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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 14:44

Je vous recommande de lire ci-dessous l'excellent article d'analyse paru dans La Tribune lundi 29 février sous la plume de Romaric Godin. En effet, la République d'Irlande loin d'être un finisterre de l'Europe est un Etat totalement partie prenante de la construction européenne et membre de la zone euro, à la différence de son grand voisin et ancienne métropole coloniale britannique.

Longtemps structurée par les seules rivalités entre partis issus du nationalisme irlandais (alternance entre Fianna Fail et Fine Gael qui s'étaient séparés en 1922 sur la question de savoir à quel degré d'autonomie et/ou d'indépendance pouvait accéder l'Irlande alors que la Grande Bretagne la menaçait d'une guerre totale si les Républicains n'acceptaient pas la partition de l'île et le traité qu'elle voulait leur imposer), les effets de la dérive de la construction européenne et de l'austérité imposée à tous changent désormais profondément la structure du paysage politique de la République d'Irlande.

Le Sinn Féin - républicains irlandais de gauche - apparaît à nouveau comme une force politique majeure grâce à l'implication récente de ses dirigeants nordistes (branche politique de l'IRA) dans les affaires du sud ; il a engagé depuis plusieurs années une campagne politique contre l'austérité, sur des fondements socialistes démocratiques, sans abandonner l'espoir d'une réunification républicaine de l'Irlande. Ces élections générales sonnent cependant comme une déception pour les Républicains irlandais : portés par leur lutte contre l'abrogation de la gratuité de l'eau, ils auraient pu espérer devenir le 2e parti de la République avec près de 20% des intentions de vote ; ils arrivent en quatrième position derrière le Fine Gael (du premier ministre sortant Enda Kenny), le Fianna Fail et les candidats indépendants en termes de suffrages avec 13,85%, mais ont obtenu quelques 23 sièges dans le nouveau Dail. Leur campagne a fait les frais de quelques erreurs de communication mais aussi dans les dernières semaines d'une véritable campagne de haine comparable à la menace d'un défilé de chars soviétiques sur les Champs Elysées en cas de victoire de la gauche française en 1981. Cependant, les deux grands partis irlandais ne peuvent plus prétendre dominer seuls la politique irlandais ; ils ne peuvent plus compter non plus sur le petit parti travailliste irlandais (6,6% des voix - 6 sièges : autant qu'un petit parti de gauche anti-austérité) qui leur servait de force d'appoint et à perdu 13% des suffrages en 5 ans pour avoir mené aux côtés du Fine Gael la politique ultra-libérale imposée par la commission européenne.

La leçon est implacable pour la gauche européenne qui ferait bien d'observer de plus près la recomposition en cours en République d'Irlande.

Frédéric FARAVEL

Elections en Irlande : les trois leçons pour l'Europe

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La lourde défaite de la coalition sortante en Irlande est aussi une défaite pour la stratégie économique des autorités européennes à l'oeuvre depuis 2010. Quels enseignements tirer du scrutin irlandais ?

Les élections irlandaises du 26 février n'étaient pas qu'un test pour le gouvernement sortant du Taoiseach (premier ministre) Enda Kenny, c'était aussi une épreuve électorale pour les politiques imposées par les autorités européennes à partir de 2010 à ce pays comme au quasi-reste de la zone euro. Car la politique de la coalition sortante, qui regroupait le Fine Gael du premier ministre et les Travaillistes du Labour, n'est pas celle du programme de ces partis lors des précédentes élections, c'est celle qui a été imposée par la troïka (BCE, FMI, Commission européenne). Lorsque, en avril 2011, le nouvel exécutif a tenté, comme il s'y était engagé, de faire payer les créanciers des banques plutôt que les contribuables, la BCE, alors dirigée par Jean-Claude Trichet, l'a forcé à faire marche arrière, menaçant de « lancer une bombe sur Dublin », autrement dit, de sortir "manu militari" l'Irlande de la zone euro si elle désobéissait.

« Élève modèle »

A partir de 2013, l'Irlande a eu le statut « d'élève modèle » de cette politique : premier pays à sortir du « programme » de la troïka, premier à revenir sur les marchés, premier à retrouver une croissance entretemps devenue très rapide. En mars 2014, le Parti populaire européen (PPE) avait choisi Dublin pour lancer sa campagne pour les élections européennes, laquelle avait abouti à la nomination de Jean-Claude Juncker, le candidat soutenu par Angela Merkel, à la présidence de la Commission. La chancelière n'avait alors pas assez de louanges pour Enda Kenny. Un an plus tard, alors que l'Eurogroupe tentait de briser la volonté de changement du nouveau gouvernement grec, Wolfgang Schäuble, Jeroen Dijsselbloem et ce même Jean-Claude Juncker n'en finissaient pas de se référer, inlassablement, à l'exemple de l'Irlande, pour justifier le prétendu succès des « réformes ».

Échec cuisant pour Enda Kenny... et les dirigeants de la zone euro

C'est dire si le bilan d'Enda Kenny doit être identifié à celui des dirigeants de la zone euro. Et donc, si son échec est aussi le leur. Or, cet échec est cinglant. Sur les « premières préférences » (les Irlandais établissent des votes par ordre de préférence), le Fine Gael et le Labour obtiennent respectivement 25,52% et 6,61 %. Ces 32,13% des voix représentent un recul de 23,6 points. 43% de l'électorat de la coalition en 2011 l'ont abandonné vendredi dernier. Certes, le Fine Gael demeure la première force d'Irlande, mais c'est une bien piètre consolation : il revient sous son score de 2007, à un niveau assez traditionnel. Bref, il retrouve son électorat habituel alors que la crise lui donnait l'opportunité de remplacer le Fianna Fáil comme parti dominant de la politique irlandaise. Surtout, Enda Kenny aura bien du mal à constituer une nouvelle coalition.

Cette défaite est donc aussi la défaite des autorités européennes. Aussi, ces dernières seraient-elles bien inspirées de retenir quelques leçons de ce scrutin irlandais de 2016.

1ère leçon : la croissance ne suffit pas

Le premier enseignement de l'élection est que la croissance du PIB ne suffit pas à effacer les effets négatifs de l'austérité et des « réformes ». Cet enseignement était déjà apparu clairement après les élections espagnoles du 20 décembre. Les taux de croissance, dont se félicitent les autorités européennes, ne représentent en effet qu'une partie de la réalité. Mais c'est oublier que cette prospérité est forcément très inégale car elle est fondée sur un abaissement du coût du travail. Ainsi, les ménages les plus fragiles sont encore plus fragilisés par une précarisation accrue de l'emploi, des salaires faibles, des transferts sociaux réduits et des services publics dégradés.

> L'erreur d'Enda Kenny

Enda Kenny a donc commis une erreur fondamentale en niant cette situation et en centrant son discours sur la « poursuite de la reprise », alors que la majorité des Irlandais vivent encore un quotidien marqué par les mesures d'austérité. Dès lors, la crédibilité de son discours a fondu comme neige au soleil. En deux semaines, son parti a perdu cinq points dans les sondages. Les électeurs ont compris, non sans raison, son slogan sur la reprise comme un simple déni de réalité.

> Une croissance malgré l'austérité, pas grâce à l'austérité

L'autre élément, plus propre à l'Irlande, est que la croissance du pays n'est, en réalité, pas le fruit de l'austérité. Elle est le fruit de la stratégie d'attractivité du pays pour les grandes multinationales, stratégie centrée sur la faiblesse des impôts sur les sociétés. Or, là encore, les électeurs irlandais n'ont pas été dupes. Ils savent que la croissance « à la chinoise » du pays ne leur profite pas parce qu'elle est dopée artificiellement par les transactions de ces groupes mondiaux dont la présence n'améliore que très partiellement la vie quotidienne des Irlandais. Le discours d'Enda Kenny - soutenu implicitement par les Européens -, qui consistait à lier la croissance du pays à la politique d'austérité, est donc apparu à la fois déconnecté du terrain et mensonger. Les Irlandais savent que la croissance est revenue en dépit de la politique de la coalition, non grâce à elle. Ils n'ont donc pas été « ingrats » ou « irréfléchis », mais bien logiques et réfléchis en sanctionnant le gouvernement sortant.

> Un modèle « non inclusif »

La leçon à retenir pour l'Europe est qu'il convient de remettre en question cette logique de « réformes » visant à abaisser le coût du travail. Cette stratégie est économiquement discutable et conduit à des croissances « non inclusives », pour reprendre les mots des grands instituts économiques européens. S'extasier sur des chiffres est donc inutile et contre-productif : la zone euro, pour survivre, doit promouvoir un modèle de croissance « inclusif ».

2e leçon : la destruction des systèmes politiques

La deuxième leçon est politique. Comme en Grèce et en Espagne - et dans une moindre mesure au Portugal -, les « réformes » et l'austérité ont fait exploser le système politique traditionnel. La cause en est évidente. En Irlande, lorsque la deuxième phase de la crise a débuté, en novembre 2010, le gouvernement Fianna Fáil de Bertie Ahern a tenté de réduire l'ajustement en faisant participer les créanciers au sauvetage des banques, seule source du déficit public. Mais la BCE a menacé le gouvernement, lequel gouvernement a finalement reculé, acceptant le « programme » de la troïka. En avril 2011, le nouveau gouvernement d'Enda Kenny a fait la même tentative - c'était sa promesse - mais comme la BCE a réagi de même, le gouvernement a, de nouveau, fait machine arrière. L'électorat a tiré de ces événements une conclusion très simple: les trois partis traditionnels du pays mènent la même politique et sont incapables d'imposer leurs vues à la zone euro - ils sont donc inutiles. Certes, en Irlande, l'alternance a toujours été rare et peu signifiante, les deux partis étant de centre-droit. Jusqu'en 2011, cette alternance de forme permettait au système politique de fonctionner. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Les Irlandais ont besoin d'une vraie alternance et le caractère factice du système politique traditionnel apparaît au grand jour. Ceci a conduit à un pays difficilement gouvernable.

> Fianna Fáil en hausse, mais pas assez pour sauver les partis traditionnels

Certes, Fianna Fáil obtient un beau score au regard de ses espérances de début de campagne : 24,35 % des voix, soit 6,8 points de plus qu'en 2011. Mais compte tenu du mécontentement général, cette hausse demeure bien réduite. L'ancien parti dominant de l'Irlande qui, jadis, était capable de rassembler dans toutes les classes de la société n'a pu récupérer que moins d'un tiers des déçus de la coalition. Pour se convaincre que ce score du Fianna Fáil est médiocre, il faut se souvenir qu'il s'agit du deuxième plus mauvais score depuis 1927... après celui de 2011. Bref, le Fianna Fáil n'apparaît pas vraiment comme une alternative. Les deux grands partis ensemble ne cumulent, du reste, que 49,9 % des voix, un record historique de faiblesse. Jamais Fine Gael et Fianna Fáil n'avaient mobilisé moins de la moitié de l'électorat. En 2007, par exemple, ils cumulaient 69 % des voix.

> Poussée de la gauche radicale

Les déçus de la politique d'austérité sont donc allés ailleurs. Mais les Irlandais sont désemparés. Ils n'ont pas su choisir une direction claire et se sont dispersés dans trois directions. Première direction, la gauche radicale qui, avec le Sinn Féin, les Verts et l'Alliance contre l'austérité, obtient le plus haut score de son histoire dans ce pays très conservateur qu'est l'Irlande :  20,52 % des voix contre 14 % en 2011. Le caractère très particulier du Sinn Féin, longtemps vitrine de l'IRA, mais aussi une campagne électorale médiocre, ont cependant joué contre lui et son score, 13,85 %, est au final, très décevant pour lui. L'Alliance contre l'Austérité (3,95 %) en a profité, mais elle reste un mouvement marginal, quand bien même elle aura 5 sièges.

> Le succès des indépendants et de l'abstention est celui du non-choix

La deuxième direction empruntée par les électeurs a été celle des indépendants, lesquels recueillent 17,83 % des voix, contre 12,1 % en 2011. Les Irlandais, faute de mieux, ont donc souvent fait le choix de personnalités qu'ils jugent honnêtes et compétentes, en dehors des grands partis. Mais ce choix reflète en vérité surtout un désarroi : celui de ne pouvoir choisir sa politique car il existe des indépendants de tous bords, d'extrême-gauche, ultraconservateurs, libéraux ou sociaux-démocrates. Faute de pouvoir choisir sa politique, on a donc choisi des hommes. Cela ressemble en fait à un non-choix. Comme l'est le "choix" de l'abstention -la troisième direction -, en hausse de 5 points ce 26 février.

> Le désarroi des opinions publiques fabrique l'instabilité politique

La deuxième leçon pour l'Europe est donc celle-ci : en abandonnant l'idée de pouvoir proposer de vraies alternatives pour complaire aux autorités européennes, les partis traditionnels ont perdu leur capacité de mobilisation. Il s'ensuit un désarroi de l'électorat, cherchant où il peut des alternatives et de l'espoir, avec comme conséquence une dispersion des voix qui rend les pays difficilement gouvernables. Les élections portugaises du 4 octobre et espagnoles du 20 décembre ont confirmé cette leçon. Les « réformes » promues par tous les grands partis sont des machines à détruire les systèmes politiques. Ce sont des machines à créer de l'instabilité politique et à porter des partis radicaux au pouvoir. Ce sont donc des sources potentielles de crises nouvelles, non de prospérité, comme on le croit souvent. Ces dissolution des systèmes politiques se voient aujourd'hui sur tout le continent.

3e leçon : la leçon à la social-démocratie européenne

La dernière leçon est pour la social-démocratie européenne. Le Labour irlandais a subi ce 26 février une débâcle historique. Avec 6,67 %, les Travaillistes réalisent le troisième plus mauvais score de son histoire, le pire depuis 1987. Il perd près de 13 points en cinq ans et n'aura que 6 élus, un seul de plus que l'Alliance contre l'Austérité. Certes, le Labour irlandais n'a jamais vraiment percé dans le pays, bloqué par un Fianna Fáil qui était perçu comme le parti de la classe ouvrière. Il a toujours été très « centriste » et un allié traditionnel du Fine Gael. Mais 2011 et l'éclatement de ce dernier parti avait donné une chance historique au Labour. Avec 19,5 %, il réalisait alors son meilleur score depuis 1922 et parvenait à séduire les déçus du Fianna Fáil sur un programme anti-austéritaire. Mais il a bradé cette chance en s'alliant avec Enda Kenny. Pour beaucoup de ses électeurs, le Labour n'a pas su jouer son rôle d'amortisseur de la politique d'austérité du gouvernement. En réalité, soucieux de « bien faire », le Labour a été solidaire de cette politique et actif dans sa mise en œuvre, ne cessant d'insister sur le caractère « nécessaire » des réformes. Or, on l'a vu, ce caractère était loin d'être évident.

> La déroute du parti de "l'absence d'alternative"

Le Labour s'est alors enfermé dans une logique d'absence d'alternative, il est devenu le « parti TINA ("there is no alternative", il n'y a pas d'alternative) ». Durant la campagne, il l'a confirmé en ne se dissociant guère du Taoiseach et en publiant une publicité très parlante dans les journaux : les opposants au gouvernement sous forme de groupe de rock baptisé « no direction ». Histoire de dire que seul le gouvernement sortant avait une direction. Mais comme cette direction n'était pas celle que souhaitait l'électorat, le Labour est apparu comme un parti d'opportunistes sans foi ni loi, inutile politiquement, et subissant logiquement les conséquences de la volonté de changement des électeurs. Une grande partie de ses électeurs de 2011 sont retournés au Fianna Fáil, qui s'est engouffré dans l'espace laissé au centre-gauche, d'autres sont allés à sa gauche. Désormais, les électeurs des partis qui se situent sur sa gauche représentent plus de trois fois ceux du Labour. On voit mal comment le Labour pourra se remettre d'un tel désastre politique et idéologique.

> Le choix de la social-démocratie européenne

L'histoire du Labour irlandais doit être une leçon pour la social-démocratie européenne. Lorsque cette dernière refuse d'incarner une alternative aux politiques de centre-droit, mais au contraire, se fait son bras armé et son allié, son sort est souvent scellé. Les travaillistes néerlandais de Jeroen Dijsselbloem pourraient connaître un score similaire : le dernier sondage le fait passer de 38 à... 9 sièges ! C'est ce qu'a compris le PS portugais, pourtant très réformiste, qui tente de porter une alternative au centre-droit en s'alliant avec la gauche radicale. C'est ce que refuse de comprendre un PS français pressé de couper l'herbe sous le pied du centre-droit, réduisant ainsi encore son utilité politique. Bref, les élections de la lointaine Irlande sont une nouvelle preuve de l'impasse des politiques d'austérité. Mais la leçon risque encore une fois d'être très rapidement oubliée.

Les résultats complets des élections irlandaises sur le site de l'Irish Times (en anglais).

Gerry Adams, président de Sinn Féin, et député au Dail Eireann, durant la campagne électorale (février 2016)

Gerry Adams, président de Sinn Féin, et député au Dail Eireann, durant la campagne électorale (février 2016)

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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 09:16

 


Si je me souviens bien ce concert était le 7 ou 9 novembre 1987, et se déroulait à Phoenix-Arizona... Le même jour, l'IRA avait commis un attentat contre un défilé d'anciens combattant à Enniskillen, à l'ouest de l'Uslter dans la partie occupée par les Britanniques de l'Irlande.
Bono dénonce avec force l'utilisation de la violence sous l'alibi de vouloir transformer la société et réunifier l'Irlande. S'attaquer à l'armée britannique, c'est une chose, s'attaquer à des civils, appliquer la loi du talion pour contrôler les quartiers populaires en sont une autres, la frontière qui passe entre terrorisme et résistance/révolution...

Depuis l'IRA a abandonné la lutte armée, sous la pression de sa branche politique le Sinn Féin, les accords du Vendredi-Saint ont été signés en 1998, et Martin McGuiness, ancien commandant de l'IRA, est devenu vice-premier ministre d'Irlande du Nord. Les Républicains irlandais font avancer aujourd'hui plus la cause d'une Irlande unifiée et progressiste en pariant sur la paix et la mutuelle acceptation que par la violence aveugle...

La chanson se termine avec la rose au poing, tout un symbole, Sinn Féin mériterait aujourd'hui plus que bien d'autres organisations d'être intégrée dans le Parti des socialistes européens !

FF
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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 18:17
David Cameron est "profondément désolé" pour le Bloody Sunday
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 15.06.10 | 10h21  •  Mis à jour le 15.06.10 | 19h07

 

rente-huit ans après le "Bloody Sunday" ("dimanche sanglant"), Londres reconnaît la responsabilité de ses soldats dans la répression sanglante d'une manifestation catholique à Londonderry. "Ce qui s'est passé le jour du Bloody Sunday était non justifié et non justifiable. C'était mal", a déclaré le premier ministre britannique, David Cameron, au moment de rendre public le rapport sur le dimanche sanglant du 30 janvier 1972 qui avait vu la mort de 14 manifestants.
Photo du face à face entre les parachutistes britanniques et les manifestants irlandais, le 30 janvier 1972.
AP/PA
Les conclusions de l'enquête seront forcément sujettes à controverse dans une Irlande du Nord encore traumatisée par son passé.

Cinq mille pages de conclusions, plus de 2 500 témoignages, un coût dépassant 190 millions de livres (230 millions d'euros), 12 ans d'enquête pour reconnaître que la responsabilité du drame incombe aux soldats qui "ont perdu le contrôle d'eux-mêmes", a expliqué M. Cameron. Au nom du pays, "je suis profondément, profondément désolé, a-t-il déclaré. Ce qui s'est passé n'aurait jamais dû se passer". Son discours, retransmis en direct à Londonderry, a soulevé des hourras d'enthousiasme dans le millier de personnes regroupées devant l'écran géant diffusant l'adresse du chef du gouvernement.

Le 30 janvier 1972, des parachutistes britanniques avaient fait feu dans une foule de catholiques manifestant à Londonderry pour la défense de leurs droits civiques. Treize personnes avaient succombé sur le coup, une autre plus tard à l'hôpital. Une enquête menée sitôt les faits avait jugé que les soldats avaient riposté à des tirs de manifestants. Aucune arme n'avait cependant été retrouvée et aucun militaire blessé.

Durant leur enquête, les membres de la commission Saville ont entendu l'ex-premier ministre britannique Edward Heath, l'ancien chef d'état-major britannique Mike Jackson, et l'actuel vice-premier ministre nord-irlandais, Martin McGuinness, qui a confirmé lors de son audition qu'il appartenait en 1972 à l'IRA. Il n'est pas exclu que le rapport débouche sur des poursuites judiciaires à l'encontre de cadres de l'armée. Personne, toutefois, ne pourra être incriminé par son propre témoignage devant les juges.

La presse avait annoncé que le rapport allait innocenter les victimes mais il restait à savoir si elle allait accréditer la thèse des soldats incriminés qui avaient dit avoir fait feu parce que des "terroristes" de l'IRA (Armée républicaine irlandaise) s'étaient infiltrés dans la foule, parmi les manifestants. Sur ce point, le rapport diffusé après le discours de M. Cameron a conclu qu'aucun des treize catholiques tués le jour-même, et un quatorzième mort plusieurs mois plus tard, "ne représentait une menace de mort ou risquait de provoquer des blessures graves". Le texte accuse également des soldats d'avoir "en toute connaissance de cause fait des fausses déclarations afin de tenter de justifier leurs coups de feu".

MARCHE SYMBOLIQUE

Dans la matinée de mardi, les familles des victimes ont repris symboliquement le défilé qui avait été interrompu en 1972 à Londonderry, que les séparatistes catholiques préfèrent appeler Derry. Brandissant des photos en noir et blanc des victimes, les proches des victimes ont marché lors d'une procession silencieuse depuis le monument dédié au "Dimanche sanglant", sur Rossville Street, jusqu'au guildhall (mairie). Des milliers de personnes se sont ensuite rassemblées devant le bâtiment officiel pour assister sur écran géant au discours de David Cameron.

"On peut dorénavant proclamer au monde que les morts et les blessés du Bloody Sunday… étaient innocents, abattus par balles par des soldats à qui on a fait croire qu'ils pouvaient tuer impunément", a déclaré sous les applaudissements Tony Doherty, dont le père Paddy comptait parmi les morts.

Le Bloody Sunday est considéré comme l'un des faits les plus marquants des trente ans de "troubles" entre catholiques et protestants, qui ont fait 3 500 morts environ, et auxquels a mis fin un accord de paix signé en 1998. Entré dans la culture populaire avec la chanson du groupe irlandais U2 puis le film du cinéaste britannique Paul Greengrass, le Bloody Sunday symbolise aux yeux des nationalistes irlandais l'arbitraire de l'ennemi britannique. Quelles qu'elles soient, les conclusions de Lord Saville promettent d'être polémiques, dans une société encore divisée malgré les progrès accomplis. Elles fourniront aussi un test de la stabilité du gouvernement d'union entre protestants et catholiques.

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 18:12

à lire absolument dans les pages du Guardian

http://report.bloody-sunday-inquiry.org/volume01/

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 14:22
LEMONDE.FR avec AFP | 12.06.10 | 13h09  •  Mis à jour le 12.06.10 | 14h06


l aura fallu douze ans à la commission emmenée par Lord Saville pour rendre les conclusions de son enquête sur la mort de quatorze civils, tués le 30 janvier 1972 par l'armée britannique, dans ce qui est resté connu comme le Bloody Sunday, le dimanche sanglant.
La violence de la police britannique lors du
BOYES KELVIN/FSP
La violence de la police britannique lors du "Bloody Sunday" a été largement mise en cause.

Le Guardian, qui s'est procuré une copie du rapport qui sera rendu mardi, affirmait, vendredi 11 juin, que plusieurs de ces morts seront qualifiées de "meurtres illégaux", mettant "sous pression le parquet d'Irlande du Nord pour lancer des poursuites contre des soldats".

Des informations démenties par les autorités : "Des spéculations de ce genre ne peuvent qu'ajouter au stress et à l'anxiété de ceux qui sont le plus directement concernés par tout cela – les familles de ceux qui ont été tués et blessés et les soldats qui ont attendu longtemps ce rapport", a déclaré à l'AFP une porte-parole du Northern Ireland Office, qui représente les autorités britanniques en Irlande du Nord.

CELA "POURRAIT CONDUIRE DES SOLDATS DANS LE BOX DES ACCUSÉS"

Le 30 janvier 1972 à Londonderry, dans le nord-ouest de l'Irlande du Nord, quatorze hommes désarmés avaient été abattus par des parachutistes britanniques, au cours d'une manifestation pour la défense des droits civiques des catholiques.

Une première enquête éclair à l'époque du drame avait blanchi l'armée britannique et donné crédit à la version militaire des faits, selon laquelle les soldats n'avaient fait que riposter au feu des manifestants. Sous la pression de l'opinion et des familles des victimes, le premier ministre britannique Tony Blair avait confié en 1998 au juge Mark Saville le soin de faire toute la lumière sur les événements controversés.

"J'ai dit alors au premier ministre que si on s'écartait d'un millimètre de cette conclusion [de la première enquête], on entrerait dans le territoire de l'homicide involontaire, voire du meurtre", a expliqué au Guardian Lord Trimble, ancien chef du Parti unioniste d'Ulster et l'un des architectes de l'accord de paix dit du "Vendredi saint" en 1998. Il a dit avoir ajouté que cela "pourrait conduire des soldats dans le box des accusés".

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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 08:22

La société britannique après 13 ans de travaillisme
En paix, Belfast fait peau neuve en dépit de nombreux murs entre communautés
LE MONDE | 29.04.10 | 14h42  •  Mis à jour le 29.04.10 | 14h49
Belfast Envoyé spécial


Un processus de paix, c'est aussi une histoire de voirie. Celui qui est en cours en Irlande du Nord, depuis 1998, n'en finit pas d'élargir les routes de la province, d'embellir les rues du centre de Belfast, d'y tracer les avenues de nouveaux quartiers d'affaires. Mais il n'a pas encore pu relier les artères déchirées, dans les faubourgs populaires, par trente années de guerre civile et 3 600 morts, entre les catholiques nationalistes de l'IRA et de sa branche politique, le Sinn Féin, partisans d'un rattachement à la République d'Irlande voisine, et les protestants loyalistes, favorables au maintien de l'Ulster dans le Royaume-Uni.

Aujourd'hui, les 2 camps gèrent ensemble une région devenue plus autonome, au terme d'accords initiés et sans cesse relancés par les gouvernements travaillistes qui se sont succédé à Londres. Et l'un des effets les plus frappants de ce lent processus est d'avoir rendu invisible la frontière la plus surveillée d'Europe occidentale.

Sur le trajet Dublin-Belfast, les blocs de béton et les miradors de l'armée britannique ont cédé la place à un chantier d'autoroute qui facilite chaque année davantage le passage entre les deux Irlandes. Les habitants de la République profitent du taux de change favorable entre l'euro et la livre pour faire le plein dans les supermarchés de la ville frontalière de Newry. Ceux du Nord, y compris les unionistes qui faisaient auparavant comme si seule l'Ulster existait sur l'île, n'hésitent plus à l'utiliser pour prendre les vols low cost depuis Dublin.

Belfast a largement profité de ces nouveaux échanges, ainsi que de l'injection massive de capitaux par le gouvernement britannique, l'Union européenne et les Etats-Unis. La cité s'est dotée de tout le mobilier urbain des centres-villes tendance, de buildings en verre et de centre commerciaux ultramodernes. S'y promener aujourd'hui revient à substituer une vision couleur aux images noir et blanc de l'époque des "troubles".

"Dans certains quartiers, le boom immobilier a multiplié le prix des maisons par 7 en 10 ans", explique Michael Morgan, conseiller financier. Mais cette embellie n'a pas débouché sur les mêmes excès que ceux de la République voisine, aujourd'hui foudroyée par la crise économique. Belfast, protégée par ses emplois publics (60 % de la population active), limite mieux les dégâts que Dublin. "Les chantiers ont ralenti, dit M. Morgan, mais il n'y a pas eu d'effondrement." Les promoteurs craignent de ne pas arriver à boucler les travaux du nouveau quartier Titanic (à l'emplacement des chantiers navals qui ont livré le paquebot en 1912) à temps pour marquer ce centenaire.

Dans les quartiers populaires, un type de construction n'a cessé de prospérer avec la paix. Ce sont les murs, de plus en plus hauts, de plus en plus nombreux, qui séparent communautés. "On en compte près de quarante aujourd'hui, selon Dominic Bryan, directeur des études irlandaises à l'université Queen's de Belfast. Ce qui fait que la ville n'a à la fois jamais été aussi calme et aussi divisée. La nouvelle philosophie locale est devenue : les hauts murs font les bons voisins."

Ces séparations, hautes de plusieurs mètres et prolongées de filets pour empêcher les jets de pierres, officialisent les anciennes déchirures urbaines, lieux d'affrontements au temps des "troubles". Elles peuvent couper un parc en deux ou cerner parfois une rue unique, réduit unioniste dans une enclave catholique. Au fil des années du processus, elles sont ajoutées aux murs historiques, comme celui qui sépare les fiefs unionistes de Shankill Road et catholique de Falls Road, dans l'ouest de la ville. Ceux-là, et leurs peintures partisanes, sont devenus l'objet d'un tourisme de la mémoire, transformant Belfast en musée de ses "troubles".

"Le problème, c'est que ces séparations coûtent très cher, poursuit Dominic Bryan. De ce point de vue, la paix n'a rien réglé, il faut tout financer en double, entre des zones séparées parfois par quelques dizaines de mètres : les équipements sociaux, les centres de loisirs, les programmes de logements. Ce gaspillage institutionnel rend le système éducatif particulièrement inefficace." A peine 5 % de la population nord-irlandaise consent à placer ses enfants dans une école ouverte aux deux confessions.

"Nous ne sommes pas demandeurs de ces murs. C'est l'Etat britannique qui les construit", affirme Michael Culbert, ancien membre de l'IRA, qui a passé seize ans dans la prison de Long Kesh, à un bloc de celui où Bobby Sands et huit codétenus mourraient d'une grève de la faim. L'homme anime aujourd'hui Coiste, une association qui offre des activités aux anciens prisonniers politiques nationalistes, en plein coeur de Falls. "Grâce au processus, dit-il, l'armée britannique a disparu de nos rues, les habitants de nos quartiers ne sont plus l'objet de discriminations dans l'accès au travail. Bientôt, nous pourrons aussi détruire ces murs." Selon lui, les nouveaux remparts ne servent qu'à séparer des bandes de gamins qui ont substitué une "violence récréative", expression d'un sentiment de relégation sociale, aux affrontements politiques. "Un peu comme dans vos banlieues françaises", glisse-t-il.

Pour l'heure, le principal souci du Sinn Féin, qui codirige la région avec l'UDP unioniste, est de sortir les populations les plus pauvres de leur "culture du chômage". C'est parmi ces jeunes, qui n'ont vu ni leurs parents ni leurs grands-parents travailler et qui se sentent rejetés par le boom économique, que les nouveaux mouvements clandestins nationalistes recrutent leurs éléments les plus virulents.

Depuis 2 ans, l'activité violente de ces dissidents de l'IRA s'est intensifiée. Elle est aujourd'hui la principale menace pour un processus de paix, dont la grande majorité des Irlandais du Nord ont tiré une substantielle amélioration de leurs conditions de vie.

Jérôme Fenoglio
Article paru dans l'édition du 30.04.10

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 16:01
L'IRA Véritable menace de frapper à Londres et en Ulster
LE MONDE | 14.04.09 | 15h06  •  Mis à jour le 14.04.09 | 15h06
LONDRES CORRESPONDANTE

es tensions se sont ravivées en Irlande du Nord depuis les 2 attentats des dissidents républicains, début mars, qui ont fait trois morts. L'IRA Véritable a revendiqué l'assassinat de deux soldats britanniques et l'IRA Continuité celui d'un policier.

Dans son communiqué de Pâques, dimanche 12 avril, l'IRA véritable a menacé de mort Martin McGuinness, le vice-premier ministre catholique qui partage le pouvoir avec le premier ministre protestant Peter Robinson depuis mars 2007. Pour l'organisation, cet ancien commandant de l'IRA, rallié au processus de paix, incarne la trahison à la cause d'une Ulster indépendante. "Aucun traître n'échappera au jugement, quels que soient le temps écoulé, sa fonction et son passé. Le mouvement républicain n'oublie rien", explique l'organisation, qui s'est séparée en 1997 d'une IRA qu'elle jugeait trop pacifiste.

M. McGuinness, qui a condamné les attentats de ses anciens camarades, s'est par ailleurs engagé à collaborer avec la police pour l'aider à arrêter les responsables. L'homme politique a demandé de faire de même à tous ceux qui détiendraient des informations.

Un appel à dénonciation que n'ont pas apprécié tous les sympathisants du Sinn Féin, quand bien même ils ont soutenu la branche politique de l'IRA dans son désir de mettre fin à plus de 30 ans de "troubles". "Rappelons à notre ancien camarade l'exemple de Denis Donaldson", a poursuivi l'organisation dans une interview anonyme au Sunday Tribune. L'IRA Véritable a confié à l'hebdomadaire avoir été à l'origine du meurtre en 2006 de cet ancien responsable du Sinn Féin qui avait avoué avoir été un espion britannique.

Les dissidents républicains menacent aussi les catholiques qui s'enrôlent dans la police nord-irlandaise, mise en place par les accords de paix, dits "du Vendredi Saint", signés en 1998. Ils ont enfin fait savoir qu'ils pourraient prendre Londres pour cible. En 2000 et 2001 déjà, ils s'étaient attaqués aux quartiers généraux du MI6 et de la BBC au sein de la capitale britannique.

La Police nord-irlandaise a eu beau multiplier les arrestations, suite aux attentats terroristes de début mars - aujourd'hui 3 hommes ont été inculpés pour ces 2 affaires, dont un adolescent de 17 ans -, le calme et la sécurité ne sont pas revenus à Belfast. D'autant que des bastions du Sinn Féin semblent désormais s'être ralliés aux mouvements dissidents. Ainsi, début avril, la ville s'est trouvée totalement paralysée pendant une journée après de nombreuses alertes à la bombe. La police nord-irlandaise avait pourtant jugé quelques jours plus tôt que l'Irlande du Nord comptait tout au plus 300 dissidents républicains répartis dans plusieurs organisations incapables de mettre leurs forces en commun. Elle a pu constater que les groupuscules avaient su travailler ensemble.

Virginie Malingre
Article paru dans l'édition du 15.04.09
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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 13:53
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25 mai 2007 5 25 /05 /mai /2007 13:07
Bertie Ahern et le Fianna Fail tirent les dividendes du "miracle irlandais"

n politique, rien n'est jamais perdu d'avance. Le Premier ministre irlandais, Bertie Ahern, vient d'illustrer avec force ce vieil adage lors des élections générales du 24 mai. Il y a seulement 2 semaines, on le disait menacé. Les résultats définitifs du scrutin, publiés dimanche 27 mai, lui accordent une belle victoire, qui lui permettra - performance inédite - d'exercer un 3ème mandat d'affilée de 5 ans à la tête du gouvernement.

Avec 41,6% des suffrages - soit un pourcentage de voix similaire à celui de 2002 -, le Fianna Fail de M. Ahern remporte 78 des 166 sièges du Dail, la Chambre basse du Parlement. Il devance son rival de centre gauche, le Fine Gael d'Enda Kenny, pourtant en net progrès, avec 51 élus. Le Labour arrive en 3ème position, avec 20 sièges ; les Verts, eux, disposeront de 6 députés.

Comme c'est le cas depuis 30 ans, le prochain gouvernement sera une coalition. Pour former une équipe majoritaire, M. Ahern a plusieurs options. Son allié du gouvernement sortant, les Démocrates progressistes, a sombré et ne conserve que 2 sièges sur 8. Le Fianna Fail devra donc trouver d'autres partenaires parmi les 5 députés indépendants et sans doute s'allier avec les Verts. Un accord avec le Labour, quoique improbable, n'est pas exclu. Les tractations pour la formation du nouveau gouvernement prendront du temps. En 2002, elles avaient duré 2 semaines.

L'autre grand vaincu du scrutin est le Sinn Féin, l'aile politique de l'Armée républicaine Irlandaise (IRA). Le parti de Gerry Adams perd un siège (4 contre 5), alors qu'il espérait au moins doubler sa représentation. La respectabilité qu'il a récemment acquise en partageant le pouvoir en Irlande du Nord avec les protestants de Ian Paisley ne lui a en rien profité au Sud. L'épilogue heureux du processus de paix en Ulster a surtout bénéficié à M. Ahern, son principal coartisan avec Tony Blair.

D'autres facteurs ont favorisé le Premier ministre sortant. Les attaques répétées contre lui à propos d'une sombre affaire d'emprunts vieille de 15 ans ont fini par indisposer les électeurs, qui y ont vu l'expression d'une chasse aux sorcières. Sa popularité en est sortie intacte. M. Ahern a ensuite nettement remporté le duel télévisé préélectoral qui l'opposait à M. Kenny.

Surtout, une majorité d'Irlandais ont jugé inique et inutile, voire dangereux, de sanctionner un homme qui, encore jeune - 55 ans - symbolise depuis 10 ans le "miracle irlandais", dont ils touchent les dividendes. "Bertie" mérite, à leurs yeux, de gouverner cinq années supplémentaires avant, comme il l'a promis, de prendre sa retraite politique.


Early tallies show FF gains and PDs in trouble

ireland.com reporters - Last Updated: 25/05/2007 11:44

Fianna Fáil's vote appears to be holding steady, Fine Gael is set to make some gains, and the Progressive Democrats look to be in serious trouble, according to early tallies from around the State.

The Labour Party looks like it may have been squeezed in many constituencies although former leader Ruairí Quinn appears to have polled better than anticipated.

In Dun Laoghaire independent candidate Richard Boyd Barret is doing well at the expense of the Labour Party who's vote appears to have been severly weakened.

Counting of votes in the general election at the RDS in Dublin today.
Counting of votes in the general election at the RDS in Dublin today.

In the same Dublin South East constituency, with 74% of the boxes opened, PD leader Michael McDowell is in serious trouble and looks like being in a dog fight with Green Party chairman John Gormley for the last seat. Chris Andrews is topping the poll at this stage, with newcomer Lucinda Creighton set for a Fine Gael gain.

In Laois-Offaly, PD president Tom Parlon is in serious difficulty, and with more than 70% of the votes tallied, he has just 8% of the first preferences.

In Dublin South PD deputy leader Liz O'Donnell is also struggling and, based on the early tallies, looks unlikely to retain her seat.

The Green Party does not appear to be polling strongly, and in Galway West, where the party was hoping to make a gain, sitting mayor Niall Ó Brolcháin is some way off the pace.

Unsurprisingly, Taoiseach Bertie Ahern is topping the poll in Dublin Central with more than one-and-a-half quotas, while Sinn Féin's Mary Lou McDonald does not appear to have polled as well as many had anticipated and could be fighting with Fine Gael's Pascal Donoghue for the fourth and final seat. Labour's Joe Costello is polling well, as is independent Tony Gregory.

With a fifth of the boxes opened, Mr Ahern is polling around 31.5% with Mr Costello sitting on 14.9%, Mr Gregory on 14.1% and Mr Donohoe is on 9.5%.
Ms McDonald had attracted 8.2% with ballot boxes in some party strongholds still to be opened, while the Green Party's Patricia McKenna is on 6.7%.

In Dublin South West, Sinn Féin's Sean Crowe topped the poll on the last occasion, but early tallies are showing him on 16 per cent which could leave him fighting for the last seat.

Enda Kenny's personal vote in the Mayo constituency is proving very strong as his party targeted three seats in the five-seat constituency.

In Donegal, Fianna Fáil and Fine Gael are polling well, but Sinn Féin may be struggling to make the breakthrough they had hoped for.

Early tallies from the Sinn Féin target constituency of Donegal South West suggested rising star Pearse Doherty may not make a breakthrough for the party.

Fianna Fáil director of elections PJ Mara has welcomed the early tallies but warned that it was still early days. He said it was "looking reasonably good" for Fianna Fáil and said that Sinn Féin's poor performance had come as no surprise as the party had "flat-lined" over the past 12 months.

 

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28 mars 2007 3 28 /03 /mars /2007 15:32
Irlande du Nord : accord politique entre protestants et catholiques
ans 6 semaines, l'Irlande du Nord s'offrira un nouveau destin. Elle reprendra ses affaires en main, sous l'égide d'un gouvernement régional associant protestants et catholiques et dirigé par les ennemis jurés d'hier, le Parti unioniste démocrate (DUP) du révérend Ian Paisley et le Sinn Féin de Gerry Adams. Sauf improbable coup du sort, ce partage du pouvoir entre anciens extrémistes, naguère inconcevable, entrera en vigueur le mardi 8 mai.
Cette date s'inscrira aussitôt dans les livres d'histoire, en même temps qu'une photo, prise lundi 26 mars à Belfast dans la salle à manger du palais de Stormont, siège du Parlement provincial. Sur ce cliché, figurent MM. Paisley et Adams, assis de chaque côté d'un coin de table. Ils viennent d'annoncer, dans 2 brèves allocutions, l'accord scellé à l'issue d'une rencontre d'un peu moins d'une heure, où chacun était accompagné d'une délégation de 11 personnes. Ils ne se serreront pas la main, geste symbolique encore prématuré aux yeux du vieux pasteur. Mais l'essentiel est fait : ils se sont parlé, pour la 1ère fois, eux dont les regards toujours s'évitaient, et ils sont tombés d'accord pour gouverner ensemble.
Ce n'était pas tout à fait le scénario dont rêvait Tony Blair.
Depuis les élections régionales du 7 mars, qui avaient vu le DUP et le Sinn Féin renforcer leur influence sur leurs communautés respectives en remportant 36 et 28 sièges - sur un total de 108 - à l'Assemblée de Belfast, le premier ministre espérait que les 2 principaux partis annonceraient dès lundi la formation d'un gouvernement partagé.
Faute de cela, avait menacé Londres, l'Assemblée fraîchement élue serait aussitôt dissoute et la province à nouveau administrée par Londres, avec la coopération de Dublin, les salaires des députés étant suspendus sine die.
Ian Paisley ne l'a pas voulu ainsi. Après avoir dit "non" pendant des décennies à toute entente gouvernementale avec les catholiques, fussent-ils modérés, après avoir, depuis l'accord de Saint Andrews, en octobre 2006, émis un "oui, peut-être" prometteur, le vieux pasteur calviniste a enfin dit "oui". Mais ce oui sans conditions est assorti d'un ultime délai de six semaines.
Londres a accepté sans trop barguigner ce nouveau retard en soulignant, à juste titre, la portée "historique" de l'engagement pris par Ian Paisley. Après tout, depuis l'accord de paix de 1998, aucune grande échéance n'a été respectée. Pourtant, le processus n'a cessé de progresser en dépit de tous ces rendez-vous manqués.
Le Sinn Féin est mal placé pour s'en plaindre, lui qui laissa l'Armée républicaine irlandaise (IRA) tergiverser pendant des années avant de renoncer à la lutte armée, un engagement pourtant pris dès 1998.
"Tout ce que nous avons fait depuis 10 ans", a déclaré lundi M. Blair, visait à "préparer ce moment". Il ne reste qu'à graver dans la loi la date du 8 mai, ce qui devait être fait par un vote en urgence aux Communes dès mardi. Lors de la présentation du budget britannique il y a quelques jours, une enveloppe de 51,4 milliards d'euros sur quatre ans a été promise pour le développement économique de l'Irlande du Nord.
Fort du soutien massif que lui avait apporté son parti samedi, M. Paisley a tenu lundi des propos apaisants et optimistes, peu familiers chez ce sombre prédicateur. Il a évoqué les "énormes possibilités" qui s'offrent à la province et souligné que "les tragédies du passé" ne devaient plus faire obstacle à "un avenir meilleur". Le DUP, a-t-il promis, prendra toute sa part à l'élaboration d'un programme de gouvernement. Gerry Adams n'a pu que saluer "l'engagement sans équivoque" pris par le DUP, qui "marque le début d'une nouvelle ère politique" pour l'Irlande.
D'ici au 8 mai, le DUP et le Sinn Féin négocieront en coulisses. Ian Paisley, futur Premier ministre provincial, rencontrera à plusieurs reprises Martin McGuinness, un ancien commandant de l'IRA, qui deviendra son vice-premier ministre. Outre 4 ministres du DUP et 3 du Sinn Féin, le gouvernement comprendra 2 protestants du Parti unioniste d'Ulster (UUP) et un catholique social-démocrate du SDLP. Au bout du compte, la date du 8 mai, quoique tardive, est acceptable pour tout le monde. Le Premier ministre irlandais, Bertie Ahern, coparrain de la paix, a salué un accord qui "a le potentiel de transformer le futur de l'île". Et surtout, Tony Blair pourra laisser en héritage un succès irlandais qui interviendra sans doute quelques jours après l'annonce de sa démission.

Jean-Pierre Langellier

CHRONOLOGIE

10 AVRIL 1998

Signature de l'accord de paix du Vendredi saint qui prévoit un partage du pouvoir entre protestants et catholiques au sein d'institutions semi-autonomes et des organes de coopération avec la République d'Irlande.

2 DÉCEMBRE 1999

Un exécutif entre en fonction sous la direction des partis protestant et catholique modérés. L'unioniste David Trimble en prend la tête.

11 FÉVRIER 2000

Première suspension des institutions. Les protestants réclament le désarmement de l'IRA.

27 NOVEMBRE 2003

Elections remportées par les extrêmes des 2 côtés, le DUP du révérend Paisley et le Sinn Féin.

28 JUILLET 2005

L'IRA abandonne officiellement la lutte armée.

13 OCTOBRE 2006

Relance du processus de paix à Saint Andrews (Ecosse), par les premiers ministres britannique et irlandais.

7 MARS 2007

Nouvelles élections. Le DUP et le Sinn Féin renforcent leurs positions.

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