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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis alternativement à Bezons dans le Val-d'Oise et à Massy dans l'Essonne. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. Je suis membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, en charge du pôle "Idées, formation, riposte".
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Gauche Républicaine & Socialiste

21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 13:38

3- Comment permettre le renouvellement des instances du Parti et de ses élus ?

La première des incohérences du PS est de ne pas mettre en application ce qu'il annonce dans son programme législatif. L'un des acquis du dernier congrès en terme de rénovation politique, c'est l'intégration de la règle du non-cumul intégral des mandats parlementaires. Mettre en exergue dans notre programme une telle proposition et afficher devant la société française l'incohérence qui consiste à ne pas se l'appliquer nous est grandement préjudiciable. Malgré l'exemple des tiraillements délicats qu'ont connu nos partenaires écologistes, il faut absolument imposer ce non cumul dans le parti sans attendre qu'il soit une obligation légale. Cette mesure interne aurait déjà pour première conséquence de faire réfléchir sur les conséquences de leur candidature tels ou tels élus locaux, plutôt que de les encourager dans l'accomplissement d'un cursus honorus cumulatif, d'instiller un renouvellement plus fort des élus locaux et enfin sans doute de décourager les quelques personnalités pour qui le parti n'a d'utilité que pour servir leur carrière et leur promotion personnelles.

 

La difficulté sur le cumul entre mandat républicain et responsabilité partisane est qu'il n'est pas légitime ou même efficace de déconnecter les élus locaux ou nationaux de la vie politique de leur fédération départementale ou de leur union régionale. Il est possible d'instaurer un non cumul strict sur la fonction de premier secrétaire fédéral avec des mandats parlementaires, de président du conseil général ou régional, de président de groupe dans les conseils régionaux ou généraux ; on pourra aussi défendre l'idée qu'un élu local cumulant déjà un mandat de maire avec celui de conseiller général ou régional ou président d'un EPCI ne saurait être également secrétaire fédéral. Dans la même logique, la fonction de secrétaire général des unions régionales ne sauraient être dévolues au président du conseil régional ou du groupe au conseil régional.

Dans la plupart des conseils fédéraux, les maires, les conseillers généraux et régionaux, et les parlementaires sont des membres de droit, dépourvu de droit de vote direct ; cela explique qu'ils se présentent également sur les listes de motion. Permettons à ces élus d'être membres de droit avec droit de vote plein et entier des conseils fédéraux et tenons compte à chaque fois de l'importance des élus locaux dans une fédération précise pour définir le périmètre de l'instance fédérale afin que les élus locaux ne pèsent pas excessivement face à la légitimité des votes des motions. Par contre, il faut absolument interdire que ces élus puissent être président d'une des instances fédérales de contrôle (BFA, CFC, CFCF), le risque étant parfois trop grand du conflit d'intérêts.

Le Bureau fédéral accueillerait à la fois les parlementaires, le président du Conseil général ou du groupe et les représentants des motions avec le même droit de vote en prenant garde à l'équilibre entre la légitimité des motions et le nombre d'élus locaux représentés.

À quoi sert un Congrès socialiste ?

Les motions de congrès sont déjà soumises au vote des adhérents avec une liste de signataires candidats aux instances nationales. Définir à l'avance une liste ordonnée et précise de 200 personnes par motion représenteraient peut-être un effort trop brutal dans une première étape de rénovation mais pourquoi pas à plus long terme ?

Le premier secrétaire fédéral n'a pas de rôle précis face au suffrage universel dans un département. Les élections d'exécutif local sont toutes soumises à un scrutin indirect, donc à moins de définir que le premier secrétaire fédéral sera le candidat des socialistes à la présidence du conseil général (ou de la mairie de Paris), ce qui serait extrêmement réducteur, il n'y a pas d'argument électoral qui soutienne le maintien de l'élection directe du premier secrétaire fédéral. Ici nous pourrions revenir à la pratique instituée entre 1993 et 1994 qui fait des délégués au congrès fédéral ou national les électeurs du premier secrétaire de chaque instance.

Dans le contexte actuel, on peut s'interroger fortement sur le rôle réel des délégués fédéraux ou nationaux lors d'un congrès. Aujourd'hui, ils sont spectateurs, soit de la commission fédérale de recollement des votes, soit des bruits de couloir sur le déroulement des débats au sein de la commission nationale des résolutions. Les responsables de motions pourraient tout aussi bien se réunir au restaurant à deux pas de la fédération ou de Solférino pour tirer les conclusions des résultats des votes et éventuellement partager les responsabilités. Aujourd'hui un délégué au congrès n'a aucune prise réelle sur les discours de tribune, les tractations d'alliance entre motion, le congrès se réduit à être une grand messe médiatique, sans doute nécessaire mais qui n'apporte pas de résultats évidents sur la vie du parti.

Rendre aux délégués du congrès le pouvoir de désigner le premier secrétaire national et fédéral redonne un minimum de signification à ce moment de la vie du parti.

Cependant il existe une réelle difficulté que nous avons subie lors de la dernière campagne présidentielle et qu'il nous faut résoudre aujourd'hui pour tenir compte de la réalité des institutions de la Vème République (même si nous avons l'ambition de les réformer).

Le (la) candidat(e) socialiste à l'élection présidentielle doit être en phase avec son parti ; c'est lui qui mène les socialistes à la bataille, c'est lui qui conduit préalablement la réflexion collective sur le projet à défendre devant la société française. Il est donc nécessaire que la question du leadership soit tranchée en amont de l'élection (au moins 1 ans ½ ou deux ans avant), en lien avec les procédures d'élaboration du Parti socialiste. En conséquence, si nous conservons un rythme de congrès tous les deux ou trois ans :

  • le premier secrétaire élu lors du congrès qui suit élection présidentielle est avant tout un organisateur de l'action militante et du débat interne qui sera désigné par les délégués au congrès du Parti socialiste ;

  • le premier secrétaire élu lors du congrès qui précède de deux années l'élection présidentielle doit être considéré comme celui qui sera le ou la candidat(e) du PS à la présidence de la République. Il doit donc en conséquence être désigné au suffrage universel des adhérent du PS et qu'il devra mener le travail d'élaboration du projet présidentiel socialiste avec le plus grand nombre.
    Tous ceux qui voudront prétendre recevoir l'investiture présidentielle du PS devront se présenter comme premier secrétaire, il ne devrait pas être fait de précision sur le fait qu'il y ait qu'un seul candidat par motion d'orientation lors de ce congrès « extraordinaire », mais si les postulants sont motivés par de réelles analyses de fond il devrait naturellement porter à la connaissance des militants ce qui motive leur candidature les uns par rapport aux autres et donc se positionner sur des motions différentes.
    La difficulté est qu'il n'est pas à ce jour envisageable de créer une sorte de comité des sages qui invaliderait le dépôt de motions distinctes s'il apparaissait que les divergences entre certaines motions étaient articificielles.

    [à suivre...]

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21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 13:00
MONTREAL
Royal aimerait un renforcementde la francophonie
NOUVELOBS.COM | 20.09.2007 | 16:47

"Pour certaines élites promptes à épouser les conformismes dominants, la francophonie serait dépassée, hors de la modernité. Quel contresens!" a notamment déclaré l'ex-candidate socialiste.

Ségolène Royal (Reuters)

Ségolène Royal (Reuters)

Lors d'un discours devant une salle comble à l'Université de Montréal, Ségolène Royal a livré, mercredi 19 septembre, un plaidoyer en faveur d'un renforcement de la Francophonie et une lettre d'amour au Québec. Plus d'un millier d'étudiants s'étaient déplacés pour entendre l'allocution de l'ex-candidate socialiste à la présidentielle sur le besoin d'un "nouveau souffle" pour revitaliser la Francophonie.
"Pour certaines élites promptes à épouser les conformismes dominants, la francophonie serait dépassée, hors de la modernité. Quel contre-sens! Je crois, moi, à la modernité de cet espace (...) dessiné par le partage d'une langue et la volonté de la défendre, de la promouvoir, dans le concert du monde", a déclaré Ségolène Royal qui effectue depuis lundi une tournée au Québec.
Elle a dit souhaiter que le prochain sommet de la Francophonie, à l'automne 2008 dans la ville de Québec, "débouche sur des actions concrètes" dont la création d'une "université francophone", d'un "Erasmus francophone" et un "contrat politique" pour "protéger l'environnement".
L'ex-candidate socialiste a notamment fait un lien entre la diversité culturelle, enjeu majeur de la francophonie, et le renouvellement de la gauche en France.

S'inspirer de l'expérience des autres
"Je vais vous faire une confidence : c'est en ouvrant toutes grandes ses portes et ses fenêtres sur l'expérience des autres que la gauche française renouera avec son temps et formulera, à sa manière, une proposition politique en phase avec les attentes actuelles des Français", a affirmé Ségolène Royal.
Elle a dit être "curieuse" de l'expérience québécoise pour actualiser le "modèle social" français et constaté au Québec un "pragmatisme dont la tradition française est moins familière et qui est pourtant (...) une condition de l'efficacité des politiques publiques".
La présidente de la région Poitou-Charentes, au coeur d'une polémique en début d'année en raison de ses propos sur la "souveraineté" du Québec, a salué le "courage" et l'"extraordinaire esprit bâtisseur" de la province francophone.

Devant des ténors du mouvement indépendantiste québécois
"Grâce à votre ténacité, les "quelques arpents de neige" dont parlait Voltaire ont vu émerger une société moderne dont le dynamisme et l'ouverture sont souvent cités en exemple", a-t-elle déclaré devant une salle dont les premières rangées étaient occupées par des ténors du mouvement indépendantiste québécois.
Depuis lundi, Ségolène Royal a rencontré le Premier ministre québécois Jean Charest, le chef de l'opposition Mario Dumont (ADQ, droite) et Pauline Marois, leader des indépendantistes du Parti québécois.
Sa visite au Québec, qui défraye la chronique dans les médias locaux, se termine jeudi.
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21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 11:05

2- Proposer la réflexion et l'innovation permanente 

logopriogauche270x110.jpgLe PS a connu des périodes de travail interne. Il n'est pas impossible de retrouver cette dynamique. En 1995 et 1996, le PS a organisé sous le premier secrétariat de Lionel Jospin trois conventions nationales thématiques qui lui ont permis d'être prêt pour les élections de 1998, finalement anticipées d'un an. Le problème tient dans l'absence de ligne directrice forte et identifiée depuis cette époque. Les majorités qui se sont succédées de 1997 à 2005, dont nous avons presque tous fait partie à un moment ou à un autre n'ont eu de cesse de repousser à plus tard les débats de fond qui se posaient à la doctrine socialiste. Ces débats étaient de nature à éveiller des clivages politiques entre un certain nombre de personnalités de premier plan du PS qui ne le souhaitaient pas pour ménager leurs chances respectives d'acquérir le leadership sur le Parti ou ,entre 1997 et 2002, d'entrer au gouvernement. En ce sens, la législature Jospin s'est accompagnée d'une véritable glaciation intellectuelle socialiste. Avec François Hollande, la culture socialiste a été celle de l'arrondissement des angles, du «moins tu fais de vagues, plus tu surnages», plutôt que de faire apparaître les arrêtes du projet socialiste. Cela a abouti sur fond de flou idéologique mondial à rendre illisible et inaudible les propositions du PS en 2002 et 2007. 

Dans ce contexte, les conventions thématiques – plus ou moins définies sur le modèle de l'ère Jospin – prévues dans la motion A de 2003 n'ont jamais vue le jour, la majorité du Parti ne respectant pas son engagements. La convention thématique s'est trouvée remplacée par le référendum interne sur le TCE, qui n'a eu d'autres résultats que celui de nous diviser profondément et durablement, les positions des uns et des autres ayant été pour une bonne part caricaturées à l'extrême dans un débat binaire. Sur le fond, nous avons connu une perte de temps sans élaboration d'une ligne réellement définie et sans approfondir nos propositions pour la construction européenne. 

Les commissions et les groupes de travail du Parti ont connu une croissance exponentielle : la majorité du PS connaissant un nombre de chapelles et d'écuries importantes, il s'agissait de récompenser telle ou telle clientèle militante, qui n'avait pas pu accéder au Conseil national. Cette logique s'est amplifiée après la synthèse du Mans, puisqu'il fallait désormais intégrer dans la direction nationale les motions 2 et 5, et que le nombre de laissés pour compte de la motion 1 s'était accru en conséquence. Ici comme souvent, le trop plein n'a pas produit de travail cohérent dans un temps aussi proche d'échéances électorales où les jeux de positionnement finissent par être dominant.

L'efficacité et le traitement de la complexité nécessite souvent la concision et les équipes réduites. Les commissions nationales et les groupes de travail n'ont pas besoin d'être innombrables pour fonctionner, mais d'avoir avant tout une feuille de route clairement établie. Entre deux congrès, il est nécessaire de définir à l'avance trois débats thématiques non tranchés par les débats du congrès et de s'y tenir. Le fond doit redevenir notre préoccupation commune de socialiste plutôt que d'être supplanté par la recherche d'une illusoire reconnaissance narcissique. 

Ces conventions thématiques, qui se dérouleraient entre chaque congrès ordinaires, sont également dépendantes du type de débat que l'on souhaite trancher lors d'un congrès ordinaire. 

Les deux objectifs d'un congrès du Parti socialiste sont de définir la ligne politique du Parti et d'en désigner en cohérence les dirigeants. Nous ne pouvons continuer à vivre des congrès qui remettent à chaque fois en jeu les fondamentaux d'un parti de transformation sociale. Que chaque motion soumise au vote des militants développe chacune un projet global de société tend parfois au ridicule, sans que l'identité profonde du Parti, son organisation, son fonctionnement n'en sorte grandement clarifiée. Il est sans doute nécessaire si l'on veut conserver des débats d'idées, pédagogiques et efficients, de réformer les cadres du dépôt des motions prétendant au vote des militants. 

Cela nécessitera un minimum de loyauté et de bonne foi entre nous, mais il n'est pas interdit d'être optimiste de temps à autres. Que le bureau national du PS s'accorde à une majorité qualifiée dont le taux reste à définir sur les trois ou quatre enjeux majeurs sur lesquels une formation politique de gauche doit précisément définir une ligne pour répondre aux besoins de la période et les débats seront intelligible par la majorité des militants qui pourront plus aisément se positionner. Aujourd'hui il apparaît clairement que les enjeux du Parti socialiste tient essentiellement dans la redéfinition d'une doctrine économique pertinente dans un environnement mondialisé. 

Que chacune de ses courtes motions d'orientation soient accompagnées d'un programme d'action national également soumis aux militants, où seraient définis les trois ou quatre conventions thématiques qui pourraient venir compléter la réflexion du parti dans l'attente du congrès suivant ou dans la perspective des échéances électorales (enjeu écologique, nature de l'autorité républicaine, construction européenne, politique internationale, rapports nord-sud, flux migratoires et développement…).

[à suivre...]

 
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21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 11:00

logopriogauche270x110.jpgI- Garantir l'élaboration collective de l'orientation du Parti socialiste 

Comment faire vivre le débat d’idées au PS, texte contre texte et non personne contre personne, dans un contexte «anti-courants» notamment chez les nouveaux adhérents ? 

Aujourd’hui, le système des courants est fréquemment attaqué. Il serait responsable de tous les maux du PS : flou idéologique, écuries présidentielles et guerre des chefs, sclérose du parti… 

Attention ! Ne nous laissons pas intimider par les offensives quelques peu démagogiques et populistes du moment. Devant des militants relativement récents, qui n'ont pour référence que l'image donnée par les médias du PS depuis plusieurs années et la course à la désignation de l'automne 2006, il est assez facile de jeter le bébé avec l'eau du bain et d'accuser son chien d'avoir la rage pour l'achever. En l'occurrence, il s'agit de refuser d'assumer les erreurs de la campagne en mettant en cause le fonctionnement interne PS pour expliquer la 3ème défaite consécutive (ce type de prétexte et de conclusion n'existe pas dans les autres parti sociaux-démocrates pourtant). 

Passons dans la proposition plutôt que dans la condamnation :
Quel système permettrait à la fois d'élaborer collectivement l'orientation politique du Parti et de désigner en cohérence ses dirigeants et ses candidats ?
 

Rappelons au passage que la seule période durant laquelle le socialisme français ait rompu avec la proportionnelle et fonctionnement en tendance, sur proposition de Léon Blum mais appliqué par Guy Mollet, de 1946 à 1966, fut un désastre pour notre famille politique : scissions multiples, perte de substance idéologique et programmatique, faillite stratégique, déclin électoral… 

La transformation des courant en écuries découle essentiellement de la présidentialisation du PS et du manque de courage politique des sensibilités qui soutenaient nombre de candidats potentiels à l'investiture du PS : Socialisme & Démocratie, les amis de Laurent Fabius jusqu'en 2004, Réfomer, etc. sont autant de chapelles qui ont préféré se fondre dans une même motion pour neutraliser leurs adversaires potentiels jusqu'à 2006 et ne pas avoir à s'exposer sur des clivages forts donc risqués. On en voit les conséquences sur la présidentielle de 2007 et plus durablement depuis 1997 avec l'absence de réflexion profonde du PS sur des débats fondamentaux et l'absence de renouvellement idéologique pourtant nécessaire avec l'évolution de l'environnement national, européen et mondial surtout du point de vue des dossiers économiques et sociaux. 

Quoi qu'on en pense il n'est pas possible de faire le même reproche aux minoritaires dans le Parti depuis 1997 et surtout 2003 ; in fine, aucun candidat potentiel à l'investiture du PS en 2006 ne figurait parmi les signataires des motion C et E du congrès de Dijon. 

1- Le principe des motions et de la synthèse s'oppose-t-il à un victoire socialiste ? 

Dans sa mouture de Villepinte le pacte présidentiel n'était pas si éloigné du projet des socialistes, issus de la motion de synthèse, des États-Généraux du Projet socialiste et des négociations marathon du bureau national. Mais médiatiquement le Pacte présidentiel fut peu analysé, passant derrière l'analyse des sondages réalisés au moment de sa déclamation ; l'équipe de campagne de Ségolène Royal en a profité pour naviguer à vue, développer des arguments en fonction de l'air du temps et finalement mener campagne sur des thématiques soit mineures, soit en décalage complet avec le projet socialiste et les attentes de l'électorat (il n'est donc pas juste de dire que l'influence de la gauche du PS sur le projet socialiste serait la cause de la défaite puisque ses propositions n'ont pas réellement été mises en avant par la candidate). 

En soi, on peut partager une partie de l'argument sur les effets stérilisants de la synthèse du Mans. Le texte de départ était déjà invertébré politiquement, fruit d'un compromis laborieux et d'une volonté partagée de taire tout clivage majeur entre différents postulants à l'investiture présidentielle (Hollande, Royal, Strauss-Kahn, Jospin, Aubry…), que beaucoup pouvait séparer, mais la motion 2 a accepté la synthèse dès le début de la commission des résolutions sans amender le texte de la motion 1 (pour des raisons finalement comparables au compromis présidant à l'élaboration de la motion 1) et bien que la motion 5 ait obtenu des avancées notoires de la part de la commission des résolutions, on peut toujours s'interroger sur la pertinence stratégique d'avoir finalement accepté une synthèse dans le contexte d'un vaste marché de dupes… Sans rejoindre les scissions portées par Arnaud Montebourg et Gérard Filoche, bien des camarades de NPS sont restés dubitatifs sur le choix de novembre 2005. 

L'intégralité des partis socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes européens fonctionnent avec une majorité interne qui donne la ligne et une opposition, ce n'est pas en soi une dérive inéluctable avec le social-libéralisme. Reconnaissons pour le déplorer que les gauches des partis en question n'ont pas réussi à faire valoir la pertinence de leurs arguments, parfois aussi parce qu'elle était trop faible, alors que les tenants d'une ligne blairiste ont pu pendant un temps revendiquer la cohérence de leurs propositions et l'efficacité de leur stratégie. Ce moment politique s'éteint désormais mais le problème reste entier pour les partisans de réelles organisations politiques de transformation sociale. C'est l'ensemble de la sociale-démocratie mondiale qui doit réviser son analyse et ses propositions face à l'obsolescence visible de ses outils traditionnels. 

Une chose est sûre c'est que dans l'opposition, un parti n'a aucun autre ministère que celui de la parole ; il ne peut donc être audible que si cette parole est cohérente et répétée. L'efficacité pose donc le problème du sort qui est fait à la minorité d'un parti, et de l'espace qui lui est octroyé pour qu'elle s'exprime sans donner l'impression qu'il y aurait une division profonde de l'appareil qui nuirait à la crédibilité de l'ensemble. Donc s'il n'y a pas de synthèse à l'issue d'un congrès, il faut définir quelles sont les garanties de maintien de la démocratie interne et sans doute multiplier les rendez-vous de débats et construction thématique entre chaque congrès qui permette d'élaborer collectivement les propositions du parti dans le respect de la ligne majoritaire. Cela dépend également de ce que l'on demande (et comment ?) aux militants de trancher à l'occasion d'un congrès ordinaire (nous y reviendrons). Plus largement il y a nécessité de plaider une véritable évolution des comportements personnels chez les responsables socialistes, qui ne sont pas plus les uns que les autres disciplinés tant qu'un micro leur est tendu. Les médias jouent de ces comportements et il sera difficile de leur demander de devenir plus sages avec nous.

[à suivre...]

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21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 10:03
 
Contribution à l'atelier "Réinventer le PS" de la rencontre militante du 22 septembre pour réinventer la gauche 
logopriogauche270x110.jpg

Intro :
Un parti qui vit mal le décalage entre les institutions actuelles et ses valeurs démocratiques

Le Parti socialiste doit-il céder à la présidentialisation ?

Le PS est confronté à une contradiction politique majeure. Son idéal et le mode de fonctionnement qui lui est naturellement associé le conduise à défendre une vision parlementaire et proportionnelle de la vie démocratique nationale et partisane. A contrario, les institutions de la Vème République – et plus encore depuis l'inversion du calendrier en 2000 et l'accession à la présidence de Nicolas Sarkozy en 2007 – poussent à la présidentialisation et sur la personnalisation du régime politique.

Bien que les élections législatives de 1997 – anticipées sans véritable justification – aient permis à la gauche d'accéder au pouvoir, le PS ne peut abandonner la course à la présidence de la République ; la concentration d'un certain nombre de pouvoir y est telle que nombre de réformes majeures ne peuvent se faire qu'avec l'occupation de l'Élysée par un socialiste. La difficulté tient également dans le fait que les deux présidences Mitterrand n'ont pas constituer une véritable rupture dans la manière d'exercer le pouvoir et n'ont pas permis de renforcer la parlementarisation du régime.

Dans ses conditions, il est naturel que dans le PS s'expriment des opinions visant à mettre en phase nos discours avec la réalité. Que ce soit Jack Lang ou François Rebsamen, cette tendance est clairement affirmée, même si elle est aujourd’hui minoritaire (et encore). Nous ne pouvons pourtant pas céder sur nos principes démocratiques fondamentaux, le prochain ou la prochaine candidat(e) socialiste à l'élection présidentielle devra s'engager à mettre en œuvre une profonde réforme de nos institutions, qui l'apparente à l'instauration d'une VIème République… Autant qu'il s'agira de la perle rare, dotée d'une profonde abnégation, car la personne qui ainsi choisira d'abdiquer la plus grande partie du pouvoir exécutif en faveur du gouvernement responsable devant le parlement, le fera après 5 années d'hyper-présidence Sarkozy.

Cependant, il est vrai que le PS doit prendre en compte la réalité pour se donner le maximum de chances d'accéder de nouveau au pouvoir. Cela passe aujourd’hui immanquablement par l'élection présidentielle, car du fait des choix politiques réalisés entre 2000 et 2007, une dissolution de l'Assemblée nationale portant au pouvoir l'opposition de gauche paraît peu probable. L'analyse des campagnes présidentielles de 2002 et 2007 doit nous conduire à faire des propositions cohérentes pour ne pas reproduire les erreurs qui ont conduit à deux échecs présidentiels sur les trois consécutifs.

Avouons sans détour et sans pour autant cautionner les conclusions qu'en tirent Ségolène Royal et ses amis, que la dichotomie entre la candidate et le Parti et son programme ont posé problème… Il n'est pas de la seule responsabilité du PS puisque la stratégie de Ségolène Royal a consisté à peser sur la désignation de l'extérieur en profitant d'une modification profonde et non préparée des modalités d'adhésion au PS quelques mois avant la désignation du (de la) candidat(e).

Mais il apparaît clairement quelques enseignements suivants :

  1. dans un contexte où le premier secrétaire n'était pas le candidat du Parti à la présidentielle et ne s'est pas présenté pour obtenir son investiture, la candidate socialiste a été désignée tardivement avec une procédure de débat qui aurait pu handicaper par la suite n'importe lequel des trois candidats ;

  2. le projet socialiste a été élaboré avant la désignation de la candidate, les débats ne pouvaient donc porter sur le projet présidentiel sauf à se distinguer du programme socialiste, ce qui était risqué dans un sens comme dans une autre ; la part d'image et de sondages ne pouvait également être que prédominante dans un tel contexte ;

  3. le projet socialiste a lui-même été bâti tardivement à partir d'une synthèse virtuelle lors du précédent congrès – non pas que les amendements qui furent intégrés à la synthèse finale du Mans furent de portée mineure, mais que les tenants des motions 1 et 2 n'ont pas forcément voulu réellement cette synthèse accepté à contre cœur dans le but de donner une image de rassemblement à la vieille de l'échéance présidentielle. Les principaux dirigeants du PS n'ont pas fortement participé aux débats qui ont précédé l'élaboration du PS ou sur des questions de détails ;

  4. La démocratie participative a été largement dévoyée dans la première phase de campagne pour justifier des marges de manœuvres vis-à-vis du projet socialiste. Pourtant dans sa mouture de Villepinte le pacte présidentiel n'était pas si éloigné du projet initial, mais passant plus ou moins inaperçu, l'équipe de campagne de Ségolène Royal en a profité pour naviguer à vue, développer des arguments en fonction de l'air du temps et finalement mener campagne sur des thématiques soit mineures, soit en décalage complet avec le projet socialiste et les attentes de l'électorat (il n'est donc pas juste de dire que l'influence de la gauche du PS sur le projet socialiste serait la cause de la défaite puisque ses propositions n'ont pas réellement été mises en avant par la candidate).

Dans ces conditions, le PS doit désormais éviter deux contre-exemples :

  • Celui du Parti démocrate américain qui au niveau national et présidentiel limite essentiellement son rôle à la sélection des candidats à la présidence de l'Union, le programme politique se faisant depuis l'extérieur sous l'influence de lobbies très organisés (et qui parfois défendent de réelles positions politiques), parfois en fonction du poids financier de ses lobbies et dépendent essentiellement des arbitrages que feront les équipes de campagne du (des) candidat(s) en cours de campagne électorale, sans qu'il n'y ait jamais de réelle validation politique par les militants, réduits au rôle de supporters et de bénévoles ;

  • Celui du Parti radical français qui s'est replié sur ses bastions électoraux locaux après avoir longuement pesé sur les destinées nationales, pour avoir renoncé à toute volonté de transformation sociale, de construction d'une base militante réelle, composés essentiellement d'élus locaux et fonctionnement quasiment par cooptation.

La Gauche du PS doit donc désormais adapter son discours politique aux nouvelles réalités du système français tout en conservant ses objectifs majeurs :

  • il faut continuer la promotion d'une VIème République plus parlementaire et plus sociale et peser de tout notre poids pour que le prochain candidat socialiste à la présidentielle prenne des engagements clairs et publics en ce sens. Dans le même ordre d'esprit, nous devons poursuivre notre travail de rénovation des pratiques politiques, des comportements publics et l'approfondissement de la démocratie partisane ;

  • le candidat socialiste à l'élection présidentielle doit être en phase avec son parti ; c'est lui qui mène les socialistes à la bataille, c'est lui qui conduit préalablement la réflexion collective sur le projet à défendre devant la société française. Il est donc nécessaire que la question du leadership soit tranchée en amont de l'élection (au moins 1 ans ½ ou deux ans avant), en lien avec les procédures d'élaboration du Parti socialiste.

    [à suivre...]

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18 septembre 2007 2 18 /09 /septembre /2007 15:48

Benoît Hamon : Royal "donne du crédit" aux propos de Jospin
NOUVELOBS.COM | 18.09.2007 | 14:34

Invité des forums de nouvelobs.com, le jeune député européen, considéré comme une figure montante du PS, revient sur la polémique entre les deux derniers candidats PS à la présidence.

Benoit Hamon

Benoit Hamon (AFP)

Invité de nouvelobs.com, le député socialiste européen Benoît Hamon a regretté, mardi 18 septembre, la polémique autour du livre de Lionel Jospin et ses critiques à l'égard de Ségolène Royal, estimant toutefois qu'à "observer la réponse d´outre-Atlantique de Ségolène Royal, [il se] demande si elle ne vient pas donner du crédit aux critiques formulées" par l'ancien Premier ministre. L'ex-candidate à la présidence à cité lundi un passage du Nouveau Testament, "pardonnez-leur parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils font", pour justifier le "pardon" qu'elle octroie à ses détracteurs.
"J´attends du PS qu´il redevienne un parti laïc, ni idolâtre, ni arc bouté dans le tout sauf Ségolène", a souligné Benoît Hamon.

"Une crise morale"

Le député PS a par ailleurs affirmé sa "confiance" dans la rénovation du Parti socialiste à un moment où, compte tenu de la politique menée par Nicolas Sarkozy, "il n´a jamais été aussi simple d´être de gauche". "En réalité, le PS traverse plus qu´une crise politique (quel projet servons-nous, quelle utilité? etc.), il est confronté à une crise morale", a-t-il souligné.
"Je plaide pour une gauche qui revienne à l´essentiel, la lutte contre les inégalités et la marchandisation croissante de la société", a précisé Benoît Hamon.

ADN

Interrogé en outre sur la mise en place de tests ADN pour les étrangers désireux de bénéficier du regroupement familial, Benoît Hamon a répondu y être "totalement opposé philosophiquement (la famille ce n´est pas seulement le lien du sang) et politiquement (on stigmatise un peu plus les immigrés quand chacun sait que le regroupement familial facilite l´intégration)."

> Lire l'intégralité du forum
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18 septembre 2007 2 18 /09 /septembre /2007 08:39
 

 

"Le racisme est une idéologie basée sur une croyance, qui remonte à la Renaissance et postule une hiérarchie entre les êtres humains selon leur origine ethnique, qui est alors parfois dénommée «race». Plus généralement, le racisme désigne la croyance que les différences biologiques innées conditionnent inévitablement l'accomplissement culturel et individuel. Le racisme peut alors se traduire par des actes d'hostilité ou de discrimination envers les personnes selon leur origine ethnique, et prendre la forme de xénophobie ou d'ethnocentrisme.

Certaines formes d'expression du racisme, comme la discrimination, sont considérées comme des délits dans un certain nombre de pays, notamment occidentaux. Les thèses racistes ont servi de support à certaines idéologies politiques pour pratiquer des discriminations sociales, des ségrégations ethniques et commettre des violences, dont des actes de génocides."

 

Voilà donc la maison des socialistes qui s'enfonce dans la folie suicidaire, en pleine rentrée parlementaire et alors que le gouvernement de Nicolas Sarkozy accumule clairement l'annonce d'attaques frontales et massives sur le modèle républicain : stigmatisation des bénéficiaires des régimes spéciaux après avoir servi grassement les classes favorisées du pays, 6e projet de loi sur l'immigration et le regroupement familial en six ans, rupture inquiétante sur la politique diplomatique de la France, etc.

jospin.jpgBref hier le bouquin de Lionel Jospin a plombé la journée parlementaire des socialistes. Ce n'est pas tant que les propos publiés dans Libération soient faux ou infondés, mais les fuites organisées (je ne vois pas comment il aurait pu en être autrement), pour que des extraits particulièrement polémiques paraissent avant la publication de L'Impasse, ont relancé une guerre des ego qui avaient fortement occupé l'été et qui semblait avoir trouvé un terme lors de l'université d'été de La Rochelle.
Valls.jpgDepuis malgré les sorties fracassantes de Manuel Valls, plaidant pour un alignement toujours plus grand des socialistes sur la politique mise en oeuvre par Sarkozy et l'UMP, le Parti socialiste, jusque dans ses écuries, semblait vouloir retrouver une posture plus saine et de travail, malgré quelques interrogations sur la manière de concevoir et de mener une stratégie d'opposition efficace et utile au pays.

La difficulté majeure du Parti socialiste réside cependant dans le report constant de débats cruciaux, de désaccords internes, qu'on dit ne pas avoir voulu traiter depuis 2002 mais dont l'ignorance remonte en fait à 1997, date de l'arrivée de Lionel Jospin à Matignon.
Le débat sur la rénovation et la refondation est en train de tuer tous les autres, plus fondamentaux pour l'identité de la gauche et l'avenir de la France et de l'Europe. Les royalistes ont plaidé pour l'abandon des motions sans nous dire quelle serait la nouvelle manière de définir l'orientation politique du PS, de trancher ses débats internes et de désigner sa direction. Nous avons eu le défilé des nouvelles têtes médiatiques, parfois au corps défendant de certains protagonistes annoncés par les médias comme potentiels futurs possibles premiers secrétaires. Et Arnaud Montebourg a inventé des nouvelles catégories au bestiaire socialiste, qui après les éléphants et les gazelles, n'avait sans doute pas besoin d'un ridicule supplémentaire. Et puis on avait appris que la refondation sociale-démocrate passait par l'acceptation de l'économie de marché, à laquelle les socialistes auraient enfin accédé fin août, alors qu'ils sont tous partisans depuis 1983 (pour les plus retardataires) de cette même économie de marché.
Opposant interne à la ligne politique droitisante de Ségolène Royal, le
député européen Benoît Hamon mettait en garde hier «Il ne faut plus être dans l’idolâtrie à l’égard de la candidate, ni résumer la rénovation du PS à un delanoe.jpgfront anti-Royal.» Sorte de plaidoyer pour une zone politiquement démilitarisée entre les deux parties. Bertrand Delanoë qui avait réuni les jospino-aubrystes ce week-end à Paris pour le mettre en orbite sur le Parti et 2012 était lui-même gêné sur les fuites à contre-temps de l'analyse de son ami et maître en politique, alors qu'il avait plutôt réussi sa rentrée. Et Ségolène est venue elle-même achever de refuser d'écouter les mises en garde depuis Québec en dérapant derechef : «Je crois aussi malheureusement qu'il y a, et peut-être est-ce aussi inconscient, dans toutes ces attaques, du sexisme et à le voir à ce point aussi fort, j'en suis moi-même surprise, je pense qu'il s'apparente au racisme» ; on savait Georges Frêche un peu raciste sur les bords, machiste sans aucun doute, et soutien de la première heure de Ségolène Royal, mais que Lienneman, Jospin, Allègre et Bartolone soient qualifiés de racistes par leur camarade, démontre à quel point celle-ci n'est pas fait d'un bois différent que tous ceux qu'elle dénonce.
Pour en finir avec les citations mal à propos, Jésus-Christ était lui-même instrumentalisé dans une reprise qui fera sans doute date en politique :  “pardonnez-leur parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils font”.

segoleneboisclair.jpgLe problème des socialistes est que finalement Lionel Jospin et Ségolène Royal, ainsi que leurs groupies inconditionnels, représentent tous deux les moitiés d'orange de la faillite intellectuelle et idéologique du socialisme français (il n'y a pas de raison que je ne puisse pas paraphraser les philosophes grecs quand d'autres citent l'évangile, ou alors "rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu") : tous deux ont pratiqué le déni de réalité et d'analyse sur les raisons profondes de leurs échecs respectifs, tous deux rejettent la responsabilité de cet échec sur les autres - nos partenaires selon Jospin en 2002, le Parti socialiste selon Royal en 2007. Tous deux ont refusé de voir ce qu'il y avait de personnel dans les raisons de la défaite, alors qu'elle impliquait à chaque fois un naufrage collectif comme conséquence, tous deux ont dénié les erreurs d'analyse de la société française et les décalages entre les attentes réelles du pays et le fond de leurs propositions - absence de programme en 2002, tryptique étrange "Ordre juste - refus de l'assistanat - valeur Travail (indéfinie)" en 2007. Et si finalement si la charge de Jospin sur Royal est si violente, c'est qu'en étant pas moins juste elle répond à la fois au refus de Ségolène Royal et de ses amis de faire vraiment le bilan critique de la campagne de 2007, et elle résonne aussi comme le même refus pour Jospin lui-même sur 2002. On est jamais tant agressif que quand on est soi-même gêné.

Alors il est temps de mettre un terme aux élucubrations de part et d'autre : le Parti socialiste manque avant d'une doctrine économique cohérente (et pas simplement l'accompagnement du libéralisme et l'acceptation des thèses et analyses de l'adversaire), réellement transformatrice ainsi que d'une stratégie politique bien définie. Lionel Jospin et Ségolène Royal ne font aujourd'hui oeuvre utile pour remplir les manques ni de l'une ni de l'autre. Tournons la page...

Frédéric FARAVEL

 

 
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17 septembre 2007 1 17 /09 /septembre /2007 10:52
Jospin flingue Royal
Reuters 
Dans un livre que «Libération» s’est procuré avant sa parution, l’ex-Premier ministre charge la candidate socialiste défaite à la présidentielle.
Par PAUL QUINIO
Libération : lundi 17 septembre 2007
 
«N’allons pas plus loin.» S’il fallait choisir une phrase pour résumer le livre l’Impasse, que Lionel Jospin s’apprête à publier le 24 septembre chez Flammarion (1) et que Libération s’est procuré (lire ci-dessous), ce serait celle-là. Elle surgit après 88 pages d’une charge ininterrompue, sonne comme une ultime piqûre venimeuse de rappel contre «une personnalité [qui] n’a pas les qualités humaines ni les capacités politiques» nécessaires pour remettre le Parti socialiste en ordre de marche et «espérer gagner la prochaine présidentielle». C’est évidemment de ­Ségolène Royal dont parle l’ex-Premier ministre, dont l’obsession manifeste au fil des lignes est de démonter ce qu’il considère être «un mythe», de dénoncer une candidature-créature des sondages et des médias, une erreur de casting, «une candidate qui était la moins capable de gagner», et, surtout, «une illusion»
qui ne doit pas se prolonger.
 
Car l’objectif de l’Impasse est bien d’essayer de convaincre le PS et ses militants de ne pas récidiver en confiant à l’ex-candidate à la présidentielle les clés de la rue de Solferino lors du prochain congrès du PS, encore moins de lui fournir un deuxième visa de candidate à l’Elysée. Car, selon Jospin, malgré son aplomb et son courage, Royal, «une figure seconde de la vie publique», n’est «pas taillée pour le rôle». «Avoir commis une erreur [en la désignant] ne justifie pas qu’on la réitère», avertit l’ex-candidat, pour qui les raisons profondes de l’échec - c’est le titre d’un chapitre - tiennent à la personnalité de son ancienne ministre, à son style de campagne, à ses choix politiques.
 
Cible.  Lionel Jospin n’est pas le premier socialiste à attaquer en librairie Ségolène Royal. La rentrée politique chez les socialistes a même été une sorte de compétition pour figurer en tête de gondole des meilleurs pamphlets antiroyalistes. Mais Jospin n’est ni une caricature à la Claude Allègre ( la Défaite en chantant, chez Plon), ni un graphomane post­défaite à la Marie-Noëlle Lienemann ( Au revoir Royal, chez Perrin), pour ne citer que deux ouvrages déjà parus et prenant pour cible l’ex-candidate.
 
Lionel Jospin a été un premier secrétaire important du PS, un Premier ministre performant pendant cinq ans et deux fois candidat à l’Elysée. Flirtant avec un succès surprise en 1995. Sombrant sept ans plus tard, un certain 21 avril. Autant dire qu’il reste une fi­gure historique du socialisme à la française, avec ses succès, son échec, dont l’avis continue de peser très lourd. «J’ai quelques titres [à m’exprimer] sans détour», écrit-il dans son introduction, en rappelant au ­passage son CV de seul leader socialiste avec François Mitterrand à avoir conduit la gauche à la victoire depuis cinquante ans. Assurant, toujours en introduction, écrire «en homme libre», pas animé par l’ambition, mais juste inquiet pour l’avenir de son parti, Jospin, comme souvent, se drape derrière «le devoir» pour justifier sa décision «de dire franchement» tout le mal qu’il pense de Royal. L’ancien Premier ministre assume d’autant plus la violence de sa charge qu’il estime avoir voulu, en n’écartant que tardivement l’idée de sa propre candidature, tirer la sonnette d’alarme et manifester sa «crainte». En vain.
 
Critique.  Mais au fait, que lui reproche-t-il au juste ? Passons d’abord sur les précautions d’écriture dont use Jospin pour se défendre de toute misogynie. Il aurait pu s’en passer. D’autant qu’elles fournissent l’occasion de s’interroger sur l’utilisation, façon lapsus, d’un savoureux imparfait : Ségolène Royal, à ses yeux, n’était pas en mesure de l’emporter, «non pas parce qu’elle était une femme, mais parce que j’avais pu me faire une idée assez exacte de ses qualités, notoires, et de ses insuffisances, réelles». Femme, Ségolène l’est toujours, Lionel. Et toujours vivante…
 
Retenons plutôt la critique sur la mise à distance par Ségolène Royal du PS. C’est, pour Jospin, «une lourde erreur, pour un leader, que de laisser décrier sa propre formation politique», tant les partis, avec leurs défauts, sont indispensables à la vie démocratique. Jospin argumente son propos en dénonçant le statut de victime des éléphants sur lequel a surfé la candidate. Il en veut à Royal d’avoir alimenté un discours antiélus et antiélites, «leitmotiv [qui] appartient d’habitude à l’extrême droite ou aux mouvements populistes». Il brocarde les jurys citoyens chers à Ségolène Royal, fait la différence entre sa version «démagogique» de la démocratie participative et la pratique des conseils de quartiers de son ami Bertrand Delanoë (lire ci-contre) à Paris. Il reproche à l’ex-candidate ses inspirations sur la carte scolaire ou la sécurité, peu en phaseavec les valeurs classiques de la gauche, et qui relevaient plus à ses yeux de «l’art de communiquer que de celui de gouverner».
 
Une fois désignée, Ségolène Royal aurait commis l’erreur, «enfermée dans un face-à-face narcissique avec l’opinion», de refuser la confrontation «sur le fond» avec son adversaire principal, Nicolas Sarkozy. Sur l’identité nationale, ses captations d’héritage (Blum, Jaurès…) ou son discours sur la valeur travail. L’aurait-elle voulu qu’elle n’aurait pas pu, tant, pour Lionel Jospin, l’ex-présidente de la région Poitou-Charentes a démontré depuis son entrée dans la vie politique peu d’appétit et de «talent» pour le débat d’idées et la controverse .
 
L’auteur ressert là encore la comparaison, défavorable, avec François Mitterrand. L’une se serait abîmée dans la médiatisation. L’autre «aimait d’abord, vivement, la politique et ses enjeux». Et, à la veille de l’échéance, estime Jospin, bien malin qui aurait pu connaître le point de vue de la candidate socialiste sur les grands problèmes du pays, moins encore sur ceux du monde. Parmi les exemples surlignés des «improvisations» royalistes : le voyage en Chine et «les propos de touriste» de la candidate sur la justice chinoise.
 
Au final, c’est à l’absence de crédibilité de la candidate sur le fond que s’en prend l’auteur, à sa volonté d’aller sur le terrain idéologique de l’adversaire, à sa manière de mettre en scène, seule au monde, sa soi-disant relation particulière avec les Français.
 
Mais l’Impasse ne serait pas un livre 100 % jospino-jospiniste sans un dernier reproche : Royal ne s’est pour l’auteur pas suffisamment appuyée sur les succès des années… Jospin. Pour lui, il aurait été pertinent de vanter les mérites de la période 1997-2002 et «de la prendre comme un socle, pour aller plus loin», pour soutenir la comparaison avec les gou­vernements Raffarin et Villepin, dont Sarkozy était un ­ministre emblématique. «Ségolène Royal n’a pas fait ce choix. Par hostilité à mon égard ? Je ne saurais le démêler», s’interroge Jospin. Royal, elle, pourra démêler l’hostilité de l’auteur sans difficulté.

(1) L’Impasse de Lionel Jospin, Flammarion (coll. Café Voltaire), 142 pages, 12 €.

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16 septembre 2007 7 16 /09 /septembre /2007 10:27
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16 septembre 2007 7 16 /09 /septembre /2007 10:21
PARTI SOCIALISTE FOSSES
MUNICIPALES MARS 2008


Alain Lacombe vient de faire part de sa démission en tant que Maire, après 25 années passées à la tête de notre ville.
Depuis plusieurs mandats, nous avons travaillé ensemble. Un objectif nous a toujours guidés et unis : une gestion de gauche pour le bien être des fossatussiennes et fossatussiens, dans le cadre des objectifs et des engagements pris devant les électeurs en 1989, en 1995 et en 2001.

Nos engagements respectifs allaient normalement jusqu'à la fin de ce mandat, en mars 2008. Le Maire a décidé de rompre ces engagements et d'imposer son successeur.
Cette succession auraient dû se préparer il y a de nombreux mois en cherchant un consensus le plus large possible. La méthode et le choix voulus par Alain Lacombe écartent la population - et les futur(e)s candidat(e)s - du choix de leur tête de liste et donc de leur futur maire.
Cette décision n'a le soutien que d'une partie du groupe des élus de la majorité municipale, et les socialistes ne se reconnaissent pas dans ce choix. Nos concitoyens, le personnel de la Ville et nos partenaires locaux sont déstabilisés par cette annonce qui apparaît comme la volonté d'Alain Lacombe de défendre un clan.
Elle ne reflète pas les réalités électorales exprimées lors des derniers scrutins de 2007. Elle n'est pas au service de l'ensemble de la population.
C'est le contraire d'une démarche de rassemblement.

La position des socialistes est claire.
Dans ce contexte, nous ne soutiendrons pas la candidature de Pierre Barros lors du conseil municipal du 19 septembre 2007.
En conséquence, les adjoints au maire socialistes et apparentés (Éric Vaillant, Marc Mauvois et Claudine Auvray) ont décidé de ne pas solliciter le renouvellement de leurs fonctions d'adjoints au maire.

Notre volonté de rassemblement est affirmée.
La véritable succession d'Alain Lacombe aura lieu en mars 2008. Le Parti socialiste y prendra toute sa part, et c'est à cette occasion que se reconstituera une véritable équipe, soudée autour d'un projet. Nous voulons créer les conditions d'un vaste rassemblement de toute la gauche en vue des prochaines élections municipales.
Nous voulons maintenir notre Ville à gauche.
Nous voulons apporter le renouvellement et le changement nécessaires au sein de l'équipe municipale, pour qu'elle soit plus représentative de notre Ville.
Nous voulons, avec une gauche rassemblée, vous proposer les évolutions indispensables, notamment en matière de sécurité, d'urbanisme, d'environnement, d'actions sociales, de fiscalité... pour agir au quotidien auprès des habitants, préparer avec vous l'avenir de Fosses.

Nous avons l'ambition d'améliorer notre cadre de vie et de faire progresser notre Ville avec vous.

pour prendre contact : parti.socialiste.fosses@hotmail.fr
blog de la section socialiste du canton de Luzarches :
http://ps-plainedefrance.over-blog.com
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