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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis alternativement à Bezons dans le Val-d'Oise et à Massy dans l'Essonne. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. Je suis membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, en charge du pôle "Idées, formation, riposte".
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Gauche Républicaine & Socialiste

29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 18:00

colombe-3.gifDepuis plusieurs semaines, j'éprouve le besoin de réaffirmer qu'il existe une voie/voix pour les chrétiens progressistes dans le monde. C'est peut-être anachronique ou démodé d'aborder le sujet pour certains, les préoccupations sur les "cathos de gauche" appartenant aux années 1960 et 1970, leur assimilation à une gauche sociétale et bien-pensante, ayant parfois même disqualifié cette réflexion pour d'autres.

La façon dont a été engagé le débatsur le "mariage pour tous", c'est-à-dire l'égalité des droits pour les couples homosexuels et hétérosexuels, et notamment les postures empreintes du pire conservatisme dans les Eglises et certaines institutions confessionnelles, pousse à camper une saine protestation ou affirmation, qu'on ne saurait caricaturer la foi dans ses érucations réactionnaires. Rien dans la "Loi" ne justifie l'opprobre et la vindicte contre les homosexuels uniquement les a priori et les lois humaines (lire dans Mediapart "Un athlète du mariage pour tous : Jésus-Christ").

J'ai toutefois également été surpris de la réaction de certains camarades ou proches concernant une initiative pétitionnaire de chrétiens favorables à la concrétisation de l'égalité des droits : "Sur le mariage, l'Église aussi est diverse". Les remarques, souvent hostiles, parfois blessantes, étaient à mon sens totalement décalées et contreproductives. Elles semblaient exprimer une défiance naturelle, instinctive, onthologique à l'égard d'individus toujours suspects d'une certaine coupable complicité envers une forme ancienne du totalitarisme, que serait en soi toute confession et religion.

Outre le fait que cette vision s'attaque en la matière à des camarades, des partenaires ou des alliés, elle est réductrice - comme cherchent à faire tous les réactionnaires du monde en caricaturant la pensée socialiste à l'expérirence totalitaire (et finalement césaro-papiste) du stalinisme - et elle est aussi une dénégation de la liberté de conscience et d'expression.

Car nous avons tous le droit d'exprimer (pourvu qu'on n'appelle pas à la haine, au meurtre, aux discriminations, sur telle personne ou tel groupe, pourvu également que cela ne soit pas du prosélytisme), nos opinions, nos convictions, dans l'espace public.

Et pour certains d'entre nous, la foi - chrétienne en l'occurence (mais je suppose, en tout cas j'espère, que cela doit marcher pour d'autres confessions) - a largement structuré notre pensée. Le "Salut" auquel nous croyons nous laisse libres d'agir pour la transformation du monde. L'inspiration et l'éducation que nous en avons tirées nous a conduit à l'engagement socialiste. Léon Blum, dans son fascicule de formation et son enregistrement audio "Pour être socialiste" posait clairement la question "de quoi est né le socialisme ?" (1919) ; il y répond ainsi :

"De la révolte de tous ces sentiments blessés par la vie, méconnus par la société. Le socialisme est né de la conscience de l'égalité humaine, alors que la société où nous vivons est tout entière fondée sur le privilège. Il est né de la compassion et de la colère que suscitent en tout cœur honnête ces spectacles intolérables : la misère, le chômage, le froid, la faim, alors que la terre, comme l'a dit un poète, produit assez de pain pour nourrir tous les enfants des hommes, alors que la subsistance et le bien-être de chaque créature vivante devraient être assurés par son travail, alors que la vie de chaque homme devrait être garantie par tous les autres. Il est né du contraste, à la fois scandaleux et désolant, entre le faste des uns et le dénuement des autres, entre le labeur accablant et la paresse insolente. Il n'est pas, comme on l'a dit tant de fois, le produit de l'envie, qui est le plus bas des mobiles humains, mais de la justice et de la pitié, qui sont les plus nobles.
Je n'entends pas soutenir, vous le comprenez bien, que tous les sentiments généreux et désintéressés de l'âme humaine ne se sont manifestés dans le monde qu'avec les doctrines socialistes. Ils sont plus anciens, s'ils ne sont pas éternels. L'instinct de justice, de solidarité, de moralité humaine qui trouve aujourd'hui son expression dans le socialisme a, tout le long de l'histoire, revêtu d'autres formes et porté d'autres noms. C'est cet instinct qui a fait la force des religions modernes, puisque toutes, à leur naissance, dans leur première phase de prosélytisme populaire, se sont tour à tour adressées à lui. Un encyclopédiste du XVIIIe siècle, un jacobin de la Convention, un démocrate de 1830 étaient probablement mus par les mêmes sentiments qui font aujourd'hui le ressort et la force vive de notre action. Mais - là est le point essentiel - la foi socialiste est la seule forme de cet instinct universel qui réponde exactement aux conditions actuelles de la vie sociale, de la vie économique. Toutes les autres ont été dépassées par le cours des temps. Toutes les autres sont discordantes et retardataires. Que ceux qui s'y obstinaient de bonne foi le comprennent et viennent à nous.
Le socialisme est donc une morale et presque une religion, autant qu'une doctrine. Il est, je le répète, l'application exacte à l'état présent de la société de ces sentiments généraux et universels sur lesquels les morales et les religions se sont successivement fondées."

Je ne pourrais mieux décrire les sentiments qui m'animent que ne le fit alors Léon Blum... C'est donc pleinement en tant que chrétien que je suis socialiste et, selon et pour moi, ces deux aspirations se nourrissent l'une et l'autre. Il serait particulièrement incongru de réfuter cette situation et de dénier la légitimité de son expression.

Nul ne conteste d'ailleurs l'engagement de personnalités mondialement connues :

  • l'engagement humanitaire, en faveur de l'annulation de la dette des PVD, de Bono ou écologiste de Peter Garett (chanteur du groupe australien Midnight Oil, devenu ministre de l'environnement)... pourquoi oublier que leurs motivations - qui transparaissent pourtant dans l'inspiraiton mystique d'une partie de leurs chansons - ont leur foi pour origine ;
  • doit-on mépriser les actions entreprises par Martin Luther King, les prêtres ouvriers, Mgr Desmond Tutu, ou l'Abbé Pierre, pour les droits civiques, contre l'apartheid, pour l'égalité sociale (et parfois le tout en même temps) parce qu'ils ont agi sous l'inspiration de leurs croyances et en tant que religieux ?
  • Doit également entamer une critique de l'action de Nelson Mandela ou de Barack Obama au regard de l'inspiration chrétienne de leurs convictions...?

On voit bien ici le ridicule de la situation.

C'est un plaisir intense pour moi de me confronter et de me nourrir de la lecture des philosophies du soupçon initiées par Friedrich Nietzsche, Karl Marx ou Sigmund Freud. Ils nous maintiennent en éveil, nous bousculent dans nos certitudes et nous amènent à renverser les présupposés que l'on croyait indéboulonnable... mais qui pourra soutenir qu'il n'y eut aucune influence à ce que le premier fut fils de Pasteur luthérien, le second petit-fils de Rabbin et le troisième pétri de culture judaïque...

Pour ma part, je préfère croire - avec une distance critique - et agir selon ce que je définis comme ma foi, que d'affecter une indépendance à toute pensée religieuse et avoir remplacé Dieu par d'autres maîtres bien plus dévorant : l'argent, le pouvoir, l'apparence ou leur propre image... Ne retenant que cela du matérialisme (historique ou non). Où la pensée et l'engagement serait réduit à une figure imprimée sur un t-shirt (payé fort cher au demeurant) Che Guevara le disputant à MLK ou à JP2 fumant un joint...

A mes amis anti-religion (à ne pas confondre avec les athées) je veux dire ceci : il faut savoir retenir l'aspiration libertaire existant chez certains chrétiens qui ont retenu du message du Christ le refus de l'ordre établi, il faut savoir retenir retenir l'amour et la joie de l'étude qui habite une partie du judaïsme (je ne saurais me prononcer sur l'Islam que je ne connais pas). Elles ne s'imposent à personne, elles font partie d'un fond global dans notre société et animent encore quelques uns d'entre nous qui se battent à vos côtés.

Car, enfin, face à la montée des communautarismes et des intégrismes, il faut avant tout nous accepter et nous unir dans le respect de nos différence. C'est plus important que de savoir si ma foi et celles de quelques autres devraient ou non invalider notre combat.

Frédéric FARAVEL

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 19:56

Le club Gauche Avenir vous convie à une Assemblée des gauches et des écologistes le 12 décembre 2012

COMPÉTITIVITÉ, EMPLOI, REDRESSEMENT INDUSTRIEL : QUELLES ALTERNATIVES ?

Avec la participation de

  • Marie-Noëlle Lienemann, Sénatrice socialiste et co-présidente de Gauche Avenir
  • Pierre Laurent, Premier secrétaire national du Parti Communiste et Sénateur
  • Jean-Vincent Placé, Sénateur et Président du groupe Europe Ecologie Les Verts
  • Jean-Luc Mélenchon, Co-président du Parti de Gauche et Député Européen
  • Christian Eckert, Député socialiste et rapporteur général de la commission des finances
  • Guillaume Duval, Rédacteur en chef d’Alternatives Economiques
  • Dany Lang, membre du collectif "Les Economistes Atterrés"
  • Liem Hoang Ngoc, Député européen socialiste
  • Henri Sterdyniak, membre du collectif les Economistes Atterrés
  • Paul Quilès, Ancien Ministre et co-président de Gauche Avenir

gauche_avenir_12-12-2012.jpgRendez-vous

mercredi 12 décembre 2012
au Musée Social
de 18h à 22H
5 rue Las Cases
75007 PARIS

Retrouvez nous sur facebook

Merci de confirmer votre présence par mail à contact@gaucheavenir.org

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 10:25

Les négociations budgétaires européennes battent leur plein. Herman Van Rompuy, président du conseil européen, propose de réduire de 75 milliards d'euros l'enveloppe de 1 033 milliards d'euros initialement proposée par la Commission européenne – des réductions qui atteignent même 80 milliards en tenant compte de programmes hors budget. Ce sont les mêmes mesures austéritaires qui ont été imposées pour les budgets nationaux - avec le succès que l'on sait - qui sont à nouveau proposées pour le budget de l'Union.

budget_europeen_2013.jpgLa nécessité politique et économique, la nécessité de renforcer la cohésion européenne en pleine crise monétaire et économique, devrait conduire au contraire à plaider pour l'augmentation massive du budget européen. C'était une logique qui commençait à être entendue d'ailleurs au sein des sociaux-démocrate européens, mais qui a tendance à être moins plaidée depuis l'accession des socialistes français au pouvoir. Cependant, comme les Britanniques exigent des coupes beaucoup plus substantielles – de l'ordre de 150 milliards – pour ramener le montant global à 886 milliards d'euros, il est probable qu'on raconte une petite histoire à la fin du processus sur le thème du "Vous savez cela aurait pu être bien pire"...

En attendant dans ces conditions, le fameux pacte de croissance - qu'avait négocié François Hollande et qui justifiait à ses yeux d'adopter contre toute cohérence le traité Merkozy que nous avions dénoncé - n'est plus du tout d'actualité.

La France s'affiche donc sur trois chevaux de bataille :

  • revoir enfin à la baisse, outre la ristourne britannique, les "rabais" accordés depuis à l'Allemagne, aux Pays-Bas ou à la Suède et qui augmentent d'autant leurs propres contributions (elle est notamment soutenu dans ce combat par l'Italie) ;
  • soutenir (avec l'Italie encore) les membres les plus récents - comme la Pologne - sur le maintien de la politique de cohésion, qui leur a permis de se développer bien que l'effort consenti en leur faveur n'ait pas été au niveau de celui fourni autrefois pour l'Irlande, la Grèce, le Portugal et l'Espagne ;
  • maintenir au maximum les crédits à la Politique Agricole Commune (PAC), quitte à amputer dans la logique malthusienne qui encadre la négociation d'autres secteurs...

Or, c'est bien là un des risques de cette négociation budgétaire : la France risque de perdre le peu de crédit qu'elle a retrouvé en passant médiatiquement pour la défenseure d'une Europe figée. La Politique Agricole Commune se verrait ainsi allouer 8 milliards d'euros supplémentaires, et 10,6 milliards de plus vont à la politique de cohésion en faveur des pays les plus pauvres. Pour cela, il soustrait 20,3 milliards pris sur plusieurs enveloppes, dont 13 aux budgets pour la croissance et les grandes infrastructures.

Sa première proposition avait été obtenue en réduisant de 75 milliards d'euros le projet de la Commission, qui demandait 1 047 milliards d'euros. Mais la PAC perdait 25,5 milliards d'euros, dont 13,2 pour l'enveloppe destinées aux aides directes et aux interventions sur les marchés. Ces coupes avaient été dénoncées comme "inacceptables" par les Français. La cohésion voyait pour sa part son enveloppe réduite de 29 milliards.

Or tant sur la PAC que sur la politique de cohésion (relire ici mon article sur le dévoiement de la politique de cohésion dans le cadre de la "stratégie de Lisbonne"), accepter la diminution globale du budget communautaire revient à mettre dans la balance le maintien de la PAC contre des politiques innovantes sur lesquelles nous avons tous besoins de l'intervention européenne (transition énergétique notamment) : c'est un jeu à somme négative pour tout le monde d'un point de vue politique et économique. D'un côté, l'Union européenne n'interviendra pas suffisamment sur des secteurs d'avenir, de l'autre on reprochera à la France le poids disproportionné de la PAC dans le budget européen alors même que ces crédits et cette politique commune sont nécessaires.

Cameron_Europe.jpgSi la France accepte de poursuivre des négociations en acceptant la baisse du budget global de l'Union, elle court à la catastrophe. David Cameron menace d'exercer son veto si on lui retire sa "ristourne" et si la PAC n'est pas réduite ? grand bien lui fasse... tout le monde sait que l'UE pourra trouver une solution pour fonctionner malgré le veto britannique. Par contre, si François Hollande voulait être conséquent et faire réellement bouger les lignes en cohérence avec son projet présidentiel, il menacerait les négociations de son veto tant qu'une discussion sérieuse ne sera pas engagée sur l'accroissement substantiel des perspectives financières de l'Union.

Frédéric FARAVEL

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 08:18

Logo_Site_Engagement31.pngAinsi, devant le congrès des Maires de France, le président François Hollande a reconnu mardi 20 novembre "la liberté de conscience" aux maires qui refuseraient de célébrer des mariages entre personnes du même sexe si la loi le prévoyant était votée.

"Les possibilités de délégation existent, elles peuvent être élargies" : c'est là qu'est tout le noeud de l'affaire.

Tout le monde sait qu'un Maire, qui ne voulait/pouvait pas - jusqu'ici - célébrer par manque de temps ou pour d'autres raisons (par exemple, comme l'explique le délicat Bruno Le Roux, c'est pas très bat' de se retrouver à marier son ex-femme et l'amant de celle-ci), avait la possibilité de déléguer cette tâche à un adjoint au Maire et même à un conseil municipal (je préfère le préciser car selon les radios, ce matin, les conseillers de l'Elysée auraient déminé toute la soirée en expliquant que l'élargissement consisterait à permettre aux conseillers municipaux de célébrer des mariages si on leur demandait). Donc, si on invente une "clause de conscience", concept juridique informe et surtout concept constitutionnel douteux si ce n'est inexistant, c'est qu'elle est supérieure à toutes les raisons de délégations déjà existantes.

FrancoisHollandeSi cette "clause de conscience" est supérieure, comment imposer à tout un conseil municipal la célébration d'un mariage que chacun de ses membres aurait refusé d'opérer ? Ainsi, on introduit la possiblité très sérieuse que sur certaines parties du territoires français, en raison de l'opinion politique ou religieuse des membres du conseil municipal, la loi républicaine ne soit plus appliquée, que l'égalité d'accès aux droits sur tout le territoire républicain soit déniée à une partie de nos concitoyens.

Cette hypothèse est sérieuse car il serait étudié en ce moment la possibilité de se marier officiellement dans la commune de ses parents, sans qu'il soit obligé comme aujourd'hui de faire semblant que les fiancés "résident" chez papa-maman.

Je n'envisage même pas la possiblité que sur la base de l'invention d'une "clause de conscience" permette à certains de refuser de célébrer des mariages mixtes, tant la concession ou la reculade - selon que l'on soit indulgent avec le président ou pas - d'hier après-midi est déjà grave en elle-même.

Car François Hollande vient en fait de donner raison à une revendication des maires les plus réactionnaires, Bompard le maire ex-FN d'Orange en tête, et aux manifestants catholiques de samedi et dimanche.

Il réussit dans le même temps à déplaire à son camp sans pour autant obtenir le soutien de ses opposants que son changement de pied sur la question ne retournera pas. Mais nous pouvions déjà nous inquiéter en découvrant que la procréation médicalement assistée n'était pas dans le projet de loi déposé par le gouvernement, alors que c'était un engagement du candidat François Hollande.

Bien avant que François Hollande ne décide de faire avaler de force le traité Merkozy à la gauche ou ne change de pied sur la stratégie de compétitivité, d'aucuns - des partis à la gauche du PS jusqu'à la "gauche populaire" en passant par l'aile gauche du PS - craignaient le risque de Zapatérisme qui guettait le Président de la République.

Pour ma part, je crains aujourd'hui que Jose-Luis Zapatéro ne soit même pas le modèle de François Hollande, car sur tous les autres sujets non économiques (droit de vote ou reconaissance de la Palestine), le camp qui l'a élu n'obtient pas satisfaction.

Frédéric FARAVEL

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 08:24

Après Standard and Poor's, l'agence Moody's vient d'abaisser la note de la France de AAA à AA1, en précisant une perspective négative. Des trois agences de notation financière internationale, il ne reste que Fitsch qui accorde un triple A à notre pays, mais également affublé d'une perspective négative.

Pierre Moscovici a dénoncé dans cette dégradation la sanction des 10 années d'attentisme politique sous Chirac et Sarkozy, mais nous devons regarder clairement quels sont les attendus de la décision de l'agence : malgré un budget de rigueur pour 2013, malgré l'application du rapport Gallois – cette motion 6 qui s'est invitée chez les socialistes après le congrès de Toulouse –, les agences de notation ne croit pas à la réussite des « efforts » du gouvernement français.

Sont dénoncés le manque de compétitivité industrielle, un « coût du travail » excessif, un droit du travail trop protecteur, un niveau de dépenses publiques bien trop important, des perspectives économiques nationales et européennes négatives et enfin une dépendance trop forte de l'économie française à ses clients européens.

Ainsi, quel que soit le point de vue libéral que l'on voudrait adopter – une recherche de compétitivité fondée sur l'abaissement du « prix » et du droit du travail ; une rigueur budgétaire non assumée qui risque de nous conduire à l'austérité et à la récession – ces stratégies sont vaines : jamais nous ne trouverons grâce aux yeux des néo-libéraux. Tout comme les travailleurs français seront toujours trop payés pour concurrencer les salaires chinois, indiens, vietnamiens ou roumains, l'économie française sera toujours trop peu « compétitive » face à des concurrents qui font fi des normes sociales, démocratiques et écologiques.

Pour ma part, je considère qu'au-delà d'être voués au mépris du monde de la finance, les objectifs politiques de baisse à marche forcée des dépenses publiques en période de récession et de compétitivité sur les prix ne sont ni souhaitables ni efficaces.

Il est nécessaire de réaffirmer que le salut économique de la France et de l'Europe passe par deux principes essentiels :

  • une stratégie offensive de réinvestissement productif, fondé sur :
    • l'investissement dans la formation, la recherche et l'innovation ;
    • le soutien économique aux PME par un État stratège au travers de la BPI ;
    • la préservation de l'outil productif et des savoirs-faire des salariés français ;
    • l'association des salariés à la stratégie des entreprises ;
  • une profonde réorientation de la construction européenne, articulée sur trois axes :
    • une augmentation massive du budget communautaire européenne pour porter une politique de croissance ;
    • une politique monétaire offensive de la BCE, coordonnée avec les États et l'Union ;
    • la restauration de la souveraineté populaire par le renforcement des pouvoirs du Parlement européen.

Frédéric FARAVEL

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 21:40

 

Depuis plus de trente ans, la question du droit de vote des étrangers aux élections locales fait partie du débat public. Elle a été intégrée dans les programmes de plusieurs majorité parlementaire sans jamais prendre force de loi jusqu'ici. La réalisation de cette aspiration légitime à l'achèvement de la démocratie française n'a connu qu'une seule avancée : depuis 1992, les étrangers issus des pays membres de l'Union Européenne peuvent être électeurs et éligibles pour les élections municipales et européennes.

Hollande_conference_presse_13-11-2012.jpgÀ nouveau, cette proposition phare a été au cœur des débats de l'élection présidentielle ; c'est un des 60 engagements du candidat François Hollande, élu le 6 mai dernier Président de la République. Il est donc plus que temps de faire aboutir cette mesure qui a été validée par le suffrage universel des citoyens français. Il est temps de mettre fin par là même à une discrimination qui perdure entre les Européens et les étrangers non-européens.

Cette démarche d'égalité participera au renforcement de l'intégration de ceux qui vivent quotidiennement à nos côtés. On ne peut verser des larmes de crocodiles devant les difficultés de l’intégration, et dans le même instant, refuser d’examiner la forme avancée d’intégration politique qu’offre le vote aux élections locales. Si la France veut redevenir un modèle, elle doit regarder hors de ses frontières pour vérifier que de nombreux autres pays ont agi avec plus d’efficacité et d’humanité. C’est affaire de reconnaissance et de dignité.

Depuis plusieurs semaines, quelques responsables politiques agitent le chiffon rouge du risque du vote communautaire et de la constitution de liste communautariste. Sans aucune naïveté ni complaisance, nous savons d’expérience que les communautarismes prospèrent davantage quand l’égalité est bafouée, la capacité à s’intégrer déniée, et qu’au fond, une part de la cité se mure à sa propre périphérie.

Tout le monde aura pu constater que nos concitoyens d'origine étrangère qui parfois peuvent constituer la majorité du corps électoral de certaines communes n'ont jusqu'ici pas apporté leurs suffrages à de telles listes ; ces listes quand elles ont existé on rassemblé tellement peu de suffrages qu'elles ont été durablement dissuadées de se représenter.

droit-de-vote-des-etrangers.jpgUn citoyen est d’abord une personne qui vit dans la cité et contribue à ses activités. Nos voisins « étrangers » ont les mêmes préoccupations quotidiennes que celles de tous les habitants : le logement, l'emploi, les services publics, la qualité de l'enseignement. C'est cela qui déterminera avant toute autre considération leur choix au moment de voter, et non comme certains essaient de le faire croire de supposés déterminismes ethniques ou confessionnels.

Lorsqu’ils vivent et travaillent en France depuis des années, parce que leurs enfants grandissent avec les nôtres, parce qu’ils participent activement à la vie de la cité dans les associations, les étrangers en situation régulière doivent enfin prendre part aux élections locales comme électeurs ou éventuellement comme candidats.

Pour toutes ces raisons, il est extrêmement décevant que le Président de la République ait lors de sa première Conférence de presse le 13 novembre 2012 pris une certaine distance avec cette revendication essentielle. M. Hollande a repoussé, sinon enterré, sa promesse de campagne. Lors de sa conférence de presse, il s'est montré plus que prudent sur la mise en œuvre de cette réforme – populaire il y a encore quelques mois dans l'opinion, mais qui semble de plus en plus rejetée. "Le gouvernement peut préparer le texte, mais il ne le déposera que si la perspective de son adoption est réunie. Je ne vais pas déposer un texte dont je saurais qu'il sera repoussé", a justifié le président.

On pourrait comprendre que le Président de la République explique une situation politique, les difficultés qui en découlent et décrive l'impasse temporaire à laquelle il se trouve confronté. Mais il est inquiétant qu'il ne s'avance plus que cela, qu'il ne réaffirme pas avec force son engagement et qu'il n'appelle pas les Français et les acteurs politiques de ce pays à lui donner les moyens de faire changer d'avis les quelques politiciens qui ont jugé plus tactique aujourd'hui de s'opposer au Parlement à ce projet, qu'ils admettaient légitimes voici encore quelques mois.

aubry ayraultMartine Aubry, dans son allocution devant le congrès de Toulouse, explication que l'action gouvernementale et parlementaire était sans doute plus efficace que les pétitions ; on me permettra d'y apporter un bémol, qu'elle admettra elle-même tant on connaît son attachement pour cette mesure et la force des arguments qu'elle a développés pour la défendre publiquement : en l'occurrence, confrontés que nous sommes à la faiblesse et à la lâcheté de plusieurs responsables politiques de droite et du centre, le Parti Socialiste et le premier d'entre les socialistes devraient absolument prendre l'initiative d'une campagne populaire pour rassembler et élargir le soutien de nos concitoyens, ce qui serait susceptible de modifier une fois de plus l'avis des faibles parlementaires UDI... et dans cette campagne, il n'y a pas de contre-indications à l'utilisation massive d'une pétition.

discours Maurel samediSi le Parti Socialiste - en tant qu'organisation - ne prenait pas cette initiative nécessaire, c'est alors à l'aile gauche du PS, conduite par Emmanuel Maurel, de prendre ces responsabilités, devant la gauche, devant l'histoire, devant les Français. Et de mener ce qui devrait être l'honneur du militantisme... quitte à forcer la main et la détermination d'un président de la République.

Frédéric FARAVEL

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 09:51

L'élection du Premier Secrétaire fédéral du Parti Socialiste du Val-d'Oise dépasse en rebondissements et intensité dramatique ou comique de très loin bien des sitcoms, soap-opera ou telenovela, que nos aînés peuvent regarder l'après-midi pour passer le temps.

Manquez un épisode et vous êtes perdus... Voici donc une petite mise à jour satyrique pour vous permettre de suivre, en espérant un jour que la fédération du Val-d'Oise connaisse de moments plus sereins, pour faire travailler ensemble tous les militants.

Episode n° 1 - "Renouveau 95"

Juin 2012 - le congrès du Parti Socialiste n'est pas encore lancé, les dates de celui-ci ne sont peut-être même pas connues, le Parti étant avant tout concentré sur la récente victoire législative de la gauche, qu'un groupe de jeunes apparatchiks pressés, défendant une orientation souvent très accommodantes avec le social-libéralisme, poussent un cri primal : "videz les vieux califes et remplacez les par les jeunes vizirs que nous sommes"... Il est toujours évident d'ailleurs que le fait d'être jeunes justifient en soi sans qu'il soit besoin de le développer qu'on soit plus intelligent, plus pertinent... en tout cas plus entreprenant... pour réclamer des postes.

Episode n° 2 - les contributions

Juillet 2012 - La fédération du Val-d'Oise du PS dispose d'une newsletter à l'attention de ses militants titulaires d'une adresse électronique. Plusieurs newsletters fédérales leurs seront adressés pour leur donner les liens de contributions générales ("la contribution citoyenne", la "contribution exclusive" de J.-M. Ayrault et M. Aubry), thématiques (la contribution d'HES, la contribution "prositution") ou fédérale... enfin le texte "renouveau 95" des jeunes vizirs pressés. Il est à noter que les contributions générales ou thématiques issues de la gauche du PS, signées et souvent rédigées par des militants valdoisiens, ne seront jamais présentes dans ces newsletters.

Episode n° 3 - "Changement"

Septembre 2012 - alors que les militants socialistes doivent découvrir quelles seront les motions sur lesquelles ils devront voter le 11 octobre, d'autres protagonistes, députés, maires, conseillers généraux ou conseillers régionaux, décident qu'il est bien plus importantde faire valoir qu'eux aussi ils ont des idées pour l'animation de la fédération du Val-d'Oise du PS et qu'en conséquence, ça serait bien si Dominique Lefebvre abandonnait la fonction de Premier Secrétaire Fédéral. Pour conduire un attelage comprenant des personnalités aussi différentes que Didier Arnal, François Pupponi ou Philippe Doucet, et une coalition de responsables socialistes locaux de la quasi totalité du Val-d'Oise (à l'exception des 1ère, 2ème et 10ème circonscriptions), Alain Assouline, Luc Broussy et Rachid Temal forment un triumvirat "démocratique".

Episode n° 4 - Le congrès du PS

Octobre 2012 - Après une tournée expresse dans les sections, contre tous les pronostics, les militants socialistes se sont intéressés au débat sur les orientations qu'on leur soumettait. Le 11 octobre, la motion 1 récolte 68% des voix, bien moins que prévu puisqu'elle rassemble 99% des parlementaires et des responsables nationaux du PS, la motion 3 d'Emmanuel Maurel reccueille 14% des voix et la motion 4 de Stéphane Hessel presque 12%. Enfin, Emmanuel Maurel rassemble le 18 octobre 28% des voix des socialistes sur son nom pour l'élection du Premier secrétaire national du PS... Si Harlem Désir reccueille nationalement et localement 72%, il rassemble bien moins de voix que celles réunies par sa motion 1. Certains font grises mine parmi les apprentis apparatchiks : la répartition des postes dans la motion "majoritaire" du rassemblement s'annonce bien plus compliquée que prévue.

Episode n° 5 - "le congrès fédéral de la mort qui tue"

19 octobre 2012 - Ce congrès de Cergy durera de 20h30 à 1h30 ! sans qu'on y débatte du congrès, des idées qui y furent exposées, des conséquences des votes, du rapport d'activité fédérale (que le Premier secrétaire fédéral avait une nouvelle fois oublié de soumettre au vote des militants le 11/10)... sans qu'on ne connaisse à la fin de la soirée la composition du nouveau conseil fédéral du PS Val-d'Oise.

Il faut dire qu'entre temps, les frontières s'étaient recomposées : Rachid Temal, déçu par les perspectives personnelles que lui offrait le triumvirat avec Alain et Luc, avait décidé de faire cause commune avec Dominique Lefebvre et "Renouveau 95". Il était suivi dans sa démarche par Didier Arnal, dont on a toujours connu la grande affectation qu'il portait à Dominique Lefebre.

Ainsi, les délégués des motion 3 et 4 durent attendre plus de 3 heures que les représentants de la motion 1 aient fini de s'étriper pour fixer leur nouvelle géographie politique. Rachid Temal et Alain Assouline conjurés d'hier se présenteront l'un contre l'autre, avec Adélaïde Piazzi qui représentera la motion 3. Mais dans l'affaire, Rachid - s'il a gagné de nouveaux amis - a perdu le plan d'action fédéral qu'il avait écrit avec Luc et Alain (ils avaient dû prudemment le mettre dans un coffre ?!!).

Episode n° 6 - "La campagne de Toussaint"

Novembre 2012 - Alors que bon nombre de militant sont partis en vacances, Rachid Temal multiplie des réunions "publiques" qui regroupent ses amis. Sur cette base, il explique qu'il a été à la rencontre des militants et il en tire 24 propositions convenues - déjà faites par ses concurrents depuis plusieurs semaines - qu'il n'enverra au militant que le 10 novembre (5 jours avant le vote).

En fait, il semblerait que le plus important ne soit pas là : l'important est d'apparaître comme le seul représentant "légitime" de la motion 1. Et là tous les coups sont bons, notamment des montages photos savamment construits : "Rachid et Harlem Désir", "Rachid et François Hollande"... évidemment le président de la République ne s'abaissera à voir si son image est utilisée dans une campagne interne à une fédération de parti n'engageant pas le sort du pays (et on le comprend...), mais Harlem Désir devenu premier secrétaire de tous les socialistes français est un peu gêné et demander à l'impétrant de retirer le montage photo de sa campagne.

Je ne résiste pas à vous proposer de redécouvrir le montage "Rachid et le Président" ainsi que les détournements que les militants de la motion 3 ont récemment publié pour rappeler qu'il faut savoir maîtriser son ego, même et surtout quand on veut devenir Premier Secrétaire fédéral du PS Val-d'Oise.

Rachid_President.jpgvoici les détournements...

Adelaide_Piazzi_Barack_Obama.jpg

374497_4961070512896_1286143563_n.jpgPIAZZI-MITTERRAND.jpgLes deux candidats de la motion 1 ne manqueront pas non plus de faire valoir le soutien de quarterons de ministres. Pendant ce temps, Adélaïde Piazzi défend  dans les sections son projet fédéral pour mettre la fédération au service des militants, loin des querelles d'ego. Une différence de style.

Episode n° 7 et dernier épisode (pour le moment)

12 novembre 2012 - dans un courrier électronique adressé nuitamment aux militants du PS Val-d'Oise, le député et maire d'Argenteuil Philippe Doucet explique aux adhérents pourquoi, alors qu'il a soutenu jusqu'ici Alain Assouline, il appelle désormais à voter Rachid Temal : il faut à tout prix écarter les militants de la motion 3 de la direction fédérale. Mais pendant ce temps-là, Rachid Temal soutient mordicus qu'il va rassembler tous les socialistes... bah la déclaration écrite de Philippe Doucet ne porte sans doute pas à conséquence...

à suivre... (oui parce qu'au rythme où vont les choses on aura sans doute d'autres épisodes...

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 12:47

aurore_martin.jpegLa militante basque Aurore Martin a été arrêtée près de son domicile de Mauléon, le 1er novembre. La jeune femme avait été immédiatement livrée à la police espagnole. Depuis une semaine, l'exécutif - ministère de l'intérieur en tête - tente de justifier que l'exécution du mandat d'arrêt européen (MAE) était « une décision de la justice » qui a été « appliquée sous l'autorité du parquet général de Pau ».

Valls.jpg« Ce n'est pas du ressort du ministre de l'intérieur que je suis », a soutenu Manuel Valls. « Ce n'est qu'après avoir décliné son identité qu'Aurore Martin a été identifiée comme personne recherchée ».

La procédure du mandat d’arrêt européen – introduite en 2004 dans le code de procédure pénale français – autorise la remise des nationaux aux autorités requérantes, et permet sa mise en œuvre « sans contrôle de la double incrimination » – la concordance juridique des poursuites entre les deux pays – s’agissant notamment d’actes terroristes. Mais la procédure prévoit aussi que l’exécution d’un mandat d’arrêt européen peut être refusée s’il apparaît que l’autorité étrangère envisage de poursuivre ou de condamner une personne pour ses opinions politiques. Questionné par France Bleu Pays basque, en juillet 2011, après l’échec de l’arrestation d’Aurore Martin – protégée par une foule de militants à Bayonne –, François Hollande jugeait qu'il y avait « un principe de clémence à faire respecter ».

Rajoy_hollande.jpgOr il semblerait au contraire que le gouvernement et l'Elysée aient bel et bien validé la remise de la militante basque à l'Espagne. Selon Mediapart, "l’interpellation d’Aurore Martin n’avait au contraire « pas de caractère fortuit ». « Les bonnes relations du président avec les autorités espagnoles et la volonté de renforcer la lutte antiterroriste facilitent ce type d’opération », a poursuivi cette source [administration élyséenne]. Le 22e sommet franco-espagnol, qui s’est tenu à Paris le 10 octobre 2012, sous la présidence de François Hollande et Mariano Rajoy, le chef du gouvernement espagnol, en a été l’illustration."

Désormais, contrairement à ce qui semblaient l'opinion du candidat François Hollande, l'Elysée plaide que les chefs d’accusation visant Aurore Martin ne sont « pas anodins », contrairement à ce que soulignent tous les observateurs. La militante était réclamée pour son engagement au sein de Batasuna, un mouvement interdit en Espagne en 2003, mais qui est resté légal et actif en France jusqu’à aujourd’hui. Membre du bureau national de Batasuna, Aurore Martin est intervenue lors de plusieurs conférences de presse en 2006 et 2007, et elle a également été salariée du groupe parlementaire du Parti communiste des terres basques, en 2007. « Je suis accusée d'association de malfaiteurs, donc d'actes terroristes, pour le seul délit de m'être exprimée publiquement lors de différents événements, au nom de ma formation politique ». Les faits reprochés à Aurore Martin par l’Espagne relèvent, selon tous les recoupements, précisément d’une activité politique classique.

Cette affaire est donc particulièrement préoccupante. Il ne s'agit plus ici de laisser à penser que le gouvernement aurait été dépassé par un enchaînement malheureux entre un contrôle de sécurité et une décision indépendante de la justice, mais que notre gouvernement a bel et bien choisi de sacrifier une citoyenne française, sur la base d'une incrimination plus que douteuse, à une conception contestable de la raison d'Etat.

Nous avons défendu pendant 5 ans dans l'opposition la nécessité de raffermir les principes de liberté, d'Etat de droit et de justice mis à mal par la pratique sarkoziste du pouvoir ; la promesse d'une présidence "normale" répondait à cette exigence. Il est temps que le PS et les Socialistes dans leur ensemble, responsables et militants, rappellent à l'exécutif qu'ils ont contribué à mettre en place qu'il n'est pas possible de contrevenir ainsi à des valeurs, des principes qui sont fondamentaux.

Frédéric FARAVEL

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 09:58

Competitivite.jpgLe gouvernement a repris la presque intégralité du rapport Gallois, sinon à la lettre au moins dans son esprit. Le rejet de la reprise de l'exploitation des gaz de schistes apparaît comme une concession cosmétique pour faire passer tout le reste, l'éditorial du Figaro et la joie de Laurence Parisot suffisant à démontrer qui vient de remporter une bataille politique dans ce domaine.

Je défends pour ma part que le problème de compétitivité en France n'est pas issu du "prix du travail", mais bien du position stratégique des entreprises françaises sur le marché européen et mondial, de la qualité des produits, du manque d'innovation dans nos industries.

Si les cadeaux fiscaux et les ristournes sociales avaient permis de créer des emplois et de dynamiser la compétitivité économique, la France serait depuis longtemps au plein emploi et ultra excédentaire dans la balance extérieure.

Ce n'est pas le prix du travail qui pèse sur la compétitivité mais le coût, la distribution et l'utilisation du capital. Les détenteurs de capital français ont beau jeu de dénoncer l'assistanat social, ils se comportent de manière outrageusement caricaturale comme des assistés vis-à-vis de l'Etat, incapable de réaliser les bons choix stratégiques et exigeant de l'Etat qu'il assure leur fonds de roulement.

Enfin la réorientation de la construction européenne ne peut faire l'impasse sur la nécessité d'un protectionnisme européen intelligent : cela suffit que l'Europe soit le "ravi de la crèche" du commerce international, s'ouvrant à tous les vents quand les autres se protègent, tolérant au nom du "marché libre" que des biens de mauvaise qualité, produits dans des conditions environnementales et sociales lamentables entre sur notre territoire comme dans une vespasienne. Il faut en finir avec la logique stupide du renard libre dans le poulailler libre !

On ne peut pas non plus expliquer nos partenaires européens conservateurs, libéraux ou sociaux-démocrates que la construction européenne doit changer de cours si l'on met en oeuvre dans notre pays la même politique que l'on fait mine de dénoncer au niveau européen !

Le gouvernement fait fausse route dans cette affaire, pire il tourne le dos aux engagements de la campagne présidentielle et au pacte passé avec les Français. Nous paierons cher dans les urnes et en dégradation économique et sociale les décisions du mardi 6 novembre.

Je vous mets ci-dessous le commiqué de presse très correct de "Maintenant la Gauche" sur cette erreur gouvernementale.

Frédéric FARAVEL

"Compétitivité" - Communiqué de Presse de Maintenant la Gauche et Emmanuel Maurel

fond_foule_MLG_v2.jpgLe gouvernement vient d’annoncer une série de mesures susceptibles de « relancer la compétitivité », au lendemain de la présentation du rapport de Louis Gallois. La gravité du bilan de 10 années de droite exige un sursaut. La réussite du changement demande un soutien populaire réel.

Signataires de la motion « Maintenant la Gauche », nous regrettons le caractère précipité de ces annonces et l’absence de négociations préalables avec les organisations syndicales.

C’est pourquoi nous estimons que les annonces faites aujourd’hui doivent désormais faire l’objet d’une concertation avec les partenaires sociaux et un débat approfondi avec l’ensemble des forces de gauche et écologistes. Ce qui vaut pour la loi contre les licenciements boursiers, retardée pour laisser la place à une négociation sociale, doit aussi valoir pour une démarche visant à accorder près de 20 milliards de crédit d’impôts pour les entreprises. Clairement, la question des contreparties en termes d’emplois et d’investissements doit être posée.

Face à cette crise sans précédent, nous soutenons avec force l’action de redressement productif, le soutien à la croissance et à la création d’emploi, et l’amélioration de la compétitivité. Améliorer la compétitivité c’est investir dans la recherche et dans la formation. C’est relancer l’investissement et la production industrielle.

De ce point de vue, le lancement d’une stratégie industrielle de filières, la création d’une banque publique d’investissement ou l’accès des PME aux marchés publics constituent des avancées importantes.

Mais nous réitérons notre désaccord sur l’augmentation de la TVA, impôt particulièrement injuste qui, de surcroit, va pénaliser de près de 7 Milliards le pouvoir d’achat des Français. Nous estimons que les arguments développés pendant la campagne électorale contre la hausse de la TVA sont toujours valables et que la compétitivité des entreprises françaises comme la relance des exportations passent par d’autres dispositions que la baisse généralisée du «Coût» du travail.

Nous souhaitons en particulier que soient engagées rapidement des démarches au sein de l’UE pour une politique monétaire et douanière favorable aux exportations, et une lutte effective contre le dumping social et fiscal.

C’est un enjeu majeur pour notre compétitivité.

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 15:03

Alors que 99% des responsables du Parti Socialiste, de ses parlementaires et la totalité des ministres promettaient un congrès administratif, sans d'autre enjeu que de valider une modification de sa direction décidée ailleurs, sans d'autre discours que d'affirmer un soutien à la réussite du gouvernement (ce que tous les socialistes souhaitent), les militants socialistes ont déjoué les pronostics.

discours_Maurel_samedi.jpgIls les ont déjoués en apportant près de 14% des suffrages à la motion 3 "Maintenant la Gauche" portée par Emmanuel Maurel (alors qu'on annonçait que le ralliement des amis de Benoît Hamon à la motion autoproclamée du rassemblement signifiait un effondrement de la gauche du PS) et près de 12% à la motion 4 "Osez. Plus loin, plus vite", portée par Stéphane Hessel et Pierre Larrouturou. Ils ont amplifié ce message en apportant près de 28% des suffrages à Emmanuel Maurel qui disputait à Harlem Désir le poste de Premier Secrétaire... Ce dernier a ainsi réussi l'exploit de réunir sur son nom moins de suffrages que ceux reccueillis par la motion dont il était le premier signataire.

Ainsi, avec la motion 3, les militants socialistes ont mis tous les débats sur la table... pas sous le tapis : la nécessité d'une réorientation réelle de la construction européenne, malgré l'adoption contre-nature du Traité Merkozy par les parlementaires UMP et PS ; l'interrogation du bien fondé de la marche forcée pour la réduction des déficits publics alors que notre pays frôle la récession ("3% c'est pas maintenant !") ; la nécessaire augmentation des revenus pour les classes moyennes et populaires ; la manière de s'engager réellement dans la transition énergétique avec la sortie du nucléaire et l'interdiction de l'exploitation des gaz de schiste ; la poursuite de l'approfondissement de la démocratie par la VIème République que tous les responsables socialistes semblent avoir oublié...

La plupart des débats ont donc été tranchés par les militants lors des votes des 11 et 18 octobre. Les réflexes légitimistes qui existent dans le Parti Socialiste ont permis à la motion 1, conduite par Harlem Désir, d'afficher formellement une majorité confortable. Elle est cependant minée, nous le savons, par de très graves dissensions internes sur le fond et entre personnalités concurrentes (Peillon, Moscovici, Montebourg, Valls, Rebsamen, etc.) qui attendent que la succession de François Hollande soit ouverte pour 2022. Mais il est marquant que la motion qui souhaite durablement ancrer le PS à gauche soit sortie renforcée de ce congrès alors qu'on l'annonçait mourrante en septembre. Avec 14%, elle réunit l'essentiel des suffrages de la motion C en 2008, sans le soutien de Benoît Hamon, Henri Emmanuelli, de Jean-Luc Mélenchon (depuis parti fonder le PG) et de la 20ne de parlementaires de la sensibilité "Un Monde d'Avance". Avec 28%, Emmanuel Maurel rassemble sur son nom plus de suffrages qu'aucune motion ou qu'aucun candidat de la gauche du PS dans l'histoire de ce parti (Rappelons que Benoît Hamon n'avait reccueilli que 22,5% en novembre 2008).

Cependant, quand on connaît l'organisation des congrès socialistes, on pouvait s'attendre à ce que ces messages ne soient pas forcément visibles. On risquait de s'ennuyer ferme, après des débats dans les sections et les fédérations de qualité.

C'était sans compter la nécessité pour de nombreux cadres socialistes de tenir compte du message des militants et de faire face à la contre-offensive des conservateurs et du patronnat. Face au débat imposé sur la compétitivité, les socialistes ont fait front pour rappeler que nos priorités ne sauraient se satisfaire des exigences de puissances de l'argent et qu'il était temps de développer une véritable politique industrielle française et européenne.

Martine Aubry elle-même est venue rappeler qu'augmenter la CSG et la TVA pour compenser une baisse des cotisations patronales ne serait pas un "choc de compétitivité" mais un choc contre le pouvoir d'achat des Français, donnant ainsi raison à une bonne partie des analyses de la motion 3. Au passage, nous avons pu voir, tout au long du discours de Martine Aubry, le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault raturer de nombreux paragraphes de son discours ; l'ex-première secrétaire a fait une forte intervention, saluée avec enthousiasme par les congressites, contraignant le Premier Ministre à faire un "discours de la méthode".

C'est à Emmanuel Maurel qu'est revenu assez logiquement la mission de rappeler le rôle des socialistes, juste après l'intervention de Martine Aubry. « Pour nous, contrairement à la droite, le pouvoir n’est ni une évidence, ni une fin en soi. Un moyen au service d’une cause qui nous dépasse. Nous n'avons rien oublié de ce qu'il y a de beau et de spontané dans le socialisme, ce cri de la conscience humaine qui se dresse face aux injustices, cette révolte de tous les outragés, des gens de peu et des gens de rien. Nous n'avons rien oublié de ce qui fait que nous sommes là : Le combat inlassable contre le fascisme, contre le racisme, pour les libertés publiques. Le combat pour une société laïque émancipée de la tutelle de tous les clergés. Et quand je dis clergés, je ne parle pas seulement de religion, je parle aussi de l’argent, du tout marché, qui s’insinue partout, jusque dans les écoles. Une société laïque, c’est aussi une société qui se refuse à accepter que l’argent soit la mesure de toute chose, qui met l’homme au coeur de ses préoccupations.
Nous n’avons rien oublié de notre mission historique ; la redistribution des richesses, la réduction des inégalités, l’approfondissement de la démocratie.
Nous n'avons pas oublié d'où nous venons, et pourquoi nous sommes là.
Nous n'avons rien oublié du message de nos illustres prédécesseurs. Notre héritage, c'est le partage! Oui, nous sommes les héritiers des partageux! Partage des richesses, bien sûr mais aussi partage des savoirs (le rôle de l'éducation, la priorité à la culture), partage des pouvoirs : la démocratie jusqu'au bout dans l'entreprise, sur le lieu de travail, et toutes les formes de la démocratie : la démocratie directe, la démocratie participative, parce que nous n'avons jamais eu peur du peuple souverain ! »


Emmanuel Maurel - Congrès de Toulouse par PartiSocialiste

C'est à nous d'apporter des réponses aux attentes sociales des Français et cette réponse est indispensable dans le temps du mandat sous peine de les voir se détourner de nous.

Maurel_AG_Motion_3.jpgMais la dynamique avait été enclenchée la veille lors de l'Assemblée Générale de la motion 3 dans la salle Capitole, derrière de vagues paravents. Ce manque d'intimité n'a pas empêché les camarades de la motion 3 de débattre. Emmanuel Maurel a attaqué fort en « Soyons fiers de ce que nous avons fait. Ce n’est qu’un début, nous allons faire vivre ensemble un beau courant de pensée dans le Parti socialiste, nous allons être utile à la gauche ! ». Toutes les interventions qui ont suivi ont confirmé cette dynamique.
Gérard Filoche, a rappelé le rôle historique du PS comme lieu de formation militante et de lien fort avec le mouvement social. Il a rappelé que les questions politiques sont devant nous sont un « concentrée de politique : l’augmentation des salaires, c’est le premier signe de redistribution de la richesse. » Il a appelé à la « constitution d’un courant organisé de manière démocratique ». Marie Noëlle Lienemann a estimé que nous avons fait la preuve que le Parti socialiste ne se résignait pas à être aphone ou godillot : « Vous avez fait le plus important vous avez créé un rapport de force. » « Quelle tête aurait ce congrès si personne n’avait posé la question de l’austérité, du rôle de l’état stratège. Nous avons posé les bonnes questions. Tout reste à faire. (…) Les français ont dit que l’économie devait être maitrisée par la politique. (…) Notre compétitivité est menacée par la privatisation des outils de production et l’abandon de la recherche publique. » Nicolas Pagnier a exprimé sa fierté au regard du contenu de notre motion entre la gauche du parti et la gauche écologiste du parti on n’oppose pas le progrès social et l’écologie. Il a souhaité que nous engagions une campagne dans le parti socialiste pour l’organisation d’une convention nationale sur la transition énergétique. AG_motion_3_Toulouse.jpgOlivier Thomas a demandé que le congrès continue dans la durée et que nous marquions le congrès comme nous l’avons fait dans les débats de sections et les débats fédéraux, et il a proposé que nous fassions une résolution de congrès sur la compétitivité. Gérard Berthiot a souhaité rappeler que sur la question des dépassements d’honoraires, la reculade que nous venons de connaître est un signal inquiétant. Il a proposé de préparer une résolution sur les licenciements boursiers. Ugo Lanternier a expliqué comment la motion était passée d’une situation marginale à devenir un pivot de la fédération de Seine Saint Denis et a fait part de son optimisme pour la suite. Thomas Risser a souhaité attirer l’attention de tous les délégués sur la faible participation aux votes du congrès. Il a fait part de son inquiétude sur la capacité du parti à redonner la parole aux militants. Sur la question de la précarité il a complété en indiquant que les inégalités salariales et la précarisation étaient également installées dans la fonction publique. Claude Touchefeu a indiqué qu’elle était fière du travail accompli. Et a rappelé le moment douloureux et difficile du choix vis-à-vis d’UMA. « On a réussi à ne pas faire enterrer la gauche du Parti. Il ne s’agit pas simplement d’avoir marqué ce congrès. Il faut que nous nous donnions des temps de campagne à l’intérieur du Parti sur ce que nous avons demandé sur les 3 campagnes » Nous avons donc décidé de préparer une résolution sur la compétitivité et le pouvoir d'achat. cliquez sur le lien pour télécharger la résolution

Durant la journée du samedi, les militants "activistes" du PSE avaient également commencé à débattre des conditions politiques pour que le Parti des Socialistes Européens proposent une véritable alternative démocratique et sociale concertée aux politiques conservatrices et austéritaires en Europe, déconnectée des vieilles lunes sociales-libérales à la Tony Blair et à la Gerhard Schröder (comme pouvait le laisser espérer l'intervention de Sigmar Gabriel, président du SPD, la veille devant le congrès).

Cependant, à notre grande surprise, dimanche matin, la nouvelle direction du PS autour d'Harlem Désir avait refusé que la résolution dont nous avions achevé la rédaction la veille soit soumise au vote du congrès. Pour la première fois, alors que tout se passait bien jusque là, un congrès du Parti Socialiste se terminait sans voter de résolution ; une résolution qui par ailleurs allait dans le sens des dizaines d'intervenants qui s'étaient succédés à la tribune pendant deux jours, dans le sens des délégations syndicales de PILPA et SANOFI reçues la veille !

Au lieu de cela, il avait été décidé que s'exprimeraient 10 représentants de la motion 1 à la gloire du nouveau Premier Secrétaire... Il y a de quoi être quelque peu étonné de telles pratiques anachroniques.

Frederic_Farave_Harlem_Desir.jpgPourtant, le discours d'Harlem Désir est venu apporter une conclusion positive et forte à ce Congrès de Toulouse : le Premier Secrétaire semble vouloir s'engager fermement dans la contre-offensive contre la droite et l'extrême droite, soutenir nos revendications sur le mariage pour tous et le droit de vote des étrangers... Harlem Désir a également proposé que deux conventions soient soumises aux militants sur la réorientation européenne et la transition énergétique, deux conventions exigées depuis le début du congrès par la motion 3. C'est donc prometteur, mais nous jugerons aux actes et surtout nous rappellerons que la contre-offensive doit être portée face au patronnat et à l'argent qui corromp.

On ne sait pas encore comment agira Harlem Désir... Aura-t-il la force pour imposer son leaderhsip face aux chapelles de ministres ? si oui il saura trouver en nous des partenaires... Aura-t-il l'intelligence de faire autre chose que d'être le porte-parole du gouvernement ? si oui il pourra compter sur nous pour préparer l'avenir... Saura-t-il élargir le rassemblement de la gauche à toutes les forces qui veulent la transformation sociale ? si oui, il nous trouvera à ses côtés...

Frédéric FARAVEL
Mandataire fédéral de la motion 3 dans le Val-d'Oise

tribune_cloture_congres.jpgNB : aux côtés d'Emmanuel Maurel, qui représentera la motion 3 au conseil et au bureau nationaux du PS, Adélaïde Piazzi siègera dans la commission nationale des conflits et Frédéric Faravel au sein du bureau national des adhésions.

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