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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

22 mai 2007 2 22 /05 /mai /2007 14:53
Piero Fassino, secrétaire des Démocrates de gauche, explique dans un entretien au "Monde" les raisons de la recomposition de la gauche italienne.
Piero Fassino : "Le vieux schéma tripolaire droite, centre, gauche, ne fonctionne plus"
LE MONDE | 22.05.07 | 13h41 • Mis à jour le 22.05.07 | 13h41


pierofassino.jpgssu de la fusion des 2 principaux partis de centre gauche, les Démocrates de gauche (DS, héritiers du Parti communiste italien) et la Démocratie libérale-Marguerite (DL, héritiers de la Démocratie chrétienne), le Parti démocrate - une formation de type social-démocrate - doit voir le jour le 14 octobre, dans le cadre d'une assemblée constituante pour laquelle les dirigeants des deux formations comptent faire voter un million de sympathisants.

Quels sont les objectifs du Parti démocrate ?

Avec la coalition de l'Olivier, nous avons mis en route depuis 12 ans, et plus particulièrement ces 5 dernières années, un processus d'unification de notre électorat qui a besoin d'être complété.
Le Parti démocrate entre dans le cadre d'une stratégie d'unité des forces réformistes qui s'est déjà réalisée dans L'Olivier et qui a été approuvée par les électeurs. Le deuxième objectif est d'amorcer une réorganisation du système politique à travers une réforme des partis. La réforme des institutions et celle de la loi électorale ne suffisent pas.

En Italie, nous en avons la preuve : l'adoption d'un système bipolaire majoritaire n'a pas mis fin à la culture proportionnelle. C'est pourquoi nous mettons en place une grande force politique qui a l'ambition de réunir plus de 30 % de l'électorat. Notre but est de dépasser la désespérante fragmentation politique qui caractérise le système italien.

Pourquoi le faire maintenant ?

Nous sommes à un moment où le pays a besoin de grands changements et de réformes profondes. Cela ne peut pas se faire seulement à travers le gouvernement. Pour conduire une phase de grande transformation, on a besoin de s'appuyer sur un grand parti politique. Aux États-Unis, Roosevelt l'a fait pour son New Deal, Adenauer en Allemagne après la guerre et de Gaulle au moment de créer la Ve République.

L'Italie d'aujourd'hui a besoin d'une grande formation de centre gauche qui soit le moteur du changement.

Sur quel projet idéologique repose cette gauche réformatrice ?

Le Parti démocrate est l'équivalent italien des grands partis sociaux-démocrates européens, en termes de culture, de programmes et de rôle. Sauf qu'on ne peut pas parler seulement de social-démocratie parce que, en Italie, il y a en plus l'apport d'une culture catholique progressiste.

Une constante italienne, c'est le catholicisme en politique. Pendant longtemps, les catholiques ont été représentés par un parti, la Démocratie chrétienne, qui avait une vertu : c'était un parti du centre qui regardait à gauche, c'est-à-dire qui a empêché que les catholiques deviennent la base d'une action conservatrice.

Depuis qu'il n'y a plus de parti catholique, la tentation est récurrente de greffer sur le monde catholique une politique de droite. Le Parti démocrate est aussi la réponse à ce problème : maintenir le monde catholique dans le camp progressiste.

L'avenir de la gauche en Europe est-il celui-ci, toujours plus au centre ?

Les élections des 2 dernières années en Europe se sont jouées à un point ou un point et demi. Cela signifie que la compétition est de plus en plus centre-droit contre centre-gauche. Le vieux schéma tripolaire droite, centre, gauche, l'un cherchant à gagner contre les deux autres, ne fonctionne plus.

Même en France, l'hypothèse d'un Bayrou comme troisième pôle s'est révélée inexistante. Il doit choisir, être ici ou là. La gauche doit être capable de parler au centre et de le représenter. Le parti qui guide le front progressiste doit toujours être un grande formation de centre gauche. C'est ce qu'ont fait Tony Blair avec le Parti travailliste et Gerhard Schröder avec le SPD.

Votre expérience peut-elle servir de modèle pour le Parti socialiste français ?

Il n'y a pas de doute que l'élection présidentielle pose ce problème en France. Mais elle ne le pose pas seulement au PS. Il serait trop simple de dire que la gauche ne peut pas vivre sans une alliance avec le centre ; ce dernier doit aussi absolument s'allier. C'est tout le schéma qui a changé.

Il faut réorganiser le système politique en fonction de cette bipolarité nouvelle. Ce n'est pas un hasard si des dirigeants français comme Michel Rocard, Jacques Delors et Dominique Strauss-Kahn regardent avec intérêt notre expérience.

Partout, il faut une force pour conduire une alliance plus large car, en Europe, la bipolarisation n'est jamais un bipartisme.

Propos recueillis par Jean-Jacques Bozonnet
Article paru dans l'édition du 23.05.07

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28 février 2007 3 28 /02 /février /2007 09:57
Benoît Hamon invité de "En ligne Citoyens" | 21 février 2007
ligne

Benoît Hamon était le 21 février 2007 l’invité du site "En ligne Citoyens" pour participer à un chat et à une interview vidéo.

Retrouvez le chat à cette adresse

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11 février 2007 7 11 /02 /février /2007 05:12

2009 : la France hors de l'UE (suite)

Le 1er février, dans un papier intitulé "la France hors de l'UE", j'évoquais le trouble des socialistes français à la lecture d'une interview de Martin Schulz où il considérait que la question de l'appartenance de la France à l'UE serait posée si elle disait une nouvelle fois "Non" à un nouveau compromis institutionnel.

Devant l'émotion des députés européens français, il nous adressait un démenti et le script de ses déclarations. Vérification faite, ce démenti est resté "confidentiel" et n'a pas été adressé à Libération. Un bref échange avec Jean Quatremer, le journaliste m'a confirmé que Martin Schulz a bien prononcé les phrases publiées. Mes excuses donc à Jean Quatremer dont j'ai mis en cause le travail. Mes regrets que derrière cette "gaffe", un tel scenario - la France hors de l'UE - puisse être sérieusement envisagé par Martin Schulz.

Benoît Hamon
député socialiste européen
secrétaire national du PS au projet européen

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1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 11:22
LibVendredi denier, passée la stupeur, c'est le mécontentement qui caractérisait les échanges entre  plusieurs membres du secrétariat national du PS à la lecture de l'interview donnée à Libération par Martin Schulz Président du groupe socialiste au Parlement européen.

Dans son édition du 26 janvier le journaliste Jean Quatremer rapportait la réponse suivante à sa question, "si la France vote une deuxième fois "non" en 2009, l'Europe peut-elle continuer sans la France?"

Martin Schulz, «s'il ya un deuxième non après que toute l'Europe a essayé de trouver des compromis avec la France, la question de l’appartenance de la France à l’Union sera posée ».

Plusieurs d'entre nous, parlementaires européens, responsables du PS, avions décidé de rendre publique notre désaccord total avec le fond et la méthode des propos de Martin Schulz. En effet qu'un dirigeant européen de son statut, en outre responsable politique allemand de premier plan, puisse envisager l'Union européenne sans la France, au détour d'une interview de bas de page dans Libé, et ceci au coeur la compagne présidentielle, était à nos yeux, aussi stupéfiant qu'absurde. Il n'y a pas d'Union Européenne possible au sens d'union politique sans la France ou l'Allemagne.

Pourtant, lundi, martin Schulz, anticipant notre  réaction, nous a fait parvenir le rectificatif suivant :

Libération a publié une interview de Martin Schulz dans son édition du 26 janvier 2001 qui lui attribue une citation tronquée qui ne correspond en aucune manière à l'enregistrement sonore. A la question "si la France vote une deuxième fois "non" en 2009, l'Europe peut-elle continuer sans la France?", Martin Schulz a répondu au journaliste : " ....(Si) un gouvernement socialiste mené par Ségolène Royal trouve un accord avec les autres Etats membres en Europe et n'arrive pas à gagner, pour ce compromis, le peuple français, alors il faut donc poser une question: est-ce que le peuple français ne veut plus du gouvernement ou de l'Europe. Si pour la deuxième fois après que le gouvernement de la France a dit oui, le peuple dit non, ce ne sera pas seulement une crise pour l'Europe cela sera une crise pour la France car un gouvernement français qui trouve des compromis avec ses partenaires et ensuite est puni encore une fois pour ça, c'est inimaginable".

Ce rectificatif m'inspire un commentaire. Si la citation publiée dans Libération procède d'un raccourci dont le journaliste est le seul responsable, c'est édifiant. Je ne commenterai pas davantage. Les lecteurs de libération s'en chargent déjà, hélas, en préférant d'autres lectures quotidiennes. Enfin, si je devais exprimer un souhait, ce serait que Martin Schulz publie ce démenti dans les colonnes de Libération, manière de clore cet épisode malheureux.

Benoît Hamon
Député européen
secrétaire national du PS
au projet européen

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9 janvier 2007 2 09 /01 /janvier /2007 09:22
Les Echos, 8 janvier 2007 - Benoît Hamon, député européen, secrétaire national du Parti socialiste pour les questions européennes
Que faire de la Banque centrale européenne ?

"Ce n'est plus à M. Trichet de décider de notre avenir, c'est aux dirigeants démocratiquement élus !" Cette phrase prononcée par Ségolène Royal lors du congrès des socialistes européens à Porto a fait couler beaucoup d'encre. Elle prolonge pourtant l'inquiétude de ceux qui constatent que, loin de se contenter de définir la politique monétaire, la Banque centrale européenne (BCE) outrepasse régulièrement les missions que lui assignent les traités.

Il y a plusieurs raisons à cela.

En premier lieu, les gouvernements ne peuvent plus être de véritables acteurs de la politique macroéconomique européenne. Exclus de la définition de la politique monétaire, ils sont aussi contraints dans leurs politiques budgétaires. Les critères du Pacte de stabilité et de croissance ainsi que les sanctions prévues contre les Etats contrevenants constituent la plus fameuse restriction à leurs marges de manoeuvre. De plus, la concurrence fiscale, la liberté de mouvement des capitaux et des contribuables, et le caractère quasiment intangible du secret fiscal dans le marché intérieur, exercent une pression constante à la baisse des prélèvements obligatoires et contribuent au resserrement des moyens affectés aux dépenses publiques et sociales.

En second lieu, cette inertie budgétaire nationale n'est pas compensée par une capacité d'action collective européenne. Le budget européen, limité à 1,04 % du PIB, est incapable de prendre le relais des moyens budgétaires défaillants des Etats. Il ne finance même pas les objectifs que les Etats membres se sont fixés dans le cadre de la stratégie de Lisbonne. Pis, en n'honorant pas la promesse de solidarité à l'égard des nouveaux Etats membres, ce budget les incite au dumping fiscal pour rattraper le retard de développement qu'aucun des investissements financés par l'Union ne leur permet de combler.

En troisième lieu, depuis le jeune couple qui guette l'évolution des taux pour acheter une maison jusqu'au cadre ou à l'ouvrier qui s'intéresse à la compétitivité de sa production libellée en euros face à la concurrence libellée en dollars, tous partagent avec leurs élus la même impuissance à pouvoir contrôler démocratiquement la politique menée par la BCE dans deux domaines : la fixation de ses taux directeurs et l'évolution du taux de change avec le dollar.

Il n'y a pourtant aucune fatalité. Tout le monde semble avoir oublié qu'en vertu des traités, c'est bien à l'échelon politique du Conseil que doivent se discuter les orientions de la politique de changes en lien avec la BCE chargée de les mettre en oeuvre. Le temps n'est d'ailleurs pas si lointain où les gouvernements décidaient de ne pas laisser faire. En 1995, l'évolution du dollar était corrigée par les Etats-Unis au moyen de simples déclarations coordonnées entre le gouvernement américain, la Réserve fédérale (Fed) et les gouvernements du G7. De même, en septembre 2000, la BCE stoppait la glissade de l'euro face au dollar avec une efficacité qui s'est confirmée dans les mois qui ont suivi. Bref, entre une orientation générale de politique de change et l'inaction, il y a un fossé que les traités permettent de combler.

La deuxième action politique d'importance serait de parvenir à une représentation unifiée de la zone euro dans les institutions financières internationales, le FMI en premier lieu. Cette voix unique pourrait contribuer à défendre efficacement les intérêts européens dans un système financier international instable et menacé par une possible « correction désordonnée des déséquilibres globaux », en clair une crise financière sans précédent qui viendrait compenser en quelques jours les déficits cumulés depuis de nombreuses années entre les Etats-Unis et l'Asie.

Cependant, la relance de la construction européenne a besoin d'être adossée à une croissance durable qui implique que nous nous autorisions à réfléchir au-delà de l'interprétation stricte des traités.

Si l'on accepte de s'affranchir d'une approche strictement juridique pour privilégier une approche plus politique, deux questions méritent d'ouvrir le débat avec nos partenaires : le mandat de la BCE et le contrôle politique de son action.

On présente toute modification des traités concernant la BCE comme une révolution. Soyons sérieux. Les plus radicaux ne proposent pas plus « révolutionnaire » que d'épouser le modèle monétaire des Etats-Unis !

Le mandat de la Fed comprend en effet la recherche du plein-emploi, quand celui de la BCE met au premier plan l'objectif de la stabilité des prix, reléguant au second la croissance et l'emploi.

Quant au contrôle politique qu'exercent le Congrès et l'exécutif des Etats-Unis sur l'action de la Fed, il tient à quatre instruments : les auditions régulières au Congrès, l'intervention du Congrès et du président dans les nominations, le fait que le pouvoir fédéral contrôle un budget équivalent à 20 % du PIB, la capacité du Congrès à modifier le système par le biais d'une simple loi. Ces deux derniers éléments font cruellement défaut dans le système européen.

A partir de ce modèle, de ses résultats et de la souplesse qu'il a montrée dans les périodes de crise, nous devons engager l'évaluation de la BCE en vue d'une révision de son mandat et de son pouvoir. Cela passe d'abord par l'application réelle des traités. Cela supposera plus tard de les modifier.

J'ai entendu que l'on s'émouvait de l'hétérodoxie monétaire de Ségolène Royal. Outre qu'elle est en phase avec son parti et en résonance avec une grande majorité de l'opinion qui mesure dans sa vie quotidienne l'échec des politiques en cours, Ségolène Royal illustre concrètement comment réarmer le politique car sans modification des règles du jeu en Europe, toute rénovation démocratique nationale serait marginale.

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8 janvier 2007 1 08 /01 /janvier /2007 12:08
"Le traité constitutionnel européen, tel qu'il est, est mort"
Entretien avec Benoît Hamon - L'Humanité 22 décembre 2006

En charge des questions européennes au PS, l’eurodéputé Benoît Hamon plaide pour un « nouveau compromis institutionnel ».

Quel jugement portez-vous sur les initiatives actuellement prises dans le but de déterrer la constitution européenne ?

L’initiative conjointe du Luxembourg et de l’Espagne (une réunion des pays ayant ratifié la constitution - NDLR) au prétexte de ne pas oublier les pays ayant dit oui poursuit à mon avis un objectif : isoler la France. C’est, je crois, une démarche négative. En dernière instance, l’intention de ces pays est-elle de mettre en oeuvre la constitution européenne sans la France ? Si c’est le cas, il faut qu’ils l’assument clairement.

En Europe, le «non» a marqué des points ces derniers mois. L’idée d’une renégociation d’un nouveau texte tirant les leçons du double "non" français et néerlandais fait son chemin. Les progrès accomplis en ce sens gênent les partisans du statu quo constitutionnel.

Comment vous situez-vous par rapport au Parti socialiste européen, qui met lui aussi en avant la nécessité de «respecter les oui» espagnol et luxembourgeois ?

Bien sûr qu’il faut respecter tout le monde mais le dire ne constitue pas une position politique. Nous sommes en face d’une réalité : le traité constitutionnel. Regardons ce qui est inscrit dans ce traité. Il stipule que le texte est caduc dès lors qu’un pays ne le ratifie pas. Une 2nde disposition, ajoutée par la Conférence intergouvernementale, prévoit que si un 5ème des pays ne le ratifie pas, le Conseil se réunit en urgence.

Le problème n’est donc pas de «respecter» le "oui" ou le "non", mais de savoir comment nous allons sortir de cette situation de blocage. Parce qu’il a été rejeté par la France et les Pays-Bas, mais aussi parce que 7 pays n’ont pas l’intention de le ratifier, le traité constitutionnel européen, tel qu’il est, est mort. En même temps, l’Europe ne peut pas fonctionner avec les institutions actuelles à 25 et demain à 27. Il faut donc trouver une solution pour sortir de cette impasse institutionnelle. Pour cela, il faudra renégocier. Le Conseil européen en a fixé le calendrier. La présidence allemande a pour mandat de dresser l’inventaire des solutions, et ce processus devra se conclure sous la présidence française en 2008. Mettons donc à profit cette période.

Ségolène Royal parle de «faire l’Europe par la preuve» avant d’aborder la question institutionnelle, sans en dire davantage sur le devenir du texte rejeté. Cette position n’est-elle pas ambiguë ?

Elle s’inscrit dans le projet de tous les socialistes. Notre projet avance la perspective d’un nouveau compromis institutionnel soumis aux Français par référendum. Sa volonté de «faire l’Europe par la preuve» sonne aujourd’hui comme une évidence. Dans une Europe où les politiques ont un impact sur les réalités sociales, il faut modifier le cours des politiques actuelles qui, au prétexte de moderniser notre modèle social, démantèlent les droits des salariés.

La candidate socialiste juge, à propos de la Banque centrale européenne, «qu’une forme d’indépendance» n’est pas incompatible avec «une forme d’obéissance». Cela ne vaut pas mise en cause des statuts actuels de la BCE...

Elle met en cause le fait que la BCE outrepasse son mandat et s’ingère dans le champ politique. L’indépendance de la BCE rend difficile toute réorientation de la politique monétaire en faveur de la croissance et de l’emploi. De surcroît, la BCE fait non seulement la sourde oreille aux recommandations de l’Eurogroupe lorsqu’il s’exprime, mais se permet de formuler les siennes sur les réformes structurelles que devraient conduire selon elle les États. Ségolène Royal juge inacceptable que Jean-Claude Trichet soit celui qui donne le la en matière économique. Elle a raison. Il faut revoir le rôle de la BCE.

Vous aviez défendu le "non" en 2005. Les clivages nés du référendum n’ont-ils plus lieu d’être aujourd’hui ?

Je crois que nous sommes sortis de cette séquence. Une majorité d’électeurs socialistes ont voté "non" en 2005. Or aucun de ces électeurs ne manque aujourd’hui à Ségolène Royal. Je ne crois pas que ce clivage soit opérant sur le terrain, pour les élections présidentielles. Il demeure un élément structurant du débat politique français, mais ce n’est pas un critère suffisant pour les échéances à venir.

Entretien réalisé par Rosa Moussaoui

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20 décembre 2006 3 20 /12 /décembre /2006 17:22
Divisés, les sociaux-démocrates suédois cherchent un nouveau dirigeant

3 mois après leur défaite aux législatives, les sociaux-démocrates suédois se cherchent un nouveau patron. En septembre, l'ex-premier ministre Göran Persson avait annoncé qu'il quittait la politique après 10 ans passés à la tête du parti et du gouvernement. Mais le choix s'avère difficile tant les successeurs potentiels font preuve de prudence.

La semaine dernière, les différents organes nationaux et régionaux du parti ont été consultés. Aucun nom n'est officiellement sorti. Mais, depuis des semaines, déclarations et dénégations se succèdent. Jusqu'à présent, les spéculations ont bien plus porté sur les personnes que sur la politique, même si l'on sait que d'ici au congrès de mars 2007, qui entérinera le choix du futur responsable du parti, la gauche et la droite du parti vont s'opposer. Les premiers veulent abandonner la discipline budgétaire, tandis que les autres sont prêts à revoir le droit du travail.

Mais tous semblent souhaiter une femme. La plus populaire est aussi la moins probable : Margot Wallström, vice-présidente de la Commission européenne, répète qu'elle souhaite aller au bout de son mandat de commissaire chargée de la communication en 2009.

Certains remarquent qu'elle est sans doute trop pro-européenne pour être capable de rassembler un parti profondément divisé sur l'Europe. Mme Wallström a beau dire qu'elle ne veut pas du poste, personne en Suède ne semble vouloir la croire. Ses nombreux partisans citent Göran Persson qui, en 1996, avait dit non plusieurs fois pour finalement dire oui. Et telle semble être la stratégie en vogue chez les sociaux-démocrates. Carin Jämtin, ex-ministre de la coopération, très en vue également, et plus à gauche, a également refusé cet honneur, arguant qu'elle souhaitait se consacrer à la reprise de la mairie de Stockholm. Même discrétion de la part de Mona Sahlin. Vice-première ministre en 1995, elle avait eu le malheur de dire qu'elle était intéressée par le poste. Les traditionalistes du parti, qui appréciaient peu sa liberté, avaient alors fait front. Puis elle avait dû démissionner en novembre de la même année de ses fonctions ministérielles pour avoir utilisé la carte de crédit du gouvernement pour des achats personnels. D'autres femmes sont en lice, comme la présidente de LO, la puissante confédération syndicale, et même quelques hommes comme Pär Nuder, ancien bras droit de M. Persson.

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16 décembre 2006 6 16 /12 /décembre /2006 11:24

Bienvenue chez les Hérétiques !
Note d'Henri Emmanuelli sur le récent ralliement de Ségolène Royal à une vision critique de l'action et du statut de la Banque centrale européenne

Je ne résiste pas à la tentation de souhaiter à Ségolène Royal une bienvenue chaleureuse parmi les hérétiques de l’orthodoxie monétaire.

Oser rappeler une évidence démocratique de base, à savoir que « c’est aux gouvernements démocratiquement élus de décider de l’avenir de nos économies plutôt qu’à Monsieur Trichet », c’est commettre l’irréparable. C’est bousculer le tabernacle du monétarisme conservateur dont Milton Friedman, successivement conseiller d’Augusto Pinochet et de Margaret Thatcher, fut le messie à Chicago. C’est se condamner - j’allais écrire se damner - à prendre place parmi les manants et les gueux qui contestent l’un des piliers de la pensée économique néolibérale dans sa version européenne ultra-orthodoxe.

Sur le plan politique et institutionnel, l’idée imposée par les financiers et leurs thuriféraires que l’un des instruments essentiels de la politique économique, à savoir la politique monétaire, doit être soustraite du champ politique, c’est-à-dire de toute influence réputée néfaste du peuple souverain ou de ses représentants, est une difformité intellectuelle lourde d’arrières pensées conservatrices. Encenser la démocratie, jusqu’à vouloir l’imposer par la force, tout en lui retirant ses moyens d’action en matière économique (indépendance monétaire de la banque centrale, pacte de stabilité budgétaire et dumping fiscal) explique pour beaucoup l’insupportable carence démocratique de l’Europe telle qu’on veut nous l’imposer. La tentative, due à Monsieur Trichet, d’inclure dans le TCE cette aberration fut, pour ce qui me concerne, l’une des raisons principales de mon opposition à ce traité (avec l’interdiction d’un impôt Européen et de toute possibilité de déficit budgétaire). La démocratie sous tutelle des financiers s’exerçant par le biais d’une institution réputée indépendante n’est pas acceptable, et ne le sera jamais.

Sur le plan économique, ce monétarisme conservateur est tout aussi inacceptable. Aux antipodes de la conception pragmatique et instrumentale des anglo-saxons (eh oui, les ultralibéraux ne sont pas forcément de l’autre coté de l’Atlantique !) elle pénalise lourdement notre croissance et plombe le nécessaire déploiement international de l’Euro.

La surévaluation de l’Euro par rapport au dollar - mais aussi par rapport aux monnaies chinoises et japonaises - a coûté plus d’un point de croissance à la zone euro au cours des dernières années. Et bien davantage si on fait la comparaison avec les zones extra-européennes, comme l’ont démontré diverses études, notamment celles de l’O.F.C.E. Ajouter au handicap de compétitivité que nos modèles sociaux et nos contraintes environnementales font peser sur l’industrie européenne un handicap monétaire est un non sens qui ne trouve d’explication que dans une volonté politique sous-jacente d’araser ces modèles sociaux.

Justifier la hausse des taux par une menace inflationniste dont l’origine se situe dans la hausse des coûts de l’énergie n’est pas crédible : ce n’est pas la hausse des taux qui fera baisser le prix du pétrole. Expliquer que la croissance des liquidités ferait peser des menaces sur la croissance ne l’est pas davantage : en France, l’épargne représente 15% du PIB. Aux Etats-Unis, elle se situe à -10% du PIB ! Il n’y a que Monsieur Trichet pour ne pas le savoir.

En réalité, cette politique n’a qu’un seul objectif : peser sur les salaires en maintenant la croissance au dessous du taux qui réduirait celui du chômage réputé « structurel ». Accordons à Monsieur Trichet une certaine franchise et une constance certaine : aucun des rapports de la Banque Centrale Européenne - comme c’était déjà le cas pour les rapports de la banque de France - ne manque de mettre en garde contre la hausse des salaires ou le coût trop élevé de la main d’œuvre ! Quant aux prévisions de croissance jugée compatible avec la hausse des taux, elles sont, par leur faiblesse, un véritable aveu en creux sur les finalités réelles de ce malthusianisme monétaire ! D’où ma stupéfaction de lire, dans l’éditorial tout entier consacré à la défense de ce malthusianisme monétaire d’un grand quotidien de l’après-midi, que le principal souci de Monsieur Trichet était de sauvegarder le pouvoir d’achat des salariés (sic).

En réalité, cette politique monétaire fait le choix d’une protection sourcilleuse de l’épargne contre l’investissement, au détriment de la croissance. C’est une vieille conception patrimoniale, qui attribue à la monnaie une valeur intrinsèque que les anglo-saxons ne lui reconnaissent pas. Etrangère aux nécessités du dynamisme, exempte de toute imagination, elle véhicule tous les remugles des possédants d’une vieille Europe qui croit venu le temps d’une revanche totale sur la période, à ses yeux maudite, du compromis entre capital et travail qu’incarnait plus ou moins l’Etat Providence.

Du coup, vouloir modifier les objectifs de la B.C .E en y inscrivant, aux cotés de la stabilité de la monnaie, celui du plein emploi, serait un crime ! Comme si ce n’était pas le cas de la banque Fédérale Américaine dont Monsieur Trichet et ses épigones éditorialiste doivent penser qu’elle est une institution gauchiste !

Le dire, c’est encourir les foudres de tous les brahmanes incompétents ou cyniques qui veillent jalousement sur l’indépendance de la B.C.E. et le dogme de la stabilité monétaire.

Mais c’est aussi, ce qui est plus surprenant, voir le premier secrétaire du PS, si l’on en croit une dépêche, s’efforcer de nuancer les propos de Ségolène Royal en affirmant « que nous devons revenir à l’esprit des traités avant de vouloir les modifier ». Sauf erreur de ma part, il me semble pourtant que ce qu’a dit notre candidate figure dans la synthèse du Mans. Qu’il me soit permis de lui rappeler que ce n’était pas un point de détail. Et que l’ignorer serait une double faute : sur le fond comme sur la forme. Vis-à-vis des militants comme des 60% de socialistes qui ont voté Non le 29 Mai 2005, sans parler des deux tiers de la gauche qui a fait de même. Vient un moment où les acrobaties linguistiques ne sont plus de mise.

Quant au point de vue de Jacques Delors, qui, nous dit-on, aurait fait implicitement « la leçon à Ségolène Royal » en expliquant « que d’un point de vue technique, on demande trop à la monnaie et pas assez à l’économie » ou que son rapport de 1989 « reposait sur l’équilibre dialectique entre l’économie et le monétaire », ou bien encore « qu’il aurait fallu un pacte de coordination des politiques macro-économiques » qu’il me soit permis de lui dire, amicalement, que tout ce jargon finit par ressembler à du latin de messe.

Comment dissocier la politique monétaire et la politique économique ? Et que signifie « les inscrire dans un rapport dialectique » ? En quoi le malthusianisme monétaire pourrait être compensé par « une meilleure coordination des politiques macro-économiques » sauf à les aligner toutes sur une vision néolibérale dominée par la logique exclusive de l’économie de marché ? Va-t-il être possible, un jour, d’appeler chat un chat ? Et comment peut-on proposer aujourd’hui, sans rire, un « budget propre permettant d’accompagner les efforts des états » alors même que le T.C.E. excluait toute possibilité d’un impôt européen où d’un déficit budgétaire à ce niveau ?

Qui mentait à qui, en définitive, pour paraphraser la Une retentissante d’un hebdomadaire ?

Quant à reconnaître à la Commission européenne « une capacité de jugement et d’orientation », non merci Jacques : à mes yeux, Monsieur Barroso n’est pas plus compétent en matière économique qu’il ne l’a été en matière de politique étrangère, lorsqu’il paradait avec MM. Aznar et Bush au sommet des Açores ! On connaît son credo, à lui et à l’actuelle Commission, et ce n’est pas le nôtre.

L’Europe peut mieux faire qu’être l’instrument anonyme et non-démocratique d’un alignement forcé des pays qui la composent sur un modèle néolibéral suranné que les Etats-Unis eux même se gardent bien de mettre en œuvre.

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23 novembre 2006 4 23 /11 /novembre /2006 15:55
Aux Pays-Bas, percée des antilibéraux et d'un parti anti-immigrés

es électeurs néerlandais, appelés mercredi 22 novembre à renouveler leur chambre des députés, ont rendu leur pays difficilement gouvernable. La formation chrétienne démocrate du premier ministre sortant, l'austère Jan Peter Balkenende, que l'on disait en mauvaise posture en début de campagne, sauve sa mise en ne perdant que trois sièges pour en conserver 41 sur les 150 de l'assemblée. Mais ses alliés potentiels, aussi bien à droite qu'à gauche, sont étrillés.

Le Parti libéral (VVD), avec lequel il gouvernait jusque-là, perd 6 sièges et n'en conserve que 22. Les électeurs ont également pénalisé le Parti travailliste, 1ère formation d'opposition, dont le leader, Wouter Bos, subit une lourde défaite personnelle. Son parti ne conserve que 32 de ses 42 sièges alors qu'il était promis, il y a peu encore, à une victoire éclatante.

Les gagnants d'une élection qui a confirmé le grand fractionnement du paysage politique sont 2 formations situées aux extrêmes. Le Socialistische Partij (SP), formation antilibérale de gauche, triple sa représentation en passant de 9 à 26 sièges et devient le 3ème parti du royaume. Issue de la gauche maoïste des années 1970, cette formation, qui a joué un rôle important dans la victoire du non à la Constitution européenne lors du référendum de 2005, plaide pour un pays "plus humain, plus social, plus solidaire". Elle a basé une partie de son succès sur son opposition à "l'Europe de Bruxelles", qui incarne à ses yeux l'ultralibéralisme et une menace pour les conquêtes sociales néerlandaises.
Jan Marijnissen, le leader du parti, a fait preuve d'un indéniable charisme qui lui a permis de débaucher de nombreux électeurs traditionnels du Parti travailliste et des déçus du parti populiste de l'ex-Liste Pim Fortuyn (LPF) : 25% des nouveaux électeurs du SP viennent de la gauche traditionnelle, 15% du camp populiste.

Un phénomène semblable s'est produit à droite. Fondateur du nouveau Parti pour la liberté, le député Geert Wilders, qui a remis en avant des thèmes agités par Pim Fortuyn avant son assassinat, en 2002, a également su capter les voix d'anciens électeurs de la LPF. Cette dernière, qui avait encore 8 sièges dans l'assemblée sortante, n'en a plus. Le parti de M. Wilders en glane, lui, 9. Il a aussi récupéré des électeurs sur le Parti libéral. Associé à M. Balkenende dans la coalition sortante, celui-ci s'était divisé sur la figure controversée mais populaire de sa ministre de l'immigration, Rita Verdonk, qui a imposé au gouvernement sortant une politique très dure sur l'immigration.

Avec ses slogans ("moins d'impôts, moins d'islam, plus de respect"), M. Wilders a séduit 600 000 Néerlandais pour lesquels l'immigration musulmane est un problème. La focalisation sur ce thème traduit cependant, pour beaucoup, un malaise plus profond et une condamnation des options multiculturalistes qui furent l'orthodoxie des gouvernements à la fin des années 1990.

2 autres formations, très différentes, l'Union chrétienne, un parti calviniste soucieux des questions sociales, et le Parti pour les animaux, bénéficient de l'émiettement de l'électorat : le premier remporte 6 sièges, l'autre 2.

A l'annonce des résultats, le vice-premier ministre, le libéral Gerrit Zalm, a décrit "une droite éclatée, une gauche extraordinairement éclatée".

Tom de Graaf, ancien responsable du parti réformateur D 66, qui ne conserve que 3 sièges, a déploré la qualité d'une campagne qui n'a que rarement mis en avant les questions de fond et s'est limitée à "l'émotion, l'amusement et l'infantilisation".

La formation d'une majorité s'annonce comme une épreuve redoutable pour M. Balkenende. Il n'aura, a priori, pas d'autre issue que de gouverner avec les travaillistes et un 3ème parti. Mais le rapprochement entre les chrétiens démocrates et M. Bos n'a rien d'évident.


Jean-Pierre Stroobants

La nouvelle Chambre

Dix partis seront représentés dans la nouvelle chambre des députés néerlandaise, qui réunit 150 députés élus à la proportionnelle.

Composition : 41 élus chrétiens démocrates (le parti du premier ministre sortant Jan Peter Balkenende), 32 travaillistes (PVDA, social-démocrate), 26 socialistes (Socialistiche Partij), 22 libéraux (VVD), 9 élus du Parti pour la liberté (PVV, populiste), 7 écologistes, 6 élus de l'Union chrétienne (calvinistes), 3 libéraux réformateurs (D 66), 2 élus du Parti social réformé (parti protestant fondamentaliste) et 2 élus du Parti pour les animaux (PvdD).

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20 novembre 2006 1 20 /11 /novembre /2006 16:26
Les travaillistes néerlandais sont menacés par la gauche radicale

a confusion règne aux Pays-Bas avant les élections législatives du mercredi 22 novembre. L'enjeu de la campagne, marquée par un duel entre le premier ministre sortant Jan Peter Balkenende, leader de l'Appel chrétien-démocrate (CDA), et Wouter Bos, tête de liste du Parti du travail (PVDA), était au départ la reconduction, ou non, de la coalition de centre-droit sortante, addition du CDA et des libéraux du VVD.

Mais le jeu a été brouillé par une formation de gauche, le Socialistische Partij (SP), lointaine héritière du courant maoïste, qui pourrait capter les voix de l'électorat populiste, alors que la Liste Pim Fortuyn, qui avait obtenu 26 sièges en 2002, et 8 en 2003, semble promise à une quasi-disparition.

Les sondages indiquaient, dimanche 19 novembre, que les chrétiens-démocrates et les libéraux n'obtiendraient pas une majorité suffisante pour continuer à gouverner ensemble. Ils sont crédités respectivement de 44 sièges pour le CDA, 27 pour le VVD, soit un total de 71 sièges sur les 150 de la 2ème Chambre. Depuis le départ du petit parti réformateur D66, en juin, qui a quitté la coalition pour dénoncer le populisme de la ministre de l'immigration, la libérale Rita Verdonk, les 2 partis dirigent un gouvernement minoritaire.

Pourtant, les travaillistes de Wouter Bos n'ont pas réussi à profiter de la situation. Ils ne sont crédités que de 34 sièges, ce qui leur en ferait perdre 8. Une alliance entre les 2 grands partis reste l'hypothèse la plus probable, mais le jeune leader des travaillistes a indiqué, qu'à titre personnel, il ne serait pas membre d'un gouvernement Balkenende II.

Lundi 20 novembre, M. Bos devait rencontrer les dirigeants du parti écologiste Groenlinks et du Socialistiche Partij (SP) pour évoquer la formation d'une coalition de gauche. "Une opportunité fantastique", selon le responsable travailliste, mais qui se heurte, elle aussi, à la réalité des chiffres : ensemble, ces formations n'obtiendraient que 66 sièges.

Décrit un moment comme "le nouveau Tony Blair", M. Bos doit affronter les critiques. Certains lui reprochent d'avoir sous-estimé M. Balkenende, d'autres estiment, comme Arie van der Zwan, auteur du livre Le Défi du populisme, que "sa plus grande erreur est d'avoir (...) sous-estimé la vulnérabilité de son flanc gauche". C'est sur celui-ci que le Socialistische Partij déploie une activité qui lui permet d'espérer de 22 à 27 sièges, alors qu'il n'en comptait que 9 dans l'assemblée sortante.

PARTISAN DU NON NÉERLANDAIS

Fondée en 1972, cette formation antilibérale est l'émanation d'un mouvement marxiste-léniniste, le KPN.nl, issu d'une scission du Parti communiste néerlandais. Né dans le sud des Pays-Bas, le SP est entré en 1994 au Parlement, avec 2 élus. Il a, depuis lors, rayé de son programme les éléments les plus saillants (nationalisations, instauration de la République, etc.) pour prôner un socialisme de "la dignité, l'égalité et la solidarité". Sous l'impulsion de Jan Marijnissen, 54 ans, son leader depuis 1986, le parti, très structuré, et s'inspirant des techniques les plus modernes du marketing, s'est assuré des sympathies dans les médias, le milieu associatif, les syndicats et les Eglises. Habile, affable, M. Marijnissen capte aussi les voix des nostalgiques de l'ère Pim Fortuyn.

Principal artisan du non néerlandais à la Constitution européenne, en juin 2005, le SP est présent dans de nombreuses municipalités. Surtout implanté parmi les jeunes, les fonctionnaires et les artistes, il demande notamment une réduction de 40% du budget de la défense et une augmentation de la taxation des entreprises. Mais, contrairement à l'ancien tribun de Rotterdam Pim Fortuyn, assassiné en 2002, il a construit, estime Arie van der Zwan, "un succès de longue haleine".

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