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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis alternativement à Bezons dans le Val-d'Oise et à Massy dans l'Essonne. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. Je suis membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, en charge du pôle "Idées, formation, riposte".
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Gauche Républicaine & Socialiste

3 août 2007 5 03 /08 /août /2007 13:20
Analyse
Le Parti socialiste sans "marchepied", par André Fontaine
LE MONDE | 02.08.07 | 14h22  •  Mis à jour le 02.08.07 | 14h33

première vue, le blues qui s'est emparé du Parti socialiste peut paraître un peu excessif. Ne vient-il pas d'augmenter d'un bon tiers le nombre de ses députés ? N'avait-il pas subi par 2 fois, dans le passé, des défaites bien pires ? Celle de 2002 est encore dans toutes les mémoires. Mais on oublie la véritable déroute infligée par le corps électoral, en 1969, à Gaston Defferre. Malgré sa promesse de prendre Pierre Mendès France comme premier ministre, il lui avait fallu se contenter de 5,1% des voix dans le scrutin destiné à donner un successeur à de Gaulle. Du coup, Alain Peyrefitte n'avait pas hésité à déclarer l'année suivante : "Si nous ne faisons pas de bêtises, nous sommes au pouvoir pour 30 ans."

Cette prédiction reposait sur le poids du Parti communiste. Jacques Duclos, son candidat à l'Elysée, avait obtenu, en 1969, 4 fois plus de suffrages que Gaston Defferre, la gauche n'en recueillant, toutes tendances confondues, que 31%. Ce rapport de force suffisait, un an après l'invasion de la Tchécoslovaquie, pour décourager les plus entreprenants de toute idée de coopération avec les "rouges". Mais, pour François Mitterrand, le seul moyen pour la gauche de revenir au pouvoir n'en était pas moins de ressusciter sous un autre nom le vénérable Front populaire.

Aux socialistes européens qui craignaient que le PS refondé sous sa houlette ne se fasse avaler par le PC, il répondait le 29 juin 1972, à Vienne, 48 heures après la signature du programme commun : "Notre objectif fondamental est de construire un grand PS sur le terrain occupé par le PC afin de faire la démonstration que sur les 5 millions d'électeurs communistes, 3 millions peuvent voter socialiste."

Georges Marchais, secrétaire général du PC à partir de décembre 1972, nourrissait le dessein inverse. Dans son rapport au comité central, longtemps resté secret, sur le programme commun, il n'hésitait pas à écrire : "Les dispositions adoptées ne constituent évidemment pas un point d'arrivée ou, selon l'expression significative de Mitterrand, un seuil maximum. Il s'agit au contraire de points de départ pour une puissante action des masses, susceptibles d'engager effectivement notre pays dans une étape démocratique nouvelle, ouvrant la voie au socialisme." Et lorsque interviendra, en 1977, la rupture de l'union de la gauche, il accusera François Mitterrand d'avoir voulu se servir du PCF comme d'un "marchepied".

Il n'est pas dit que le calcul de François Mitterrand, dont la motion unitaire l'avait emporté d'une courte tête au congrès d'Epinay, en 1971, aurait réussi au cas où la gauche aurait gagné la présidentielle de 1974 ou les législatives de 1978. Compte tenu des scores de ses diverses composantes, il aurait eu de la peine à refuser au PC les "ministères importants" que celui-ci réclamait à grands cris. Tandis que, en 1981, Georges Marchais, qui avait commis l'imprudence de se présenter lui-même, avait dû se contenter d'un modeste 15,35%, à peine la moitié du score du nouveau chef de l'Etat. Ce dernier n'en allait pas moins faire entrer 4 communistes dans le gouvernement Mauroy.

La droite se déchaîne alors, ne doutant pas que François Mitterrand soit un "Kerenski", le faible chef du gouvernement provisoire russe renversé en 1917 par les bolcheviks. Ronald Reagan envoie son vice-président, en la personne du père de l'actuel George Bush, demander des explications au président français. La présence de ces ministres, lui dit en substance celui-ci, empêchera les communistes de soutenir les mouvements sociaux que risquent de déclencher les mesures rendues nécessaires par la situation économique. Il pensait qu'ils resteraient au gouvernement de 18 mois à 2 ans, qu'ensuite ils reprendraient "le combat en essayant de gagner des électeurs par des moyens démagogiques, et que leur déclin, alors, se poursuivrait". George Bush en est pantois. "J'ai eu l'impressiond'avoir affaire à un dingue", confiera-t-il à notre regretté confrère américain Joseph Kraft. Quelques années plus tard, François Mitterrand dira à Maurice Schumann : "Deux hommes, en France, ont fait reculer le communisme, le général de Gaulle, en le combattant, et moi, en m'alliant avec lui."

Il avait déclaré à George Bush que le PC serait ramené à 5% des suffrages à la fin de son premier septennat. S'il en avait été ainsi, il n'aurait pas été réélu en 1988, le "marchepied", que Georges Marchais l'avait accusé de vouloir bâtir sur le dos des communistes, s'avérant trop petit pour le porter. C'est pour cette raison qu'il avait rétabli pour les législatives de 1986 le scrutin proportionnel, pensant à juste titre qu'il assurerait au Front national un groupe parlementaire substantiel. La première habileté de Nicolas Sarkozy est d'avoir convaincu de voter pour lui une part importante de l'électorat lepéniste. Et la chute du PC à des scores homéopathiques a privé le PS du "marchepied" dont on a vu le rôle essentiel en 1981. On comprend que plusieurs ténors socialistes se soient laissé tenter par les "ouvertures" de l'Elysée.

La seule chance du PS, dans ces conditions, est que M. Sarkozy en fasse décidément trop, ce qui, au vu de son actuel bilan, n'est évidemment pas exclu. A défaut d'erreurs de la majorité au pouvoir, il est difficile d'imaginer ce que le Parti socialiste, ses éléphants et sa gazelle pourraient bien faire pour reprendre le pouvoir.

C'est l'ensemble de la gauche, du rose pâle au vermillon, qui est aujourd'hui interpellé. Dans toute l'Europe, les formations de gauche ont redéfini leurs objectifs ou s'apprêtent à le faire. Le PC italien a abandonné une étiquette communiste qui n'avait plus aucun sens. Pourquoi le PC français n'en fait-il pas autant ? La logique ne devrait-elle pas le pousser à s'entendre avec le PS afin de remettre en question la scission du congrès de Tours qui, en 1920, avait divisé les socialistes d'alors et donné naissance au PC, pour des raisons qui n'ont plus aujourd'hui aucune justification ?

André Fontaine
Article paru dans l'édition du 03.08.07
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3 août 2007 5 03 /08 /août /2007 09:44
«Salut, je m'appelle Fadela, je suis secrétaire d'Etat à la politique de la ville»
Le Skyblog de Fadela Amara pour les «djeuns». 
Fadela Amara vient de lancer deux blogs de discussion sur Internet. L'un est officiel, l'autre s'adresse aux jeunes des cités. Comparatif. 
Par Marie PIQUEMAL - LIBERATION.FR - jeudi 2 août 2007

Plutôt 2 fois qu'une. Fadela Amara lance 2 blogs de discussion destinés à des publics différents.
Le premier, très classique, s'adresse à tout le monde (www.fadela-amara.net). Le deuxième, lui, sort de l'ordinaire. Créé sur la plate-forme skyblog, très prisée des adolescents, il emprunte les codes de langage des "djeuns" (www.pourmaville.skyblog.com). Ca vaut le détour...

 
 

Objectif du skyblog: interpeller les jeunes des cités en vue de l'élaboration du plan banlieue, promis par Nicolas Sarkozy. «Ce sera une discussion en direct avec les jeunes des quartiers en difficulté. Je veux libérer cette parole là», explique Fadela Amara d'entrée de jeu.

Personne n'est dupe. Au delà des différences de style, ces deux blogs restent des outils de communication politique. Cela dit, il est très amusant de comparer leur contenu. Fadela Amara se livre un périlleux exercice de style pour dire la même chose de deux manières différentes, très différentes.

«Salut! Bienvenue sur le skyblog Pour ma ville sur lequel je t'invite à participer pour améliorer la vie de ton quartier et de ta ville. Lâche tes idées !» Le ton se veut direct, amical, sans détour. «Balance moi des comms pour me dire ce qui te plairait dans ton quartier.(...) Mon skyblog? T'as intérêt d'y participer».


Sur le blog officiel, le message d'accueil est bien plus compassé: «Si j’ai choisi d’avoir un blog officiel, c’est pour avoir un lien direct avec tous les Français qui sont intéressés par la politique de la ville». La présentation est plus sobre, plus aérée, les couleurs acidulées: le rose et blanc contrastent  avec le rouge pétard et le jaune canari du skyblog.

Et puis, bien sûr, l'attitude devant les caméras n'est pas du tout la même selon le support. Du style décontracté de la discussion entre amis au discours pondéré depuis son bureau au ministère, Fadela Amara fait le grand écart.

Autre différence: les vidéos. Omniprésentes sur le skyblog, elles sont beaucoup plus rares sur le blog officiel. Quant au traditionnel CV de l'auteur, il s'intitule «Ma Bio» sur le blog institutionnel et il est remplacé par un «Tu as déjà entendu parler de moi ?» sur le skyblog.

Dans une vidéo du skyblog, l'ancienne présidente du mouvement Ni putes, ni soumises raconte son enfance dans un bidonville. «C'est la preuve qu'on peut réussir même quand on est dans la merde. Même si on est né dans la merde, on peut arriver à ce qu'on veut vraiment. Même si c'est plus dur que pour tout le monde...» Rien de tel sur le blog institutionnel.

Alors, bien sûr, le blog adressé aux jeunes cartonne sur la toile. 3000 commentaires y avaient déjà été déposés, jeudi après-midi... contre zéro sur le blog officiel! Skyblog remporte le match contre le blog du ministère. Pari réussi pour Fadela Amara. Ou presque.

Car à la lecture des premiers commentaires, un constat s'impose: la plupart des jeunes qui laissent des messages, ne sont pas issus des cités. Et des critiques fusent sur le ton employé, un peu trop léger au goût de certains.

A l'image de Chen: «Sur le fond, l'idée d'un blog pour récolter des idées et des avis de jeunes à propos de leur quartier est plutôt positive. Mais la forme laisse à désirer: le tutoiement m'a particulièrement dérangé et j'ai souri face à ce pseudo-langage de bloggeur ("lachez des comm's", "quels sont tes kiffes?" , ... ). C'est comme si les jeunes étaient incapables de comprendre et de participer à un débat politique "normal"».

 

Cliquez ci-dessus pour voir un extrait vidéo du blog «institutionnel» de Fadela Amara.
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2 août 2007 4 02 /08 /août /2007 16:15

Déclarations encourageantes pour la paix
NOUVELOBS.COM | 02.08.2007 | 16:55

Le Premier ministre israélien Ehoud Olmert se dit prêt à discuter de la création d'un Etat palestinien, tandis que le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas accepte l'idée d'une "déclaration de principes" conduisant vers un accord global de paix.

Une rencontre entre le Premier ministre israélien, Ehud Olmert (à gauche) et le président palestinien Mahmoud Abbas (à droite )en juin

Une rencontre entre le Premier ministre israélien, Ehud Olmert (à gauche) et le président palestinien Mahmoud Abbas (à droite )en juin
(c) Reuters

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s'est dit prêt, jeudi 2 août, à travailler avec Israël, sur une "déclaration de principes" conduisant à un accord global de paix. La veille, le Premier ministre israélien Ehoud Olmert s'est dit prêt à discuter des "questions fondamentales" conduisant à la création d'un Etat palestinien, selon la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice.

80 millions de dollars pour le système de santé palestinien
Condoleezza Rice a fait cette déclaration au cours d'une conférence de presse commune avec Mahmoud Abbas, à l'issue d'une réunion avec le président de l'Autorité palestinienne. Au cours de cette rencontre, elle a en outre signé un accord apportant 80 millions de dollars (59 millions d'euros) aux Palestiniens pour réformer leurs services de sécurité.
Selon Mahmoud Abbas, les discussions israélo-palestiniennes pourraient "se concentrer sur l'application de ce qui est prévu par la feuille de route", faisant allusion au plan international qui prévoit la création d'un Etat palestinien au côté de l'Etat hébreu.

Une conférence pour la création d'un Etat palestinien
"Ensuite nous pourrons conclure par une déclaration de principes", a dit Mahmoud Abbas au cours de la conférence de presse. "Ce qui compte est que nous parvenions à des résultats et que nous connaissions l'aboutissement, mais les étapes intermédiaires peuvent être négociées".
A propos de la proposition de George W. Bush d'organiser une conférence internationale pour la paix au Proche-Orient, Condoleezza Rice a souligné que Washington ne voulait pas une réunion pour rien.
"Le président des Etats-Unis n'a aucun désir de réunir des gens pour une séance photo. Cette réunion a pour but de nous faire vraiment avancer vers la création d'un Etat palestinien", a souligné la secrétaire d'Etat.

La bande de Gaza laissée de côté dans un éventuel accord
Mercredi, la chef de la diplomatie américaine s'était entretenue avec le Premier ministre israélien Ehoud Olmert et plusieurs de ses ministres de la situation dans les territoires palestiniens et du projet de conférence proposé par Bush. Lors de ces entretiens, Condoleezza Rice et son homologue israélienne Tzipi Livni ont soutenu l'idée d'un accord politique entre l'Etat hébreu et le gouvernement palestinien de Cisjordanie de Mahmoud Abbas, laissant de côté la Bande de Gaza contrôlée depuis juin par le Hamas.
"Israël ne manquera pas cette occasion", avait assuré Tzipi Livni, affirmant vouloir profiter de la situation dans les territoires palestiniens pour parvenir à un accord avec le gouvernement modéré d'Abbas. Le Hamas a quant à lui critiqué le voyage de la responsable américaine, estimant qu'elle venait "soutenir un parti palestinien contre un autre et agrandir le fossé entre les Palestiniens".

L'Arabie Saoudite prête à participer à une conférence internationale
"Il y a bel et bien dans les territoires palestiniens un gouvernement dévoué aux principes de base de la paix, et c'est là une occasion qu'il ne faut pas manquer", a souligné Condoleezza Rice, qui effectuait là sa première visite dans la région depuis le coup de force du Hamas à Gaza.
Plus tôt mercredi, le prince Saoud al-Fayçal, ministre saoudien des Affaires étrangères, avait indiqué à l'issue d'une rencontre avec Condoleezza Rice et le secrétaire à la Défense Robert Gates que son pays, qui n'a pas d'accord de paix avec Israël, était prêt à participer à une conférence internationale de paix s'il était invité. La secrétaire d'Etat avait toutefois affirmé qu'il était encore trop tôt pour décider qui y serait convié. (Avec AP)
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2 août 2007 4 02 /08 /août /2007 16:06
Pour le président de la Mutualité française, "avec les franchises, on sort du système solidaire de financement de la santé"
LE MONDE | 02.08.07 | 14h56  •  Mis à jour le 02.08.07 | 15h21

ue pensez-vous de la proposition du chef de l'Etat, faite mardi 31 juillet, d'un nouveau système de franchises pour financer la lutte contre le cancer, Alzheimer et les soins palliatifs ?
Ce sont des causes justes, elles méritent une réponse précise et des engagements tenus. La Mutualité française soutient ces causes. Nous mettrons en place, à partir du 1er janvier 2008, un parcours de santé pour mieux orienter nos adhérents et pour que les familles puissent mieux s'organiser dans le cadre de ces pathologies.

Mais, franchement, je ne vois pas comment, à partir de franchises payées par les seuls malades, avec une sécurité sociale déficitaire, on pourrait dégager les sommes nécessaires pour tenir les promesses faites par le président de la République.

Quelle est la solution, selon vous, pour financer ce que vous reconnaissez être des causes importantes ?
Je propose au gouvernement et au chef de l'Etat de mettre en place un véritable système de solidarité, qui permettrait une meilleure prise en charge de ces pathologies. Je ne connais pas d'autre moyen que de faire appel à la solidarité nationale par le biais d'un impôt ou d'une taxe.

Nicolas Sarkozy a souhaité que les assurances complémentaires puissent prendre en charge ces nouvelles franchises. Qu'en pensez-vous ?
J'ai entendu tout et son contraire : la prise en charge par les mutuelles, souhaitée par M. Sarkozy, et l'impossibilité de le faire, ainsi qu'une version intermédiaire, qui lierait cette prise en charge à un contrat dit "responsable" de la part de l'assurance complémentaire. J'attends donc d'y voir plus clair et l'ouverture d'une négociation officielle.
Mais cela ne me semble pas logique que ce soient les complémentaires qui financent le plan cancer, Alzheimer, la recherche sur ces maladies ou encore les soins palliatifs. On ne sait plus trop bien dans quel système on est. De plus, si les complémentaires doivent financer l'équivalent de ce qui a été estimé à 850 millions d'euros, il est évident qu'elles seront obligées d'augmenter leurs cotisations. Mais là n'est pas l'essentiel.

Qui est, selon vous...
Il n'est pas juste de financer la lutte contre ces maladies, la recherche et l'amélioration des soins palliatifs en prélevant des fonds chez les personnes qui vont chez le médecin. Et ceux-là mêmes qui sont atteints de ces maladies - que l'on dit vouloir mieux traiter - seront les premiers à payer. Cela ne me paraît pas correct.

On a parlé de TVA sociale, de bouclier sanitaire et de franchises. Le débat sur le financement de la protection sociale n'est-il pas décousu ?
Avec les franchises, on sort du champ traditionnel de financement de la santé, de son système solidaire.
Si on gérait correctement le système de santé, avec des réformes pour améliorer la qualité des soins, une meilleure répartition de l'offre de soins, une meilleure liaison entre la médecine de ville et l'hôpital, ou encore une meilleure vérification des périmètres de compétence chez les professionnels de santé, infirmières, médecins, etc., on pourrait dégager les sommes nécessaires pour financer les causes énoncées par M. Sarkozy. Mais on refuse obstinément depuis une trentaine d'années de le faire. Pour l'essentiel, le financement de la protection sociale est basé et pèse sur les salaires. Il faut revoir ce système.

Pourquoi, selon vous, cette réforme du financement et de la politique des soins en France n'est-elle pas conduite ?
Tous les gouvernements ont cédé aux différents lobbies qui s'exercent dans notre système de santé : laboratoires, syndicats de médecins... Notre dispositif est malmené, en mauvaise santé financière, et l'on donne des augmentations à un certain nombre de professions, dont les médecins libéraux. C'est choquant.

Avez-vous été contacté par l'Elysée ou Matignon avant les annonces du chef de l'Etat ?
Je n'ai pas été contacté, et il n'y a pas eu de négociation sur le sujet des franchises. Mais cela me paraîtrait la moindre des choses que le président de la Mutualité française, qui représente 38 millions de bénéficiaires, principal mouvement de santé, soit consulté sur ce sujet.

Propos recueillis par Rémi Barroux
Article paru dans l'édition du 03.08.07
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2 août 2007 4 02 /08 /août /2007 08:52
Obama prêt à frapper Al-Qaeda au Pakistan
Barack Obama, à Saint-Louis, le 27 juillet. Reuters.
Le sénateur, candidat à l'investiture démocrate à la présidentielle, a affirmé qu'il utiliserait la force contre les cellules terroristes au Pakistan, s'il est élu. Cette déclaration intervient alors que sa concurrente Hillary Clinton creuse l'écart dans les sondages.
Par Arnaud Vaulerin et AFP LIBERATION.FR : mercredi 1er août 2007

C’est le genre de déclaration qui peut faire des dégâts. Et révéler des faiblesses. Le candidat à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de 2008, le sénateur Barack Obama, a déclaré mercredi que s’il était élu en 2008, il serait prêt à utiliser la force militaire contre des cellules d’Al-Qaeda au Pakistan.

 
«Je sais que le président (pakistanais, ndlr) Musharraf a ses propres défis» à affronter, a dit le sénateur de l’Illinois dans des extraits d’un discours sur sa vision de la lutte antiterroriste, rendus publics par son équipe de campagne. «Mais soyons clairs. Il y a des terroristes terrés dans des montagnes qui ont tué 3 000 américains […] si nous avons des renseignements utilisables sur des cibles terroristes de grande importance et que le président Musharraf n’agit pas, nous le ferons.».

Barack Obama propose également une aide non-militaire d’un milliard de dollars pour l’Afghanistan et accuse le président George W. Bush de saboter la guerre contre le terrorisme. Un récent rapport des services de renseignement américain a indiqué qu’Al-Qaeda s’était reconstitué dans une «zone sanctuaire» au Pakistan et était déterminé à infliger des pertes massives par de nouvelles attaques aux Etats-Unis. L’administration Bush a ensuite tenté de rassurer les autorités pakistanaises qui avaient par le passé déjà réagi très vivement à des menaces d’action militaire contre des cibles situées sur leur territoire.

Lors d'une audition au Sénat, le n°3 du département d’Etat Nicholas Burns a notamment déclaré que le gouvernement retenait toujours l’option de s’attaquer au groupe terroriste dans la région mais aussi qu’il était très attentif au respect de la souveraineté du Pakistan.

Cette déclaration intervient au moment Hillary Clinton, également candidate à l’investiture pour la présidentielle de 2008, creuse l’écart chez les démocrates. Et montre une plus grande expérience que ses rivaux.

Selon un sondage Wall Street Journal/NBC news publié mercredi1, Hillary Clinton a creusé un écart de 21 points avec Barack Obama et réuni 43% des soutiens démocrates contre 22% en faveur du sénateur noir de l’Illinois. L’ancien sénateur John Edwards arrive 3ème position avec 13%. Un précédent sondage en juin attribuait à la sénatrice une avance de 14 points sur ses adversaires démocrates.

1 Ce sondage a été réalisé fin juillet par téléphone auprès de 481 démocrates. La marge d’erreur est de plus ou moins 4,47 points

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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 17:40
Le fils du colonel Kadhafi détaille un contrat d'armement entre Paris et Tripoli
LE MONDE | 01.08.07 | 11h17


ne semaine après la libération des infirmières et du médecin bulgares retenus en Libye depuis 1999, l'un des acteurs-clefs de ce dénouement, le fils du numéro un libyen, Saïf Al-Islam Kadhafi, évoque, dans un entretien au Monde, certains dessous de cette affaire.

Ces éléments recouvrent deux aspects que les officiels français et européens ont préféré passer sous silence dans leurs descriptions publiques des tractations avec Tripoli : d'une part, les détails d'un accord prévoyant d'importantes fournitures d'armements par la France à la Libye ; d'autre part, le rôle joué, dans la résolution du cas des infirmières, par une décision de justice au Royaume-Uni concernant le sort d'un ancien agent libyen emprisonné depuis 2001 à Glasgow, en Ecosse, pour sa responsabilité dans l'attentat de Lockerbie en 1988 (270 morts).

Ce Libyen, Abdel Basset Ali Al-Megrahi, a été autorisé par une commission judiciaire écossaise, le 28 juin, à faire appel, pour la deuxième fois, de sa condamnation à la prison à vie. La décision a pesé pour beaucoup dans l'issue du drame des infirmières. Elle est intervenue moins d'un mois après une visite à Tripoli de Tony Blair, qui effectuait là l'un de ses derniers voyages à l'étranger avant de quitter le 10-Downing Street.

Le fils du colonel Kadhafi affirme qu'il a bon espoir qu'Ali Al-Megrahi sera renvoyé prochainement en Libye. "Nous allons bientôt avoir un accord d'extradition avec le Royaume-Uni", dit-il "Nos gens, ajoute-t-il, en parlant d'officiels libyens, étaient à Londres il y a un mois environ", pour en discuter.

"Oui", répond-il lorsqu'on l'interroge sur les rapports existant entre l'affaire Al-Megrahi et celle des infirmières, "nous avons établi un lien. Nous avons aussi accepté que le dossier soit traité au niveau bilatéral, entre la Libye et le Royaume-Uni, alors qu'on demandait auparavant que cela fasse partie des discussions au niveau européen".

Quant aux accords d'armement et de défense qui ont fait l'objet de discussions entre Paris et Tripoli, il semble y accorder un intérêt beaucoup plus vif qu'à la question de la fourniture par la France d'une centrale nucléaire à la Libye. Pareille centrale "n'est pas essentielle pour la Libye", glisse Saïf Al-Islam Kadhafi d'un air détaché. "Nous avons des hydrocarbures… La décision de se doter d'une centrale nucléaire nous permettrait d'exporter de l'électricité… vers l'Italie notamment" ajoute-t-il, sans s'attarder sur les possibilités de déssalinisation d'eau de mer, pourtant beaucoup évoquées à Paris.

Le cœur du sujet, entre Paris et Tripoli, est donc l'affaire militaire. En quoi consiste-t-elle? "D'abord, l'accord recouvre des exercices militaires conjoints, bien sûr. Puis, nous allons acheter à la France des missiles antichar Milan, à hauteur de 100 millions d'euros je pense. Ensuite, il y a un projet de manufacture d'armes, pour l'entretien et la production d'équipements militaires. Vous savez que c'est le premier accord de fournitures d'armes par un pays occidental à la Libye ?", se réjouit-il.

En 2004, l'embargo européen sur les ventes d'armements à la Libye a été levé, après les règlements intervenus avec Tripoli à propos des dédommagements des victimes des attentats de Lockerbie et de l'avion d'UTA (1989, 170 morts). La Libye avait aussi renoncé à son programme d'armes de destruction massive, à la suite de longues tractations avec Londres et Washington. "Malheureusement, depuis 2004, un embargo non dit persistait contre mon pays", commente Saïf Al-Islam. "Les Allemands, surtout, étaient réticents pour des ventes d'armes. Mais avec les Français, nous avons été en négociations depuis longtemps. Nous avons demandé à Sarkozy d'accélérer les choses. Maintenant que le cas des infirmières est réglé, c'est une occasion en or qui survient." Il ajoute avec une visible satisfaction : "des représentants de Thalès et de Sagem sont en Libye en ce moment même". Le fils du colonel Kadhafi indique que son père devrait se rendre en France pour signer les contrats en question. Il précise en outre que des garanties de défense ont été évoquées, selon lesquelles la France se porterait au secours de la Libye au cas où sa sécurité nationale serait menacée. Les Libyens en ont en tout cas demandé autant. "Mais je ne sais pas si cet article a été maintenu dans le document" par les négociateurs, dit-il encore.

Le fils du "Guide" s'exprime ainsi, en ce mardi 31 juillet, assis dans un hôtel de luxe de Nice, entouré d'une escouade de gardes du corps et de conseillers en relations publiques. Agé de 35 ans, crâne rasé et sourire charmeur, il est vêtu d'une veste noire sur un pantalon blanc étincelant, assortis de tennis tout aussi blanches. L'entretien, en anglais, s'est déroulé à sa demande, car il souhaite "clarifier quelques points". Au titre de dirigeant de la Fondation Kadhafi qui a négocié les dédommagements aux familles d'enfants libyens malades du sida, Saïf Al-Islam veut en effet déclarer formellement qu'"aucun argent libyen" n'a été versé à ces familles.

D'où viennent donc les plus de 400 millions de dollars? "Ce que je peux dire, c'est que les Français ont arrangé le coup. Les Français ont trouvé l'argent pour les familles. Mais je ne sais pas où ils l'ont trouvé". Par le Qatar? "Nous n'avons pas posé de questions. Nous ne voulons pas embarrasser nos amis." Pour Saïf Al-Islam, qui dit avec une grande tranquillité qu'il n'a pas cru en la culpabilité des infirmières bulgares ("elles ont malheureusement servi de boucs émissaires"), et que par ailleurs les récits de tortures qu'elles ont subies en prison sont "exagérés, de la fiction, à 100%", la Libye a obtenu dans cette affaire "un bon deal". "C'était une histoire compliquée. Une grande pagaille. Avec beaucoup de joueurs. Il a fallu satisfaire tous les joueurs."

Natalie Nougayrède 
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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 09:09
En plein été, on fait passer un projet de loi pour limiter le droit de grève : 30 et 31 juillet, 1er août. Le 31 juillet le chef de l'Etat annonce une nouvelle franchise médicale, sous couvert de traiter enfin des sujets compassionnels et consensuels - dépendance, cancer, Alzheimer - qui ne rapporteront que 800 millions d'euros maximum quant le déficit de l'assurance maladie est de 6 milliards mais qui pèseront encore sur les revenus inférieurs et moyens, quand la majorité parlementaire vient de voter 13 milliards d'euros de cadeaux fiscaux pour les plus aisés. Tout cela est finalement peu relayé.
Mais que Bernard Thibault réponde à une question posée à l'initiative du Parisien sur d'éventuelles perturbations de la coupe du monde de Rugby : "Si on pense vouloir profiter de la Coupe du monde (de rugby) pour vouloir nous imposer de mauvaises décisions, la CGT ne laisser pas faire"... Voila désormais que Télévisions et Radios annoncent en boucle que la CGT menace ouvertement la coupe du monde de Rugby... bel exemple de désinformation.
FRED
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31 juillet 2007 2 31 /07 /juillet /2007 09:33
 
Portraits
Le jeune pousse
Benoît Hamon, 40 ans, nouveau porte-parole du PS. Noniste lors du référendum européen, réservé envers Royal, il incarne la relève d’un parti d’éléphants déboussolés.
Par VAILLANT - Libération : mardi 31 juillet 2007

benoithamonenpied.jpgSeul Solferino connaissait son prénom. On parle aujourd’hui de lui pour diriger un parti qu’Hollande aimerait laisser en location-gérance, d’ici un an. Benoît, qui? Benoît Hamon, ancien président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), député européen, et récent porte parole d’un PS contraint de faire donner la jeune garde, pour faire pièce à un Sarko sortant de son chapeau Rama, Fadela, et caetera.
 
L’intéressant est qu’Hamon est un hybride au parcours peu dans l’air du temps droitisé et aux idées en rupture avec celle de l’ex-candidate maison. Il a débarqué via la rocardie, a travaillé avec Jospin et Aubry. Puis a tenté l’aventure de l’aile gauche avec Montebourg et Peillon. Il a voté non au référendum sur l’Europe, mais ne s’est pas converti à l’ «ordre juste» à l’inverse de ses deux camarades. Il dénonce la tentation sécuritaire des ségolistes, s’interloque de leurs dénonciations de l’assistanat, défend les 35 heures qu’il mit en musique chez Aubry. Et s’étonne que la gauche, après avoir dégluti la couleuvre du libéralisme économique, semble prête à s’enrouler autour du cou le boa constrictor du conservatisme sociétal.
 
L’homme est mince et fibreux. On sent qu’il a du jarret, du nerf, et les muscles comme des dagues affûtées. Il a le ventre plat et l’élégance contrôlée. On ne lui verra pas la liquette qui dépasse et la cravate tire-bouchonnée. Il est en chemise blanche et en pantalon marron glacé qui casse parfaitement sur le soulier. Ni la perfection british d’un Moscovici, ni l’éternel velours noir de Hollande. Une apparence sans chichis, mais sans laisser-aller.
 
Cette allure entre petit marquis et hidalgo cambré, ce cheveu court, ce regard clair, ce goût de la formule et de la joute, feront vibrer le cœur de ces midinettes que sont les télés. Sitôt coincé dans la petite lucarne, Hollande, excellent tribun de salles polyvalentes, voit sa drôlerie se diluer, et le fantôme du radicalisme cassoulet revenir le hanter. Parions qu’Hamon y gardera sa vivacité, son mordant, sa rapidité. Qu’il saura faire oublier l’agressivité de ses harangues qui impressionnent le militant ou le hiérarque mais perturbent le spectateur. Et qu’il prouvera qu’on peut rester maigre sans devenir aigre.
 
De lui, Razzye Hamadi, l’actuel président du MJS et l’un de ses fidèles, dit qu’il est «pugnace». Et que quand il joue au foot, il est capable de «tacler les deux pieds en avant». Dans l’entourage de Hollande, on nuance : «Il pouvait être vachard. Il se patine.» Et on ajoute : «Il est bien assis sur ses convictions. Il est carré et habile, autonome et réglo. Il sent les choses et il bosse, il consulte et il décide.» Ses ennemis se contentent de lever les yeux au ciel, de le renvoyer dans les limbes de son inexistence ou de le pousser en avant pour qu’il se grille aux feux de la rampe.
 
Chez les turfistes roses, à l’heure de la grande déboussolade, on parie sur deux yearlings pour la prise d’un parti de seniors qui peut très bien se cabrer et envoyer valser tout ce jeunisme. Manuel Valls, 44 ans, versus Benoît Hamon, 40 ans. Le maire de Créteil [Évry, correction du blogue], blairiste assumé, contre le noniste de Bruxelles, qui soutient que : «Lorsque la gauche cesse d’être la gauche, la gauche perd.» L’amusant est que ces deux challengers poids mouche ont grandi en Rocardie, province girondine et rétive du PS.
 
Hamon y est venu via la Bretagne et les bonnes sœurs, ce qui va de pair. Sans oublier SOS Racisme qui était une façon comme une autre d’être boy-scout et bon cœur. Cela dit, l’histoire est un peu moins limpide. S’il est breton, Hamon est d’abord brestois, c’est-à-dire frondeur et fonction publique dans des terres longtemps agenouillées devant leurs bons maîtres. S’il a fait ses classes dans le privé, il est fils d’un ouvrier de l’arsenal, pas d’un officier de marine. Et s’il était fier de porter la petite main jaune dans des bahuts où fleurissait les «Touche pas à mon pays», il tenait aussi à remplacer les crucifix par des photos du groupe Baader-Meinhoff.
 
Côté religion aujourd’hui, il explique «C’est peut-être grâce aux sœurs que j’ai appris à ne pas croire en Dieu. C’est peut-être d’elles que me vient mon libre arbitre.» En ces années de formation, il se revoit «peu structuré, fonctionnant à l’énergie, à l’ émotion». Et aussi «pas très porté au respect des institutions en général», assez rétif «aux notions d’ordre». On suspecte quelques remontées de ces irritations à l’énoncé des projets «jupe plissée bleu marine» de Ségolène. Il se souvient aussi du choc culturel ressenti quand il débarque à Paris et qu’il côtoie la jeune rocardie propre sur elle. Il vit ça comme quand il se glissait en douce dans les boîtes de nuit réservée à la gentry brestoise pour draguer les filles des galonnés.
 
Les origines sont à chercher tout à côté, le Breton ayant le voyage en éternel retour. Des paysans de Plougastel-Daoulas, des mécanos et commerçants de Portsall. Cela dit, ça bouge quand même. Une expatriation familiale à Dakar, un collège de frères maristes locaux, pas le lycée français des coopérants. Et, ensuite un divorce qui le voit, aîné, demeurer à Brest auprès de son père quand frère et sœur accompagnent leur mère à Dakar et à Toulon. De 13 à 18 ans, il apprend l’autonomie, l’indépendance. Il évoque cela comme une expérience positive, légère.
 
Jeune, il n’est pas très lecture. Cela lui viendra plus tard: Primo Lévi, Gide, Gary, Cocteau, Gramsci. Il préfère la musique. Exhume trois strates datables au carbone 14. 1) Du hard rock (AC/DC, Trust). 2) De la new wave (Cure, Sisters of Mercy, encore les sœurs.) 3) Du rap. «J’écoute NTM, quand ma nana n’est pas là.»
 
Assez dans le masculin classique, il est aussi très sport. Actif et passif. Ailier de l’équipe de rugby du Parlement et lecteur de l’Equipe. Et regardeur acharné du XV dirigé par le nouveau secrétaire d’Etat, sur un magnifique écran plat, offert pour ses quarante ans. Plasma dans lequel il se noie, au cœur d’un tranquille trois pièces du XIVarrondissement et au grand dam de sa compagne qui s’occupe de cinéma, à la Commission européenne.
 
Au milieu de sa vie, après 20 ans en politique, Hamon reste strictement estampillé «jeune» dans ce vieux monde apeuré et immature. Et l’étiquette le colle d’autant plus en sparadrap qu’il fut chef de jeunes, en un temps où les Alexandre ou les Saint-Just en sont réduits à faire «areuh», consignés dans leur youpala.
 
Avant Hamon qui fit grandir son MJS et plaça ses hommes chez les lycéens de l’UNL et les étudiants de l’Unef, Cambadélis entraîna vers la social-démocratie ses trotskos de l’OCI et Julien Dray pilota la galaxie SOS Racisme et ses satellites («Ni putes ni soumises», la FIDL). Mais c’est comme si «Camba» et «Juju» payaient cette connexion avec les générations montantes d’une infantilisation récurrente, d’un permanent «Mais vous avez bien le temps, votre tour viendra».
 
La tâche de Hamon n’est pas simple s’il veut échapper à cette drôle de malédiction. Jusqu’à présent, il a campé sur ses convictions, sans craindre d’être «mino» (minoritaire) quand d’autres ne pensaient qu’à ne pas manquer le train «majo». Paradoxe, c’est ce qui fait sa force et facilite son ascension.
 
Et dans 10 ans, qu’en sera-t-il ? Seules les bouches d’ombre des poissons qu’il est parti alpaguer en mer d’Iroise, ravi de sa nouvelle canne à pêche, connaissent la réponse.

 
Benoît Hamon en 5 dates
 
26 juin 1967
 
Naissance à Saint-Renan (Finistère).
 
1993-1995
 
Président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS).
 
1997-2000
 
Conseiller de Martine Aubry.
 
2004
 
Député européen.
 
Juin  2007
 
Porte-parole du PS.
 
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31 juillet 2007 2 31 /07 /juillet /2007 08:56
 
Jaurès contre Sarkozy
La politique gouvernementale à la lumière des écrits de cette figure historique de la gauche.
 
Par Gilles Candar, historien, jaurésien, signataire de l’appel Gauche Avenir
Libération : mardi 31 juillet 2007

La commémoration de l’assassinat de Jaurès, le 31 juillet, prend cette année un relief particulier, en raison des nombreuses invocations, sollicitations et références dont il a été l’objet au cours des récentes campagnes électorales, et en premier lieu de la part du candidat élu président, Nicolas Sarkozy.
 
Sans doute peut-on penser qu’il entrait dans cet enthousiasme récent une part de calcul politique, le plaisir et l’intérêt d’élargir sa base et de jeter la confusion chez l’adversaire. Mais pourquoi pas ? C’est un peu la loi du genre, et au fond, si Jaurès devient aussi une référence obligée de la droite, il assure ainsi sa consécration nationale, fait pleinement partie de notre patrimoine commun, et c’est très bien. Nous pouvons même espérer que les choses vont aller plus loin encore, et, qu’au-delà des hommages et des cérémonies, chacun prenne un peu de temps pour entendre la voix de Jaurès, être attentif à ce qu’il a cru, voulu et pensé.
 
Prenons l’actualité de cet été 2007 : réforme fiscale, loi sur la récidive, réforme des universités. Évitons les polémiques faciles, contentons-nous par exemple de feuilleter la collection de La Dépêche, «journal de la démocratie du Midi» comme elle s’appelait si joliment alors.
 
Le 15 avril 1888, Jaurès, qui est encore loin d’être socialiste - il se définit comme républicain et défend l’action de Gambetta et de Ferry -, s’en prend à la réaction qui veut «accroître les impôts de consommation qui pèsent partout, à la campagne comme à la ville, sur les pauvres gens». Il lui oppose son projet : «Nous voulons remplacer l’impôt foncier par un accroissement des droits qui frappent les successions au-dessus d’un certain chiffre» car «nous pouvons demander quelques sacrifices aux capitaux mobiliers ou immobiliers que les générations se transmettent souvent sans les féconder sans les légitimer par leur travail propre».
 
Sans abuser du parallèle historique, au titre de jeu d’été, ce Jaurès, encore bien modéré, aurait-il voté le projet gouvernemental ? L’autonomie des universités ? Un sujet de prédilection pour Jaurès, maître de conférences à la faculté de Toulouse, avant et après son premier mandat de député, et aussi adjoint au maire de Toulouse (1890-1893) chargé de l’instruction publique dans son ensemble, mais en fait d’abord du projet de création d’une université régionale. Jaurès n’a rien d’un centralisateur, et ce défenseur de la «liberté universitaire» (titre d’un article de La Dépêche, 25 juin 1894) va même plus loin que la plupart des républicains de son temps quand il envisage des «expériences» diverses. Rappelons-nous aussi qu’il vit dans un temps où même l’enseignement secondaire reste réservé à une infime minorité, mais cela dit, le fond de sa pensée est bien que la République suppose une démocratie, donc des citoyens instruits. Sa préoccupation est d’assurer l’enseignement du peuple : c’était alors la fonction de l’instruction primaire, aujourd’hui le même objectif suppose un accès généralisé aux universités, qui ne soit pas seulement formel, mais substantiel. C’est toujours l’enjeu des débats actuels.
 
La récidive ? La délinquance ? Des sujets qui deviennent sans doute des questions politiques au temps de Jaurès, avec déjà la fascination pour l’argent facile, la perte des repères, le rôle des médias dans l’exaltation de «bandits tragiques» [la bande à Bonnot, ndlr] en même temps que la surexcitation des peurs. A l’époque, non seulement Jaurès, mais l’ensemble de la gauche se bat pour une justice plus humaine, qui ne soit pas seulement répressive, mais aussi éducative, qui refuse les facilités de l’élimination sociale. Jaurès mena en vain le dernier grand combat parlementaire contre la peine de mort (1908) avant celui que put faire aboutir deux générations plus tard Robert Badinter (1981).
 
Ce n’était pas facile, mais le généreux Jaurès professait aussi qu’il fallait parfois savoir «dépenser sa popularité» en allant à contre-courant de l’opinion, de la mode, «ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe» (lycée d’Albi, discours à la jeunesse, 30 juillet 1903). Il citait Hugo ( «construire des écoles, c’est abattre les murs des prisons») et qualifia un jour le code pénal de «barbare», un mot rare chez lui. Se serait-il reconnu dans le projet de loi défendu par Mme Dati ?
 
Bien sûr, le monde a changé. Jaurès ne donne pas de solutions pratiques à tout. Mais il reste une référence, un inspirateur : nous l’avons bien entendu voici quelques semaines. Et il n’est pas inutile de revenir aux valeurs sur lesquelles il s’appuyait. Nos interprétations seront diverses, des discussions probables. Mais nous sommes certainement nombreux à espérer qu’une politique de gauche moderne, efficace et résolue puisse continuer à faire entendre et à renforcer l’autorité du message jaurésien. Une initiative comme celle de Gauche Avenir n’a pas d’autre ambition que d’y contribuer.
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31 juillet 2007 2 31 /07 /juillet /2007 08:16
Service minimum : le 31 juillet, réagissons !

La CGTappelle les salariés à des rassemblements à Paris, devant l'Assemblée nationale, et devant les préfectures des principales villes de province, le mardi 31 juillet à 14h30.
Le projet de loi sur le service minimum dans les transports sera alors examiné par les députés. Comme en témoignent les derniers amendements déposés par la commission du Sénat en charge du dossier, les transports terrestres sont les cobayes d'une offensive visant à une restrictions généralisée du droit de grève dans notre pays (lire le tract).
 
Service minimum : les députés PS vont saisir le Conseil constitutionnel
 
LEMONDE.FR avec AFP | 30.07.07 | 19h26


e groupe socialiste, radical et citoyen (SRC) à l'Assemblée nationale a annoncé, lundi 30 juillet, sa décision de saisir le Conseil constitutionnel dès le vote du texte sur le service minimum dans les transports publics terrestres, dont les députés commençaient l'examen.

Deux dispositions suscitant aussi la vive opposition des syndicats seront soumises à l'examen du Conseil constitutionnel : l'obligation pour le salarié de se déclarer gréviste 48 heures avant le conflit et l'organisation, au-delà de huit jours de grève, d'une consultation du personnel à l'initiative de l'employeur. Selon le député Alain Vidalies, il s'agit d'"une rupture juridique qui bafoue les principes constitutionnels régissant le droit de grève" .

Lors de l'examen du texte de loi à l'Assemblée nationale, le ministre du travail et des relations sociales, Xavier Bertrand, a expliqué qu'il s'agissait d'"un engagement fort pris par le président de la République lors de la campagne électorale".  Estimant que"le service minimum, ce n'est pas une question de droite ou de gauche, c'est tout simplement une question de service public", il a assuré qu'il n'était pas question "de remettre en cause le droit de grève". Il souhaite avec cette nouvelle loi "éviter au maximum le recours à la grève, éviter la paralysie en cas de grève et éviter aussi l'absence d'informations aux usagers".

Le 19 juillet, après l'adoption du projet de loi par le Sénat, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault avait annoncé des "recours juridiques" et appelé les parlementaires à saisir le Conseil constitutionnel. La journée d'action nationale des syndicats, prévue mardi 31 juillet, ne sera"qu'une étape"  dans la mobilisation contre le texte sur le service minimum, avait alors prévenu M. Thibault.

 

Xavier Bertrand : "La concertation est indispensable" avant l'extension à d'autres transports
Xavier Bertrand s'est dit conscient que "certains auraient souhaité l'extension de ce texte à d'autres modes de transports". Si pour le ministre, "il n'y a aucun tabou", il a souhaité "indiquer que ce texte était prévu pour les seuls transports terrestres". Il a précisé que "la concertation étroite qui a été menée l'a été avec les représentants des transports terrestres". Si le service minimum devait s'étendre aux secteurs aériens et maritimes, "le préalable indispensable est la concertation". - (Avec AFP.)
 
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