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Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis alternativement à Bezons dans le Val-d'Oise et à Massy dans l'Essonne. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. Je suis membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, en charge du pôle "Idées, formation, riposte".
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Gauche Républicaine & Socialiste

20 juillet 2007 5 20 /07 /juillet /2007 09:11
L'appel à la rénovation et à la refondation est invoqué de toute part... On somme le PS et la Gauche de se moderniser et on s’inquiète que sa composante socialiste soit si réfractaire à une mutation opérée par toute la social-démocratie européenne. On moque son archaïsme. On raille ses querelles. Les rénovateurs de tous poils s’organisent. Pour aller où ?
Vers la modernité clament certains. Modernité qui tient grosso modo en deux objectifs, l’un doctrinal qui sans renoncer à l’ambition de justice sociale réclame la conversion urgente aux principes économiques libéraux, l’autre structurel qui appelle une adaptation impérative de la gauche aux institutions de la cinquième république par la présidentialisation de sa principale formation – le parti socialiste – sous la férule d’un leadership fort.
Manuel Valls prétend désormais qu'il ne faut pas s'interdire de changer le nom du parti et Jean-Christophe Cambadélis demande la révision de la charte - c'est-à-dire la déclaration de principes du PS - afin de la mettre en phase avec la modernité et la réalité du monde. Ces questions et ces interpellations étaient de nouveau interrogées dans la discussion radiophonique entre Benoît Hamon et Delphine Batho, hier matin sur France Culture.

Mais que cache ces deux revendications émises par  deux des principaux représentants de l'aile sociale-libérale du Parti (peu importe que l'un soit plus proche de Ségolène Royal et l'autre soit  bientôt orphelin de Dominique Strauss-Kahn...) ?

La déclaration de principes du Parti socialiste, d'abord, a été rédigée en 1990 et faisait suite à celle établie lors d'une autre refondation du Parti socialiste en 1969. Dans ses sept articles, elle tire le constat de l'acceptation de l'économie de marché, acceptation établie dans les faits gouvernementaux depuis 1983. Elle est très modérée et réformiste et tranche avec une certaine radicalité marxiste qui caractérisait la SFIO et le nouveau Parti socialiste dans l'affichage.

Reprenons les points principaux :
  • "Le Parti socialiste se fixe comme objectif l’émergence, par la voie démocratique, d’une société qui réponde aux aspirations fondamentales de la personne humaine [...] Parti de rassemblement, il met le réformisme au service des espérances révolutionnaires. Il s’inscrit ainsi dans la démarche historique du socialisme démocratique."
  • "Le Parti socialiste est un parti de transformation sociale. La faillite des sociétés bureaucratiques ne lui fait pas oublier que le capitalisme développe les inégalités, accentue les déséquilibres mondiaux, exploite les richesses du Tiers-Monde et maintient dans de nombreux pays chômage et exclusions. Le Parti socialiste est donc favorable à une société d’économie mixte qui, sans méconnaître les règles du marché, fournisse à la puissance publique et aux acteurs sociaux les moyens de réaliser des objectifs conformes à l’intérêt général. [...]"
  • "Le Parti socialiste est un parti démocratique. [...] [il a] conscience de la limite des droits quand ils ne sont pas accompagnés des conditions concrètes susceptibles d’en permettre la réalisation."
  • "Le Parti socialiste est un parti ancré dans le monde du travail. Les mutations incessantes et profondes des sociétés contemporaines n’ont pas éliminé les oppositions des classes et groupes sociaux. [...]"
  • "Le Parti socialiste est fermement attaché à la liberté de conscience et à la laïcité de l’État et de l’école. Il estime que l’accès à l’information et à la culture est une condition essentielle de la démocratie. [...]"
  • "Parce qu’il n’y a pas d’hommes et de femmes libres dans une nation asservie ou sujette, parce que tous les problèmes majeurs sont devenus mondiaux, l’action du Parti socialiste s’inscrit dans un cadre national et international. [...] Le Parti socialiste fait le choix de l’Europe pour donner aux nations qui la composent les moyens d’affronter les défis de l’avenir. [...]"
Je vois mal ce qui pourrait justifier que l'on renonce à ses principes édictés, il est vrai, voici 17 ans, car je vois mal en quoi ils sont moins actuels aujourd'hui. Je comprends une justification à cette revendication de notre camarade Cambadélis : celle de s'accorder sur un texte plus flou encore qui permette de s'accommoder d'alliances ou de réformes inspirées par les dogmes néo-libéraux.

Sur le nom du Parti socialiste enfin...
Je me suis souvenu que lors de la période difficile que nous avons connu entre avril 1993 et janvier 1995, le changement de nom et l'abandon du terme "socialiste" avait été une revendication d'une partie des rénovateurs de l'époque. Revendication promptement enterrée car elle était loin de répondre aux enjeux auxquels étaient réellement confrontés le PS et qu'elle avait pour seul conséquence de braquer une partie des militants et des responsables socialistes.
Aucun Parti socialiste, social-démocrate ou travailliste n'a changé de nom en Europe et cela n'a pas empêché leur évolution, leur rénovation. Les Espagnols et les luxembourgeois se définissent d'ailleurs encore comme "socialistes ouvriers" et les Suédois comme "Parti social-démocrate des travailleurs", terminologie que d'aucuns dénonceraient comme archaïque si seulement ils étaient de bonne foi.
A quoi servirait-il de changer de nom ? "Parti socialiste", cela nous ancre dans une histoire politique particulière et rappelle à l'opinion les combats qu'il a fallu mener pour avancer sur la voie de la démocratie sociale, politique et économique. Pourtant il ne s'agit pas de fermer le débat d'une simple de fin de recevoir : la Gauche française est dans un état de délabrement avancé, elle est reconstruire et à rassembler. Si dans les mois ou les années à avenir émergeait enfin la possibilité de rassembler les différentes composantes dans un grand parti de la gauche française alors oui la question du nom de l'organisation et du drapeau à porter par ses militants se poserait, mais aujourd'hui nous n'en sommes pas encore là.

Frédéric FARAVEL

ps : je vous mets en ligne un vidéo publiée récemment sur Rue89

ITWHamon
envoyé par rue89
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18 juillet 2007 3 18 /07 /juillet /2007 15:01

Olivier Dussopt : "L’ascenseur social ? Mais il est en panne !"
Entretien avec Florence Belkacern, dans VSD. | 18 juillet 2007

Benjamin de l’Assemblée nationale, Olivier Dussopt, 28 ans, incarne un renouveau socialiste qui tarde à émerger. II est l’exception qui confirme la règle dans une Assemblée de plus en plus âgée. Le jeune député a des conceptions bien arrêtées, pas souvent favorables à Ségolène Royal.
 

VSD. Vous avez 28 ans et c’est votre premier mandat de député. Quelle est votre devise ?
Olivier Dussopt. Travailler et être présent
VSD. Je n’ai jamais entendu d’élu dire qu’il ne voulait rien faire et qu’il pratiquerait (absentéisme.
O. D. Certains le disent, seulement moi je tiendrai promesse.
VSD. Mais tous les hommes politiques disent aussi qu’ils tiendront leurs promesses.
O. D. Je viens d’une circonscription ingagnable par la gauche, dans le nord de (Ardèche. C’est donc une responsabilité supplémentaire si la gauche veut s’implanter durablement sur ces terres.
VSD. Qu’y a-t-il d’ardéchois, en vous ?
O. D. Tout : le pragmatisme, le bon sens et l’opiniâtreté. Il n’y a pas si longtemps, on disait chez nous < quand on trouve cinq francs-je parle des francs de la IVème République-, il n’y a pas de honte à se baisser pour les ramasser ». Un sou est un sou, et c’est un bon précepte.
VSD. Qui vous a transmis la fibre politique, dans votre famille ?
O. D. Personne.
VSD. À quel âge êtes-vous tombé dans la politique ?
O. D. À 14 ans. Je suis descendu dans la rue pour manifester contre le CIP d’Édouard Balladur. À cette époque-là, j’étais en troisième et mes parents gagnaient très mal leur vie. Ils alternaient chômage et travail et, lorsqu’ils avaient un emploi, ils étaient smicards.
VSD. Quel métier vos parents exercent-ils ?
O. D. Ils sont tous les deux ouvriers. Mais mon père est récemment décédé. Les voir vivre avec le SMIC a été pour moi la première injustice et ma première révolte.
VSD. Quand vous entendez Ségolène Royal critiquer le SMIC à 1500 euros alors que c’était une mesure phare de son programme, comment réagissez-vous ?
O. D. Je regrette profondément ses propos.
VSD. Qui était votre modèle politique, lorsque vous étiez étudiant ?
O. D. Martine Aubry. J’ai beaucoup d’admiration pour cette femme parce qu’elle incarne une volonté de changer les choses en profondeur.
VSD. Diplômé de sciences politiques puis député alors que vous êtes fils d’ouvriers, on peut dire que l’ascenseur social a fonctionné pour vous, non ?
O. D. l’ascenseur social ? Mais il est en panne ! Moi, c’est grâce au système des bourses que j’ai pu avoir un meilleur statut social que mes parent : Je suis l’exception qui confirme la règle.
VSD. Quelle sera votre place dans la définition du projet socialiste ?
O. D. On vient de perdre trois élections présidentielles et deux élections législatives de suite, il y a donc du pain sur la planche ! Les trois débat qu’on doit ouvrir, c’est : qui sommes-nous, quels sont nos objectifs, et comment les atteindra-t-on ?
VSD. Avec qui comme premier secrétaire ?
O. D. Vous les journalistes, il n’y a que les questions de personnes qui vous intéressent. Je suis dans une logique de projet d’abord, de candidat ensuite. Après, on choisira celui ou celle -plutôt celui d’ailleurs - qui portera nos couleurs.
VSD. Vous n’avez pas l’air de lire les journaux, monsieur le jeune député. Chaque jour qui passe livre son lot de fiel et de haine contre Ségolène Royal. Vous croyez que ce sont les journalistes qui font les questions et les réponses ?
O. D. Dans le nord-Ardèche, on ne me demande jamais qui sera le premier secrétaire du PS mais comment on peut changer la vie quotidienne. Désolé. Mais je ne me dérobe pas à votre question : j’apprécie beaucoup Bertrand Delanoë. Avec Benoît Hamon et jean Glavany, c’est l’un des trois dirigeants socialistes qui sont venus me soutenir.
VSD. Vous êtes un delanoéiste ?
O. D. Les candidatures au poste de premier secrétaire ne sont même pas ouvertes.
VSD. Encore la langue de bois. La course est déjà lancée pour diriger le PS. Vous n’êtes pas préoccupé par le fait que l’UMP mette en avant une nouvelle génération de dirigeants, et pas le PS ?
O. D. C’est vrai qu’au soir du second tour de la présidentielle, on a assisté à un match des sexagénaires du PS contre les trentenaires de l’UMP à la télévision. C’est d’autant plus paradoxal que notre électorat est plus jeune et plus divers que celui de la droite française :
VSD. Et votre conclusion ?
O. D. Plutôt une remarque : j’avais 3 ans et déjà Laurent Fabius comme Jack Lang étaient ministres et ils sont toujours les ténors du PS. Mon propos n’est pas de les déjuger, mais je suis pour donner de (oxygène neuf à notre projet.
VSD. Vous les cassez quand même, avec ce genre de formule.
O. D. J’ai du respect pour eux et aussi pour Dominique Strauss-Kahn et j’ai envie de profiter de leur expérience. Néanmoins, on a besoin de renouvellement et donc de l’arrivée d’une nouvelle génération.

"La droite parle de la valeur du travail tout en ignorant celle des travailleurs"

VSD. La droite n’est-elle pas en train de dépouiller la gauche de ses valeurs et de ses talents ?
O. D. Sarkozy a de bonnes lectures quand il invoque Blum et Jaurès. Mais il devrait appliquer leurs idées plutôt que seulement les citer.
VSD. Mais la valeur « travail » est en train d’être accaparée par la droite...
O. D. Sauf que la droite parle de la valeur du travail tout en ignorant celle des travailleurs. C’est ce que doit souligner la gauche.
VSD. Vous pensez que vous avez un destin ?
O. D. Je ne raisonne pas en terme de destin. Mais je sais que cette élection est le fruit de mon travail.
VSD. Comme celle de Nicolas Sarkozy ?
O. D. Je dirais comme pour tous ceux qui oeuvrent pour la France.
VSD. Votre maman est-elle fière de vous ?
O. D. Oui et c’est vrai que tout au long de la campagne électorale elle s’est vraiment impliquée. Sa seule crainte, c’est qu’avec ma nouvelle vie je lui échappe un peu.

 

VSD du 11 au 17 jullet 2007.

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18 juillet 2007 3 18 /07 /juillet /2007 08:56
Dans le débat actuel sur le service minimum dans les transports publics, on assiste à une véritable manipulation de l'opinion par la droite, les milieux d'affaires et le gouvernement.
La SNCF et la RATP, qui sont concernés au premier chef, et dont les salariés sont les principales cibles du projet de loi (on ne me fera pas croire que le projet de loi vise à réduire les grèves dans les transporteurs scolaires de province), vivent déjà une sorte de service minimum.  Au-delà, le gouvernement joue et alimentent les fantasmes de la populations françaises sur les dysfonctionnements des services publics de transports : qui rappelle - si ce n'est en 30s sur quelques radios - que le nombre de jours de grèves par salariés des transports fut de 0,5 en 2004 et de 0,06 en 2007 ? Les grandes grèves du services publics sont lointaines, les mécanismes de dialogue social se sont améliorés dans les deux entreprises citées plus haut.
Les dysfonctionnements subis par les usagers que les membres du gouvernement s'efforcent de nommer clients à chacune de leurs interventions tiennent plutôt à l'état du matériel roulant et à la dégradation - notamment en terme de sécurité - des conditions de travail : on est là en face de la responsabilité de la puissance publique et de l'Etat bien que celui-ci se soit déjà débarrassé sans transfert équitable des ressources d'une partie du problème en décentralisant l'autorité des transports vers les Régions.
Il est par ailleurs assez surprenant d'entendre certains de nos élus comme Michel Destot prôner sur ce sujet une opposition constructive, n'exprimant finalement pour seule véritable crainte les charges qui pèseraient sur la responsabilité des collectivités locales, majoritairement contrôlées par la gauche. Nous sommes ici dans un débat de principe, qui ne souffre pas d'accommodement d'autant que les raisons de la droite sur ce sujet sont à la fois spécieuses et sournoises.
On ne dira jamais assez que les motifs profonds du projet de loi et de Sarkozy tiennent avant tout à se prémunir contre la peur terrible qu'il éprouve, et toute la droite avec lui, au souvenir des grèves de novembre-décembre 1995. Juppé battu, le premier mandat Chirac affaibli dès les premiers mois, la droite considère que cet épisode social et politique est responsable du manque de force politique de la droite entre 1996 et 1997 ce qui la conduisit à la défaite en mai-juin 1997.
L'idée soutenue hier soir par François Fillon que le système, s'il était fécond dans les transports, pouvait servir de modèle à l'éducation, participe de la même psychologie et du même choix idéologique : François Fillon a un compte à règler avec les enseignants, et la droite avec elle. Il ne s'agit pas pour eux de s'assurer que les enfants - comme osait le dire ce matin Xavier Bertrand - ou les voyageurs soient bien traités dans les mois à venir, mais d'amoindrir les capacités des agents publics à exercer le droit de grève, car c'est dans cette catégorie de la population que les outils de résistance aux réformes réactionnaires que la droite va mettre en oeuvre existe encore.

Frédéric FARAVEL
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17 juillet 2007 2 17 /07 /juillet /2007 15:36
Militant, syndicaliste, universitaire ou tout simplement citoyen, le Parti socialiste vous invite à vous pencher vous aussi sur la rénovation du parti. Pour ce faire, trois grands forums seront mis en place dès la rentrée. De l’avenir de la solidarité, en passant par la citoyenneté, jusqu’à la mondialisation, tous les thèmes de la vie politique seront abordés.

François Hollande précise ici les questions qu’il faudra creuser, et auxquelles il faudra répondre, lors de ce grand débat national.

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16 juillet 2007 1 16 /07 /juillet /2007 09:25
Bien que je ne partage pas le point de vue de Benjamin Stora sur la droitisation de la société française, une bonne partie de ses réflexions ainsi que celles des autres invités, mérite une écoute attentive.
Fred

Du grain à moudre
par Julie Clarini et Brice Couturier
du lundi au vendredi de 17h à 18h
  Du grain à moudre


Ecoutez

Podcast
 
  émission du vendredi 13 juillet 2007
Les Français sont-ils conservateurs ?
 
 
La France vire à droite ?

Traumatisée par sa troisième défaite consécutive aux élections présidentielles, la gauche s’interroge. Oh pas sur ses propres erreurs d’analyse et de stratégie, sur le caractère obsolète ou non du logiciel à l’aide duquel elle pense les mutations de la société française. Ces questions, on est parvenu, rue de Solférino, à les repousser aux lendemains des municipales. Non, ce qui f ait débat, à gauche, c’est de savoir si l’on n’aurait pas à faire à un renversement d’idéologie dominante. Une série de tribunes publiées ces dernières semaines par Libération s’interrogeait sur la douloureuse question : la France serait-elle «passée à droite» ? Les idéologies conservatrices, longtemps tenues en suspicion par une grande majorité de la population, seraient insensiblement devenues, d’après certains signataires découragés, sinon hégémoniques, du moins majoritaires. Et ce qui oppose les signataires, c’est la question de la stratégie à adopter face à cette mutation : l’accompagner tout en essayant de la tempérer, ou s’y opposer frontalement. Mais cette «hégémonie conservatrice» supposée correspond-elle à la réalité ?
Une chose est sure en tous cas : la campagne présidentielle s’est largement jouée sur la question des valeurs, ce qui est une nouveauté. Et il faut bien relever que celles qui ont fait mouche ne relevaient pas du registre de l’innovation, de l’émancipation, encore moins de la transgression, mais bien du champ de l’ordre, de la sécurité, de l’effort : discipline plutôt que liberté, principe de précaution plutôt que goût du risque, mérite personnel plutôt que droits collectifs, nation plutôt qu’Europe ou ouverture.
Une version alternative au «glissement à droite» du corps électoral prétend que c’est le paysage politique qui est en complet bouleversement. L’ouverture voulue par Sarkozy aurait provoqué un véritable séisme – à droite comme à gauche, car la grogne du groupe parlementaire UMP, si elle est plus discrète, vaut bien les procès en apostasie des «traîtres» organisés au PS contre les Kouchner, Hirsch, Amara, Besson, Bockel et bientôt Jack Lang. Les repères rassurants qui balisaient notre cartographie idéologique sont par terre et nos boussoles s’affolent. Les clivages réellement significatifs passent, désormais, au sein de chaque famille politique, comme on l’avait déjà vu lors du référendum sur le Traité constitutionnel. Sur les grandes questions chaudes du moment : laïcité, promotion des minorités, temps de travail et contrat de travail, dette publique, réforme de l’Etat, politique industrielle, etc. le débat a cessé d’opposer un camp de la droite et un autre de la gauche.
Toutes ces questions seront débattues aux rencontre de Pétrarque que FC organise à Montpellier la semaine prochaine, animées par Emmanuel Laurentin et Nicolas Weill, dont vous retrouverez le programme sur notre site.
  Invités

 
Benjamin Stora.  Historien, Enseignant à l'INALCO. Professeur des Universités.

 
François Huguenin.  Historien.

 
Joseph Macé-Scaron.  Directeur adjoint de Marianne. Producteur à France Culture.

 
Paul Clavier.  Maître de conférences et Directeur des études littéraires à Normale Sup.
 
 
           
les livres
 
 
 
 

 
Paul Clavier
La côe argus des valeurs morales : arnaques ou bonnes affaires ? : testez-les !
Presses de la Renaissance - mars 2007


Voir le site

L'auteur s'interroge sur un certain nombre de valeurs morales qui semblent périodiquement avoir plus "la cote" que d'autres. Avec de l'humour et aussi du sérieux, il propose des définitions, des mises en situation interactives, des anecdotes, des réflexions, voire des références cinématographiques, pour celles qu'il examine.
-présentation de l'éditeur-
 
 
 

 
François Huguenin
Le conservatisme impossible : libéralisme et réaction en France depuis 1789
La Table Ronde - Février 2006

 

1793, la Terreur obscurcit les Lumières. Début du XXIe siècle, la France demeure politiquement hémiplégique. Pourtant, dès l'origine, des voix dissidentes se sont levées pour contester l'idéologie du Progrès. Pour dire que la Révolution peut être totalitaire. Le culte démocratique, liberticide. Et la modernité, nihiliste. D'emblée, deux écoles se sont formées. Le courant libéral et le courant réactionnaire. Tocqueville, Constant, Guizot puis Aron, Jouvenel d'un côté, Maistre, Bonald, Maurras de l'autre. Sans oublier les inclassables, de Burke à Boutang. Deux mouvances qui ont lutté pour leurs idées. Deux mouvances, aussi, qui se sont ignorées, confrontées, évitées. Pour aboutir à un dialogue de sourds, souvent mené à fronts renversés. Pour aboutir à la même incapacité de fonder une commune résistance face au socialisme. Pour aboutir à un échec partagé. Voici, longtemps attendue, l'autre histoire des droites en France. L'histoire intellectuelle dont François Huguenin brosse ici, avec brio et clarté, la fresque, convoquant les hommes, les événements, les textes, les pensées, ainsi que les grands commentateurs étrangers, de Hannah Arendt à Leo Strauss. Une histoire qui explique pourquoi, contrairement aux autres grandes démocraties, un pôle conservateur n'a jamais surgi en France. Une histoire qui permet de penser avec acuité, et en toute liberté, les débats et les urgences d'aujourd'hui.
- Quatrième de couverture -
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15 juillet 2007 7 15 /07 /juillet /2007 11:38
Ceux qui succombent à Sarkozy ont perdu la lucidité
Interview de B. Hamon dans le Journal du dimanche | 15 juillet 2007

ligne
Propos recueillis par Pascale AMAUDRIC. Les observateurs le considèrent comme la valeur montante du Parti socialiste. Député européen et chargé des questions européennes au PS, Benoît Hamon se veut combatif dans la "période grise" que traverse la gauche. Dans son viseur, la politique de Nicolas Sarkozy bien sûr, mais également ceux qui, dans son camp, ont préféré "aller voir ailleurs". Jack Lang en tête...

Le PS est en train de "s’autodétruire", a dit Jack Lang, a-t-il raison ?

 

Ces sentences sont fatigantes. Certes, des doutes profonds à gauche sont nés de la défaite, mais ce genre de prophéties vient de ceux qui n’ont plus l’énergie de se remettre en cause, n’ont plus envie de se mobiliser, préfèrent aller voir ailleurs. A ceux-là, je demande de ne pas mettre des bâtons dans les roues de tous ceux, jeunes ou moins jeunes, ce n’est pas une affaire d’âge, qui pensent que la priorité est de remettre la gauche au travail. De la remettre en état de marche, en commençant par dialoguer avec tous ceux à gauche qui s’interrogent de la même manière que le PS sur les marges de manoeuvre de la gauche dans une économie de marché mondialisée, sur les restrictions à poser au libre-échange, sur la crise de l’Etat-providence et celle du projet européen, sur les instruments d’une redistribution efficace ou sur les thérapies globales à mettre en oeuvre contre la dégradation accélérée de l’environnement. Sur ces sujets, tout le monde est en recherche et il faut travailler collectivement.

 

Il est quand même étonnant que la politique d’ouverture de Nicolas Sarkozy provoque autant de dégâts au PS ? N’êtes-vous pas tombé un peu bêtement dans le piège ?

 

Les électeurs de gauche attendent de l’honnêteté dans les trajectoires de leurs dirigeants. Le rappel à nos règles était nécessaire. Sarkozy n’a pas proposé au PS de travailler à l’intérêt général en intégrant une commission, non, il a désigné le seul responsable à gauche favorable à l’hyper- présidentialisation du régime. En matière d’ouverture on a connu plus audacieux. La pratique du pouvoir de Nicolas Sarkozy est connue, elle mêle amitiés médiatiques, bienveillance des puissances de l’argent et obsession à tout contrôler. Il y a d’autres rôles plus utiles pour les socialistes que celui qui consiste à prendre la plume pour adapter nos institutions à cet appétit de pouvoir personnel.

 

Comment s’organise la relève ? Quelle est sa priorité ? Quelles valeurs porte-t-elle ?

 

La rénovation ne se résume pas au remplacement de deux quinquas par trois quadras. Il s’agit d’être plus représentatif de la diversité de notre électorat. Il n’y a pas de génération providentielle. Nos valeurs sont connues, et prendre le virage de la modernité, ce n’est pas nous convertir aux axiomes de l’adversaire. Il nous revient de proposer de bâtir, sans timidité ni hégémonie, un grand parti au carrefour des gauches politiques, sociales et intellectuelles.

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15 juillet 2007 7 15 /07 /juillet /2007 11:34
Discours de N. Sarkozy sur les institutions
Réaction vidéo de B. Hamon lors d’un débat sur BFM TV | 15 juillet 2007

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Benoit Hamon était face à Dominique Paillé, Secrétaire général adjoint de l’UMP, dans le 19/20 présenté par Ruth Elkrief sur BFTM TV le 12 juillet.
Extrait de l’interview de B. Hamon : "La question c’est quel choix faisons-nous en terme de réforme institutionnelle ? Nous penchons en faveur d’une République parlementaire qui renforce le rôle du Premier ministre et du gouvernement et qui renforce aussi leur responsabilité envers le parlement..."
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14 juillet 2007 6 14 /07 /juillet /2007 14:16
Lang demande démission du PS : « C’est grotesque »
Entretien avec Benoît Hamon dans 20 Minutes | 12 juillet 2007

ligne
Benoît Hamon, député européen PS, a affirmé vendredi que "la gauche ne figur(ait) pas et n’(était) pas représentée" dans le gouvernement de François Fillon, accusant Nicolas Sarkozy d’avoir procédé a une "manoeuvre" pour "affaiblir le PS avant les législatives".

Après les « débauchages » de ténors socialistes par Nicolas Sarkozy, et la démission fracassante de Jack Lang, pressenti pour faire partie d’une commission sur les institutions, Benoît Hamon, député européen, et porte-parole du PS pour les dernières élections législatives, reconnaît que son parti connaît une crise, mais a bon espoir d’un sursaut rapide.

 

Que pensez-vous des déclarations de Jack Lang qui appelle à une démission collective de la direction du PS ?

 

Objectivement, je trouve ça un peu grotesque. C’est lui qui va accepter de participer à une initiative de Nicolas Sarkozy, et c’est nous qui devons démissionner ? C’est très curieux, et je crois qu’il faut que cela s’arrête. En démissionnant, il a pris les devants d’une décision qui allait de toute façon s’imposer à lui rapidement. C’est normal, sur des décisions aussi importantes, c’est la délibération collective qui prime. Surtout qu’on sait que Lang est un des seuls à ne pas partager le point de vue du PS sur la question présidentialiste (Jack Lang est favorable à un régime présidentiel).

 

Mais cela fait tout de même beaucoup…

 

Non, pas tant que cela, mais cela fait beaucoup de bruit. Jack Lang était quand même ministre du premier septennat de François Mitterrand. Des crises, nous en avons déjà rencontrées. Nous sommes manifestement dans une fin de cycle qui se passe d’autant plus mal qu’elle arrive après une défaite. Mais les fondations sont solides. Il y a un désir de gauche, un besoin de gauche qui existe toujours. Cela va se manifester, assez rapidement, plus rapidement d’ailleurs que ceux qui ont fait le choix de travailler avec Sarkozy le pensent. On verra à la rentrée des voix s’élever pour condamner les conséquences des politiques qui sont mises en œuvre.

 

Mais pour l’instant, vous êtes inaudibles…

 

Pour l’instant, nous sommes encore dans les annonces, et les politiques ne font pas encore sentir leurs effets. Prenons l’exemple du discours de Sarkozy sur le traité européen. Pendant les deux-tiers de son discours, il a parlé de lutte contre le dumping fiscal, de politique monétaire, autant de choses qui ne sont pas dans le traité. Sarkozy parle d’une chose, mais il en fait une autre.

 

Mais n’est-ce pas très déstabilisant pour le PS ?

 

Oui !, et ceux qui nous font le plus mal sont ceux qui sont issus de notre propre camp.

 

Et comment réagir ?

 

Nous devons travailler plus. Nous ne travaillons pas assez. Il y a des béances dans la pensée de gauche, et il faut les combler, trouver des solutions plus adaptées. On doit pouvoir aborder les questions de la lutte contre les inégalités, le partage des richesses… Ces problèmes existent toujours.

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13 juillet 2007 5 13 /07 /juillet /2007 22:59
Shadow rapporteur sur le rapport annuel 2006 de la Banque Centrale Européenne, Benoît Hamon est intervenu ce jour en plénière avant le vote demain du rapport.
 

Messieurs les Présidents, Monsieur le Commissaire, Chers collègues,

 

En premier lieu je voudrais ouvrir une parenthèse au sujet de ce visiteur d'un soir évoqué à l'instant par M. Juncker. Je vous invite, M. Juncker, à ne pas vous laisser abuser par ce visiteur du soir. Si la France ne peux pas respecter ses engagements en matière de discipline budgétaire, ce n'est pas en raison d'un investissement massif en faveur de la recherche, de l'éduction et de l'innovation conformément aux engagements de la stratégie de Lisbonne c'est en raison d'une politique de réduction de 14 milliards d'euros d'impôts ciblée sur les ménages les plus aisés au moment même où cette politique fiscale voit ses vertus sur la croissance, contestées par la plupart des économistes. Je ferme cette parenthèse.

 

Lire la suite "rapport annuel 2006 sur la BCE"

 
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13 juillet 2007 5 13 /07 /juillet /2007 10:13
Eurogroupe : douze ministres en colère contre Sarkozy
Derrière les caméras, le Président a dû revoir sa politique budgétaire.
Par JEAN QUATREMER - Libération : vendredi 13 juillet 2007

Que s’est-il réellement passé lundi soir à Bruxelles lors de la rencontre entre Nicolas Sarkozy et les douze ministres des Finances de la zone euro ? Le président de la République, lors de la conférence de presse qu’il a tenue vers 20 h 15, en compagnie de Jean-Claude Juncker, le président de l’Eurogroupe et ­Premier ministre du Luxembourg, a affirmé que tout s’était bien passé - «il y a eu un consensus assez général de ­satisfaction» - et que ses partenaires lui avaient donné ­quitus pour sa politique économique. Les médias français, à la différence des journaux étrangers, ont globalement répercuté ce message.
 
«Lest».
Or la réalité est un tantinet différente. «Le visiteur du soir», comme l’a appelé ironiquement Juncker, s’est fait au contraire sérieusement sermonner par l’ensemble des ministres des Finances présents, sans égard pour son rang, et il a dû prendre toute une série d’engagements pour les rassurer. «Nicolas Sarkozy ne s’attendait manifestement pas à cette levée de boucliers», raconte un témoin : «Cela a été un feu nourri contre la France. Tous les ministres se sont exprimés pour lui dire leur inquiétude.»
 
Un accrochage tendu a même eu lieu avec Peer Steinbrück, le grand argentier allemand, furieux de voir la France distribuer 13 milliards de cadeaux fiscaux et renvoyer l’équilibre des comptes publics à 2012, à la fin du quinquennat, alors que les treize pays de la zone euro se sont engagés en avril dernier sur la date de 2010. Le ministre l’a dit sans fioriture, comme ­à son habitude, mettant en ­doute la volonté de Sarkozy ­d’accomplir de vraies réformes structurelles.
 
Surpris par la violence du ton - qu’un germanophone attribue surtout à l’interprétation -, le chef de l’Etat lui a rétorqué : «Je ne vous permets pas de me parler comme ça.» Ambiance. L’Italien Tommasso Padoa-Schioppa, qui est déjà sous la pression d’une partie de sa coalition pour relâcher les efforts budgétaires, lui a aussi fait remarquer qu’il fallait tenir le cap, sinon la tâche des autres pays n’allait pas être facilitée. «Nicolas Sarkozy a dû lâcher du lest, alors qu’il ne comptait manifestement pas le faire», poursuit ce témoin. Ainsi, il a dû s’engager à ramener le déficit ­­à «moins de 2,4 % en 2008», c’est-à-dire moins qu’en 2007, alors qu’il aurait dû atteindre 2,7 % ou 2,8 % sans mesure correctrice. De même, il présentera dès septembre un «programme de stabilité» rectifié, quatre mois avant la date prévue, dans lequel il listera toutes les réformes structurelles promises. Enfin, il a promis qu’il ferait tous les efforts possibles pour arriver en 2010 à l’équilibre budgétaire, et qu’il affecterait toutes les recettes fiscales supplémentaires à la réduction du déficit.
 
«Exigence».
Une relecture attentive des propos tenus lors de la conférence de presse montre d’ailleurs que Jean-Claude Juncker, en dépit des démonstrations d’affection qu’il a eues pour Sarkozy, n’a rien cédé sur le fond. En particulier, il n’a jamais parlé d’un report à 2012 : «Nous avons ­retenu son engagement et celui du gouvernement de tout faire pour arriver à l’objectif de 2010.» Peer Steinbrück a dit exactement la même chose à l’issue de l’Eurogroupe : «Nous assumons que la France peut atteindre l’objectif approuvé en 2010.» Ce qui n’a pas empêché Sarkozy d’affirmer que la date de 2012 n’avait en rien effarouché l’Eurogroupe : «Si nous n’y arrivons pas [à atteindre l’objectif en 2010, ndlr], alors je ­demanderai à être au rendez-vous de 2012. Voilà très exactement le débat que nous avons eu.» Curieusement, c’est seulement ce message qui a été retenu en France.
 
Jean-Claude Juncker a donc enfoncé le clou mercredi devant le Parlement européen : «Nous insistons sur notre exigence que la France, comme les autres États membres de la ­zone euro, doit être au rendez-vous du moyen terme au 1er janvier 2010.» Bref, encore une fois, Nicolas Sarkozy a parfaitement maîtrisé sa communication.
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