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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. J'anime aussi le groupe d'opposition municipale de gauche "Vivons Bezons" et je suis membre du groupe d'opposition de gauche ACES à la communauté d'agglomération Saint-Germain/Boucle-de-Seine.
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Gauche Républicaine & Socialiste

9 juin 2021 3 09 /06 /juin /2021 09:52

J'ai rédigé cette note pour la Gauche Républicaine et Socialiste, article publié sur son site le 8 juin 2021.

Frédéric FARAVEL
conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
coordinateur national des pôles thématiques de la GRS

réunion du G7 à Londres présidée par le ministre britannique de l'économie

réunion du G7 à Londres présidée par le ministre britannique de l'économie

Les États du G7 ont adopté ce week-end le principe qui consiste à taxer au moins à 15% les bénéfices des grands groupes quel que soit le territoire où ils exercent leur activité. C’est une avancée importante et il n’est pas question de faire la fine bouche ; le dispositif proposé par le G7 pourrait – s’il était mis en application – être un outil de plus pour lutter contre l’évasion et l’évitement fiscal. Mais il convient cependant de ne pas se laisser prendre par les communiqués triomphant des différents gouvernements dont le nôtre.

50 % en moyenne dans le monde en 1981

Aujourd’hui une entreprise multinationale peut quasiment choisir où elle va payer ses impôts sur les bénéfices réalisés. En vertu du principe de la souveraineté fiscale, chaque État fixe librement son taux d’imposition sur les profits. En France il est de 28%, mais en Irlande, il n’est que de 12,5%. Une entreprise qui exerce sur plusieurs pays européens, dont la France, a tout intérêt à faire « remonter » ses bénéfices vers l’Irlande et payer ainsi 12,5% plutôt que 28% en France, ou 24% en Italie. C’est d’ailleurs le choix opéré par Google ou Apple pour leurs activités sur le Vieux Continent.

Le nouveau mécanisme d’impôt minimum mondial en discussion prévoit un taux défini à l’avance et applicable à une entreprise quel que soit le pays où elle exerce ses activités. Chaque pays garderait son droit souverain à fixer le taux de prélèvement qu’il souhaite, mais, lorsque celui-ci serait inférieur au taux d’impôt minimum mondial, la différence devrait être payée par l’entreprise au pays où se situe son siège social.

Poussé par l’administration Biden, le projet d’impôt minimum mondial sur les sociétés est en fait le résultat d’une réflexion qui mûrit depuis plusieurs années au sein de l’OCDE et de ses 38 États représentant 75% des échanges commerciaux mondiaux. C’est un Français, Pascal Saint-Amans, ancien fonctionnaire du service de la législation fiscale à Bercy, qui y pilotait ce dossier.

Cependant l’Irlande et la Hongrie, notamment, qui pratiquent de manière “industrielle” le dumping fiscal, ont annoncé vouloir maintenir des taux d’impôt bas sur les bénéfices des entreprises. Ces États vont donc déployer une intense activité pour retarder la signature d’un accord performatif. En effet, dès lors qu’une entreprise sera contrainte de payer un taux minimum sur ses bénéfices partout où elle possède des activités, le recours à un paradis fiscal deviendra beaucoup moins intéressant.

Ces débats interviennent par ailleurs après une phase massive de réduction des taux d’imposition sous l’effet de la concurrence fiscale devenue la norme des années 1990 et 2000 – le taux d’imposition des sociétés était de 50 % en moyenne dans le monde en 1981. L’impôt fédéral américain sur le revenu des sociétés est l’impôt le plus important, en termes de taux d’imposition, du nombre des entités concernées et de la complexité de ses règles. À la suite de la réforme fiscale adoptée à la fin de l’année 2017 (Tax Cuts and Jobs Act of 2017), le montant de l’impôt sur les sociétés est passé de 35 à 21%. 21% était le taux initial évoqué par l’administration Biden dans les discussions qui précédaient la réunion du G7. Il est possible que la stabilisation des négociations autour de 15% résulte du manque de soutien international que Joe Biden et ses services ont essuyé. Emmanuel Macron et Bruno Le Maire ont beau jeu dans leur communication de mettre en scène un positionnement exigeant, alors qu’ils ont été en retard sur le sujet depuis le début du quinquennat. La communication gouvernementale française a insisté sur la revendication d’inscrire dans le communiqué final “au moins 15%” plutôt que “15%” sec ; l’exécutif préfère donc ne pas insister sur les 21%. Au demeurant, le taux français est déjà passé de 31 à 28% ; il passera l’année prochaine à 25%… et on ne parle ici que de l’impôt brut sur les sociétés : si l’on parle du net, la France est déjà au 15%. Il semble donc que ce taux soit un objectif pour le Macronisme triomphant et non un plancher.

Attention aux questions non évoquées

Les ministres des Finances du G7 ne doivent pas uniquement trouver un début d’accord sur un taux minimum d’imposition. Ils doivent aussi définir quelles seront les entreprises concernées par ce système  : uniquement les géants du numérique (Google, Apple, Facebook, Amazon, sans oublier les BATX chinois) ou toutes les entreprises à partir d’un certain niveau de chiffre d’affaires et de rentabilité ? Les États-Unis peuvent avoir intérêt à ce que le périmètre soit le plus large possible puisque les géants du numérique sont essentiellement des firmes américaines.

Les grands groupes vont sans doute essayer d’obtenir que le périmètre des sociétés concernées par ce nouvel impôt soit le plus restreint possible. Entre les intérêts américains et ceux des grandes entreprises, qui sont apparemment divergents, arrivera-t-on à un compromis équilibré ? Peut-être que oui, peut-être que non…

Pourquoi cette réponse de Normand ? Parce qu’un sujet pourtant déterminant n’est jamais évoqué devant l’opinion publique (internationale ici) : celui de l’assiette. En effet, on pourra toujours se battre comme des chiffonniers et amuser la galerie autour des taux d’imposition, si l’assiette de la taxation est restreinte la portée réelle du dispositif n’aura pas in fine l’effet attendu. On nous a déjà fait le coup en France : à défaut de se souvenir du “vase de Soissons”, il conviendrait de se rappeler le sketch autour de la taxe GAFAM. Après des années à snober sous tous les gouvernements de François Hollande, les propositions solides et étayées (portées notamment par Marie-Noëlle Lienemann, qui avait réussi à faire voter un dispositif ambitieux par le Sénat), Emmanuel Macron et Bruno Le Maire avaient fini en 2019 par céder à la pression devant les insupportables provocations fiscales des GAFAM et BATX et la colère de l’opinion publique. Mais ils avaient fait adopter un dispositif très limité et très éloigné des besoins et même abandonnée en 2019 sous la pression américaine. Or cette valse politico-fiscale masquait l’essentiel : pour être réellement efficace et éviter que le coût de la taxe soit transféré sur ses utilisateurs, la France aurait dû élargir le périmètre de la taxe GAFAM aux activités en ligne comme la vente, ou le streaming, sans lesquels son rendements est anémié. Apple et Microsoft vendent hardware, sofware et services ; Google et Facebook vendent quasi exclusivement du service. La question de l’assiette pour la taxe sur les Géants du numérique ou pour l’impôt minimal sur les sociétés n’est donc pas neutre : elle détermine tout à la fois le périmètre des entreprises concernées et le rendement de ces taxes.

Évidemment, ces démarches ne résolvent pas le problème de fond. Ce sont des solutions temporaires en attendant trouver une solution de long terme pour adapter notre système fiscal à l’économie du XXIème siècle. C’est bien sûr tout le système fiscal mondial qu’il faudra réformer en profondeur. Mais avant même le « grand soir » international, on ne sait pas encore comment cet accord va être mis en application dans l’Union européenne.

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4 juin 2021 5 04 /06 /juin /2021 12:14

J'ai publié voici deux jours un article sur l'amputation de l'extension du Parc Bettencourt par les annonces de la nouvelle municipalité divers droite de Bezons, dirigée par Nessrine Menhaouara. Vous le retrouverez ici.

Les défenseurs du retour d'un terrain de sport sur la partie qui était prévue pour étendre le parc Bettencourt ont quelques raisons de le faire car depuis que Mme Menhaouara a détruit le projet de stade des berges, Bezons nous n'avons plus de perspectives pour répondre aux besoins des sportifs. Mais c'est bien Mme Menhaouara qui a créé cette situation ubuesque par démagogie. Quand d'autres défendent l'idée que Mme Menhaouara défend les Bezonnais et n'est pas responsable de la situation ou ne serait pas responsable de la disparition du Stade en centre-ville, il faut rétablir quelques faits.

Je le fais donc ici.


1️⃣ le projet de Cœur de Ville a été annoncé comme projet dans le Bezons Infos en septembre 2010 : Mme Menhaouara était adjointe au Maire déjà à l'époque et ne s'y est jamais opposée ;


2️⃣ la délibération du conseil municipal pour demander la création de la ZAC du cœur de Ville, prévoyant l'extension du parc Bettencourt et la disparition du stade en centre ville, date du 27 juin 2012 : Mme Menhaouara et ses amis qui sont aujourd'hui la nouvelle municipalité ont voté pour ;


3️⃣ deuxième délibération unanime du conseil municipal le 11 décembre 2013, Mme Menhaouara et ses amis ont voté pour ; cela prévoyait de laisser 4,98 ha au parc Bettencourt encore en supprimant le stade de centre ville ;


4️⃣ le projet figurait dans le programme de M. Lesparre pour les élections municipales de mars 2014, projet à l'époque défendu par Mme Menhaouara et ses amis de l'actuelle majorité municipale ;


5️⃣ l'arrêté préfectoral déclarant le projet d'utilité publique date de juin 2014 ;


6️⃣ pendant tout le mandat de 2014 à 2019, Mme Menhaoura - adjointe au Maire de D. Lesparre - n'a jamais contesté le projet de cœur de Ville qui agrandissait le Parc Bettencourt et déménageait le stade de centre ville au stade des berges ;

7️⃣ d'ailleurs en décembre 2019, le conseil municipal vote le budget qui prévoit notamment les crédits sur plusieurs années pour construire le stade de berges... Mme Menhaouara et ses amis qui sont la nouvelle "majorité municipale" ont voté pour...

Ne croyez-vous pas que si elle jugeait le projet mauvais, elle aurait pu de 2010 à 2019 s'exprimer publiquement en disant qu'il était mauvais et faire des propositions alternatives ? Non elle n'a rien fait du tout... L'opposition de Mme Menhaoura contre le stade des berges et pour dégommer l'agrandissement du parc Bettencourt (ce qu'elle s'était bien gardé d'expliquer dans la campagne) date uniquement de la campagne électorale, non pour défendre les Bezonnais mais pour espérer dégommer la liste de D. Lesparre et prendre sa place, ce qu'elle avait l'intention de faire depuis 2013, parce qu'il n'y a que cela qui l'intéresse. Tout cela est purement et simplement de la démagogie.

De même, les préventions sur les risques écologiques supposés pour le stade des berges ont été réglés voici plusieurs années : le lézard qui y vivait devait faire l'objet d'un déménagement, comme cela se fait pour de nombreux projets de ce type. Cela n'a pas empêché Mme Menhaouara d'utiliser cet argument faux (qu'elle venait de redécouvrir) pendant toute la campagne des élections municipales. Maintenant qu'elle est en poste elle sait qu'elle ne peut plus invoquer ce genre de mensonge, donc elle a inventé une histoire de pneus usagers sur le stade, là aussi fake news puisqu'il s'agissait des pneus concassés qui devaient être utilisés pour la piste d'athlétisme... Mais quand on veut tuer son chien, on l'accuse d'avoir la rage ! Tout n'est que démagogie et opportunisme dans l'action et les annonces de Mme Menhaouara.

Désormais elle a flingué le stade des berges ; il faut trouver une autre solution, non parce que le projet était mauvais mais parce que Madame la Maire a mis le bazar. Le terrain de foot en centre ville met en danger l'équilibre du Cœur de Ville, le label d'écoquartier, il représente une rupture de parole pour tous les gens qui devaient s'installer dans le nouveau quartier, et cela flingue l'extension du Parc Bettencourt... Bravo pour cet anti-écologisme primaire ! En plus, cela ne répond pas aux besoins des sportifs, car il n'y a aujourd'hui aucun projet de vrai stade pour Bezons (avec pistes d'athlétisme, tribunes et vestiaires) depuis que Mme Menhaouara a tué le stade des berges. C'est ce qui s'appelle tirer une balle dans le pied de Bezons.

Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons

Cœur de Ville, Parc Bettencourt, Stade des Berges : rétablissons quelques faits
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2 juin 2021 3 02 /06 /juin /2021 13:30
Plusieurs futurs habitants m'avaient contacté voici plusieurs semaines pour me faire part de leur colère en découvrant le flingage en règle du projet de cœur de Ville et de l'extension du Parc Bettencourt. Je les avais orientés pour certaines de leurs démarches et ils ont lancé une pétition en ligne que je vous invite à signer
Ce qu'annonce la municipalité divers droite de Nessrine Menhaouara est un saccage total et désastreux : après avoir supprimé le futur stade des berges - projet structurant qu'elle a arrêté - elle fait construire un terrain de foot qui empêchera l'extension de plusieurs milliers de m² du Parc ; après avoir refusé de distribuer aux associations les locaux qui leur étaient destiné au-dessus de la belle salle Elsa-Triolet, elle annonce créer (pour combien de millions d'euros ?) un "village associatif" pour un futur insaisissable mais qui là aussi privera le parc d'autres milliers de m² que nous avions prévus de lui ajouter.
Non seulement Mme Menhaouara a fait mentir la commune à tous ceux qui devaient s'installer de le cœur de Ville, manquant ainsi au plus élémentaire respect, mais en plus elle saccage l'environnement dont elle s'était faite pourtant la parangon. Pour ma part, je ne suis pas étonné, les idées ou projets défendus Mme Menhaouara l'ont toujours été par opportunisme électoral, sans aucune conviction. Hier elle se disait verte, aujourd'hui elle est gris béton, demain elle se présentera peut-être bleu clair... Ce qui est certain c'est qu'avec elle et son équipe l'avenir de Bezons est bien noir !
 
Frédéric FARAVEL
conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
panneau affiché devant le chantier de démolition de la salle Louis-Aragon à Bezons, sans que le projet n'ait à aucun moment fait l'objet d'une information aux riverains et aux élus

panneau affiché devant le chantier de démolition de la salle Louis-Aragon à Bezons, sans que le projet n'ait à aucun moment fait l'objet d'une information aux riverains et aux élus

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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 15:55
La municipalité divers droite de Bezons est vraiment bizarre... inaugurer une Maison de la Jeunesse, ça devrait être un moment positif, hors quelques heures après être apparue sur les réseaux sociaux voici quelques jours, cette information a totalement disparu et on ne la découvre qu'aujourd'hui sur les vitrines de la salle Elsa-Triolet. Il est vrai que nous sommes en période électorale et qu'après un courrier adressé aux parents d'élèves de l'école municipale de musique et de danse pour mettre en valeur la Maire et son adjoint à la culture, tous deux candidats en binôme pour les élections départementales, tout cela finit fort par ressembler à de la communication de propagande électorale avec de l'argent public : l'argent des Bezonnais et celui versé par l'Etat sert donc à promouvoir la candidature de la Maire et de son comparse.
 
Voilà donc pourquoi il était inopportun de faire cette inauguration aujourd'hui ; les activités de la Maison de la Jeunesse, qui remplace donc la Maison des Associations abandonnée par la municipalité divers droite pour des justifications spécieuses, auraient néanmoins pu commencer tout en étant "inaugurée" plus tard, comme cela se fait souvent en période électorale.
 
Donc si la Maire a fait retirer l'information, des réseaux sociaux et de divers supports numériques, c'est sans doute qu'elle pensait que cela passerait inaperçu de ses opposants qui n'étaient pas invités au demeurant, mais qu'elle pourrait ainsi se faire valoir auprès d'un public choisi ce qui est toujours bon à prendre dans cette période où elle souhaite diffuser sa propagande électorale.
Nul doute que la Commission nationale des comptes de campagne et financements politiques appréciera ces diverses informations une fois l'élection passée (puisque l'on ne peut pas le faire avant).
 
Frédéric FARAVEL
Conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
Le courrier adressé aux parents d'élèves de l'EMMD de Bezons et l'affichette annonçant le jour même l'inauguration de la "Maison de la Jeunesse" le 21 mai 2021Le courrier adressé aux parents d'élèves de l'EMMD de Bezons et l'affichette annonçant le jour même l'inauguration de la "Maison de la Jeunesse" le 21 mai 2021

Le courrier adressé aux parents d'élèves de l'EMMD de Bezons et l'affichette annonçant le jour même l'inauguration de la "Maison de la Jeunesse" le 21 mai 2021

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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 12:05

J'ai rédigé cette note d'analyse du projet de loi de gestion de la "sortie de la crise sanitaire" pour la Gauche Républicaine et Socialiste.

Frédéric FARAVEL
conseiller municipal et communautaire GRS de Bezons

« Gestion de la sortie de la crise sanitaire » : Quand l’exception devient la règle, la démocratie se fragilise et est en danger

Le Sénat a adopté le mercredi 18 mai 2021 dans la nuit le projet de loi relatif à la gestion de la « sortie de crise sanitaire ». La gauche a voté contre.

Le 27 janvier dernier, le Parlement avait à nouveau prolongé l’état d’urgence sanitaire (réactivé depuis le 17 octobre 2020) jusqu’au 1er juin 2021. Or malgré une circulation encore active du virus, le gouvernement a annoncé un plan de « déconfinement » ou plutôt de levée des restrictions, qui s’échelonne jusqu’à l’été.

Aussi, le projet de loi qui a été adopté hier soir (le 8ème depuis le début de la crise) est présenté comme un projet de gestion de la sortie de crise sanitaire. Il s’apparente en réalité davantage à un énième projet de loi transitoire entre une vague et une autre.

En tout état de cause, le texte pose un jalon au 31 octobre 2021 pour la fin des mesures restrictives possibles, mais le chapitre « État d’urgence sanitaire » inséré dans le code de santé publique en mars 2020 reste valable jusqu’au 31 décembre 2021.

Il s’agit d’accompagner le processus de réouvertures par des mesures similaires à celles que prévoyaient déjà la loi du 9 juillet 2020 et le régime transitoire d’alors, et les différentes mesures issues d’ordonnances, auxquelles s’ajoutent notamment l’instauration d’un pass sanitaire. Parallèlement, le texte reconduit un certain nombre de dispositions issues d’ordonnances prises pour « gérer » la crise sanitaire et quelques dispositions concernant l’organisation des prochaines élections départementales et régionales.

Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé au Sénat

Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé au Sénat

L’article 1er définit un « régime de sortie de l’état d’urgence sanitaire » applicable à compter du 2 juin jusqu’au 31 octobre 2021. Il reprend les bases établies par la loi du 9 juillet 2020 :

Le Premier Ministre est habilité à prendre les mesures nécessaires visant à lutter contre la covid 19, par décret pris sur le rapport du ministre de la santé, qui peuvent porter notamment sur :

➣ la limitation des déplacements des personnes et les conditions d’utilisation des transports collectifs ;

➣ la limitation de l’accès, voire, si les précautions ordinaires ne peuvent être observées ou dans des zones de circulation active du virus, la fermeture, de catégories d’établissements recevant du public et de lieux de réunion ;

➣la réglementation des réunions et rassemblements, notamment sur la voie publique ;

➣ l’obligation d’un test de contamination par le virus à l’arrivée ou au départ du territoire métropolitain et d’une des collectivités mentionnées à l’article 72-3 de la Constitution si cette collectivité est une zone de circulation active du virus.

Le Premier ministre peut habiliter les préfets à prendre ces mêmes mesures à l’échelon du département et à mettre en demeure de fermer les établissements ne se conformant pas à ces mesures.

Imposition du Pass Sanitaire et prolongement du couvre feu

À ces dispositions permises par la loi du 9 juillet 2020, s’ajoute la possibilité de soumettre les déplacements à destination ou en provenance du territoire hexagonal, de la Corse ou des territoires ultramarins à la présentation d’un « pass sanitaire » indiquant que vous auriez été vaccinés ou attestant du rétablissement à la suite d’une contamination par ce virus. Cette disposition a été proposée en cohérence avec les travaux en cours au niveau européen. L’Assemblée nationale y avait ajouté le test négatif mais aussi la présentation de ce pass pour accéder « à certains lieux, établissements ou évènements impliquant de grands rassemblements de personnes pour des activités de loisirs ou des foires ou salons professionnels ».

Le gouvernement a annoncé que ces différentes informations seraient désormais officiellement et numériquement certifiés. Ces certificats pourront être stockés et présentés grâce à l’application TousANtiCovid, en cohérence avec le « certificat vert numérique » envisagé le mois dernier par la Commission européenne, afin de faciliter la circulation des personnes au sein de l’UE. Le Conseil d’État avait cependant averti que l’ensemble des décisions prises par l’exécutif et les préfets dans ce cadre devront, sous le contrôle du juge, doivent être strictement proportionnées aux risques sanitaires, et surtout qu’il devra y être est mis fin sans délai dès qu’elles ne seront plus nécessaires.

La question du traçage numérique avait, au lendemain du premier confinement, suscité un vif débat politique. Nous nous y étions fermement opposés. Nos inquiétudes d’alors restent largement justifiées… malgré une sorte d’assentiment forcé et de lassitude de nos concitoyens.

En dehors de l’outil numérique support, ce pass sanitaire pose question, au moins pour deux raisons : l’accès à la vaccination est encore réservé à certaines catégories de la population ; quand cet accès sera offert à toutes et tous se posera encore la question de la liberté individuelle de chacun à vouloir ou non se faire vacciner.

Ce projet de loi marque l’avènement du pass sanitaire, plus que discutable… L’instauration d’un « passeport vaccinal » était jusqu’à présent une ligne rouge en matière de libertés publiques que le gouvernement se refusait à franchir.

Stéphanie Renard, maîtresse de conférences en droit public à l’université de Bretagne-Sud et spécialiste de l’ordre public sanitaire explique ainsi que « des obligations de vaccination existent déjà. L’une des sanctions du non-respect de celles-ci est la privation d’accès à un droit ou à un service public. Par exemple un enfant ne pourra pas aller en colonie de vacances s’il n’a pas fait tel ou tel vaccin. En théorie rien empêche l’adoption d’une loi qui prévoirait une obligation de vaccination contre la Covid-19 et qui l’assortirait de privation d’accès à certains droits. Mais, en pratique, cela serait, selon moi difficile. Tout d’abord car cela supposerait qu’il y ait assez de vaccins pour tout le monde. Ensuite, cela serait très risqué politiquement. »

Le texte permet également la prolongation du couvre-feu jusqu’au 30 juin 2021, car le régime juridique de sortie de l’état d’urgence ne permettait pas au gouvernement de décréter cette mesure restrictive de liberté.

État d’urgence territorialisé et dérogations au droit du travail

L’article 2 prévoyait dans sa version gouvernementale une règle particulière qui aurait permis de décréter l’état d’urgence dans des circonscriptions territoriales déterminées. À condition que ces circonscriptions, prises ensemble, représentent moins de 10% de la population totale. Le délai d’un mois prévu à l’article L.3131-13 du code de la santé publique pour l’intervention du législateur aux fins de prorogation de l’état d’urgence sanitaire aurait été porté à deux mois.

À l’Assemblée nationale, en commission des lois, cet article 2 a fait l’objet d’une levée de bouclier, notamment des groupes LR et PS. La prolongation portée à deux mois de l’état d’urgence sanitaire, au lieu d’un mois actuellement (bien que cela se serait appliqué à un territoire donné) était effectivement une nouvelle marque de mépris du Parlement. Etant donnée l’importance des restrictions rendues possibles par le dispositif proposé à l’article 1er, notamment en cas de « circulation active du virus », il n’était pas justifié de desserrer le cadre juridique de l’état d’urgence sanitaire et le contrôle parlementaire de celui-ci.

Cet article prévoit que le régime transitoire prévu par l’article 1erne peut s’appliquer dans les territoires où l’état d’urgence sanitaire est en cours d’application. Le texte reconduit la possibilité de fixer, par accord d’entreprise, le nombre maximal de renouvellements possibles pour un contrat de travail à durée déterminée (CDD), disposition qu’a dénoncé avec force notre sénatrice Marie-Noëlle Lienemann. L’article 1er de l’ordonnance du 25 mars 2020 permet à l’employeur, d’imposer la prise de congés ou de les modifier unilatéralement par un accord d’entreprise ou, à défaut, par un accord de branche, le nombre maximum de jours concernés étant porté de six à huit. La commission des lois du Sénat avait réduit à six, le gouvernement a tenté d’imposer par amendement un retour à huit jours qui a été rejeté par l’unanimité du Sénat.

« Gestion de la sortie de la crise sanitaire » : Quand l’exception devient la règle, la démocratie se fragilise et est en danger

Renforcement des régimes de la quarantaine et de l’isolement

L’article 4 renforce le régime de la quarantaine et de l’isolement en donnant au représentant de l’État, comme c’est déjà le cas outre-mer, la possibilité de s’opposer au choix du lieu d’hébergement retenu par l’intéressé, s’il apparaît que ce lieu ne répond pas aux exigences visant à garantir l’effectivité de la mesure et à permettre son contrôle, et de déterminer, le cas échéant, un lieu d’hébergement.

Sur le régime des mesures d’isolement et de quarantaine, comme le constate le Conseil d’Etat dans son avis, par son objet et sa portée, cette disposition est susceptible de porter atteinte au droit des personnes concernées à mener une vie familiale normale.

En outre, il apparaît nécessaire de s’interroger sur la possibilité pour les personnes les plus précaires de suivre les obligations d’hébergement si le premier choisi ne répond pas aux exigences avancées. Une fois encore ces mesures porteront atteinte aux personnes les plus fragiles.

Une logique pérenne de fichage informatique

L’article 5 permet d’assembler les données recueillies dans les systèmes d’information de suivi de la crise sanitaire au sein du système national des données de santé (données anonymisées). Sur ces dispositions applicables aux systèmes d’information, ce versement a un effet sur les durées de conservation de ces données, qui entrent désormais dans le droit commun du système national des données de santé, lequel permet une conservation pouvant aller jusqu’à vingt ans !

On passe clairement d’un système d’information d’urgence et auquel devait être mis fin avec la fin de la crise sanitaire à un système pérenne par sa durée et son mode de conservation.

Prolongation des mesures d’accompagnement jusqu’au 31 octobre 2021

De nombreuses dispositions résultant d’ordonnances prises depuis mars dernier sont reconduites. Elles concernent notamment les règles applicables aux juridictions judiciaires, ou encore celles relatives à la tenue des réunions des assemblées territoriales.

Au total, ce sont 60 ordonnances qui ont été prises sur le fondement des articles 11 et 16 de loi du 23 mars 2020. La loi n° 2020-734 du 17 juin 2020 est venue compléter les mesures déjà prises sur le fondement de la loi du 23 mars 2020 d’urgence pour faire face à l’épidémie de covid-19. Elle comprenait dix habilitations à légiférer par ordonnance et des dispositions dans des domaines divers pour répondre à la sortie de la crise sanitaire, dont l’adaptation du fonctionnement de la justice (procédure de jugement des crimes et le fonctionnement des cours d’assises).

Ordonnances économiques et sociales

Le terme de la période de trêve hivernale a été repoussé à titre exceptionnel du 31 mars 2021 au 31 mai 2021 par l’ordonnance du 10 février 2021. L’article 7 habilite le Gouvernement à adapter et prolonger l’activité partielle (nous en avions décrypté voici plusieurs mois les atouts et défauts), les modalités de calcul des indemnités des salariés d’associations intermédiaires en CDDU, la position d’activité partielle pour les salariés dans l’impossibilité de travailler en raison d’une vulnérabilité ou d’absence de solution de garde d’enfants.

Les aménagements apportés à l’indemnisation chômage des intermittents du spectacle avec la prolongation des droits à indemnisation pour les demandeurs d’emploi ayant épuisé leurs droits à compter du 1er mars 2020. Cette prolongation a pour terme le 31 mai 2020, sauf pour : – les artistes et techniciens intermittents du spectacle, pour lesquels la prolongation s’applique au plus tard jusqu’au 31 août 2021 ; – les demandeurs d’emploi qui résident à Mayotte, pour lesquels la prolongation s’applique au plus tard jusqu’au 31 juillet 2020.

Un dispositif particulier a été prévu pour les demandeurs d’emploi qui ont épuisé leurs droits à compter du 30 octobre 2020 : la durée pendant laquelle l’allocation chômage leur est versée est exceptionnellement prolongée au plus tard jusqu’au dernier jour du mois au cours duquel la fin de l’état d’urgence sanitaire intervient.

Modification du code électoral

Pour les élections départementales et régionales reportées à juin 2021 :

➔ Les candidats peuvent fournir à la commission de propagande une version électronique de leur circulaire lorsqu’ils remettent les exemplaires imprimés, alors la commission de propagande la transmet au préfet ou à la collectivité le cas échéant pour qu’elle soit publiée sur un service de communication au public en ligne.

➔ Les opérations de vote peuvent se dérouler dans une salle ou si le maire le décide à l’extérieur (dans les limites du lieu de vote) si cela permet une meilleure sécurité sanitaire et à condition que l’ensemble des prescriptions du déroulement puissent être respectées

➔ Des emplacements spéciaux sont réservés par l’autorité municipale pour l’apposition des affiches électorales dès la publication par le préfet de l’état ordonné des listes de candidats (dérogation à l’article 51 du Code électoral qui le prévoit pendant la durée de la période électorale)

Le service public audiovisuel assure une couverture du débat électoral relatif au renouvellement général des conseils régionaux, de l’Assemblée de Corse et des assemblées de Guyane et de Martinique et au renouvellement des conseils départementaux organisés en juin 2021.

Le texte original du projet de loi précisait qu’un débat entre les candidats tête de liste ou leur représentant était organisé et diffusé la semaine précédant chaque tour de scrutin et qu’il restait accessible sur internet au moins jusqu’à la fin de la campagne. La réécriture de l’Assemblée intègre les élections départementales, mais a supprimé ces précisions.

Une sorte de monstre normatif

Dans un rapport parlementaire sur « le régime juridique de l’état d’urgence sanitaire » remis le 14 décembre dernier, les députés s’inquiétaient de « la multiplication des habilitations sollicitées par le gouvernement pour légiférer par ordonnance » avec pas moins de 77 ordonnances.

« Gestion de la sortie de la crise sanitaire » : Quand l’exception devient la règle, la démocratie se fragilise et est en danger

Si l’on ajoute les éventuels règlements locaux, les Français ont été confrontés depuis dix mois à un enchevêtrement de textes et à des situations dont il était parfois difficile de déterminer le régime juridique applicable. « Cela peut dépendre du jour, de la période et de l’endroit où on se trouve, en métropole ou dans les DOM-TOM, dans les Alpes-Maritimes ou dans le Nord. Ces deux effets cumulatifs, temporel et géographique, rendent difficilement intelligible le régime applicable », explique Marie-Laure Basilien-Gainche, professeure de droit public à l’université Jean-Moulin Lyon 3 et spécialiste des états d’exception. Elle explique en outre qu’« il y a une compulsivité normative des pouvoirs publics, une tendance à administrer par la norme. On a l’impression que, comme ils n’arrivent pas à gérer la situation, ils compensent par le normatif. Mais de ce fait, on se retrouve avec une sorte de monstre normatif, et sans investissement dans l’implémentation, la mise en œuvre. » […] « Il en résulte une instabilité, une accumulation de textes qui vont parfois dans un sens puis dans un autre. Les gens sont passés de l’état d’urgence, puis à un régime de sortie de l’état d’urgence, puis sont repassés sous état d’urgence … Il y a un manque de bon sens du point de vue de l’utilisation de la norme. Concernant l’aspect géographique, les distinctions faites entre les territoires, avec ces cartes de différentes couleurs, peuvent se comprendre. Le problème est que ce dispositif peut être mal accepté quand les décisions viennent d’en haut au lieu d’être prises au niveau local. »

Un état d’exception permanent sous le « diktat d’Hippocrate »

La prorogation d’un an de l’état d’urgence ravive une autre crainte : celle de l’accoutumance aux régimes d’exception. Le 31 décembre 2021, les Français auront passé plus de 21 mois sous ce régime ou celui de « sortie de l’état d’urgence sanitaire ». Comme pour l’état d’urgence décrété au lendemain des attentats du 13 novembre 2015 et resté en vigueur jusqu’au mois d’octobre 2017, la notion « d’urgence » semble avoir perdu tout son sens et laisse place à un mode de gestion habituel de la société.

Cette habitude de restreindre les libertés s’est déployée de manière décomplexée et avec un élément supplémentaire : nous avons changé de degré. Dans le cadre de l’état d’urgence sécuritaire, on vise une personne ou un groupe de personnes voulant mener des actions de terreur ou contre la sécurité nationale. La menace est donc relativement circonscrite. Avec cet état d’urgence sanitaire désormais, l’ennemi peut être présent partout autour de vous. Il y a une sorte de « diktat d’Hippocrate » qui s’installe et en vertu duquel les libertés de tous doivent être restreintes pour préserver la vie d’un seul.

L’une des spécificités de l’état d’urgence sanitaire est d’avoir justifié des mesures encore plus restrictives que celles prises après les attentats de novembre 2015.

L’état d’urgence sanitaire répond-il à la crise du Covid ou à la crise du système de santé français pour y faire face ?

Le Syndicat de la magistrature avait émis ces remarques toujours pertinentes pour ce 8ème texte d’exception : « Certes, il y a urgence. Mais commande-t-elle de tomber dans le tropisme de l’exception ? Nous avons trop éprouvé cet « esprit de l’urgence » par le passé – pas si lointain – pour ne pas questionner sa légitimité à cette heure et pour ne pas questionner cette « légalité de crise », encore une fois actionnée. En définitive, de quelle crise parle-t-on ? Celle de la propagation d’un virus qui peut tuer en masse ou celle du système de santé français en péril qui ne peut faire face ? En quoi l’exceptionnalité serait la réponse à l’incurie assumée des politiques publiques de santé qui ont incontestablement aggravé la crise actuelle ?

L’effet de contamination dans le droit commun de règles dérogatoires censées n’être que temporaires, a tellement été à l’œuvre dans d’autres domaines, qu’il est indispensable aujourd’hui de vérifier si les garde-fous sont solides, mais également de s’assurer que les exclus et les discriminés en temps ordinaire ne sont pas également les exclus du confinement, lequel s’avère déjà discriminatoire pour nombre de catégories de personnes : étrangers, sans domicile fixe, mal logés, détenus, malades mentaux, travailleurs précaires… »

Cette manière de gouverner par des mesures sécuritaires et non par la santé pose problème ; selon Marie-Laure Basilien-Gainche, « le confinement n’a pas servi directement à freiner la propagation de l’épidémie mais plutôt à alléger la pression hospitalière car nous avons fermé trop de lits pour des raisons managériales. On s’est privé de moyens pour lutter contre cette épidémie. Pourquoi ne pas avoir investi massivement dans l’hôpital public ? […] Lorsqu’on n’emploie pas les bons moyens, on ne peut pas obtenir les bons résultats. »

Finalement, nous nous sommes opposés aux 7 projets de loi organisant l’état d’urgence sanitaire précédents. Le 8ème ne se distingue pas vraiment de ceux-ci, les mêmes mécanismes sont employés et agrémentés de quelques « nouveautés » liées aux avancées en matière vaccinale notamment.

Si les dispositifs concernant la tenue prochaine des élections départementales et régionales sont plutôt adaptés à la situation et n’appellent pas de critiques fondamentales, en revanche tout le volet état d’urgence sanitaire est critiquable presque en tous points.

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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 16:35

Les affrontements ont commencé à cause d’expropriations de Palestiniens à Jérusalem Est par le gouvernement Netanyahu qui veut renverser définitivement le rapport de force démographique à Jérusalem Est pour imposer à la communauté internationale le fait que la ville de Jérusalem entière est sa capitale et qu’aucune entité palestinienne ne pourra plus revendiquer Jérusalem Est comme capitale : son moyen est d’accélérer la colonisation illégale (car c'est bien de cela dont il s'agit en droit international) avec des méthodes violentes et répréhensibles. Benyamin Netanyahu joue la politique du fait accompli en accélérant les expulsions des Palestiniens et la colonisation à Jérusalem Est pour s'assurer que les gains des politiques d'extrême droite encouragées sous Donald Trump ne seront pas remis en cause.

La population palestinienne de Jérusalem proteste, se révolte, et s'en suit un classique enchaînement émeutes/répression qui n'a jamais de fin.

Les islamistes du Hamas et du Djihad islamique ont, avec l'opportunisme criminel qui les caractérise, décidé d'instrumentaliser la colère légitime des manifestants palestiniens hiérosolomytains pour tenter de déclencher un conflit généralisé qui servira leur stratégie victimaire.

Les affrontements qui en découlent sont en train de dégénérer, la communauté internationale doit faire pression sur les belligérants pour stopper les combats dont les populations civiles sont les premières victimes. les populations civiles se trouvent victimes à la fois des émeutes, des attentats et des actions militaires. Les civils des deux camps sont pris en étau par les extrémistes des deux camps qui ont chacun de leur point de vue intérêt à ce que la situation dégénère en Cisjordanie, en Israël ou à Gaza. Les islamistes du Hamas doivent arrêter immédiatement leurs tirs de roquettes et Israël doit mettre un terme à ses ripostes qui sont toujours disproportionnées.

Le rôle de la communauté internationale est de faire pression pour mettre un terme à ce nouveau cycle de violence. J'apporte tout mon soutien aux animateurs du Camp de la Paix. Seule une solution à deux Etats reconnus dans les frontières de 1949, conforme au droit international, la garantie de la sécurité pour les citoyens des deux Etats et l'arrêt de la colonisation peuvent ramener l'apaisement.

Frédéric FARAVEL
conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons

affrontements dans les rues de Jérusalem Est et bombardements à Gaza
affrontements dans les rues de Jérusalem Est et bombardements à Gaza

affrontements dans les rues de Jérusalem Est et bombardements à Gaza

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10 mai 2021 1 10 /05 /mai /2021 15:40
La Gauche Républicaine & Socialiste présentera et soutiendra des candidats dans le Val-d'Oise qui défendent la solidarité, la justice sociale, l'émancipation par l'éducation et la transition écologique. Elle refuse toute compromission avec la droite classique ou macroniste et l'extrême droite, qui sont ses adversaires et ses ennemis. Aucune compromission n'est donc possible avec des candidats qui continue de faire les yeux doux à Emmanuel Macron et ses soutiens. Je félicite mes camarades Augustin Belloc, Didier Dague, Xavier Costil et leurs colistiers et leur apporterai toute l'aide qu'il me sera possible. Vous trouverez le communiqué de presse de la GRS95 plus bas.
Sur Bezons et Argenteuil, la Gauche Républicaine & Socialiste ne soutiendra aucun ticket : pourquoi ? Parce que - alors que nous avions proposé, avec leur accord, aux responsables départementales du PCF Val d'Oise et de la La France insoumise Val-d'Oise de travailler ensemble au rassemblement de toutes les forces de #gauche non compromises avec LREM (donc avec également Génération.s Val d'Oise, EELV95, GDS95...) - celles-ci ont brutalement rompu toute discussion et décidé en catimini un accord entre elles deux. A Bezons, sur le canton d'Argenteuil 3, cela s'est traduit par la validation d'un ticket mettant en scène les 2 candidats qui sont responsables de la perte de la commune par la gauche, contre l'avis des militants de la section locale du PCF Bezons Jacky Leser et en refusant de consulter ceux-ci.
Je ne comprends pas quelle peut être la logique qui pousse une responsable départementale du PCF à humilier et détruire une section comptant plusieurs dizaines de militants pour privilégier deux ou trois personnes, de refuser de les consulter comme les règles de leur parti le disent alors même que les militants communistes d'Argenteuil ont eux été consultés sur le canton d'Argenteuil 2. Je ne vois pas l'intérêt à se passer de la connaissance du territoire de ces militants de gauche alors qu'elle-même ne le connaît pas et visiblement n'entend pas la consternation des Bezonnais que nous croisons à l'annonce du mariage de la "carpe" Marjorie Noël et du "lapin" Dominique Lesparre : ces deux-là n'ont visiblement pas compris qu'après avoir offert la ville sur un plateau à Nesrine Menhaouara et son équipe divers droite ils auraient dû faire profil bas ou amende honorable.
Non seulement, cette petite tactique malsaine va créer un boulevard pour la droite et les PS macronisés que nous subissons ici mais elle va faire prendre du retard au nécessaire rassemblement de la gauche. Je ne pourrais donc voter pour aucun ticket aux prochaines élections départementales à Bezons : aucun ne défend les intérêts des habitants, des classes populaires et moyennes dont la gauche a pour mission de porter les aspirations.
Je proposerai aux organisations locales de la gauche sur Argenteuil et Bezons de se retrouver pour discuter et préparer l'avenir, après les élections départementales.
Frédéric FARAVEL
conseiller municipal et communautaire GRS de Bezons
coordinateur national des pôles thématiques de la GRS
 
La Gauche Républicaine et Socialiste a fait son choix pour les élections départementales

La Gauche Républicaine et Socialiste présentera et soutiendra des candidats pour un département plus solidaire et vraiment engagé pour l’écologie. Nous avons plaidé auprès de l’ensemble des forces de gauche et des écologistes pour le rassemblement le plus large ; c’était une nécessité pour porter avec efficacité une alternative contre les conservateurs qui dirigent depuis trop longtemps le Val-d’Oise. Cela n’a pas été possible et nous le regrettons.

Nous avons donc choisi de présenter des candidats sur plusieurs cantons et de soutenir des rassemblements qui portent l’exigence de justice sociale, le renforcement des services publics, un investissements massifs dans nos collèges et un soutien renforcé pour la santé publique. Nos choix résultent également du refus de toute ambiguïté concernant Emmanuel Macron et ses soutiens.

Candidats et tickets présentés par la Gauche Républicaine et Socialiste

Canton de Vauréal :

  • titulaires : Didier Dague, conseiller municipal GRS de Courdimanche ; Kinjal Damani-Beurel, engagée dans Attentiv', professeure des écoles

  • remplaçants : Xavier Costil, conseiller municipal et communautaire GRS de Courdimanche ; Linda Hella, conseillère municipale et communautaire (divers gauche) de Jouy-le-Moutier

Canton de Cergy 1 :

  • titulaires : Augustin Belloc (GRS) étudiant ; Keltoum Rochdi, adjointe au maire (Attentiv') et conseillère communautaire de Cergy

  • remplaçants : Dominique Couturat (Génération.s) ; Flore Tang (Attentiv')

Tickets soutenus

Canton Cergy 2 :
Soutien au ticket de rassemblement conduit par Elina Corvin, adjointe au maire EELV de Cergy, et Brice Errandonea, conseiller municipal LFI de Jouy-le-Moutier

Canton de Deuil-la-Barre :
Soutien au ticket de rassemblement conduit par Célia Jousserand (EELV) et Thierry Mérel, conseiller municipal PS de Deuil-la-Barre

Canton de Domont :
Soutien au ticket de gauche conduit par Didier Soavi et Rebecca Martial

Canton de Fosses :
Soutien au ticket de rassemblement conduit par Catherine Delprat, maire PS d'Écouen, et Pierre Barros, maire (app. PCF) de Fosses

Canton de Garges-lès-Gonesse :
Soutien au ticket de rassemblement conduit par Christophe Dieu (PS) et Myriam Dien (PCF)

Canton d’Herblay :
Soutien au seul ticket de gauche conduit par Gérald Bouteillé (PCF) et Laure Botella (PS)

Canton de Montmorency :
Soutien au ticket de rassemblement conduit par François Delcombre (EELV) et Sandra Philippe (PS)

Canton de Pontoise :
Soutien au ticket de rassemblement conduit par Julien Foucou (LFI) et Bénédicte Aries, conseillère municipale EELV de Pontoise

Canton de Saint-Ouen-l'Aumône :
Soutien au ticket de rassemblement conduit par Jérôme Durieux, conseiller municipal Génération.s de Méry-sur-Oise, et Marie-Noëlle Fratani, conseillère municipale LFI de Saint-Ouen-l'Aumône

Canton de Sarcelles :
Soutien au ticket conduit par Patrick Haddad, maire PS, et Déborah Sebbagh, conseillère départementale PS

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9 mai 2021 7 09 /05 /mai /2021 17:06

J'ai rédigé cette note d'analyse pour la Gauche Républicaine et Socialiste sur les conséquences des élections régionales du 6 mai 2021 en Ecosse.

Frédéric FARAVEL
coordinateur national des pôles thématiques de la GRS

Écosse : vers un deuxième référendum ?

Le 18 septembre 2014, les électeurs écossais, qui avaient donné 3 ans plus tôt une majorité absolue aux indépendantistes de gauche du Scottish National Party (SNP), rejetaient par référendum à une large majorité (55,3 vs 44,7) l’indépendance proposée par le gouvernement régional SNP dirigé par Alex Salmond. Pour le Premier ministre britannique de l’époque, le conservateur David Cameron, l’affaire était donc entendue pour au moins une génération sans modification manifeste du contexte politique. Seulement voilà : le contexte politique, Cameron l’a violemment bouleversé deux ans plus tard avec le référendum sur le Brexit. Les cartes sont aujourd’hui clairement rebattues.

Le précédent parlement écossais avait été élu en mai 2016 ; encore sous le choc de la défaite au référendum de 2014 et de la démission de son leader historique Alex Salmond, le SNP, ses élus et son gouvernement dirigé par Nicola Sturgeon n’avaient pas pour mandat d’exiger à brève échéance un nouveau référendum. David Cameron pensait donc être tranquille pour un long moment : il allait remporter le référendum sur le maintien du Royaume Uni dans l’Union européenne et la génération à venir pourrait être mise à profit pour les forces coalisées du Parti travailliste, des Libéraux démocrates1 et des Tories pour reprendre peu à peu l’Écosse au SNP.

Patatras ! Un mois et demi après les élections régionales écossaise, les électeurs britanniques faisaient le choix de quitter l’Union européenne, expulsant du même coup David Cameron qui s’était cru plus malin que ses concitoyens. Enfin, à proprement parler, ce sont plus exactement les électeurs anglais qui ont voté en faveur du Brexit avec des motivations diverses, dont un fort mécontentement des électeurs populaires traditionnellement travaillistes qui y ont eu vu une occasion de sanctionner Downing Street, mais également l’expression d’un rejet de l’immigration européenne et musulmane et d’un nationalisme spécifiquement anglais. Car, dans les deux provinces les plus « périphériques » du Royaume Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord, les électeurs ont choisi majoritairement le vote Remain ; et en Écosse, c’est un vote massif en faveur du maintien dans l’UE qui s’est exprimé avec 62 % des suffrages. Le contexte a manifestement été modifié en profondeur.

Pourquoi l’indépendance ?

Les revendications d’indépendance de l’Écosse avancées par le SNP ne sont pas nouvelles. Elles ont commencé à prendre de l’ampleur dans les années 1970. La fin du « règne » de Margareth Thatcher et les affrontements sur la Poll Tax, qui a incarné jusque dans la violence le mépris du gouvernement britannique pour les Écossais ont donné du corps à leur dénonciation. À la fin des années 1990 avec la mise en place de la devolution – transfert partiel du pouvoir du gouvernement britannique au Parlement écossais de Holyrood, à Édimbourg, les indépendantistes écossais ont pu offrir pour la première fois un débouché politique concret au vote en leur faveur. L’objectif du SNP est de créer une Écosse indépendante qui reposerait sur des principes, que l’on qualifiera de sociaux-démocrates, d’égalité et de justice sociale. Les arguments du parti en faveur de l’indépendance sont donc essentiellement socio-politiques et économiques, ce qui le distingue des partis nationalistes centrés sur les questions ethniques ou culturelles.

L’attachement écossais à l’Union européenne – réaffirmé dernièrement dans une pétition adressée à tous les citoyens européens https://europeforscotland.com/ dans l’espoir de faire pression sur les institutions de Bruxelles pour hâter la (ré)adhésion de l’Écosse à l’Union en cas d’indépendance – ne peut pas se concevoir selon les critères politiques des autres États européens, où des forces politiques peuvent dénoncer l’ordo-libéralisme et la perte de souveraineté populaire que la construction européenne implique aujourd’hui. L’Écosse ne dispose plus d’élément de souveraineté monétaire, financière, budgétaire et diplomatique depuis les XVIIème et XVIIIème siècles ; vues d’Édimbourg ou de Glasgow, l’accession à l’indépendance combinée à l’intégration comme État membre dans l’Union Européenne représenterait à tout point de vue une progression certaine en matière de souveraineté par rapport à la situation actuelle. De même, les garanties sociales offertes par le cadre européen – qui nous paraissent terriblement insuffisantes voire régressives en France – sont une protection non négligeable dans un pays qui a subi violemment la vague ultralibérale du thatchérisme sans que les travaillistes ne rétablissent entre 1997 et 2010 les protections collectives antérieures. Enfin si l’immigration européenne est relativement rejetée en Angleterre, où les patrons font jouer la concurrence sans aucun scrupules, l’Écosse connaît, elle, une situation démographique et territoriale qui fait de l’immigration européenne une nécessité et une condition de son développement.

Il y a donc entre l’Angleterre et l’Écosse une double fracture : gauche/droite – le SNP mène sur le logement et la santé des politiques parmi les plus progressistes d’Europe – et sur l’Europe. Les élections européennes de 2019 ont renforcé cette fracture avec, d’une part, une Angleterre pro-Brexit aux couleurs du Brexit Party et du parti conservateur et, d’autre part, une Écosse pro-européenne aux couleurs du SNP, confirmant par la même occasion les résultats du référendum sur le Brexit trois ans plus tôt. Le référendum de 2016 et les élections européennes de 2019 semblent ainsi légitimer le fait que le SNP réclame la tenue d’un second référendum d’indépendance. En effet, ces deux événements semblent avoir mis en évidence le manque de poids de l’Écosse dans les décisions prises à Westminster, comme cela est dénoncé par le SNP depuis de nombreuses années.

1    De 1999 à 2011, l’Écosse a été – à partir de la mise en œuvre de l’acte de « dévolution » – gouvernée par un gouvernement de coalition entre travaillistes et libéraux-démocrates. Après un revers en 2003, dû à l’absence temporaire d’Alex Salmond, le SNP a progressivement grignoté les bastions travaillistes du sud de l’Écosse, au point de l’effacer de la carte tant pour les élections à Westminster qu’Holyrood.

Écosse : vers un deuxième référendum ?

L’indépendance et le pari des jeunes

Face à ces deux rendez-vous majeurs qui ont souligné les divergences entre l’Écosse et le reste du Royaume-Uni, Nicola Sturgeon et le SNP en ont appelé à la jeunesse. La Première ministre écossaise est très présente sur les réseaux sociaux. Elle se montre particulièrement proche de la jeunesse de son pays. En outre, elle multiplie les publications à destination des jeunes afin de les sensibiliser sur la question de l’avenir constitutionnel de leur nation. Stratégie politique ou véritable intérêt pour la jeunesse écossaise ? Toujours est-il que le message semble être relativement bien entendu au vu du nombre toujours croissant de nouveaux membres dans les branches jeunes et étudiantes du SNP.

La jeunesse est clairement un enjeu politique. Alors qu’ils sont souvent réputés pour être distants de la vie politique, notamment lors des élections, le référendum d’indépendance de 2014 avait déjà mobilisé une grande proportion d’entre eux. Le taux de participation des 16-34 ans s’est élevé à 69%. Celui des 16-17 ans, qui avaient le droit de voter lors du référendum, s’est quant à lui envolé à 75%. Les partis politiques ont également vu leurs effectifs augmenter grâce à l’adhésion de nombreux jeunes. Cela a été particulièrement le cas du SNP et des Verts, tous deux pro-indépendance. Concernant les résultats du référendum, 54,3% des 16-19 ans et 54,1% des 20-24 ans ont voté en faveur du maintien de l’Écosse au sein du Royaume-Uni, tandis que 62,2% des 25-29 ans ont voté en faveur de l’indépendance.

En parallèle, depuis 2016, les partis politiques n’ont cessé de voir augmenter leur taux de jeunes adhérents. C’est notamment le cas du SNP et des Verts, tous deux défavorables au Brexit. En cas de second référendum, ces jeunes Écossais, toujours plus engagés en politique, pourraient jouer un rôle clé en faveur de la victoire de l’indépendance. Du moins, cette mobilisation de la jeunesse devrait se poursuivre tant que le sort de l’Écosse en tant que partie prenante ou non du Royaume-Uni ne sera pas fixé.

Le 6 mai, un scrutin à enjeux multiples

Rappelons le cadre : Le Parlement écossais est élu pour cinq ans selon un système mixte. Chaque électeur1 dispose de deux voix : la première voix sert à élire un député au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans l'une des 73 circonscriptions, la seconde voix est pour une liste dans le cadre d'une région. Le nombre de sièges pour chaque parti est attribué à la proportionnelle en prenant en compte les sièges déjà attribués dans les circonscriptions.

La première ministre écossaise conduit donc depuis l’été 2016 une offensive déterminée pour un deuxième référendum. Dans le long calvaire de Theresa May sur les négociations de sortie de l’UE, ce sont les députés du SNP à Westminster qui ont souvent été les plus percutants et efficaces pour déstabiliser celle qui avait succédé en catastrophe à David Cameron. Ce scrutin était donc évidemment un référendum en faveur d’un deuxième référendum. Afin d’accentuer la pression sur Boris Johnson qui s’oppose au principe même du renouvellement d’une telle consultation, une majorité indépendantiste claire et un mandat incontestable étaient nécessaires. Le pari est rempli : la participation au scrutin a progressé de 7,2 points à 63 % et le SNP a recueilli plus de suffrages qu’il ne l’avait jamais fait, même sous Alex Salmond, avec presque 1 100 000 votes en leur faveur pour le scrutin proportionnel (40,3 %, -1,4 points) et presque 1 300 000 au scrutin majoritaire (47,7 %, +1,2 points) ; un grain de 150 000 voix dans les deux cas. Le SNP gagne un siège, avec 64 députés en tout.

Les Verts écossais, eux aussi en faveur de l’indépendance, gagnent 2 sièges avec huit députés ; faiblement représentés au scrutin majoritaire, ils progressent substantiellement sur le vote proportionnel avec 8,12 % (+1,5 point) et 220 000 voix (+70 000). Pour compléter le tableau indépendantiste, il faut intégrer Alba (qui signifie Écosse en gaélique), récemment créé par Alex Salmond devenu l’adversaire de Nicola Sturgeon. N’ayant pas présenté de candidats au scrutin majoritaire, il espérait faire son trou au vote proportionnel : c’est un échec car il ne recueille que 45 000 voix (1,66%) et n’aura aucun élu.

C’était un des matchs dans le match : Alex Salmond, après avoir été le leader historique du SNP, est devenu l’adversaire acharné de Nicola Sturgeon. Cette dernière représentant la continuité de la ligne social-démocrate du SNP que Salmond lui avait donnée, Alba prétendait représenter un indépendantisme plus centriste. En réalité, il s’agit d’abord d’un règlement de compte personnel : Alex Salmond est convaincu que le cabinet Sturgeon et les hauts dirigeants du SNP sont derrière les accusations de harcèlement sexuel dont il a fait l’objet et pour lesquelles il a été acquitté depuis ; ou en tout cas, que sa successeur n’a rien fait pour empêcher la procédure, ce qui est difficilement défendable quand on veut promouvoir une justice indépendante. Le match est donc plié : l’indépendantisme écossais continuera d’être ancré à gauche.

En définitive, en additionnant les suffrages des trois partis indépendantistes, on obtient 50,12 % pour le vote proportionnel et 49 % pour le scrutin majoritaire, des niveaux jamais atteint précédemment dans les deux catégories. Avec la hausse du taux de participation, et 72 sièges sur 129 (+1 par rapport à 2011), le message politique est d’autant plus clair.

1Les citoyens du Royaume-Uni, de la République d'Irlande, du Commonwealth et de l'Union européenne âgés de 18 ans et plus disposent du droit de vote.

résultats des scrutins uninominaux et proportionnels du 6 mai 2021

résultats des scrutins uninominaux et proportionnels du 6 mai 2021

L’autre enjeu était évidemment domestique. Nicola Sturgeon, qui fut ministre de la Santé de 2007 à 2012, est plébiscitée par deux Écossais sur trois pour sa gestion efficace de l’épidémie. Un contraste par rapport à l'attitude erratique de Boris Johnson qui ne doit sa survie aujourd'hui qu'à une tardive mais massive campagne de vaccination avec Astra Zeneca. L'indépendance écossaise a d'autant plus d'attrait qu'il est servi par une première ministre solide.

La lutte était aussi féroce pour la seconde place. En 2016, les conservateurs l’avaient ravie aux travaillistes. Cette année, le chef conservateur, Douglas Ross, promettait des investissements massifs dans les transports et la santé. Pas forcément le point fort des Conservateurs cependant, ce qui témoigne du niveau de déclin des travaillistes autrefois hégémonique en Écosse. Les Tories se maintiennent au vote uninominal et progresse légèrement au vote proportionnel, conservant l'ensemble de leurs sièges. Les travaillistes, eux, ont encore perdu du terrain, même s'ils regagnent quelques dizaines de milliers de voix, celles-ci ne leur permettent pas de maintenir, dans un contexte de forte hausse de la participation, leurs résultats ; ils perdent encore deux sièges. C'est impressionnant car pendant 70 ans, il suffisait à une vache d'affubler le macaron rouge des travaillistes pour être élue au sud du Mur d'Antonin.

D'une manière générale, les élections locales du 6 mai ont été une déroute pour le Labour en Écosse comme en Angleterre. Pour le chef de l’opposition travailliste Keir Starmer, c’est une humiliation et de mauvais augure pour son objectif de reconstruire le Labour avant les prochaines élections générales de 2024. Avec une ligne plus centriste que son prédécesseur Jeremy Corbyn, il avait promis de remettre le parti sur les rails en prenant la tête de la formation quelques mois après sa débâcle aux législatives. « C’est l’illustration la plus spectaculaire que le parti a jusqu’ici échoué à se rapprocher des électeurs des classes ouvrières ayant voté Leave », a estimé John Curtice, un spécialiste des élections britanniques, sur la BBC. Les appels au changement ont rapidement fusé chez les travaillistes et anciens proches de Corbyn : « Keir Starmer doit réfléchir à deux fois concernant sa stratégie », a tweeté la députée Diane Abbott ; « Nous reculons dans des zones où nous devons gagner. La tête du Labour doit urgemment changer de direction », a abondé son collègue Richard Burgon. Il y a une véritable difficulté stratégique pour les travaillistes : comment reconquérir les électeurs ouvriers qui malgré le thatchérisme n'ont jamais convaincu par les avantages de l'UE, tout en reprenant pied dans une Écosse pro-européenne ? L'échec de la stratégie centriste de Starmer et de Salmond semble apporter une partie de la réponse. Mais une Grande Bretagne unifiée, le Labour ne pourra plus gouverner sans reconquérir l’Écosse. Dans un Royaume restreint à l'Angleterre et au Pays de Galles, ce serait aujourd'hui mission impossible sans reconquérir le Red Wall du Nord de l’Angleterre et même au-delà.

Et maintenant ?

« Il n'y a tout simplement aucune justification démocratique pour Boris Johnson, ou pour quiconque, à chercher à bloquer le droit du peuple écossais de choisir son propre avenir », a assuré Nicola Sturgeon : « C'est la volonté de ce pays ».

Réputée pour sa prudence et son expérience du pouvoir (elle est députée depuis 21 ans, ministre ou première ministre depuis 14 ans), elle sait cependant que son jeu présente de sérieuses faiblesses.

D'abord, le gouvernement conservateur de Londres dispose toujours d’un droit de veto sur un éventuel référendum, et Boris Johnson, dès la veille du scrutin, avait déclaré « irresponsable » une nouvelle consultation populaire écossaise. Il s'accroche à l'affirmation qu'un tel référendum ne peut se produire qu'une fois par génération. Par ailleurs, du fait de la déroute des travaillistes, Boris Johnson est sorti des élections locales du 6 mai relativement confirmé et consolidé. Malgré sa gestion au doigt mouillé du Coronavirus, il surfe sur la levée des mesures sanitaires après la vaccination de la majorité du pays, sur le fait que le Brexit en lui-même pose moins de problèmes que prévus pour l'Angleterre et il flatte le sentiment nationaliste des Anglais dans un bras de fer avec la France sur le partage des eaux territoriales autour des îles anglo-normandes. Pourquoi voudrait-il faire un cadeau à Nicola Sturgeon avec un référendum qui pourrait lui coûter sa carrière politique, alors qu'il est en mesure de gouverner le Royaume Uni sans, voire même contre, les trois autres Nations (Écosse, Irlande-du-Nord, Pays-de-Galles) ?

Le SNP dispose cependant d'un argument : pourquoi Boris Johnson refuserait-il aux Écossais de mettre en pratique le principe qu'il a mis en avant – à savoir « le respect de la volonté populaire » – pour virer Theresa May et devenir Premier ministre ? Nicola Sturgeon a d’ores-et-déjà menacé de voter sans attendre un projet de référendum à Holyrood puis de saisir la Cour suprême britannique si Boris Johnson se mettait en travers de son chemin. Pour le moment, la situation reste figée.

Bojo et Nicola Sturgeon à Edimbourg en juillet 2019

Bojo et Nicola Sturgeon à Edimbourg en juillet 2019

Samedi soir, Boris Johnson a téléphoné à la première ministre écossaise pour la « féliciter » et « l’appeler à coopérer » : l'affrontement est cependant inévitable. BoJo va probablement parier sur le pourrissement, le SNP, au contraire, tenter de mettre à profit son refus pour convaincre un maximum d’Écossais que leur destin est de couper le cordon avec Londres, car si les sondages sont aujourd'hui favorables à l'indépendance, les suffrages de l'élection du 6 mai donne une répartition 50-50 entre partis pro et anti-indépendance. N'oublions pas cependant qu'aujourd’hui qu'une partie de ce qu'il reste de l'électorat travailliste est également favorable à l'indépendance. N'oublions pas non plus que l'aspiration à l'indépendance des Écossais ne saurait être perçu comme un délitement des États-nations mais bien au contraire la construction d'un nouveau : la constitution du Royaume Uni n'a jamais été celle d'un État-nation tel que nous l'entendons en France mais bien plus celle d'un État impérial. Boris Johnson pourrait bien être l'archétype de ces représentants de l’État impérial britannique qui confond les intérêts du Royaume avec ceux de la petite Angleterre. On peut se dire que c'est une bonne chose que la majorité conservatrice de Westminster ne soit plus avec BoJo dépendante des ultra-conservateurs unionistes nord-irlandais comme elle l'était sous Theresa May, mais, comme l'ont montré les émeutes mettant en scène de jeunes « loyalistes » à Derry et Belfast, le sentiment de frustration et de trahison – une frontière coupe de fait le Royaume en deux en Mer d’Irlande – pourrait bien hâter les événements dans l'île voisine. À vouloir gouverner seul contre tous et à jouer le pourrissement, Boris Johnson pourrait aussi se mettre à dos les Gallois où le sentiment national est aussi élevé et ceux des Écossais qui défendent encore l'union par défaut.

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3 mai 2021 1 03 /05 /mai /2021 11:28
Le Parisien 95 - Val d'Oise est revenu dans son édition papier de lundi 3 mai 2021 sur le mariage de la carpe et du lapin dans notre ville pour le prochain scrutin.

Par leur comportement, Dominique Lesparre et Marjorie Noël ont causé la défaite de la #gauche aux élections #Municipales2020. Si aujourd'hui, notre commune est dirigée par Nesrine Menhaouara et ses alliés de droite, c'est leur entière responsabilité. Par haine et immaturité, ils ont rejeté tout ce qui aurait pu éviter les dégâts que subissent la ville et les Bezonnais depuis près d'un an. Et aujourd'hui, ils viennent expliquer que ce sont eux l'avenir de la gauche qu'ils ont fracassé ?! voilà qui est fort de café ! On attendait d'eux qu'ils prennent un peu de recul, non l'ego est trop fort.

Je constate que l'ancien maire Dominique Lesparre est incapable d'examiner sereinement ses responsabilités et de faire une analyse rationnelle de sa défaite ; il traite avec condescendance ses propres camarades envers qui il veut bien "passer l'éponge" comme s'il était leur employeur...

Je constate que les deux candidats n'ont pas osé se soumettre au suffrage des militants du parti dont ils se réclament, cela démontre à quel point ils sont peu représentatifs. Je constate que la nécessité de rassembler toute la gauche - comme la section PCF Bezons Jacky Leser et la Gauche Républicaine & Socialiste Val-d'Oise en avaient fait la proposition - pour défendre les habitants et battre la droite sous toutes ses formes (Menhouariste et Macroniste, LR ou RN). Ces personnes ne représentent qu'elles-mêmes. Pour prétendre entrer dans un rassemblement à l'avenir, il faudrait encore reconnaître sa responsabilité dans la catastrophe de juin 2020.

Communistes et Socialistes républicains de Bezons continueront à travailler ensemble pour proposer un meilleur avec pour notre commune. Ils travailleront avec tous ceux qui veulent une alternative (Génération.s, GDS, EELV, LFI, etc.) et refusent de répéter les erreurs d'hier sous la conduite de ceux qui les ont commises.

Frédéric FARAVEL
conseiller municipal et communautaire Gauche Républicaine et Socialiste de Bezons
membre du collectif d'animation national de la GRS

article du Parisien en ligne le 2 mai et dans l'édition papier du 3 mai... et le communiqué de presse commun de la GRS et du PCF de Bezonsarticle du Parisien en ligne le 2 mai et dans l'édition papier du 3 mai... et le communiqué de presse commun de la GRS et du PCF de Bezons
article du Parisien en ligne le 2 mai et dans l'édition papier du 3 mai... et le communiqué de presse commun de la GRS et du PCF de Bezonsarticle du Parisien en ligne le 2 mai et dans l'édition papier du 3 mai... et le communiqué de presse commun de la GRS et du PCF de Bezons

article du Parisien en ligne le 2 mai et dans l'édition papier du 3 mai... et le communiqué de presse commun de la GRS et du PCF de Bezons

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29 avril 2021 4 29 /04 /avril /2021 07:00
Canton d'Argenteuil-Bezons : Le « mariage de la carpe et du lapin » va tuer la gauche - communiqué de presse PCF et GRS

Alors que les négociations étaient encore en cours avec les principales forces de gauche (Génération.s, EELV, PS, PCF, GRS, GDS, LFI) sur certains cantons du département, le comité départemental du Parti communiste du Val-d'Oise en a décidé autrement en y mettant un terme.

Sous la pression de l'intérimaire au poste de secrétaire fédéral du PCF95, la consultation des militants a été évacuée, contrairement aux règles démocratiques de nos organisations. Tel est le cas à Bezons !

Nos propositions de présenter ensemble pour le canton Argenteuil 3 (Argenteuil-Bezons) des candidats de la GRS et du PCF et d'élargir ce rassemblement à d'autres forces politiques de gauche (Génération.s, EELV, GDS, LFI) ont été balayées avant même d'être examinées et alors même que la consultation auprès des militants communistes de Bezons était engagée. Contrairement aux principes démocratiques qu'avait toujours portés le regretté Alain Feuchot, Cécile Dumas a donc imposé Marjorie Noël et Dominique Lesparre, qui s'étaient déjà autoproclamés candidats. Ces candidats ne sont pas ceux des communistes bezonnais et ne nous représentent pas.

Il est désastreux de présenter aux électeurs deux personnes qui, farouchement opposées l'une à l'autre aux dernières élections municipales, ont par le comportement provoqué la défaite d'une municipalité d'union de la gauche.

Nous refusons ces pratiques anti-démocratiques. Cette stratégie laisse un boulevard à des conseillers départementaux, inutiles et inefficaces depuis 6 ans, et renforce la droite et l'extrême droite. Ces méthodes encouragent également l'abstention.

Nous prendrons nos responsabilités et nous continuerons, ensemble, à défendre les intérêts des Bezonnais. À cette heure, aucune candidature aux élections départementales pour le canton d'Argenteuil 3 ne correspond à cet impératif.

Canton d'Argenteuil-Bezons : Le « mariage de la carpe et du lapin » va tuer la gauche - communiqué de presse PCF et GRS
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