Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis alternativement à Bezons dans le Val-d'Oise et à Massy dans l'Essonne. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. Je suis membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, en charge du pôle "Idées, formation, riposte".
Me contacter

en savoir plus

 

Trouve

Gauche Républicaine & Socialiste

7 décembre 2007 5 07 /12 /décembre /2007 15:30
Sondage: le PQ prend les devants
jeudi 6 décembre 2007 - Denis Lessard - La Presse - Québec

Le Parti québécois de Pauline Marois prend les devants dans la course serrée que se livrent les 3 partis politiques depuis les dernières élections générales. Rien n’est joué, mais l’ADQ aurait été reléguée en troisième place si un scrutin avait été tenu cette semaine.

 

C’est le constat auquel en arrive la maison CROP dans une enquête menée pour La Presse du 22 novembre au 2 décembre. Le coup de sonde, réalisé auprès de 1002 personnes, est précis à trois points près. Il s’agit du dernier sondage politique de CROP pour 2007, fait au déclin d’un automne qui avait pourtant paru plutôt favorable aux libéraux de Jean Charest.

Or, après répartition proportionnelle des 12% d’indécis, CROP observe que le Parti québécois aurait obtenu 34% des suffrages, 3 points de plus qu’au sondage d’octobre. Les libéraux restent au même niveau avec 30%, tandis que l’ADQ baisse de 2 points, à 26%. Le mois passé, libéraux et péquistes étaient au même niveau, à 31%, et l’ADQ juste derrière, à 28%.

La marge d’erreur pouvait alors se traduire par une égalité PQ-PLQ. Cette fois le Parti québécois mène véritablement d’une tête, tandis qu’il ne fait pas de doute que le parti de Mario Dumont ferme désormais la marche, selon Claude Gauthier, l’analyste de CROP.
«On ne peut pas dire qui gagnerait les élections, mais l’ADQ ne serait ni au pouvoir ni l’opposition officielle», estime M. Gauthier. Les verts récoltent 6% et Québec solidaire un minuscule 3%.
Si on compare aux scores obtenus aux élections de mars dernier, on constate une perte de 3 points chez les libéraux, un gain de 6 points pour le PQ et un recul de 5 points pour l’ADQ.
Chez les francophones, les libéraux restent en queue du classement. Le PQ y domine avec 39% d’appuis, suivi de l’ADQ avec 29. Les libéraux ferment la marche avec 23%, soit le même score qu’en octobre.

Même s’ils marquent le pas dans les intentions de vote, les libéraux peuvent se consoler en jetant un coup d’œil du côté de la satisfaction à l’endroit du gouvernement – désormais 47% des gens se disent satisfaits du gouvernement Charest, 4 points de plus qu’il y a un mois. Il faut remonter à l’automne 2003, quelques mois après son arrivée au pouvoir, pour retrouver un tel niveau d’appréciation du gouvernement libéral. De plus, en trois mois, le niveau de mécontentement à l’endroit du gouvernement s’est corrigé : désormais 49% des gens se disent insatisfaits du gouvernement, une embellie pour un gouvernement qui suscitait 62% de mécontentement en septembre.
«On constate qu’il y a eu moins de bévues, des gens ont changé dans l’entourage de M. Charest et les communications semblent plus efficaces», explique Claude Gauthier devant la hausse de la satisfaction, qui ne se traduit pas ce mois-ci en intentions de vote.

Les résultats par région donnent une autre photo. Dans la région de Québec, le parti de Mario Dumont domine encore, avec 36% d’appuis, une baisse toutefois de 6 points sur le sondage précédent. Le PQ monte à Québec, avec 30%, 5 points de mieux qu’en octobre, et les libéraux marquent le pas, à 25% contre 26 il y a 1 mois.
En province, le PQ a pris les devants avec 39% d’appuis contre 27 aux 2 autres partis. Dans la région de Montréal, la situation est plus embrouillée. Dans l’ensemble le PLQ est en avance avec 34% d’appuis, suivi du PQ avec 30% et de l’ADQ avec 22%.
Mais si on observe la situation dans la couronne nord et sur la Rive-Sud, c’est le PQ qui prend les devants avec 33%, suivi de l’ADQ à 29% et du PLQ à 28%.
C’est dans l’île même de Montréal que les libéraux dominent avec 39% des intentions de vote contre 27% aux péquistes et seulement 16% à l’ADQ.

Une étoile qui pâlit
D’autres mauvaises nouvelles pour Mario Dumont : son étoile pâlit comme meilleur premier ministre. Avant l’été, plus de 30% des électeurs voyaient en lui le meilleur chef de gouvernement. On ne trouve désormais que 23% de cet avis, 2 points de moins qu’il y a 1 mois. Après des scores de 21 à 23% avant l’été, M. Charest se retrouve à 27%, 1 point de mieux qu’il y a 1 mois. Pauline Marois, à 36%, monte de 3 points par rapport à octobre, revenant presque au niveau qu’elle avait atteint en septembre.

Au moment où le premier ministre canadien Stephen Harper a décidé de se rendre dans la circonscription de Mario Dumont, signe évident d’appui pour le chef de l’opposition, les Québécois estiment néanmoins que les relations avec les conservateurs sont plus harmonieuses avec les libéraux de Jean Charest qu’avec l’ADQ.

Ainsi, 45% des gens pensent que les rapports entre Charest et Harper sont «harmonieux», contre 29% qui pensent que la lune de miel est plutôt entre Mario Dumont et le premier ministre fédéral. 1 répondant sur 4, 26%, n’a pas d’opinion. Les électeurs conservateurs sont aussi d’avis, à 53%, que le premier choix de Stephen Harper est le PLQ, mais les supporteurs de l’ADQ estiment à 61% que c’est avec leur chef que le premier ministre canadien entretient les relations les plus cordiales.

Hier, le premier ministre Charest a voulu banaliser ce passage de M. Harper dans le fief de M. Dumont à Rivière-du-Loup. Il faut se réjouir d’un séjour du premier ministre canadien dans les régions du Québec, s’est-il borné à déclarer.

Finalement, la question mensuelle sur l’appui à la souveraineté du Québec ne montre guère de mouvement : 39% des répondants voteraient Oui (après répartition proportionnelle des indécis) contre 37% le mois précédent et 41% en septembre.

Partager cet article
Repost0
6 décembre 2007 4 06 /12 /décembre /2007 17:02
Didier Vaillant, la République blessée
LE MONDE | 06.12.07 | 16h08  •  Mis à jour le 06.12.07 | 16h08

l est presque minuit. L'allée des Bleuets fermente. Voilà une heure, 300 policiers quadrillaient cette artère de Villiers-le-Bel, dans le Val-d'Oise. Après des contrôles d'identité, deux garçons ont été embarqués, sous l'oeil d'une centaine de journalistes. Au pied d'une masse de béton, où logent 1 500 personnes, une cinquantaine d'habitants s'échauffent : "Ils n'ont rien fait !" A quelques mètres, les CRS se replient derrière leurs boucliers en plexiglas. Au milieu de la marmite, Didier Vaillant tente de raisonner la foule.

Le maire socialiste de Villiers promet de donner les informations dont il disposera, de dire pourquoi les adolescents ont été menottés et arrêtés. La rage retombe. Quelques minutes plus tard, l'allée des Bleuets est déserte. Les deux précédentes nuits ont été si chaotiques, après la mort de Mouhsin et Larami, 15 et 16 ans, dont la petite moto est entrée en collision avec une voiture de police, le 25 novembre.

Didier Vaillant, 54 ans, a l'allure d'un préfet de province. Maire de Villiers-le-Bel depuis dix ans, il a subi avec accablement le feu de la violence. La bibliothèque Louis-Jouvet, le poste de police, l'école maternelle ont en partie brûlé. Lui en a gardé un goût de cendres. Il pense - sans doute avec excès - que deux nuits de guérilla ont ruiné des années de travail.

De Washington, le patron du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Khan, s'inquiète. L'ex-maire de Sarcelles, limitrophe de Villiers-le-Bel, a appelé Didier Vaillant à plusieurs reprises. "Il ressent une certaine injustice, commente "DSK". Il se demande pourquoi de telles violences sont tombées sur lui." L'ancien président de la communauté d'agglomération du Val-de-France - qui regroupe Sarcelles, Villiers-le-Bel, Arnouville-lès-Gonesse, Garges-lès-Gonesse - souligne que, sur les 162 communautés "d'agglo" du pays, Villiers est la plus pauvre.

"C'est un homme blessé", constate "l'ami américain". "Il a été abattu", confirme Claude Dillain, son homologue de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), qui avait eu à faire face aux émeutes de novembre 2005. "Pour nous, c'est un choc psychologique. Nous ne sommes pas préparés à ça. Mais il ne sert à rien de se lamenter, il faut devenir le porte-parole de ceux qui souffrent", dit-il. Claude Dillain remarque aussi que, contrairement à Clichy, Villiers a reçu la visite des plus hautes autorités de l'Etat et que les violences ont été beaucoup plus dévastatrices dans sa ville. Raymonde Le Texier, sénatrice socialiste du Val-d'Oise, ex-maire de Villiers-le-Bel, dont Didier Vaillant fut le premier adjoint, assure qu'il doit prendre du recul. "Il a été blessé, c'est vrai, mais d'une manière presque narcissique", regrette-t-elle.

Didier Vaillant le reconnaît. Il dit comprendre la colère de la jeunesse, mais pas son expression incarnée dans une extrême violence. Cela ne se fait pas dans une République, point barre ! "Il ne peut pas se contenter d'invoquer la République, estime Mme Le Texier. Car la République a oublié les gens de Villiers." L'Agence nationale pour l'emploi, la Caisse d'allocations familiales, le commissariat de police sont absents de cette commune de 27 000 habitants. Il n'y a même pas de lycée d'enseignement général. Le maire s'était pourtant donné pour mission de ramener les services publics dans la ville.

Sa situation frise la schizophrénie. Car si la République n'est pas venue à lui, il va à elle. Diplômé de l'Institut régional d'administration de Lille, il devient à 24 ans fonctionnaire, attaché au ministère de l'équipement. Pendant un an, de 1991 à 1992, il est le chef de cabinet du secrétaire d'Etat à la mer, le socialiste Jean-Yves Le Drian. Dès 1989, il connaît la vie politique locale, en tant que maire adjoint chargé des travaux à Villiers-le-Bel.

Didier Vaillant a grandi dans une famille de gauche, "dans la grande tradition ouvrière éprise de justice sociale","Un vrai socialiste", ajoute-t-il. Le frère est conseiller municipal PS dans une autre commune du Val-d'Oise. La statue familiale, c'est le père, Raymond Vaillant, figure socialiste du Nord et intime de Pierre Mauroy. Il fut son premier adjoint à la mairie de Lille et son conseiller à Matignon. Quand Raymond Vaillant s'est éteint en 2005, l'ancien premier ministre de François Mitterrand lui a rendu cet hommage, aux obsèques : "Il était le frère que je m'étais choisi." raconte son confident et premier adjoint Nicolas Carrier.

Mauroy ne se considère pas comme un parrain ou un parent. Mais tout de même comme un proche de la famille, qui fréquentait le pavillon de Raymond Vaillant dans le Val-d'Oise. Ensemble, ils ont créé, en 1950, la Fédération Léo-Lagrange qui s'était donné pour mission "d'étendre la culture et organiser les loisirs des jeunes". Rien d'étonnant alors de voir à Villiers 5 "city-stades" en plein air et quatre gymnases ouverts de 18 heures à 22 heures, accessibles à tous et gratuits.

Depuis quelques jours, Didier Vaillant s'est mis hors la loi. Il fume ses Gitanes dans son bureau pour ne pas perdre de temps. Des tableaux, des photos aériennes de sa ville constituent une décoration sans faste, à son image. Au-dessus de son fauteuil, la célèbre colombe dessinée par Picasso en 1949 pour le grand congrès de la paix organisé par le Parti communiste français.

De sa fenêtre, on entend jouer des gamins du quartier, mais les cris ne semblent pas le perturber. Dans la rue, les passants le saluent. Didier Vaillant prend le temps de les écouter et de leur répéter la bonne parole : "C'est le temps de la reconstruction". Il serre les mains, écoute les lamentations. Cela peut être expédié en quelques secondes ou prendre plusieurs dizaines de minutes. "Je suis maire, mais aussi père, assistant social, facilitateur...", dit-il. Ses amis le présentent comme quelqu'un de rigoureux, de méthodique - mais capable, parfois, d'un grand entêtement. Proche du peuple ? En 2001, en tout cas, lors de l'élection municipale, la droite n'a pas été capable de rassembler 35 noms avant la clôture des listes. Seul en lice, Didier Vaillant - à la tête de la liste de la Gauche unie - a été élu avec... 100 % des voix.

Mais il y a, à ses yeux, un temps pour tout. "Quand je vais acheter des chaussettes, je ne veux pas qu'on vienne me parler d'un problème de logement", dit-il avec un sourire. Il a souhaité être un élu à mi-temps. Quand il n'est pas maire, il continue de travailler comme simple fonctionnaire au ministère des transports. Sous les dorures de la République.

Mustapha Kessous

PARCOURS

1954

Naissance à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine).

1978

Fonctionnaire, attaché au ministère de l'équipement.

1991

Chef de cabinet du secrétaire d'Etat à la mer, Jean-Yves Le Drian.

1997

Maire de Villiers-le-Bel (Val-d'Oise). Réélu en 2001.

2005

Disparition de son père, Raymond Vaillant, proche de Pierre Mauroy.

2007

Emeutes à Villiers-le-Bel, après la mort de deux adolescents.

Partager cet article
Repost0
6 décembre 2007 4 06 /12 /décembre /2007 16:26
oui mais ce coup-ci, c'est pour dire des choses intelligentes

Trois remèdes pour sauver le Parti socialiste
Arnaud Montebourg député socialiste de Saône-et-Loire.
Libération : jeudi 6 décembre 2007

Inutile de nous mentir : nos militants nous quittent, quand ce ne sont pas nos élus ou nos dirigeants ; la crédibilité et l’autorité de la direction sont effondrées ; sur tous les sujets, des positions contradictoires apparaissent entre une multitude de locuteurs, lorsqu’elles ne changent pas d’une semaine sur l’autre. Quand on questionne un électeur du Parti socialiste, il répond souvent qu’il va voter socialiste la mort dans l’âme parce qu’il ne peut pas faire autrement, mais ils semblent de moins en moins nombreux à vouloir faire cet effort. Quand on questionne n’importe quel dirigeant socialiste sur cette multifracturation du corps du Parti socialiste, il répond qu’il veut bien travailler avec d’autres, à condition qu’il n’y ait ni Untel ni Untel, c’est-à-dire souvent tous les autres… Que faire pour sauver le Parti socialiste, et, avec lui, offrir au pays une alternative politique sérieuse au sarkozysme ?

 

Premier remède : nous débarrasser du virus de la présidentielle qui détruit le parti. Pour éviter que le PS soit pris en otage par les légitimes ambitions des présidentiables, il faut organiser la sélection du candidat socialiste dans des primaires à l’italienne, avec le peuple de gauche, à l’extérieur du parti, selon un calendrier et des règles dont le parti sera le garant. Dans une telle configuration, nous devrions ainsi faire l’économie de nouvelles batailles rangées pour la conquête du parti entre les futures écuries, dont les positions seront artificiellement opposées pour les besoins de leur combat. Une telle résolution nous évitera une interminable primaire pendant quatre ans, funeste guerre intérieure, match épuisant que nous avons connu dans le parti entre 2002 et 2007, qui empêcha toute émergence d’orientation nouvelle et consomma le peu d’énergie rénovatrice qui restait aux militants. Dans ce cadre épuré, le Parti socialiste pourra remettre en état de marche ses fonctions vitales aujourd’hui sinistrées : fabrication des idées, écoute de la société, rassemblement des forces et des citoyens autour de son projet et… opposition constructive et percutante !

 

Deuxième remède : restaurer l’autorité de la direction et du futur premier secrétaire. Ce dernier, garant de la réussite de la primaire à l’égard de toute la gauche, devra accepter l’incompatibilité déontologique avec le statut de candidat à la primaire, disposant ainsi d’une autorité restaurée et incontestée sur le processus de rassemblement de toute la gauche. Dans une telle configuration, on comprend pourquoi le passage au système de représentation majoritaire dans le Parti socialiste au détriment de la proportionnelle, qui permet l’expression des différences, serait inutile et dangereux. Il empêcherait à la fois le rassemblement des socialistes et l’élargissement du parti à un grand parti de toutes les gauches, agrégeant les forces situées sur sa droite et sur sa gauche. Ceux qui proposent de passer au système majoritaire, pour être prétendument en phase avec la Ve République, prennent le risque grave de faire éclater le Parti socialiste en le sectarisant dans le champ politique des gauches.

Troisième remède : organiser notre mutation dans le dépassement de nos anciens désaccords. La stigmatisation réciproque des socialistes par d’autres socialistes est aussi creuse que néfaste. On se qualifie réciproquement d’archaïque ou de social-libéral dans des procès qui n’ont plus de sens, car la société dans son évolution rapide a périmé la pertinence de ce genre d’empoignades. L’éloignement du Parti socialiste à l’égard des perdants de la mondialisation, qui subissent l’insoutenable pression libérale sur les revenus de leur travail et perdent tout espoir dans l’avenir, est une constante de tous les partis du centre gauche au sein de l’Union européenne.

 

Dans tous les pays européens, le scepticisme à l’égard de la réussite économique de l’intégration européenne augmente. De plus, les gauches européennes sont incapables d’assumer une révolution intellectuelle sur la nature et la portée des protections que les couches populaires et les classes moyennes attendent d’elles. Enfin, l’absence de pensée et de stratégie sur la question identitaire de la nation, ou sur le difficile problème de l’immigration, achève de démontrer la nécessité d’un nouveau projet.

 

Le directeur de la Fondation Ebert du SPD, Ernst Hillebrand, pose lui-même dans ces termes ce qu’il appelle «l’incontournable réorientation de la gauche européenne» en constatant que «les projets de réformisme technocratique - style "troisième voie" ou "nouveau centre" - ne sont plus capables de mobiliser suffisamment d’électeurs».

Ce nouveau projet sera le déclencheur d’une recomposition importante dans la gauche française. Le Parti socialiste devra ranger dans les placards du passé les clivages éculés, entre la première et deuxième gauche (congrès de Metz et Rennes) ou épuisants, entre le oui et le non (congrès de Dijon et du Mans). Les échecs électoraux nous obligent, pour gagner, à réviser réciproquement de nombreuses positions pour faire travailler ensemble la gauche et la droite d’une même gauche. Par exemple la révolution écologique qui se prépare réconciliera les protectionnistes et les croyants internationalistes du libre-échange. L’exigence d’une puissante régulation environnementale de la mondialisation sera le premier retournement sérieux depuis le début du mouvement de dérégulation initié, dans les années 80, par Thatcher et Reagan.

 

Cette nouvelle gauche française d’esprit européen aura à imaginer les nouvelles règles du jeu que les Etats ont renoncé à imposer à l’économie, et que les droites néolibérales européennes, tout à leur dogmatisme, seront incapables de proposer. Elle réconciliera également les conservateurs de l’Etat-providence avec les modernisateurs en dégageant une nouvelle donne économique et financière pour organiser son sauvetage là où les droites en assurent le démantèlement méthodique.

 

Cette audace intellectuelle et politique est le seul chemin possible vers l’alternance. Il supposera de grands sacrifices pour chacun d’entre nous, car chaque socialiste que nous sommes sera conduit à aller vers autrui, avec qui il a pris l’habitude de ne plus s’entendre.

 

Mais j’ai l’intime conviction qu’ils sont la voie du salut commun.

Partager cet article
Repost0
5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 16:45
Baisse d’un point de TVA
Appel des parlementaires socialistes | 5 décembre 2007

ligne 

A l’initiative des parlementaires NPS, un appel pour une baisse immédiate d’un point de TVA a été lancé auprès des parlementaires. Il a été signé par 48 députés, 8 sénateurs et 12 eurodéputés et transformé en amendement déposé par le groupe socialiste de l’Assemblée Nationale.

"L’affaissement du pouvoir d’achat appelle une action résolue et lisible.

Outre l’encadrement des loyers et la mise en oeuvre d’une revalorisation des salaires, une mesure serait souhaitable : la baisse immédiate d’un point de TVA dont le coût pour l’Etat avoisinerait les 6 milliards d’euros. C’est moins de la moitié de ce qui a été consenti aux plus favorisés et à peine plus que la baisse de la TVA promise pour la restauration.

Les Français attendent des annonces fortes. Il y a urgence à agir par une mesure simple qui permettra à chaque ménage d’obtenir une hausse réelle et immédiate de son pouvoir d’achat."

Article paru le 5 décembre dans le Monde (daté du 6)

 

Vifs débats sur la fiscalité et l'économie au PS

Après des débats parfois houleux - Henri Emmanuelli ayant fait circuler parmi les députés socialistes un "appel" en faveur d’une baisse d’un point du taux de TVA - le groupe socialiste a finalement adopté mardi 4 décembre un compromis. Il a déposé un amendement qui vise à réduire le taux normal de la TVA de 19,6 % à 19 % et le taux réduit de 5,5 % à 5 % pour défendre le pouvoir d’achat. Il suggère que, en accord avec l’Union européenne, un taux de 2,1 % (contre 5,5 % aujourd’hui) s’applique aux produits de première nécessité.

Au sein du PS, un autre débat fiscal a été lancé sur le rétablissement de la "TIPP flottante" préconisé par le PS pour atténuer la hausse du prix du carburant. Un collectif animé par Géraud Guibert, responsable à l’écologie du PS, et Thierry Wahl, délégué aux risques globaux, affirme son "désaccord profond" avec cette mesure "totalement déphasée" par rapport à la nécessité de réduire la consommation d’énergie fossile et de favoriser les technologies propres. Par ailleurs, douze parlementaires ont signé une pétition "pour que le PS se mette enfin au travail" dans le domaine économique, social et fiscal. "Aucun débat de fond en cinq ans ; voilà l’une des causes de la défaite du printemps 2007", assure le texte lancé à l’initiative de Pierre Larrouturou, délégué national du PS à l’Europe et ancien promoteur de la semaine de quatre jours. Parmi les signataires figurent notamment les députés Patrick Bloche (Paris), Jérôme Lambert (Charente), Jean-Patrick Gille (Indre-et-Loire), le sénateur Pierre-Yves Collombat (Var) et Claudy Lebreton, président du conseil général des Côtes-d’Armor et de l’Assemblée des départements (ADF). L’objectif est de recueillir 5 000 signatures parmi les adhérents afin d’obtenir, "conformément aux statuts, que la direction organise une grande conférence permettant d’entamer un travail collectif".

Jean-Michel Normand

 

 

Partager cet article
Repost0
5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 16:36
Portrait de Benoît Hamon - Le Républicain Lorrain 2.12.07 | 5 décembre 2007
ligne
Benoît Hamon a une formidable énergie et des tas d’idées. Ca tombe bien, le Parti socialiste auquel il appartient a besoin de tout cela pour sortir de sa morosité. Hier soir à Tomblaine, à l’invitation d’Hervé Féron qui organisait sa traditionnelle choucroute-party, l’ambiance était conviviale et joyeuse. Et Benoît Hamon l’invité d’honneur, proche de Montebourg et Peillon [note du blog : euh, ils sont pas à jour là !], a pu expliquer pourquoi il est un socialiste «ni désespéré, ni vaincu !»

Le député européen, conseiller municipal à Bretigny-sur-Orge dans l’Essonne, est un fringant quadra. Porter l’écharpe socialiste ­la sienne est rouge­ n’est pas plus difficile que ça. «Surtout quand on regarde la droite. Je n’ai aucun problème pour dire avec fermeté que je réfute les buts et les méthodes de Nicolas Sarkozy. Il a beau être omniprésent dans l’espace public et médiatique, il est confronté aux mêmes contraintes que ses prédécesseurs.» Pour l’élu européen, le bilan de Nicolas Sarkozy en matière de sécurité est négatif. «Depuis qu’on a supprimé la police de proximité, qu’il faut rétablir en priorité, les flics passent à toute vitesse dans les quartiers où la population se dresse contre eux», déclare-t-il. La solution, c’est aussi de remettre en marche l’ascenseur social, car «un fils d’ouvrier a dix fois plus de chance d’être ouvrier qu’un fils de cadre».

 

Sur le pouvoir d’achat, il préconise la baisse de la TVA d’un point.

 

En matière de politique, il place tous ses espoirs dans le congrès qui devrait avoir lieu à l’automne 2008 et qui devrait être le signe de la refondation. Mais pour cela il faudra de la méthode. D’abord dire qui les socialistes défendent et représentent, pour lui, «les classes populaires et moyennes…». Puis définir une stratégie de reconquête du pouvoir. Où est la gauche exactement… Aborder la question des courants et celle de la présidentialisation. Et tout à la fin, ouvrir le débat sur le leader. «C’est à la façon dont les dirigeants aborderont ces questions qu’on verra celui qui se distingue.» Mais pour lui, une chose est sûre : «Il y aura toujours une gauche.» C’est ce qu’on appelle l’attitude "back to basics".

 

M. R.

Partager cet article
Repost0
29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 12:09
Faut-il encore en rajouter ?
Partager cet article
Repost0
29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 11:53
Barack Obama devancerait Hillary Clinton pour les primaires de l'Iowa
LEMONDE.FR avec AFP | 20.11.07 | 12h51  •  Mis à jour le 20.11.07 | 13h26

clintonobama2.jpgillary Clinton, la favorite des sondages au niveau national pour la présidentielle américaine de 2008, est devancée dans les sondages par son rival démocrate Barack Obama dans l'Etat de l'Iowa, crucial dans la course à l'investiture.

M. Obama recueille 30% des intentions de vote parmi les démocrates dans cet Etat du Middle West, qui sera le premier à organiser les votes (caucus) pour désigner les candidats de chaque parti le 3 janvier, selon le sondage publié le 19 novembre pour ABC News et le Washington Post . Hillary Clinton arrive deuxième avec 26% des intentions de vote, devant l'ancien candidat démocrate à la vice-présidence John Edwards avec 22%.

Le sondage montre également que la majorité (55%) des électeurs démocrates dans cet Etat sont plus intéressés par "une nouvelle direction et de nouvelles idées" de la part de leur candidat que par des qualités comme la solidité et l'expérience (33%).

Le sondage montre cependant que 39% des personnes interrogées jugent que Hillary Clinton a le plus de chances de remporter l'élection présidentielle face au candidat républicain en novembre 2008, contre 25% pour Barack Obama.
 
LA QUESTION DE L'IRAK, PREMIER CRITÈRE DE CHOIX

Le sénateur noir de l'Illinois, Barack Obama, se présente lui-même comme le candidat du changement par rapport à une vie politique qu'il juge marquée depuis deux décennies par les divisions et les querelles partisanes. Hillary Clinton insiste de son côté sur sa capacité à diriger les Etats-Unis dès son premier jour à la Maison Blanche, sur le fait qu'elle est la mieux à même d'impulser le changement et sur le manque d'expérience de son rival.

L'Irak et la santé arrivent en tête des préoccupations des démocrates sondés. Un tiers d'entre eux estiment que la guerre est le principal sujet qui déterminera leur choix, tandis que 26% privilégient l'assurance santé publique. 10% mettent en avant l'économie et l'emploi. Ce sondage a été réalisé par téléphone du 14 au 18 novembre et ne reflète donc pas forcément l'impact du débat démocrate du 15 novembre, qui selon les analystes politiques a surtout profité à Mme Clinton.

Barack Obama devancerait Hillary Clinton dans l'Iowa
NOUVELOBS.COM | 21.11.2007 | 16:40

Selon un sondage pour ABC News, le sénateur noir de l'Illinois recueille 30% des intentions de vote parmi les démocrates dans cet Etat du Centre Ouest, qui sera le premier à organiser les votes pour désigner les candidats de chaque parti le 3 janvier.

Barack Obama et Hillary Clinton (AP)

Barack Obama et Hillary Clinton (AP)

Hillary Clinton, la favorite des sondages au niveau national pour la présidentielle américaine de 2008, est devancée par son rival démocrate Barack Obama dans l'Etat de l'Iowa du centre-ouest, crucial dans la course à l'investiture, selon un sondage publié lundi 19 novembre.
Barack Obama recueille 30% des intentions de vote parmi les démocrates dans cet Etat du Centre Ouest, qui sera le premier à organiser les votes pour désigner les candidats de chaque parti le 3 janvier, selon ce sondage pour ABC News et le Washington Post. Il s'agit du caucus, ce rassemblement de militants politiques locaux d'un parti pour désigner un candidat à l'investiture dans la course à la présidence.
Hillary Clinton arrive deuxième avec 26% des intentions de vote, devant l'ancien candidat démocrate à la vice-présidence John Edwards avec 22%.
Le sondage montre également que la majorité (55%) des électeurs démocrates dans cet Etat sont plus intéressés par "une nouvelle direction et de nouvelles idées" de la part de leur candidat que par des qualités comme la solidité et l'expérience (33%).

Impulser le changement
Le sénateur noir de l'Illinois Barack Obama se présente lui-même comme le candidat du changement par rapport à une vie politique qu'il juge marquée depuis deux décennies par les divisions et les querelles partisanes.
Hillary Clinton insiste de son côté sur sa capacité à diriger les Etats-Unis dès son premier jour à la Maison Blanche, sur le fait qu'elle est la mieux à même d'impulser le changement et sur le manque d'expérience de son rival.
Le sondage montre cependant que 39% des personnes interrogées jugent que Hillary Clinton a le plus de chances de remporter l'élection présidentielle face au candidat républicain en novembre 2008, contre 25% pour Barack Obama, et 38% estiment qu'elle a le plus d'expérience, contre seulement 11% pour Obama.

- Ce sondage a été réalisé par téléphone du 14 au 18 novembre et ne reflète donc pas forcément l'impact du débat démocrate du 15 novembre, remporté selon les analystes politiques par Hillary Clinton.

 

Partager cet article
Repost0
28 novembre 2007 3 28 /11 /novembre /2007 17:02
Fred Chichin, guitariste des Rita Mitsouko, est mort
 
LEMONDE.FR avec AFP | 28.11.07 | 15h56  •  Mis à jour le 28.11.07 | 16h04

red Chichin, le guitariste du duo rock français Rita Mitsouko, est décédé mercredi 28 novembre au matin à l'âge de 53 ans, des suites d'un cancer fulgurant, ont annoncé la maison de disques Because et l'organisateur de concerts Corida.

Cette maladie a emporté le guitariste en deux mois, ont indiqué Because et Corida dans un communiqué. Les Rita Mitsouko, groupe que Fred Chichin avait formé avec sa compagne, la chanteuse Catherine Ringer, en 1979, avaient dû annuler plusieurs concerts ces jours derniers en raison de l'état de santé du guitariste. Ils auraient dû notamment se produire mercredi soir à l'Olympia.

Leur dernier album, Variety, était sorti en avril. Les Rita Mitsouko avaient été les auteurs de nombreux tubes dans les années 1980, dont "Marcia baila", "Y a d'la haine", "Andy", "Les Histoires d'A" ou "C'est comme ça".

RITA MITSOUKO - C'EST COMME CA
envoyé par pierrot77
Partager cet article
Repost0
28 novembre 2007 3 28 /11 /novembre /2007 11:41
Il est tellement évident que la mort de deux jeunes - aussi tragique soit-elle et quelles que soient les responsabilités vraisemblables des uns et des autres dans un accident de la circulation - ne justifiera jamais que des violences gratuites soient perpétrées contre les représentants de l'autorité ou des bâtiments publics  qui participent de l'ouverture culturelle et humaine d'une population en difficulté sur le monde ; c'était le cas de la bibliothèque brûlée à Villiers-le-Bel.
Mais une fois que cela est dit, on ne peut oublier que ces évènements inqualifiables traduisent ce que l'on ne peut même plus appeler un malaise profond dans les banlieues françaises, tant le mot paraît aujourd'hui dérisoire au regard de la gravité des faits et de leur renouvellement. La méfiance vis-à-vis de l'autorité, le sentiment de relégation de larges franges de la population a accouché finalement aujourd'hui d'un sentiment de haine iraisonnée, d'un petit parfum de guerre civile, qui peut mettre à mal les fondements du pacte républicain si on laissait faire encore.
En 2000, participant au forum de la jeunesse de Cergy au titre du conseil départemental des jeunes du Val d'Oise, j'avais expliqué que militant "jeune socialiste" dans la Vallée de l'Oise, allant à la rencontre des jeunes des quartiers de Persan et Beaumont-sur-Oise, j'avais eu l'occasion d'échanger avec eux qui ne voyaient dans leurs perspectives que l'émeute pour transformer le contexte social et urbain dans lequel ils vivaient. Je leur disais :
- que le risque était grand que les émeutes ne sortant pas des quartiers populaires, la partie plus protégée socialement et géographiquement de la population refuse de prendre en compte les préoccupations urgentes et si malhabilement exprimées ;
- que cette majorité française hors quartier populaire décide de vivre consciemment en faisant une croix sur l'autre de partie de la population qui s'agitait, l'excluant de fait du contrat social, par égoïsme et peur.
La perspective serait d'envoyer  les forces répressives ramener le calme de temps à autre, en attendant les prochaines émeutes qui déboucheraient sur le même scénario et aggrandirait le fossé entre deux France.


C'est exactement ce qui est en train de se passer aujourd'hui !

Deux ans après Clichy, le discours politique - avant tout celui du gouvernement UMP d'hier et d'aujourd'hui mais plus gravement celui également de centaines d'élus de gauche (!?) - privilégie une réponse à sens unique : le maintien de l'ordre. La crise sociale des banlieues n'a jusqu'ici été traitée qu'en augmentant et pérennisant l'emploi de forces exceptionnelles (CRS, gendarmes mobiles...) lorsque des coups de grisou survenaient. Le paroxisme ayant été l'état d'urgence de 2005, mais la logique était déjà présente auparavant. Je ne dit pas que la sécurité n'est pas un sujet phare dans nos banlieues au contraire, mais nous entrons là dans le débat qui oppose gauche et droite sur police d'ordre ou police de proximité ; ce qui est inquiétant c'est l'acceptation croissante de la nécessité prioritaire d'une police d'ordre à gauche...
Par contre, depuis 6 ans qu'est-ce qui a changé en termes de logements, d'emploi, de transports, de services publics dans ces quartiers ? rien... L'appel au calme, l'appel au rétablissement de l'ordre, le rappel des peines encourues par les fauteurs de troubles tiennent lieu de politique sans que l'on s'occupe du fond. Une fois l'ordre rétabli, on retrouvera le même cancer social, jusqu'à ce que la prochaine émeute fasse renaître à la marge un petit sentiment de culpabilité, et encore de moins en moins.
Les maires de gauche qui viennent de lancer un appel à prendre en compte les vrais problèmes de la banlieue se trompent eux-mêmes quand ils réclament comme solution prioritaire l'augmentation des ressources financières des communes populaires : à Sarcelles, à Clichy, on en fait beaucoup plus avec moins de ressources que dans beaucoup de communes mieux dotées. Le fond du problème tient d'une part à la volonté politique et d'autre part à la nécessité d'un retour de l'Etat dans les quartiers avec les services publics et les entreprises publiques qui le représentent. Car c'est à lui d'assurer l'unité du pays.

La perversion du système actuel est lisible dans le vocabulaire que l'on emploie. Parler d'égalité des chances c'est se fourvoyer gravement... Quant on parle d'égalité des chances, répondant ainsi à de nombreuses expressions populaires "j'ai eu de la chance", "on m'a donné une chance", "donnez-nous une chance de vous démontrer...", c'est laissé entendre que les individus, les personnes, sont en compétition les uns avec les autres et qu'ils pourraient jouer leur vie sur un jet de dés, et puisque c'est l'égalité des chances, on a une chance au départ et on ne reviendra pas dessus...
A cette "égalité des chances", ce faux-ami du langage politique, je préfère un terme bien moins ambigu : "égalité républicaine", c'est-à-dire une égalité de droits (droits civiques, droit à un logement digne, droit à l'éducation, droit au travail, etc.) fermement garantie par la République, une République - c'est-à-dire l'Etat - qui quels que soient les territoires concernés en finissent avec ces scandales que sont la pénurie de logements, l'habitat indigne, la déshérence pédagogique et en moyen de l'éducation nationale et la discrimination à l'emploi.

Frédéric FARAVEL
Partager cet article
Repost0
28 novembre 2007 3 28 /11 /novembre /2007 11:38
Une vidéo-amateur contredit la version de la police sur l'accident de Villiers-le-Bel
LE MONDE | 28.11.07 | 11h15  •  Mis à jour le 28.11.07 | 11h25

ne vidéo amateur contredit l'une des affirmations de l'inspection générale de la police nationale (IGPN) sur l'accident entre un véhicule de police et une mini-moto, dimanche 25 novembre à Villiers-le-Bel, qui est à l'origine des deux nuits d'émeutes.

Selon l'IGPN, chargée d'enquêter sur les circonstances de la collision, les images parues dans la presse montrant le véhicule avec l'avant défoncé et le pare-brise étoilé ne traduisaient pas la violence du choc mais s'expliquaient par des dégradations commises à coup de barres de fer après l'accident.

Cet élément est un des arguments avancés par la police (Le Monde du 28 novembre) pour appuyer la thèse d'une voiture circulant à faible allure et percutée par la mini-moto à l'avant-gauche.

La vidéo, que Le Monde a pu visionner une première fois dimanche 25 novembre, vers 20 h 30, puis à nouveau, en détail, mardi 27 novembre, met à mal cette hypothèse.

Les images tournées quelques minutes après l'accident montrent un véhicule sérieusement endommagé, ce qui correspond aux photos publiées dans la presse. Elles vont dans le même sens que les déclarations de témoins qui disent avoir protégé le véhicule de toute exaction pour faciliter l'enquête.

L'auteur du film, que nous avons rencontré, souhaite rester anonyme. Désireux de faire la lumière sur l'accident, il a néanmoins transmis le document à Yassine Belattar, animateur sur la radio Générations 88.2, proche des familles des victimes, qui nous a autorisé à le copier pour pouvoir l'analyser.

Le cinéaste amateur dit avoir été averti "quelques minutes après les faits". Il est aussitôt descendu de son appartement situé à proximité immédiate des lieux. Il dit avoir commencé à filmer "très peu de temps" après l'accident, signalé aux pompiers à 17 heures, selon l'horaire communiqué par la procureure de Pontoise, Marie-Thérèse de Givry. Il dit avoir commencé à filmer entre 17 h 15 et 17 h 20.

La vidéo, de qualité correcte, montre des habitants qui regardent les pompiers en intervention. Ces derniers prodiguent des massages cardiaques aux deux victimes. Des policiers sont présents.

Après quelques minutes, on voit arriver un véhicule du SMUR de Gonesse. Or, selon le SAMU du Val-d'Oise, averti de l'accident à 17 h 03, le camion d'intervention médicale est parti à 17 h 08 de l'hôpital de Gonesse qui se trouve à 5 kilomètres du lieu de l'accident, soit à 10 minutes environ en respectant les vitesses maximales. Selon nos calculs, le SMUR serait donc arrivé vers 17 h 18.

A cet instant, la position du véhicule, à cheval sur la chaussée et sur le trottoir, correspond très exactement à celle observée sur les photos de presse. La vidéo, qui montre le véhicule à de nombreuses reprises et sous plusieurs angles, permet de constater très clairement que le véhicule se trouve dans le même état que sur les premières photos publiées.

Dans les deux cas, le capot, tordu, remonte sur la partie droite, le pare-brise avant est étoilé et enfoncé vers l'intérieur du véhicule, le pare-chocs avant est arraché, ainsi que le phare avant-droit.

LE POMPIER CONFIRME SA VERSION
Reste l'hypothèse de dégradations commises entre le moment de l'accident et le début de la vidéo. Or, les policiers affirment que les victimes n'ont jamais été laissées seules : présents sur place, ils auraient donc signalé d'éventuelles dégradations sur leur véhicule, ce qu'ils n'ont pas fait. Des dégradations survenues à ce moment supposeraient aussi que des jeunes se soient munis de barres de fer dans ce laps de temps et qu'ils s'en soient pris à la voiture alors que les deux adolescents gisaient au sol à proximité.

La vidéo montre aussi que les secours se déroulent dans un contexte relativement calme, au moins pendant la première partie. La tension semble monter vers la fin du film mais ne se traduit pas par des actes de violence.

Interrogés par Le Monde, la police et le ministère de l'intérieur maintiennent la version de l'IGPN selon laquelle, "probablement", le véhicule de police a été volontairement dégradé après l'accident. L'enquête ne cite pas de témoins directs de ces coups éventuels portés contre la voiture, mais s'appuie notamment sur le témoignage d'un major-pompier de Villiers-le-Bel, le premier responsable à être intervenu sur les lieux de l'accident.

Ce dernier a été entendu lundi soir par la police. Joint par Le Monde, il n'a pas souhaité donner son nom mais réitère sa déposition : "La première réflexion que je me suis faite quand j'ai vu les photos de la voiture de police parues dans la presse, c'est qu'elle n'était pas aussi dégradée quand je suis intervenu. Elle n'était pas dans l'état que j'ai vu sur ces photos. Le capot était certes abîmé, le pare-brise et la calandre gauche aussi mais du côté droit, ça tenait encore".

Le sapeur-pompier insiste : "Le véhicule ne ressemblait pas aux images, ça n'avait rien à voir. Quand je les ai vues, j'ai été choqué". L'expert technique mandaté pour déterminer le point exact de l'impact, lui, n'a pas encore rendu ses conclusions.

Luc Bronner et Isabelle Mandraud
Partager cet article
Repost0