Au moment où le pays connaît un fort sentiment de défiance envers les partis, plus de 3 millions de personnes ont pris d'assaut les bureaux de vote, obligeant les organisateurs à recourir à des photocopies de bulletins de vote ou à tenir ouverts les bureaux bien au-delà de l'heure prévue de fermeture. En octobre 2005, plus de 4 millions de personnes s'étaient déplacées pour plébisciter Romano Prodi comme leader de la coalition de centre-gauche aux élections législatives de 2006.
"BON À TOUT PRIX"
L'objectif de ces primaires était encore plus ambitieux : donner naissance à un parti, lui fournir une identité, des instances dirigeantes et un chef doté d'un mandat fort. C'est chose faite. Walter Veltroni a recueilli plus de 2 millions de suffrages, soit plus de 75% des voix, loin devant ses quatre adversaires.
"Le pays est plus en avant que ceux qui le représentent et peut-être aussi que ceux qui le racontent", a reconnu, ému, le maire de Rome, en parlant devant les militants, enthousiastes devant cette "journée mémorable pour la démocratie". M. Veltroni n'a cessé de répéter qu'il s'agissait pour lui du couronnement d'un rêve : réunir les réformistes pour tourner la page d'une politique vécue de façon négative. Le nouveau Parti démocrate se veut le parti des propositions. M. Veltroni s'affiche comme l'homme du dialogue mais aussi des décisions. Sera-t-il aussi un "facteur de stabilité" pour le gouvernement actuel comme il le prétend, ou cette forte poussée populaire finira-t-elle au contraire par le mettre en porte-à-faux à l'égard de l'exécutif de Romano Prodi ?
Les accrochages ont déjà eu lieu au cours de la campagne pour les primaires. Les sujets de la fiscalité ou de la réduction du nombre des ministres ont été des occasions d'échanges virulents entre le chef du gouvernement et celui qui, en 1996, était son alter ego, lors de la victoire de la coalition de centre gauche de l'Olivier. Dimanche soir, les deux hommes étaient côte à côte, illustrant la dualité de la gauche en Italie. Romano Prodi sera, formellement, le président du Parti démocrate. Mais ce nouveau parti, qu'il a si fortement voulu, va lui échapper.
Selon nombre de commentateurs, le nouveau secrétaire sera amené à prendre ses distances à l'encontre du gouvernement pour exister. Certains le soupçonnent d'oeuvrer pour des élections anticipées au printemps 2008. M. Veltroni s'en défend et déclare vouloir soutenir loyalement M. Prodi jusqu'à la fin de la législature prévue en 2011. L'homme s'est vu attribuer le surnom de "buonista", "bon à tout prix". Mais, ces derniers temps, il a paru s'éloigner de cette image. Il avait ainsi fait part de son intention d'aller s'installer en Afrique au terme de son mandat de maire. L'Afrique attendra. A 52 ans, ce journaliste de profession, entré très tôt en politique, devra se frotter à la réalité pour répondre aux attentes exprimées dimanche.
'un est aux affaires depuis 9 ans et l'autre n'a pas quitté les rangs de l'opposition depuis plus de 5 ans mais le Parti social démocrate allemand (SPD) comme le PS ont un point commun. Au creux de la vague, chacun cherche à initier un nouveau cycle. Alors que le SPD réunira son congrès à Hambourg à partir du 26 octobre, le PS qui souhaite "étudier les nouvelles voies qu'élaborent les principaux acteurs de la gauche réformiste de l'Union européenne", a dépêché une mission à Berlin du 11 au 13 octobre. Celle-ci a multiplié les contacts avec des interlocuteurs inquiets et parfois amers. Engagé dans la grande coalition dirigée par Angela Merkel qui a poursuivi la politique d'assouplissement du marché du travail et de redressement des finances publiques engagé par Gerhard Schroeder, le SPD a dégringolé dans les sondages et doit faire face à Die Linke ("La Gauche"), le parti formé par certains de ses transfuges et les héritiers du parti communistes de l'ancienne Allemagne de l'Est. "Ces mesures douloureuses - qui ont contribué à relancer la croissance et l'emploi - ont été imposées sans avoir été vraiment discutées dans le parti", insiste Niels Annen, jeune député au Bundestag qui se réjouit que le SPD "se batte désormais pour l'instauration d'un salaire minimum et une meilleure indemnisation des chômeurs". "Au congrès, nous aurions pu trouver une majorité sur une ligne plus radicale mais le texte proposé parle notre langage. Et puis, ajoute ce représentant de la gauche du parti, il n'est pas question de faire marche arrière."
Pour le député européen Henri Weber, qui conduisait la délégation, les difficultés du SPD imposent de tirer des enseignements en terme de méthode. "La réforme de l'Etat-protecteur ne peut être menée à bien sans avoir au préalable longuement préparé l'opinion, les syndicats et a fortiori, le parti. On ne peut pas passer en force et dans l'urgence", juge-t-il.
SPD ET SALAIRE MINIMUM
Point central du congrès de Hambourg, l'instauration d'un "Etat social prévoyant" - mettant l'accent sur la formation, l'éducation et les services à la population et non seulement sur les dépenses sociales classiques - a fait écho auprès des socialistes français. "Parmi nos propositions, les parcours professionnels sécurisés, la protection sociale professionnelle ou le revenu de solidarité active correspondent à cette notion. Mais pour vraiment se l'approprier, il nous faut la conceptualiser", estime la députée Elisabeth Guigou. L'ex-ministre de Lionel Jospin observe de nouvelles convergences entre socialistes allemands et français. Le SPD découvre l'intérêt du SMIC et insiste plus nettement sur l'Europe sociale alors que le PS s'intéresse aux politiques de l'offre et à la crise de l'Etat-providence.
La mauvaise passe du SPD renvoie les socialistes français à la volatilité de l'électorat. "Comme chez nous, les couches moyennes et les catégories populaires intégrées admettent mal les transferts sociaux au profit des plus défavorisés", constate le député européen Harlem Désir.
Laurent Baumel, responsable national chargé des études, souligne de son côté "la capacité qu'ont les sociaux-démocrates allemands à se définir". Il en veut pour preuve la nouvelle "majorité solidaire" que souhaite forger le SPD : "Une alliance allant du salariat précaire à la bourgeoisie éclairée, fondée sur l'attachement à la justice sociale et à une croissance génératrice d'emplois de qualité alors que, pour le New Labour, tous les emplois se valent."
"UN MÉTRO DE RETARD"
Jean-Luc Mélenchon, qui ne faisait pas partie du voyage - il participera à la mission envoyée en Espagne auprès du PSOE - porte un tout autre regard. "Le PS a toujours un métro de retard ; alors que le SPD s'interroge sur les moyens de sortir de l'impasse sociale-libérale, il se demande s'il doit s'y engager", se lamente le sénateur de l'Essonne qui entretient des liens privilégiés avec Oskar Lafontaine, le président et fondateur de Die Linke. Il craint que "l'état de sidération totale dans lequel se trouvent les socialistes français leur faire perdre de vue que la sociale-démocratie d'Europe du nord, à force de considérer que la question du partage des richesses est secondaire, a accumulé les désastres électoraux". Des critiques qui laissent de marbre le strauss-kahnien Laurent Baumel. "Par rapport au PS, fait-il valoir, le SPD dispose d'un sérieux atout ; son aile gauche joue le jeu et se garde d'instrumentaliser les difficultés du parti".

trois jours du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne, qui se réuniront les 18 et 19 octobre à Lisbonne pour tenter de s'entendre sur un nouveau traité institutionnel, leurs 27 ministres des affaires étrangères ont débattu, lundi 15 octobre à Luxembourg, des derniers obstacles qui bloquent encore la conclusion d'un accord. La présidence portugaise s'est dite "confiante" à l'issue de la rencontre, mais elle a reconnu que plusieurs différends ne sont toujours pas réglés.
ne nouvelle étape dans la longue gestation du Schéma directeur de la région Ile-de-France (Sdrif) commence lundi 15 octobre, avec l'ouverture d'une enquête publique, tandis que l'exécutif de gauche de la région s'oppose vivement à Nicolas Sarkozy et François Fillon sur ce texte. Le Sdrif doit notamment fixer les grandes orientations du développement économique et urbanistique de l'Ile-de-France à l'horizon 2030. L'enquête durera jusqu'au 8 décembre, mais il faudra plusieurs mois avant qu'elle ne soit exploitable et ses résultats versés au débat. C'est l'Etat qui aura le dernier mot, en acceptant ou non de transmettre le schéma au Conseil d'Etat pour validation.
brogation des lois Royer, Galland et Raffarin, mise en place d'une Autorité unique de concurrence, introduction dans le droit français des actions de groupe pour les consommateurs, création avant 2012 de dix "Ecopolis" qui seront autant d'"espaces urbains durables" : la Commission pour la libération de la croissance française, présidée par Jacques Attali, a adopté, jeudi 11 octobre, une première série de propositions qui visent toutes, à des degrés divers, à améliorer le pouvoir d'achat des Français.
J'y vois la trace d'un certain conservatisme. J'avais déjà eu, lors de la discussion sur la Charte de l'environnement, de tels débats avec une frange, qui traverse d'ailleurs tout l'échiquier politique, qui a une dimension réactionnaire.
La première n'est plus il est vrai à son coup d'essai. Sous-secrétaire d'Etat d'ouverture à la politique de la ville, débauchée par Sarkozy pour être placée sous la tutelle de la très catholique Christine Boutin (priez pour nous pauvres pêcheurs), elle vient d'un milieu politique qui sème effectivement la confusion depuis quelques années. Les potes à Juju ont effectivement habitué les connaisseurs à un brassage incohérent d'idées et de stratégie qu'on attend pas à gauche et qu'on ne voudrait même pas voir au sein de la droite républicaine. Venant du trotskysme et de l'agit-prop' antiraciste, ils ont versé depuis 1997 dans l'éloge des valeurs d'autorité, de sécurité et plaide pour les quotas d'immigration que met aujourd'hui en place Brice Hortefeux à la demande de Nicolas Sarkozy. Avec Juju c'était le cercle rapproché de la campagne de Ségolène Royal, de là à dire que la candidate socialiste avait été prise en main par nos NéoCons à nous, il n'y a qu'un pas qu'il me serait assez facile de franchir.
Le second s'est fendu d'un "salopards", mardi matin sur France Inter, pour qualifier ceux qui écrivaient pour souligner les causes de la défaite de Ségolène Royal. Mais c'était un écart de langage momentané et bien que l'on ne puisse être d'accord ni avec cette insulte véritable, ni avec l'intégralité de son argumentation, mais l'essayiste a développé quelques idées qui ont le mérite du débat... D'abord parce que c'est en lien avec le troisième vulgaire de la semaine, il a qualifié de "raciste" Henri Guaino, et son discours pour Sarkozy de Dakar pue tant le paternalisme colonialiste qu'il sera difficile de ne pas lui donner raison. Après tout raciste n'est pas une insulte, c'est un qualificatif fondé sur l'analyse des faits. De même il a qualifié de Maurassien à la fois Guaino et Chevènement. En effet, le nationalisme de ces deux personnages plie toute autre considération au rang d'accessoire. Et c'est là que BHL tient un vrai propos intéressant, sur la campagne de Ségolène Royal et les causes de la défaite - ce qui justifie que l'on analyse en profondeur cette défaite, les erreurs de la campagne et les responsabilités de la candidate... Pour BHL en effet le responsable de la défaite de Ségolène Royal est Jean-Pierre Chevènement ! Durant le printemps 2007 quelques journalistes avaient pourtant pointé la chevènementisation de la campagne de la candidate socialiste : les thèmes d'autorité, de nation et les couleurs du drapeau venant marquer trop fortement la campagne royaliste, perturbant durablement l'électorat de gauche. En cela, BHL rejoint Jospin et la Gauche du Parti socialiste, qu'il veut réprouver pourtant : Ségolène Royal s'est laissée guider par des thématiques mineures qui ne parle pas à la gauche ; entre les amis de Julien Dray et Chevènement s'est mis en marche une machine qui éloigner durablement les discours de campagne des priorités politiques de l'électorat de gauche.
Le troisième enfin, c'est illustré par une attitude méprisante qu'il avait jusqu'ici démontré avec politesse et dédain. Henri Guaino c'est le syndrome de l'éminence grise qui profite de son statut protégé pour mieux expliqué aux autres qu'ils sont cons, que lui a tout compris et qu'il est plus intelligent que tout le monde./http%3A%2F%2Fmedias.lemonde.fr%2Fmmpub%2Fimg%2Flet%2Fq.gif)
