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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 11:23

L'entretien d'hier matin sur France Inter avec Vincent Peillon puis son débat dans la foulée avec Philippe Meirieu sur la refondation de l'école républicaine ont été d'une très grande qualité. Il est dommage que le ministre de l'éducation se soit enferré dans des non réponses sur sa candidature inutile aux élections européennes, mais il faudra surtout retenir la force de la réflexion sur l'éducation et des propositions portées par le ministère, qui offrent à la communauté éducative une opportunité comme elle n'en a pas eu depuis près de 20 ans.

Vous trouverez ci-dessous les deux vidéos.

Frédéric FARAVEL


L'invité de 8h20 : Vincent Peillon par franceinter
Interactiv' : Vincent Peillon et Philippe Meirieu par franceinter

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 10:54

Rythmes-scolaires_article_main.jpgDepuis deux semaines, les médias se font l'écho de l'échec annoncé ou supposé (pour les plus cléments) de la réforme des rythmes scolaires. Chacun y va de son témoignage de parents décrivant des enfants plus fatigués qu'auparavant (on manque cependant de recul et d'études sur le sujet moins d'un mois après la rentrée scolaire), d'enseignants qui se plaignent du manque de concertation et des défauts de transversalité avec les activités périscolaires (ce dont la plupart ne s'était jamais préoccupé auparavant), ou de maires qui jurent que financièrement et organisationnellement c'est impossible à mettre en place que ce soit en 2013 ou en 2014.

Il faut cependant repartir à la base de la réforme des rythmes scolaires, qui est une partie d'une ambitieuse refondation de l'école en cours. Les écoliers français subissent des journées plus longues et plus chargées que partout ailleurs dans le monde. Cette forte concentration du temps d’enseignement est inadaptée, car c'est une source de fatigue et de difficultés d’apprentissage. La réforme doit mieux répartir les heures de classe sur la semaine, alléger la journée et programmer les enseignements lorsque la faculté de concentration des élèves est grande.

Si la volonté farouche de mettre en œuvre ce réaménagement des temps de l'élève/enfant est bien engagé depuis l'installation du gouvernement de gauche et la nomination de Vincent Peillon, comme ministre de l’Éducation Nationale, la réflexion a été menée depuis plusieurs années dans la communauté éducative et fait suite à un rapport commandé par le précédent ministre (UMP), Luc Châtel, qui avait conclu aux conséquences catastrophiques de l'imposition sous Xavier Darcos de la semaine de 4 jours. Car c'est bel et bien une réforme qui fut imposée sans concertation en 2008 et qui eut pour conséquence terrible de surcharger les journées des élèves.

Charybde et Scylla

discorde-au-plus-haut-point-entre-jean-francois-cope-zet_69.jpgAinsi, Jean-Michel Fourgous, maire ultra-libéral de la commune d’Élancourt (78), et Jean-François Copé, président de l'UMP, député et maire de Meaux (le cumul devant lui laisser le loisir de visiter son Hôtel de Ville au moins deux heures par semaine), ont-ils une démarche parfaitement hypocrite quand ils lancent une pétition pour supprimer ou reporter cette nécessaire réforme, dont le principe était déjà acté par leur propre camp politique. On sent là l'instrumentalisation politicienne qui fait peu de cas de l'intérêt des enfants et de leurs familles.

Cette agitation pétitionnaire, si inhabituelle à droite, cache une autre réalité : l'absence de culture de concertation chez les édiles de droite, l'absence de priorité à l'éducation et à l'enfance dans leurs communes.

  • Si Jean-Michel Fourgous et d'autres maires de droite qui avaient pourtant choisi septembre 2014 s'agitent aujourd’hui, c'est qu'ils n'imaginent pas assumer d'en préparer la mise en œuvre. Cette réforme est pourtant annoncée depuis l'été 2012, et discutée avec les partenaires nationaux ; le décret du 26 janvier dernier a précisé le cadre de la nouvelle organisation du temps scolaire (notamment le nombre d'heures d'enseignement maximum par jour) et des adaptations locales possibles (mercredi ou samedi, septembre 2013 ou 2014). S'il s'agissait de mettre en œuvre dans sa commune les nouveaux rythmes en septembre 2014, le maire avait au minimum 20 mois pour s'y préparer. Mais cela signifie dialoguer avec les enseignants, avec les parents d'élèves, avec les agents communes, cela suppose une culture de la concertation, et c'est insurmontable pour lui.
    Si Jean-François Copé ne veut pas assumer les coûts engendrés par la réforme des rythmes en terme d'aménagement du temps périscolaires, c'est que sa priorité politique est ailleurs. Quand il repointe le bout de son nez sa bonne ville de Meaux, le président de l'UMP a une préoccupation : montrer qu'il est un bon shérif. Le jour où son conseil municipal votait à sa demande le refus de mettre en œuvre la réforme, 17 millions d'euros étaient votés pour investir dans l'augmentation des caméras de vidéo-surveillance ou augmenter le nombre de policiers municipaux, dont les effectifs atteignent déjà 155 agents. Rappelons que Meaux compte 51 000 habitants à la louche, on laissera chacun libre de mesurer les choix budgétaires du maire de Meaux…

le-ministre-de-l-education-vincent-peillon-g-parle-le-30-se.jpgL'application de la réforme des rythmes scolaires connaît un autre écueil : confrontée à une injonction réactionnaire et démagogique sur son flanc droit, elle a fait l'objet d'une posture zélatrice d'une minorité de maires de gauche. Lorsque le Président de la République et le Premier Ministre ont annoncé que les communes pourraient choisir de n'entrer dans les nouveaux rythmes qu'en 2014, certains ont choisi de s'afficher comme «les bons élèves» du gouvernement, dénonçant parfois ceux qui choisissaient de prendre un an supplémentaire d'être des fossoyeurs de la refondation de l'école, coupables de «préférer aménager des ronds points» plutôt que d'investir dans l'éducation (je me souviens d'une sénatrice du Val-d'Oise qui a osé proférer ce genre de bêtise).

Or, ce zèle politique ou politicien a fait l'impasse sur la complexité à organiser un nombre déterminant d'acteurs au service des élèves : enseignants, parents d'élèves, associations culturelles ou sportives, agents communaux… résultats les difficultés parfois réelles relevées au début de cet article sont la conséquences directes d'une impréparation et parfois d'une improvisation. Improvisation budgétaire comprise, puisque ces municipalités n'ont eu que quelques mois pour évaluer les coûts supplémentaires qu'impliquaient la réforme, balayant l'obstacle en comptant sur l'aide financière (50€ par élève et par an) promise aux communes précoces.

On pourra toujours dire que les erreurs commises parfois avec légèreté par les zélateurs serviront de contre-exemple aux prochaines, mais elles ont pris le risque inconséquents de dévaloriser l'ensemble de la refondation de l'école dans l'opinion publique.

Que faire ?

adapter-les-rythmes-scolaires-c-est-possible-81848.pngL'éducation doit être l'une des priorités absolues de la puissance publique à tous les échelons d'intervention. L'effort budgétaire doit être conséquent tant au niveau de l’État, des Régions, des Départements ou des Communes.

Si l'on veut mettre en place avec un contenu pédagogique de qualité les nouveaux rythmes scolaires, le coût supplémentaire pour une année budgétaire équivaut à 350 000 € minimum pour une commune de 30 000 habitants, pour peu que celle-ci ait déjà une pratique avancée des politiques de l'enfance.

La question financière n'est donc pas anodine. Le gouvernement ferait donc bien d'entendre ces quelques nécessités :

  • maintenir sur plusieurs années l'accompagnement financier (50€ par élève et par an) de la mise en œuvre de la réforme et de l'étendre aux communes qui entreront dans le droit commune en septembre 2014 ;
    la baisse des dotations de l’État aux collectivités locales (4,5 Mds € en 3 ans) est évidemment contre-productive dans ce contexte. Leur maintien permettrait tout à la fois de consolider l'investissement porté par les collectivités (66% de l'investissement public) et l'effort budgétaire de celles-ci sur le social et l'enfance ;
    il faut renforcer et rationaliser les dispositifs de péréquation financière entre collectivités pour réduire le procès en inégalité territoriale.

Le maître mot du dossier se résume ensuite à des questions de méthode, de cadre et de projet.

Concernant la méthode, il convient de prendre le temps et de faire l'effort d'écouter l'ensemble des partenaires : directeurs d'établissements, équipes enseignantes, associations et fédérations de parents d'élèves, animateurs périscolaires et au-delà tous les services municipaux dont les conditions de travail doivent évoluer (pour 30 000 habitants, vous aurez entre une douzaine et une quinzaine de services différents : techniques, animation, restauration, propreté, et j'en passe…), évidemment associations – et pas seulement celles qui seraient amenées à intervenir dans les activités périscolaires si c'est la pratique locale de le leur confier, mais aussi toutes les associations culturelles et sportives dont les horaires et les services pourraient évoluer au regard des modifications des temps d'une bonne partie de leur public.

Le dialogue et la concertation, cela ne se résume à une grand messe rapidement mené, mais c'est la nécessité d'organiser des dizaines de rendez-vous, de passer des dizaines avec les différents interlocuteurs, parfois de manière croisée, pour faire de la pédagogie sur l'objet de la réforme et trouver ensemble les solutions. Ça prend du temps, c'est parfois tendu, mais in fine sur 20 mois de préparation, c'est la garantie d'une démarche partagée.

Il faut donner des cadres. Les témoignages qui s'étendent sur la fatigue accrue des enfants ont souvent un point commun : la multiplication des rythmes différents d'une journée à l'autre. Un élève, surtout au plus jeune âge, surtout si au regard du territoire concerné les parents sont contraints de partir tôt ou de rentrer tard au travail – ce qui implique dans tous les cas que les enfants ont des journées longues –, a besoin de bornes précises et identifiées dans sa journée : il doit savoir qu'il entrera dans l'accueil périscolaire du matin à telle heure, que la classe commencera à telle heure, que la pause méridienne dure de telle à telle heure, que la classes de l'après-midi s'achève à l'heure dite pour laisser place aux activités périscolaires… et qu'on ne lui impose pas chaque jour un rythme différent.

La demi-journée supplémentaire d'enseignement doit être choisie avec soin et le débat ne peut être celui d'un choix brut entre le mercredi ou le samedi. Il faut trouver un moyen objectif d'évaluer les conséquences de chaque choix et la manière dont les familles s'y adapteront. On peut très bien bâtir sur ces bases avec les associations de parents d'élèves un questionnaire permettant de faire réfléchir les parents sur leur organisation et leur préférence en fonction des différents cas de figure ; si cet outil est construit en concertation avec les associations, il a deux avantages : celui de faire la pédagogie des conditions complexes de mise en œuvre des nouveaux rythmes (au-delà du «moi ça m'arrange comme ça»), celui d'objectiver la perception des enjeux par les familles.

Rythmes-scolaires_SEB_2187.jpgPour conclure, il faut effectivement appuyer la réforme des rythmes scolaires sur un projet éducatif de territoire réel. Cela implique que les activités périscolaires ne soient pas de la garderie maquillée ; que les équipes pédagogiques d'animation périscolaire disposent des temps suffisant pour mettre en œuvre des activités cohérentes et suivies (le midi, l'après-midi, le mercredi – toute la journée ou l'après-midi) ; que les directions périscolaires travaillent en transversalité avec les équipes enseignantes (on retrouve ici la nécessité du dialogue et de la concertation préalables).

Cela implique aussi qu'on sache tenir compte du rythme de l'enfant. La réforme vise à alléger le nombre d'heures d'enseignement dans une journée et à travailler sur la concentration des élèves, mise à mal dans le format antérieur. On allège pas la journée d'enseignement pour bombarder l'enfant d'occupations qui l'épuiseront tout autant. La peur du vide peut tuer la réforme. Dans cette conception, la pause méridienne est capitale : les enfants doivent disposer de temps de restauration sereins et suffisants ; ils doivent avoir accès bien sûr durant ce temps à des activités de qualités préparées dans les conditions que l'on a décrites plus haut, mais ils doivent également pouvoir profiter d'un temps de repos. La journée de l'élève est suffisamment longue en raison des contraintes économiques et sociales que chacun connaît dans notre société pour que l'on puisse aménager de manière utile son droit à la paresse.

* * *

Il est temps de sortir des caricatures d'une droite hypocrite et des pièges que nous nous sommes nous-mêmes tendus. La refondation de l'école, dont la réforme des rythmes scolaires est une pierre essentielle, mérite mieux que les «à peu près» qui nous sont servis aujourd’hui. Il en va du bien-être et de la réussite des élèves français.

Frédéric FARAVEL

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 14:49

musee-educ.gifAprès avoir voulu la création du musée en 1982, le conseil général du Val-d’Oise a voté le 18 janvier dernier une subvention limitée à 30.000 € pour 2013 et la clôture de ses engagements financiers et matériels au 31 décembre.

La conséquence de cette décision est la suppression des 4 postes associatifs et le licenciement immédiat des salariés qui travaillent sur les collections, assurent la sécurité, l’accueil, l’accompagnement des 8.000 visiteurs annuels. C’est aussi la remise en question d’une programmation établie, d’une centaine de visites déjà réservées, d’actions éducatives en cours.

Ce musée c’est :

  •     Un musée de société
  •     Un patrimoine témoin de l’histoire de l’éducation et de l’enseignement
  •     Des collections issues du territoire
  •     Un espace de recherche ouvert à tous, reconnu par les universitaires
  •     Des expositions pour sensibiliser à l’évolution du système éducatif
  •     Un espace de médiation pour comprendre les transformations de la société
  •     Un service éducatif à l’écoute de tous les publics
  •     Des activités pédagogiques pour les élèves de tous niveaux d’enseignement
  •     Un accompagnement à la formation des enseignants
  •     Des actions en lien avec l’éducation artistique et culturelle
  •     Un lieu de création artistique, d’innovation pédagogique
  •     Un équipement culturel de proximité avec un rayonnement régional
  •     Un travail en réseau avec les associations
  •     Des animations, des stages, des conférences
  •     Des rencontres suivies de débats, des spectacles thématiques
  •     Des donateurs, des salariés, des bénévoles, des artistes et des professionnels
  •     Un musée tourné vers le présent et l’avenir

Et un site internet www.musee-education.ac-versailles.fr où vous trouverez un descriptif détaillé de nos actions et des difficultés actuelles !

Une journée portes ouvertes aura lieu le 2 février 2013 de 11h à 18h

Mobilisons-nous

Ce projet scientifique, pédagogique et culturel doit continuer à vivre ! Une solution pour l’avenir doit être trouvée ! Nous demandons aux élus, aux collectivités, à l’État d’agir de toute urgence pour la sauvegarde du musée.

Signez la pétition

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 09:04

Duflot_Titon_Paris11_31-05-2012.jpgCécile Duflot, candidate d'Europe Ecologie / Les Verts et du Parti Socialiste dans la 6ème circonscription de Paris pour les élections législatives, a organisé chaque jeudi des ateliers citoyens au sein desquels les habitants pouvaient venir débattre et faire partager leurs réflexions sur les projets de la gauche pour le pays.

Hier soir, dans l'école de la Rue Titon (XIème arrondissement), se déroulait l'atelier citoyen consacré à la priorité donnée à la jeunesse par la gauche et le nouveau président de la République.

J'animais une des trois tables rondes prévus pour accompagner les discussions, celle consacrée à l'école et intitulée "Redonner à l'école les moyens de faire vivre l'égalité des chances" (au passage j'aurais préféré qu'on y substitut l'expression "égalité république", bien plus pertinente).

Vous trouverez ci-dessous le rapport que j'ai rédigé pour rendre compte des débats du soir et qui développe la courte présentation orale que j'ai faite en conclusion qui ne pouvait évidemment être totalement fidèle à l'intensité de nos discussions.

Vous trouverez également ici un tableau comparatif des différents programmes de gauche (EELV, Eva Joly, Accord PS-EELV, PS, François Hollande) sur ce thème, ainsi que le document préparatif élaboré par l'équipe de campagne de Cécile Duflot (télécharger ici).

bonne lecture,

Frédéric Faravel


I- Débat sur l'accueil et le rôle de la maternelle :
 

Le programme de François Hollande et du PS proposent de favoriser la scolarisation dès deux ans pour les familles qui le souhaitent ; le Programme du PS envisage également de rendre obligatoire l'accueil en maternelle à partir de 3 ans.

L'ensemble des participants de la table ronde ont insisté sur la notion d'accueil et de socialisation au sein de l'école maternelle, notion différente de celle de la scolarisation qui pourrait éventuellement faire entrer de trop jeunes enfants dans une logique de compétition et de sélection, et sans doute d'échec pour ceux qui ne sont pas issus de milieux aisés. L'école maternelle doit donc se recentrer sur son rôle, qui n'est pas de commencer à apprendre à lire avant l'école élémentaire, mais d'éveiller l'enfant sur le monde qui l'entoure, l'autre (l'adulte qui n'est pas un parent comme l'enfant), les temps de la journée, etc.

Des avis divergents se sont exprimés sur l'accueil des enfants de moins de 3 ans à l'école maternelle, certains avançant que les professionnels de la petite enfance y étaient unanimement critiques voire opposés ; l'accueil en maternelle à cet âge est alors présenté comme un pis aller face aux offres insuffisantes en mode de garde et en crèches, notamment dans les quartiers populaires.

Cependant, là où l'accueil « précoce »des enfants en maternelle est encouragé, les familles sont satisfaites, il n'est pas vécu comme un mode de garde de remplacement (les territoires concernés développent souvent en parallèle une politique publique importante en direction de la petite enfance) et il s'adresse souvent à des familles issues des classes moyennes.

Les programmes écologistes et socialistes insistent l'un comme l'autre sur la nécessité de développer une politique volontariste en parallèle concernant la petite enfance.

Tous les participants se sont accordés sur l'importance du rôle de l'école maternelle, alors que celle-ci a été mise à mal par les 10 années de gouvernement de droite, et particulièrement stigmatisée sous le ministère Darcos.


II- Débat sur la pédagogie :

Une forte inquiétude s'est exprimée sur la révision des programmes réalisée hors de tout travail partenarial par les ministre Darcos et Châtel. Les programmes sont mal organisés sur le cycle et mènent à un bachotage effréné avec souvent des impasses, alors même qu'on les jugent appauvris dans certains de leurs contenus. La question des programmes d'Histoire, de Géographie, d’Éducation civique fait l'objet d'une attention particulière car la révision Darcos-Châtel porte la trace d'a priori idéologiques négatifs (la « mondialisation » est forcément heureuse, la Vème République est le meilleur régime d'Europe, le mouvement ouvrier n'est pas traité, l’État Français Vichy sont au mieux survolés).

La culture générale doit rester partie intégrante de l'enseignement jusqu'au bac ; ainsi l'Histoire et la Géographie doivent redevenir obligatoire en Tle S ; les enseignements de culture générale ne doivent pas être dévalorisés ou abandonnés dans les filières technologiques et professionnelles (certains défendant l'idée que ces filières apportent un choix supplémentaire qui peut répondre aux attentes de publics divers et qu'il ne faut pas faire l'impasse sur la question des débouchés professionnels). Il a été demandé à ce que le développement durable et l'enjeu de l'environnement soit plus pris en compte dans les programmes.

D'autres sujets ont également été abordés :

  • l'importance de la transition de l'école élémentaire vers le collège, dont la différence des modes de fonctionnement peut déstabiliser les élèves les plus fragiles (le programme PS parle de l'attention portée à la transition en 6ème) ;
  • l'importance pédagogique des projets d'établissement qui permettent aux équipes pédagogiques d'éveiller leurs élèves sur le monde extérieur et d'apprendre différemment, tout en accompagnant leur réussite scolaire. Un long exemple a été donné sur l'expérience d'une école « Agenda 21 ». L'éducation doit offrir aux enfants des choses qu'ils ne peuvent pas toujours acquérir dans leurs familles (école et hors école) ;
  • l'évaluation des élèves doit passer d'une logique de l'échec à une logique positive. « Les notes ne servent à rien ». Il faut mettre en avant une dimension collective : le groupe et l'autre sont avant tout des ressources, un soutien, plutôt qu'une comparaison. La priorité doit être donnée à la lutte contre l'échec : privilégier une pédagogie du projet qui donne à l'élève confiance dans ses propres aptitudes (plus il est jeune, mieux c'est). Il faut sortir de la culture de l'individualisme et de la compétition ;
  • il faut apprendre à l'élève à apprendre et les orientations scolaires ne doivent pas être irréversibles (restaurer les passerelles).


III- Débat sur les moyens de l'enseignement :

Il y a urgence à refondre les rythmes scolaires sur la semaine et à l'année (éviter des semaines trop intenses sans pour autant rester à la semaine de 4 jours, travailler sur le temps scolaire et les vacances sur l'année).

Les participants ont insisté sur le besoin de renforcer le dialogue entre l'école, les associations, les services périscolaires, les mouvements d'éducation populaires : cela renvoie à la proposition écologiste (mais au-delà cf. appel de Bobigny) de consolider et d'encourager les dynamiques de projets éducatifs locaux.

S'il est important que l'effort que veut promouvoir la gauche au pouvoir pour l'éducation nationale se concentre en priorité sur le primaire et les ZEP, les participants ont noté que celles-ci étaient limitées à des territoires trop restreints.

Plusieurs participants ont défendu l'idée de développer au sein des établissements (secondaires) des activités d'éveils entre professeurs et élèves qui créent une vie scolaire en dehors des rapports traditionnels d'enseignement et de subordination enseignant-élève et des compétences directes des enseignants.


IV- Le rôle et les conditions du métier d'enseignant :

Les participants ont évidemment soutenu la fin de l'hémorragie de postes dans l'éducation nationale (77 000 postes supprimés en 5 ans) et le projet de créer 60 000 postes dans le mandat qui s'ouvre.

Si l'on s'accorde sur l'objectif de décharger les enseignants des missions qui ne relèvent pas de l'enseignement dès septembre 2013, les participants soulignent que l'enseignant conserve dans tous les cas un rôle social et qu'il doit être capable de prendre en compte la personnalité et l'environnement des élèves qu'il a en face de lui. Cependant les enseignants ne sont pas forcément aptes à traiter certaines questions : il faudra donc mettre les moyens d'accompagnement nécessaires pour créer des postes d'assistant(e)s social(e)s, d'infirmier(e)s scolaires, de psychologues et pour les équipes RASED (enseignants spécialisés et psychologues), ainsi que les EVS et AVS.

La question de la titularisation des précaires a été abordée ; mais l'accent a surtout été mis sur le rétablissement de la formation pratique et pédagogique initiale et continue des futurs enseignants. Une inquiétude existe quant aux moyens de recruter suffisamment d'enseignants correctement formés dans les années à venir alors que les outils adaptés ont été supprimés par la droite.

La nécessité de développer une « vie scolaire » plus importante implique par ailleurs que les enseignants aient les moyens de rester plus longtemps au sein de l'établissement. Et parallèlement il s'agit également de favoriser leur autonomie pédagogique.

Enfin, il a été question de lier formation et évaluation des enseignants. Les notions défendues pour l'évaluation des élèves s'appliquant également à celle des enseignants ; il s'agit de rompre avec une logique purement hiérarchique, non collective, de l'évaluation. À ce titre, l'autonomie des chefs d'établissement serait à remettre en question.

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 12:53

(VOnews.fr - 13/04/2012 11:50)

Le rectorat de l'académie de Versailles assiégé par une poignée de parents d'élèves venus faire part de leur mécontentement mercredi soir. Un rassemblement interdépartemental à l’appel de la FCPE regroupant le Val d’Oise, les Yvelines, les Hauts de Seine et l’Essonne. Le reportage de VOtv.


Rassemblement de parents d’élèves à Versailles par vonews

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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 09:52

Valérie Pécresse accuse le PS et le NPA

27 avr
2009

Ronde-avril 007   Devant le risque d'une relance de la contestation, Valérie Pécresse utilise un argument policitien pour le moins usé : c'est la faute de la gauche, et singulièrement des troskystes du NPA. C'est sur RTL, hier,  que la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche s'est livrée à ces attaques.

Voici ses déclarations, d’après dépèches : «Avoir un parti de gouvernement, comme le parti socialiste, qui ne condamne pas les violences, qui ne condamne pas les blocages universitaires, qui n'appelle pas à la reprise des cours et à la tenue des examens, excusez-moi mais çà me choque». «Le parti socialiste, en partie par opportunisme politique, en partie par peur de se faire dépasser sur sa gauche, n'a pas condamné les violences universitaires, n'a pas condamné les dégradations, n'a pas appelé au déblocage des facs, n'a pas appelé à la reprise des cours, n'a pas appelé à la tenue des examens, ne s'est pas prononcé sur la valeur des diplômes», a-t-elle ajouté. «Je suis désolé de dire à tous les universitaires qui croient que le parti socialiste défend les valeurs de l'université que pour moi ce ne sont pas les valeurs de l'université», a poursuivi la ministre.


Ces déclarations sont en mettre en relation avec les communiqués du PS et la lettre de Martine Aubry aux enseignants et chercheurs. Mais aussi, et peut être surtout, avec la situation dans les universités. Alors que la rentrée se déroule de manière chaotique - ici on reprend les cours, là non - , et que des initiatives sont toujours prises (ce soir, vers 18H, un simulacre de «fuite des cerveaux» Gare de l'Est à Paris)... le gouvernement a manifestement décidé d'écraser les dernières résistances à sa politique universitaires. Abandonnant tout espoir de convaincre ses opposants, il use de la menace sur les salaires, les examens, l'avenir des universités...  et l'accusation politicienne, pour porter ce qu'il espère être l'estocade à un mouvement qui, malgré sa force et sa durée, n'est pas parvenu à le faire reculer.

La publication des textes définitifs des décrets sur le statut des universitaires (lequel soulève toujours une polémique sur le sens précis de sa phrase sur le paiement des heures effectuées en sus du service de référence, car elle diffère de la version votée en Comité technique paritaire), le CNU et le contrat doctoral témoigne de cette volonté d'en finir au plus vite avec une contestation qui, si elle a toujours pris des formes plutôt débonnaires si l'on songe aux coups de sang des salariés de l'industrie (coupûres de gaz et d'électricité, mise à sac d'une sous préfecture par les Continental...), a sérieusement écorné l'image du gouvernement dans les milieux intellectuels et scientifiques.

Sur le fond, l’argument de Valérie Pécresse concernant le NPA qui serait «très présent dans les universités et un certain nombre de manifestations» est assez ridicule. Si quelques militants de l’ex-LCR ont participé activement à ce mouvement, l’ampleur de la contestation suppose que la grande majorité de ses activistes sont des électeurs de la gauche traditionnelle, de Bayrou, voire, pour certains milieux qui se sont opposés aux réformes sur le statut et la mastérisation, de Nicolas Sarkozy.

Quant au Parti Socialiste, si la plupart (mais pas tous...) de ses militants universitaires et enseignants chercheurs se sont fortement engagés dans ce mouvement, le mêler aux quelques initiatives «musclées» menées par de petits groupes est là aussi dérisoire.

L'argument de Valérie Pécresse sur les examens se retourne contre elle-même. De deux choses l'une : soit le mouvement de grève est très minoritaire - comme l'a soutenu également François Fillon - et auquel cas on ne voit pas comment il pourrait soulever un véritable problème pour de nombreux étudiants, soit la contestation demeure forte, et le risque de voir de très nombreux étudiants en réelle difficulté pour leur semestre réel... et alors le discours gouvernemental sur la "petite minorité" de contestataires est un mensonge.

La réalité est connue des observateurs (on espère que le cabinet de Valérie Pécresse est lui aussi au parfum...). Dans la plupart des UFR de sciences de mathématiques, informatique, physique, chimie, sciences de la Terre et de la vie (y compris médecine), même les universités les plus contestataires ont assuré l'essentiel des cours. Avec des astuces consistant à déplacer les cours les jours de grèves nationales et de manifestations, utilisant jusqu'aux samedis. En revanche, dans de nombreuses universités de sciences humaines et sociales, une grève des cours assez dures a été suivie - singuilièrement pour les trois années de licence. Avec là aussi, des différences  importantes entre filières : droit et gestion n'ont été que rarement grévistes de manière continue, alors que l'ensemble histoire, science éco, philo, langues, socio et psycho, arts, a fourni l'essentiel des arrêts longs de cours. Dans la plupart de ces UFR, de nombreux enseignants grévistes ont d'ailleurs fourni du travail à leurs étudiants, même si, en première et deuxième années, ces derniers ont dû se débrouiller seuls souvent.



Le fond du conflit demeure. En témoigne ce texte de Sauvons la Recherche publié Samedi :

Bis repetita… ? Rendez-vous le 28 avril !
N’avez-vous pas le sentiment que le gouvernement nous rejoue un air connu ? Celui qui pourtant nous a collectivement conduits à la crise majeure que traversent actuellement nos universités et nos laboratoires. Entonné en chœur par Valérie Pécresse et par François Fillon dans un duo parfaitement rodé, le refrain en est le suivant. Profitant des vacances universitaires, le gouvernement fait valider un texte contesté et tente de faire croire à l’opinion publique qu’il discute, qu’il négocie et nous entend. Ainsi, explique-t-il, grâce à la discussion et à la concertation, tous les malentendus qui auraient été à l’origine du conflit seraient désormais levés et dans toute notre communauté, le calme et la sérénité retrouvés. Toute notre communauté ? Sauf, bien sûr, rajoute-t-il, une petite minorité d’activistes. Celle que vous connaissez bien, celle des extrémistes, celle des irresponsables. Celle qui bloque les établissements, celle qui met en péril les examens ou qui serait prête à les brader pour servir ses intérêts qui, naturellement, ne peuvent être que corporatistes et/ou politiques ! Le gouvernement instrumentalise ainsi avec un parfait cynisme le danger qui pèse sur les examens des étudiants, et dont, par son incapacité à répondre à des demandes à la fois tout à fait raisonnables et clairement définies, il porte en fait l’entière responsabilité.

Reprenons donc un à un les différents dossiers en jeu, pour savoir si tous ceux qui, à de multiples reprises, sont descendus dans la rue ces deux derniers mois vont désormais pouvoir tranquillement reprendre leurs activités.

L’emploi scientifique. Nous demandions au gouvernement de rétablir les emplois supprimés en 2009 et de mettre oeuvre un plan pluri-annuel d’emplois, indispensable pour au moins trois raisons :
1-le fait que les jeunes, faute de perspectives, se détournent chaque jour un peu plus de nos carrières et que c’est l’enseignement supérieur et la recherche de demain qui sont ainsi menacés (30% de doctorants en moins pour 2017 selon les chiffres du ministère) ;
2-les nouvelles charges d’enseignements qui reviennent aux universités avec notamment le plan Licence et la mise en place du décompte des heures de TP à égalité avec les eures de TD ;
3- une crise économique grave qui devrait imposer à l’Etat de reconsidérer une politique d’emploi public dictée par des raisons purement idéologiques.

Or, qu’avons-nous obtenu ? La promesse faite par François Fillon de la non-suppression d’emplois dans les universités pour 2010 et 2011. Et pour les suppressions programmées pour 2009, une compensation financière et pérenne. Ainsi, sur ce second point, ce qui avait été possible en 2004, à savoir des créations d’emplois obtenues en avril, ne le serait donc plus en 2009. En outre, souvenons-nous des promesses que le même François Fillon, alors ministre de minisre de l'Education nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, nous avait faites en 2004 : nous réclamons toujours le plan pluri-annuel promis alors ! Enfin, nous n’avons absolument aucun élément laissant présager l’absence de suppressions d’emplois dans les organismes de recherches dans les années à venir. La seule concession que nous avons pu arracher à Valérie Pécresse est l’engagement que les « chaires d’excellence » ne devraient pas se traduire par des suppressions d’emplois dans ces organismes. Nous ne pouvons donc pas renoncer !

L’arrêt du démantèlement des grands organismes de recherche
. Là, qu’avons-nous obtenu ? C’est très simple : rien ! Face à la mobilisation dans les labos, face aux revendications portées par la coordination des délégués de laboratoire, face à la grève administrative lancée par plus de 500 directeurs d’unités (une minorité d’extrémistes eux aussi…), la ministre avait pourtant promis qu’une déclaration explicite du Premier ministre dissiperait nos craintes de voir disparaître à terme des institutions essentielles et qui font en partie la force de notre recherche publique. Or, dans les propos tenus par François Fillon sur France Inter le 22 avril, non seulement il n’en a rien été, mais il a même évacué complètement cette question, faisant comme si elle n’avait jamais été au cœur de notre mobilisation. Nous ne pouvons donc pas renoncer !

Le retrait du projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs
. A en croire notre duo favori, ce texte, à la suite d’une «concertation approfondie» (selon les termes du communiqué du conseil des ministres du 22 avril) aurait été réécrit et sa nouvelle version donnerait entière satisfaction à tous. Comment répondre à tant de contre-vérités ? Pourquoi, si tel était le cas, seuls 2 des 35 représentants syndicaux que comptent le CTPU et le CSFPE auraient-ils approuvé ce texte, tous les autres s’abstenant ou votant contre ? Pourquoi tous les acteurs de la mobilisation continueraient-ils à dénoncer ce texte et notamment l’ambiguïté qui laisse ouverte - dans un contexte d’emploi scientifique décroissant- la possibilité que, pour bon nombre d’enseignants-chercheurs des disciplines à forts effectifs étudiants, la modulation de service se traduise par un alourdissement subi des heures d’enseignement au détriment de leur activité de recherche, sans même paiement d’heures complémentaires ?
L’annonce faite hier par le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche de la publication d’une circulaire d’accompagnement, procédure rarissime, montre que ce projet – et notamment la modulation des services qui en est le cœur - demeure plein d’ombres . Connaissant le fonctionnement des universités, nous savons que «l’accord» de l’intéressé pour la modulation n’est en rien une garantie suffisante. Nous ne pouvons donc pas renoncer !

La réforme de la formation des enseignants du secondaire et du primaire
. Le gouvernement aurait accepté de reporter d’un an cette réforme et de prendre le temps de la concertation. Or, là encore, il a choisi en réalité le passage en force. Il a décidé de contourner le refus de l’AERES d’expertiser les rares maquettes de masters «métiers de l’enseignement» déposées par certaines universités (dont plusieurs issues des établissements de l’enseignement privé) et d’entériner dès à présent leur existence. En outre, le vrai report est très loin d’être encore acquis, puisqu’une partie des lauréats du concours 2010 ne seraient pas fonctionnaires stagiaires à l’issue du concours. Enfin, comment peut-il prétendre remettre à plat la formation des enseignants, alors qu’il continue de précipiter le calendrier (puisque tout devrait être réglé à la mi-juillet), dans la plus grande confusion sur la composition et le rôle des instances chargées de cette remise à plat) ? Nous ne pouvons donc pas renoncer !

Nos demandions enfin qu’une fois ces quatre points réglés, s’ouvrent des discussions associant tous les acteurs de la recherche et de l’enseignement supérieur sur la loi LRU et sur le Pacte pour la recherche. Là encore, nous ne pouvons pas renoncer !
On le voit donc, la douce musique que nous chante le gouvernement est à mille lieux de la réalité. Or, si le refrain en est, comme nous l’avons dit, bien connu, la suite de la chanson prendra un autre tour qu’en 2007 lors de la promulgation de la loi LRU au cœur du mois d’août. Et ce, pour différentes raisons. - Parce que notre communauté dans son ensemble a aujourd’hui pris conscience que les réformes que le gouvernement cherche à nous imposer vont à l’encontre des évolutions souhaitables, et que ce n’est pas être immobilistes que de le dire.
A ce sujet nous vous invitons à venir débattre avec nous le 16 mai, lors de notre prochaine Assemblée Générale, des propositions que nous pouvons faire pour l’enseignement supérieur et la recherche (http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article2680).
- Parce que, contrairement à ce que le gouvernement tente de faire croire, ces revendications n’émanent pas d’une petite minorité (bien évidemment partisane, cela va sans dire…) mais de l’immense majorité de notre communauté.
- Parce qu’aujourd’hui nos voix se mêlent à celles d’autres secteurs professionnels (en particulier les médecins qui, le 28 avril, le même jour que nous, défileront à Paris pour défendre l’Hôpital public) qui, dans les réformes imposées par le gouvernement, dénoncent une semblable méconnaissance de leurs missions et de leurs métiers, et un même aveuglement idéologique qui fait de la concurrence un gage d’efficacité, introduit des outils de gestion manageriale inadaptés à ces secteurs, met en place les conditions d’un désengagement financier progressif de l’Etat, démultiplie la précarité, etc.
- Mais peut-être surtout parce qu’aujourd’hui le gouvernement qui se vantait il y a peu d’avoir gagné la « bataille idéologique » l’a visiblement perdue. En effet, notre communauté s’est toute entière retrouvée sur la défense de ce qui est la valeur centrale de nos institutions et de nos missions : celle de la connaissance et du savoir. Et avoir emporté cette bataille, c’est la promesse à terme d’une victoire bien plus grande! Nous avions estimé nécessaire, il y a un an, de lancer une «Marche de tous les savoirs» pour affirmer notre fierté d’exercer ces métiers, centrés sur le savoir et la connaissance. Nous vous proposons, pour montrer votre attachement à ces valeurs, une 2ème «Marche de tous les savoirs», fin mai.
D’ici là, la mobilisation doit se poursuivre et nous vous appelons dès à présent aux journées du 28 avril et du 1er mai (http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article2387). Nous vous appelons également à faire des 14 et 15 mai deux journées de lutte pour la défense de l’emploi avec manifestations, opérations labos morts et blocage des services administratifs.

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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 14:27

Benoît Hamon en grande discussion avec Christophe Borgel et Philippe Dariulat

Benoît Hamon au milieu de la foule

Benoît Hamon répond à la presse (écrite ?)

Pascal Cherki est là aussi

Fanny Boyer harangue les rangs des socialistes

Comme quoi on peut manifester et avoir de belles lunettes comme Fanny...

Gérard Filoche

Bruno Julliard en pleine conversation avec Benjamin Vételé (Michaël Parpillat, en casquette à droite)

Bernard Mathonnat regarde défiler les syndicats

Bernard Mathhonat en compagnie de Pascale Didine

Matteo fait rire Pascale avec sa corne de brume et son ballon

Matteo en tête du cortège est très fier d'exhiber sa corne de brume

La preuve...
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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 13:00
Point de vue
Une Saint-Barthélemy des pédagogues
LE MONDE | 03.07.08 | 13h53  •  Mis à jour le 03.07.08 | 13h53

es instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) sont promis à la disparition. Le concours de recrutement des enseignants aura lieu désormais au milieu de la cinquième année d'université (en mastère 2), quelques éléments de formation professionnelle seront dispensés entre février et juin et la prise de poste s'effectuera dès la rentrée suivante, avec un simple "compagnonnage" par des professeurs expérimentés. En reculant d'un an l'entrée dans la carrière, l'Etat fera ainsi de substantielles économies sur les salaires. Il transférera progressivement aux composantes des universités la responsabilité de la formation des enseignants et pourra fermer très vite de nombreux IUFM un peu partout.

 

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Il reste, bien sûr, beaucoup de questions. Y aura-t-il un cadrage national des mastères préparant à l'enseignement ? Cela serait nécessaire, mais c'est contradictoire avec l'autonomie des universités qui risquent, tout simplement, de fagoter en vitesse des ersatz de mastère pour ne pas perdre des étudiants. L'inégalité de la formation sur le territoire national sera ainsi officialisée. Pour les lycées et collèges, la formation professionnelle risque de passer tout simplement à la trappe : on se contentera d'une formation disciplinaire - évidemment indispensable - et de quelques observations censées donner les "recettes" du métier.

Or, comment peut-on imaginer envoyer ainsi des professeurs débutants, sans préparation sérieuse, dans des collèges où les élèves, chauffés à blanc par la frénésie consommatrice, ont de plus en plus de mal à fixer leur attention... ou même dans des lycées qui exigent, aujourd'hui, une vraie formation pour faire face à des adolescents et de jeunes adultes qui n'entrent pas de plein gré dans les contraintes scolaires ? Et comment formera-t-on les étudiants qui se destinent à l'enseignement primaire ? S'agira-t-il d'un approfondissement dans la discipline de la licence, de compléments de formation dans les autres disciplines ou d'un cursus centré sur la pédagogie ? Imagine-t-on laisser différentes formations coexister ? Si c'est le cas, nous nous retrouverons devant un corps enseignant émietté et une école sans unité.

Par ailleurs, on sait bien que les étudiants issus des milieux populaires se feront encore plus rares au niveau du mastère : les postes mis au concours seront davantage préemptés par les enfants des classes supérieures. Et si le vivier des mastères n'est pas suffisant, on utilisera l'expédient traditionnel : le recours à des contractuels et vacataires... Quant aux professeurs de lycées professionnels, ils sont, une fois de plus, les grands oubliés : quel mastère pour les professeurs de cuisine ou de génie mécanique ? Peut-être maintiendra-t-on quelques IUFM comme structures croupions pour gérer les laissés-pour-compte !

En réalité, le recrutement par concours cinq années après le baccalauréat interdit la mise en place d'une véritable formation en alternance. Au moment où cette dernière est plébiscitée dans de nombreux domaines, l'éducation nationale, toujours à la pointe du progrès, la supprime. Quelques modules de préprofessionnalisation au cours des études suffiront : réfléchir sur ses pratiques, alterner modèles théoriques et réflexion sur la prise de décision, inscrire l'entrée en fonction dans une dynamique professionnelle : voilà qui est bon pour les mécaniciens, les ingénieurs, les médecins... mais pas pour les professeurs ! Enfin, la disparition des IUFM, c'est celle d'un lieu institutionnel dévolu à la réflexion pédagogique, permettant l'élaboration, la diffusion et l'application de recherches nationales et internationales dans les didactiques des disciplines, les sciences de l'éducation, la psychologie et bien d'autres sciences humaines. C'est l'affirmation implicite que le métier d'enseignant n'a nul besoin d'être nourri par la recherche ni soutenu par des organismes de formation initiale et continue accompagnant les transformations sociales et permettant d'affronter les nouveaux problèmes qui émergent.

Pour autant, nous ne sommes pas partisans du statu quo. Le système actuel comporte une année de bachotage pour préparer le concours et une année d'alternance avant la titularisation. Or on a voulu tout caser dans cette deuxième année : connaissance des programmes, apprentissage de la gestion de la classe, didactique des disciplines, réflexion sur les valeurs de l'école, prise en compte de la difficulté scolaire, compréhension des enjeux de l'intégration des élèves handicapés, etc. Au bout du compte, cette année de stage est un patchwork, une course de vitesse avec une multitude de choses à faire qui se télescopent... et un grand écart, pour les stagiaires, entre un statut d'"enseignant responsable de sa classe" et un statut de "collégien" dans le cadre d'une formation théorique atomisée et bien trop scolaire.

Il faudrait donc organiser la formation en cinq années cohérentes : après trois années de licence, comportant une découverte progressive du métier, le concours de recrutement doit donner accès à deux années de formation professionnelle en alternance, correctement rétribuées et certifiées par un mastère professionnel... Avec une organisation des études permettant aux étudiants et aux stagiaires d'avoir prise sur leur formation et de ne pas se sentir infantilisés par des systèmes d'évaluation obsolètes.

Mais le ministre de l'éducation nationale semble vouloir passer en force cet été, en promulguant sa réforme en juillet. Un tel calendrier est déraisonnable sur le plan technique et inacceptable au regard des enjeux. La formation des enseignants nécessite une réflexion collective impliquant toutes les parties prenantes : le ministère de l'éducation nationale, les universités, les IUFM et les professionnels concernés, mais aussi les organisations étudiantes et même les parents d'élèves qu'on est en train de tromper gravement. Des voix nombreuses demandent un moratoire d'une année pour rendre possibles la concertation et la réflexion indispensables. Le président de la République et le ministre de l'éducation nationale doivent les entendre.

De Condorcet à Langevin et Wallon, de Carnot à Durkheim, en passant par Ferry, Buisson et Kergomard, la République a toujours considéré qu'il ne suffisait pas de savoir pour savoir enseigner et qu'elle devait à ses enfants des "maîtres pédagogues". Elle avait voulu qu'ils soient formés dans des lieux spécifiques : les Ecoles normales jusqu'en 1991, les IUFM ensuite. Une seule période fit exception, Vichy qui ferma les Ecoles normales d'instituteurs. Beaucoup d'entre nous considèrent qu'il serait exagéré de rapprocher cette période de celle que nous vivons. Ils croient que Xavier Darcos saura faire preuve d'esprit de responsabilité, qu'il aura à coeur de préserver le potentiel des IUFM pour le mettre au service d'une formation des maîtres digne des défis éducatifs qui se présentent à nous.

On ne peut prétendre lutter contre l'échec scolaire et saboter la formation des professeurs. On ne peut vouloir rétablir les conditions du "vivre ensemble" et "enseigner à tous les fondamentaux de la citoyenneté" en réduisant au minimum la formation pédagogique des maîtres. On ne peut préparer l'avenir en ignorant l'héritage du passé et les acteurs du présent ! Le risque est grand de payer nos errances d'aujourd'hui par des convulsions et des explosions scolaires incontrôlables. On voudrait que nos dirigeants l'entendent. Car, ils sont aussi, comme nous, responsables devant le futur.

 


Jean-Louis Auduc, directeur des études-premier degré à l'IUFM de Créteil ;

Rémi Brissiaud, maître de conférences à l'IUFM de Versailles ;

Sylvain Grandserre, professeur des écoles ;

Philippe Meirieu, professeur à l'université Lumière-Lyon-II ;

André Ouzoulias, professeur à l'IUFM de Versailles.

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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 10:59

Placer l’éducation au cœur des reconquêtes et de la transformation sociale

déposée par
Charlotte Brun, membre titulaire du Conseil national, adjointe au maire d’Ecouen (95), Conseillère régionale d’Ile de France
&
Frédéric Faravel, secrétaire de la section Plaine de France, membre du bureau fédéral du Val d'Oise, membre du bureau de l'union régionale Île-de-France


chapeau :

Nous devons permettre à chacun de se doter des meilleurs outils pour comprendre. Certains voudraient que l'école se réduise à ses fondamentaux : lire, écrire compter. D'autres souhaiteraient ne lui assigner qu'une finalité économique.

L'éducation a pour mission d'émanciper des déterminismes. Il s'agit de doter les citoyens d'outils pour analyser et comprendre le monde. Aujourd'hui, repenser la laïcité signifie de promouvoir l'esprit critique face au du modèle consumériste.

Mobiliser les consciences, s'interroger sur la marche du monde, sur le devenir de chacun plus que sur la concurrence des marques et des logos : voilà aujourd'hui l'enjeu de l'éducation.

L'école doit retrouver dans un projet progressiste 3 fonctions qu'elle a peu à peu perdues :

  • Donner à voir et à critiquer, apprendre à distinguer savoir et certitudes ;

  • Transmettre une histoire et une mémoire, inscrire la réflexion du jeune citoyen dans une épaisseur temporelle pour en retirer les leçons ;

  • Apprendre des relations sociales plus distanciées, apprendre la nécessité de l'arbitrage entre son intérêt particulier et l'intérêt général, et in fine être capable de comprendre l'abstraction du politique.

De la crise de l'éducation à la casse de l'éducation 

Dans un monde de plus en plus complexe, nous devons permettre à chacun de se doter des meilleurs outils pour comprendre. Certains voudraient que l'école se réduise à ses fondamentaux : lire, écrire compter. D'autres souhaiteraient ne lui assigner qu'une finalité économique. L'enjeu est aujourd'hui tout autre. L’éducation a pour mission d'émanciper des déterminismes culturels, économiques et sociaux, et de favoriser, par l'esprit critique et les capacités d'expression, une perpétuelle et large autonomie des individus. Il s'agit de doter les citoyens d'outils pour analyser et comprendre le monde.

L’école laïque doit prendre en compte ce nouveau contexte. Il s'agit de promouvoir sans concession l'esprit critique face aux diffusions du modèle consumériste. À la fin du XIXème siècle, il fallait libérer les consciences des prêches du dimanche. Aujourd'hui il est nécessaire de les libérer des nouveaux prêcheurs de la tranche horaire 19h00-21h00. Impulser une mobilisation des consciences, s'interroger sur la marche du monde, sur le devenir de chacun plus que sur la mise en concurrence des marques et des logos : voilà aujourd'hui l'enjeu que doit relever l'éducation.

Les autoritarismes se satisfont toujours de l'inculture et du développement de sous-cultures à défaut d'endoctrinement. Il n'y a de citoyens qu'instruits et donc critiques. Pour avancer sur ce terrain, au regard de la politique menée depuis 6 ans par la droite (notamment sous les ministères Robien et Darcos) et aux vues du projet de société développé par le président Sarkozy, nous voyons déjà se profiler une école dont le seul objectif serait désormais utilitariste sans aucune autre ambition que de faire des écoliers de futurs consommateurs et de futurs salariés exploités soumis docilement à la précarité.

Télécharger l'intégralité de la contribution thématique

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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 13:52
contribution à la partie II.1.a de la contribution générale "Reconquêtes" :

De la crise de l'éducation à la casse de l'éducation :

Dans un monde de plus en plus complexe, nous devons permettre à chacun de se doter des meilleurs outils pour comprendre. Certains voudraient que l'école se réduise à ses fondamentaux : lire, écrire compter. D'autres souhaiteraient ne lui assigner qu'une finalité économique. L'enjeu est aujourd'hui tout autre.

L'éducation a pour mission d'émanciper des déterminismes culturels, économiques et sociaux, et de favoriser, par l'esprit critique et les capacités d'expression, une perpétuelle et large autonomie des individus. Il s'agit de doter les citoyens d'outils pour analyser et comprendre le monde. Repenser la laïcité s'inscrit dans cette optique. Cette laïcité s'inscrit dans un contexte nouveau et doit donc être renouvelée : il s'agit de promouvoir sans concession l'esprit critique face aux diffusions du modèle consumériste. À la fin du XIXème siècle, il fallait libérer les consciences des prêches du dimanche.

Aujourd'hui n'est-il pas nécessaire de les libérer des nouveaux prêcheurs de la tranche horaire 19h00-21h00 ? Impulser une mobilisation des consciences, s'interroger sur la marche du monde, sur le devenir de chacun plus que sur la mise en concurrence des marques et des logos : voilà aujourd'hui l'enjeu que doit relever l'éducation.

L'école doit retrouver dans un projet progressiste, socialiste et démocratique trois fonctions essentielles qu'elle a peu à peu perdue :

  • elle doit donner à voir et à critiquer, elle apprend à distinguer savoir et certitudes, elle apprend le doute ;

  • elle doit transmettre une mémoire et une histoire,des modes culturelles, et permet au jeune citoyen d'inscrire la réflexion dans une épaisseur temporelle pour en retirer les leçons du passé ;

  • elle doit former un espace « fictif » à l'image de la société politique elle-même pour permettre à l'enfant de comprendre et de maîtriser l'abstraction de la société politique.


Les autoritarismes se satisfont toujours de l'inculture et du développement de sous-cultures à défaut d'endoctrinement. Il n'y a de citoyens qu'instruits et donc critiques. Pour avancer sur ce terrain, au regard de la politique menée depuis 6 ans par la droite (notamment sous les ministères Robien et Darcos) et aux vues du projet de société développé par le président Sarkozy, nous voyons déjà se profiler une école « républicaine » (de nom seulement) dont le seul objectif serait désormais utilitariste sans aucune autre ambition que de faire des écoliers de futurs consommateurs et de futurs salariés exploités soumis docilement à la précarité.

En ce sens, la suppression de la carte scolaire - prônée jusque dans nos rangs - nous inquiète : elle ne va pas permettre d'avancer vers la mixité sociale, bien au contraire. Certes, le système actuellement en vigueur est injuste et largement détourné par les privilégiés. Mais on pouvait imaginer de réformer la carte scolaire sans la supprimer. Il serait en la matière peut-être utile que les instances régionales des conseils économiques et sociaux soient saisies de cette question et proposent un redécoupage des secteurs scolaires permettant une vraie mixité sociale : en associant par exemple des centres-ville et des banlieues, en développant des établissements sur des zones « frontalières », etc. On pouvait imaginer également une réflexion sur une politique de « bassins », plusieurs établissements (écoles, collèges et lycées) travaillant ensemble pour organiser la mixité sociale en leur sein.

Aujourd'hui, on se contente d'une suppression progressive qui va bénéficier à ceux qui sauront en profiter. Le plus inquiétant, c'est que les « bons » établissements font l'objet de très importantes demandes : on fait croire aux parents qu'ils vont pouvoir choisir leur établissement. En réalité, ce sont les établissements qui choisissent déjà les élèves.

Le système éducatif contribue à reproduire les inégalités existant dans la société : on assiste aujourd'hui à une stagnation, voire à une régression de la démocratisation de l'accès à l'enseignement et aux diplômes ! D'un côté, l'accès aux diplômes les plus prestigieux est de plus en plus réservé à une élite, qui détient un savoir « secret » ultra-discriminant, celui de « l'orientation » : elle sait quelles sont les bonnes filières, les bonnes classes préparatoires, les bonnes options. D'un autre côté, au moins 60 000 élèves sortent chaque année du système scolaire sans aucun diplôme.

Il faut s'attaquer au noyau dur des élèves en situation d'échec, en se donnant les moyens d'apporter à chaque problème que rencontre un élève une réponse adaptée. Certains tendent à penser qu'il existe des élèves « irréductibles » à l'acquisition des savoirs, qu'il faudrait exclure pour préserver les autres. Accepter cette fatalité, c'est renier l'exigence d'égalité. L'inégalité et l'acceptation du déterminisme commencent dans les têtes des enfants.

Le président de la République et le ministre de l'éducation ne cessent de dénoncer le pédagogisme dont ils affirment que Philippe Mérieu est le principal représentant. Cette stigmatisation n'a à nos yeux qu'un véritable objectif : écarter la vraie question, qui est « que fait-on des élèves qui ne veulent pas apprendre ? ». Les pédagogues n'ont cessé de poser cette question et le font encore obstinément. Le gouvernement actuel répond par des « y a qu'à » et « il faut que ». Il pense que s'intéresser à la mobilisation des élèves sur leurs apprentissages est de la démagogie et du temps perdu, alors que c'est la seule condition pour une véritable démocratisation. Si on ne traite pas de la question du désir d'apprendre, seuls ceux qui ont trouvé leur panoplie de bon élève au pied de leur berceau vont réussir à l'école. Sous prétexte de réalisme, la politique d'aujourd'hui tourne le dos à tous les acquis de la pédagogie. Elle est plus proche du formatage que de l'éducation, et si je devais souhaiter une chose, ce serait qu'on réhabilite le patrimoine et la formation pédagogiques dans tous les domaines. Célestin Freinet, Maria Montessori, Anton Makarenko, Lorenzo Milani, Pestalozzi, Oury, ont beaucoup de choses encore à nous apprendre. Si nous ne les écoutons pas un peu, nous allons vraiment sacrifier une génération d'élèves. Les méthodes qui ont « fait leurs preuves », ce sont eux qui les ont proposées et ce sont eux qu'il faut écouter.

Une réforme radicale des trois premières années de l'université est nécessaire. Aujourd'hui, l'université, pour beaucoup d'étudiants, c'est la jungle et le règne de la débrouille. Seuls quelques étudiants motivés et adaptés survivent. D'ailleurs, beaucoup d'entre eux préfèrent aller en classe préparatoire, en BTS ou en DUT, où ils ont le sentiment d'être mieux encadrés, mieux suivis, et mieux épaulés dans leur travail. Il faut donc penser une pédagogie totalement différente pour l'entrée à l'université, avec des petits groupes, des apprentissages méthodologiques, un tutorat systématique, des entretiens d'évaluation réguliers…

Reprendre l'offensive dans le monde enseignant :

Nous sommes donc convaincus qu'une réelle unité d'action doit se construire entre une gauche progressiste et l'ensemble des acteurs du milieu éducatif. En effet nous ne pouvons nous permettre de regarder se dégrader la situation et de constater les dégâts résultants des politiques de droite mais également agir par l'intermédiaire des organisations professionnelles et syndicales d'enseignants, des syndicats étudiants et lycéens, des mutuelles, des organisations de parents d'élèves mais nous devrons également agir en commun avec les mouvements d'éducation populaire pour ne pas baisser les bras concernant une population nombreuse qui a été quitté le milieu scolaire ou universitaire.

Attention à éviter certains faux débats… Nous ne sommes pas hostile a priori à la bivalence, dès lors qu'elle s'effectue sur la base du volontariat des professeurs. Un des problèmes majeurs des établissements du second degré aujourd'hui est la fragmentation des enseignements. L'élève n'a pas de vision globale des exigences de ses professeurs, et ces derniers ne constituent pas une véritable équipe susceptible d'assurer un suivi cohérent et une relation constructive avec les familles. Il faut penser des unités pédagogiques d'une centaine d'élèves, confiées à une douzaine de professeurs, qui y effectueraient la totalité de leur service. Ils jouiraient ainsi d'une liberté pour adapter leur enseignement aux élèves et pourraient être véritablement impliqués dans le fonctionnement de l'établissement. Concernant l'accès à la bivalence, il faut proposer aux enseignants une année sabbatique de formation en compensation de leur acceptation et de leur engagement à se former et à enseigner dans une deuxième discipline.

Le manque de reconnaissance sociale et financière des enseignants est très grave aujourd'hui. C'est l'une des principales raisons du malaise. Probablement a-t-on profité de la féminisation massive de ce métier pour ne pas trop en augmenter les salaires, ce qui est proprement scandaleux. Dans l'histoire pourtant, les professeurs n'ont guère été mieux payés qu'aujourd'hui. Mais ils jouissaient d'une estime sociale et d'un statut qui pouvaient compenser ce déficit financier. Par ailleurs, les difficultés du métier étaient moindres : aujourd'hui, on attend du professeur qu'il assume des fonctions qui ont été progressivement abandonnées par la religion, la collectivité et la famille. On attend de lui qu'il promeuve des valeurs qui sont radicalement contraires à celles de la publicité et des médias. On exige qu'il fasse réussir tous les élèves... Tout cela est, somme toute, une évolution logique sinon normale, mais qui nécessite de repenser la place de l'enseignant dans la société, la nature de ses missions, sa formation, et, bien évidemment, sa rémunération.

Il est par ailleurs désormais impératif de changer le système de recrutement pour mieux l'adapter à la réalité des écoles et des établissements. Pourquoi certains professeurs, parce qu'ils ont passé un concours plus difficile, auraient-ils moins d'heures de cours à effectuer, le plus souvent devant des élèves de centre-ville, et en étant plus payés. Il nous semble qu'il faut prendre en compte les difficultés réelles qui se posent sur le terrain et promouvoir la formation continue des enseignants. Dans ce cadre, l'agrégation pourrait être une promotion pour ceux et celles qui se sont beaucoup investis dans leur métier et ont mis en place des activités pédagogiques nouvelles et efficaces.

Par ailleurs, il faut sans doute réfléchir à l'équilibre, au sein des concours, entre les différentes épreuves. Les épreuves à caractère pédagogique sont insuffisantes et ne permettent pas vraiment de valider les compétences qui auraient été acquises dans ce domaine.

Renforcer l'éducation populaire :

Permettre à notre peuple de s’investir dans la construction de son avenir permet à la fois de le rendre partie prenante de ce projet mais aussi d’être acteur citoyen défendant l’intérêt général et mettant de côté tout intérêt particulier synonyme de division, d’individualisme, de communautarisme. Cette méthode est celle de l’éducation populaire qui s’inscrit dans une démarche républicaine.

Si l’éducation populaire peut se définir comme une pédagogie interactive où les individus sont acteurs de leur propre formation, elle est avant tout l’apprentissage de l’initiative, de la prise de responsabilité et de l’autonomie. Elle se propose de faire émerger, par des pratiques collectives de mise en situation, les ressorts, les potentialités inhérentes à chaque individu, à chaque groupe. En ce sens, l’éducation populaire incite à l’action collective, à la découverte de l’exercice du contre-pouvoir. Elle peut permettre à chacun de s’épanouir et de trouver sa place de citoyen. Elle permet à chacun(e) de progresser et de développer, à tous les âges de la vie, une réelle capacité à vivre en société.

L’éducation populaire n’est la propriété de personne ; au contraire, elle est disponible pour tous, sans différence de classe ni de fonction. Elle suppose un effort de tous, une soif de connaître et d’écouter réciproquement, quels que soient les statuts et fonctions.

Elle est une méthode incontournable pour faire vivre la démocratie participative. Elle est l’élément indispensable de la construction d’un projet de société qui réduit les inégalités sociales, culturelles et économiques. En ce sens, elle vise à l’émancipation collective et collectivement, de tous et par tous ! L’intervention associative est d’autant plus importante qu’elle n’apparaît pas, aux yeux des citoyens, comme liée à des enjeux de postes électifs mais à la défense d’une orientation politique claire.

L’éducation populaire peut et doit être notre outil pour contribuer à faire comprendre les enjeux et la complexité des situations vécues, à faire prendre conscience aux individus de leur place et de leur rôle possible, à leur permettre d’acquérir leur autonomie afin de maîtriser les situations plutôt que de les subir. Elle contribue à la construction de la conscience individuelle et collective pour permettre la transformation sociale. L’éducation populaire, dans le prolongement de l’enseignement public, parce qu’elle permet à chacun de s’approprier une citoyenneté active, contribue à défendre et à renforcer les valeurs de la République. L’éducation populaire offre aux personnes l’outil pour redevenir des acteurs démocratiques, des porteurs de projets.

Si nous souhaitons être compris, nous devons d’abord savoir entendre les nouvelles attentes des citoyens. Ils exigent désormais des orientations politiques claires s’inscrivant dans le respect et la défense de nos valeurs républicaines socialistes. Ils exigent d’en être les acteurs. La crise politique, sociale et institutionnelle dans laquelle notre pays est entré ne peut se dénouer que par un changement radical du lien que nous entretenons avec notre peuple. Nous devons lui proposer un modèle démocratique rééquilibré. Le moment est venu de donner à la démocratie participative les moyens, y compris institutionnels, de se développer.

Cela concerne tous les segments de la vie sociale :

  • dans la cité avec la place et le rôle des conseils de quartier, les droits et obligations des élus (majoritaires et minoritaires), le droit d’interpellation citoyen tant auprès des collectivités élues que des entreprises locales, reconnaissance de la place et du rôle des associations de défenses d’intérêts collectifs non communautaires (consommation, environnement, loisirs,…) ;

  • dans l’entreprise avec la protection accrue de l’exercice du droit syndical, la valorisation et la protection des institutions représentatives des personnels dans TOUTES les entreprises, la reconnaissance des accords majoritaires, la modification des règles de la représentativité ;

  • dans l’éducation avec le développement des structures de la vie lycéenne, un rôle accru des partenaires de la co-éducation (parents d’élèves, associations partenaires de l’école publique, projets d’établissement) ;

  • dans la vie culturelle avec son accès pour tous dès la scolarité, l’abandon de la logique commerciale des programmes télévisuels publics laissant place à la création et à l’ouverture sur le monde.



Frédéric Faravel

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Published by FARAVEL - dans Education
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