Un militant de gauche, Clément Méric, a été brutalement agressé mercredi 5 juin par des partisans de l'extrême droite qui appartiendrait au groupe Jeune nationaliste révolutionnaire (JNR). Laissé inanimé, il a été déclaré hier soir en état de mort cérébrale à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière.
Le jeune syndicaliste âgé de 18 ans, venu de Brest pour ses études à Sciences Po Paris, sortait d'un magasin, près de la gare Saint-Lazare, lorsqu'il a été pris à partie. Selon une source policière, une vente privée de vêtements était organisée dans le quartier. Vers 18 heures, trois jeunes gens "de type skinhead", dont une femme, sont arrivés sur les lieux où ils se sont confrontés à un autre groupe de jeunes. Après des invectives et des bousculades, les skinheads, rejoints par "des renforts", ont attendu devant le magasin. Les agresseurs, qui se sont enfuis et n'ont toujours pas été interpellés, portaient "des bombers et des rangers", selon 20Minutes.fr. L'un d'eux aurait projeté le militant contre un poteau métallique. Un passant serait ensuite intervenu pour secourir la victime, placée en position latérale de sécurité avant d'être évacuée.
Les violences politiques mortelles sont des évènements rares et graves. Au-delà de l'indignation et de la colère légitimes et de la nécessité pour toute la gauche de se ressaisir contre les agresseurs et les fascistes assassins, il faut analyser la situation. Sans vouloir extrapoler sur un évènement qui pourrait être un acte isolé, on peut cependant réfléchir après cet assassinat à l'évolution récente de l'extrême droite française qu'elle soit groupusculaire ou partisane.
Les années 1960 et 1970 ont été marquées par de nombreux actes de violences politiques, régulièrement provoqués par des groupuscules d'extrême droite, nationalistes révolutionnaires, et parfois la réponse défensive des militants de gauche et d'extrême gauche, qui étaient régulièrement les victimes de ces "coups de poing". Les actes racistes, sur fond de décolonisation et d'une société qui était encore loin d'accepter la diversité en son sein, étaient également monnaie courante, même si elle était hyprocritement tue ou étouffée.
Le processus, qui a mené à la création du Front National (FN) en 1972 à partir de divers groupuscules puis à son installation dans le paysage politique français, a été parallèle à une certaine pacification sociale.
Il n'en est évidemment pas la cause : la société a elle-même évoluée, la violence politique ou les barbouzeries qui étaient une pratiques régulières (rappelez-vous du SAC) ont cessé d'appartenir aux moeurs communément admises ; les réflexes racistes ont reculé dans la société même s'ils restent présents et répandus, mais de fait depuis la marche des beurs, et malgré la persistance des discriminations et des phénomènes de ségrégations territoriales et sociales, la France s'est découverte diverse et parfois métissée. C'est heureux.
Cependant, la prise en charge de la parole raciste et xénophobe par le FN a abouti à verbaliser dans le paysage politique des sentiments que l'on a un peu de mal à qualifier de politique et qui auraient pu se transformer en violence physique politique ou raciste, participant ainsi à la diminution de ces phénomènes dans les années 1980 et 1990. Attention, je ne dis pas que le FN a été utile à la société française, loin de là : la violence morale et culturelle qu'il a provoquée reste entière et tout autant pernicieuse, nous y reviendrons. Elle n'a d'ailleurs pas empêché certaines violences physiques, dont le pire fut l'assassinat de Brahim Bouarram en marge d'un cortège du FN à Paris le 1er mai 1995.
De fait, le FN a - surtout depuis les années 1980 - appliqué une sorte de stratégie de banalisation de l'extrême droite. Dominique Venner, théoricien et essayiste völkisch tenant d'une vision paneuropéenne de l'extrême droite, qui s'est rappelé à notre souvenir en se suicidant en public devant l'autel de la Cathédrale Notre-Dame, a perdu depuis longtemps le pari qu'il avait fait en parrainant à distance la création du FN. Il pensait "présider" à la création d'une organisation politique plus solide (vision quasi léniniste) portant un nationalisme révolutionnaire, racialiste blanc et paneuropéen, mais le pantin "présentable" pour les bourgeois qui avait été choisi pour présider le parti, Jean-Marie Le Pen, a doublé tous ceux qui pensaient faire de lui un homme de paille, une vitrine.
Malgré ses outrances verbales et ses provocations régulières, Le Pen père a réussi à imposer dans l'espace public et dans son propre camp une extrême droite institutionnalisée, national-populiste et xénophobe, assez éloignée finalement des espoirs de ses parrains. Sa stratégie a été constamment dénoncée par leurs héritiers mais aucune scission (dès les années 1970, le Parti des Forces Nouvelles - PFN) n'a réussi à lui contester le pouvoir électoral tribunicien et protestataire qu'il a construit.
Le Pen n'est pourtant pas un sauveur de la République, un rempart contre une extrême droite pire que lui-même. Avec son accès aux médias, avec son rôle d'amuseur public nauséabond, il a diffusé dans tout le pays un discours politique assumé qui ne l'était plus ouvertement depuis 1944. La Lepénisation des esprits débute dès les années 1980 ; associée à la pression que représentait ses résultats électoraux et à la disponibilité intellectuelle de certains responsables de la droite dite "républicaine", son discours a commencé à percoler dans toute la droite, jusqu'à la mise en place du tandem Sarkozy-Buisson.
La dédiabolisation comme stratégie mise en oeuvre par Marine Le Pen n'est de fait que l'étape supplémentaire sur le chemin entamé par son père. Elle rend le FN plus encore acceptable et d'autant plus désirable pour une partie de l'UMP, que ras-le-bol et lepénisation augmentent régulièrement les intentions de vote en sa faveur. Une partie croissante des responsables UMP réfléchit désormais à une alliance avec le FN, et si toutes les digues n'ont pas encore sauté, le FN n'a jamais été aussi prêt de pouvoir envisager un jour d'être associé au pouvoir.
La dédiabolisation "mariniste" a cependant libéré sur sa droite un espace politique pour l'extrême droite radicale, tout en validant une partie de son discours qu'elle partage sous des formes plus soft : Bloc Identitaire, Génération identitaire, projet Apache, Jeunesses Nationalistes, JNR, etc. ne sont plus seulement des groupuscule néo-nazis ou des bandes de skins en goguettes, mais des organisations dont on a vu la capacité à se rendre visible et à structurer des actions de plus en plus solides, que ce soit en surfant sur le rejet de l'islam (occupation de la terrasse de la mosquée de Poitiers) ou dans le refus de la loi sur le mariage pour tous.
La dédiabolisation et la lepénisation des esprits désinhibent également une partie de ces militants radicaux qui se sentent désormais autorisés à passer à l'action violente, dont l'une d'elle a abouti hier soir à l'assassinat de Clément Méric. Les violences à caractères racistes ont d'ailleurs commencé à progresser à nouveau fortement dès la fin des années 1990 (documentation française ; ministère de l'intérieur).
Ce qui est grave aujourd'hui c'est l'existence de passerelles entre cette extrême droite radicale qui fait mine de vomir le FN mariniste, le FN lui-même et y compris une partie de la droite classique.
Cette dernière n'a eu en effet aucun mal à participer à des défilés où se retrouvaient toutes les familles de droite, durant la mobilisation contre le mariage homosexuel. N'en déplaise aux hypocrites responsables de l'UMP, du PCD ou de la "manif pour tous". Le cordon sanitaire est par ailleurs parfaitement inexistant avec le "Printemps Français", coalition de sous-marins de l'extrême droite radicale qui s'est choisie comme porte-parole une transfuge du parti de Christine Boutin.
Les liens sont évidents avec Marine Le Pen et son parti. Les déclarations légalistes de Florian Philippot condamnant l'assassinat de Clément Méric n'y changent rien. Au soir de la mort de Dominique Venner, Marine Le Pen elle-même saluait la mémoire de Dominique Venner dont nous avons parlé plus en des termes particulièrement attendris, soulignant ainsi sa volonté d'envoyer des messages à sa frange radicale et ses propres origines idéologiques.
La France vit une période délicate et l'évolution de l'extrême droite accroit aujourd'hui plus que jamais le danger qu'elle encourt.
Frédéric FARAVEL


Jérôme Cahuzac a donc procédé hier après-midi à des aveux complets (presque ?) devant le juge d'instruction qui l'a mis en examen. Le ministre du budget, en charge de la lutte contre la fraude fiscale, avait donc caché l'existence d'un compte en Suisse, à UBS puis dans la Banque Reyl à Genève, et enfin à Singapour. Il était donc lui-même un fraudeur et fait accablant il a menti à tous les responsables politiques, à ses supérieurs, à la représentation nationale et à tous les Français.
Je veux d'abord dénoncer l'indécence des dirigeants de la droite parlementaire. Je n'évoque pas le Front National qui fera ses choux gras du « tous pourris » habituel et dont les dirigeants ont été régulièrement condamnés, au-delà du caractère nauséabond de leur projet politique, et n'ont donc rien d'exemples de vertu. D'aucuns considèrent que l'UMP et l'UDI ont fait preuve de retenue vis-à-vis de Jérôme Cahuzac avant qu'il n'avoue sa fraude ; ils y voient un progrès dans la sérénité du débat politique, j'y vois personnellement une complicité intellectuelle, celle d'une droite dont de nombreux dirigeants sont impliqués dans des affaires d’État, plus graves encore que la fraude fiscale, ou apportent leur soutien sans discernement à ceux qui y sont impliqués, ne manquant pas une occasion d'insulter les journalistes et les juges. Les sorties du Président de l'UMP, grand ami de Zyiad Takkiedine, sont à ce titre un festival de mauvaise foi et pour une fois il n'y a bien que Laurent Wauquiez qui rehausse le niveau dans ce camp politique, invitant droite et gauche à balayer devant leurs portes, à changer radicalement le rapport des hommes politiques à l'argent et la façon de concevoir les conflits d'intérêts.
L'abdication devant les recettes libérales et social-libérales, et finalement leurs assimilations complètes, est pour moi indissociable de cette perte de repère par rapport aux valeurs fondatrices du socialisme démocratique. L'incapacité à opérer le tournant de la relance alors que la rigueur qu'elle soit de gauche ou de droite nous emmène à grande vitesse dans le mur est l'autre face de la médaille de cette défaite intellectuelle et morale.
L'élection législative partielle du dimanche 17 mars 2013 s'est conclue par l'élimination de la candidate socialiste dès le premier tour, laissant le très sulfureux Jean-François Mancel -UMP- (invalidé en 1998 et 2012 ; Inoxydable, malgré ses démêlés judiciaires et une dernière affaire qui lui valut, en 2005, une condamnation à 18 mois de prison avec sursis, 30.000 € d'amende et 10 ans d'inéligibilité, avant que la cour d'appel n'annule l'inéligibilité) face au Front National. Seules quelques dizaines de voix séparaient pourtant le PS de l'UMP au soir du second tour en juin 2012.
Cela fait près de 20 ans que le triptyque : « 1/ nous n'avons sans doute pas fait assez de pédagogie ; 2/ mais c'est de toute manière une circonscription qui vote traditionnellement à droite ; 3/ il faut faire barrage au Front national » sert d'analyse électorale au PS au soir des premiers tours d'élections qui laissent en piste la droite et FN. Ne pas regarder plus loin, c'est se mentir sur la déception à gauche qui nourrit l'abstention et met en péril notre capacité à agir durablement aux services de Français.
Les sujets ne manquent pas sur lesquels le gouvernement et la majorité parlementaire peuvent marquer leur volonté nouvelle de s'adresser aux salariés des catégories populaires et moyennes et de rassembler la gauche :
Ainsi, devant le congrès des Maires de France, le président François Hollande a reconnu mardi 20 novembre "la liberté de conscience" aux maires qui refuseraient de célébrer des mariages entre personnes du même sexe si la loi le prévoyant était votée.
La militante basque Aurore Martin a été arrêtée près de son domicile de Mauléon, le 1
« Ce n'est pas du ressort du ministre de l'intérieur que je suis », a soutenu Manuel Valls. « Ce n'est qu'après avoir décliné son identité qu'Aurore Martin a été identifiée comme personne recherchée ».
Or il semblerait au contraire que le gouvernement et l'Elysée aient bel et bien validé la remise de la militante basque à l'Espagne. Selon Mediapart, "l’interpellation d’Aurore Martin n’avait au contraire « pas de caractère fortuit ». « Les bonnes relations du président avec les autorités espagnoles et la volonté de renforcer la lutte antiterroriste facilitent ce type d’opération », a poursuivi cette source [administration élyséenne]. Le 22
Le gouvernement a repris la presque intégralité du rapport Gallois, sinon à la lettre au moins dans son esprit. Le rejet de la reprise de l'exploitation des gaz de schistes apparaît comme une concession cosmétique pour faire passer tout le reste, l'éditorial du Figaro et la joie de Laurence Parisot suffisant à démontrer qui vient de remporter une bataille politique dans ce domaine.
Le gouvernement vient d’annoncer une série de mesures susceptibles de « relancer la compétitivité », au lendemain de la présentation du rapport de Louis Gallois. La gravité du bilan de 10 années de droite exige un sursaut. La réussite du changement demande un soutien populaire réel.
Ainsi après le vote du conseil fédéral d'Europe-Ecologie/Les Verts rejettant au 3/4 le Traité Merkozy, après l'éructation véxée de Dany Cohn-Bendit (que je pensais plus attaché au fonctionnement démocratique... je suis moi-même jusqu'ici minoritaire dans mon parti, je ne traite pas les camarades avec qui je ne suis pas d'accord de "nuls"), la question de la présence de Pascal Canfin et de Cécile Duflot au gouvernement serait donc posée. Par ricochet, faut-il demander le départ de Benoît Hamon, exclure les députés et sénateurs socialistes qui vont voter contre le TSCG, et rejeter dans l'opposition les députés et sénateurs écologistes et chevènementistes ?
