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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 15:37
Il faut croire que museler les parlementaires français de gauche, virer les préfets qui ne peuvent empêcher les manifestations, ignorer les revendications sociales des Français et insulter certains d'entre eux, ne suffit plus à Nicolas Sarkozy ; lundi 2 février 2009, à l'occasion de la visite du premier ministre "libéral" du Québec, Jean Charest, le Président de la République française s'est livré à une véritable agression verbale contre un grand courant démocratique et progressiste de nos cousins francophones d'Amérique.
Il faut croire sans doute que cela recouvre surtout une ignorance crasse de la réalité politique à l'extérieur de l'hexagone, mais peut-être nos camarades du Parti Québécois vont-ils enfin chercher à resserrer les liens avec le PS.
Frédéric Faravel

Sarkozy plaide pour «l'unité» et contre le «sectarisme»

Sarkozy plaide pour «l\'unité» et contre le «sectarisme»

Nicolas Sarkozy a remis les insignes de Commandeur de la Légion d'honneur à Jean Charest, lundi, à l'Élysée.

Photo: AFP

Tommy Chouinard - La Presse

(Paris) Le président français Nicolas Sarkozy en remet. Il a réservé aujourd'hui un enterrement de 1ère classe à la politique de «non-ingérence, non-indifférence», qui définit depuis des années la position diplomatique de la France vis-à-vis le Québec.

En termes à peines voilés, il a plaidé en faveur de l'unité canadienne lors de la remise de la Légion d'honneur au premier ministre Jean Charest. Sans parler directement du mouvement souverainiste, le président a dit rejeter le «sectarisme» et «l'enfermement sur soi».

«La non-ingérence, non-indifférence, honnêtement, ce n'est pas trop mon truc», a lancé M. Sarkozy à l'Élysée.

«On a dit: tu vas toucher un tabou, encore un. Eh oui. Quand on est sincère, pourquoi un ne pas toucher un tabou ?», a-t-il ajouté.

Le président a rappelé qu'à ses yeux les Québécois sont des frères et les Canadiens, des amis. «Je préfère dire aux Québécois que nous sommes de la famille plutôt que de dire : il n'y a pas d'ingérence... Quel amour !» a-t-il affirmé, sous des applaudissements nourris.

Puis, Nicolas Sarkozy a repris à peu de choses près les termes qu'il avait utilisés l'automne dernier à Québec pour manifester son appui à l'unité canadienne. «Croyez-vous que le monde avec la crise sans précédent qu'il traverse a besoin de division ? A besoin de détestation ?» a-t-il dit.

«Est-ce que pour prouver qu'on aime les autres, on a besoin de détester leurs voisins ? Quelle étrange idée! Est-ce que le message de la Francophonie ne doit pas être un message de rassemblement, d'union, un message d'entente, d'ouverture, de tolérance», a ajouté M. Sarkozy.

«Ceux qui ne comprennent pas ça, je ne crois pas qu'ils aiment plus la Francophonie, je ne crois pas qu'ils aient compris le message de la Francophonie, les valeurs universelles que nous portons au Québec comme en France : le refus du sectarisme, le refus de la division, le refus de l'enfermement sur soi-même, le refus de définir son identité par opposition féroce à l'autre

Jean Charest a eu une réaction prudente. «Je vous laisse interpréter ses propos», a-t-il répondu aux journalistes. Il s'est toutefois dit convaincu que la politique de «non-ingérence, non-indifférence» réapparaîtrait si un référendum sur la souveraineté était tenu au Québec.

Nicolas Sarkozy a remis les insignes de Commandeur de la Légion d'honneur à Jean Charest. En plus des membres de la famille de M. Charest, plusieurs invités étaient présents : le premier ministre français François Fillon, son prédécesseur Jean-Pierre Raffarin, le secrétaire général de la Francophonie Abdou Diouf, le maire de Québec Régis Labeaume, Luc Plamondon, Garou, Carole Laure, Paul Desmarais de Power Corporation.

Sarkozy manque de classe, selon Gilles Duceppe

Sarkozy manque de classe, selon Gilles Duceppe

Gilles Duceppe - Photo: André Tremblay, La Presse

Karine Fortin - La Presse Canadienne - Ottawa

Le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe n'a clairement pas digéré les récents propos du président français, Nicolas Sarkozy, au sujet de l'indépendance du Québec et de ceux qui en font la promotion.

Aux yeux du politicien montréalais, M. Sarkozy a manqué «à la fois de classe et de dignité» en plus d'étaler «son ignorance crasse de la situation québécoise» quand il a accusé les souverainistes de faire preuve de sectarisme et d'étroitesse d'esprit.

Sans aller aussi loin, ses collègues Louis Plamondon et Pierre Paquette ont eux aussi regretté que le président français se soit à nouveau mêlé des affaires canadiennes en affirmant que la politique de «non-ingérence, non-indifférence» envers le Québec n'était «pas trop son truc».

Les commentaires du chef d'Etat français ont cependant été beaucoup mieux reçus chez les conservateurs. La ministre des Affaires intergouvernementales, Josée Verner, a ainsi déclaré que le discours de M. Sarkozy était «salutaire» et qu'il fallait «passer à autre chose».

Pour la députée de Limoilou, Sylvie Boucher, le message du président a une résonnance particulière, en cette période économique difficile où tous doivent être «unis».

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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 15:29

Mulcair presse les libéraux d'agir

Mulcair presse les libéraux d\'agir

Photo La Presse

 
Hugo De Grandpré - La Presse - 14 janvier 2009 à 07h05 | Mis à jour à 07h11

 

(Ottawa) Le chef adjoint du NPD, Thomas Mulcair, et la présidente du caucus du parti, Judy Wasylycia-Leis, ont rencontré hier à Ottawa le ministre des Finances, Jim Flaherty, pour discuter du budget fédéral.

Lors d'une conférence de presse avant la réunion, M. Mulcair a précisé aux journalistes que cela prendrait un miracle pour que sa formation vote en faveur du budget attendu le 27 janvier.

Il a imploré les libéraux qui pourraient s'être refroidis pendant les Fêtes à l'idée de renverser le gouvernement Harper de ne pas laisser passer la chance de former gouvernement «progressiste».

«J'espère que les libéraux vont regarder le choix qui s'offre, a-t-il dit. Ou on laisse les conservateurs là, ou on les remplace. Je préfère de loin, dans l'intérêt de la population, les remplacer

Le député d'Outremont et unique représentant élu du NPD au Québec s'est dit sceptique face aux récentes démonstrations d'ouverture du gouvernement Harper pour une approche plus interventionniste de l'État dans l'économie canadienne.

«Leur but immédiat, c'est de sauver leur vie politique. Donc ils vont essayer de le remettre au-delà des six mois», a-t-il dit. Il faisait allusion à la période déjà évoquée par l'ancienne gouverneure générale Adrienne Clarkson, à l'intérieur de laquelle l'opposition devrait, selon elle, avoir la chance de gouverner si le parti au pouvoir perd la confiance de la Chambre des communes.

«D'où leur intérêt à dire n'importe quoi dans le budget, a-t-il poursuivi. Ils vont pouvoir plaider trois mois plus tard que la situation a changé et que ce n'est plus cela

À sa sortie de la réunion d'environ 1 heure et quart, hier soir, M. Mulcair a indiqué que sa position n'avait pas changé.

Des 3 partis de l'opposition représentés aux Communes, le NPD et le Bloc québécois ont déjà indiqué la quasi-certitude qu'ils votent contre le budget. La décision de garder les conservateurs au pouvoir retombera donc encore une fois sur les épaules du Parti libéral, dont le nouveau chef, Michael Ignatieff, a déjà ouvert la porte à ce que sa formation l'appuie.

M. Mulcair et Mme Wasylycia-Leis, ont par ailleurs présenté quelques demandes du NPD : des investissements majeurs dans des projets d'infrastructures prêts à démarrer; de l'aide directe aux familles sous forme de chèques pouvant aller jusqu'à 400$ par mois par enfant; et un plan pour stimuler l'économie équivalent à environ 2% du PIB, tel que recommandé par l'OCDE.

Ils ont aussi dénoncé la politique de baisses d'impôts privilégiée par le gouvernement conservateur depuis son arrivée au pouvoir, il y a 3 ans.

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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 15:03
Annus horribilis pour l'ADQ, consécration pour Québec solidaire
Annus horribilis pour l\'ADQ, consécration pour Québec solidaire

Photo La Presse Canadienne

 

Martin Ouellet - La Presse Canadienne - Québec - 23 décembre 2008

Annus horribilis. Aucune expression ne décrit avec plus d'éloquence l'année d'enfer qu'a connue l'Action démocratique du Québec en 2008. La formation de centre-droit a perdu tour à tour sa crédibilité, ses supporters puis son chef.

De l'autre côté de l'échiquier, Québec solidaire, véhicule de la gauche, la vraie, celle de l'intervention massive de l'État dans les affaires sociales, est sorti des limbes en 2008 avec l'élection de son premier député.Mais Amir Khadir, l'une des 2 têtes dirigeantes du parti avec Françoise David, n'est pas uniquement le porte-parole de la classe laborieuse. Il est aussi le second leader politique souverainiste de l'Assemblée nationale aux côtés de la péquiste Pauline Marois.

Vent de droite, vent de gauche, le parlement québécois a senti les brises de l'un et l'autre au cours de la dernière année.

L'élection du 8 décembre 2008 a bouleversé la dynamique héritée du précédent scrutin tenu à peine 20 mois plus tôt.

Invoquant la «tempête économique» à venir, le premier ministre Jean Charest a déclenché une élection précipitée qui allait le libérer des entraves de la cohabitation minoritaire, en plus de sceller le sort de l'ADQ comme opposition officielle et gouvernement en devenir.

Malgré une remarquable poussée du Parti québécois en fin de course, le chef libéral est parvenu à faire élire tout juste assez de députés pour former un gouvernement majoritaire, avec toutes les coudées franches pour imposer son ordre du jour.

Dans ce scrutin de fin d'année, l'ADQ a perdu 34 députés, ce qui constitue une hécatombe pour un parti qui avait failli prendre le pouvoir 20 mois plus tôt.

Mais en même temps, la catastrophe était annoncée depuis des mois, à mesure que les difficultés du parti à s'imposer comme opposition officielle devenaient de plus en plus manifestes.

À l'issue du scrutin, Mario Dumont s'est retrouvé à la tête d'un parti exsangue, avec seulement six députés pour l'épauler. Pour le chef de l'ADQ, ce retour à la case départ a sonné la fin des haricots. Après 14 ans de hauts et de bas à l'Assemblée nationale, Mario Dumont a jugé que le temps était venu de passer à autre chose.

L'Action démocratique va-t-elle survivre au départ de son fondateur et chef charismatique ? Rien n'est sûr, mais certains voyaient déjà le député Éric Caire reprendre la barre du vaisseau. Dans ce contexte, les prochaines années s'annoncent comme une longue et pénible traversée du désert pour les députés de l'ADQ. Certains pourraient être tentés de chercher refuge ailleurs, comme l'avaient fait deux d'entre eux peu avant la dernière campagne électorale. Ces transfuges croyaient améliorer leur chance de réélection chez les libéraux, mais ils ont tous deux été battus sans équivoque et sont retournés dans l'ombre.

Du côté du Parti québécois, la chef Pauline Marois a renforcé considérablement son leadership en 2008 et amorcera la prochaine année en zone de confort.

Alors que nombre d'observateurs doutaient de ses qualités de rassembleuse, Mme Marois est parvenue à faire élire 51 députés, avec une proportion des suffrages supérieure à ce qu'avaient obtenu ses prédécesseurs André Boisclair et Bernard Landry.

La leader péquiste aura cependant un défi considérable à relever dans les mois à venir: ranimer la flamme souverainiste sans souffler mot du calendrier référendaire.

Le petit dernier de l'Assemblée nationale, Amir Khadir, de Québec solidaire, retiendra beaucoup l'attention au cours de l'année qui vient. Aussitôt après avoir prêté serment à titre de député, M. Khadir, de la circonscription montréalaise de Mercier, a résumé le credo de sa formation : faire payer les riches - les particuliers et la grande entreprise - pour accroître le niveau de vie des plus pauvres.

Il est hasardeux toutefois de prédire l'impact qu'aura le discours de Québec solidaire dans la société québécoise. Des analystes pensent qu'Amir Khadir, par sa fougue et ses interventions, forcera les autres partis à orienter leurs politiques un peu plus à gauche de l'échiquier. D'autres avancent cependant que l'influence de Québec solidaire fond comme peau de chagrin à mesure que l'on s'éloigne du Plateau Mont-Royal.

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23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 15:03

Duceppe se sent en position de force

Duceppe se sent en position de force

Gilles Duceppe - Photo: PC

Hugo De Grandpré - La Presse

(Ottawa) Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, entend profiter de la crise économique pour faire avancer l'ordre du jour souverainiste de sa formation.

Dans une entrevue-bilan de fin d'année avec La Presse, M. Duceppe a insisté sur la force de son mouvement au Québec. Le Bloc, le Parti québécois et Québec solidaire, 3 formations souverainistes, détiennent 101 des 200 sièges de la province à la Chambre des communes et à l'Assemblée nationale, a-t-il fait valoir.

«Les Québécois ont fait confiance en majorité à des députés souverainistes», a noté M. Duceppe, en revenant sur les performances du PQ et du Bloc aux élections générales de 2008, et qui ont fait mentir bien des experts.

«On a maintenant à entreprendre cette nouvelle étape dans cette période de crise et à démontrer que la meilleure solution pour les Québécois, c'est de faire du Québec un pays»,a-t-il ajouté.

Maître de ses choix

Le chef du Bloc affirme qu'en matière de culture, de justice, mais surtout d'environnement, le Québec serait mieux servi s'il était entièrement maître de ses choix. «S'il y avait des cibles absolues et s'il y avait une Bourse du carbone, c'est de l'argent qui entrerait» au Québec, a-t-il donné pour exemple.

«Or, il arrive que l'économie d'une bonne part du Canada est basée sur le pétrole. Ça enrichit le Canada, a-t-il ajouté. Il faut montrer que l'on a des intérêts fondamentalement différents

Gilles Duceppe l'a dit et il le répète : la coalition créée en fin d'année par le Parti libéral et le NPD, et appuyée par son parti, amenait à son avis des avancées importantes pour le Québec.

«Je soulignerais simplement le fait que voilà 2 partis fédéralistes qui reconnaissent dans le préambule même de ce texte les Canadiens et les Québécois. Donc, il y a une différence, hein? Ça, c'est tout à fait neuf

Et il ne souscrit pas, du moins officiellement, à la thèse de ceux qui affirment que la coalition est moribonde. «Les libéraux se disent, et je le comprends : on va attendre de voir ce qu'il y a dans le budget», a-t-il dit.

Quant à son propre parti, il y a peu de chances qu'il vote pour le prochain budget conservateur - même s'il accepte de donner une chance au coureur. «Ça prendrait un changement de cap tellement majeur que je n'ai pas l'impression qu'il pourra le faire», a lancé M. Duceppe.

Mise en garde à Ignatieff

Coalition ou non, le chef du Bloc québécois a semblé sceptique face à la récente déclaration d'ouverture envers le Québec de son nouvel homologue du PLC. Il a fait remarquer que des propos passés de Michael Ignatieff laissent songeur, comme ceux rapportés récemment par l'ancien ministre péquiste Joseph Facal, dans le Journal de Montréal.

M. Ignatieff a accusé l'ensemble de la classe politique du Québec de vivre «dans une bulle d'illusions, et quelqu'un doit crever cette bulle», a écrit M. Facal. «De toute façon, de quoi pourraient bien se plaindre ces "Québécois casquette de baseball sur la tête, installés dans leur Cherokee ou Winnebago, avec en sourdine de la musique country"», a aussi dénoncé l'ancien ministre, paraphrasant le chef du PLC.

«On verra bien à l'usage, a pour sa part lancé M. Duceppe. Mais il a dit à Québec qu'il respectait les Québécois, que les députés du Bloc étaient légitimes, mais qu'ils ne pouvaient pas grand-chose à Ottawa... Il faudrait remarquer que s'il voulait diriger une coalition, il ne le pourrait pas sans l'appui du Bloc.»

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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 10:19

Layton adoucit le ton à l'égard de la coalition

Layton adoucit le ton à l\'égard de la coalition

Publié le 14 décembre 2008 à 14h34 - Jack Layton - Photo: PC

 

Jim Brown - La Presse Canadienne - Ottawa

Le leader du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, tempère ses propos dans sa campagne en vue de renverser les conservateurs de Stephen Harper, alors que les partenaires libéraux du NPD au sein de la coalition semblent manifester moins d'enthousiasme face à cette perspective.

En entrevue dimanche à l'émission Question Period du réseau CTV, M. Layton a assuré qu'il est toujours persuadé qu'un front commun composé des libéraux, du NPD et du Bloc québécois peut diriger une majorité à la Chambre des communes et offrir une solution de rechange réaliste à l'actuel gouvernement.

Mais le chef néo-démocrate a aussi dit trouver «raisonnable» que le tout nouveau leader libéral, Michael Ignatieff, veuille attendre le retour du Parlement et le dévoilement du budget des conservateurs, le 27 janvier, avant d'agir.

M. Ignatieff, qui doit prendre formellement la tête du Parti libéral cette semaine, s'est dit prêt à renverser le gouvernement minoritaire de Stephen Harper s'il le faut. Mais il a aussi décrit sa position comme étant : «la coalition si nécessaire, mais pas nécessairement la coalition». Cela en a incité plusieurs à émettre l'hypothèse qu'il pourrait se retirer de l'entente négociée par le leader sortant du PLC, Stéphane Dion, en vue de former une coalition PLC-NPD qui pourrait gouverner avec l'appui tacite du Bloc.

Le chef néo-démocrate estime que cette entente a déjà prouvé sa valeur en tant qu'outil de négociation, parce qu'elle a fait pression sur M. Harper pour qu'il reconsidère ses politiques. «La coalition a déjà commencé à transformer la façon dont le gouvernement aborde l'économie», a-t-il dit, ajoutant qu'il maintiendrait la pression.

Mais quand on lui demande s'il s'attend vraiment à siéger au cabinet aux côtés des libéraux, au début de l'an prochain, il répond d'une manière ambiguë. «J'espère que nous avons un gouvernement qui fera ce qu'il faut faire pour l'économie d'ici la fin de janvier, d'une façon ou de l'autre

M. Layton ne croit pas, personnellement, que M. Harper sera en mesure de proposer un budget qui répondra aux exigences des partis d'opposition. Cependant, il a ajouté que «c'est la saison des miracles» et qu'elle pourrait profiter à M. Harper lors de la composition de son nouveau budget.

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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 16:16

Manifestation pour la coalition à Montréal

Manifestation pour la coalition à Montréal

À Montréal, plusieurs centaines de personnes ont manifesté leur soutien à la formation d'un gouvernement de coalition.

Photo: André Tremblay, La Presse

Violaine Ballivy
La Presse

La fronde contre Stephen Harper sort des coulisses du Parlement à Ottawa et descend dans les rues du pays. Plusieurs centaines de personnes se sont massées hier à Montréal et à Toronto pour soutenir la formation d'un gouvernement de coalition par les partis de l'opposition et dénoncer la prorogation de la session parlementaire jusqu'à la fin janvier.

À Montréal, le rassemblement a débuté par une minute de silence à la mémoire des victimes de la tragédie de l'École polytechnique avant de se poursuivre par une longue série de discours de plusieurs politiciens et personnalités publiques.

Les représentants des grandes centrales syndicales de la province, instigateurs de la manifestation montréalaise, ont été les plus durs envers le premier ministre Harper à qui ils ont de nouveau reproché de faire du «Quebec bashing». Ils n'hésitent pas à comparer sa demande d'ajourner la session parlementaire aux actions d'un gouvernement autoritaire. «Stephen Harper veut régner en despote», a lancé la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, devant une foule hétéroclite de travailleurs, retraités, étudiants, hommes femmes et enfants.

Construire une solution de remplacement

«Oui, il faut s'indigner, mais il faut aussi freiner cet assaut contre la démocratie et construire une alternative qui repose sur l'appui de 62% de la population», a-t-elle dit, faisant référence aux votes recueillis par le Bloc, le NPD et les libéraux le 14 octobre dernier.

Le représentant du NPD, Thomas Mulcair, a tourné en dérision Stephen Harper et son utilisation de l'expression «séparatiste» dans la version anglophone de son discours à la nation, mercredi, au lieu du mot «souverainiste» dans la version francophone. «Avec Stephen Harper: Je vais me battre pour sauver les emplois se traduit par I am going to fight to save my job (je vais me battre pour sauver mon emploi)», a-t-il dit. «Il y a un mot qui se dit bien dans les deux langues: démocratie

La foule a applaudi avec enthousiasme ces paroles qui résonnaient souvent avec les propos des nombreuses personnes interrogées par La Presse. «Stephen Harper est une menace pour la démocratie. Il s'accroche au pouvoir par tous les moyens», s'est indigné hier Jean-Pierre Brodeur. Disant n'appartenir à aucune formation politique ou syndicale, François Millette était venu de Blainville «pour prouver que le mécontentement n'est pas seulement l'affaire des syndicats, mais de tous les citoyens». Il était accompagné de son fils de 11 ans, William, qui brandissait une pancarte faite le matin même pour décrier le «Quebec bashing» de Stephen Harper. «Ce qui se passe en ce moment va avoir un impact sur mon avenir», a dit le jeune homme d'un ton sérieux.

Quelques Ontariens, anglophones, étaient aussi du lot. «Harper agit comme si les bloquistes étaient entrés illégalement au Parlement, comme si le vote des électeurs québécois n'avait aucune valeur», a expliqué Marie-Lou Sutton, d'Ottawa.

Le militant souverainiste Gérald Larose croit que Michaelle Jean a posé un geste «totalement farfelu» en permettant l'arrêt de la session parlementaire. «Elle s'est prêté au jeu de quelqu'un qui avait perdu la confiance de la Chambre. C'est dégradant pour la démocratie

Les représentants des trois partis politiques fédéraux ont insisté sur la solidité de la coalition. Le chef du Bloc, Gilles Duceppe, soutient que la pause forcée des vacances de Noël n'aura pas d'effet sur la mobilisation des troupes, pas plus que les questions soulevées sur la présence de Stéphane Dion à la tête du Parti libéral. L'entente, a-t-il rappelé, a été signée entre des partis, plutôt qu'entre les chefs.

«La coalition est solide, elle a fait l'objet d'une pétition signée par tous les députés du Parti libéral», a aussi affirmé le libéral Denis Coderre.

Ailleurs au pays

Une manifestation similaire a réuni quelque 3000 personnes à Toronto, devant lesquelles Stéphane Dion et Jack Layton ont à leur tour lancé des appels à la mobilisation. Mais les partisans de Stephen Harper se sont aussi fait entendre bruyamment, hier. À Ottawa, 3000 personnes ont bravé un vent glacial pour manifester leur solidarité à l'endroit du gouvernement conservateur, contre 2000 à Calgary et quelque 200 à Halifax.

- Avec La Presse Canadienne

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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 15:55
La gauche souverainiste remonte fortement et les populistes de droite de l'ADQ s'effondrent malgré la réélection confortable de leur leader Mario Dumont (il démissionne de son poste de chef du parti).

Une majorité à l\'arraché

Jean Charest salue ses partisans réunis à Sherbrooke.Photo: André Pichette, La Presse

Denis Lessard
La Presse

C'est de justesse que Jean Charest a gagné son pari. Le Parti libéral l'a emporté hier et a décroché, à l'arraché, le mandat majoritaire qui lui avait échappé il y a 18 mois.

Une troisième victoire consécutive, c'est une première au Québec depuis Maurice Duplessis, en 1952. Mais c'est une bien courte majorité pour Jean Charest, qui a dû composer avec la performance surprenante du Parti québécois. M. Charest avait besoin de 63 sièges pour être majoritaire?; il en a obtenu 66. Cette récolte, bien maigre par rapport aux prédictions, est une véritable douche froide pour les stratèges libéraux, qui misaient sur plus de 70 circonscriptions. Le PLQ n'a recueilli que 42% des suffrages, moins que ce que prédisaient les sondages. Le PQ a obtenu de bien meilleurs résultats que prévu avec 51 sièges et 35% des voix, 7 points de mieux qu'en 2007. Pour l'ADQ, qui doit se contenter de 7 députés, c'est une descente en vrille, de 31 à 17% des votes. Son chef Mario Dumont a d'ailleurs annoncé hier soir sa démission comme chef du parti qu'il a fondé.

Autre première, Québec solidaire fait finalement son entrée à l'Assemblée nationale. À sa deuxième tentative, Amir Khadir a défait le péquiste Daniel Turp dans Mercier, huit ans après la fondation du parti de gauche par Françoise David.

Le taux de participation à ces élections, extraordinairement faible, aura fait mentir bien des augures. En dépit d'un vote par anticipation record la semaine dernière, seulement 57,3?% des Québécois se sont rendus aux urnes hier, le taux le plus bas depuis 1927. Le taux de participation avait oscillé de 78 à 70?% au cours des trois dernières élections générales.

Selon Jean Charest, les Québécois «ont reconnu la nécessité d'avoir un gouvernement de stabilité» en confiant un mandat majoritaire au PLQ. Devant les siens, à Sherbrooke, il a soutenu hier soir que, face à la «tempête économique» mondiale, l'élection de son gouvernement «permet de dégager un consensus» sur sa priorité?: l'économie.

Sans surprise, l'Action démocratique, qui avait obtenu 41 sièges il y a 18 mois, s'est effondrée. Son score est insuffisant pour que le parti soit reconnu à l'Assemblée nationale. Ses 17?% sont plus faibles d'un point que son résultat aux élections de 2003.

Devant cette déconfiture, Mario Dumont a sur-le-champ annoncé qu'il quitterait sous peu son poste à la tête du parti qu'il a fondé il y a 14 ans. «Les Québécois ont tranché, nous acceptons ce verdict. Dans ce contexte, j'assume devant les Québécois et nos candidats défaits toute ma responsabilité et vous ne serez pas surpris de m'entendre vous dire que je ne serai pas à la tête de mon parti lors des prochaines élections générales au Québec», a déclaré M. Dumont devant ses partisans à Rivière-du-Loup.

Il promet de rester «au cours des prochaines semaines» afin que la transition se passe sans heurts. «Le temps est venu pour moi de tourner la page et de retrouver les miens. L'ADQ a été aujourd'hui et demain un moteur de changement dont le Québec a besoin.»

Le PQ «a retrouvé sa fougue»

Avec Pauline Marois à sa tête, le PQ revient en force à l'Assemblée nationale. Mme Marois devient chef de l'opposition après avoir assuré à son parti une récolte étonnante de 51 sièges, comparativement à 36 en 2007.

«Les résultats vont surprendre plusieurs personnes...» a ironisé Mme Marois, triomphante. Elle a remercié ses troupes, galvanisées par les résultats. «On va former l'opposition officielle la plus forte depuis la Révolution tranquille», a-t-elle lancé. Le Parti québécois «a retrouvé sa fougue», a-t-elle insisté, relevant la «courte majorité» de Jean Charest.

«Il y aura un parti souverainiste à l'Assemblée nationale tant et aussi longtemps que la souveraineté ne sera pas faite», a-t-elle déclaré. Elle a toutefois invité ses supporters à «la nécessaire patience». «Aujourd'hui, on a monté une marche. La prochaine fois sera la bonne. Et ensuite, tout sera possible?!»

Le PQ récupère l'essentiel de la vingtaine de circonscriptions qu'il avait cédées à l'ADQ dans le 450, dans Lanaudière et dans les Laurentides aux élections de 2007.

Adéquiste en 2007, la circonscription baromètre de Saint-Jean ne retrouve pas son titre?: elle sera péquiste. Lisette Lapointe, la femme de Jacques Parizeau, conserve Crémazie. Les vedettes Bernard Drainville, Pierre Curzi et Camil Bouchard sont réélues. Louise Beaudoin vient les rejoindre. François Rebello, élu dans La Prairie, fera aussi son entrée à l'Assemblée nationale.

La totalité des ministres du gouvernement Charest ont été réélus, y compris Claude Béchard dans Kamouraska, qui combat actuellement le cancer. Pierre Corbeil, ministre défait en 2007, était en voie d'être réélu dans Abitibi-Est.

En fin de soirée, les libéraux avaient récupéré 13 circonscriptions des mains de l'ADQ, dont Portneuf et Bellechasse, en périphérie de Québec. Le PQ, lui, a fait un gain de 21 sièges, aussi aux dépens du parti de Mario Dumont.

L'ADQ a été repoussée dans ses retranchements à Québec et dans Chaudière-Appalaches. Plusieurs défaites sont douloureuses, dont celles de Sébastien Proulx, le leader parlementaire, qui a terminé troisième à Trois-Rivières, et de Gilles Taillon, qui a mordu la poussière dans Chapleau.

Les deux adéquistes passés au PLQ, Pierre Michel Auger dans Champlain et André Riedl dans Iberville, ont mordu la poussière.
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29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 13:35

Et si la Wallonie devenait française ?

Ophélie Wallaert (lefigaro.fr) avec La Voix du Nord et Le Soir - 29/07/2008 | Mise à jour : 14:19
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Une manifestation du parti RWF qui milite pour le rattachement de la Wallonie à la France, en septembre 2007.Une manifestation du parti RWF qui milite pour le rattachement de la Wallonie à la France, en septembre 2007. Crédits photo : AFP

Ce scénario, purement fictionnel, remporte l'adhésion d'une majorité des Wallons et de 60% des Français selon un sondage Ipsos.

Devenir Français et dire adieu à Albert II ? Apparemment cette idée n'est plus taboue chez notre voisin belge. Ainsi, 49% des Wallons se disent désormais favorables au rattachement avec la France, selon un sondage «transfrontalier» réalisé par Ipsos et publié mardi Le Soir, côté belge et La Voix du Nord, côté français. Plus que le chiffre, c'est l'évolution rapide des mentalités qui interpelle. 6 mois auparavant, ils n'étaient que 29% à trouver ce scénario séduisant. Un bémol : 45% des Wallons se déclarent «plutôt pas» ou «pas du tout» favorables à l'union franco-wallonne.

Surprenant également, 60% des Français semblent prêts à accueillir de nouveaux compatriotes après rattachement de la Wallonie à l'hexagone. Une «divine surprise après des décennies de mépris hexagonal», écrit ainsi Luc Delfosse, rédacteur en chef adjoint du Soir dans son éditorial daté de mardi.

La crise politique à rallonge que vit la Belgique semble donc avoir laissé des traces dans les esprits. A la question «la Belgique va-t-elle disparaître ?», 23% des Wallons répondent par l'affirmative alors qu'ils n'étaient que 16% en octobre 2007. A la même date, 78% des Wallons ne croyaient pas à la disparition du royaume, ils ne sont plus que 59% en juillet 2008.

Une idée de pure fiction mais de plus en plus évoquée

Alors que l'éclatement de la Belgique semblait impensable pour les Wallons il y a encore un an, ils semblent donc désormais accorder leurs violons avec ceux des Flamands. Ces derniers, qui représentent 60% de la population, ont déjà manifesté leur attrait pour un tel scénario. En octobre 2007, deux Flamands sur trois jugeaient ainsi la scission inéluctable, selon un sondage publié par Le Soir.

Purement fictionnelle, l'implosion de la Belgique hante de plus en plus les esprits. Le scénario avait été mis en scène en décembre 2006 par la RTBF. Alors que tout le monde l'avait qualifié à l'époque de canular, la chaîne publique belge avait affirmé de son côté que son unique but était de provoquer le débat.

L'hypothèse d'une scission de la Belgique et/ou celle d'un mariage franco-wallon a depuis fait du chemin. En témoigne ainsi la publication régulière de ce type de sondages dans la presse belge. Sur internet aussi,l'idée fait un tabac.En septembre 2007, un plaisantin avait par exemple diffusé une annonce sur le site de vente aux enchères eBay pour mettre en vente...la Belgique, qualifiée de «un royaume en 3 parties». Le vendeur déconseillait un achat en un seul bloc. Plus sérieusement, quand on fait une recherche par mots clés à partir du moteur Google, on peut avoir accès à des dizaines de forums et sites Internet évoquant la question. Parmi eux figure notamment le site du parti politique francophone belge RWF (Rassemblement Wallonie France) qui milite pour le «réunionnisme».

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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 10:12
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20 juillet 2008 7 20 /07 /juillet /2008 12:00
Le fossé belge et l'Europe plurielle
LE MONDE | 19.07.08 | 14h45  •  Mis à jour le 19.07.08 | 14h45

epuis 13 mois et un scrutin qui a creusé le fossé entre les 2 grandes communautés nationales, la Belgique - et l'Europe avec elle - est confrontée à une double question : ce pays est-il encore gouvernable et a-t-il, en fait, un avenir en tant que nation ? Le dernier épisode de la crise politico-institutionnelle belge n'incite, à cet égard, qu'à un peu plus de pessimisme. Il a commencé avec une démission inattendue du premier ministre Yves Leterme et s'est terminé 3 jours plus tard, de manière tout aussi surprenante, par le refus du roi Albert II d'entériner cette décision. Avec, à la clé, la désignation de médiateurs censés dire si Flamands et francophones peuvent, oui ou non, négocier ensemble l'avenir du royaume chancelant.

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C'est dans ce contexte que le pays célébrera, lundi 21 juillet, sa fête nationale. Il va falloir beaucoup d'imagination pour se convaincre qu'une telle commémoration a un sens alors que, par-delà la frontière linguistique, les politiques flamands et francophones s'invectivent. Au côté du roi, le premier ministre Yves Leterme tentera seulement de faire bonne figure, lui qui, en l'espace d'un an, a présenté trois fois sa démission au chef de l'Etat. 2 fois parce qu'il n'arrivait pas à former un gouvernement, une troisième parce qu'il ne pouvait plus le diriger sans mécontenter son parti.

Avant sa récente reculade, le leader chrétien-démocrate flamand semblait vouloir démontrer qu'il était capable d'endosser le costume de premier ministre fédéral. Il avait enfin proposé une discussion plus sereine, débarrassée des exigences de calendrier et de contenu. Il s'était rendu compte qu'il n'aboutirait à rien si la Flandre continuait à user, à l'égard des francophones, de menaces comme celles qui, il y a quelques mois, se traduisirent par un vote "bloc contre bloc", Flandre unanime - extrême droite incluse - contre minorité francophone. Cette dernière fut contrainte d'accepter la loi du nombre lors d'un vote sur le thème, hautement symbolique, de la scission du dernier arrondissement bilingue de Belgique, le désormais célèbre Bruxelles-Hal-Vilvorde.

Agissant (enfin) en arbitre, M. Leterme paraissait donc en mesure d'apaiser Bruxellois et Wallons. Mais finalement, il a quand même fait le choix de son parti chrétien-démocrate, le CD&V, et du "cartel" que ce dernier a formé avec les indépendantistes de la Nouvelle Alliance flamande (NVA), au détriment de son portefeuille et de l'intérêt du pays. "Je ne laisserai pas tomber le parti", aurait-il confié. Vraie ou fausse, la formule résume en tout cas l'état d'esprit d'un homme pétri d'ambition mais peu désireux, en tout cas, d'égaler ses prédécesseurs qui, de Wilfried Martens à Guy Verhofstadt en passant par Jean-Luc Dehaene, surent si bien jouer les équilibristes entre leurs origines et leur intérêt politique personnel d'un côté, les exigences et les lourdes contraintes de leur pays de l'autre. Ce faisant, ils devinrent des dirigeants de premier plan, dont l'Europe a vanté les qualités.

Yves Leterme incarne plutôt cette "nouvelle Belgique" qu'esquisse, avancée après avancée, son parti et, au-delà, un courant dominant en Flandre. Héritier du vieux combat, justifié, pour la reconnaissance de la langue et de la culture flamandes, ce mouvement a embrayé sur des revendications politiques, synthétisées dans le "modèle fédéral" mis en place depuis 1970. Alors que toutes ses demandes ont été satisfaites et que sa domination de l'Etat fédéral est solidement ancrée, la Flandre continue d'invoquer des raisons d'ordre historique pour justifier désormais des requêtes d'un autre type. Territoriales, parce que la présence - parfois massive - de francophones sur le territoire de la région reste perçue comme un risque, celui d'une nouvelle domination culturelle. Economique, parce que la Flandre, prospère et bien gérée, ne pourrait plus supporter des transferts d'argent "injustifiés" vers l'Etat fédéral. Comprenez vers une Wallonie qui se complairait dans le "hamac de la sécurité sociale", selon une formule qui fit florès.

"LA FLANDRE QUI GAGNE"
Cette Flandre-là - qui ne résume cependant pas la diversité d'une région multiple - cache aussi sous des alibis de "bonne gouvernance" un programme non exempt d'égoïsme et qui entend mettre fin aux "transferts d'argent injustifiés". Acceptables jusqu'à un certain point par les plus réalistes des francophones - ceux qui ne s'accommodent pas de la façon, hasardeuse ou scandaleuse, dont la Wallonie a été longtemps gérée -, ces arguments ne sont toutefois plus audibles lorsqu'on les confronte aux vraies exigences d'une majorité flamande. Exigences d'une scission, partielle ou complète, des politiques de la santé, de la fiscalité, voire de la justice.

Relayées par des médias, des leaders d'opinion et de nombreux responsables, ces idées ont irrigué en profondeur un parti comme le CD&V. Cadres et militants de cette formation, abreuvés d'un discours quotidien sur "la Flandre qui gagne" - à l'opposé d'une Wallonie qui perdrait volontairement -, se persuadent désormais que la Belgique fédérale n'est qu'un boulet qu'il ne faut plus traîner.

Que M. Leterme brise un dernier tabou et s'allie à un petit parti ouvertement partisan de la disparition du pays, et voilà ladite base en route pour une autre étape. Celle où l'éclatement de l'Etat paraît inéluctable et prend, dans un premier temps, la forme "douce" du confédéralisme. Histoire de ne pas sacrifier Bruxelles à un credo indépendantiste, certes mobilisateur, mais suffisamment réaliste pour ne pas laisser la région-capitale aux mains des francophones, qui y sont majoritaires.

Emporté par ce courant qu'il a lui-même conforté, amplifié, M. Leterme a récemment accusé les francophones de rendre "inconciliables" les positions au sein de l'Etat fédéral. Le propos est lourd de sens. Il reste donc à savoir pendant combien de temps encore le "modèle" belge, multilingue, multiculturel et riche de ses diversités, résistera à de tels coups de boutoir. S'il finit par être taillé en pièces ce système du consensus, du compromis et du débat, ce prétendu "laboratoire" d'une Europe plurielle finira par offrir à celle-ci la parfaite antithèse de ses valeurs. Une autre mauvaise leçon pour l'Union.


Correspondant au Benelux - Courriel : stroobants@lemonde.fr

Jean-Pierre Stroobants
Article paru dans Le Monde du 20.07.08

Philippe Moreau-Defarges, chercheur à l'IFRI
Belgique : "L'intégration européenne a un effet désintégrateur sur les Etats"
LEMONDE.FR | 18.07.08 | 20h01  •  Mis à jour le 18.07.08 | 20h13

our Philippe Moreau-Defarges, spécialiste des questions européennes à l'Institut français des relations internationales (IFRI), la crise identitaire que traverse la Belgique illustre l'affaiblissement des Etats dans un environnement démocratique prônant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Selon lui, l'intégration européenne accélère naturellement cette désintégration des Etats.

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Le roi Albert II a refusé la démission du premier ministre belge, Yves Leterme, qui aura pour mission d'établir un "dialogue institutionnel" entre les communautés flamande et wallone. Que peut-on attendre de ce dialogue ?

Philippe Moreau-Defarges : Le roi fait ce qu'il peut pour sauver l'unité de la Belgique, avec des pouvoirs extrêmement limités. Il a certainement le sentiment d'avoir affaire à une classe politique qui, dans sa majorité, se résigne sinon à l'éclatement de la Belgique, du moins à une formule confédérale très souple. Le diable est dans les détails : on voit bien que la crise se focalise de plus en plus sur des questions de partage de circonscriptions, sur des détails. Le pacte social et le lien Wallons-Flamands est tellement abîmé qu'on essaie de le rebricoler sans cesse, mais à force de le rebricoler, le résultat est de plus en plus précaire, compliqué et fragile.

La Belgique va-t-elle s'orienter vers un système confédéral ?

Il y a 3 hypothèses. La 1ère, c'est le statu quo ; au vu de la profondeur de la crise, il est exclu. La 2ème, c'est la confédération, c'est-à-dire une Belgique qui n'aura plus qu'un seul lien, le roi, et de très faibles éléments communs dont la politique étrangère et, sans doute, un statut particulier pour Bruxelles. C'est probablement la solution vers laquelle s'orientent les esprits les plus raisonnables. L'idée étant une séparation totale des dépenses sociales entre Wallons et Flamands.

La 3ème hypothèse, c'est l'éclatement pur et simple de la Belgique. Rien n'est impossible en histoire, mais une éventuelle partition devra passer par un référendum. Or la Belgique ne peut pas prendre aujourd'hui le risque d'organiser un référendum qui déchaînerait les passions. Les indépendantistes demanderont un référendum chez les Flamands et un chez les Wallons ; les Wallons un référendum entre tous les Belges. D'un côté, cette question insoluble du référendum constitue une grande chance pour l'unité de la Belgique.


En février, le Kosovo a proclamé son indépendance, reconnue par de nombreux pays européens. Des revendications indépendantistes existent aussi en Ecosse, au Pays basque, en Corse, en Belgique... S'agit-il d'une tendance de fond ?

Il y a en effet une tension croissante entre la stabilité des Etats et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. La 1ère cause, c'est la paix, qui favorise la fragmentation des Etats et la remise en cause des acquis. Mais la question de fond, c'est la transformation radicale du pacte étatique, qui est devenu un instrument entre des groupes aux intérêts divergents. Si un jour les Flamands, les Ecossais, les Bretons, les Catalans ou les Québéquois disent démocratiquement par un vote qu'ils ne veulent plus faire partie de tel Etat, au nom de quoi peut-on les en empêcher ?

Lorsque certains Etats reconnaissent l'indépendance du Kosovo, ils reconnaissent le droit d'un peuple à se séparer d'un Etat parce qu'il ne s'y sent plus à l'aise. Les indépendantistes flamands ne demandent pas autre chose. Il y a un véritable problème lié à la démocratisation très profonde du pacte étatique et au fait que les acteurs de ce pacte disent : "Moi, je ne fais partie de ce pacte que dans la mesure où il me convient. Si ce pacte ne me convient pas, j'ai le droit de m'en aller." La démocratie est beaucoup plus qu'un régime politique, c'est une grande idée selon laquelle chacun a le droit d'être lui-même, à l'égal de l'autre. Ce qui implique que chaque peuple a droit à son propre Etat. On peut faire un parallèle extrêmement intéressant entre le divorce entre les individus et le divorce entre les peuples. La grande question est : qu'est-ce qu'un peuple ? Il y a donc un vrai problème entre la stabilité territoriale des Etats, dont le monde a besoin, et cette dynamique très forte de fragmentation.

L'intégration européenne accélère-t-elle cette désintégration des Etats que vous évoquez ?

Oui. L'intégration européenne a un effet désintégrateur sur les Etats membres. Les Etats perdent beaucoup de compétences qui sont transférées vers l'UE, et certains groupes estiment qu'ils n'ont plus besoin des Etats existants puisqu'il y a l'Europe. La construction européenne, qui reste en principe contrôlée par les Etats, doit donner la voix aux peuples, faire exister ces peuples, et contribuer par là même à la légitimation de ces mouvements.

L'UE n'a-t-elle pas au contraire intérêt à empêcher l'éclatement de la Belgique pour refermer cette boîte de Pandore ?
C'est tout à fait vrai, mais en histoire, la raison ne l'emporte pas toujours, et même rarement. Les Etats de l'UE ont tout intérêt à empêcher l'éclatement de la Belgique, qui est au cœur de l'UE. Mais comment des Etats démocratiques pourront-ils s'opposer à une Flandre demandant démocratiquement à constituer son propre Etat ?

Quel pourrait être l'attitude de l'UE vis-à-vis de ces nouveaux Etats ?

C'est l'un des grands débats à venir. Si la Flandre devient indépendante, comme l'Ecosse peut-être un jour, sera-t-elle membre de droit de l'UE ou devra-t-elle poser sa candidature ? Supposons que demain, la Flandre devienne indépendante, pose sa candidature d'adhésion à l'UE, et que la Wallonie soit considérée comme l'Etat belge. Que va faire la Belgique wallonne ? Evidemment, elle dira non à l'entrée de la Flandre dans l'UE. On est au début de bras de fer extrêmement difficile entre les Etats tels qu'ils existent, la construction européenne et certains mouvements qui vont jouer la carte de l'indépendance.

Propos reccueillis par Soren Seelow
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