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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis alternativement à Bezons dans le Val-d'Oise et à Massy dans l'Essonne. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. Je suis membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, en charge du pôle "Idées, formation, riposte".
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Gauche Républicaine & Socialiste

6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 07:05

Un militant de gauche, Clément Méric, a été brutalement agressé mercredi 5 juin par des partisans de l'extrême droite qui appartiendrait au groupe Jeune nationaliste révolutionnaire (JNR). Laissé inanimé, il a été déclaré hier soir en état de mort cérébrale à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

haussman_st_lazare.jpgLe jeune syndicaliste âgé de 18 ans, venu de Brest pour ses études à Sciences Po Paris, sortait d'un magasin, près de la gare Saint-Lazare, lorsqu'il a été pris à partie. Selon une source policière, une vente privée de vêtements était organisée dans le quartier. Vers 18 heures, trois jeunes gens "de type skinhead", dont une femme, sont arrivés sur les lieux où ils se sont confrontés à un autre groupe de jeunes. Après des invectives et des bousculades, les skinheads, rejoints par "des renforts", ont attendu devant le magasin. Les agresseurs, qui se sont enfuis et n'ont toujours pas été interpellés, portaient "des bombers et des rangers", selon 20Minutes.fr. L'un d'eux aurait projeté le militant contre un poteau métallique. Un passant serait ensuite intervenu pour secourir la victime, placée en position latérale de sécurité avant d'être évacuée.

Les violences politiques mortelles sont des évènements rares et graves. Au-delà de l'indignation et de la colère légitimes et de la nécessité pour toute la gauche de se ressaisir contre les agresseurs et les fascistes assassins, il faut analyser la situation. Sans vouloir extrapoler sur un évènement qui pourrait être un acte isolé, on peut cependant réfléchir après cet assassinat à l'évolution récente de l'extrême droite française qu'elle soit groupusculaire ou partisane.

Les années 1960 et 1970 ont été marquées par de nombreux actes de violences politiques, régulièrement provoqués par des groupuscules d'extrême droite, nationalistes révolutionnaires, et parfois la réponse défensive des militants de gauche et d'extrême gauche, qui étaient régulièrement les victimes de ces "coups de poing". Les actes racistes, sur fond de décolonisation et d'une société qui était encore loin d'accepter la diversité en son sein, étaient également monnaie courante, même si elle était hyprocritement tue ou étouffée.

Le_Pen_bandeau.jpegLe processus, qui a mené à la création du Front National (FN) en 1972 à partir de divers groupuscules puis à son installation dans le paysage politique français, a été parallèle à une certaine pacification sociale.

Il n'en est évidemment pas la cause : la société a elle-même évoluée, la violence politique ou les barbouzeries qui étaient une pratiques régulières (rappelez-vous du SAC) ont cessé d'appartenir aux moeurs communément admises ; les réflexes racistes ont reculé dans la société même s'ils restent présents et répandus, mais de fait depuis la marche des beurs, et malgré la persistance des discriminations et des phénomènes de ségrégations territoriales et sociales, la France s'est découverte diverse et parfois métissée. C'est heureux.

Cependant, la prise en charge de la parole raciste et xénophobe par le FN a abouti à verbaliser dans le paysage politique des sentiments que l'on a un peu de mal à qualifier de politique et qui auraient pu se transformer en violence physique politique ou raciste, participant ainsi à la diminution de ces phénomènes dans les années 1980 et 1990. Attention, je ne dis pas que le FN a été utile à la société française, loin de là : la violence morale et culturelle qu'il a provoquée reste entière et tout autant pernicieuse, nous y reviendrons. Elle n'a d'ailleurs pas empêché certaines violences physiques, dont le pire fut l'assassinat de Brahim Bouarram en marge d'un cortège du FN à Paris le 1er mai 1995.

dominique_venner.jpgDe fait, le FN a - surtout depuis les années 1980 - appliqué une sorte de stratégie de banalisation de l'extrême droite. Dominique Venner, théoricien et essayiste völkisch tenant d'une vision paneuropéenne de l'extrême droite, qui s'est rappelé à notre souvenir en se suicidant en public devant l'autel de la Cathédrale Notre-Dame, a perdu depuis longtemps le pari qu'il avait fait en parrainant à distance la création du FN. Il pensait "présider" à la création d'une organisation politique plus solide (vision quasi léniniste) portant un nationalisme révolutionnaire, racialiste blanc et paneuropéen, mais le pantin "présentable" pour les bourgeois qui avait été choisi pour présider le parti, Jean-Marie Le Pen, a doublé tous ceux qui pensaient faire de lui un homme de paille, une vitrine.

Malgré ses outrances verbales et ses provocations régulières, Le Pen père a réussi à imposer dans l'espace public et dans son propre camp une extrême droite institutionnalisée, national-populiste et xénophobe, assez éloignée finalement des espoirs de ses parrains. Sa stratégie a été constamment dénoncée par leurs héritiers mais aucune scission (dès les années 1970, le Parti des Forces Nouvelles - PFN) n'a réussi à lui contester le pouvoir électoral tribunicien et protestataire qu'il a construit.

patrick_buisson.JPGLe Pen n'est pourtant pas un sauveur de la République, un rempart contre une extrême droite pire que lui-même. Avec son accès aux médias, avec son rôle d'amuseur public nauséabond, il a diffusé dans tout le pays un discours politique assumé qui ne l'était plus ouvertement depuis 1944. La Lepénisation des esprits débute dès les années 1980 ; associée à la pression que représentait ses résultats électoraux et à la disponibilité intellectuelle de certains responsables de la droite dite "républicaine", son discours a commencé à percoler dans toute la droite, jusqu'à la mise en place du tandem Sarkozy-Buisson.

La dédiabolisation comme stratégie mise en oeuvre par Marine Le Pen n'est de fait que l'étape supplémentaire sur le chemin entamé par son père. Elle rend le FN plus encore acceptable et d'autant plus désirable pour une partie de l'UMP, que ras-le-bol et lepénisation augmentent régulièrement les intentions de vote en sa faveur. Une partie croissante des responsables UMP réfléchit désormais à une alliance avec le FN, et si toutes les digues n'ont pas encore sauté, le FN n'a jamais été aussi prêt de pouvoir envisager un jour d'être associé au pouvoir.

bloc_identitaire.jpgLa dédiabolisation "mariniste" a cependant libéré sur sa droite un espace politique pour l'extrême droite radicale, tout en validant une partie de son discours qu'elle partage sous des formes plus soft : Bloc Identitaire, Génération identitaire, projet Apache, Jeunesses Nationalistes, JNR, etc. ne sont plus seulement des groupuscule néo-nazis ou des bandes de skins en goguettes, mais des organisations dont on a vu la capacité à se rendre visible et à structurer des actions de plus en plus solides, que ce soit en surfant sur le rejet de l'islam (occupation de la terrasse de la mosquée de Poitiers) ou dans le refus de la loi sur le mariage pour tous.

La dédiabolisation et la lepénisation des esprits désinhibent également une partie de ces militants radicaux qui se sentent désormais autorisés à passer à l'action violente, dont l'une d'elle a abouti hier soir à l'assassinat de Clément Méric. Les violences à caractères racistes ont d'ailleurs commencé à progresser à nouveau fortement dès la fin des années 1990 (documentation française ; ministère de l'intérieur).

printemps_francais.jpgCe qui est grave aujourd'hui c'est l'existence de passerelles entre cette extrême droite radicale qui fait mine de vomir le FN mariniste, le FN lui-même et y compris une partie de la droite classique.

Cette dernière n'a eu en effet aucun mal à participer à des défilés où se retrouvaient toutes les familles de droite, durant la mobilisation contre le mariage homosexuel. N'en déplaise aux hypocrites responsables de l'UMP, du PCD ou de la "manif pour tous". Le cordon sanitaire est par ailleurs parfaitement inexistant avec le "Printemps Français", coalition de sous-marins de l'extrême droite radicale qui s'est choisie comme porte-parole une transfuge du parti de Christine Boutin.

1489157 3 0fb0 marine-le-pen-a-lille-le-5-mars-2011Les liens sont évidents avec Marine Le Pen et son parti. Les déclarations légalistes de Florian Philippot condamnant l'assassinat de Clément Méric n'y changent rien. Au soir de la mort de Dominique Venner, Marine Le Pen elle-même saluait la mémoire de Dominique Venner dont nous avons parlé plus en des termes particulièrement attendris, soulignant ainsi sa volonté d'envoyer des messages à sa frange radicale et ses propres origines idéologiques.

La France vit une période délicate et l'évolution de l'extrême droite accroit aujourd'hui plus que jamais le danger qu'elle encourt.

Frédéric FARAVEL

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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 09:31

Le site Atlantico a publié une vidéo "volée" dans les locaux du Syndicat de la Magistrature (SM), sur laquelle on découvre un "murs des cons". Les militants de ce syndicat se sont semblent-ils défoulés en chargeant un panneau d'affichage interne, auquel le public n'a pas d'accès, des photos des principaux zélateurs du sarkozisme, de quelques journalistes (comme le très chiracophile David Pujadas), le responsable du syndicat concurrent (USM) et même d'"hommes de gauche" comme Jack Lang.

mur-des-cons-filme-au-sein-des-locaux-du-syndicat-de-la-mag.jpgDepuis, une partie des responsables politiques de droite a décidé d'enfourcher cette vidéo - Atlantico vole ce qu'elle peut, son directeur (le camarade Ferjou, avec qui j'ai fait mon service national) doit penser qu'il tient là l'équivalent des enregistrements de Médiapart dans les affaires Bettencourt et Cahuzac (oui faut bien le dire tout le monde n'est pas au même niveau d'investigation et de journalisme) - pour dénoncer les "juges rouges" et vitupérer sur l'absence d'impartialité d'un bon tiers des magistrats du pays, puisque c'est le score du SM. Jean-François Copé exige une commission d'enquête parlementaire, rien que cela, que la Garde de Sceaux sévisse et certains réclament même la dissolution du syndicat.

Cette manoeuvre cache mal la tentative de diversion de l'UMP et de toute la droite en général, qui depuis plus de 10 ans a fait des magistrats et de l'indépendance de la justice une de ses principales cibles. En effet, il est parfaitement hypocrite d'expliquer qu'une décoration intérieure destinée aux permanents et aux responsables du SM met en cause l'impartialité de la justice française, quand les conservateurs et les centristes ont pendant 10 ans multiplié les entraves aux investigations judiciaires, les pressions par parquet interposé pour orienter les procédures, et les réformes visant à dévaloriser le juges et le fonctionnement démocratique de la justice.

C'est également une bien piètre manipulation de responsables qui ont de nombreuses casseroles et qui s'attendent tous un jour ou l'autre à recevoir une lettre d'un juge (rouge, forcément), dès que l'opportune diversion de l'affaire Cahuzac permettra à nouvau de jeter un oeil tranquille sur Sarkozy, Woerth, Balladur ou Copé. Ces personnages ont été tellement habitués dans le même temps à obstruer la marche de la justice ou à manipuler les procureurs, qu'ils ne peuvent imaginer que des militants syndicaux, pétris de convictions et de détermination, soient capable de faire preuve de professionnalisme et d'impartialité lorsqu'ils exercent leurs missions de fonctionnaires. Il est vrai que la nature du service public et du service de l'Etat est devenue depuis longtemps étrangère à la droite française.

Sur le fond de l'affaire, tout cela montre bien que le monde syndical est étranger à Atlantico et à l'UMP. On pourra peut-être les emmener dans les locaux de la CGT ou de FO, de la plus petite UD ou UL jusqu'à Montreuil... le pauvre Jean-François risque de faire une attaque sous le choc. Mais s'il souhaite aujourd'hui une commission d'enquête contre le SM, je lui propose de faire un tour à Solférino pour vérifier les stocks d'affiches du MJS qui des "Arnaqueurs" à "La Honte" pourraient être soumis à des poursuites pour diffamations si l'on suivait l'analyse de Christian, Jean-François et les autres.

Que dire de la poupée vaudoue Sarkozy que mon épouse a imposée depuis plusieurs années dans notre domicile : piétié ne vous en prenez pas à moi, je n'y suis pour rien je vous le jure !...

Rassurons tout de même nos amis de l'UMP... Il est probable qu'au rythme où vont les choses -  de volte-face sur l'aministie sociale concernant les faits entre 2007 et 2012 (alors que s'exerçait une véritable répression d'Etat sur toute une partie de l'action syndicale) à l'absence d'encadrement sur les licenciements profitabilité, en passant par l'oubli de la loi sur les reprises d'entreprises industrielles - il es probable que les prochains "murs des cons" que l'on découvrira dans des locaux de syndicats de salariés compteront de nombreux responsables politiques et élus de gauche... malheureusement.

Frédéric FARAVEL

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 13:24

Je me suis beaucoup interrogé sur la pertinence de me prononcer sur le sujet. Mais comme de nombreux militants socialistes, il n'est pas possible de retenir à la fois l'expression de ma colère, de mes angoisses et de mes interrogations. Je crois qu'il est temps de libérer la parole des militants de gauche avant qu'il ne soit trop tard.

cahuzac_reference.jpgJérôme Cahuzac a donc procédé hier après-midi à des aveux complets (presque ?) devant le juge d'instruction qui l'a mis en examen. Le ministre du budget, en charge de la lutte contre la fraude fiscale, avait donc caché l'existence d'un compte en Suisse, à UBS puis dans la Banque Reyl à Genève, et enfin à Singapour. Il était donc lui-même un fraudeur et fait accablant il a menti à tous les responsables politiques, à ses supérieurs, à la représentation nationale et à tous les Français.

Il faut revenir un moment sur le rôle de Médiapart dans cette affaire. Les journalistes de ce média en ligne ont fait leur travail, consciencieusement, dans la ligne d'indépendance et de gauche qu'ils se sont fixés dès la création du site voici 5 ans. Médiapart avait raison, son enquête était sérieuse, ses recoupements solides ; cela fera réfléchir ceux des responsables politiques de mon camp, le Parti Socialiste, qui avaient insulté le journal et son Directeur, Edwy Plenel, alors qu'ils avaient précédemment loué voire encensé leur travail quand il s'agissait des affaires Karachi ou Woerth-Bettencourt. Qu'on se le dise, il faut respecter le travail de ces journalistes qui font honneur à leur profession et il faudra faire preuve d'une grande prudence quand il s'agira de commenter leurs prochaines enquêtes. Il eût été préférable dans cette situation que l'administration fiscale française ne jette pas la confusion en cherchant à trouver des preuves de l'inexistence du compte au moment où la justice française venait d'ouvrir une enquête préliminaire.

La faute morale, impardonnable, de Cahuzac va inévitablement rejaillir et salir durablement l'image des responsables et des partis politiques dans l'opinion. Qu'il se déclare « dévasté » par le remord et le poids de sa faute est finalement assez peu important au regard des dégâts provoqués et de ce qui a plus que vraisemblablement motivé réellement ses aveux : des perquisitions à UBS sur fond de coopération judiciaire franco-suisse (cf. Le Temps). On est probablement loin du sursaut moral de l'homme mais plus dans l'analyse froide de la stratégie de défense à appliquer.

Une seule raison de satisfaction à ce stade, c'est que la justice française fait enfin librement son travail, ce qui est en soi déjà une rupture importante avec les mœurs politiques de la période précédente mais aussi sous de nombreux gouvernements de droite comme de gauche. Comme le présente avec humour le compte « Humour de Droite » sur Facebook, François Hollande et Jean-Marc Ayrault étaient-ils trop occupés à manipuler le juge Gentil contre Nicolas Sarkozy pour préserver Jérôme Cahuzac ? Non évidemment, il est à mettre au crédit du président de la République et du gouvernement ce respect indispensable de l'indépendance de la Justice.

Maintenant, il faut regarder ce que je crois être les leçons du symptôme Cahuzac et regarder ce que cela peut vouloir signifier plus largement du comportement de certains responsables politiques.

cope-piscine.jpgJe veux d'abord dénoncer l'indécence des dirigeants de la droite parlementaire. Je n'évoque pas le Front National qui fera ses choux gras du « tous pourris » habituel et dont les dirigeants ont été régulièrement condamnés, au-delà du caractère nauséabond de leur projet politique, et n'ont donc rien d'exemples de vertu. D'aucuns considèrent que l'UMP et l'UDI ont fait preuve de retenue vis-à-vis de Jérôme Cahuzac avant qu'il n'avoue sa fraude ; ils y voient un progrès dans la sérénité du débat politique, j'y vois personnellement une complicité intellectuelle, celle d'une droite dont de nombreux dirigeants sont impliqués dans des affaires d’État, plus graves encore que la fraude fiscale, ou apportent leur soutien sans discernement à ceux qui y sont impliqués, ne manquant pas une occasion d'insulter les journalistes et les juges. Les sorties du Président de l'UMP, grand ami de Zyiad Takkiedine, sont à ce titre un festival de mauvaise foi et pour une fois il n'y a bien que Laurent Wauquiez qui rehausse le niveau dans ce camp politique, invitant droite et gauche à balayer devant leurs portes, à changer radicalement le rapport des hommes politiques à l'argent et la façon de concevoir les conflits d'intérêts.

Je ne peux pas non plus ne pas exprimer mon ressenti sur ce que je perçois comme de la légèreté de la part des dirigeants socialistes, mes dirigeants. Si François Hollande et Jean-Marc Ayrault avaient été au courant des malversations de l'ex ministre délégué, la situation eût été odieuse et proprement lamentable. Je ne peux pas y croire un seul instant, je pense avec sincérité qu'ils ont été victimes d'un mensonge ; mais cette situation ne me rassure pas un instant.

Ce qui m'interroge c'est ce qui a pu conduire un personnage comme Jérôme Cahuzac à gravir les marches du pouvoir les unes après les autres. Comment se fait-il que personne n'ait été interpelé ou suffisamment choqué par le parcours de ce médecin qui « délaisse sa vocation » pour les profits attendus de la chirurgie esthétique et/ou du conseil au profit d'entreprises pharmaceutiques (cette dernière possibilité reste encore soumise à instruction judiciaire, donc ce n'est pas formellement prouvé) ? Comment se fait-il que personne ne se soit sérieusement interrogé sur les sources importantes de conflits d'intérêts que cela laissait supposer ? Comment se fait-il que personne n'ait été bousculé sur ce que cela signifie en terme de confusions dans la hiérarchie de valeurs, notamment pour un socialiste ?

Beaucoup d'entre nous l'ont pensé, personne – moi compris – ne l'a clairement exprimé publiquement évidemment mais également dans nos débats internes. Cette incapacité à dire les choses entre nous était une erreur. Nous aurions dû monter au créneau, nous ne l'avons pas fait, sans doute par peur que l'expression de notre « défiance » ne conduise à notre isolement – toujours mortel en politique – ou nous expose aux insultes de ceux qui considèrent que des interrogations sur leurs amis sont en soi un crime de lèse-majesté ou le début du populisme. Insultes que certains n'ont de toute façon pas retenues. Ainsi, nous n'avons pas ouvertement lancé d'alerte, et nous avons laissé nos dirigeants dans leur aveuglement : l'absence d'alerte et l'aveuglement sont l'un comme l'autre condamnables ; l'aveuglement est profondément inquiétant.

Car cette confusion dans la hiérarchie des valeurs chez certains hauts responsables de gauche fonctionne en parallèle et se nourrit de la désidéologisation qui est à l’œuvre depuis une trentaine d'années. Nous avons créé une catégorie de responsables politiques professionnels, formés dans les grandes écoles mais aussi parfois dans nos grandes collectivités, qui n'ont plus le sens du commun, le sens du réel, et – plus grave encore – n'ont plus parfois le sens de la portée du socialisme démocratique. Une étude du milieu des années 2000 de la Friedrich-Ebert Stiftung, qui n'est pourtant pas connu pour son côté populiste et révolutionnaire, décrivait le caractère « arrivé » des responsables SPD ; La société des socialistes, publié par les sociologues et politologues Frédéric Sawicki et Rémi Lefebvre, décrit également les travers comparables un appareil sclérosé et peuplé de cadres (j'en fais partie) politiques qui n'ont plus forcément d'expérience sensible de la réalité et des difficultés vécues par nos concitoyens des classes populaires et moyennes que nous sommes censés défendre et représenter.

nouveau-logo-psL'abdication devant les recettes libérales et social-libérales, et finalement leurs assimilations complètes, est pour moi indissociable de cette perte de repère par rapport aux valeurs fondatrices du socialisme démocratique. L'incapacité à opérer le tournant de la relance alors que la rigueur qu'elle soit de gauche ou de droite nous emmène à grande vitesse dans le mur est l'autre face de la médaille de cette défaite intellectuelle et morale.

Il faut tirer d'abord des conséquences institutionnelles à cette affaire-symptôme. François Hollande a eu raison d'appeler aujourd'hui à un ressaisissement et d'annoncer plusieurs mesures importantes :

  • le renforcement de l'indépendance de la Justice par la réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature ;
  • le renforcement de la lutte contre les conflits d'intérêts ;
  • l'interdiction définitive pour tous élus ayant été condamnés pour corruption ou fraude fiscale d'exercer à nouveau des responsabilités politiques.

Il faut aller plus loin et changer la République. Il est trop facile et lamentable de disqualifier tout appel à la VIème République en les renvoyant aux populismes et aux extrêmes de gauche et de droite comme l'a fait ce matin Jean-Marie Colombani sur France Inter. Notre régime politique – cela a été analysé depuis longtemps – favorise l'irresponsabilité politique. Changeons en ! Réformons le statut pénal du chef de l’État, faisons des ministres des justiciables comme les autres en supprimant la Cour de Justice de la République, instaurons sur le modèle américain sans tomber dans ses travers des enquêtes parlementaires sur les nominations de ministres et de grands responsables publics…

Mais, au-delà, car le socialisme français est indissociable de l'expérience républicaine, c'est à une refondation, un ressourcement du socialisme qu'il faut aujourd'hui s'employer. C'est urgent et incontournable, pour retrouver nos repères, retrouver nos valeurs, et retrouver le sens de notre engagement et mener une véritable transformation sociale.

Frédéric FARAVEL

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 08:48

Nous ne sommes pas encore sortis des habituelles et rassurantes analyses que certains de nos commentateurs ou responsables politiques sont capables de produire aux lendemains de résultats électoraux gravissimes.

Cela fait près de 20 ans que le triptyque : "1/ nous n'avons sans doute pas fait assez de pédagogie ; 2/ mais c'est de toute manière une circonscription qui vote traditionnellement à droite ; 3/ il faut faire barrage au Front national" sert d'analyse électorale au PS au soir des premiers tours d'élections qui laissent en piste la droite et FN. Ne pas regarder plus loin, c'est se mentir sur la déception à gauche qui nourrit l'abstention et met en péril notre capacité à agir durablement aux services de Français. Et de se planquer également derrière l'évidente figure repoussoir de Jean-François Mancel.

Sur un autre ton, moins naïf, c'est là-encore ce que l'on remarque dans l'édito politique de Thomas Legrand ce matin sur France Inter. Une lueur de lucidité sur ce qui est en jeu apparaît pourtant.

"Alors il y a bien sûr la particularité locale et la personnalité controversée de Jean-François Mancel, l’élu UMP, qui n’a rien d’un rassembleur. Mais ce chiffre montre quand même qu’une partie importante, très politisée des électeurs de gauche (celle qui se déplace lors d’élections partielles isolées) votent maintenant sans états d’âmes pour le FN. Pour comprendre ce qui paraît être une bizarrerie politique il faut faire appel d’abord à la géographie et parler des travaux de Christophe Guilluy. L’Oise, département de la Picardie est, ce que l’on appelle, une terre « rurbaine ». Elle est composée de cette classe populaire repoussée des agglomérations, soit par le prix des loyers (la gentrification des anciens quartiers populaires), soit par le sentiment de devenir une minorité dans certaines parties de la banlieue. Les emplois industriels sont partis à l’étranger, le chômage flambe, la désertification culturelle y est une réalité. L’Oise fait partie de tous ces départements –de la zone grise- qui se trouvent (par exemple) en périphérie de la région parisienne, après le bout des lignes de RER et avant les zones vraiment rurales. La population de ces départements est trop loin de la ville-monde pour comprendre et profiter de la mixité sociale et ethnique, apaisée et qui fonctionne, dans une grande partie de la banlieue et de la ville (et dont on ne parle jamais) et assez près -pour en avoir peur- de certaines cités ghettos, violentes, effrayantes et dont on parle tout le temps.
La gauche a perdu pied dans ces zones, entre ville et campagne !
Oui, dès lors, deux analyses sont possibles : la plus répandue affirme que la France populaire, à l’image de l’Oise devient de plus en plus raciste. Au point que même les électeurs de gauche préfèrent le FN à l’UMP (c’est l’analyse notamment de Patrick Buisson, le stratège de Nicolas Sarkozy, théoricien et partisan de la droitisation de l’UMP). L’autre analyse, que je pense plus pertinente, dit que ces zones grises ne représentent pas toute la France, loin de là. Et, de surcroît, que les résultats de ces élections (tout comme les enquêtes d’opinion à répétition et mal interprétées) ne dessinent pas une France qui sombrerait dans le racisme. En réalité, c’est en haussant le ton mais en modérant son propos sur le fond, en recentrant son discours sur les questions sociales et sur la critique du libéralisme et de l’Europe que Marine Le Pen progresse. L’immigration est maintenant présentée par le FN comme un facteur de dérèglement économique. L’aspect identitaire de son discours est recentré sur les valeurs de la République et la méfiance envers les dérives d’un extrémisme religieux plus que sur des questions raciales comme c’était le cas avec son père. C’est peut-être un détournement intellectuel ou un hold-up politique mais, toujours est-il que, pour avoir des voix, Marine Le Pen choisit de mettre en avant le social et les valeurs de la République (même détournées) ! Et ça marche. C’est moins la preuve d’une dérive raciste, d’une haine de l’autre, sur la base de différences raciales ou ethniques, que la preuve d’une colère sociale et d’un sentiment de dépossession démocratique. C’est aussi ce que tendent à démontrer Emmanuel Todd et Hervé Le Bras, (que nous avons reçus vendredi dernier), dans leur, décidément passionnant essai, Le mystère français, au Seuil."

Je remarque qu'au-delà de la gauche du PS - Maintenant la Gauche avec Emmanuel Maurel ou plus modérément Un Monde d'Avance, quelques responsables socialistes commencent à prendre la mesure des dangers qui nous attendent ; le député Jean-Christophe Cambadélis - dont je partage pas forcément toutes les analyses - perçoit cependant bien que "Les élections de l’Oise sont un laboratoire grandeur nature de ce qui mature voire fermente réellement dans notre pays".

Dans tous les cas, il serait faux de dire que le cas de la circonscription dans laquelle a été élue Jean-François Mancel n'apporte aucune leçon à retenir tant son cas serait particulier et uniquement représentatif des "zones grises".

Tout d'abord parce que, contrairement à ce que certains commentateurs ou responsables politiques nous expliquent, les territoires où la gauche est aujourd'hui mise en difficulté entre une droite en déshérence républicaine et le FN sont souvent d'anciens territoires ancrés à gauche : c'est le cas de ces bourgs ouvriers de l'Oise longtemps acquis au PCF, c'est le cas aussi d'autres territoires que je connais bien, dans le Gard où Marine Le Pen est arrivé en tête au premier tour de l'élection présidentielle (ancien terrain de chasse partagé du PCF et des socialistes) ou du Vaucluse où Marine Le Pen a réalisé son pourcentage le plus important (qui présente pourtant une longue histoire Rad-Soc et SFIO).

1489157 3 0fb0 marine-le-pen-a-lille-le-5-mars-2011Il n'en reste pas moins que si 40 à 45% des électeurs socialistes du dimanche 17 mars (1er tour) - c'est-à-dire le corps le plus motivé de l'électorat socialiste du secteur (puisqu'il se mobilise lors d'une élection partielle) - ont voté pour la candidate du FN, cela marque un grave échec pour les socialistes. l'électorat socialiste s'était déjà bien plus abstenu que les autres, mais désormais il indique au moins partiellement :

  • qu'il n'est plus convaincu que la gauche et le PS en particulier soit plus compétent pour lutter contre les injustices qu'ils estiment subir. Tout cela marque la réussite (temporaire je l'espère) de l'imposture politique de Marine Le Pen qui maquille son projet ultra-nationaliste, xénophobe et fasciste, en lutte contre la mondialisation libérale, l'Europe présentée comme intrinsèquement austéritaire et contre l'islamisme (vaste blague) ;
  • qu'il a été convaincu depuis longtemps (et c'est bien plus grave à mon sens) que dans les difficultés, ce n'est pas la coalition ou l'alliance de ceux qui partagent la même souffrance et la même condition sociale qui permettra de lutter contre et de vaincre les injustices imposées par un système fondamentalement inégalitaire. Non l'effet cumulé d'une quarantaine d'années de chômage de masse, de "pensée unique" libérale et d'abdication d'une partie de la gauche face à elle ont ancré durablement dans l'esprit populaire qu'on ne pouvait s'en sortir que dans la compétition parfois la plus violente avec son voisin d'usine ou dans la file de pôle emploi. Bref, pour être lapidaire, la lutte des classes serait aujourd'hui autant battu en brèche d'un côté par ceux qui sont convertis à la "lutte des races" (expression de Renan) et à l'immense masse des Français qui ont cédé devant l'individualisme.

Les conséquences de ces tristes défaites morales et politiques de la gauche peuvent avoir de graves conséquence politiques et électorales sur le long terme : dès les élections locales, ces voix peuvent manquer à la gauche et l'on sait par ailleurs que ces résultats électoraux pèseront dans le rapport de force en perspective de 2017.

Mais plus largement, si l'on veut s'assurer que la gauche gouverne dans la durée, il faut d'urgence agir sur deux fronts simultanés :

  • un travail profond et appuyé de déconstruction de l'imposture politique mariniste, mais cela ne sera efficace que si le second axe est ouvert ;
  • un tournant, si ce n'est de la relance, au moins dans l'affichage des priorités du gouvernement qui doit désormais offrir aux attentes de son électorat des satisfactions économiques et/ou sociales : salaires, retraites, protection de l'emploi (loi sur les licenciements abusifs), stratégie industrielle défensive et offensive (loi sur les reprises, nationalisation temporaires, innovation...).

C'est aujourd'hui qu'il faut agir... J'entends encore les tenants de la rigueur de gauche expliquer qu'après deux ans d'efforts on pourra redistribuer les fruits aux Français. Or au moment où l'activité économique se contracte encore, où le gouvernement annonce qu'il va réduire de 4,5 milliards d'euros les dotations aux collectivités (qui représentent pourtant 66% de l'investissement public !?!), on voit bien que la stratégie de réduction à marche forcée des déficits publics ne permettra ni de réduire sérieusement la dette ni de rétablir la croissance. On voit mal quels fruits seront alors dégagés.

Nous ne pouvons non plus nous permettre de faire l'impasse sur les municipales, les régionales et les départementales, comme si c'était de simples dommages collatéraux.

Par ailleurs, les dégâts culturels et politiques qui ont été provoqués ne sauraient être corrigés en 1 an et demi avant les élections de 2017, c'est donc bien aujourd'hui que le combat doit être engagé.

Réagissons ! Maintenant !

Frédéric FARAVEL

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 13:38

JF_Mancel.jpgL'élection législative partielle du dimanche 17 mars 2013 s'est conclue par l'élimination de la candidate socialiste dès le premier tour, laissant le très sulfureux Jean-François Mancel -UMP- (invalidé en 1998 et 2012 ; Inoxydable, malgré ses démêlés judiciaires et une dernière affaire qui lui valut, en 2005, une condamnation à 18 mois de prison avec sursis, 30.000 € d'amende et 10 ans d'inéligibilité, avant que la cour d'appel n'annule l'inéligibilité) face au Front National. Seules quelques dizaines de voix séparaient pourtant le PS de l'UMP au soir du second tour en juin 2012.

Ce résultat sonne donc comme une sanction de la politique menée depuis l'élection de François Hollande à la Présidence de la République ou à tout le moins comme le constat de la désaffection marquée de l'électorat de gauche.

Capture decran 2012-08-28 a 17.43.57Cela fait près de 20 ans que le triptyque : « 1/ nous n'avons sans doute pas fait assez de pédagogie ; 2/ mais c'est de toute manière une circonscription qui vote traditionnellement à droite ; 3/ il faut faire barrage au Front national » sert d'analyse électorale au PS au soir des premiers tours d'élections qui laissent en piste la droite et FN. Ne pas regarder plus loin, c'est se mentir sur la déception à gauche qui nourrit l'abstention et met en péril notre capacité à agir durablement aux services de Français.

Il est temps de regarder la situation en face, temps de changer de logiciel, c'est-à-dire d'opérer le « tournant de la relance » attendu par le peuple de gauche qui a porté François Hollande et sa majorité parlementaire au printemps 2012.

flormittalLes sujets ne manquent pas sur lesquels le gouvernement et la majorité parlementaire peuvent marquer leur volonté nouvelle de s'adresser aux salariés des catégories populaires et moyennes et de rassembler la gauche :

  • une loi sur l'encadrement des licenciements abusifs ;
    une loi sur la reprise des entreprises rentables avec priorité aux salariés ;
    la définition d'une doctrine claire et opérationnelle sur la pratique des nationalisations (temporaires ou pas dans les secteurs industriels stratégiques) ;
    la correction par les parlementaires de gauche, dans la volonté de jouer pleinement leur rôle, de l'accord national interprofessionnel CFDT-MEDEF qui est déséquilibré en faveur du patronat ;
    une ambitieuse réforme fiscale, telle qu'elle avait été réfléchie par le Parti Socialiste en 2011 ;
    des règles et un financement justes de notre système de retraite par répartition…

La gauche et le gouvernement français doivent également prendre la tête de l'offensive pour une réorientation réelle de la construction européenne, aujourd'hui soumise aux exigences austéritaires des conservateurs européens et d'Angela Merkel. La voie actuelle précipite l'ensemble de nos économies vers la récession et inscrit durablement une logique de régression sociale qui dessert l'idéal européen.

1725389 3 aa19 francois-hollande-et-angela-merkel-la 17c454La récente résolution votée par le Parlement Européen pour refuser le projet de budget, adopté par les gouvernements lors du sommet de Bruxelles, doit offrir au Parti Socialiste et au gouvernement français l'occasion de l'audace qui lui a manqué : François Hollande n'avait pas osé alors refus l'accord et la direction du PS avait aveuglément soutenu ce compromis délétère, de peur d'être en décalage avec le Président de la République. Les cartes sont désormais rebattues, il faut reconstruire le rapport de force contre les conservateurs pour imposer un soutien efficace à la relance.

banque-chypriote.JPGLes résultats des élections en Italie – véritable référendum contre l'austérité à la mode européenne – ou la colère des Chypriotes, qui vont subir une véritable spoliation pécuniaire, au prétexte de sauver leur système bancaire et sous pression européenne, sont là pour nous rappeler que les solutions de Merkel, Barroso et Cameron conduisent l'Union Européenne vers la désagrégation et nourrissent les réflexes populistes et identitaires.

Il est plus que temps de réagir, il est plus que jamais nécessaire de lancer une nouvelle politique et d'entamer aujourd'hui une nouvelle phase du quinquennat Hollande.

Frédéric FARAVEL

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 08:18

Logo_Site_Engagement31.pngAinsi, devant le congrès des Maires de France, le président François Hollande a reconnu mardi 20 novembre "la liberté de conscience" aux maires qui refuseraient de célébrer des mariages entre personnes du même sexe si la loi le prévoyant était votée.

"Les possibilités de délégation existent, elles peuvent être élargies" : c'est là qu'est tout le noeud de l'affaire.

Tout le monde sait qu'un Maire, qui ne voulait/pouvait pas - jusqu'ici - célébrer par manque de temps ou pour d'autres raisons (par exemple, comme l'explique le délicat Bruno Le Roux, c'est pas très bat' de se retrouver à marier son ex-femme et l'amant de celle-ci), avait la possibilité de déléguer cette tâche à un adjoint au Maire et même à un conseil municipal (je préfère le préciser car selon les radios, ce matin, les conseillers de l'Elysée auraient déminé toute la soirée en expliquant que l'élargissement consisterait à permettre aux conseillers municipaux de célébrer des mariages si on leur demandait). Donc, si on invente une "clause de conscience", concept juridique informe et surtout concept constitutionnel douteux si ce n'est inexistant, c'est qu'elle est supérieure à toutes les raisons de délégations déjà existantes.

FrancoisHollandeSi cette "clause de conscience" est supérieure, comment imposer à tout un conseil municipal la célébration d'un mariage que chacun de ses membres aurait refusé d'opérer ? Ainsi, on introduit la possiblité très sérieuse que sur certaines parties du territoires français, en raison de l'opinion politique ou religieuse des membres du conseil municipal, la loi républicaine ne soit plus appliquée, que l'égalité d'accès aux droits sur tout le territoire républicain soit déniée à une partie de nos concitoyens.

Cette hypothèse est sérieuse car il serait étudié en ce moment la possibilité de se marier officiellement dans la commune de ses parents, sans qu'il soit obligé comme aujourd'hui de faire semblant que les fiancés "résident" chez papa-maman.

Je n'envisage même pas la possiblité que sur la base de l'invention d'une "clause de conscience" permette à certains de refuser de célébrer des mariages mixtes, tant la concession ou la reculade - selon que l'on soit indulgent avec le président ou pas - d'hier après-midi est déjà grave en elle-même.

Car François Hollande vient en fait de donner raison à une revendication des maires les plus réactionnaires, Bompard le maire ex-FN d'Orange en tête, et aux manifestants catholiques de samedi et dimanche.

Il réussit dans le même temps à déplaire à son camp sans pour autant obtenir le soutien de ses opposants que son changement de pied sur la question ne retournera pas. Mais nous pouvions déjà nous inquiéter en découvrant que la procréation médicalement assistée n'était pas dans le projet de loi déposé par le gouvernement, alors que c'était un engagement du candidat François Hollande.

Bien avant que François Hollande ne décide de faire avaler de force le traité Merkozy à la gauche ou ne change de pied sur la stratégie de compétitivité, d'aucuns - des partis à la gauche du PS jusqu'à la "gauche populaire" en passant par l'aile gauche du PS - craignaient le risque de Zapatérisme qui guettait le Président de la République.

Pour ma part, je crains aujourd'hui que Jose-Luis Zapatéro ne soit même pas le modèle de François Hollande, car sur tous les autres sujets non économiques (droit de vote ou reconaissance de la Palestine), le camp qui l'a élu n'obtient pas satisfaction.

Frédéric FARAVEL

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 12:47

aurore_martin.jpegLa militante basque Aurore Martin a été arrêtée près de son domicile de Mauléon, le 1er novembre. La jeune femme avait été immédiatement livrée à la police espagnole. Depuis une semaine, l'exécutif - ministère de l'intérieur en tête - tente de justifier que l'exécution du mandat d'arrêt européen (MAE) était « une décision de la justice » qui a été « appliquée sous l'autorité du parquet général de Pau ».

Valls.jpg« Ce n'est pas du ressort du ministre de l'intérieur que je suis », a soutenu Manuel Valls. « Ce n'est qu'après avoir décliné son identité qu'Aurore Martin a été identifiée comme personne recherchée ».

La procédure du mandat d’arrêt européen – introduite en 2004 dans le code de procédure pénale français – autorise la remise des nationaux aux autorités requérantes, et permet sa mise en œuvre « sans contrôle de la double incrimination » – la concordance juridique des poursuites entre les deux pays – s’agissant notamment d’actes terroristes. Mais la procédure prévoit aussi que l’exécution d’un mandat d’arrêt européen peut être refusée s’il apparaît que l’autorité étrangère envisage de poursuivre ou de condamner une personne pour ses opinions politiques. Questionné par France Bleu Pays basque, en juillet 2011, après l’échec de l’arrestation d’Aurore Martin – protégée par une foule de militants à Bayonne –, François Hollande jugeait qu'il y avait « un principe de clémence à faire respecter ».

Rajoy_hollande.jpgOr il semblerait au contraire que le gouvernement et l'Elysée aient bel et bien validé la remise de la militante basque à l'Espagne. Selon Mediapart, "l’interpellation d’Aurore Martin n’avait au contraire « pas de caractère fortuit ». « Les bonnes relations du président avec les autorités espagnoles et la volonté de renforcer la lutte antiterroriste facilitent ce type d’opération », a poursuivi cette source [administration élyséenne]. Le 22e sommet franco-espagnol, qui s’est tenu à Paris le 10 octobre 2012, sous la présidence de François Hollande et Mariano Rajoy, le chef du gouvernement espagnol, en a été l’illustration."

Désormais, contrairement à ce qui semblaient l'opinion du candidat François Hollande, l'Elysée plaide que les chefs d’accusation visant Aurore Martin ne sont « pas anodins », contrairement à ce que soulignent tous les observateurs. La militante était réclamée pour son engagement au sein de Batasuna, un mouvement interdit en Espagne en 2003, mais qui est resté légal et actif en France jusqu’à aujourd’hui. Membre du bureau national de Batasuna, Aurore Martin est intervenue lors de plusieurs conférences de presse en 2006 et 2007, et elle a également été salariée du groupe parlementaire du Parti communiste des terres basques, en 2007. « Je suis accusée d'association de malfaiteurs, donc d'actes terroristes, pour le seul délit de m'être exprimée publiquement lors de différents événements, au nom de ma formation politique ». Les faits reprochés à Aurore Martin par l’Espagne relèvent, selon tous les recoupements, précisément d’une activité politique classique.

Cette affaire est donc particulièrement préoccupante. Il ne s'agit plus ici de laisser à penser que le gouvernement aurait été dépassé par un enchaînement malheureux entre un contrôle de sécurité et une décision indépendante de la justice, mais que notre gouvernement a bel et bien choisi de sacrifier une citoyenne française, sur la base d'une incrimination plus que douteuse, à une conception contestable de la raison d'Etat.

Nous avons défendu pendant 5 ans dans l'opposition la nécessité de raffermir les principes de liberté, d'Etat de droit et de justice mis à mal par la pratique sarkoziste du pouvoir ; la promesse d'une présidence "normale" répondait à cette exigence. Il est temps que le PS et les Socialistes dans leur ensemble, responsables et militants, rappellent à l'exécutif qu'ils ont contribué à mettre en place qu'il n'est pas possible de contrevenir ainsi à des valeurs, des principes qui sont fondamentaux.

Frédéric FARAVEL

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 09:58

Competitivite.jpgLe gouvernement a repris la presque intégralité du rapport Gallois, sinon à la lettre au moins dans son esprit. Le rejet de la reprise de l'exploitation des gaz de schistes apparaît comme une concession cosmétique pour faire passer tout le reste, l'éditorial du Figaro et la joie de Laurence Parisot suffisant à démontrer qui vient de remporter une bataille politique dans ce domaine.

Je défends pour ma part que le problème de compétitivité en France n'est pas issu du "prix du travail", mais bien du position stratégique des entreprises françaises sur le marché européen et mondial, de la qualité des produits, du manque d'innovation dans nos industries.

Si les cadeaux fiscaux et les ristournes sociales avaient permis de créer des emplois et de dynamiser la compétitivité économique, la France serait depuis longtemps au plein emploi et ultra excédentaire dans la balance extérieure.

Ce n'est pas le prix du travail qui pèse sur la compétitivité mais le coût, la distribution et l'utilisation du capital. Les détenteurs de capital français ont beau jeu de dénoncer l'assistanat social, ils se comportent de manière outrageusement caricaturale comme des assistés vis-à-vis de l'Etat, incapable de réaliser les bons choix stratégiques et exigeant de l'Etat qu'il assure leur fonds de roulement.

Enfin la réorientation de la construction européenne ne peut faire l'impasse sur la nécessité d'un protectionnisme européen intelligent : cela suffit que l'Europe soit le "ravi de la crèche" du commerce international, s'ouvrant à tous les vents quand les autres se protègent, tolérant au nom du "marché libre" que des biens de mauvaise qualité, produits dans des conditions environnementales et sociales lamentables entre sur notre territoire comme dans une vespasienne. Il faut en finir avec la logique stupide du renard libre dans le poulailler libre !

On ne peut pas non plus expliquer nos partenaires européens conservateurs, libéraux ou sociaux-démocrates que la construction européenne doit changer de cours si l'on met en oeuvre dans notre pays la même politique que l'on fait mine de dénoncer au niveau européen !

Le gouvernement fait fausse route dans cette affaire, pire il tourne le dos aux engagements de la campagne présidentielle et au pacte passé avec les Français. Nous paierons cher dans les urnes et en dégradation économique et sociale les décisions du mardi 6 novembre.

Je vous mets ci-dessous le commiqué de presse très correct de "Maintenant la Gauche" sur cette erreur gouvernementale.

Frédéric FARAVEL

"Compétitivité" - Communiqué de Presse de Maintenant la Gauche et Emmanuel Maurel

fond_foule_MLG_v2.jpgLe gouvernement vient d’annoncer une série de mesures susceptibles de « relancer la compétitivité », au lendemain de la présentation du rapport de Louis Gallois. La gravité du bilan de 10 années de droite exige un sursaut. La réussite du changement demande un soutien populaire réel.

Signataires de la motion « Maintenant la Gauche », nous regrettons le caractère précipité de ces annonces et l’absence de négociations préalables avec les organisations syndicales.

C’est pourquoi nous estimons que les annonces faites aujourd’hui doivent désormais faire l’objet d’une concertation avec les partenaires sociaux et un débat approfondi avec l’ensemble des forces de gauche et écologistes. Ce qui vaut pour la loi contre les licenciements boursiers, retardée pour laisser la place à une négociation sociale, doit aussi valoir pour une démarche visant à accorder près de 20 milliards de crédit d’impôts pour les entreprises. Clairement, la question des contreparties en termes d’emplois et d’investissements doit être posée.

Face à cette crise sans précédent, nous soutenons avec force l’action de redressement productif, le soutien à la croissance et à la création d’emploi, et l’amélioration de la compétitivité. Améliorer la compétitivité c’est investir dans la recherche et dans la formation. C’est relancer l’investissement et la production industrielle.

De ce point de vue, le lancement d’une stratégie industrielle de filières, la création d’une banque publique d’investissement ou l’accès des PME aux marchés publics constituent des avancées importantes.

Mais nous réitérons notre désaccord sur l’augmentation de la TVA, impôt particulièrement injuste qui, de surcroit, va pénaliser de près de 7 Milliards le pouvoir d’achat des Français. Nous estimons que les arguments développés pendant la campagne électorale contre la hausse de la TVA sont toujours valables et que la compétitivité des entreprises françaises comme la relance des exportations passent par d’autres dispositions que la baisse généralisée du «Coût» du travail.

Nous souhaitons en particulier que soient engagées rapidement des démarches au sein de l’UE pour une politique monétaire et douanière favorable aux exportations, et une lutte effective contre le dumping social et fiscal.

C’est un enjeu majeur pour notre compétitivité.

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 07:41

(Grandeur et) décadence des chroniqueurs politiques... Beau tir groupé ce lundi : Thomas Legrand et Pascale Clark (la "biaiseuse" comme la surnomme le nouvel invité de Collin et Mauduit, Omer Simpson himself) de France Inter et Christophe Barbier de L'Express ont en commun posé la question terrible et stupide à la fois qui devrait agiter le landernau des gens qui savent mieux que les électeurs et les militants ce qu'il faut faire en politique...

AubryDuflotAinsi après le vote du conseil fédéral d'Europe-Ecologie/Les Verts rejettant au 3/4 le Traité Merkozy, après l'éructation véxée de Dany Cohn-Bendit (que je pensais plus attaché au fonctionnement démocratique... je suis moi-même jusqu'ici minoritaire dans mon parti, je ne traite pas les camarades avec qui je ne suis pas d'accord de "nuls"), la question de la présence de Pascal Canfin et de Cécile Duflot au gouvernement serait donc posée. Par ricochet, faut-il demander le départ de Benoît Hamon, exclure les députés et sénateurs socialistes qui vont voter contre le TSCG, et rejeter dans l'opposition les députés et sénateurs écologistes et chevènementistes ?

Rappelons au passage que la décision des camarades écologistes n'est une surprise pour personne : les responsables écologistes de Cécile Duflot à Jean-Vincent Placé, en passant par Pascal Durand, ont toujours dénoncé le caractère anti-démocratique et austéritaire du traité rédigé par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Va-t-on recommencer avec Cécile Duflot le coup de lui reprocher les positions écologistes, désormais sur l'Europe, après l'avoir fait sur le cannabis ?

Faut-il rappeler que l'accord signé par le Parti Socialiste et EELV n'a jamais impliqué le vote favorable des écolgistes en faveur du Traité Merkozy ? et ce pour la meilleure raison du monde : les deux parties signataires étaient opposées radicalement à ce traité...

Faut-il également rappeler, puisque l'on explique depuis le 6 mai 2012 que tout le monde devait se rallier au seul programme de François Hollande, que notre Président de la République s'était engagé noir sur blanc à renégocier le traité Merkozy et à le compléter par un volet croissance (engagement n° 11) ? Le volet croissance, même faible, a été obtenu, la renégociation est totalement absente : pas une virgule n'a changé entre le texte de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel - aujourd'hui défendu bec et ongles par François Fillon et Jean-François Copé - et celui qui sera soumis aux parlementaires en septembre et octobre...

Faut-il même s'interdire de se poser des questions sur la loi organique triennale sur les finances publiques et le projet de loi de finances pour 2013 qui fixe un objectif de 3% de déficit budgétaire pour l'année prochaine ? En période de croissance anémiée et presque nulle, alors même que les prévisions de croissance du gouvernement ne cessent de s'amoindrir, il serait particulièrement hasardeux de maintenir cet objectif de 3% par principe, alors même que nous avons besoin de maintenir le pouvoir d'achat des Français (et la puissance publique crée de l'activité donc du pouvoir d'achat induit) pour relancer la croissance... C'est une des nombreuses questions que pose la motion 3 "Maintenant la gauche" conduite par Emmanuel Maurel, dans le congrès du PS.

Faut-il être pragmatique ou s'exposer à l'échec et se donner rendez-vous, comme l'a fait ce matin sur France Inter J.-V. Placé, pour un collectif budgétaire en juin ou juillet prochain révisant un objectif pour le moment trop ambitieux ?

Dans cette affaire, la cohérence, l'efficacité et le pragmatisme sont bien du côté des militants et parlementaires de gauche qui demandent de ne pas reporter à l'après TSCG la réorientation démocratique et sociale de l'Europe, qui défendent une Europe fédérale et budgétairement active (qui nous est refusée par ce traité) et demande à desserrer l'étau d'une rigueur qui ne dit pas son nom.

Frédéric FARAVEL

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 13:31

Depuis une dizaine de jours, une partie du monde arabo-musulman s'enflamme autour d'un mauvais film diffusé sur internet intitulé "L'innocence des musulmans". Les réactions à ce qu'on peinerait à qualifier d'oeuvre cinématographique (il faudrait inventer une catégorie inférieure à la série Z) ont donné lieu à des violences graves - notamment au Liban, en Tunisie, mais surtout en Libye - opérée par une minorité agissante salafiste... D'autres acteurs politiques tentent d'ailleurs d'instrumentaliser la situation : les Frères Musulmans égyptiens cherchent à relayer la colère de la rue pour ne pas être en reste avec leurs salafistes locaux, le Hezbollah a commandé des manifestations monstres à Beyrouth, et l'Iran conservateur a décidé d'attiser les flammes.

Charlie_Hebdo_19-09-2012.jpgOn le voit ici rien de spirituel ou de métaphysique mais, une fois de plus, de l'instrumentalisation politique éhontée. Pour emprunter les mots de Sophia Aram en début de semaines, si Dieu existe soit il doit complètement se foutre d'un film aussi insignifiant (j'opterais d'ailleurs pour cette hypothèse), soit il doit être choqué que des supposés croyant le croit à ce point incapable de régler le problème tout seul, ce qui en soi est bien plus vexant que le film lui-même.

L'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo a dans ce contexte choisi de publier un numéro dont une large part a été consacré à la critique des variantes les plus fondamentalistes de l'Islam, comme il caricature généralement avec acidité l'ensemble des autres religions. L'édition s'est arrachée et a été épuisée en moins d'une journée, une seconde édition devrait être publiée ce vendredi.

On peut discuter longuement des motivations de la rédaction de Charlie - serait-elle pécunière ("vendre du papier") ? mais on connait les risques d'attentat contre le journal et vendre beacoup un jour était évidemment contrebalancé dans leur esprit par la possibilité de voir à nouveau leurs locaux et leur matériel partir en fumée... on peut également discuter du bon goût ou du mauvais goût des dessins proposés, de leur qualité et de leur pertinence, mais cela reste en l'occurence du registre de la controverse artistique.

Je fus donc particulièrement consterné d'entendre des responsables politiques de gauche - qui doivent défendre par dessus tout la liberté d'expression et la conception laïque du vivre ensemble - ou des journalistes (qui sous prétexte qu'ils défendaient par ailleurs leur liberté) dénoncer l'irresponsabilité du journal, désapprouver l'initiative et rappeler qu'on peut attaquer la publication. Le droit à l'irrévérence, la possibilité de relater y compris sous forme satirique et humoristique tous les sujets ne saurait être contester d'une quelconque manière que ce soit, pour peu que le propos ne soit pas une incitation à la haine (et la jurisprudence en l'occurence ne permet pas de placer Charlie Hebdo dans le même sac que "Riposte laïque" ou le FN). C'est justement au moment où des islamistes violents agissent qu'il faut réaffirmer frontalement la possibilité de dénoncer, critiquer, moquer. Sans concession... Sinon c'est l'obscurantisme et la violence qui l'auront emporté.

Je voudrai également ajouter que je suis étonné que de nombreux défenseurs de Charlie Hebdo utilisent dans leur argumentaire le concept de droit au blasphème. Quelle est la définition du blasphème : "Blasphème : une parole ou un discours qui insulte violemment la divinité." ( Le Petit Larousse); "toute parole de malédiction, reproche ou irrespect prononcé contre Dieu." (Francisco Suárez). Il est selon moi impossible dans le cadre d'une société sécularisée, où la religion n'est pas la norme de définition des rapports sociaux de défendre la laïcité et de tenir un discours cohérent en utilisant le terme de "Blasphème" : qui d'ailleurs serait abilité à distinguer ce qui tient du blasphème ou ce qui n'en est pas ? Forcèment des croyants, et parmi les plus rétrogrades, qui ainsi imposeraient leur pensée et leur vision à tous les autres.

Je suis croyant, de confession protestante, mais dans une société laïque je ne comprend même pas que l'on puisse concevoir la pertinence même du concept de "blasphème" ; utiliser ce vocabulaire, c'est utilisé le vocabulaire des adversaires de la liberté de conscience, des adversaires de la liberté tout court, c'est leur donner une première victoire. Rappelons au passage qu'une des revendications phares de l'organisation de la conférence islamique, qui regroupe en son sein la presque totalité des pays de culture musulmane (et bien peu pour le grand malheur de leurs populations de gouvernements démocratiques), est d'établir en droit international le délit ou le crime de blasphème. En droit, le terme même ne devrait tout simplement pas exister.

CQFD

Frédéric FARAVEL

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