- l'avis de Corinne Bord ;
- l'avis de Gildas Laeron ;
- l'avis de Sylvain Eliès ;
- l'avis de Benoît Hamon.
Bonne lecture,
Fred
Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. J'anime aussi le groupe d'opposition municipale de gauche "Vivons Bezons" et je suis membre du groupe d'opposition de gauche ACES à la communauté d'agglomération Saint-Germain/Boucle-de-Seine.
Me contacter
en savoir plus
a Commission européenne a confirmé, mardi 26 septembre, l'élargissement de l'Union européenne à 27 au 1er janvier prochain. A cette date, la Bulgarie et la Roumanie rejoindront l'UE, mais ces pays resteront toutefois sous surveillance et devront se réformer s'ils veulent réellement tirer des avantages de leur adhésion. Dans son rapport adopté mardi, la Commission, qui a noté les "progrès" accomplis par les deux pays depuis sa dernière évaluation, en mai, a malgré tout souligné que des problèmes persistaient dans certains secteurs – de "la sécurité alimentaire, de la sécurité aérienne, des fonds agricoles européens, du pouvoir judiciaire et de la lutte contre la corruption". Pour l'instant, il ne s'agit que de mesures de surveillance mais la Commission a indiqué qu'elle prendrait des "mesures correctives, le cas échéant, pour assurer la bonne marche des politiques de l'UE".
Cet attentat provoqua le pire carnage en trente ans de conflit : 29 morts et plus de 200 blessés. Il fut revendiqué, trois jours plus tard, par l'IRA véritable, un groupuscule dissident de l'Armée républicaine irlandaise (IRA) partisan, contrairement à celle-ci, de la poursuite de la lutte armée dans la province. Huit ans après le drame, un seul homme, Sean Gerard Hoey, en répond devant la justice. Le procès de cet électricien de 37 ans devait s'ouvrir, lundi 25 septembre, à Belfast. A peine ouverte le 6 septembre, la première audience avait été aussitôt ajournée, un des avocats de la défense étant malade.
Le choc sans précédent provoqué en Irlande du Nord, et ailleurs, résulte d'abord du nombre et de l'identité des victimes. La moitié d'entre elles étaient des enfants. Des membres de trois générations d'une même famille furent tués, dont une mère de famille enceinte de deux jumeaux. La tragédie a eu lieu, à contre-courant de l'histoire, quatre mois seulement après les accords de paix, dits du "vendredi saint", d'avril 1998.
Mais aussi des circonstances de l'attentat et du sentiment - surgi plus tard - que la police aurait peut-être pu l'éviter, ou du moins en limiter la gravité. Après avoir reçu ce samedi après-midi-là trois coups de téléphone assez vagues, l'avertissant d'un possible attentat, la police avait évacué les magasins et regroupé la foule dans la rue, aggravant involontairement le bilan. Une demi-heure après les appels, une bombe de 250 kg faisait sauter une voiture Vauxhall bordeaux garée sur la chaussée.
En octobre 2000, un documentaire de la BBC accusa nommément les principaux instigateurs présumés de la tragédie. En juillet 2001, une taupe de la police dans les milieux républicains, Kevin Fulton, fit savoir que trois jours avant l'attentat, il avait prévenu la brigade antiterroriste de sa préparation, précisant même le nom de l'auteur et le lieu prévu pour l'explosion.
ENQUÊTE SUR L'ENQUÊTE
Ces révélations provoquèrent l'ouverture d'une enquête sur l'enquête qui se solda, en décembre 2001, par un rapport incendiaire de la médiatrice de la "police des polices", Nuala O'Loan. Ce rapport critiquait les policiers pour leurs "erreurs de jugement" et leur "manque de diligence". Il confirmait que la section antiterroriste avait été avertie à deux reprises des préparatifs de l'attentat mais n'avait pas transmis l'information à la police locale.
Un an plus tard, il est apparu aussi que les services secrets de la République d'Irlande avaient "oublié" de prévenir la police nord-irlandaise d'un possible attentat, afin de protéger une précieuse "taupe", à l'origine de l'information. L'enquête sur l'attentat d'Omagh a eu d'autres retombées. Elle a entraîné la mise en jugement de cinq membres de l'IRA véritable, dont son chef présumé, Michael McKevitt, condamné à vingt ans de prison.
Comme tous les procès liés au terrorisme en Irlande, celui de Sean Gerard Hoey se déroule sans jury, pour éviter toute pression sur d'éventuels jurés. Les familles des victimes le suivront dans un collège d'Omagh grâce à un lien vidéo. La première audience devait être consacrée à la lecture des 58 charges qui pèsent sur l'accusé. Le procès devrait durer au moins trois mois.
C’est un peu l’heure des bilans. Un peu aussi l’heure de vérité.
NPS est né au lendemain du 21 avril. Au lendemain d’une élection présidentielle. Il n’est pas inutile de nous souvenir pourquoi
Nous avions tous des trajectoires différentes. Nous avons tous vécu cette défaite comme une blessure.Une blessure créée par :
- notre distance avec les classes populaires.
- l’asphyxie de la démocratie. Le poids des médias dans la campagne, nouvel acteur omniprésent.
- la dégradation des conditions de vie, morcellement du corps social.
Nous étions aussi en colère face à la cécité des élites socialiste, le repli sur l’appareil pour mieux échapper à l’inventaire des responsabilités politiques.
C’est le moment de mesurer et d’évaluer ce que nous avons contribué à changer.
Les signes visibles de l’influence du NPS sont d’abord dans le projet.
L’Europe. Depuis le 29 mai la ligne du PS a changé. La ligne du PSE a changé
La démocratie : République nouvelle.
Les salaires. Une approche globale de la question sociale plus conforme à nos analyses.
Nous avons nettoyé, rafraîchi, (clarifié) la relation du PS avec le mouvement social empreinte de soupçons respectifs.
L’essentiel de notre bilan est là. On ne peut pas faire comme si l’ensemble de ces acquis était subalterne, secondaire au moment du choix du candidat.
Nous avons aussi connu des échecs.
Depuis 5 ans la majorité du PS est la même. Si son centre de gravité a bougé, le casting a peu évolué. ce sont les mêmes qui dirigent le parti. Ca n’est pas tant une question de génération qu’une question d’orientation.
Peut être en est ce la raison ou la conséquence : nous nous sommes divisés. La gauche du parti est morcelée. Elle n’a ni leader, ni stratégie commune.
La dépolitisation (la désidéologisation) s’est accentuée. C’est comme si le choix du candidat à l’élection présidentielle faisait tomber tous les clivages politiques en notre sein et qu’elle provoquait même la dissolution des courants.
Le rassemblement à gauche reste une chimère. Le parti en 5 ans n’a que trop peu restauré sa capacité à conduire le rassemblement de la gauche. Le casting des présidentielles risque d’être aussi éclaté qu’il y a cinq ans.
Le spectre d’un nouveau 21 avril n’est pas écarté.
Un nouveau 21 avril reste envisageable
- les raisons sociales demeurent.
- l’impasse démocratique est amplifiée par 5 années de mépris du suffrage universel, d’autisme et d’irresponsabilité politique au sommet de l’état. L’affaire Clearstream a montré l’utilisation des moyens d’état au service de règlements de compte interne à la majorité.
- le discours de Sarkozy accentue la rivalité entre les français, la stigmatisation de groupes entiers de la population française.
- un duel gauche droite au second tour déjà annoncé par la presse et qui oublie Le Pen.
- l’indifférenciation entre le discours de gauche et le discours de droite subsiste.
Quelle est la réalité du rapport de force entre la gauche et la droite à quelques mois du premier tour ? Il est un chiffre qui suscite peu de commentaires à gauche, une constante quel que soit le candidat socialiste, le rapport de force entre la gauche et la droite, en intention de vote, s’établit selon tous les instituts autour de 43-44% pour la gauche et l’extrême gauche, 56-57% pour la droite plus l’extrême droite.
Ce qui frappe dans ce chiffre, c’est que le bilan de la droite ne se traduise pas par un rapport de force plus favorable à la gauche. Nous avons sans doute notre responsabilité dans cette réalité mais il faut aussi regarder l’évolution plus profonde de la société française.
D’abord celle-ci vieillit et simultanément devient plus frileuse, plus peureuse plus conservatrice.
Ensuite, le constat que nous faisions au lendemain de la présidentielle précédente demeure d’actualité : le recul des protections collectives, des services publics, de la sécurité sociale, du droit du travail, n’est pas seulement une régression sociale, ce recul alimente un sentiment qu’on ne va pas pouvoir se payer longtemps un tel modèle social.
Pour les plus jeunes, confrontés au décalage entre l’avenir possible, celui d’une intégration professionnelle et sociale réussie après l’école et l’avenir probable, celui du chômage, des petits boulots, de la précarité, déstabilise la confiance des élèves, des parents comme des profs eux-mêmes dans l’efficacité du système éducatif.
Les services publics vivent une mutation accélérée à coup de libéralisations sectorielles décidée par l’Union Européenne. Comment maintenir la gratuité ou l’égalité tarifaire, les péréquations entre territoires riches et territoires pauvres, dans un environnement désormais ouvert à la concurrence.
Nos valeurs et nos réponses ne sont pas majoritaires dans la société. Ils sont des millions à être en colère, à être désorientés, à refuser les politiques libérales et simultanément ne font pas confiance dans nos propositions pour répondre à leur demande, pire ne croient plus que nos valeurs, la solidarité, l’égalité et la redistribution puissent avoir une traduction politique et sociale concrète.
Le danger, c’est quand les socialistes intègrent eux même que c’est trop compliqué de réguler l’économie, trop compliqué de lutter contre les délocalisations, de redistribuer plus justement la richesse. Le danger est là quand par notre propre attitude, nous confirmons l’impression qu’il est vain de freiner la dégradation globale des conditions de vie des individus et de leur capacité à vivre ensemble. Quand hier on opposait au pessimisme de la raison l’optimisme de la volonté, quand on disait le monde est dur, on doit le changer, aujourd’hui on dit le monde est dur on doit s’adapter.
La désidéologisation, l’indifférenciation dans le débat politique génèrent progressivement ce que j’appelle la pensée de marché.
Cette pensée fluctue selon les règles de l’offre et de la demande. Une pensée flexible. Une pensée aussi souple que l’exige les soubresauts, les humeurs de la demande, les humeurs de l’opinion publique.
Quels sont les acteurs de ce marché. Les sondeurs qui vendent le produit le plus précieux : ce que pensent les français. Ce que veulent les français. Ce que supportent les français. Ils sont les marchands, ceux qui fabriquent l’opinion publique.
En face on trouve les clients. Ce sont les responsables ou formation politique qui achète des sondages et des groupes qualitatifs. A droite comme à gauche on consomme les mêmes enquêtes d’opinion. On fait appel aux lumières des groupes qualitatifs, séances durant lesquels quinze français coachés par un intervieweur, parlent de tout, de rien, de la politique, de leur vie et dont les instituts extraient l’humeur profonde de la France. Bistrot à 30 000 euros.
Vient enfin le moment de restituer aux clients la demande des français. Arrive donc sur le bureau de nos dirigeants politiques de droite comme de gauche une livraison identique. Tant de français pensent ceci, tant de français détestent cela.
Le problème ne vient pas de ce que cette information existe, ni même qu’on en tienne compte. Elle vient de la place, de la proportion dans laquelle elle inspire le débat politique. Le problème vient aussi qu’on oublie ou qu’on ignore l’absence de neutralité de ceux qui posent les questions et les publient.
Ceux qui publient, ceux qui plantent le décor. Ce sont les médias. Deux exemples récents montrent:
Sarkozy et les régimes spéciaux.
Sarkozy et les juges
Au lendemain du 21 avril nous disions que nous avions perdu parce que nous avions accepté de regarder la société avec les yeux de la droite. Nous avions accepté son terrain. Nous avions accepté la hiérarchie des problèmes sociaux qu’elle voulait imposer. Et bien cinq ans plus tard, selon un scénario identique, nous glissons progressivement d’une stratégie d’affirmation de notre projet à une autre stratégie principalement élaborée autour du dialogue avec l’opinion publique.
Le nombre croissant de sujets qui échappent désormais au clivage entre la droite et la gauche illustre le phénomène. C’est à partir de nos rangs qu’on a entendu qu’une politique de sécurité, une politique économique, une politique européenne, une politique éducative n’était ni de gauche ni de droite, elle est efficace ou inefficace.
Au bout du compte un échantillon représentatif de 964 français peut peser davantage dans la stratégie d’un candidat que la réflexion collective d’un parti de plus de 200 000 adhérents.
Temps politique/temps médiatique
Cette nouvelle donne politique est une conséquence de ce que nos élites confondent le temps politique et le temps médiatique.
Notre temps à nous militants, c’est le temps long, celui pendant lequel les militants peuvent et doivent mobiliser leur intelligence, leur désir de participer et d’échanger, leur volonté de convaincre.
Depuis 4 ans le Nouveau Parti Socialiste a fait honneur à l’intelligence de tous les militants socialistes en participant pleinement au débat, en en faisant le cœur de son activité à l’intérieur du Parti Socialiste. Depuis la création du NPS, nous n’avons jamais déserté ce front du débat, mais toujours dans le même état d’esprit : convaincre, faire avancer tout le Parti, pour ne plus connaître le sentiment humiliant d’inutilité qui nous a tous submergé le 21 avril 2002.
Est-ce que cette activité nous a empêché d’être à l’écoute des citoyens ? Je ne le crois pas. Parce que je crois que les millions de français qui ont défilé contre le CPE, et auparavant contre la guerre en Irak – pour ne citer que ces deux exemples – je crois que les millions de français qui ont voté NON au référendum sur le TCE, nous avons fait mieux que d’être à leur écoute. Nous avons été à leurs côtés.
Qui depuis 4 ans a le mieux restitué l’humeur des français, leur désir profond ?
qui ?
qui mieux que ceux qui ont été à l’écoute de leur protestation,
qui mieux que ceux qui ont été les interprètes politiques de cette protestation et ont rassemblé ces millions d’hommes et de femmes dans une réponse politique commune de gauche.
Mais bien sûr, en règle générale, ce temps politique a un inconvénient majeur : il est rarement le temps médiatique :
Car il n’est pas possible de résumer en un titre de quatre mots quatre ans de débat politique. Il n’est pas vendeur d’expliquer que des militants qui débattent ne sont peut-être pas des apparatchiks, mais tout simplement des femmes et des hommes de gauche attachés à l’existence d’un intellectuel collectif socialiste. On ne fait pas la une d’un magazine en disant le candidat, c’est le projet.
Car le temps médiatique, lui, défile. Les titres, les sondages, les photos ; tous les mois ; puis toutes les semaines ; puis tous les jours. Si vous parlez d’autre chose, vous êtes « déconnecté ». Vous devenez invisible.
Mais si cette invisibilité est le prix du temps politique, quel est le prix du temps médiatique ? Réfléchissons à cela : si nous cédons à cette ardente obligation de commenter chaque jour, de suivre le vent, de prendre pour argent comptant les humeurs d’une opinion publique que nous laissons sonder par d’autres. De sanctifier le choix fait par des médias que dans nos textes nous avions cloué au pilori ?
Si nous nous rendons à cette prétendue raison du plus fort, alors plus rien de ce que nous avons construit dans le temps long n’existera. Les acquis sur la République parlementaire, sur le pouvoir d’achat, sur le partage de la valeur ajoutée, sur la rénovation, ces idées que nous avons défendu dans le parti pendant quatre ans – et bien souvent depuis beaucoup plus longtemps – ces idées qui ont progressivement gagné du terrain parmi les militants au point que la direction a du les faire siennes… Eh bien ces idées, elles aussi, elles disparaîtront au gré du courant, du flux d’image, de la répétition des enquêtes d’opinion.
Car si les sondages, et seulement eux, suffisent seuls à convaincre pour choisir aujourd’hui une personne, comment réagirons-nous quand ils nous diront que ce en quoi nous croyons n’est pas vendeur ? Alors, il sera trop tard. Le piège infernal du tic tac médiatique se sera refermé sur nous.
Je voudrai vous convaincre d’une chose. Les hommes et les femmes qui voteront en mai prochain, ces hommes et ces femmes ne voteront pas en fonction des questions qu’on leur pose aujourd’hui. Ces hommes et ces femmes voteront en fonction de leur intérêt. Leur intérêt personnel, ce qu’ils espérèrent y gagner. Ce qu’ils veulent voir changer.
Et il va falloir convaincre des millions d’entre eux qu’ils ont moins à gagner avec Sarkozy qu’avec nous.
Il va ensuite falloir les convaincre, que voter pour nous c’est leur donner du pouvoir, du pouvoir à tous, du pouvoir à chacun d’entre eux.
Il va falloir ensuite les convaincre que nous aurons le courage politique véritable, pas celui de renverser la table au Parti socialiste, celui de nous affronter à ceux qui bloquent, freinent interdisent le changement pour préserver leurs privilèges et leurs intérêts.
Le courage, il se jugera dans le face à face, difficile avec le MEDEF pour changer la répartition de la valeur ajoutée.
Le courage, il se jugera sur la scène européenne dans le temps, la patience, l’énergie que nous consacrons à réorienter la construction européenne.
Nous devrons les convaincre de tout cela.
Penser que nous rassemblerons la gauche seulement sur l’anti Sarkozysme et la culpabilité du 21 avril 2002, est une erreur grave. C’est croire que ce sont les électeurs qui nous ont manqué et pas les socialistes qui ont manqué à leur camp.
Camarades, notre rôle, quand tout s’agite ailleurs, c’est d’être cette sentinelle qui dit gravement et fermement à tous les socialistes : cette fois ci, nous n’avons pas le droit de manquer à notre camp.
![]() |
![]() |
Deux évasions successives avaient, quelques jours plus tôt, remis en lumière les graves problèmes de ce tribunal. Deuxième en France pour le nombre d'affaires traitées (plus de 200 000 par an), Bobigny est asphyxié par les procédures pénales et englué dans une pénurie chronique de moyens. Peu avant la visite conjointe, inédite, des deux ministres, des magistrats avaient protesté contre l'insuffisance des policiers mis à leur disposition en remettant onze prévenus en liberté. Police et justice, avait insisté M. de Villepin, sont "confrontées à des problèmes d'intérêt commun".
La division de l'action publique territorialisée (Dapter) traite ainsi avec la police, en temps réel et en flux continu, la délinquance de voie publique : atteintes aux personnes, aux biens ou à la sécurité publique. Cette délinquance, "préoccupation majeure des habitants et des élus de Seine-Saint-Denis", selon le rapport d'audit, représente 70 % de l'activité totale du parquet de Bobigny. A ce titre, la division de l'action publique est la "vitrine de la justice pénale dans le département".
Or, a conclu la mission d'audit, "force est de constater que la Dapter, composée de magistrats de peu d'expérience dont la qualité et la motivation ne sont pas en cause, souffre d'un sous-effectif chronique, de la rotation rapide de ses membres et d'un encadrement insuffisant". La justice est à l'image de tous les services publics du 93. A la rentrée 2006, les services du procureur comptent 15 débutants sortant d'école parmi 45 magistrats. Le turnover des fonctionnaires greffiers est pire. Ils sont moins nombreux qu'en 1999, et il en manque 50 pour faire tourner le tribunal.
Confrontés, selon l'audit, à "une charge de travail trop importante", les magistrats ne peuvent assumer l'intégralité de leurs fonctions. Bien que leur échoient 16 contrats locaux de sécurité et 2 groupes locaux de traitement de la délinquance, ils sont "contraints d'abandonner presque entièrement leurs tâches en matière de politique de la ville", a découvert l'inspection. "Ils ne sont pas davantage en capacité de suivre les enquêtes en cours et d'assurer une direction effective de la police judiciaire", cette mission essentielle du procureur. En général, les magistrats fixent un délai de trois mois aux services enquêteurs pour répondre à leurs demandes. "Ce délai reste purement théorique puisqu'aucun rappel n'est adressé en cas de dépassement." La direction de la police judiciaire est en outre compliquée par "la multiplicité des interlocuteurs et l'éparpillement des services dans le département".
Le parquet des mineurs, autre service audité, est le premier de France. En 2004, il a enregistré plus de 10 000 plaintes, deux fois plus qu'à Créteil ou à Marseille. "La délinquance juvénile continue d'augmenter sur le département de Seine-Saint-Denis", note la mission d'inspection, la part des mineurs progressant dans l'ensemble des mis en cause (15 % du total).
La réponse fournie par la justice est de plus en plus répressive : majoritaires en 2002, les mesures alternatives aux poursuites (rappel à la loi, mesure de réparation, etc.), traditionnellement développées à Bobigny, sont devenues minoritaires au profit des poursuites. Auprès des mineurs déférés, les réquisitions de mandat de dépôt (demandes de placement en détention) ont crû de 36% entre 2003 et 2004. "Une réponse pénale est apportée à chaque acte de délinquance", écrivent les inspecteurs. Bon élève malgré tout de la politique gouvernementale, Bobigny affiche un "taux de réponse pénale" de 83 % en 2005, en plein dans la moyenne nationale.
L'audit relève pourtant un autre élément : les mineurs victimes augmentent nettement plus vite (+12,4 % entre 2003 et 2004) que les auteurs (2,6 %), en raison, notamment, d'une explosion du contentieux de la famille.
Le parquet des mineurs est engorgé. "Les délais d'attente pour accéder au magistrat de permanence varient entre une heure et une heure et demie." C'est une source de friction avec les services de police, qui doivent signaler toute affaire au procureur avant que le mis en cause ait quitté les locaux de police. L'audit relève cependant "des relations quotidiennes très bonnes" entre la responsable de la brigade des mineurs de Seine-Saint-Denis et son homologue du parquet.
Le service de l'exécution des peines, chargé, en bout de chaîne, d'appliquer les jugements prononcés, s'engorge lui aussi. Au premier trimestre 2005, 3 500 jugements correctionnels (les vols, par exemple) attendaient d'être exécutés, autant que pour toute l'année 2004. Dans ce secteur, il fallait plus de neuf mois en moyenne pour exécuter les décisions des juges. L'audit a conclu à des "secteurs sinistrés". Par exemple, à la mi-2005, aucune des 26 décisions prises cinq mois plut tôt en application du "plaider-coupable" n'était exécutée, alors que cette nouvelle procédure est censée aller plus vite. Le service a été "délaissé", et "les partenaires traditionnels de l'exécution des peines que sont les huissiers, les représentants de la préfecture et le Trésor public n'ont pas été rencontrés" pour traiter les problèmes.
Un plan d'urgence, promis en 2004, a été partiellement engagé, comportant des créations d'emplois de fonctionnaires et de juges. Le garde des sceaux s'est "réjoui" de voir 12 200 personnes condamnées à Bobigny en 2005 contre 10 000 en 2002. Mais, chez les magistrats qui affrontent le flot quotidien de la délinquance, "c'est le sauve-qui-peut", confie l'un d'eux, "car les gens travaillent trop, et mal".
Les Chantiers du Pas-de-Calais 2006
Les Chantiers du Pas-de-Calais 2006 : "Le plus beau cadeau que notre Premier Secrétaire Fédéral, Serge JANQUIN a pu faire aux militants du Pas-de-Calais"
Une ambiance à la fois studieuse et festive pour ce moment d'échanges exceptionnel. Ces chantiers ont été d’une grande tenue. Chaque invité, durant une quinzaine de minutes, s’est attaché à défendre sa vision du projet socialiste, contenant toutes piques personnelles ou plutôt les réservant à la droite et à ses représentants, avec une cible privilégiée par chacun : Nicolas Sarkozy…
Les échos dans la presse :
La Voix du Nord
Le Monde
Le Figaro
Le nouvel Observateur
Libération
L’Humanité
La dépêche du midi
La Croix
TF1/LCI
France 2
France 3 national
France 3 Nord-Pas-de-Calais
20 minutes
Reportages :
PS/2007 : le grand oral des ténors à Lens
Interview de Serge Janquin sur France3
Les discours : (nous remercions la voix du nord pour ce fabuleux travail)
Ségolène Royal
Lionel Jospin
Jack Lang
Dominique Strauss-Kahn
Martine Aubry
Laurent Fabius
François Hollande
/http%3A%2F%2Fresistances95.hautetfort.com%2Fimages%2Fmedium_logops.9.6.jpg)
Henri de Saint-Simon (1760-1825), noble français, développe le thème de la solidarité sociale et de l’Etat régulateur, il inspirera les premières coopératives ouvrières. Charles Fourier (1772-1837), horloger ruiné, imagine les phalanstères, communautés autonomes assumant toutes les fonctions de la société, il ne condamne pas le capital en lui-même, et si sa réflexion porte en elle un fort courant pour la libération des mœurs, il faut signaler l’antisémitisme qui anime sa haine du “commerce”. Robert Owen (1771-1858), industriel britannique, insiste moins sur l’Etat que sur la nécessité des coopératives...
La génération suivante approfondie encore le débat. Louis Blanc (1811-1882) réclame la nationalisation des grands moyens de production pour contrôler l’économie, et un État qui assure la protection sociale et une législation du travail.
Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865), ouvrier imprimeur, théorise une société de petits producteurs indépendants, substituant à l’État des associations professionnelles et communales, opposant à une société commandée autoritairement une fédération sur libre consentement de la base. Flora Tristan (1803-1844), féministe et socialiste, propose de constituer en 1843 une Union ouvrière universelle pour obtenir le droit au travail et l’organisation du travail.
Karl Marx (1818-1883) et Friedrich Engels (1820-1895), philosophes allemands, tirent les leçons de l’échec relatif des penseurs français. À travers L’idéologie allemande(1845), Le manifeste du Parti Communiste (1848) et Le Capital (1867) ils développent une vision de l’Histoire, de la Philosophie et de l’Économie qui aboutit à un socialisme « scientifique ». La société divisée en classes a vu le pouvoir passer dans les mains de la bourgeoisie détentrice du capital et des moyens de production. 1789 est une « Révolution bourgeoise », la bourgeoisie peut depuis exploiter toujours plus le prolétariat et rabaisser les artisans, leur paupérisation devant aboutir à la Révolution prolétarienne, dirigée par des partis ouvriers révolutionnaires. La dictature du prolétariat dans un État socialiste permettrait d’instaurer la collectivisation des moyens de production ; une société sans classe en sortirait, l’État deviendrait peu à peu inutile et le stade « communiste » de la civilisation permettra à chacun de voir sa liberté et ses besoins satisfaits.
• celle du Parti Socialiste de France, autour de Jules Guesde (P.O.F., marxiste) mais aussi d’Edouard Vaillant (P.S.R.), qui se veut “révolutionnaire” et condamne le “ministérialisme” ;
• celle du Parti Socialiste Français, autour de Jean Jaurès (socialistes indépendants) et des “possibilistes”, qui soutient le “bloc des gauches” et entend unir les valeurs du Socialisme et de la République, et où se mêlent réformisme et aspirations révolutionnaires.
Jean Jaurès, cependant, impose peu à peu son ascendant par sa capacité de synthèse entre les idées de réforme et de révolution, entre le patriotisme et l’Internationalisme, qui correspondent mieux que celles de certains marxistes français à un électorat composite où se côtoient ouvriers, paysans, fonctionnaires et intellectuels. À la veille de la guerre, le socialisme devient une force notable (avec 100 députés, il est le deuxième groupe de la Chambre) : un rapprochement s’esquisse avec la C.G.T. syndicaliste révolutionnaire (reprise en mains par Edouard Vaillant et les allémanistes, après la parenthèse anarcho-syndicaliste) et la gauche du Parti Radical dans la lutte contre la « loi des trois ans ».
Les espoirs et les désillusions marquent les socialistes de l’immédiat après-guerre. Leurs idées influencent très largement les programmes et les politiques de la Libération. Ils jouent un rôle majeur dans les gouvernements du général De Gaulle et ceux du tripartisme (P.C.F./S.F.I.O./M.R.P.). Vincent Auriol devient le premier Président de la IVème République. Mais les socialistes se trouvent aussi confrontés à la concurrence à gauche d’un parti communiste, qui est au sommet de son influence électorale (28,5%), et au centre d’un nouveau parti, le Mouvement Républicain Populaire (démocrates-chrétiens). Leurs médiocres résultats électoraux précipitent une crise identitaire, au regard des ambitions qui les animaient.
À Léon Blum et Daniel Mayer – qui veulent ouvrir le parti, lui donner une définition humaniste et en faire un parti de gouvernement qui s’assume – une majorité composite, animée par Guy Mollet (1905-1975) premier secrétaire du Pas-de-Calais, oppose l’identité traditionnelle du parti, défend une ligne marxiste pseudo-orthodoxe et l’unité d’action avec le P.C.F. Le congrès d’août 1946 enregistre la victoire de Guy Mollet, donc des cadres fédéraux contre la direction nationale (ce sera l’unique fois dans l’histoire du parti).
En 1954, le radical Pierre Mendès-France (1907-1982), plus que Guy Mollet, paraît incarner le renouveau de la gauche non communiste. La guerre d’Algérie accuse les divisions de la gauche : héritiers d’une conception évolutionniste de la décolonisation, analysant le nationalisme algérien dans le contexte de la guerre froide, une majorité de socialistes derrière Guy Mollet, président du Conseil du Front républicain (1956/57), acceptent les contraintes (pouvoir militaire, censure, tortures…) d’un conflit qui ne veut pas dire son nom. Une minorité (Daniel Mayer, Robert Verdier, Gilles Martinet, Alain Savary) met en accusation la politique menée en Algérie et dénonce l’usage de la torture. La scission est inévitable avec la crise du 13 mai 1958 et l’attitude de la direction du parti face au retour du Général De Gaulle : le Parti Socialiste Autonome est fondé à l’automne 1958.
François Mitterrand (1916-1996), contre Mendès-France, G. Mollet et Gaston Deferre (1911-1986), impose sa stratégie d’Union de la Gauche avec le Parti communiste en mettant à profit le coup d’éclat que représente sa « glorieuse défaite » devant le Général De Gaulle en 1965. Cependant, la Fédération de la Gauche Démocrate et Socialiste (F.G.D.S.), qu’il constitue la même année, n’est qu’un cartel électoral entre la S.F.I.O., le Parti Radical et « sa » Convention des Institutions Républicaines (C.I.R.). La forte progression de la gauche aux législatives de 1967 est remise en cause par les divisions issues des hésitations de la gauche traditionnelle face à Mai 1968.
Lionel Jospin, surfant sur l’exercice de démocratie militante et son score au 2nd tour de l’élection présidentielle, impose un nouveau processus de rénovation, fondé à la fois sur un “droit d’inventaire” des années Mitterrand et sur la revendication d’un “réalisme de gauche”. Mais la base électorale du parti continue de subir une érosion dans les catégories populaires et chez les jeunes, se centrant de plus en plus sur les classes moyennes et moyennes supérieures. Cependant l’autorité de Jospin permet un apaisement interne propice à un travail politique dans les domaines programmatique, stratégique et structurel.CGT et PS : 100 ans de solitude
La séparation, décidée en 1906 à Amiens, empêche l'instauration d'une social-démocratie.
Par Michel WIEVIORKA, sociologue - Libération - mercredi 22 mars 2006
ans quelques semaines, la CGT va tenir son congrès à Lille. Ce pourrait être l'occasion de commémorer utilement le centième anniversaire du congrès de 1906, tenu à Amiens, et célèbre pour la charte qui y a été votée. Du 8 au 14 octobre 1906, la CGT tient congrès, quelques mois après l'échec de la grève générale du 1er Mai. Rédigée, selon la légende, au buffet de la gare d'Amiens par quelques leaders, une motion est proposée par le secrétaire de la confédération Victor Griffuelhes. Elle recueille 830 mandats contre 8, et un bulletin blanc. Ce vote en faveur de ce qui deviendra dans l'historiographie du mouvement syndical la «charte d'Amiens» constitue le principal moment d'unité d'un congrès marqué plutôt par la confusion.
Le texte est court. Il affirme l'indépendance syndicale par rapport aux partis politiques (et aux «sectes»). Il demande à chaque syndiqué de ne pas introduire dans le syndicat «les opinions qu'il professe au dehors» et fait de la CGT l'acteur d'une «émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l'expropriation capitaliste». Il préconise comme moyen d'action la grève générale.
La charte d'Amiens a en fait 2 implications décisives. La première est qu'elle marque, pour un temps, l'échec de ce qui s'appelle alors le guesdisme, du nom du leader socialiste Jules Guesde, qui entend subordonner le syndicat au parti, politiquement comme financièrement. Un vote qui précède celui de la charte signifie déjà le rejet de cette orientation, puisque la proposition de Victor Renard (secrétaire de la Fédération du textile et militant socialiste tendance guesdiste), d'établir des relations entre le conseil national du Parti socialiste et le comité confédéral de la CGT, est repoussée par 724 mandats contre 34 et 37 bulletins blancs. Mais ce refus n'est que partie remise car plus tard, durant l'entre-deux-guerres, la CGT deviendra la courroie de transmission du Parti communiste.
Le syndicalisme d'action directe, dit parfois aussi anarcho-syndicalisme ou syndicalisme révolutionnaire, semble en 1906 à son apogée ; en réalité, il ne se remettra pas de la déception et des désaccords consécutifs aux revers subis lors de la grève générale du 1er Mai. Il inaugure alors sans le savoir son déclin historique qui débouchera sur l'entrée dans l'ère de la soumission du syndicat au Parti communiste, et non pas socialiste.
La deuxième implication de l'adoption de la charte d'Amiens est d'autant plus dramatique que nous continuons à en subir les effets : elle annonce l'immense difficulté qu'il y a, en France, à mettre en place une social-démocratie, c'est-à-dire une formule d'articulation de l'action syndicale et de l'action du parti caractérisée par un lien fort mais sans domination de la seconde sur la première. Ainsi, en rejetant le guesdisme, la CGT d'alors s'écarte d'un modèle protocommuniste, plutôt méprisant à l'égard du syndicalisme, préléniniste, ou, si l'on préfère, avant-gardiste, et au marxisme sommaire mais ce qui rend cette charte attachante ne durera pas. En revanche, en marquant leur défiance vis-à-vis du «Parti socialiste, section française de l'Internationale ouvrière» (la SFIO, qui vient, en 1905, d'unifier les socialistes), les congressistes d'Amiens indiquent leur refus d'une association du combat politique, au sein d'un parti, et de la lutte sociale, au sein d'un syndicat. Du coup, il n'y aura guère de double appartenance, de double militantisme, au syndicat et au Parti socialiste ; il n'y aura pas non plus, ou bien moins qu'ailleurs, de forte mobilisation politico-syndicale, ni de capacité à faire remonter directement et systématiquement, par la voie des réformes et de la représentation politique, les attentes ouvrières jusqu'au niveau du système institutionnel et de l'Etat.
La naissance de la SFIO n'a pas créé les conditions favorables à une formule social-démocrate. L'établissement de la République en France, l'instauration de la démocratie, le suffrage universel, le parlementarisme, n'ont pas été le fait des composantes de ce parti antérieures à l'unification. La démocratie représentative leur doit peu. L'espace de la défense et de la promotion de l'idéal républicain est bien davantage occupé par le Parti radical, et celui-ci interdit aux socialistes d'envisager d'incarner le monopole d'une opposition gauche-droite (opposition qui est aussi celle des Républicains) contre leurs adversaires. Empêtrée dans de fortes tensions entre partisans et critiques de la République, entre logiques parlementaires et logiques de rupture révolutionnaire, même si Jean Jaurès peut donner l'impression d'avoir su les résoudre, ne comptant en 1906 que 40 000 adhérents, sans base ouvrière forte, même si elle comporte un nombre significatif d'adhérents et de militants ouvriers, la SFIO ne se présente pas comme l'expression d'une puissante classe ouvrière, d'une «contre-société ouvrière», selon l'expression d'Alain Bergounioux et Gérard Grunberg (1). Son assise est plus municipale que liée au mouvement ouvrier, à ses syndicats, mutuelles ou coopératives. Griffuehles, à Amiens, souligne qu'elle compte avec le pouvoir et en subit la pénétration ; de même, le secrétaire de la Fédération de l'alimentation, Bousquet, signale que, ce parti «comprenant des patrons dans son sein, nous ne pouvons faire alliance avec lui».
Ainsi, il y a 100 ans, et aidé en cela par une SFIO conjuguant le marxisme sommaire de Jules Guesde et une implantation plus municipale que sociale, le syndicalisme CGT refusait tout autant la préfiguration du modèle communiste que la social-démocratie. Il était bien anarcho-syndicaliste. Dans plusieurs pays d'Europe du Nord et centrale se mettaient en place de puissants partis ouvriers, à l'action réformiste coordonnée avec de non moins puissants syndicats. Et, aujourd'hui encore, la France apparaît comme bien éloignée de pouvoir envisager une quelconque formule social-démocrate. Son Parti socialiste souffre d'un déficit s'il s'agit de sa base proprement sociale (en dehors du secteur public et notamment de l'Education nationale, ou de quelques bastions locaux). Il élabore sa politique sans avoir entièrement tranché entre réformisme et rupture. Quant au syndicalisme, il est affaibli, limité pour l'essentiel aux secteurs protégés de la fonction publique et de quelques grandes entreprises, méfiant à l'égard des partis politiques.
Au prochain congrès de la CGT, il est peu probable que des voix se fassent entendre pour commémorer la charte d'Amiens, du moins pour rappeler qu'elle a signifié le contraire de ce qu'est devenue ensuite la Confédération au temps de sa splendeur, avec ses liens de subordination avec le Parti communiste. Mais à Lille, si près d'Amiens, pourquoi ne pas revenir sur l'autre implication de cette fameuse charte, fondatrice du drame politique majeur de notre pays : la difficulté à le doter d'une social-démocratie efficiente ?
(1) L'Ambition et le remords. Les socialistes français et le pouvoir. Fayard, 2005.