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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 13:24

israel-palestine-les-artisans-de-la-paix-1Ce matin, le Sénat a adopté à son tour une résolution demandant que la République Française reconnaisse l'Etat de Palestine à 153 contre 146 ; cette résolution était présentée conjointement par les groupes socialiste, communiste et écologiste (voir plus bas les vidéos sur les positions des différents groupes parlementaires), comme quoi il est encore des sujets où le rassemblement de la gauche n'est pas récusé. La gauche n'étant pas majoritaire seule au Sénat, il aura fallu que des parlementaires de droite rallient cette résolution, c'est une bonne chose car elle renforce la position traditionnelle de la France sur le conflit israélo-palestinien. L'opération de terrorisme intellectuelle de Nicolas Sarkozy aura fait long feu (voir plus bas le détail nominatif du vote).

C'est également un acte fort alors que Benyamin Netanyahu a obtenu de la Knesset qu'elle vote sa dissolution pour une élection le 17 mars prochain. Tous ceux qui ont un peu de jugeotte expliquent aujourd'hui ouvertement que Netanyahu est incapable de concevoir des négociations ; avec lui Israël n'aura donc ni paix ni sécurité, comme en témoigne l'escalade de la violence depuis plusieurs mois. La mort en Cisjordanie, dans une manifestation, du ministre palestinien en charge de la question des colonies, Ziad Abou Eïn, à la suite de heurts avec des soldats israéliens, marque encore un peu plus au fer rouge la dérive destructrice de la droite israélienne. Celle-ci est de plus en plus prisonnière de son extrême droite.

Il y a désormais urgence que la Présidence de la République et le gouvernement suivent pour une fois le vote des parlementaires et que François Hollande réalise ce qui l'une de ses promesses de campagne. Le Président est désormais au pied du mur.

Tout la question est savoir quelle peut être l'alternative. On aura compris que depuis plusieurs années le Parti Travailliste Aha'voda, à la dérive depuis l'assassinat de Yitzak Rabbin et surtout la trahison d'Ehud Barak et de Shimon Peres, a choisi de se tourner vers le centre plutôt que d'unifier le camp de la Paix ; il a dans le même mouvement échoué à offrir un débouché politique au mouvement israélien des Indignés, malgré l'engagement de Stav Shaffir, une de ses leaders, à ses côtés.

Aujourd'hui, le parti travailliste a choisi de faire alliance avec le parti Hatnuah de Tzipi Livni, ancienne ministre des affaires étrangères d'Ehud Olmert. La crédibilité et la qualité politique de l'attelage est sans propre à rassurer des politiciens professionnels. Mais il n'est pas sûr qu'elle soit suffisante pour retrouver une position politique centrale à l'issue des élections, alors que le Likud et le Hamas chacun avec leurs moyens se sont acharnés l'un comme l'autre à convaincre les citoyens israéliens que la paix étaient impossible.

Je vous renvoie à l'article que j'avais écrit précédemment sur le sujet.

Frédéric FARAVEL

détail du vote

Groupe Union pour un Mouvement Populaire (143)

Pour : 4 - M. Michel Bouvard, Mme Caroline Cayeux, MM. François Grosdidier, Jean-Pierre Vial
Contre : 124
Abstentions : 8 - MM. René Danesi, Michel Fontaine, Mme Joëlle Garriaud-Maylam, MM. Jacques Legendre, Jean-Baptiste Lemoyne, Philippe Marini, Alain Milon, Jean-Pierre Raffarin
N'ont pas pris part au vote : 7 - M. Gérard Larcher, Président du Sénat, MM. Alain Chatillon, Bernard Fournier, Alain Joyandet, Mmes Fabienne Keller, Élisabeth Lamure, M. Claude Malhuret

Groupe socialiste et apparentés (112)

Pour : 106
Abstentions : 2 - MM. Luc Carvounas, Simon Sutour
N'ont pas pris part au vote : 4 - Mme Nicole Bricq, MM. Gérard Collomb, Jean-Pierre Masseret
M. Jean-Marc Todeschini, membre du Gouvernement

Groupe Union des Démocrates et Indépendants - UC (42)

Pour : 7 - M. Michel Canevet, Mmes Nathalie Goulet, Sylvie Goy-Chavent, MM. Pierre Jarlier, Aymeri de Montesquiou, Christian Namy, Henri Tandonnet
Contre : 17
Abstentions : 9 - MM. Daniel Dubois, Vincent Dubois, Jean-Marc Gabouty, Mmes Françoise Gatel, Anne-Catherine Loisier, MM. Jean-François Longeot, Jean-Claude Luche, Mme Catherine Morin-Desailly, M. Yves Pozzo di Borgo
N'ont pas pris part au vote : 9 - Mme Annick Billon, M. Jean-Léonce Dupont, Mmes Jacqueline Gourault, Teura Iriti, M. Jean-Jacques Lasserre, Mme Valérie Létard, MM. Pierre Médevielle, Gérard Roche, Jean-Marie Vanlerenberghe

Groupe communiste républicain et citoyen (18)

Pour : 18

Groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen (13)

Pour : 8
Contre : 2 - MM. Gilbert Barbier, Philippe Esnol
Abstentions : 3 - MM. Joseph Castelli, François Fortassin, Jean-Claude Requier

Groupe écologiste (10)

Pour : 10

Sénateurs ne figurant sur la liste d'aucun groupe (9)

Contre : 3
Abstentions : 2 - Mme Mireille Jouve, M. Robert Navarro

 

N'ont pas pris part au vote : 4 - MM. Philippe Adnot, Jean Louis Masson, David Rachline, Stéphane Ravier


[Entretien] Proposition de résolution sur la... par Senat

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 14:19

israel-palestine-les-artisans-de-la-paix-1.pngL'Assemblée nationale débattra demain d'une proposition de résolution du groupe socialiste en faveur de la reconnaissance de l'Etat de Palestine. Ce texte n'a évidemment aucune portée en droit international et n'est qu'une invitation des parlementaires à ce que la République française le fasse.

Le groupe socialiste du Sénat a déposé une proposition de résolution, identique à celle des députés, mais les socialistes ayant tardé à le faire, les groupes écologistes et communistes avaient déjà déposé la leur. Le calendrier sénatorial aidant, c'est la proposition du groupe socialiste qui sera examinée en premier autour du 8 décembre, tirant ce dernier d'un beau guêpier, car nombreux étaient les sénateurs socialistes qui auraient été sinon tentés de voter (voire de signer la proposition communiste déjà inscrite pour la séance du 11 décembre).

Résolution Palestine

Ces précisions, qui peuvent paraître décalées avec le sujet, sont pourtant importantes ; en effet, si l'adoption de la proposition de résolution socialiste ne fait aucun doute à l'Assemblée Nationale, elle n'est évidemment pas automatique au Sénat dont la majorité a été reconquise par la droite le 28 septembre dernier. Or en déposant (enfin !) leur propre proposition de résolution, les sénateurs socialistes ouvrent une possibilité non négligeable de faire voter une résolution demandant que la République française reconnaisse l'Etat palestinien par les deux chambres, en profitant de la division de la droite sur ce dossier (les sénateurs UDI et UMP n'auraient vraissemblablement pas voté - pour de mauvaises raisons - les propositions de résolution communiste et écologiste).

Les mauvaises raisons de voter ou de rejeter la résolution

J'ai pu entendre certains discours assez lamentable chez certains parlementaires - heureusement isolés -, soit en faveur, soit contre la propositions de résolution. La bêtise peut effectivement habiter les deux camps.

Ainsi, certains expliquent qu'il faudrait voter cette résolution parce qu'elle est attendue "par une partie de notre électorat". Le sous entendu est à peine voilé comme quoi nous tiendrions là l'un des derniers messages possibles en direction des Français d'origine maghrébine et/ou de confession musulmane.

Ce discours est odieux, car il ancre notre conception de la politique dans des méthodes clientèlistes et communautaristes. Il fait le pari qu'un nombre important de nos compatriotes détermineraient, dans les quartiers populaires, essentiellement leurs choix politiques en fonction du conflit israélo-palestinien. Ce serait enfin utiliser cette cause comme une diversion des attentes réelles - essentiellement économiques et sociales - des classes populaires.

Il est vrai qu'à force d'entretenir par de tels discours ou sous entendus, d'avoir ce mépris déguisé sur les attentes d'une "partie de notre électorat", certains finissent par correspondre à la description que ces mauvais élus font d'eux. Mais ils sont minoritaires et que l'on ne se trompe pas, le vote de la résolution ne nous évitera pas le ressentiment d'un électorat socialiste populaire (celui du premier tour de la présidentielle) qui se sent floué par la tournure prise par les choix économiques du gouvernement. Sans amélioration réelle des conditions de vie de nos concitoyens, il n'y aura aucune bouée de sauvetage communautariste.

Certains ont expliqué a contrario qu'ils refuseraient de voter cette résolution ou toute autre, tant que le Hamas continuerait de menacer l'existence de l'Etat d'Israël. D'autres encore, dans un raccourci détestable, en faisant référence aux manifestations contre les bombardements de Gaza, faisaient de l'ensemble des manifestants des individus ayant un penchant coupable pour l'antisémitisme, et que voter la résolution équivaudrait à céder en France devant les Islamistes et les groupuscules communautaristes et/ou fascistes antisionistes (!?).

En arriver à un tel amalgame est consternant de la part de membres de la représentation nationale. Dans le second cas, on est dans la même logique mais renversée que ceux qui veulent satisfaire "une partie de l'électorat". C'est enfermer certains Français dans une logique communautariste et raciste. C'est aussi être incapable de penser que l'on peut, d'une part, refuser la dérive militaire du gouvernement Netanyahu et être solidaire d'une population doublement opprimée (par le Hamas et le blocus israélien), et, d'autre part, soutenir l'existence d'Israël, vivant en paix et en sécurité avec son voisin palestinien.

Concernant la première réfutation, elle frise le non sens. C'est placer le Hamas sur un même rang que la République française et soumettre la position de la République française à l'évolution d'un mouvement terroriste, fasciste et islamiste, qui non seulement veut détruire l'Etat d'Israël et jeter tous les Israéliens "juifs" à la mer mais opprime également la population palestinienne de la bande de Gaza. Au contraire, le vote de cette résolution affaiblirait le Hamas et redonnerait une chance à un processus qu'il veut détruire.

Il n'y a en définitive qu'une seule bonne raison de voter pour cette résolution, c'est de considérer que son contenu est juste et que parce que son contenu est juste cela doit être la position de la République française. On est loin d'une position qui serait déterminée en fonction du sentiment supposé d'électorats "musulmans" ou "juifs" qu'on inciteraient plus encore à s'affronter dans notre pays avec les raisonnements déviants que j'ai décrits plus haut.

L'utilité de la résolution

L'adoption simultanée (ou même uniquement par l'Assemblée Nationale) de ces résolutions a-t-elle une réelle utilité dans la période ?

Elle me paraît déterminante car l'exécutif français semble avoir oublié l'engagement n° 59 du candidat François Hollande : "Je prendrai des initiatives pour favoriser, par de nouvelles négociations, la paix et la sécurité entre Israël et la Palestine. Je soutiendrai la reconnaissance internationale de l’État palestinien."

Le Président de la République ne saurait se sentir déchargé de sa promesse de campagne par le simple fait que la Palestine a été reconnue comme Etat non membre de l'ONU par son Assemblée Générale le 29 novembre 2012. Il est nécessaire que cette reconnaissance s'inscrive dans une réalité concrète du droit international, et c'est ce qui a motivé la Grande Bretagne ou la Suède de sauter le pas récemment.

La pression des deux chambres est d'autant plus nécessaire dans ce contexte, alors que la position de la France a paru évoluer dans le mauvais sens lors des premiers jours du dernier conflit armé dans la bande de Gaza, semblant abandonner l'équilibre de sa position traditionnelle et cautionner la réponse militaire disproportionnée du gouvernement Netanyahu (j'avais déjà eu l'occasion de m'exprimer sur ce sujet cet été). Bien que soutenues à distance par le ministère des affaires étrangères (dont les services avaient proposé des rédactions particulièrement débilitantes et vides de sens) et Laurent Fabius, les initiatives parlementaires ont l'avantage de recentrer la position française sur le conflit israléo-palestinien et de placer l'exécutif face à une pression importante pour opérer la reconnaissance de l'Etat palestinien.

La reconnaissance par la France de l'Etat palestinien, qui devrait donc en découler, est déterminante, parce que dans la situation actuelle, seule la pression internationale permettra de débloquer les négociations de paix aujourd'hui au point mort.

Sortir de l'impasse actuelle

Cela fait plusieurs années que les négociations israélo-palestinienne sont dans l'impasse. Après les échecs de Shimon Peres et d'Ehud Barak à assumer l'héritage d'Yitzhak Rabbin, la droite israélienne n'a cessé de jouer sur la dégradation de la situation. Même la rupture d'Ariel Sharon d'avec sa famille politique, pour créer Kadima - un parti centriste - à l'occasion de l'évacuation unilatérale de la bande de Gaza, s'est faite dans la négation de l'existence d'un partenaire politique. L'évacuation de Gaza, la construction du mur de séparation, l'accélération de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est sont les facettes de la volonté de transposer en Israël et en Palestine un nouvel Apartheid.

aboumazen.jpgL'impasse n'a amené qu'à renforcer les extrêmistes dans chaque camp. Chaque attentat palestinien est aujourd'hui utilisé comme un prétexte par Benyamin Netanyahu pour en faire porter la responsabilité à Mahmoud Abbas et tenter de le décrédibiliser aux yeux de la communauté internationale. C'est la même stratégie qu'Ariel Sharon et Netanyahu avaient appliqué avec Yasser Arafat et le résultat que l'on connaît.

Loin de moi l'idée que le Fatah (parti du président de l'Autorité palestinienne) soit exempt de responsabilité. La corruption de son appareil explique en grande partie la prise du pouvoir par le Hamas à Gaza et la progression actuelle des extrêmistes du Hamas ou d'autres groupuscules en Cisjordanie.

Mais la stratégie du rapport de force et de la violence militaire disproportionnée n'a pas apporté la paix à Israël et elle n'a pas sécurisée d'avantage la situation politique du Premier ministre israélien. La gauche qui ne s'est jamais remise de l'assassinat d'Yitzhak Rabbin, puis des inconséquences et des trahisons successives de Shimon Peres et d'Ehud Barak, est effectivement dans les choux, mais le Likud ne s'en porte pas mieux. Il a été concurrencé dans le précédent mandat par Isroël Beitenu d'Avigdor Lieberman, il a dû institutionnaliser sa coalition avec lui pour les élections de législatives de 2013, mais a commencé à être talonné par une nouvelle force d'extrême droite HaBayit HaYehudi conduite par Naftali Bennett dont l'électorat s'assoie essentiellement sur les anciens immigrants russes, partisans de la manière forte. La poussé surprise des centristes de Yesh Atid conduit par Yaïr Lapid - qui s'est construite sur les décombre de la gauche et de Kadima - ne saurait masquer que le gouvernement actuel de Benyamin Netanyahu est le plus à droite qu'Israël ait jamais ; plus le temps passe, plus le premier ministre israélien devient l'otage de son extrême droite, à qui il ne cesse de donner des gages. 1501775_10152844196394438_8154562682452833266_n.jpgIl souhaite notamme faire adopter par la Knesset une déclaration instituant «L’Etat d’Israël [comme] patrie nationale du peuple juif», ce qui revient à nier l'existence des arabes israéliens et leur dénier tout droit sérieux à être des citoyens égaux dans l'Etat d'Israël. Tzipi Livni, sa ministre de la Justice, chef du micro parti centriste Hatnuah, et ancienne leader de Kadima, a dénoncé un tel projet comme attentatoire à démocratie israélienne et publié sur sa page facebook un extrait de la déclaration d'indépendance de l'Etat d'Israël dont seraient barrées toutes les formules rendues caduques par une telle loi. Cette affaire rend encore plus prégnante la question de la définition de la citoyenneté israélienne ; Ehud Barak à la fin de son mandat de premier ministre avait voulu engager un débat national sur la définition d'une laïcité israélienne, mais il n'avait dans cette opération qu'une visée tactique visant à diviser la droite israélienne entre ses composantes sécularisées et religieuses : la manœuvre avait donc fait long feu. Et le débat a été décrédibilisé pour de nombreuses années.

Comme preuve de l'échec de la politique violente de Netanyahu, nous pouvons constater avec tristesse les attentats et assassinats qui reprennent à Jérusalem. Depuis plusieurs mois, les attaques contre la ligne de tram (qui longe la ligne verte entre l'Est et l'Ouest de Jérusalem) à la voiture bélier ont recommencé, comme pour marquer la démarcation que le gouvernement israélien nie. L'assassinat voici quelques jours de rabins et de militaires israéliens dans et devant une synagogue de Jérusalem Est a été ouvertement encouragé et salué par le Hamas, et faisait suite à la volonté les jours précédents de groupes extrêmistes hassidiques d'occuper l'esplanade des mosquées.

La réponse de Netanyahu face à ce drame a été d'un non sens supplémentaire : armer une partie de la population israélienne pour faciliter l'auto-défense, dénoncer Mahmoud Abbas comme cible à abattre. Hamas et extrême droite israélienne se nourrissent l'un de l'autre et risque désormais d'emporter avec eux non seulement le processus de paix mais l'existence des deux Etats.

On comprendra que dans ces conditions, sauf miracle, ce n'est pas de Palestine et d'Israël que peut venir le déblocage de la situation, mais d'une pression internationale déterminée qui permettent aux tenants de la paix chez les Palestiniens et les Israéliens de relever la tête, alors qu'ils sont aujourd'hui écrasés par la violence des extrêmistes.

Le choix de la République française de reconnaître l'Etat de Palestine et de réaffirmer ce qui est écrit sur la coexistence de deux Etats et qui a toujours été la position française est donc aujourd'hui crucial.

Frédéric FARAVEL

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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 20:16

 

05_photo_25210_142829.JPG« Pauvre France ». Voilà ce que je me retiens de répéter en boucle depuis hier après une petite dizaine de jours passée loin de l'information en continu et des réseaux sociaux dans la belle région d'Albi. Ne pas se connecter à internet, ne pas avoir la 3G et regarder la télévision avec parcimonie durant quelques jours de congés est salutaire. La consternation n'en est que plus forte en rentrant chez moi et en découvrant d'un bloc l'actualité de la semaine passée.

Pour résumer mon état d'esprit, voici les informations qui m'accablent aujourd'hui, une fois que l'on arrive à dégraisser l'actualité des futilités et de l'infantilisation médiatiques que l'on nous a imposées avec la Coupe du Monde de Foot-Ball ou qu'on nous imposera encore avec les opportunités françaises dans un Tour de France où les locomotives européennes semblent tomber comme des mouches :

Sombre séquence économique et sociale

Le vote d'un projet de loi rectificatif de financement de la sécurité sociale entérinant un pacte de responsabilité, qui n'est rien d'autre que de l'austérité appliqué à la France : 35 députés socialistes seulement se sont abstenus, 13 députés écologistes également. Parmi les premiers, nombre d'entre eux avaient résolu de voter contre ce projet de loi qui est en parfaite contradiction avec nos engagements de campagne ; ils ont été retenus par la menace clairement énoncée d'être exclus du PS. Pour la première fois, on a donc menacé des socialistes d'être exclus du Parti s'ils restaient fidèles au programme sur lequel ils ont été élus.

La nomination définitive de Jacques Toubon sur proposition de François Hollande comme défenseur des droits, après que les commissions parlementaires ont validé sa candidature. Elle a été soutenue par 48 députés et sénateurs (33 contre, 12 blancs). Il aurait fallu deux tiers de voix contre pour repousser sa candidature. Ce vote des deux-tiers était sans doute inatteignable au regard de l'équilibre droite-gauche dans les deux chambres, mais une fois encore l’Élysée a refusé d'écouter la majorité qui l'a conduit au pouvoir et certains parlementaires socialistes qui avaient juré leurs grands dieux qu'ils ne se laisseraient pas faire (la main sur le cœur devant le conseil national du PS le 14 juin dernier) ont sans doute répondu aux pressions amicales de l'exécutif en votant blanc.

president-medef-pierre-gattaz-premier-jour-troisieme-confer.jpgLe théâtre d'ombres de la conférence sociale, boycottée par la CGT, FO et la FSU, et soumise à la pression du MEDEF jamais rassasié des concessions que l'exécutif lui accorde. Manuel Valls avait déjà préparé le terrain en multipliant les annonces dans Les Échos et sur BFM TV qui sonnaient comme autant d'abdication devant la pensée néo-libérale dans le seul but d'éviter le boycott... du MEDEF. Il avait réussi en cela à froisser jusqu'à la CFDT, son principal allié syndical jusqu'ici. Est-ce un mérite ou non d'y voir soldé la fin d'une illusion : l'expérience entamée depuis l'automne 2012 à grand renfort de communication sur la rénovation du dialogue social n'a rien à voir avec la social-démocratie revendiquée par François Hollande ; les reculs sur le compte pénibilité retraites – seul point positif de la réforme des retraites de 2013– y mettent un terme.

4392729.jpgEt hier, la conférence de presse du Président de la République pour le 14 juillet qui confirme un peu plus l'enterrement des engagements de la campagne présidentielle et de l'esprit de son discours du Bourget : confirmation des menaces sur les seuils sociaux, défense du pacte de responsabilité sans jamais tenir compte du débat actuel au sein de la majorité, nouvelles baisses d'impôt annoncées sans jamais revenir à la promesse de la nécessaire réforme fiscale...

Tout ceci vient marquer à mon sens que s'il y a bien une logique à bout de souffle, c'est celle de la Vème République. Un homme seul décide, qui au passage n'a plus rien du « Président normal » annoncé (si jamais cela a signifié quoi que ce soit), qui s'est une fois de plus moulé dans la monarchie républicaine que la gauche et les socialistes abhorrent pourtant. Un débat parlementaire qui ne peut déboucher librement, les députés de la majorité étant constamment contraints par la logique de soumission à l'exécutif, ce qui interroge gravement sur la portée réelle de notre démocratie. Un Parti lui-même écrasé par cette logique, qui joue les gardes-chiourmes du pouvoir, alors même qu'il est désavoué par celui-ci comme sur les seuils sociaux.

Le piège du Proche Orient

4457833_3_e2c2_les-debris-a-gaza-ville-le-15-juillet_042f0d.jpgSans contestation possible, les événements les plus graves de la semaine se sont déroulés en Israël et en Palestine. Après plusieurs semaines rythmées par les enlèvements et assassinats de jeunes israéliens et palestiniens, le conflit s'est à nouveau embrasé le Hamas déclenchant le lancement de nombreuses roquettes sur Tel Aviv, Jérusalem et le sud de l’État hébreux, le gouvernement israélien y répondant par une campagne de bombardements aériens sur la bande de Gaza dont le bilan humain dépasse de loin les précédentes actions militaires de novembre 2012 (près de 200 civils palestiniens tués et près de 1 500 blessés).

Chacun connaît mon dégoût pour la rhétorique antisioniste, qui se développe en Europe à grand pas depuis 20 ans, et qui prend souvent en otage (et à leur corps défendant) nombre de nos concitoyens ulcérés par la politique d'occupation et les réponses militaires excessives des gouvernements israéliens de droite qui se sont succédés après l'attaque cérébrale subie par Ariel Sharon (mais également sous son autorité – car on ne peut oublier ses propres responsabilités sous prétextes qu'il a évacué la bande de Gaza). L'anti-sionnisme n'est aujourd'hui rien d'autre que le faux-nez d'un antisémitisme viscéral mis à jour. Je ne suis pas non plus de ceux qui considèrent que Jacques Chirac a plus fait pour la cause palestinienne et la paix au Proche Orient que ses prédécesseurs : n'oublions pas qu'il est en partie responsable de la perpétuation du conflit lorsqu'il a convaincu Yasser Arafat de refuser l'accord de Paix qu'Ehud Barak (lui-même fossoyeur de la gauche israélienne) lui avait proposé à Paris.

Mais le communiqué de la Présidence de la République à la suite de l'entretien téléphonique entre François Hollande et Benyamin Nethanyahu le 9 juillet dernier est une faute politique grave. Il a ainsi « exprimé la solidarité de la France face aux tirs de roquettes en provenance de Gaza. Il lui a rappelé que la France condamne fermement ces agressions. Il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces. » En oubliant de rappeler la position traditionnelle de la France sur le conflit israélo-palestinien, le Chef de l’État a commis un précédent lourd de conséquences qui risque de nous rendre inaudible sur la scène diplomatique et d'attiser les manipulations politiques et communautaristes dans notre propre pays.

L’Élysée a dû se rendre compte de son erreur puisque le lendemain un entretien téléphonique était également organisé avec Mahmoud Abbas, président de l'Autorité Palestinienne dans lequel François Hollande « a exprimé son inquiétude concernant la situation à Gaza et a déploré que les opérations militaires en cours aient déjà fait de nombreuses victimes palestiniennes. La sécurité de toutes les populations civiles doit être assurée et l’escalade doit cesser. Tout doit être fait pour restaurer la trêve établie en 2012.[…] Le Président de la République a salué le sens des responsabilités du Président ABBAS et les efforts qu’il déploie pour parvenir à l’apaisement des tensions. » Mais là encore, l'essentiel est absent puisque la Présidence de la République oublie de condamner la totale disproportion de l'intervention israélienne en réponse aux attaques terroristes du Hamaset de donner un contenu à « l’impérieuse nécessité de reprendre les négociations afin de parvenir à l’établissement d’une paix juste et durable au Proche-Orient » : un État d'Israël dont on garantit la possibilité à ses citoyens (qui doivent tous être réellement égaux qu'ils soient juifs ou non) de vivre en sécurité, un État palestinien viableet souverain, les deux États devant être délimités par la ligne de cessez-le-feu de 1967.

Le trouble reste entier puisqu'hier le Président de la République a été contraint d'apporter une nouvelle touche à la précision de sa position diplomatique devant les journalistes en appelant Israël à « avoir de la retenue ». On est encore loin de qualification de réponse disproportionnée qui serait nécessaire en de telles circonstances.

8131405419298.jpgLa consternation se maintient face à l'attitude du gouvernement et du PS face aux diverses manifestations qui ont émaillés la capitale en réaction à l'escalade de la violence au Proche Orient. Le Président de la République en est à refuser l'importation du conflit israélo-palestinien en France « Je ne veux pas qu'il y ait des conséquences en France. Le conflit israélo-palestinien ne peut pas s'importer » ; « Il ne peut pas y avoir de dérives et de débordements, d'intrusion ou de volonté d'intrusion dans des lieux de culte, que ce soient des synagogues comme cela s'est passé hier, mais je dirais la même chose pour des mosquées, des églises, des temples » ;« L'antisémitisme ne peut pas être utilisé parce qu'il y a un conflit entre Israël et la Palestine ». Encore une fois, bien qu'il ne fasse aucun doute que certains manifestants véhiculent de manière organisée l'antisémitisme sous couvert d'antisionisme, c'est une erreur de confondre toutes les personnes qui contestent la politique israélienne avec des antisémites. C'est également une erreur sous prétexte de « redoubler de vigilance »d'envisager d'interdireles manifestations. Cette mesure réclamée par le CRIF, dont on connaît le sens de la (dé)mesure de son président Roger Cukierman, ne ferait qu'aggraver le mythe du complot sioniste diffusé par les organisations islamistes et identitaires.

L'ironie déplacée du Premier Secrétaire par intérim du PS ne nous aide pas plus à limiter cette dérive : « Ce n'est pas parce qu'on parle du Proche Orient qu'il est proche des Français. Il doit rester en Orient ». On peut d'ailleurs regretter qu'à cette occasion le Parti Socialiste ait été frappé des mêmes oublis de sa position traditionnelle sur le conflit alors qu'il aurait dû la rappeler dans son communiqué du 8 juillet à la sortie de son Bureau National : un État d'Israël en sécurité, un État de Palestine viable et souverain.

C'est enfin une erreur de passer sous silence les agissements d'une organisation fasciste connue sous le nom de Ligue de Défense Juive (LDJ), et interdite en Israël et aux États-Unis (!??!!!), lors des violences qui ont été commises ce week-end à Paris. Il y a bien eu des actes de violences commis par des manifestants pro-palestinien et des propos antisémites proférés par ces personnes, ils doivent être poursuivis et condamnés avec la plus grande fermeté pour cela. Mais notamment à proximité de la synagogue de la Rue de la Roquette, ces actes avaient été précédés par des agressions verbales et physiques à caractère explicitement racistes de la part de petits groupes de la LDJ. Le Monde rapporte que les CRS ont « dûséparerdesmembres de laLigue de défense juive(LDJ)et des manifestants qui s'affrontaient aux alentoursde la rue de la Roquette. Huit personnes au total ont étéinterpellées par les policiers en fin de manifestation,pourviolencesvolontairessur agent de la force publique » ; cependant de nombreux témoignages convergent pour indiquer que les forces de l'ordre – confondant sans doute les membres de la LDJ avec des fidèles de la synagogue – ont plutôt protégé ces derniers des représailles que certains manifestants voulaient opérer.

Les violences d'un côté comme de l'autre sont inacceptables. Ceux qui les ont commis doivent être punis avec la plus grande fermeté et tomber sous le coups de la loi républicaine et laïque. Avoir donné le sentiment d'un changement de politique diplomatique ne peut qu'aggraver l'échauffement des esprits et importer des violences qui n'ont rien à voir avec notre République sur le sol national. Que la Justice passe donc sur les auteurs des agressions et de violences commises ce week-end à Paris et à Aulnay-sous-Bois, mais il est temps de cesser d'être aveugle et sourd face aux agissements de la LDJ : cette organisation fasciste doit enfin être dissoute par la République et faire l'objet de notre vigilance pour empêcher sa reconstitution sous d'autres formes.

Frédéric FARAVEL

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 15:20

Une grande partie des pronostics électoraux a été démentie hier soir mardi 22 janvier 2013 à Tel Aviv. Les commentateurs prédisaient une droitisation très forte de la scène politique israélienne et c'est un retour à l'équilibre fondé sur la relative sanction de Benyamin Netanyahu que les électeurs ont choisi.

Une droite divisée qui recule

netanyahu.jpgLe premier ministre sortant conduisait une liste de coalition de son parti, le Likud, droite conservatrice sioniste traditonnelle, et des ultra-nationalistes laïcs de Yisraël Beitenu, le parti d'Avigdor Lieberman. Ils avaient remporté séparément et respectivement 27 et 15 sièges en 2009 ; l'incapacité de Tzipi Livni (Kadima, centre droit) à former un gouvernement avait alors permis à "Bibi" de se maintenir comme premier ministre en formant une alliance entre le Likud, Yisraël Beitenu et les partis religieux.

Netanyahu avait alors mené la politique la plus à droite de toute l'histoire d'Israël, amplifiant comme jamais la colonisation, reniant toute relations avec les Palestiniens et méprisant le mouvement social des indignés israéliens de 2011. Son échec à empêcher le vote de l'ONU en faveur de l'Etat de Palestine et la réalité de la crise sociale vécue par les catégories populaires et moyennes lui auront sans doute coûté de précieux sièges à la Knesset.

En effet, la coalition Likud-Beitenu ne recueillait hier soir que 31 sièges, loin des 42 députés des deux partis dans la précédente assemblée, mais loin aussi des 36-37 promis par les sondages.

Le discours belliciste et anti-arabe de la droite nationaliste n'aura servi qu'à légitimer le discours d'une nouvelle extrême droite religieuse Bayit Yehudi (Foyer juif ou Maison juive), dirigé depuis peu de temps par Naftali Bennett, coalition d'ultra-nationalistes favorables à l'annexion de 60% de la Cisjordanie et d'une partie de l'électorat religieux. Cependant, avec 11-12 députés le Foyer juif ne semble pas aussi puissant que ce qui était attendu (les sondages le donnait au coude à coude avec les travaillistes), il n'en restera pas un incontournable interlocuteur du Premier ministre sortant, qui paradoxalement a mis en selle celui avec qui il sera contraint de discuter aujourd'hui.

Knesset_22-01-2013.pngUn centre surprise ?

yairlapid.jpegLa nouveauté semble une des marques de ce scrutin puisque le grand gagnant d'hier est Yesh Atid "il y a un futur", parti créé de toute pièce par l'ancien présentateur de télévision Yaïr Lapid. Ce parti centriste a mobilisé une grande partie des classes moyennes laïques qui se sentaient les oubliées du développement économique israélien (et qui n'avaient pas forcément participé aux manifestations de 2011) et qui sont de plus en plus excédées par les privilèges accordées aux juifs ultra-orthodoxes dans la société israélienne (dispense de service militaire, ségrégation ethnique et sexiste - souvenez-vous des reportages sur les bus à Jérusalem).

Yesh Atid a également pris position pour la reprise du dialogue avec les Palestiniens même si cela ne fut pas au coeur de sa campagne.

Avec 19 sièges Yaïr Lapid est un caillou plus douloureux dans la chaussure de Netanyahu, car on le voit mal collaborer avec Benett, Lieberman ou les partis religieux... mais on disait aussi que Lieberman était un ultra-laïc incompatible avec les partis religieux de la précédente coalition. Il y avait sans doute plus de similitudes entre les religieux nationalistes et les laïcs nationalistes.

Il ne faut sans doute pas s'emporter sur la longue durée concernant le devenir de Yesh Atid. La vie politique israélienne nous a accoutumé à des successions de partis centristes surprises sans lendemain : Shinouï, Kadima...

Ce dernier pourrait d'ailleurs disparaître de la Knesset, sa leader Tzipi Livni, ancienne première ministre étant parti fonder HaTnouha qui remporterait 5-6 députés.

L'addition des trois partis centristes reccueille d'ailleurs autant de suffrages et de sièges que Kadima en 2009. Le centre surprend mais reste stable.

Une gauche qui se reconstruit

Les mobilisations sociales de 2011 ont cependant également trouvé leur résonnance dans le scrutin législatif. HaAvoda, le parti travailliste israélien, semble aujourd'hui en rémission. Il avait connu en 2009 un des plus mauvais résultat de son histoire avec 13 députés... Déjà décimé par la force d'attraction centriste de Kadima sous Ariel Sharon (départ de Shimon Peres), incapable depuis de nombreuses années de trouver un arbitrage ou un point d'équilibre entre sa gauche syndicaliste liées à Histadrout  (Amir Peretz) et ses tendances centristes et opportunistes proches d'Ehud Barak.

En 2011, ce parti était donné pour mort car au moins 6 députés avaient suivi une nouvelle dissidence menée par Ehud Barak qui avait négocié pour lui-même le poste ministre de la défense de Netanyahu.

yacimovicz.jpgS'il se fait rafler la deuxième place par les centristes de Lapid, HaAvoda double son score avec 15 à 17 députés. Ce fut un long travail conduit par Shelly Yacimovitch, elle-même ancienne journaliste, qui a rajeuni le vieux parti de Ben Gourion, Golda Meïr et Yitzhak Rabbin.

StavShaffir.jpgL'incarnation se fait en la nouvelle députée Stav Shaffir, l'une des leaders du mouvement des indignés de 2011 (réécoutez ici son interview). Quelques voix s'élèvent pour dénoncer dans le Parti un score en demi teinte ce qui démontre qu'il n'est pas encore totalement stabilisé : les déclarations de Yacimovitch pendant la campagne sur la caractère centriste éternel du Parti Travailliste étaient non seulement une erreur, qui lui a coûté de nombreux suffrages, mais également historiquement faux et en contradication avec sa volonté de relayer le mouvement social de 2011. Mais le Parti travailliste a commencé à reprendre sa place de protecteur des classes populaires et moyennes et on le sait ouvert à la paix et aux négociations avec les Palestiniens. 

Enfin, la gauche socialiste représentée par le parti Meretz double également sa représentation en passant de 3 à 6 députés. Elle récolte la clarté de son discours de gauche et en faveur de la paix et de la négociation, alors que Yacimovitch entretenait un peu le flou.

Les partis arabes conservent leur étiage habituel de 11-12 sièges et sont habitués à travailler avec la gauche.

Netanyahu sera reconduit mais ne durera pas

Netanyahu tentera une large coalition en jouant alternativement entre le centre et les ultra-nationalistes. Mais désormais les vrais débats de la société israélienne sont sur la table : le développement économique et social, la nécessité d'établir la laïcité et l'obligation de retourner négocier avec les Palestiniens, dont l'Etat est désormais reconnu.

Les observateurs s'accordent à dire que le cabinet Netanyahu 3  ne tiendra que la moitié du mandat... Je ne lui donne pas plus d'un an et en face de lui le centre et nos camarades peuvent, s'ils ne font pas trop d'erreurs construire enfin une alternative qu'attend le proche orient.

Frédéric FARAVEL

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 19:27

AFP | 03.05.10 | 17h56

Des juifs de gauche européens, parmi lesquels l'eurodéputé Daniel Cohn-Bendit et l'historien Zeev Sternhel, ont présenté lundi à Bruxelles un "appel à la raison" pour la paix au Proche-Orient critiquant sévèrement la politique actuelle du gouvernement israélien.

"Notre appel est un cri que nous poussons pour la paix au Proche-Orient avant qu'il ne soit trop tard", a affirmé Michèle Szwarcburt, présidente du Centre communautaire laïc juif de Belgique et signataire de l'appel.

"Nous aimons Israël de tout notre coeur, nous voulons qu'il y ait un Etat juif, Israël, et qu'il vive en paix avec ses voisins. Mais nous pensons que le temps joue contre la paix", a-t-elle dit en dénonçant la poursuite des implantations en Cisjordanie et dans les quartiers arabes de Jérusalem-est.

Les promoteurs de cet appel également baptisé JCall (d'European Jewish Call for Reason) "ne sont attachés à aucun parti, ni en Europe, ni en Israël", a précisé David Chemla, président de la branche française du mouvement La Paix Maintenant et "cheville ouvrière" de cette initiative qui divise la communauté juive.

Certaines organisations juives proches du Likoud (le parti de droite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu) ont accusé les initiateurs de cet appel d'être des "traîtres" et ont lancé un contre-appel baptisé "raison garder", tandis que des associations juives de gauche ont dénoncé un texte qu'elles jugent trop timoré à l'égard des Palestiniens.

"Mes coreligionnaires helvétiques craignent plus l'Iran et la montée de l'antisémitisme en Europe qu'une résolution du conflit israélo-palestinien", a souligné la Suissesse Véronique Hayoun, une des près de 4.000 signataires de "l'appel à la raison" enregistrés à ce jour.

Se voulant la version européenne du mouvement américain JStreet, un lobby né pour offrir une alternative aux juifs qui ne se reconnaissaient pas dans le très conservateur AIPAC (American Israel Public Affairs Committee), le JCall entend créer un mouvement européen capable de peser sur les décisions de l'Union européenne ou des Etats-Unis concernant le Proche-Orient.

Partisans de la solution "deux peuples, deux Etats", les signataires estiment que "l'alignement systématique sur la politique du gouvernement israélien est dangereux car il va à l'encontre des intérêts véritables de l'Etat d'Israël". La poursuite de la colonisation dans les Territoires occupés est "une erreur politique et une faute morale", ajoutent-ils.

Mais, souligne M. Chemla, "nous voulons aussi travailler contre les efforts constants de délégitimation d'Israël dans les pays européens".

"Les ennemis d'Israël sont nos ennemis", a renchéri l'avocat parisien Patrick Klugman. "Nous sommes absolument opposés à un boycott d'Israël", a affirmé de son côté Mme Hayoun.

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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 15:55
Après le congrès du Fatah : «Au Proche-Orient, les négociations vont avancer en septembre»

Par Pierre Puchot - mercredi 12 août 2009 - Mediapart.fr

 

En Cisjordanie, le Fatah, parti fondé par Yasser Arafat, majoritaire au sein de l'Autorité palestinienne, a fait entrer du sang neuf en son sein, à l'issue de son congrès, mardi 11 août. Pour l'ambassadeur de la Palestine à l'Unesco, Elias Sanbar, ce premier congrès du Fatah depuis 1989 est «une réussite pour Mahmoud Abbas », réélu à la tête du parti.

Tenu dans un climat parfois houleux et sous le feu des critiques d'une population palestinienne qui s'est peu à peu détournée de ses dirigeants historiques, le congrès du principal parti laïc palestinien en quête d'un nouvel élan après ses déroutes électorales face au Hamas, s'est doté mardi d'une direction rajeunie avec comme figure de proue Marwane Barghouthi, véritable symbole palestinien emprisonné à vie en Israël. Outre Barghouthi, qui purge cinq peines de prison à perpétuité pour son rôle dans l'Intifada contre l'occupation, treize nouveaux membres ont fait leur entrée au Comité central du Fatah sur 18 élus. Pour l'ancien membre de l'équipe de négociation palestinienne, la principale réussite de ce congrès a été «le niveau élevé de démocratie» dans lequel il s'est déroulé, malgré l'occupation israélienne, les désaccords internes et la division interpalestienne. Et il prévient: selon ses informations, en septembre, le Proche-Orient va bouger. Entretien.

 

Image 1_23.png

Elias Sanbar, quel bilan tirez-vous du congrès du Fatah, le premier depuis 20 ans, auquel vous venez d'assister, et qui s'est achevé mardi après de nombreux reports de vote ?
Quoi qu'on en dise, ce congrès est une réussite pour le président réélu, Mahmoud Abbas. Il tenait à tout prix à avoir ce congrès en Palestine, il s'est tenu en Palestine. Il avait promis qu'il arriverait à faire rentrer les délégués du Liban, de Syrie, de Jordanie, et tous sont rentrés, ce qui apparaissait pourtant délicat par rapport aux autorités israéliennes.
Le congrès s'est tenu dans des conditions difficiles, mais c'est compréhensible: il a réuni plus de 2 500 délégués, sans compter les délégations étrangères, la presse...
Les deux premières journées ont été l'occasion pour beaucoup de dire ce qu'ils avaient sur le cœur. Ces 48 heures ont été extrêmement agitées, mais sans entraves.
Cela a d'ailleurs parfois dépassé les règles du respect mutuel: tout le monde a vidé son sac.
Ensuite, s'est posé un problème au niveau du vote. Le premier aspect de ce problème a été le fait qu'il y avait 500 membres du congrès bloqué à Gaza par le Hamas. Il fallait à tout prix qu'ils votent, et cette question a entraîné un long débat, avant que les membres de Gaza finissent par pouvoir voter.
Le discours d'ouverture du président Abbas a été dans la ligne que l'on connaît: la nécessité de relancer le mouvement, et surtout de remobiliser les troupes dans la perspective assez proche de négociations.
Il est clair que c'était l'un des enjeux principaux de ce congrès.


À quelle échéance auront lieu ces négociations ? Et de quels éléments disposez-vous pour les annoncer, alors que le processus de paix est au point mort depuis près de deux ans ?

Nous avons beaucoup d'informations. Les délégués américains que nous avons rencontrés laissent entendre que quelque chose que va être annoncé au mois de septembre. Il va falloir que le Fatah soit en état d'aller aux négociations. Si le président Obama n'a pas de catastrophe chez lui, il va proposer, avec ses alliés, une approche globale – et non plus spécifique – du conflit israélo-palestinien, une approche qui dresse les contours d'une solution régionale qui inclurait également la partie libanaise et la partie syrienne. C'est en tout cas les informations qui nous parviennent aujourd'hui. Nous savons qu'il y a une volonté du côté américain. Pourra-t-elle se réaliser? C'est la question à laquelle on pourra répondre dans quelques semaines.
Outre ces éléments, il y a aussi des signes annonciateurs d'un changement. En premier lieu, et de manière contradictoire, la folle cadence qu'a pris la colonisation israélienne ces dernières semaines. J'ai le sentiment d'assister à une espèce de course contre la montre avant qu'il ne soit trop tard. Le comportement aussi des autorités israéliennes pendant le congrès est un autre signe. J'avais moi-même la conviction qu'elles ne laisseraient pas faire. Et pourtant, il n'y a pas eu de blocages, et les délégués étrangers ont pu entrer pour participer au Congrès.

«Un niveau élevé de démocratie»

Plusieurs «nouveaux» font leur entrée au comité central du parti, dont Marwane Barghouthi, figure historique emprisonnée en Israël, et qui s'oppose depuis longtemps à la direction du Fatah...
Ce qui a été intéressant dans le processus de vote, c'est qu'il a été profondément démocratique. Plusieurs cadres importants du parti, en position de force dans l'appareil, n'ont pas été reconduits, comme Ahmed Qoreï par exemple. Cela s'est parfois joué à une voix près. De même, lorsqu'on qu'un doute a plané sur la commission électorale, elle a immédiatement été démantelée.

L'enjeu n'est cependant pas lié au nombre de contradicteurs –comme je préfère les nommer, plutôt qu'"opposants"–, car le Fatah possède une grande tradition de débats, souvent houleux. Maintenant, une catégorie de militants (qui a beaucoup lutté et apporté au mouvement, sans recevoir en contrepartie le pouvoir auquel elle avait droit) a du poids dans l'appareil. Mais ceci va-t-il permettre de redynamiser le mouvement, qui était dans une situation de paralysie ? Ce renouvellement au sein des dirigeants va-t-il engendrer un renouvellement à la base ? C'est tout le défi. Je ne sais pas s'il sera relevé. D'autant que tout cela se passe dans une société occupée, sous la domination d'Israël.

Le programme politique, qui constituait jusque-là une des faiblesses du Fatah, a été élaboré lors du congrès par plusieurs commissions. Quels en sont les grandes lignes ?
J'ai participé à la commission politique, et de mon point de vue, le programme élaboré a réussi trois choses: maintenir la continuité, pour un mouvement qui a été le premier, après 1948 à faire émerger une résistance et l'idée d'une libération nationale. Le deuxième facteur, c'est une prise en compte de l'évolution des luttes: le programme entérine la volonté d'aller vers une solution négociée avec Israël, sans rejeter le fait qu'un mouvement peut, dans le cadre d'un échec total des choix diplomatiques, passer de nouveau à d'autres formes de combats.
Le troisième point, d'ordre interne, c'est la question, posée sans tabou, de la nouvelle forme à donner au parti, sans attendre la fin de l'occupation, ce qui est essentiel.
Mais encore une fois, si je suis optimiste face à ce texte, je ne sais pas si le défi pourra être relevé dans la réalité.

Dans ce congrès, quelle a été la place accordée à la question cruciale du dialogue avec Hamas ?
Beaucoup de membres du Fatah pensaient que quelle que soit notre appréciation du Hamas, et les affrontements armés que nous avions eu avec lui, l'intérêt est celui de l'union nationale. Cette question a été prépondérante à la veille du congrès. Mais la prise d'otages de 500 membres du Fatah, empêchés de voter au congrès par le Hamas, a fait basculer les choses. Il est apparu qu'il y a avait un sabotage très clair, qui a durci la position des partisans d'un dialogue.
Le fait qu'ensuite, les 500 membres de Gaza ont finalement voté, a été ressenti comme une grande victoire de ce congrès, contre le chantage du Hamas.
Maintenant, je peux vous dire une chose : je ne sais pas ce que fera le Hamas si la négociation s'ouvre et les négociateurs palestiniens reviennent avec des acquis. Là, il y aura une sacrée crise pour ce mouvement. Car il ne faut pas oublier que la ligne du Hamas est basée sur le fait que les négociateurs palestiniens reviennent en permanence les mains vides. S'ils rentrent cette fois avec des acquis, alors le peuple ne continuera plus à penser que la négociation est stérile. D'autant plus que, selon les informations dont je dispose, il y a aussi un profond mécontentement à Gaza à l'encontre de la gestion du Hamas.

Ce mécontentement des Palestiniens s'exprime aussi depuis plusieurs années, et de manière très forte en Cisjordanie à l'encontre de l'Autorité palestinienne et du Fatah...

Bien entendu, ce mécontentement existe, du fait que l'occupation israélienne continue. Et le peuple estime que sa vie est chaque jour plus compliquée. C'est vrai qu'il y a beaucoup de choses qui ne vont pas, qu'il y a encore au sein de l'administration beaucoup de gens incapables.
Ceci dit, il faut être aussi impartial, et reconnaître qu'il y a eu énormément d'avancées, dans des conditions extrêmement paradoxales, menées par le gouvernement de Salam Fayad [premier ministre palestinien]. Quelques exemples: la quasi-totalité des villes sont aujourd'hui sécurisées, il n'y a plus tous ces phénomènes de voyous qui s'étaient développés; au niveau du ministère des finances, il y a désormais une rationalité incontestable, et les salaires des fonctionnaires arrivent tous les mois à 180 000 familles, ce qui n'est pas évident dans le contexte d'occupation; le ministère de l'éducation travaille très bien également et obtient des résultats. On critique beaucoup l'Autorité palestinienne et le Fatah, parfois avec justesse, mais il faut savoir faire la part des choses, et reconnaître aussi les acquis positifs du gouvernement palestinien.


Links:
[1] http://www.mediapart.fr/club/blog/Pierre Puchot
[2] http://www.mediapart.fr/journal/international/270109/palestine-que-faire-avec-le-fatah-parti-impopulaire-et-exsangue
[3] http://www.mediapart.fr/journal/international/070809/palestine-la-vieille-garde-verrouille-le-congres-du-fatah
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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 10:49
Point de vue
Israël-Palestine : le temps de la paix est venu, par Jean Frydman
LE MONDE | 31.07.09 | 13h49  •  Mis à jour le 31.07.09 | 13h49

epuis la décision de l'ONU de novembre 1947 de partager la Palestine mandataire en un Etat juif et un Etat arabe, Israéliens et Palestiniens n'ont jamais cessé de se faire la guerre. Ce fut le rejet par les Arabes de cette résolution fondatrice, qu'Israël avait acceptée, qui provoqua la guerre de 1948 et la tragédie des réfugiés palestiniens. Cinq Etats arabes attaquèrent le jour même de sa naissance ce mini-Etat de 600 000 habitants. Les armées de l'Irak, de l'Egypte, de la Jordanie, du Liban et de la Syrie ne parvinrent cependant pas à défaire la mini-armée d'Israël. Par la suite, Israël pratiqua une politique d'attaques préventives (sauf, évidemment, lors de la guerre de Kippour), occupa la Palestine et refusa de reconnaître l'Etat palestinien.

Le temps est venu pour les Israéliens d'admettre, enfin, que l'Autorité palestinienne doit devenir un Etat souverain, pour les Palestiniens d'accepter qu'Israël, leur voisin, mérite de vivre dans la sécurité et dans la paix. Le temps est venu pour le monde arabo-musulman de reconnaître qu'un Etat juif vivant en bonne intelligence avec lui ne représente de danger ni pour l'islam ni pour les Etats arabes, et doit pouvoir, comme tout autre Etat, participer de droit au concert des nations du Proche et du Moyen-Orient.

Car enfin, comment un pays représentant la superficie de trois départements français et une population de 7 millions d'habitants, dont plus d'un million de citoyens arabes, pourrait-il constituer une menace pour une vingtaine d'Etats arabes et environnants peuplés de plus de 300 millions d'habitants ?

Côté israélien, si tant de conférences n'ont jusqu'à présent pas abouti, cela tient principalement à deux raisons : une méfiance solidement ancrée dans un peuple vivant en environnement hostile ; et un système politique défaillant, éclaté au point de condamner à l'impuissance les coalitions au pouvoir à Jérusalem.

Le temps est venu pour le gouvernement actuel, où 3 leaders de premier ordre s'entendent et se soutiennent - Shimon Pérès, président de l'Etat et Prix Nobel de la paix, Benyamin Nétanyahou, premier ministre, représentant la légitimité politique, Ehoud Barak, ministre de la défense, représentant la légitimité militaire - d'être un gouvernement d'union nationale pour la paix plutôt que pour la guerre.

Deux raisons ont également tout bloqué chez les Palestiniens : un leadership qui jusqu'à présent n'a jamais vraiment voulu la paix ; et un système déchiré en factions rivales, incapables de parvenir à toute décision commune.

Au cours de ces trente dernières années, le monde arabe a produit trois avancées majeures, sous l'impulsion de trois dirigeants exceptionnels : le président égyptien Anouar El-Sadate, le roi Hussein de Jordanie et le roi Abdallah d'Arabie saoudite. Les initiatives des deux premiers ont apporté la paix entre Israël et leurs pays respectifs. Le temps est venu d'écouter, avec tout le sérieux nécessaire, la proposition du troisième, la plus importante depuis le début du conflit : initiative saoudienne adoptée par la Ligue arabe en mars 2002, à Beyrouth, et réactivée par Riyad, en mars 2007. Le roi propose également la paix, mais avec l'ensemble du monde arabe et musulman. Paradoxalement, cela peut s'avérer plus facile qu'avec le seul Etat palestinien. Mais pour donner une chance à cette démarche audacieuse, Israël doit oeuvrer sans tarder à la création de l'Etat palestinien.

Alors pourra s'engager la négociation ultime entre égaux, entre deux Etats souverains reconnus par l'ensemble de la communauté internationale, afin d'aboutir, enfin, à la solution de tous les conflits nés de l'affrontement israélo-arabe. Alors Israël pourra s'intégrer dans un des espaces économiques les plus vastes du monde, qu'il fera bénéficier de son expérience démocratique, économique et sociale. C'est cette relation avec le monde arabe qui sera l'assurance d'une vraie sécurité pour chacun.

Le temps est venu pour les dirigeants et les peuples de la région d'accepter que même les conflits les plus longs, les plus douloureux, les plus difficiles, se terminent un jour par la paix.


Jean Frydman est industriel et conseiller de Shimon Pérès et Ehoud Barak.

Article paru dans l'édition du 01.08.09
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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 11:28
Palestine : les mots ne suffisent pas pour stoper la colonisation
Par Hind Khoury

 

Liens:
[1] http://www.elysee.fr/download/?mode=press&filename=23.06_Knesset.pdf
[2] http://www.lapaixmaintenant.org/
[3] http://www.rue89.com/via-marseille/quand-le-tramway-de-marseille-fait-un-detour-par-jerusalem
[4] http://www.icrc.org/dih.nsf/48f761e1a61e194b4125673c0045870f/e8acc1a1e2a34f5fc1256414005deecc
[5] http://www.google.fr/url?sa=t&source=web&ct=res&cd=1&url=http://www.un.org/french/documents/sc/res/1980/80r465f.pdf&ei=b4ppSumnJdyH_AaJv8WsCw&usg=AFQjCNEcDkbCav0GplgT8AmaYWFvnT7x5Q&sig2=Y-GKdTnDDR0seDnrOzBUfA
[6] http://www.rue89.com/2009/05/02/carrefour-cible-dun-boycott-muscle-des-produits-israeliens
[7] http://www.rue89.com/via-marseille/quand-le-tramway-de-marseille-fait-un-detour-par-jerusalem
[8] http://www.rue89.com/tag/palestine
[9] http://palestine-diplo.blogspot.com/
[10] http://www.icrc.org/dih.nsf/48f761e1a61e194b4125673c0045870f/e8acc1a1e2a34f5fc1256414005deecc
[11] http://www.lapaixmaintenant.org/
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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 14:54

Obama contre Nétanyhou

Libération - jeudi 23 avril 2009 - Par Bernard Guetta

Ce sont des mots, deux mots, qui pèseront lourd sur la scène internationale. A Ramallah puis au Caire, le nouveau représentant spécial de la Maison Blanche pour le Proche-Orient a non seulement martelé, la semaine dernière, que Barack Obama voulait parvenir à un règlement israélo-palestinien fondé sur «la coexistence de deux Etats» mais ajouté, dans le même souffle, que cela relevait de «l’intérêt national» des Etats-Unis.

George Mitchell vient, autrement dit, de signifier au gouvernement Nétanyahou que l’Amérique n’admettrait pas qu’il persiste dans son refus de la création d’un Etat palestinien. Entre Israël et les Etats-Unis, une épreuve de force se dessine et elle s’annonce rude car, contrairement à l’idée reçue, les Etats-Unis n’ont jamais hésité à tordre le bras des Israéliens lorsqu’ils estimaient que leur «intérêt national» était en jeu.

Ils l’avaient fait en 1956, en sommant Israël, la France et la Grande-Bretagne d’interrompre leur offensive militaire contre l’Egypte. Ils l’avaient refait en 1991, après la première guerre du Golfe, en obligeant Israël à prendre part à la conférence de Madrid, la première conférence de paix israélo-palestinienne, et tout les y pousse aujourd’hui.

Ce n’est pas seulement que l’Amérique en soit venue à réaliser, sous Barack Obama, que la persistance du conflit israélo-palestinien constituait l’un des principaux terreaux de l’islamisme. C’est aussi que, pour convaincre les Iraniens de sceller un compromis avec eux, les Etats-Unis ont besoin de leur montrer qu’un apaisement de ce conflit s’amorce, qu’ils prennent les choses en main, que l’antiaméricanisme va, donc, régresser au Proche-Orient et qu’ils ne pourront en conséquence plus compter sur le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien pour assurer leur influence régionale.

La «solution à deux Etats» est, aujourd’hui, l’un des chemins obligés d’un accord avec l’Iran, de ce grand deal sans lequel les Américains ne pourront ni se sortir des guêpiers irakien et afghan ni obtenir que la République islamique renonce à ses ambitions nucléaires. La création d’un Etat palestinien est devenue un tel enjeu stratégique pour Washington que même George Bush l’avait compris dans la dernière année de son mandat ; mais le «lobby juif» diront tous ceux, antisémites ou pas, qui s’imaginent qu’Israël contrôle les Etats-Unis ?

La réponse est, d’abord, que les organisations juives américaines et le lobby pro-israélien (ce n’est pas la même chose) ne sont pas plus influents que n’importe quel autre lobby de Washington dès lors qu’il y a divergence entre les intérêts israéliens et américains. On l’avait bien vu en 1956 et en 1991. On l’a constamment vu avec l’inébranlable refus des Etats-Unis de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et le judaïsme américain, en second lieu, est tout, sauf monolithique.

Majoritairement démocrates comme le sont toutes les minorités américaines, les juifs américains ont voté à près de 80 % pour Barack Obama, 72 % d’entre eux approuvent son approche du conflit proche-oriental et, à en croire ce même sondage publié par J Street, organisation qui s’est imposée, en un an, comme «pro Israël et pro mouvement de la paix», ils sont 76 % à soutenir l’idée d’un règlement reprenant les grandes lignes du plan Clinton, Etat palestinien et partage de Jérusalem compris.

Lorsque Barack Obama s’emploie à changer la donne entre les Etats-Unis et l’Islam, il n’est nullement en rupture avec le judaïsme américain qui a appris, comme l’ensemble du pays, à ne plus voir un terroriste en tout musulman. Huit années bientôt se sont écoulées depuis le 11 Septembre mais reste que, pas plus que Jérusalem ne fait la loi à Washington, Washington ne la fait à Jérusalem.

A la tête du gouvernement le plus à droite qu’Israël ait jamais eu, Benjamin Netanyahou ne se convertira pas, d’un coup, au pacifisme mais, outre que l’armée et l’économie israéliennes dépendent beaucoup des Etats-Unis, il aura du mal à résister à l’offensive de Barack Obama qui ne se contente pas de faire pression sur lui. Le président américain est, parallèlement, en train d’intégrer à sa diplomatie le plan de paix saoudien, proposition de reconnaissance d’Israël par l’ensemble des pays de la Ligue arabe en échange de la création d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967. C’est une paix globale, israélo-arabe, que Barack Obama veut mettre dans la balance, tant vis-à-vis de Netanyahou que des Iraniens.

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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 17:59
Deux articles intéressants qui parlent du dernier livre de Schlomo Sand, historien israélien... Il existe sans doute des choses contestables mais cela mérite tout de même réflexion.

Le Monde Diplomatique

Déconstruction d’une histoire mythique

Comment fut inventé le peuple juif

Les Juifs forment-ils un peuple ? A cette question ancienne, un historien israélien apporte une réponse nouvelle. Contrairement à l’idée reçue, la diaspora ne naquit pas de l’expulsion des Hébreux de Palestine, mais de conversions successives en Afrique du Nord, en Europe du Sud et au Proche-Orient. Voilà qui ébranle un des fondements de la pensée sioniste, celui qui voudrait que les Juifs soient les descendants du royaume de David et non — à Dieu ne plaise ! — les héritiers de guerriers berbères ou de cavaliers khazars.

Par Shlomo Sand

Tout Israélien sait, sans l’ombre d’un doute, que le peuple juif existe depuis qu’il a reçu la Torah (1) dans le Sinaï, et qu’il en est le descendant direct et exclusif. Chacun se persuade que ce peuple, sorti d’Egypte, s’est fixé sur la « terre promise », où fut édifié le glorieux royaume de David et de Salomon, partagé ensuite en royaumes de Juda et d’Israël. De même, nul n’ignore qu’il a connu l’exil à deux reprises : après la destruction du premier temple, au VIe siècle avant J.-C., puis à la suite de celle du second temple, en l’an 70 après J.C.

S’ensuivit pour lui une errance de près de deux mille ans [...]

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L’historien Shlomo Sand affirme que l’existence des diasporas de Méditerranée et d’Europe centrale est le résultat de conversions anciennes au judaïsme. Pour lui, l’exil du peuple juif est un mythe, né d’une reconstruction à postériori sans fondement historique. Entretien.

Parmi la profusion de héros nationaux que le peuple d’Israël a produits au fil des générations, le sort n’aura pas été favorable à Dahia Al-Kahina qui dirigea les Berbères de l’Aurès, en Afrique du Nord. Bien qu’elle fût une fière juive, peu d’Israéliens ont entendu le nom de cette reine guerrière qui, au septième siècle de l’ère chrétienne, a unifié plusieurs tribus berbères et a même repoussé l’armée musulmane qui envahissait le nord de l’Afrique. La raison en est peut-être que Dahia Al-Kahina était née d’une tribu berbère convertie semble-t-il plusieurs générations avant sa naissance, vers le 6e siècle.

D’après l’historien Shlomo Sand, auteur du livre « Quand et comment le peuple juif a-t-il été inventé ? » (aux éditions Resling - en hébreu), la tribu de la reine ainsi que d’autres tribus d’Afrique du Nord converties au judaïsme sont l’origine principale à partir de laquelle s’est développé le judaïsme séfarade. Cette affirmation, concernant les origines des Juifs d’Afrique du Nord à partir de tribus locales qui se seraient converties - et non à partir d’exilés de Jérusalem - n’est qu’une composante dans l’ample argumentation développée dans le nouvel ouvrage de Sand, professeur au département d’Histoire de l’Université de Tel Aviv. [...]

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Published by FARAVEL - dans Proche Orient
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