité ; comment pourrait-elle désormais le refuser aux autres États européens, qui ont tous engagé des dépenses pharaoniques (avec plus ou moins d'efficacité et de pertinence) pour sauver leurs économies et leurs banques, dont la charge de la dette a cruellement augmenté. Comment pourrait-elle aujourd'hui le refuser à la France ou à l'Allemagne, et a fortiori à l'Irlande, au Portugal ou à l'Espagne ?

La stratégie de Lisbonne – faire de l'Union européenne « l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable d’une croissance économique durable accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale » - adoptée en 2000 et réactualisée en 2005 est elle-même devant son échec criant. On objectera sans doute que la lecture et l'application qui en a été faite par la Commission européenne et par les gouvernements européens, orientés largement à droite, en a entaché l'esprit et la marche, mais en réalité, cette stratégie de politique économique élaborée conjointement par des gouvernements libéraux et des gouvernements socialistes, qui avaient cédé sur leurs valeurs (comme le dit si bien Martine Aubry) illustre parfaitement ce que décrit l'introduction du texte de notre convention nationale : «La croyance en un système vertueux de progression sociale généralisée et de partage du travail harmonieux (les produits à faible valeur ajoutée pour les pays émergents, la frontière technologique pour les pays développés) a été balayée.», car la stratégie de Lisbonne est une tentative d'application concrète de cette croyance sociale-libérale.

Les politiques de cohésion de l'union en ont été affectées, la nécessaire transformation économique et sociale des régions en restructuration, l'intégration des régions d'Europe centrale et orientale ont été retardés, les inégalités se sont creusées en leur sein et entre elles et les territoires les plus dynamiques du continent.

Les perspectives financières 2007-2013 ont aggravé cette logique, les politiques régionales de solidarité ne sont pas assez puissantes. La politique agricole commune continue d'être décriée par ceux qui considèrent en partie à juste titre qu'elle pèse proportionnellement trop lourd dans le budget communautaire, alors qu'elle désespère de plus en plus les agriculteurs européens.

L'Europe a besoin de nouveaux outils de politiques économiques : la BCE doit voir son statut réformé ou à tout le moins avoir en face d'elle un véritable gouvernement économique ; l'Union devrait se doter d'un véritable budget en augmentation, avec la capacité de lever un impôt, d'emprunter, pour faire face à la fois aux défis de la recherche et de l'innovation, de la croissance écologique, de la refondation des politiques de cohésion territoriale, de la renaissance d'une PAC digne de ce nom ; le pacte de stabilité, la stratégie de Lisbonne devraient être purement et simplement abandonnés pour se voir remplacer par des stratégies politiques plus en rapport avec les défis qui sont devant nous. Mais qui aujourd'hui en Europe s'en soucie ? Ni la Commission, ni les gouvernements européens, ni la plupart des oppositions ne semblent aujourd'hui s'en préoccuper.

Les socialistes français ne doivent plus se cacher derrière leur petit doigt pour espérer un jour voir émerger une alternative politique européenne capable de porter ce nouveau modèle de développement.

Il n'est pas possible de «construire le socialisme dans un seul pays». Vous me pardonnerez cette petite pique anti-stalinienne. Les socialistes français pourront écrire tous les textes de convention pour promouvoir un «nouveau modèle développement économique, social et écologique», ils seront dans l'incapacité d'en mettre en œuvre la moindre ligne s'ils se limitent à des perspectives purement nationales.

L'enjeu est bel et bien de bâtir une alternative politique à l'échelle européenne, mais la gauche européenne reste à construire. Plus encore, c'est le socialisme européen qui n'est rien d'autre qu'une vague confédération de partis aux orientations si différentes pour certains que parfois on se demande ce qui les rassemblent.

Notre texte indique page 18 «Donner un nouveau souffle politique à l’Europe implique d’engager une nouvelle étape dans la coopération entre les socialistes européens. C’est pourquoi, nous proposons un nouveau contrat social européen. Nous voulons donc porter, avec nos partenaires sociaux-démocrates européens, une philosophie économique réorientée, volontariste et pragmatique en Europe.» Mais aujourd'hui malgré les efforts de notre président Poul Nyrup Rassmussen, nous savons tous fort bien que le Manifesto de 2009 n'avait rien d'un programme commun des socialistes et sociaux-démocrates européens : c'est à une définition commune de l'intérêt général qu'il nous faut aujourd'hui travailler sous peine d'incohérence et finalement d'échec. Que ce soit sur les stratégies ou sur le fond nos divergences sont gigantesques et il nous faut impérativement les réduire :

  • le socialistes slovaques sont en coalition avec l'extrême droite ;
  • les sociaux-démocrates hongrois ont mis en place les politiques libérales qui ont conduit le pays à l'échec, et qui gouvernaient en alliance avec les libéraux depuis 2008 sous l'égide du FMI ;
  • les travaillistes britanniques continuent de défendre une troisième voie illusoire ;
  • le sociaux-démocrates autrichiens qui laissent dire au ministre des finances conservateur auxquels ils sont alliés que «L'Europe est à bout de patience» face aux mouvements de protestation de la population grecque ;
  • les sociaux-démocrates allemands ont préféré entrer en 2005 dans une Grande Coalition avec les conservateurs plutôt que de gouverner avec les Verts et Die Linke pourtant diriger par leur ancien président. Aujourd'hui encore, ils sont ambigus dans le débat électoral régional car ils se réservent la possibilité d'une coalition régionale avec les libéraux (ce qui implique de larges concessions programmatiques).

Il n'est pas question ici de dire que les socialistes français auraient la vérité à eux-seuls, mais si nous élaborons aujourd'hui notre texte de convention, j'ose espérer que nous y mettons un minimum de convictions sincères. Et il serait tout autant inefficace et nuisibles de refuser d'engager avec nos camarades le débat sur la base de nos convictions, que de considérer que nous ne pouvons les défendre parce que nous serions intrinsèquement minoritaires dans le PSE.

Le travail que nous menons aujourd'hui au Parti socialiste pour reconstruire notre doctrine et poser les bases du rassemblement de la Gauche, nous devons impérativement le traduire dans le sein du Parti des socialistes européens où nous pouvons trouver des alliés.

Frédéric Faravel

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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 10:06
kosovo.jpgLe parlement kosovar a proclamé hier l'indépendance de l'ancienne province serbe sous administration de l'ONU. Bien sûr, cette issue préconisée par de nombreux pays européens et les Etats-Unis était attendue, même la situation de blocage perdurait avec la Serbie, malgré la réélection difficile de Boris Tadic à la présidence de la République.
Comme prévus, de violents affrontements ont éclaté à Belgrade où les nationalistes s'en sont pris aux forces de l'ordre, à l'ambassade des Etats-Unis et à des établissements européens. Comme prévu, la Russie - désormais de nouveau panslaviste et panorthodoxe - a demandé la saisie du conseil de sécurité de l'ONU et le gouvernement serbe a annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec les Etats qui oseraient reconnaître l'indépendance du Kosovo. On sait que tous les Etats soumis à de fortes pressions quant à leur attitude face à leurs minorités culturelles sont très réticentes devant cette déclaration d'indépendance, pour elles un dangereux précédent international, mais c'est aussi le cas de l'Espagne confronté à un nationalisme basque ambigu. C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre les critiques de la Chine "populaire" et du Sri Lanka.
Cependant, il faut bien le noter, la manière dont a été amenée cette indépendance kosovare peut tout de même poser quelques questions. Pour ne pas être soupçonné de crytpo-slavisme, je rappelerai qu'en 1999 j'avais avec mes camarades valdoisiens créé un comité des jeunes valdoisiens pour le Kosovo ; nous avions collecté des vivres pour les populations kosovares qui fuyaient le nettoyage ethnique par l'armée "fédérale yougoslave", nous avions clairement pris position pour une intervention militaire de l'Union européenne sous couvert de l'ONU afin de mettre fin aux massacres, nous avions organisé un débat public à la fac de Cergy avec des représentants des associations de défense des droits de l'homme et le ministre de la défense de l'époque, M. Alain Richard.
A ceux qui proposait en plus d'armer l'UCK, j'avais cependant toujours opposé la plus ferme des contradictions. Pour le reste, il était devenu clair pour nous depuis l'embrasement des Balkans que le seul cadre de stabilité à terme de toute cette région serait une intégration lente mais assurée dans l'Union européenne. Pour le Kosovo, cela passait aussi par un détachement du régime dictatorial et génocidaire de Milosevic et une union avec l'Albanie, avant une intégration dans l'UE qui permettrait seule de garantir la pacification des relations avec la Serbie à terme et d'éviter une guerre civile en Macédoine.
Aujourd'hui, c'est l'ancien chef de l'UCK, Hashim Thaçi qui est premier ministre du Kosovo, les leaders démocratiques historiques du mouvement indépendantiste sont morts ou marginalisés. Les tensions entre Albanais et Serbes du Kosovo se sont renversées au point que c'est désormais aux Serbes de craindre pour leur vie.
Il est frappant que dans les commentaires de la presse internationale personne ne soulève l'incongruité que constitue un Kosovo indépendant alors que vraisemblablement l'aspiration de la population vise à la réunification avec l'Albanie voisine. D'ailleurs, la foule des rues de Pristina n'a pas menti hier en défilant, non pas avec le "drapeau kosovar" - bleu et jaune - mais avec le drapeau albanais - à l'aigle noir sur fond rouge !
Que désormais l'Union européenne reconnaisse l'indépendance du Kosovo est une nécessité pour protéger la province des visées géopolitiques nationalistes panslaves, il faut savoir tenir tête à Poutine. On en le fait pas sur la Tchétchénie avec la demi et honteuse excuse de "l'affaire intérieure", on ne peut l'éviter quand il s'agit de la sécurité de notre continent. Mais l'UE doit absolument aller plus loin : travailler à une transition pacifique pour une Albanie unie et rapidement intégrée à l'Union, seule garantie du développement économique, de la réalité démocratique et de la protection de la pluralité ethnique et culturelle de la région. C'est également le seul moyen de sauver l'intégrité de la Macédoine. Cet impératif plaide même pour le fait de passer devant la Croatie, la Bosnie et la Turquie...
Frédéric Faravel
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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 11:56

Du grain à moudre
par Julie Clarini et Brice Couturier
du lundi au vendredi de 17h à 17h55
  Du grain à moudre



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Podcast

    émission du jeudi 14 février 2008
Faut –il placer Ayaan Hirsi Ali sous protection européenne ?
Vous pouvez aussi lire la note de Brice Couturier sur son blog à ce sujet...


 

 
  Depuis le 2 novembre 2004, la vie de Ayaan Hirsi Ali est très directement menacée. C’est ce jour-là, en effet, que Theo Van Gogh, co-auteur, avec Hirsi Ali du film «Soumission», fut assassiné à coups de revolver sur son vélo, puis égorgé sur le trottoir, dans une rue passante d’Amsterdam. Son meurtrier, Mohammed Bouyeri, lui planta ensuite deux couteaux dans la poitrine ; au bout de l’un d’entre eux, une liste de personnalités condamnées à périr de la même façon pour avoir blasphémé l’islam. En tête, le nom d’Ayaan Hirsi Ali.
Theo Van Gogh, un ancien provo d’Amsterdam, dont la famille s’était illustrée dans la Résistance anti-nazie, était certes un provocateur. Il avait traité Jésus-Christ de «poisson pourri de Nazareth», et il se moquait dans des termes similaires du fondateur de l’islam, mais ce n’était nullement un raciste. Il était même le réalisateur du premier soap-opera néerlandais consacré à l’immigration maghrébine, «Najib et Julia», vaguement adapté de Roméo et Juliette.
Van Gogh et Hirsi Ali provoquèrent un beau scandale en filmant, dans «Soumission» des femmes musulmanes dévoilant, l’une son dos lacéré de coups de fouets, l’autre, son visage tuméfié, sur lesquels étaient projetés des extraits du Coran, censés justifier ces traitements barbares.
En 2004, Ayaan Hirsi Ali, qui avait quitté le parti social-démocrate pour être élue députée chez les libéraux, fut désignée «personnalité néerlandaise de l’année». Aux côtés d’autres intellectuels issus de l’immigration, «allochtones», comme on dit aux Pays-Bas, telles que l’écrivain d’origine marocaine Hafid Bouazza ou l’universitaire d’origine iranienne Afshin Ellian, Hirsi Ali dénonçait depuis longtemps l’aveuglement des autorités néerlandaise face à la réclusion subie par nombre de femmes «allochtones». Les autorités avaient trop tendance, disait-elle, à onsidérer ces femmes d’abord comme des «musulmanes» et à leur refuser les moyens d’accès à l’émancipation, largement ouverts aux femmes «autochtones». Elle fit voter par le Parlement une loi réprimant la pratique de l’excision, loi qui porte désormais son nom.
Il faut ajouter qu’à l’époque, Ayaan Hirsi Ali était la compagne de Herman Philipse. Or Philipse, auteur d’un livre très lu, intitulé «le manifeste athéiste», fait un peu figure, aux Pays-Bas, de Michel Onfray haut-de-gamme (il enseigne aussi à Oxford). Avec Philipse, elle prétend que les Européens actuels ont perdu l’audace intellectuelle qui permit, aux XVIII° et XIX° siècles, à leurs ancêtres de défier les Eglises chrétiennes.
En 2006, l’étoile de Ayaan Hirsi Ali a pâli aux Pays-Bas. Accusée d’avoir menti sur sa véritable biographie pour bénéficier d’un droit d’asile qui lui avait été refusé en Allemagne, elle évita de justesse d’être déchue de sa nationalité néerlandaise. Mais les voisins se plaignant entraînés par la protection policière dont elle faisait l’objet, Hirsi Ali décida d’émigrer aux Etats-Unis.
L’affaire rebondit récemment avec l’initiative prise par Benoît Hamon et un certain nombre d’eurodéputés socialistes, proposant que l’Union Européenne «assure et finance la protection personnelle de Ayan Hirsi Ali». Un meeting s’est tenu dimanche dernier à Paris, pour réclamer du président de la République la protection de la France pour l’ex-députée libérale néerlandaise.


 
Benoit Hamon en duplex depuis Bruxelles. Député européen PS

 
Nacira Guénif. Sociologue. Maître de conférence à l'Univesité de Paris XIII

 
Esther Benbassa. Directrice d'étude à la Section des sciences religieuses de l'Ecole pratique de hautes études

 
Marc Weitzmann. Ecrivain, journaliste


 
 

 
 

 
Esther Benbassa et Jean Christophe Attias (dir.)
Des Cultures et des Dieux : repères pour une transmission du fait religieux
Fayard - 19 septembre 2007
 

Attentats du 11 septembre 2001, « choc des civilisations », revendications communautaristes, appétits nouveaux de spiritualité... Face à cette explosion de phénomènes et de discours, les Français, tantôt anticléricaux, tantôt peu ou mal formés à la culture religieuse, se sentent parfois désorientés. Ce livre leur fournira certaines des clés qui leur manquent.

Judaïsme, christianisme et islam s'y taillent une part importante parce qu'ils ont marqué l'histoire de l'Europe. Mais traditions d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique et nouveaux mouvements religieux sont aussi abordés. Outre leur intérêt intrinsèque, notre passé colonial, les grandes migrations de l'ère contemporaine, la diffusion en Occident des sagesses orientales l'imposaient.

Ni apologétique ni dépréciateur, ne cultivant ni l'irénisme ni le goût du sensationnel, ce travail d'équipe conçu et conduit avec brio par Jean-Christophe Attias et Esther Benbassa se veut non confessionnel et distancié. Il porte une attention particulière aux phénomènes de contact, de conflit, mais aussi d'imprégnation mutuelle entre religions différentes, sans oublier l'histoire des laïcités et les processus de sécularisation.

L'étude dépassionnée des faits religieux est une fenêtre privilégiée sur la diversité des cultures. Elle est en même temps une invite au dialogue et à la compréhension réciproque. Simples curieux, parents, enseignants, étudiants, lycéens, jeunes et moins jeunes sauront faire de ce livre l'usage qui leur convient. Puisse-t-il devenir entre leurs mains un modeste mais efficace outil de liberté.

 

 
Marc Weitzmann
Notes sur la terreur
Flammarion - janvier 2008
 

«Des fragments de victimes du 11 Septembre ont surgi lors de travaux d'aménagement urbain voici quelques semaines dans une bouche d'égout. Nous sommes le 7 novembre 2006. Cinq ans après, près de la moitié des restes collectés au lendemain de l'attaque dans les ruines du World Trade Center sont encore aujourd'hui non identifiés. Quant aux morceaux de corps par hasard exhumés - plusieurs centaines d'os humains sur Liberty Street, où se dressait autrefois le siège de la Deutsche Bank, et où, comme je le réalise, le taxi vient de passer dans la plus grande indifférence -, ils vont obliger la ville à entamer de nouvelles recherches

Qu'est-ce que la terreur ? Comment s'infiltre-t-elle dans la vie quotidienne depuis le début des années 2000 ? De quel monde avons-nous hérité avec la fin de la guerre froide ? De l'attentat du World Trade Center aux stratèges passés de la dissuasion nucléaire, des bombardements en Serbie au terrorisme moyen-oriental, ce récit de voyage très singulier, et d'une grande simplicité, tente de décrypter quelques-unes des ambigüités menaçantes de notre époque.
-4ème couverture-

 
 

 
Esther Benbassa et Jean Christophe Attias
Petite histoire du judaisme
Librio. Document, n° 843 - 3 septembre 2007
 

La série « Petite histoire des religions » est dirigée par Jean Baubérot, spécialiste de la sociologie des religions et de la laïcité : Petite histoire du judaïsme (n° 843), Petite histoire de l'islam (n° 844), Petite histoire du bouddhisme (n° 857) et Petite histoire du christianisme (n° 858).

Cet ouvrage clair et accessible permet de comprendre la religion juive et l'universalité de son message.

Et, bien au-delà, de connaître l'histoire d'un peuple et sa contribution originale à la civilisation humaine. Religion, culture, identité en dialogue ininterrompu avec le monde, le judaïsme est tout cela à la fois. Et en dépit des tragédies qui l'ont frappé, c'est une vitalité et une créativité toujours renaissantes qui le caractérisent.
 
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13 février 2008 3 13 /02 /février /2008 16:14

 

HEmmanuelli.jpgL’incroyable aveu de N. Sarkozy
Par Henri Emmanuelli

Que le Président de la République ait pris la responsabilité, durant la campagne électorale, d’affirmer son choix en faveur d’une procédure de ratification parlementaire pour le «mini-traité» (curieuse dénomination), ne choquera que celles et ceux qui pouvaient croire, naïvement, que seul le peuple français détient la légitimité pour confirmer ou infirmer son choix du 29 mai 2005.

Mais qu’il vienne expliquer à la télévision, à l’occasion d’une communication unilatérale qui rappelle les mœurs des régimes où les journalistes étaient en uniforme, que l’éviction du peuple français du processus de décision était une condition posée par nos partenaires pour parvenir à un accord est proprement stupéfiant.

Je le cite : «il fallait, qu’en cas d’accord, nous nous engagions à le faire approuver [le traité] par voie parlementaire».

Si je comprends bien le français, cela signifie que nos partenaires (qui, quand, où ?) ont posé comme condition à leur acquiescement une clause d’éviction du peuple français.

Croyant avoir mal entendu, j’ai attendu la retranscription écrite pour être sûr de ne pas me tromper. Pour être sûr qu’un Président de la République française avait accepté de se laisser dicter par des chefs d’Etats étrangers la nécessité d’évincer son propre peuple ! De s’entendre dire, en substance, et d’y consentir : «d’accord, mais à la condition que vous vous engagiez à mettre vos électeurs hors jeu».

A l’occasion, on aimerait connaître l’identité de ces grands démocrates. Mais que dire de la conception qu’a le chef de l’Etat de son rôle ? Que subodorer sur l’estime qu’il porte aux françaises et aux français ? Que penser de l’opinion qu’il nourrit – avec ou sans le concours de sa plume parlante – sur la véritable substance de la démocratie au pays de Rousseau et du contrat social ? Où trouvera-t-il sa place dans le futur musée Charles de Gaulle : au stand des incongruités ?

Force est de constater, pourtant, que ce manquement aux principes essentiels qui fondent notre démocratie aura fait couler moins d’encre qu’un présumé sms, ou les déboires de Monsieur Martinon à Neuilly-sur-Seine : on vit sans doute les époques que l’on mérite ! Peu importe que le roi confonde son sceptre avec un joystick, les gazettes commentent les faits de cour.

Et que dire des silences et des connivences ubuesques, du lâche soulagement du Parti auquel j’appartiens : ne voit-il pas que le désastre programmé n’épargnera personne ?

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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 14:18
Le président serbe, le proeuropéen Boris Tadic, obtient de justesse un nouveau mandat
LE MONDE | 04.02.08 | 09h52  •  Mis à jour le 04.02.08 | 09h53

e 11 juillet 2005, le président serbe, démocrate et proeuropéen, Boris Tadic, réélu de justesse, dimanche 3 février, pour un deuxième mandat avec un peu plus de 50,5% des voix, se rend aux commémorations du 10ème anniversaire du massacre de Srebrenica. Le geste est fort. Inédit pour un président de la Serbie depuis le massacre. Mais il laisse un goût d'inachevé.

Comme ses détracteurs le lui reprochent souvent, Boris Tadic, élu une première fois en 2004 face à son adversaire de dimanche, l'ultranationaliste Tomislav Nikolic, ne fait que la moitié du chemin. Et dimanche, dans une Serbie torturée par les démons du passé et la crise économique, M.Tadic doit moins sa réélection à la confiance des électeurs, qui se sont fortement mobilisés (67,6% de participation), qu'à la peur de l'isolement du pays qui aurait sans doute suivi l'élection de M.Nikolic, l'ami de l'extrémiste russe Vladimir Jirinovski.

A Srebrenica, au mois de juillet 1995, quelque 8000 musulmans, essentiellement des hommes, placés théoriquement sous la protection de casques bleus dans cette enclave de Bosnie-Herzégovine, avaient été exécutés par les forces bosno-serbes du général Ratko Mladic, étroitement lié au régime de Belgrade. L'exécuteur du plus grand massacre depuis la fin de la seconde guerre mondiale, inculpé de génocide par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), court toujours. Il reste un héros pour une partie non négligeable des Serbes, notamment parmi ceux qui soutiennent TomislavNikolic.

Le 11 juillet 2005, Boris Tadic prend sans doute tout cela en considération. Certes, il rend hommage aux victimes musulmanes. Avant son voyage à Srebrenica, ce natif de Sarajevo (en 1958) explique que "l'avenir de la Serbie dépend de la façon dont elle se distanciera des crimes de guerre commis en son nom dans les années 1990". Mais il ne s'excuse pas, au nom de la Serbie, pour le rôle joué par le régime de Slobodan Milosevic durant la guerre en Bosnie (1992-1995).

Ancien joueur de water-polo à la carrure d'athlète, ce diplômé en psychologie au sourire de play-boy n'est pas un homme de décision. Il souffre à cet égard de la comparaison avec la figure écrasante de Zoran Djindjic, son premier ministre lorsqu'il était ministre des télécommunications (de 2001 à 2003). Zoran Djindjic avait été, lui, l'artisan de la chute de Slobodan Milosevic en septembre 2000 puis de son transfèrement à La Haye en 2001. Ce courage scella son destin.

Boris Tadic a eu le mérite de reprendre en main le Parti démocrate (DS) dans une période difficile, notamment de poursuivre une douloureuse transition économique. Mais en voulant trop s'écarter de l'ombre pesante du martyre Djindjic, son prédécesseur à la tête du DS, il s'est notamment fâché avec Cedomir Jovanovic, jeune politicien démocrate, héritier spirituel de Zoran Djindjic, moins prompt au compromis avec une partie de l'ancienne garde du régime Milosevic. Avant d'être assassiné en mars 2003, Zoran Djinjic avait eu, en privé, ce mot cruel à propos de M.Tadic : "Boris? Un bel homme. Voilà." Trop cruel sans doute.

Beaucoup d'électeurs démocrates, qui n'aspirent qu'à entrer dans l'Union européenne comme les voisins de Roumanie, Bulgarie ou demain de Croatie, attendent de M.Tadic qu'il finisse d'imposer ses sincères convictions proeuropéennes. Traduit en termes de politique intérieure, il s'agit de clarifier ses relations avec le premier ministre Vojislav Kostunica, nationaliste, légaliste rigide et eurosceptique. Celui que Zoran Djindjic crut pouvoir utiliser en parvenant à le mettre en avant pour faire tomber Slobodan Milosevic. Ainsi, le Parti démocrate de Serbie (DSS) de M.Kostunica n'est arrivé qu'en troisième position aux législatives de 2007, loin derrière les plus de 30% du DS. Mais il a réussi à faire plier BorisTadic et à obtenir le poste de premier ministre.

Au second tour de la présidentielle, M. Kostunica n'a pas pour autant appelé à voter pour lui. Mais si M.Tadic veut appliquer sa politique réformiste et proeuropéenne – tout en s'opposant à l'indépendance du Kosovo –, il devra trancher dans le vif.


Christophe Châtelot
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23 novembre 2007 5 23 /11 /novembre /2007 15:48
Du grain à moudre
par Brice Couturier et Tara Schlegel
du lundi au vendredi de 17h à 17h55
  Du grain à moudre


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Podcast
    émission du jeudi 22 novembre 2007
L’identité espagnole : entre déchirement et mémoire historique
 
 
Avec un taux de croissance frôlant les 4% l’année dernière, un chômage à 8,3% - le plus bas qu’ait connu le pays depuis la chute de Franco il y une trentaine d’années l’Espagne est sans conteste l’un des meilleurs élève de la classe européenne.
Mais en cette fin d’année 2007, le climat politique semble loin de refléter cette embellie économique. Notre grand voisin ibérique commence tout juste à lever le voile la guerre civile, paraît toujours plus tiraillé par les velléités indépendantistes de ses grandes Provinces (que sont notamment la Catalogne et le Pays Basque) Même la monarchie, symbole – s’il en est de l’unité nationale – et de la transition si réussie entre la dictature franquiste et la démocratie même le Roi Juan Carlos paraît très contesté ces derniers mois.
Jugez plutôt, le 13 septembre dernier, un jeune Catalan comparaissait devant un juge pour avoir brûlé des photos du souverain. Un délit passible de 2 ans de prison- à l’audience, ses camarades arboraient dans tee-shirts noirs où on lisait en lettre d’or «moi aussi j’ai brûlé le drapeau espagnol».
En juillet dernier, c’est un hebdomadaire satirique qui subissait les foudres de la censure pour la première fois depuis la mort de Franco en 1975. Son crime, avoir voulu publier un dessin figurant le prince Felipe et sa femme en plein ébat – un couple tentant visiblement de concevoir un enfant afin, disait le journal de toucher la prime mise en place récemment pour favoriser la natalité. Le directeur a été condamné à une forte amende.
Au-delà de ces anecdotes qui pourraient faire sourire, le Roi a dû solennellement rappeler lui-même que la monarchie constitutionnelle (rétablie après la dictature franquiste) avait ouvert à l’Espagne la période « de stabilité et de prospérité en démocratie » la plus longue de son histoire.

Mais au-delà de la contestation pour l’instant symbolique, de la Couronne – les plaies ouvertes par la guerre civile sont loin d’être refermées. Deux épisodes viennent ainsi de se télescoper étonnamment :
il y a un mois, le 28 octobre, le Vatican béatifiait en grande pompe 498 religieux espagnols – des «martyrs» assassinés par les républicains en 1936, aux premières heures du conflit fratricide.
La messe célébrée à Rome s’est tenue juste 3 jours avant l’adoption d’une loi très contestée elle aussi. Cette loi dite «sur la mémoire historique», pour la première fois condamne solennellement la dictature franquiste. Qualifiée de «régime totalitaire contraire à la liberté et à la dignité de tous les citoyens».
Cette loi décrié par la droite, comme ravivant inutilement, d’anciennes blessure a été l’objet d’intenses polémiques qui sont loin d’être closes.

Enfin , dernière illustration des tiraillements inquiétants que connaît la péninsule, les revendications autonomistes sont plus vives que jamais.
Le nouveau statut de la Catalogne, négocié depuis 2005 qui devait apporter à la province des compétences fiscales – et lui offrir au passage au moins 4 milliards d’euros par an supplémentaire ce statut semble enlisé. Du coup, les politiques s’impatiente / au point que pour la première fois, l’un des leaders de la gauche Catalane a appelé officiellement à la tenue d’un référendum d’autodétermination.
Le voisin basque ne se porte pas mieux, avec la reprise des attentats et là encore un discours séparatistes qui inquiète vraiment Madrid.

A la lumière de ces faits récents, on peut se demander à juste titre si l’Unité nationale espagnole est sérieusement menacée ? Si derrière la réussite économique et démocratique éclatante, ne se cache pas un pays encore fragile, loin de l’image du consensus gauche /droite qu’il s’est évertué à promouvoir depuis 30 ans

 
Sylvia Desazars de Montgailhard.  maître de conférence des Universités et directrice de la campagne de développement de l’Essec.

 
Octavi Marti.  Correspondant à Paris du quotidien El Pais
Journaliste pour le Monde

 
Jean Philippe Larramendy.  Président de l’Institut France-Euskadi


 
 


 

 
Sylvia Desazars de Montgailhard
Madrid et le monde : les tourments d’une reconquête
Autrement - septembre 2007
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25 octobre 2007 4 25 /10 /octobre /2007 14:18
Un traité loin des citoyens, par Thomas Ferenczi
LE MONDE | 25.10.07 | 14h15  •  Mis à jour le 25.10.07 | 14h15

st-il acceptable que la réforme des institutions européennes, adoptée à Lisbonne par les 27 chefs d'Etat et de gouvernement, soit soumise en France au seul vote du Parlement après avoir été rejetée par référendum il y a un peu plus de 2 ans ? Ceux qui demandent l'organisation d'une nouvelle consultation populaire font valoir, à juste titre, que le futur traité, au terme des ultimes négociations, ressemble beaucoup au projet de Constitution européenne repoussé en 2005, dont la "substance", à en croire, parmi d'autres, la chancelière allemande, Angela Merkel, a été préservée, et que, dans ces conditions, la même procédure de ratification devrait prévaloir. 

A supposer même que le nouveau texte diffère sensiblement du précédent, on ne voit pas pourquoi la méthode choisie pour son approbation changerait. Lorsque les Français ont refusé, en mai 1946, lors de la naissance de la IVe République, le premier projet de Constitution soumis à leur vote, une nouvelle consultation a eu lieu 5 mois plus tard sur un texte modifié, qui a recueilli une majorité de suffrages. On sait aussi que les Danois ont écarté par référendum le traité de Maastricht en 1992 avant de l'approuver l'année suivante et que, de la même manière, les Irlandais ont dit "non" au traité de Nice en 2001 avant de dire "oui" en 2002.

Les dirigeants français ont beau jeu de répondre que le nouveau traité se distingue essentiellement du projet mort-né de Constitution par sa nature plus que par son contenu. Il ne s'agit plus de donner à l'Union une Constitution qui consacrerait l'existence d'un peuple européen. Il ne s'agit pas non plus de remplacer les traités existants par une nouvelle loi fondamentale mais de modifier certaines de leurs dispositions, en laissant les autres, inchangées, en dehors du débat, en particulier celles qui définissent les politiques de l'Union, principal motif de discorde entre partisans du oui et partisans du non.

Ces arguments ne sont pas sans valeur. Il est vrai que les critiques des opposants à la Constitution contre la "constitutionnalisation" des politiques libérales, visant à enfermer celles-ci dans un "carcan", ont perdu de leur pertinence. Il est vrai aussi que les Français, comme le soulignent volontiers les porte-parole du président de la République, ont élu Nicolas Sarkozy en sachant qu'il soumettrait le traité au vote du Parlement, et non à celui du peuple. Il n'empêche qu'une partie de l'électorat continue de contester l'organisation politique et économique de l'Europe, telle qu'elle résulte de l'ensemble des traités, de celui de Rome à celui de Lisbonne, et demande, avec raison, que sa voix soit entendue.

L'une des ambitions exprimées dans la déclaration de Laeken, qui a lancé en décembre 2001 la réflexion sur un nouveau traité, était de "rapprocher les institutions européennes des citoyens" et d'offrir à ceux-ci les moyens d'un "meilleur contrôle démocratique". Tout avait plutôt bien commencé. La Convention présidée par Valéry Giscard d'Estaing a été un lieu d'échanges fructueux, même si elle n'a pas atteint le grand public. Le vaste débat auquel a donné lieu ensuite la campagne du référendum a permis aux Français de s'intéresser à l'Europe et, par-delà les anathèmes, d'exprimer leurs préférences.

Malheureusement l'élan est retombé. Les Vingt-Sept veulent désormais en finir au plus vite avec le futur traité. A Lisbonne, où devait souffler le vent du renouveau, ils ont discuté longuement pour faire passer de 750 à 751 le nombre de sièges au Parlement européen et pour ajouter un protocole à une déclaration sur le gel provisoire de décisions contestées par une minorité. Ce n'est pas ainsi qu'ils passionneront les foules. Mais, apparemment, ce n'est pas leur souci dominant.

Thomas Ferenczi

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22 octobre 2007 1 22 /10 /octobre /2007 13:39
Pologne : la victoire de Donald Tusk, un libéral conservateur
LE MONDE | 22.10.07 | 08h50  •  Mis à jour le 22.10.07 | 10h58
Varsovie, correspondante

heveux châtains clairs, front large, léger zézaiement, toujours bonne allure, Donald Tusk, 50 ans, était, dimanche 21 octobre au soir, "l'homme le plus heureux de la terre". La victoire de son parti (Plateforme civique, PO) aux législatives anticipées lui ouvre les portes du gouvernement.

 

Triomphant, le leader libéral revient pourtant de loin. Critiqué jusque dans son camp pour manquer de hargne, le chef de file libéral était sorti laminé de sa double défaite aux législatives et à la présidentielle de 2005 face à la droite conservatrice (Droit et Justice, PiS).

Cofondateur en 2001 de la PO, avec Andrzej Olechowski et Maciej Plazynski, aujourd'hui détachés du parti, Donald Tusk préside la formation depuis 2003. Originaire de Gdansk (nord), le berceau du syndicat Solidarnosc, le chef de file de la PO est un libéral convaincu, adversaire de l'Etat providence et interventionniste, partisan d'une place plus large aux initiatives de la société civile et des entrepreneurs.

Le libéralisme, il l'a paradoxalement appris sous le régime communisme, en pleine économie centralisée. "En 1983, nous avons fondé ensemble notre propre entreprise de peinture, Swietlik. Nous peignions des cheminées d'usine, des tours, des poteaux. Les contrats étaient choisis en fonction de leur rentabilité, nous gagnions pas mal d'argent. Nous étions l'économie de marché en plein communisme", se rappelle son ami de 30 ans, le syndicaliste Jerzy Borowczak à Gdansk.

"LEVER LE VOILE SUR LA POLOGNE COMMUNISTE"

Donald Tusk entre en politique en initiant, à la chute du communisme, un mouvement libéral qui se mue rapidement en parti, le Congrès démocrate-libéral (KLD). Élu député en 1991, il essuie un premier échec aux législatives anticipées de 1993. Il se rapproche alors de l'Union démocratique (UD), formée dans l'héritage de Solidarnosc. De la fusion entre UD et KLD, naît l'Union pour la liberté (UW).

En 2000, parce qu'il perd la course à la présidence du parti face à Bronislaw Geremek, M. Tusk se sépare de l'UW, emmenant avec lui les libéraux issus de KLD, et cofonde la PO. "UW était un parti libéral, doté d'une sensibilité sociale, qui partageait avec le KLD l'attachement au principe du libéralisme dans le politique économique comme dans l'organisation de l'Etat. Par la suite, la PO a renforcé son aile conservatrice", analyse aujourd'hui M. Geremek.

Contre la libéralisation de la loi anti-avortement, le parti est par ailleurs favorable à la décommunisation du pays. "Il n'y aura pas de Pologne transparente sans lever le voile sur la Pologne communiste", a récemment déclaré M. Tusk. Proche de Lech Walesa, "l'homme à la moustache" qu'il n'a pas manqué de saluer dimanche au soir dans son discours de victoire, Donald Tusk revendique sa parenté avec les autres leaders du centre-droit européen, rattachés au Parti populaire européen (PPE).

Pressenti comme le futur premier ministre, M. Tusk devra surmonter sa principale faiblesse : "sa difficulté à collaborer avec ceux qui ne partagent pas strictement ses idées", analyse le consultant politique, Eryk Mistewicz. Ses vieux compagnons de route, comme Jan Rokita ou Andrzej Olechowski, ont fini par le quitter. "Aujourd'hui, M. Tusk est le leader incontesté en son parti, mais il n'a personne autour de lui pour s'adresser aux électorats autres que les entrepreneurs - comme les paysans ou les catholiques".


Célia Chauffour

La droite ultranationaliste renforce sa position dominante aux élections législatives en Suisse
LE MONDE | 22.10.07 | 09h39  •  Mis à jour le 22.10.07 | 11h08
Genève, correspondance.

près une campagne législative agressive, profilée contre tous ceux qui veulent "abuser" de la Suisse – qu'ils soient étrangers, délinquants, assistés sociaux ou mêmes fonctionnaires européens –, l'Union démocratique du centre (UDC) confirme sa position de premier parti helvétique. La formation nationaliste et conservatrice du conseiller fédéral (ministre) Christoph Blocher a renforcé, dimanche 21 octobre, sa présence au Conseil national (la Chambre haute qui compte 200 élus) avec 29% des voix (26,7% en 2003), devançant largement les autres partis.

 

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Le Parti socialiste enregistre un net recul avec 19,5% (contre 23,3% en 2001), son plus mauvais score depuis le milieu des années 1980, suivi des radicaux (15,6%) et des chrétiens-démocrates (14,6%), alors que les Verts améliorent leur score (9,6%). Le Conseil des Etats – la Chambre haute qui compte 46 représentants des cantons – reste, lui, dominé par la droite classique, l'UDC ne recueillant que sept sièges. Les douze mandats restants feront l'objet d'un second tour d'ici au 25 novembre.
 
EXIGENCES INÉDITES

Dimanche soir, Ueli Maurer, le chef de l'UDC, triomphait, estimant que toute "personne opposée à l'entrée de la Suisse dans l'UE, qui veut payer moins d'impôts, veut davantage de sécurité et moins de criminalité étrangère", avait soutenu son mouvement. Il remarquait qu'il s'agissait du "résultat le plus élevé jamais obtenu par un parti depuis l'introduction du système électoral en 1919".

Le reste de la classe politique, elle, tente de comprendre. Les socialistes et les centristes, outre une autocritique encore discrète, dénoncent la débauche de moyens financiers investis par l'UDC dans cette campagne. Selon certaines estimations, les dépenses totales du parti ont avoisiné les 20 millions de francs (34 millions d'euros), contre 1 million pour le Parti socialiste. Sans que l'on sache d'où viennent les fonds, puisqu'il n'existe pas de législation sur le financement des partis politiques, les dépenses électorales n'étant pas plafonnées. Récemment, un groupe d'observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), présents en Suisse, s'était inquiété de cette opacité.

Encarts dans les journaux, manifestations, stands, affiches placardées sur tous les murs – dont celle, xénophobe, des moutons blancs boutant hors de Suisse l'"étranger criminel" symbolisé par un mouton noir –, l'UDC aura inondé le pays de ses messages. Avec l'appui constant du charismatique conseiller fédéral Christoph Blocher, qui, jetant par-dessus bord les règles politiques helvétiques, s'est plus comporté en chef de parti qu'en ministre de la justice et de la police.

L'UDC a créé la surprise en Suisse romande. Elle arrive en tête du canton de Vaud, dépasse la barre des 20% à Genève, et devient la troisième force dans le Jura, un canton jusqu'alors très réticent. Cette poussée confirme que le parti a su mener une campagne nationale, chose inhabituelle en Suisse.

Devant ce score, toute velléité d'éjecter du gouvernement Christoph Blocher, accusé durant la campagne de piétiner le fonctionnement consensuel du gouvernement, devient caduque. Le 12 décembre, les deux chambres du Parlement voteront sur la composition du Conseil fédéral et c'est, désormais, l'UDC qui pose ses conditions. La direction du parti a fait savoir que si elle accepte le maintien de la "formule magique" actuelle – deux UDC, deux socialistes, deux radicaux et une chrétienne-démocrate –, elle souhaite le départ des trois plus anciens ministres en poste. Parmi eux, Samuel Schmidt, pourtant membre de l'UDC mais jugé trop modéré par les "blochériens". Ces exigences inédites confirment, aux yeux des observateurs, la volonté de l'UDC de transgresser les mœurs politiques en vigueur.


Agathe Duparc
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18 octobre 2007 4 18 /10 /octobre /2007 08:01
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