Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis alternativement à Bezons dans le Val-d'Oise et à Massy dans l'Essonne. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. Je suis membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, en charge du pôle "Idées, formation, riposte".
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Farewell, Love, and all thy laws for ever:
Thy baited hooks shall tangle me no more.
Senec and Plato call me from thy lore,
To perfect wealth my wit for to endeavour.
In blind error when I did persever,
Thy sharp repulse, that pricketh aye so sore,
Hath taught me to set in trifles no store,
And scape forth, since liberty is lever*. [desirable]
Therefore farewell, go trouble younger hearts,
And in me claim no more authority;
With idle youth go use thy property,
And thereon spend thy many brittle darts.
For, hitherto though I've lost my time,
Me lusteth no longer rotten boughs to climb.
Article publié le jeu, 10/09/2009 - 19:43, par François Bonnet , Michel Dalloni - Mediapart.fr
On aurait envie d'écrire «Casse-toi, pauvre con!», en réponse aux propos du ministre de l'intérieur Brice Hortefeux. Mais puisque la vulgaire banalité raciste s'est installée au sommet de l'Etat, il faut aller au-delà de la «beauferie» ordinaire pour bien comprendre la portée de cette sinistre conversation. Et donc dire pourquoi ce propos n'est pas un dérapage mais un résumé saisissant d'une culture et d'un projet politique.
C'est pour cela que Brice Hortefeux ne démissionnera pas quand il le devrait faire.
Brice Hortefeux, pilier de la Sarkozie, est l'homme qui revendiqua la création du «ministère de l'identité nationale» aux relents pétainistes. Il est celui qui a défendu avec virulence la mise en place de tests ADN pour les étrangers demandeurs de visas dans le cadre du regroupement familial. Nouveau ministre de l'intérieur, il est aujourd'hui chargé de réanimer les thématiques ultra-sécuritaires que la ministre précédente, Michèle Alliot-Marie, n'avait pas souhaité exploiter outre mesure.
Ce week-end, il rencontre donc des militants UMP lors de leur université d'été annuelle. Certains gloseront sur le piège d'Internet, sur les «paroles volées»... Faible argumentaire. Il ne s'agit pas de Jean-Marie Bigard dans l'intimité de sa cuisine. Il s'agit d'un ministre de la République venu parler politique à ses militants, les mobiliser, les séduire, tenir meeting avec près de la moitié du gouvernement.
Et de quoi parlent militants, ministre et président du groupe UMP à l'Assemblée nationale (Jean-François Copé)? De l'«Arabe». «Il mange du cochon, il boit de la bière!» «Dis donc, il est plus grand que nous!» «Il correspond, pas du tout au prototype.» On touche l'«Arabe», on le palpe, on rit de bon cœur. Et le ministre conclut cette saynète politique du grand rendez-vous annuel du parti présidentiel: «Quand il y en a un, ça va, c'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes.»
Ça ne vous rappelle rien? Il y a un peu de «zoo humain» dans tout cela. Le «zoo humain», ce village reconstitué et encagé où furent exposés, lors de l'Exposition coloniale de 1931, des Kanaks (étiquetés «cannibales authentiques»), apogée monstrueux d'une vision raciste quant à la mission civilisatrice d'une race blanche supérieure.
Mais cela rappelle surtout les fêtes nationales «Bleu Blanc Rouge» du Front national, où Jean-Marie Le Pen, entre deux propos racistes et xénophobes, aimait à se montrer avec quelques «Maghrébins» opportunément recrutés. Et c'est là que les propos de Brice Hortefeux prennent tout leur sens. Nous avons publié mercredi 10 septembre un article titré «Jean-Marie Le Pen: enfin débarrassé!». Titre volontairement éditorial pour un article d'informations expliquant comment le vieux chef d'extrême droite s'apprêtait à se retirer: oui, nous nous réjouissons du retrait de Le Pen et de la désintégration du Front national qui, durant vingt-cinq ans, a porté au cœur du débat politique les thématiques du racisme et de l'exclusion.
Cette histoire n'est pas terminée: c'est ce que nous dit indirectement Brice Hortefeux. L'homme a quelques précédents.
Azouz Begag a excellement raconté dans son livre Un mouton dans la baignoire l'ordinaire raciste et petit blanc de celui qui était son collègue de gouvernement, lorsque Dominique de Villepin l'avait nommé ministre délégué à la promotion de l'égalité des chances. Carine Fouteau rappelle d'autres affaires fâcheuses pour le ministre (cliquez ici pour lire son article).
D'autant plus fâcheuses que Brice Hortefeux a été l'un des artisans de la stratégie victorieuse de Nicolas Sarkozy. Il a été de ceux qui, avec constance, ont défendu la nécessité d'abattre les murs érigés pendant vingt ans entre la droite et l'extrême droite, pour aller «ratisser» l'électorat du Front national en enrôlant quelques-uns de ses idéologues au passage. Politique d'immigration, sécurité, banlieues, intégration : les discours ont abondamment emprunté aux thématiques du Front national, autorisant Jean-Marie Le Pen à s'écrier au lendemain de la présidentielle : «J'ai été victime d'un hold-up!»
Cette stratégie se poursuit, comme en témoigne l'intégration cet été du Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers dans la majorité présidentielle, via le comité de liaison de l'UMP. Et, comme par hasard, dans les jours qui suivent, au début du mois, le jeune n°2 du MPF, Guillaume Peltier, rejoint officiellement les rangs de l'UMP avec la bénédiction de Xavier Bertrand, le secrétaire général, et le soutien très actif de Hervé Novelli, secrétaire d'État au commerce, à l'artisanat, aux petites et moyennes entreprises, au tourisme, aux services et à la consommation et ancien du mouvement d'extrême droite Occident, comme Patrick Devedjian, ministre de la relance, et Gérard Longuet, président du groupe UMP au Sénat.
Guillaume Peltier était, depuis 2005, le stratège du MPF après avoir transité par le Front national puis le MNR de Bruno Mégret. C'est l'homme qui a bâti le programme de Philippe de Villiers, le «candidat de la vraie droite»: dénonciation de l'islamisation, abrogation des 35 heures, refus du mariage homosexuel, «charters républicains», suppression des allocations aux sans-papiers... Il a également négocié l'accord avec l'UMP en vue des élections législatives de 2007. Son interlocuteur: Brice Hortefeux.
La semaine dernière, un indiscret du lefigaro.fr révélait que Guillaume Peltier avait inspiré à Jean-François Copé, le patron des députés UMP, quelques-unes des formules de son dernier livre Un député ça compte énormément comme «l'hyper-Parlement» ou «la Ve République bis». Un homme de communication très à droite débauché mais pas converti, à l'image de Patrick Buisson, conseiller de l'ombre de Nicolas Sarkozy, ancien de Minute, du Crapouillot et de Valeurs actuelles.
Ce proche de Philippe de Villiers, dont il fut le conseiller, et de Jean-Marie Le Pen, rêvait tout haut de rapprocher l'extrême droite de la droite républicaine. «Puisque Chirac a laissé partir ce que Barrès appelait “la France poignardée”, il faut la récupérer en lui parlant d'immigration et de sécurité, mais surtout de ce qui la fait vibrer : la
nation, l'identité, la famille. En clair, des “valeurs”», affirmait-il en 2007.
Nicolas Sarkozy l'a écouté, reconnaissant publiquement sa dette électorale à l'égard d'un homme qu'il a décoré de la Légion d'honneur à peine installé à l'Elysée avant de signer avec sa société de communication un très rémunérateur contrat récemment dénoncé par la Cour des comptes. Contrat portant sur des sondages payés par l'Elysée et publiés notamment par le Figaro et LCI.
A quelques jours du second tour de l'élection présidentielle de 2002, qui l'opposait à Jean-Marie Le Pen, Jacques
Chirac, dénonçait «l'extrémisme qui dégrade et salit l'image et même l'honneur de la France» lors d'un meeting organisé à Villepinte au cœur de la Seine-Saint-Denis. Il ajoutait : «Nous n'avons pas le droit de brouiller le message de la France, d'ébranler son influence et son crédit, d'affaiblir la force de sa voix quand elle défend la tolérance, le respect de l'autre, la solidarité internationale.» Visiblement, la droite au pouvoir aujourd'hui a choisi, sans vergogne, de tourner la page.
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En Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et en Italie, des élus pris au cœur
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Une production Tactikollectif. Après 5 ans d’absence, le groupe Zebda rend hommage à Jean Jaurès à l’occasion du 150ème anniversaire de sa naissance.
Voici le texte que Paul Quilès et Marie-Noëlle Lienemann ont adressé à la direction du PS.
Après l’université d’été de La Rochelle, il nous paraît urgent de clarifier le sens et la conception que le Parti Socialiste va retenir de la méthode annoncée
pour désigner le futur candidat à l’élection présidentielle.
Pour notre part, nous y travaillons depuis février 2009. Notre initiative
« Gauche 2012 » réunit à ce jour près d’un millier de signatures de militants et de responsables issus de toutes les sensibilités de gauche.
Son cap est celui de l’unité de la gauche, d’un combat pour une candidature unique, désignée par des primaires, aboutissement d’une démarche de rassemblement, qui tracerait les grandes orientations programmatiques et le cadre
d’un accord législatif et de gouvernement.
Cette stratégie nous paraît la seule capable d’assurer la victoire de la gauche en 2012.
C’est pourquoi, nous demandons des clarifications. Tel est l’objet du texte qui suit, que nous faisons parvenir à la direction du Parti Socialiste. Il fixe des conditions politiques majeures pour la réussite de cette démarche, au service du PS
mais aussi de toute la gauche.
Primaires : 5 questions, 5 réponses
La première secrétaire du PS a annoncé qu’elle allait proposer, lors du Conseil National du 12 Octobre, de soumettre au vote des militants des propositions de rénovation du PS, comprenant notamment le principe d’organisation de « primaires ouvertes » pour la désignation du (ou de la) candidat(e) à l’élection présidentielle.
Après l’université de la Rochelle, il nous parait que subsistent bien des ambigüités, qu’il est essentiel de lever rapidement. En particulier, de nombreux Français qui se reconnaissent dans la gauche sont perturbés par le fait qu’une partie des défenseurs acharnés des primaires ont signé des appels ou organisé des rencontres pour promouvoir une telle démarche avec des responsables du Modem, tentant de lier les primaires avec des alliances au centre. Si la première secrétaire a écarté cette stratégie et rappelé son attachement au rassemblement de la gauche dans « une maison commune », il demeure de nombreuses incertitudes sur la démarche réelle dans laquelle se situe la perspective de primaires.
Nous considérons que 5 questions principales se posent. Nous leur apportons pour notre part 5 réponses, qui nous paraissent autant de conditions essentielles pour assurer la victoire de la gauche en 2012.
1- L’objectif est-il de désigner un candidat du PS, en élargissant le corps électoral bien au-delà des adhérents, pour créer un mouvement de mobilisation autour du candidat désigné, dépassant le cadre du PS ?
2- Les candidatures sont-elles limitées aux seuls membres du Parti Socialiste ?
3- Qui seront les votants? S’agira-t-il de toute personne qui vient s’inscrire et qui paye un ou deux euros ?
4- Quelles seront les phases préalables à ce vote ? Le calendrier des primaires est-il fixé indépendamment du travail de rassemblement (« la maison commune ») ?
5-Qui organise l'ensemble des opérations?
Jamais la gauche n’a pu gagner sans être unie et rassemblée. La situation actuelle, d’une droite unie et d’une gauche divisée, au sein de laquelle le rapport de force est instable et où les différences idéologiques, historiques, culturelles demeurent, exige une stratégie originale pour une unité nouvelle (ni parti unifié, ni simple accord de second tour). Si le PS avance l’organisation de primaires sans les inclure dans un cadre associant nos partenaires et les forces vives de la gauche et de l’écologie, il prendra le risque de porter la lourde responsabilité de la défaite.
Les 5 propositions que nous faisons ici nous paraissent essentielles pour contribuer à la victoire de la gauche. C’est pourquoi, elles sont autant de conditions que nous mettons à l’acceptation des primaires. Nous proposerons aux militants de les ratifier.
Rassembler notre famille politique autour d'un projet et d'une dynamique
L'université d'été des socialistes à La Rochelle du 28 au 30 août 2009 a donné une tonalité un peu nouvelle par rapport aux années précédentes. Les journalistes vous diront que nous avons connu 48 heures sans petites phrases entre socialistes, Rue89 allant jusqu'à titrer « bonne nouvelle pour le PS, il n'est rien passé... ». Au-delà de ces commentaires du microcosme, tous les militants que vous croiserez de retour de La Rochelle témoigneront de l'atmosphère de travail, de l'ambiance fraternelle et festive,de la qualité des intervenant car c'était cela aussi l'une des clefs du succès de ce week-end : le retour en force des intellectuels, de la société civile, des syndicats, de nos partenaires politiques, dans nos débats, dans nos ateliers et nos tables-rondes, pour nous bousculer parfois, mais toujours pour nous enrichir et construire avec nous un discours politique qui peut préparer l'avenir.
La semaine avait mal commencé : menace de crise de nerfs sans propos sur les primaires, photos de « famille » marseillaise alimentant un confusionnisme total... On prédisait le pire au Parti.
Benoît Hamon et Martine Aubry ont voulu ainsi dès jeudi voulu évacuer le débat pour que nous puissions nous consacrer à l'essentiel ; le porte-parole présentait à France Info une feuille de route précise sur des primaires de toute la gauche avec pour préalable un travail programmatique commun aux organisations de toute la gauche qui doit déboucher sur un contrat de gouvernement. Martine Aubry, elle, rappelait sa faveur pour des primaires ouvertes à gauche dans Le Monde, en fixant quelques grandes lignes vite tracées les thèmes des débats à mener avec la gauche.
Cependant dans son discours du vendredi, la Première secrétaire a instillé un doute chez de nombreux camarades qui comme moi attendait une perspective stratégique claire et des outils efficaces pour la mener. Dans son allocution d'ouverture, Martine Aubry présentait une vision des primaires ouvertes mais pour « désigner le candidat socialiste ». Autant le dire immédiatement, cette perspective-là c'est l'assurance de revivre 2006 en pire, et je ne saurais en être !
Le principe des primaires sera soumis avec d'autres questions (comme celle sur le cumul des mandats) au vote des militants le 1er octobre prochain, le Conseil national du Parti socialiste du 12 septembre doit en fixer la formulation ; alors d'ici là disons comme militants et comme courant, mais également et avant tout comme socialiste, soucieux de rassembler son camp pour gagner la gauche, comment le PS peut passer du suicide collectif à une dynamique politique.
D'abord quelques soient les obstacles, ne contredisons pas aujourd'hui ce que nous écrivions hier dans motion « Un Monde d'Avance » et dans notre bulletin de liaison.
Mais pourquoi fallait-il trancher aujourd'hui ?
Imaginez ce qu'auraient été les 6 prochains mois sans cela. Pollués par un débat de méthode, donnant tous les prétextes nombrilistes aux francs-tireurs qui dans ce parti sont trop heureux de lui saper ses bases en espérant ramasser les miettes. Les « moi-jistes » auraient ainsi court-circuité la campagne des élections régionales, l'auraient rendu inaudible, renforçant vraisemblablement les Verts dans la stratégie de ringardisation du PS qu'ils affectent aujourd'hui. Maintenant nous devons, sans illusion d'obtenir une réponse positive de nos partenaires avant avril 2010 (séquence de concurrence électorale oblige), répéter sur tous les tons et peser sur tous les fronts, quel doit être le cadre, le préalable, les critères, les conditions d'une primaire réussie, préludant à un rassemblement durable de la gauche ; conditions sans lesquelles ces primaires deviendraient illusoires, inutiles, voire nuisibles.
Préparer un Projet de la gauche
Ces conditions sont à l'évidence la préparation par un travail de fond avec les militants des organisations de toute la gauche (en tout cas toutes celles et ceux qui répondront chiche !) pour un programme de gouvernement de transformation sociale. Ce contrat de gouvernement devra par ailleurs recevoir une traduction électorale qui pourraient éventuellement être douloureuses pour quelques cumulards socialistes. Mais le rétablissement de la perspective de la transformation sociale ne découlera, j'en suis aujourd'hui intimement persuadé, que de l'ouverture du Parti socialiste sur son étranger proche (partis, syndicats, mutuelles, coopératives, associations).
Le mieux est-il l'ennemi du bien ?
Marie-Noëlle Lienemann e tPaul Quilès défendent depuis plusieurs mois un processus très construits pour la création d'un nouveau Front Populaire - qui au passage n'est pas moins « à prendre ou à laisser » que la pétition de Terra Nova (mais qui a l'avantage de refouler les ambiguïtés).Je ne sais si nous sommes en mesure de mettre en œuvre un processus aussi précis, mais nous pouvons toujours nous inspirer de son esprit, et pour ma part, je n'ai pas senti de contradictions majeures entre l'interview de Benoît Hamon, jeudi 27 août, et la tribune publiée par nos deux compères le même jour sur Mediapart.
Là encore, une petite remarque sur le mieux qui serait l'ennemi du bien : on nous dit qu'il ne faut pas s'engager dans un débat sur les seules valeurs, pour construire un simple « fond idéologique commun », tellement vague qu'il serait acceptable y compris à droite... L'un n'empêche pourtant pas l'autre, mon petit précis personnel d'histoire du socialisme français n'oublie pas que la direction Savary-Mollet issu du congrès d e fondation du Nouveau Parti socialiste de 1969 fut également renversée car elle défendait le préalable de la réduction active des écarts idéologiques d'avec un PCF en pleine glaciation brejnevienne avant tout débat programmatique. Mais je ne vois pas ce qui empêcherait de mener les deux de fronts ; et dans le contexte actuel d'aggravation exponentielle des inégalités, je doute que les Verts, le PCF ou nous-mêmes puissions abstraction d'un débat nécessaire sur la conflictualité sociale, thème inaccessible aux tripes du Modém ou de Villepin. Je ne me résouts pas à m'entendre dire - comme ce fut le cas par un délégué du NPA Val d'Oise, alors que je réunissais de manière inédite tous les partis de gauche du département à l'invitation du PS - que les divergences idéologiques se creuseraient à gauche quand au quotidien je constate et j'entends le contraire ! Pouria Amirshahi n'écrivait-il pas dans sa tribune « Nos futurs » de Mediapart, que l'écologie politique était désormais pleinement l'une des écoles du socialisme démocratique ?
La stratégie politique de conquête ne se sépare pas du projet
Ayons ce débat à la fois idéologique et programmatique concret ; démontrons par notre action, notre travail que l'écart est faible, et surtout, qu'il faut être cohérent, que projet et stratégie sont indissociables : une « bobo » de ma collectivité avait cherché à me démontrer que D. Cohn-Bendit et H. Désir avaient tenu sur les plateaux les mêmes discours, mais que le premier faisait vivre sa campagne quand l'autre était soporifique... soit... Cependant rappelons juste un moment avec qui Dany le Vert propose de mettre en musique ce discours : avec des candidats libéraux à opposer au Président sortant de la Commission européenne, j'ai nommé l'inénarrable ex-Mao et ex-Premier Ministre libéral, José Manuel Barroso. Il faudra bien mettre nos partenaires face à la nécessité d'une cohérence : on ne fait rien de précis avec n'importe qui ! On ne mène pas une politique de transformation sociale et écologique avec la droite !Les alliances, la stratégie sont le reflets d'un projet et d'une vision...
Refusons une fois pour tout d'intérioriser la perspective d'être marginalisé, comme si cela était quasiment inscrit dans notre code génétique, intérioriser la défaite. On ne construit rien de bon et d'efficace sur la rédemption dans la défaite ou sur le pessimisme dans l'action.
Nous avons les uns et les autres suffisamment de savoirs-faire, suffisamment de structuration intellectuelle, un esprit suffisamment ouvert pour être les fers de lance d'un rassemblement de la gauche, d'un dépassement du Parti socialiste. La Gauche du PS peut - et d'ailleurs peut-être elle seule - poser des ponts avec des communistes, des républicains (pas moins secoués que les socialistes dans les 20 dernières années) ou même certains écologistes qui se sentent pourtant aujourd'hui pousser des ailes. Alors arrêtons de nous interdire des perspectives et un débouché, quand on ne distingue pas encore ce que pourra être le paysage politique des deux années à venir que nous avons encore la possibilité de façonner. Nous sommes les derniers à défendre encore peu ou prou une vision cohérente de la VIème République, mais de nos rangs seuls peut sortir celui qui acceptera de rétablir la souveraineté populaire. Un Président de la gauche "socialiste" pour achever la Vème, ça aurait de la gueule, non ?
Frédéric FARAVEL