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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis alternativement à Bezons dans le Val-d'Oise et à Massy dans l'Essonne. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. Je suis membre de la direction nationale de la Gauche Républicaine et Socialiste, en charge du pôle "Idées, formation, riposte".
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Gauche Républicaine & Socialiste

6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 13:26

Cet été, alors que la presse et quelques responsables politiques s'emportaient sur l'interview accordée par Jean-Luc Mélenchon au Journal du Dimanche, Edwy Plenel, directeur de Mediapart, se fendait le jeudi 16 août 2012 d'une analyse dense, réfléchie mais aussi provocatrice intitulée « Pays convalescent, pouvoir évanescent ».

nouveau-logo-psAu-delà du titre accrocheur et provocateur, le journaliste interrogeait les socialistes sur leur rapport au pouvoir et à la démocratie. Voici en résumé son interpellation : alors que le Parti Socialiste a travaillé pendant plus de trois pour élaborer un projet, alors qu'il a notamment fait des propositions précises construites sur les réformes démocratiques dont la France avait besoin, pourquoi faudrait-il nommer une « commission Jospin » pour réfléchir à ces mêmes réformes et soumettre à la sagacité du président de la République et du gouvernement les éléments constitutifs d'un projet de loi visant à rénover la vie politique française ? Le travail mené par le Parti Socialiste sur ces questions importantes ne serait donc pas la référence ? Ce travail n'aurait-il pas été assez précis sur la parité, la démocratisation des modes de scrutin, le droit de vote des étrangers aux élections locales qu'il faille reprendre la réflexion ? Ce n'est pas l'impression qu'avait donné le Parti Socialiste avec ses quatre conventions nationales thématiques, bouclées en juillet 2011 par l'adoption du projet politique conséquent.

La question est donc posée de l'utilité d'un parti politique qui souhaite exercer la responsabilité du gouvernement, et qui, après s'être donné les moyens d'y accéder, est désormais confronté à la complexité de passer du projet à l'action.

Le rôle du Parti Socialiste : expliquer, convaincre, approfondir, anticiper

Quel est le rôle du Parti Socialiste alors qu'un socialiste vient enfin de reconquérir la Présidence de la République, que le gouvernement de rassemblement du socialiste Jean-Marc Ayrault dispose pour le soutenir d'une majorité absolue députés socialistes à l'Assemblée Nationale, que les socialistes sont aussi – en partenariat avec le Front de Gauche, les Radicaux et les Écologistes – la colonne vertébrale de la majorité de gauche inédite au Sénat, et que l'essentiel des grandes collectivités territoriales de ce pays sont également conduites par des majorités locales structurées autour du PS ?

Il nous faut savoir tirer les leçons du passé, nous ne pouvons pas reproduire les défaillances, tant de l'exécutif que du parti, qui ont pu expliquer en partie la défaite du 21 avril 2002, alors que le gouvernement de Lionel Jospin s'appuyait sur un bilan gouvernemental assez solide.

Le Parti Socialiste ne peut se contenter comme il le fut entre 1997 et 2002 d'être un accompagnateur ou un porte-parole – même talentueux – du gouvernement. Le PS doit non seulement expliquer la politique du gouvernement, mais il doit également avoir un rôle d'alerte et de compréhension des attentes des Français, un rôle de préparation des échéances électorales et des équipes, et avant tout anticiper l'évolution de la société et du monde pour élaborer les propositions qui y répondront.

aubry_ayrault.jpgTelle n'est pas l'impression laissée par la lecture de la contribution générale « exclusive », signée par Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault. Ce long texte est structuré autour d'une idée forte : « nous ferons comme nous avons dit pendant la campagne des élections présidentielle et législatives. » Outre que ce mantra politique réduit le rôle du parti à celui qui fut le sien entre 1997 et 2002 et qui s'est avéré insuffisant, il interroge particulièrement le travail réalisé pendant trois ans et demi sous la conduite de Martine Aubry pour doter le PS d'un projet.

Car entre le projet du PS et celui du candidat Hollande, devenu président de la République, tout le monde aura noté qu'il existe des nuances… relativement importantes. Martine Aubry explique pudiquement que François Hollande s'est appuyé sur le projet du PS et « y a imprimé sa marque »… De fait, si le PS n'assume pas pleinement le projet qu'il a élaboré de 2009 à 2011, première marche d'une réflexion qui doit se poursuivre, il se contentera de défendre un programme gouvernemental très en retrait avec ses propres réflexions et risquerait d'être en difficulté pour éclairer l'avenir et franchir une nouvelle étape politique.

Les chantiers qui ont été ouverts sur le « juste échange », la « transition énergétique » ou la « social-écologie » méritent d'être poursuivis avec convictions et détermination. Nous devons reprendre et renforcer, à l'aune de l'aggravation de la crise économique et des pressions du monde de la finance, nos propositions pour la restauration du droit du travail, la redistribution des richesses, le renforcement des services publics, la reconstruction de la politique industrielle, la régulation des banques et marchés financiers… Sur ces sujets, il faut constater que les chantiers gouvernementaux ont pris du retard au regard du calendrier initialement annoncé pour mettre en œuvre les 60 engagements du candidat Hollande comme pour la loi bancaire, doublement du plafond du livret A. Sur d'autres, nous ne sommes évidemment pas à la hauteur des attentes fortes du monde du travail comme pour l'augmentation du SMIC ou le vote définitif de la proposition de loi sur les licenciements boursiers déjà adoptée par la majorité de gauche du Sénat…

Le congrès du PS ne doit pas évacuer la question européenne

manif_europe_austerite_web.jpgAu moment même où les efforts des socialistes français commencent à porter leurs fruits dans la bataille culturelle qui anime, sur fond de crise, la sociale-démocratie européenne, nous sommes là très loin du compte.

François Hollande avait eu raison de s’engager à renégocier le traité Merkozy, indiquant qu’il voulait le modifier et le compléter. Le sommet européen des 28 et 29 juin a certes retenu un « pacte de croissance » et la promesse d’une création de taxe ultérieure sur les transactions financières par 11 pays de l’Union, mais il a confirmé le maintien stricto sensu du traité budgétaire. Tel n’est pas ce qui avait été annoncé à nos concitoyens.

Le « pacte de croissance » va dans le bon sens, mais il est trop modeste. Avec 120 milliards étalés sur 5 ans, dont en réalité 30 milliards réellement disponibles, il ne représente que 1% du PIB de l’Union Européenne : il ne sera malheureusement pas en mesure de contrer la logique anti-croissance du traité Merkozy que l'on veut aujourd'hui nous imposer, en contradiction avec les positions affirmées auparavant par le PS.

Pourtant, la prise de conscience des dangers de la politique de la chancelière allemande est chaque jour plus largement partagée par les autres européens, ce qui permet d’espérer une renégociation autant possible que souhaitable. Il faudrait donc refuser de ratifier le traité pour ouvrir une réelle renégociation. Celle-ci doit, à coup sûr, modifier les objectifs de la BCE (la croissance devant y être ajoutée) et ses modes d’interventions. Plus globalement, il est temps que les principes de coopération européenne, de juste échange, de lutte contre les inégalités se substituent à la concurrence libre et non faussée.

Enfin, la renégociation doit permettre de trouver les voies de la restauration concrète de la souveraineté populaire en Europe. à l'ordo-libéralisme qui inspire toutes les propositions des conservateurs allemands, néerlandais ou scandinaves et à la méthode intergouvernementale qui a présidé jusqu'ici à la construction européenne, en détournant chaque un jour un peu plus les peuples de celle-ci, nous devons proposer un vrai fédéralisme démocratique et une Europe sociale.

Telle doit être la mission historique de la France et de la gauche française : afficher clairement auprès de ses partenaires et des opinions publiques européennes une voie nouvelle.

Pour faire œuvre utile, le PS doit d'abord être exemplaire

L'ensemble des tâches qui attendent le PS, s'il veut être à la hauteur de la mission qui lui incombe et inscrire son action gouvernementale dans la durée, est donc colossale. Elle est d'autant plus complexe que l'on connaît l'effet émollient de la pratique du pouvoir, de l'influence et du lobbying de divers groupes de pression, plus ou moins pressant, du risque toujours présent de la temporisation qui précède l'abandon…

photo-vote-congres-reims-20081106-500x375.jpgPour y résister, agir et anticiper, le PS doit d'abord être exemplaire en tant qu'organisation démocratique. Ce n'est pas ce qui semble se dérouler à l'occasion de ce congrès post conquête électorale.

L'adoption d'un calendrier contraint, avec des contributions générales publiées au milieu de l'été, des motions déposées une semaine après la rentrée scolaire et un vote des militants convoqué un mois après le dépôt des motions, démontre bien la volonté initiale de limiter le débat entre socialistes… débat pourtant nécessaire pour réfléchir au rôle du parti, une fois le pouvoir conquis, et éclairer l'avenir.

Que le Premier ministre et la Première secrétaire rédigent une contribution générale et qu'ils proposent aux responsables du Parti de la rejoindre – s'ils en partagent l'essentiel –, c'est normal. Mais que cette contribution soit présentée comme « exclusive » alors qu'on est au début d'un processus de débat sur le fond, le verrouillage commence. Et ce type d'opération ne produit sur le long terme que des crispations qui empêchent le Parti socialiste d'assumer sa tâche.

D'autre part, le Parti Socialiste s'est placé dans une situation incertaine du point de vue du droit. Les propositions de modifications statutaires, adoptées en juin 2010 lors de la convention « Rénovation », ne peuvent juridiquement être mise en œuvre puisque les statuts du PS disposent que leurs modifications ne peut intervenir que lors d'un congrès national.

Dès la procédure (issue de la convention de juin 2010) voulant que le Premier secrétaire soit désigné par les militants lors d'un « second tour », entre les premiers signataires des deux motions arrivées en tête du vote des militants, n'est pas valide ; un fâcheux pourrait invalider cette désignation devant n'importe quel tribunal de grande instance. D'un point de vue politique, surtout, cela donne une image déplorable d'un parti, que les sociologues définirait comme « institution faible », incapable de respecter ses propres statuts. Critique que nous avions adressée jusqu'ici… à l'UMP sarkoziste !

Capture decran 2012-08-28 a 17.43.57Surtout ce flou dans l'organisation, additionné au flou des orientations, autorise tous les « coups » politiques, dont on connaît in fine les effets déplorables. Ainsi, après avoir signé et animé, aux côtés de Jean-Marc Ayrault, Martine Aubry et Jean-Christophe Cambadélis, une même contribution générale – celle qui se voulait exclusive – censée les unir dans une orientation politique commune, Harlem Désir se « rebelle » désormais en réclamant le retour à la procédure « normale » (en tout cas, la procédure qui reste juridiquement établie) d'élection du Premier secrétaire au suffrage universel direct des militants… tout cela intervient car le secrétaire national à la coordination éprouve désormais le sentiment de ne plus être en position d'être imposé comme premier signataire de la future motion ultra-majoritaire. C'est la conséquence regrettable mais inévitable du dévoiement des règles démocratiques de notre parti, permettant à un nombre extrêmement restreint de hauts responsables politiques de choisir le premier secrétaire en choisissant le premier signataire d'une motion appelée à devenir hégémonique par l'effet du rassemblement artificiel de grands élus, sous l'effet des seuls arguments d'autorité et donc du verrouillage de l'appareil et des fédérations.

Tout ceci n'est pas sain pour le Parti Socialiste. Il ne permet aucunement de garantir la sérénité nécessaire pour accompagner le gouvernement et préparer l'avenir ; il met à mal les valeurs démocratiques auxquels sont attachés les adhérents du PS et qui avaient fortement amélioré l'image des socialistes dans l'opinion publique. Le Parti qui a fait les primaires citoyennes et qui a fait un gros travail de rénovation politique ne peut pas donner l'impression de geler sa situation politique, alors que nous avons dénoncé le monolithisme obéissant de l'UMP sous Sarkozy, et que ce même parti va procéder pour la première fois à un vrai congrès (motions différentes, débats publics entre candidats à la présidence, etc.), le contraste et l'effet contradictoire serait saisissant !

Comble de l'absurde et du ridicule, des voix s’élèvent maintenant parmi les signataires de la même « contribution générale exclusive » pour inciter Harlem Désir à déposer une motion concurrente alors qu'il est censé défendre les mêmes orientations que Jean-Christophe Cambadélis ou Martine Aubry. On ne sait plus qui défend quoi et dans quel objectif ; et en dehors de la Première secrétaire sur le départ, les jeux de ses successeurs potentiels et de leurs soutiens respectifs en deviennent de plus en plus opaques et contre-productif. Ce type d'affrontement artificiel a produit le congrès de Rennes. Il est grand temps de substituer à cette phase délétère un vrai débat démocratique et d'organiser un congrès digne de ce nom.

L'expression de la gauche du Parti Socialiste sera utile à tous les socialistes

Dans ces conditions, on voit mal quels arguments expliqueraient le bien fondé de renforcer encore la confusion. La gauche du Parti Socialiste, qui a déposé quatre contributions générales pour alimenter le débat cet été (« Réaliser le changement », « Le Temps de la Gauche », « Pour réussir le changement, redistribuer les richesses », « Socialistes, écologistes et altermondialistes ! »), doit pouvoir défendre ses propositions devant les militants socialistes.

Il ne s'agit pas d'attendre l'échec du gouvernement de la gauche, de faire part d'une défiance que serait en soi l'acte de déposer une motion, mais de nourrir la réflexion collective ! Notre objectif est clair : que François Hollande et son premier ministre s'appuient sur la réflexion des socialistes, pour améliorer la vie quotidienne des Français, pour réorienter dans le bon sens la construction européenne, et qu'ainsi le Président de la République aborde dans les meilleures conditions possibles (bilan et projet) l'élection présidentielle de 2017 pour inscrire son action dans la durée.

logounmondedavance.jpgCette gauche du PS est ni irresponsable ni stupide ; elle n'est pas identitairement vouée au tropisme et au folklore minoritaire. La motion que nous appelons de nos vœux en 2012 ne sera pas une reproduction de la motion « Un Monde d'Avance » de l'automne 2008 : c'était une motion de combat, avec un PS qui ne parvenait pas dans l'opposition à sortir d'une certaine déshérence face à une droite réactionnaire au pouvoir. Aujourd'hui, François Hollande est président de la République et les socialistes ont pour mission de redresser la France dans la justice et pour cela de réorienter la construction européenne ; c'est pour atteindre cet objectif que nous rédigerons notre motion.

Nous le ferons aussi dans l'objectif de rassembler la gauche (PS, Front de Gauche, EELV, PRG, MRC…), car c'est le talisman indispensable pour réussir le changement. Sans ce rassemblement, nous subirons plus fortement les pressions conservatrices des milieux d'argent, les tendances au compromis avec les conservateurs européens. Sans ce rassemblement, nous aborderons dans des conditions détériorées les élections locales de 2014 et 2015. Sans ce rassemblement, nous perdrons le Sénat et donc un atout précieux dans notre action réformatrice.

Frédéric FARAVEL

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 10:39

article publié jeudi 30 août 2012 dans Alternatives économiques et Libération

L’économie française stagne et la zone euro est entrée en récession. La situation économique n’a aucune chance de se redresser notablement au cours des prochains mois. Prendre dans ce contexte des mesures d’austérité supplémentaires pour tenir, coûte que coûte, l’objectif de 3 % du PIB de déficit public en 2013 freinerait davantage encore l’activité et pousserait le chômage vers les sommets. Avec au final, d’ailleurs, un déficit plus important que prévu comme le montrent les exemples de la Grèce, de l’Espagne ou de l’Italie malgré des efforts considérables. Les réformes récentes de la surveillance budgétaire européenne – « 6 pack » et Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) – sont bâties autour de la notion de déficit structurel. Celle-ci corrige les déficits publics constatés telle ou telle année des effets de la conjoncture à ce moment là. Quoi qu’on pense par ailleurs de la pertinence de ces réformes, elles fournissent ainsi un argument solide pour ne pas s’engager dans cette politique procyclique : l’objectif des 3 % en 2013 doit lui aussi être apprécié en termes de déficit structurel et non de simple déficit constaté. Or, dans le cas de la France, nous atteindrons ce niveau de déficit en 2013 sans qu’il soit besoin de prendre de nouvelles mesures d’austérité cet automne.

Un coup de frein important

Quelle serait l’ampleur du coup de frein à l’activité dû à des mesures d’austérité supplémentaires ? La question est controversée parmi les économistes mais le Fonds monétaire international (FMI) a publié en octobre 2010 une importante étude qui jouit depuis d’une certaine autorité en la matière. Le FMI concluait qu’une restriction budgétaire de 1 % du PIB aboutit en moyenne à une baisse de 1 % de la demande intérieure au bout de deux ans. Au niveau de la production, l’effet peut cependant être moindre à condition que les exportations se développent parallèlement grâce à une baisse du taux de change et à un dynamisme économique maintenu chez les partenaires commerciaux. Or de telles conditions ne sont guère réunies en France actuellement compte tenu de l’orientation très majoritaire de nos exportations vers la zone euro et du net ralentissement de l’économie des pays émergents. L’autre facteur susceptible de limiter l’impact d’un ajustement budgétaire – une détente monétaire – n’a lui non plus guère de chance d’avoir un effet significatif sur l’économie française vu le bas niveau des taux d’intérêt. Dans le contexte actuel, il y a donc lieu de supposer qu’une restriction budgétaire de l’ordre de 1,5 point entre 2012 et 2013 amènerait, au bas mot, une perte de PIB de 1,2 point et une hausse du chômage de 1 point (300 000 personnes).

1346316622_gd1_zoom.jpgLa clé du « déficit structurel »

Il faut donc absolument éviter de s’engager dans cette voie. Peut-on défendre cette position vis-à-vis des instances européennes sans pour autant remettre en cause les engagements de la France à leur égard ? Oui. La réforme de la coordination budgétaire menée depuis deux ans en Europe est fondée de manière centrale sur la notion de « déficit structurel ». Il existe différentes façons de calculer ce déficit qui aboutissent à des résultats notablement divergents. La Commission européenne a la sienne et publie depuis plusieurs années déjà de tels chiffres. La méthode employée par la Commission est toutefois visiblement peu satisfaisante : les importantes variations d’une année sur l’autre du « déficit structurel » qu’elle fait apparaître montrent que la part proprement conjoncturelle de ce déficit reste encore probablement sous-estimée et le niveau du déficit structurel surestimé. Les dernières prévisions de la Commission, publiées au printemps 2012 (donc avant le collectif budgétaire voté cet été qui a déjà introduit d’importantes mesures de restriction budgétaire supplémentaires), indiquent cependant que ce déficit structurel passerait l’an prochain sous la barre des 3 % en France. La dégradation de la conjoncture intervenue depuis devrait certes creuser les prévisions de déficits courants mais elle n’a aucune raison de changer la donne sur le plan des déficits structurels. Si on juge l’engagement de faire passer les déficits publics sous la barre des 3 % du PIB en 2013 en termes de déficit structurel, conformément à l’esprit des réformes engagées, il n’est donc pas nécessaire de prendre des mesures d’austérité supplémentaires.

1346316636_gd2_zoom.jpgPas de traitement de faveur

Il ne s’agirait pas bien entendu de demander un traitement de faveur pour la France mais bien d’apprécier ainsi l’ensemble des déficits en Europe. Nous serions d’ailleurs loin d’être les seuls à pouvoir, grâce à cela, desserrer un peu l’étau qui étouffe nos économies, ce qui pourrait aider à convaincre certains de nos voisins de l’intérêt d’une telle démarche… Au niveau de l’ensemble de la zone, le déficit structurel ne devrait être en effet que de 1,8 % du PIB en 2013 selon les prévisions de la Commission européenne. Seuls cinq pays dépasseraient la barre des 3 % du PIB : Malte, la Grèce, la Slovaquie, l’Espagne et l’Irlande. Ce ne serait d’ailleurs pas la Grèce la plus mal placée sur ce plan mais l’Irlande souvent présentée pourtant comme le « bon élève » des pays en crise. L’évolution de la conjoncture depuis la publication de ces prévisions ne devrait pas en théorie affecter ces soldes structurels. Il n’y a donc pas lieu de demander de nouvelles mesures d’austérité aux douze autres pays de la zone euro et tout intérêt au contraire à y laisser jouer pleinement les « stabilisateurs automatiques » pour atténuer les effets de la nouvelle récession. Un tel mouvement serait également parfaitement compris par les investisseurs financiers, inquiets de voire la zone euro s’enfoncer dans la récession du fait des politiques budgétaires procycliques menées en son sein.

Guillaume Duval
Article Web - 30 août 2012

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 09:26

Sera-ton contraint de donner raison avec regret à l'auteur de cet article, par ailleurs bon connaisseur de la vie politique du Parti Socialiste ? Si la préparation du congrès du PS se poursuit de la manière dont il s'est engagé avec un calendrier tronqué et une "contribution générale exclusive", on peut le craindre... Mais les socialistes peuvent voir qu'ils ont intérêt à poursuivre un vrai débat politique en leur sein, capable de mettre à profit la diversité du socialisme français pour éclairer l'avenir, préparer d'ores-et-déjà les échéances locales et une deuxième mandat présidentiel consécutif, et rassembler la gauche.

C'est pour cela que le Parti Socialiste a tout intérêt à ce que son courant de gauche présente ouvertement ses arguments et réalise un bon score au suffrage militant.

Frédéric Faravel
Secrétaire fédéral du PS Val-d'Oise aux relations extérieures

Socialistes, vous avez aimé la rénovation ? Voici la caporalisation
Mediapart - 28 août 2012 | Par Stéphane Alliès

La Marseillaise zenith 13-06-2012Martine Aubry, qu’avez-vous fait de la rénovation ? De la phase préparatoire du congrès de Toulouse (qui se tiendra fin octobre) à la résistance au non-cumul des mandats, c’est comme si la modernisation du plus grand parti de la gauche avait été dissoute dans la victoire de François Hollande à la présidentielle, comme dans l’obtention de sa majorité absolutiste à l’Assemblée nationale.

Voilà donc que ce lundi, François Rebsamen, président du groupe socialiste au Sénat, annonce son intention de continuer de cumuler ses mandats de parlementaire et de maire de Dijon (et les indemnités allant avec). Écrasée la promesse de son parti, adoptée par 72% des 90 000 votants au référendum interne d’octobre 2009, de passer au mandat unique dès ce mois de septembre 2012. Cette résistance sénatoriale, que Rebsamen est loin d’être le seul à exprimer chez les parlementaires socialistes n’est pas nouvelle. Ils sont environ 60% de cumulards à l’Assemblée, et plus de 80% au Sénat. Mais le fait qu’elle s’affranchisse à nouveau de toute logique démocratique et de toute discipline de parti, en dit long sur la régression interne que connaît en ce moment le nouveau parti présidentiel.

L’université d’été de La Rochelle de ce week-end, transformée en séminaire d’autosatisfaction gouvernementale malgré le doute des participants (lire ici), a également laissé à de nombreux militants la désagréable impression d’une confiscation de ses débats internes. Pourtant le traité européen (lire ici) ou la rénovation du parti (lire ici) sont au cœur de leurs discussions. Mais le coup de sifflet a été donné avec la mise en rangs serrés des principaux ténors du parti derrière une contribution quasi unique. C'est une première dans l’histoire des congrès socialistes, alors que cette phase préparatoire est justement censée assurer le pluralisme des réflexions devant nourrir une synthèse programmatique. L’enjeu du dépôt des motions (prévu pour le 12 septembre) se résume désormais, après le coup de force Aubry-Ayrault, au nom du premier signataire de leur motion.

Car par la grâce d’une réforme des statuts pourtant jamais entérinée (celle-ci aurait dû l’être dans un congrès extraordinaire, si l’on veut bien encore croire les statuts actuels du parti), seul ce premier signataire pourra en effet être candidat à la succession de Martine Aubry, puisque celle-ci semble décidée à tirer sa révérence. S’il peut encore y avoir plusieurs motions déposées, il est peu probable que les textes alternatifs à celui défendu par l’ensemble du gouvernement proposent un candidat concurrent. Et si jamais tel était le cas, celui-ci n’aurait aucune chance d’être élu.

C’est donc un invraisemblable processus de nomination qui est aujourd’hui à l’œuvre, en lieu et place d’un congrès socialiste. Un an après le souffle des primaires citoyennes ouvertes au peuple de gauche, qui ont réuni près de trois millions de votants, le nouveau premier secrétaire du parti socialiste sera nommé après un accord entre trois personnes : François Hollande, Jean-Marc Ayrault et Martine Aubry. Même un conclave papal est plus démocratique, on y trouve plus de votants et une fumée blanche a au moins le mérite d’avertir les fidèles. Lourd effet de sens que cette caporalisation extrême, au moment même où l’UMP s’ouvre à la démocratie interne et alors que la droite va connaître pour la première fois depuis l’élection pour la direction du RPR, en décembre 1999, une compétition ouverte et incertaine.

Même s’il fallait se résoudre à un retour en force des logiques d’appareil pour éviter les cacophonies qui ont pu rythmer certains congrès passés du PS, ce parti mérite mieux qu’une telle parodie. Certes en 1981 et 1997, des processus similaires avaient été mis en œuvre. Mais si Lionel Jospin comme François Hollande furent adoubés de manière semblable, leurs choix apparaissaient comme des évidences. Là, les deux candidats en lice n’en finissent pas d’interroger, voire d’abasourdir.

“Harlem” et “Camba”, le renouvellement ?

Le futur leadership du parti socialiste se jouerait donc entre Harlem Désir et Jean-Christophe Cambadélis. Ces deux prétendants ne représentent personne hormis eux-mêmes. Désir est un soutier du défunt courant Delanoë, mort-né après sa défaite surprise au congrès de Reims. Cambadélis est l’ancien premier lieutenant sans troupe de DSK (l’essentiel de son courant avait suivi Pierre Moscovici), et fut l’un des principaux artisans de la victoire de Martine Aubry lors de ce même congrès. Mais vu la manière, faisant passer un scrutin de type haïtien pour une votation suisse, est-ce réellement un avantage ?

Certes, les deux anciens trotskystes (l’un à la LCR tendance Julien Dray, l’autre à l’OCI lambertiste) ont des états de service symboliques à faire valoir au sein de la sphère socialiste. Mais ceux-ci commencent à dater. Désir, bientôt 53 ans, a été une figure du mouvement social, à la tête de SOS-Racisme dans les années 1980. Cambadélis, 61 ans, avait pris la parole à la Bastille, le 10 mai 1981, en tant que président de l’Unef. Mais depuis, tous deux se sont surtout illustrés comme de vaillants apparatchiks du jospinisme des années 1990, qui a abouti au fracas du 21 avril 2002.

Capture_decran_2012-08-28_a_17.43.57.pngTous deux ont été aussi condamnés par la justice : “Harlem” en 1998 à 18 mois de prison avec sursis et 30 000 francs d'amende pour recel d'abus de biens sociaux ; “Camba” en 2005 à 6 mois de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende, pour recel d'abus de confiance dans l'affaire des emplois fictifs de la Mnef.

Sans charisme ni aura médiatique, aucun des deux n’est en outre assuré d’avoir l’autorité sur l’ensemble du parti. Car quel que soit le candidat vainqueur de ce duel sans confrontation de visions du monde, du socialisme ou même du parti, il est actuellement rejeté par une partie des responsables PS. “Camba” n’a jamais eu les grâces de François Hollande, trop méfiant face à ce strausskahnien retors et mêlé aux affaires de la Mnef ; “Harlem” s’est attiré les haines recuites du camp aubryste, qui l’accuse de partialité dans son rôle de premier secrétaire par intérim en faveur de Hollande, durant la primaire.

S’il faut leur reconnaître le fait qu’ils ne cumulent pas de mandat, on ne peut pas dire qu’ils excellent dans leur rôle de député, au Parlement européen (pour Harlem Désir, élu depuis 1999) et à l’Assemblée (pour Jean-Christophe Cambadélis, élu depuis 1997, après un premier mandat entre 1988 et 1993). Enfin, le choix de l’un d’eux consacrerait un recul symbolique fort en matière de parité. L’État socialiste, qui a déjà mis en place aux postes clés du régime un bel ensemble masculin (Élysée, Matignon, présidences de l’Assemblée nationale et du Sénat, présidences de groupe, quasi-totalité des présidences de région), achèverait d’entériner la domination masculine dans le socialisme au pouvoir.

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 09:05

non-cumul-la-lettre-de-martine-aubry.pngMadame la députée, Monsieur le député,

Madame la sénatrice, Monsieur le sénateur,

Chère, Cher camarade,

Pour la première fois de notre histoire, les socialistes sont majoritaires dans les deux chambres du Parlement. Avec nos succès locaux qui ont précédé, et avec l’élection de François Hollande à la Présidence de la République, nous disposons désormais de tous les leviers pour redresser la France dans la justice.

Ces succès, nous les devons à la mobilisation de chacun, militants, élus, dirigeants, mais aussi à la force des combats que nous avons menés ensemble et des engagements que nous avons pris devant les Français.

Tu le sais comme moi, les Français sont extrêmement attentifs à leur respect.

Parce que nous voulons des élus pleinement engagés pour la réussite du quinquennat de François Hollande, parce que nous voulons permettre l’arrivée d’une nouvelle génération de femmes et d’hommes aux responsabilités, nous avons décidé ensemble que notre Parti devait ouvrir la voie en matière de non cumul des mandats.

Cette orientation, plébiscitée lors du référendum militant du 1er octobre 2009 et mise en œuvre par la convention nationale sur la rénovation du 3 juillet 2010, est devenue une règle commune à tous les socialistes : « l’interdiction du cumul d’un mandat de parlementaire et d’un exécutif local (Maire ou Maire-adjoint, Président ou Vice-Président de Conseil Général ou de Conseil Régional, Président ou Vice Président d’un EPCI) sera inscrite dans les statuts du Parti socialiste.

Elle se mettra en œuvre à chaque renouvellement parlementaire. Tout-e élu-e à une élection parlementaire abandonnera ses mandats exécutifs locaux dans un délai de trois mois après la tenue du scrutin. Il-elle devra avoir préparé avec le Parti les modalités de sa succession ».

Comme le Premier Ministre lors de notre université d’été à La Rochelle et avant lui le Président de la République durant la campagne, je veux te redire que nous devons nous montrer à la hauteur des attentes des Français, en respectant les objectifs et le calendrier que nous nous sommes fixés. Une loi sur le non cumul des mandats sera soumise au Parlement, conformément à l’engagement de François Hollande.

Mais je suis convaincue que la prochaine adoption de celle-ci ne saurait dispenser les socialistes d’appliquer leur engagement et d’être exemplaires.

J’ajoute que laisser dès aujourd’hui la place à sa ou son successeur-e dans son exécutif local lui laissera d’autant plus de chance de montrer sa capacité à être en responsabilité et à se présenter devant les électeurs en 2014 ou en 2015.

C’est pourquoi, le terme de l’échéance approchant, le Bureau National du 28 août a souhaité inviter chaque parlementaire concerné à respecter l’engagement qu’il a pris lors de son investiture et à démissionner au plus tard en septembre 2012 de son mandat exécutif local (municipal, départemental ou régional).

Ne doutant pas de ta détermination à ce que nous respections ensemble la parole donnée.

Je reste à ta disposition pour tout échange et t’adresse mes amitiés socialistes.

Martine Aubry

Précision finale : j'ai pu lire dans Le Parisien de ce matin que certains élus trouvaient complexe de désigner un successeur moins d'un an avant les municipales, je leur répondrai simplement qu'ils savaient à quoi s'en tenir depuis le 3 juillet 2010 ! Les députés et sénateurs sortants, quasiment assurés de leur réélection pour la plupart, pouvaient parfaitement préparer les esprits et même passer la main dans leur(s) collectivité(s) juste après les sénatoriales de septembre 2011 ou avant les présidentielles.

Frédéric FARAVEL
secrétaire fédéral du PS Val-d'Oise aux relations extérieures

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 08:45

Je conseille humblement à Arnaud Montebourg et Manuel Valls de retourner leurs langues sept fois dans leurs bouches la prochaine fois...

Bravo Sophia !

 


Notre ex beau-frère et le nucléaire par franceinter et Sophia Aram

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 12:49

logement-nouveaux-modes-de-vie-nouveaux-besoins.jpegCeci est le compte rendu de l'atelier sur le Logement organisé lors de l'université d'été du Parti Socialiste à La Rochelle, samedi 25 août 2012 à 15h15.

daniel-goldbergCet atelier était animé par Daniel Goldberg, député et secrétaire national au Logement du Parti Socialiste.

 

 

 

 

 

Les intervenants étaient :

Vincent Renard, directeur de recherche au CNRS, Marianne Louis, conseillère régionale, Première adjointe au Maire d'Evry et secrétaire nationale à la politique de la ville et au renouvellement urbain du PS, Alain Cacheux, ancien député, président de la fédération des offices HLM, Philippe Vignaud, architecte-urbaniste.

logement-nouveaux-modes-de-vie-nouveaux-besoins-copie-1* * * * *

La question du logement sera l’un des marqueurs de l’action de la gauche au pouvoir, l’un de ceux sur lesquels elle sera jugée.

Dans une situation d’urgence permanente et de crise durable, la question du logement est une forte source d’angoisse pour nos concitoyens alors même qu’elle apparaît peu en campagne électorale. Il s’agit de répondre à une réelle pénurie de logements, notamment sociaux, facteur d’accentuation des inégalités. La droite a abandonné toute politique réelle d’aménagement du territoire, laissant la politique du logement sans pilote face à la dérive des coûts du foncier. Avec le sarkozisme, l’idée s’est installée que logement était un produit de spéculation dans l’espace et dans le temps, pis aller face aux incertitudes sur les retraites, renvoyant à la défaillance organisée des solidarités collectives, théoriquement suppléées par la responsabilité individuelle.

La demande de logements ne fait que croître marquant une évolution profonde de la société française : multiplication des foyers, familles recomposées, monoparentales –souvent plus précaires –, besoin d’autonomie des jeunes, héliotropisme des seniors.

Face à cette situation, la question est de savoir si le logement est un coût ou un amortisseur social. Il faut "déspécialiser"et "détechnocratiser" ce sujet majeur, pour prendre des décisions politiques fortes et cohérentes sur la durée du mandat, alors même que la droite n’a cessé de déstabiliser le secteur en modifiant constamment les dispositifs et la législation. Le parlement s’attaquera dès septembre 2012 à la cession des terrains de l’Etat pour la construction de logements sociaux, et la réforme de la loi SRU. Le PLF 2013 est un autre rdv majeur, où il faudra réorienter intelligemment les crédits.

Plus généralement, il faudra faire plus de "ville" ! Une bonne partie du mal-logement est lié au malaise des habitants dans leurs environnements de vie : territoires éloignés de l’emploi, sans transports suffisants, sans services publics, sans fonctions de centralités nécessaires… que ce soit en milieu urbain ou autour des communes rurales. Souvent, les quartiers devenus des ghettos ont été bien construits, avec des logements de bonne qualité, mais sont aujourd’hui mal entretenus et enclavés, sans perspective d’en sortir pour les habitants.

La question de l’aménagement durable du territoire et de la réactivation de la politique industrielle , est une priorité absolue, pour ne pas laisser des populations loin de l’emploi ou des services, pour ne pas créer des zones d’habitation qui seraient rapidement transformées en ZUS, ou encore des bourgs et villes moyennes désertées car sans activités.

Si l’objectif chiffré de 500 000 logements, dont 150 000 logements sociaux, doit être tenu pour être mobilisateur, il faut surtout s’assurer que l’on construit ce qu’il faut, là où il faut, au prix qu’il faut avec le loyer de sortie accessible. Quel que soit le mode d’accès au logement, locatif ou accession, la gauche doit opposer le « tous logés » au « tous propriétaires » de la droite.

De très nombreuses propositions sont venues tant de la salle que des intervenants :

  • Tenir impérativement l’objectif du doublement du plafond du livret A, même par étape, pour assurer le financement du logement social en le centralisant par la Caisse des dépôts (CDC), et surtout en contraignant TOUS les opérateurs bancaires à atteindre un niveau de 65% de collectes. Ceci devrait permettre à la CDC de multiplier les prêts bonifiés ;
  • Un véritable travail doit être mené concernant la transparence sur les attributions de logements sociaux, les logiques de clientélisme sont de tout bord, avec notamment l’anonymisation des dossiers ;
  • Créer un rapport de force exigeant avec les promoteurs immobiliers, notamment en refusant les opérations sous conditions de marges excessives (15%) inacceptables en temps de crise : il faut contrôler les bilans d’aménagement et rappeler que le logement social paye (!) et qu’il est même devenu une garantie pour les opérateurs de réussite financière des programmes, car les bailleurs remboursent toujours le coût de la production ;
  • Rendre obligatoire, dans les PLH, les accords intercommunaux de peuplement, obligeant toutes les communes à se répartir correctement au sein de l’agglomération PLS, PLUS, PLAI ;
  • Abaisser la TVA et les droits de mutation sur le logement social, prêt à taux zéro pour les PLAI, etc.
  • Enfin un débat s’est engagé sur la pertinence de conserver aux maires le contrôle foncier sur la commune, alors que c’est au niveau de l’agglomération et du bassin de vie que semble se situer les éléments les plus pertinents de régulation des politiques de l’habitat.

Ce compte rendu ne peut malheureusement pas traduire toute la richesse des débats et propositions.

Frédéric FARAVEL

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 10:40

fillon_13-08-12.jpgFrançois Fillon est alité depuis son accident de scooter en Italie. Heureusement, l'ancien Premier Ministre dispose d'hôtes de qualité qui prennent soin de lui et l'autorise ainsi à se concentrer sur son activité intellectuelle, prélude essentiel à la conquête de l'appareil politique conservateur français.

Comment remporter l'adhésion des militants UMP si ce n'est en se faisant la chambre d'écho de la déliquescence politique de ce parti, résultat de 7 ans de Sarkozisme et de sa défaite finale devant les Français en mai dernier… François Fillon a choisi d'entrer pleinement dans cet exercice, en se plaçant au niveau de son principal compétiteur, l'actuel secrétaire général du parti, Jean-François Copé. Sa tribune de ce matin (lundi 13 août dans Le Figaro) en est ainsi l'illustration complète.

Le premier tiers de l'article consiste à énoncer des caricatures ridicules pour travestir le contexte sur lequel repose son analyse :

  • « silence » des socialistes sur Gbagbo alors qu'ils l'ont bel et bien condamnés (il suffit de se rappeler les crépusculaires et quotidiennes manifestations hystériques des relais hexagonaux devant le 10, rue de Solférino pendant les semaines du conflit ivoirien. Ils ne manifestaient pas contre le siège de l'UMP) ;
    la complicité gênée (rappelez-vous MAM proposant l'expertise de la police française) du gouvernement Fillon avec Ben Ali dans les jours précédant la chute de son régime est présentée par euphémisme comme une « inaction supposée », condamnée par le PS (donc forcément fausse), face au Printemps arabe ;
    le soutien (profil bas mais très répété) du PS à l'intervention franco-britannique en Libye est transformée en « commentaires inutiles et suffisants » ;
    mise en avant d'une revendication d'intervention militaire en Syrie par les socialistes et François Hollande, quand ceux-ci s'alignaient sur les positions du ministre Alain Juppé, membre du gouvernement Fillon, et désormais désavoué a posteriori par son ancien patron ;
    enfin, les socialistes auraient critiqué l'absence de la France sur la scène internationale, alors qu'ils critiquaient le « bougisme » ou l'agitation du Sarkozisme conçue pour masquer son alignement sur les politiques allemande (en Europe) ou américaine (dès 2007-2008 en Afghanistan) ou les fautes politiques commises en Tunisie.

Enfin, histoire de faire « populaire » – tout du moins dans l'acception qu'ont les réactionnaires de ce terme –, l'ancien Premier Ministre se fend d'un gros mot : « droit-de-l'hommistes ». Ce terme n'est généralement utilisé que par le Front National et la galaxie d'extrême droite, ainsi que par la Droite populaire. Donc la collusion dénoncée avec les grands dictateurs et bourreaux arabes (Khaddafi, Ben Ali, Moubbarak, Assad) ne serait qu'une éructation « droit-de-l'hommiste ».

Cependant, le plus grave si c'était encore possible n'est pas là. Rejetant l'échec de la communauté internationale à stopper le massacre syrien et à obtenir la neutralité sino-russe, sur les seules épaules de François Hollande, alors que le gouvernement français n'était pas plus leader dans les solutions avant le 6 mai, François Fillon fait une proposition irresponsable supposée permettre d'emporter le soutien de Vladimir Poutine.

Vladimir-Poutine-avant.jpgAu moment où se dévoile totalement la supercherie de la « démocrature » russe et ce saute-mouton entre Poutine et Medvedev fondé sur la fraude électorale et le clientélisme maffieux ; au moment où ce régime démontre jusqu'à l'absurde la collusion entre un fascisme soft (et botoxé) et un cléricalisme orthodoxe réactionnaire, par le procès ridicule et dramatique des Pussy Riot… François Fillon propose rien de moins que d'abandonner l'ensemble de nos valeurs sur l'autel du compromis avec Vladimir Poutine.

Ainsi pour faire sauter le verrou de Moscou, il faudrait contrevenir à une certaine idée de la laïcité et mettre fin au projet européen :

  • « Au lieu d'humilier [le gouvernement russe] en bloquant la construction du centre orthodoxe du Quai Branly », le gouvernement français devrait donc céder (au passage, on notera qu'il y a identité entre l'église orthodoxe et le Kremlin).
    Et surtout, car « L'ours russe n'est dangereux que quand il a peur. Offrons-lui sans détour la perspective d'un accord historique d'association avec l'Europe. »

Ainsi donc « l'ours russe » aurait peur des Européens. Une caricature très expressive de Plantu me revient, croquée en 2008 lors de la crise géorgienne : un officier russe lit une lettre de l'UE à un autre officier russe « L'Europe exige que nous nous retirions de Géorgie, sinon… ! Rien… ». Ce dessin illustre à la fois les l'échec du « bougisme » de l'ancien président de la République française – qui avait présenté son action pour la Géorgie comme l'intervention du Messie (rappelons que depuis cet État caucasien pro-européen est vraisemblablement définitivement amputé de toutes ses anciens régions ou républiques autonomes au profit de l'ours russe) – et l'absence totale de crainte russe vis-à-vis d'Européens pusillanimes et objectivement impuissants. Je veux bien qu'il craigne la contagion islamiste en Syrie, qu'il craigne les progressions militaires américaines alors que les USA étaient jusqu'ici sur le reculoir, qu'il craigne l'immigration et le soft power chinois, mais certainement pas l'Union Européenne.

La droite française par l'intermédiaire de François Fillon acte en fait sa peur de l'ours russe : pour de multiples raisons, notamment militaires et énergétiques, les conservateurs français et européens sont prêts à se coucher devant Poutine (quand les sociaux-libéraux à la retraite comme Schröder ou Blair sont prêts à être rémunérés par lui…). Que signifierait « un accord historique d'association [de la Russie] avec l'Europe » ; il est probable que le pseudo-héritier du gaullisme que voudrait être François Fillon se drape dans les mots du Général De Gaulle pour rappeler sa vision européenne « de l'Atlantique à l'Oural »… à d'autres !

Fillon_Plantu_13-08-2012.jpg

C'est une vision qui fait fi du projet européen dans ce qu'il a de démocratique, puisqu'il suppose d'abandonner comme référence les valeurs universalistes que ne partage pas le pouvoir russe actuel ; c'est une vision qui n'envisage comme seul objectif le marché unique fondé sur le libre-échange, dans le but de sécuriser la livraison de l'Europe occidentale en énergies fossiles.

Ainsi, au prétexte de faire tomber le seul Bachar El-Assad « comme le fruit pourri qu'il est » (« ouhlala ! vous avez vu : je suis super ferme ! »), François Fillon propose de soumettre l'Europe au chantage énergétique permanent de la Russie poutinienne, de lui apporter une reconnaissance en termes de valeurs, et de sauver son économie enferrée dans la rente.

L'Europe est déjà bien mal engagée avec un Traité Merkozy qui l'entraînera vers une séquence post-démocratique et l'implosion résultant de l'éloignement continu des peuples de la construction européenne ; et c'est bien cela qu'il faudrait reprocher désormais à François Hollande plutôt que son action sur la Syrie. Pour le bien de nos sociétés européennes, pour qu'elles parviennent à faire prévaloir dans le monde une vision universaliste et humaniste, la construction européenne a besoin que l'on mette fin à l'austérité économique, qu'on rétablisse la souveraineté populaire, qu'on affirme haut et fort notre détermination politique : tout le contraire de ce qui serait symbolisé par l'association avec l'actuelle fédération de Russie !

La tribune de François Fillon marque une défaite morale et intellectuelle de l'ancienne droite républicaine française, lourde de dangers pour notre démocratie.

Frédéric FARAVEL
Secrétaire fédéral du PS Val-d'Oise en charge des relations extérieures

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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 14:39

Chris Marker-Cornelius Castoriadis : une leçon de démocratie
08 août 2012 | Par La rédaction de Mediapart

C'était en 1989. La Sept (qui deviendra Arte-France) diffuse L'héritage de la chouette douze films de quelque 25 minutes chacun signés Chris Marker, le réalisateur décédé le 29 juillet dernier. Autour de douze mots (tragédie, philosophie, misogynie, musique, mythologie, mathématique, nostalgie, démocratie, olympisme et… la chouette, symbole d'Athèna, qui fait l'objet d'un film-hommage), Chris Marker s'empare d'une idée de Jean-Claude Carrière et s'attèle à définir l’identité occidentale, tout en s’interrogeant sur les valeurs de la Grèce antique et son héritage à travers les siècles (tous les films sont rassemblés ici).

Sur des images tournées à Tokyo, à Athènes, autour d'un banquet installé dans un théâtre antique et sur la voix off du comédien André Dussolier, le cinéaste tisse un récit illustrés des interventions érudites des philosophes Cornelius Castoriadis et Michel Serres, des compositeurs Iannis Xenakis et Angélique Ionatos, des réalisateurs Elia Kazan et Theo Angelopoulos, des historiens Giulia Sissa ou Jean-Pierre Vernant...

L'entretien initial avec Cornelius Castoriadis (1922-1997) a duré pas moins d'une heure un quart. C'est celui-là, en intégralité, que nous vous proposons ci-dessous. Nous avions déjà évoqué l'œuvre prophétique de Castoriadis à propos de l'actuelle crise grecque (c'est ici, sa notice Wikipédia est là et le site de l'Association Castoriadis est là).

bscap0025.jpgÀ l'heure où la Grèce du XXIe siècle s'interroge sur le pouvoir de son État, sur la capacité de décision de son peuple, à l'heure où sa politique lui est imposée par d'autres puissances européennes, il est intéressant d'écouter le philosophe parler de la naissance de la démocratie athénienne, de ces cités «où il n'y a pas d'État», de la seule chose que les Grecs ont créé, «la liberté, liberté de penser, liberté d'agir». De l'écouter dénoncer l'avènement d'une société où la bureaucratie peut dire : «Taisez-vous, vous ne savez pas ! Nous, nous savons que si telle chose est faite, alors telle autre chose doit être faite». De l'entendre réfléchir ces sociétés qu'il «n’appelle pas démocratiques, mais des oligarchies libérales».

Tout en mettant en garde contre les projections et les mauvaises interprétations, cette grande leçon d'histoire antique pourrait, selon les termes de Castoriadis lui-même, «nous inspirer pour essayer de penser autrement notre relation à la loi, notre relation à la collectivité, notre relation au pouvoir».

Découvrir cet entretien, c'est évidemment retrouver la vitalité de la pensée de Cornelius Castoriadis, philosophe à l'antique dont la parole nous fait penser. Mais c'est aussi, une semaine après sa disparition, faire écho à l'engagement qui n'a cessé d'inspirer l'œuvre cinématographique de Chris Marker, doublement radicale, dans son invention artistique comme dans son propos intellectuel. Présentant en 2008, sous l'intitulé Le fond de l'air est rouge, le double DVD qui regroupe sa chronique filmée des espérances des années 1960 et 1970 (vous pouvez vous le procurer ici), Marker évoque «l'interminable répétition d'une pièce qui n'a jamais été jouée». Une pièce dont Castoriadis, sous le regard de Marker, nous dit comment il faudrait, peut-être, un jour, la rejouer.

(La transcription intégrale de cet entretien peut être téléchargée ici, en fichier PDF)

vidéo à venir...

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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 13:55

Si la mauvaise foi partisane alimente beaucoup le ton du Figaro au service de l'UMP, force est de constater que le débat sur la manière de réagir au Traité Merkozy, à peine amendé d'un pacte de croissance détaché, commence mal.

Frédéric FARAVEL

Un traité budgétaire qui divise à gauche

Le Figaro - mardi 7 août 2012

Marie_Noelle_Lienemann_Le_Figaro_07-08-2012.jpgMarie-Noëlle Lienemann, sénatrice socialiste: «Il va y avoir une forte pression de François Hollande pour que le traité soit adopté sans les voix de la droite.» Crédits photo : OLIVIER CORSAN/PHOTOPQR/LE PARISIEN

L'extrême gauche réclame un référendum, l'aile gauche du PS s'inquiète, les Verts se divisent.

• Le Front de gauche veut un référendum

Réunis sous la bannière du Front de gauche, le Parti communiste et le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon sont à l'unisson sur le traité européen. Ils réclament un référendum, en raison des «abandons de souveraineté» auxquels aboutirait la mise en œuvre du pacte budgétaire et de la récession dans laquelle il précipiterait l'Europe. «C'est un cadenassage, une camisole de force pour les politiques budgétaires, économiques et donc sociales» affirme le député européen Patrick Le Hyaric. «C'est le traité de Lisbonne en plus plus!!!», renchérit le secrétaire national du Parti de gauche, Éric Coquerel. Le Front de gauche, qui n'a pas voté la confiance au gouvernement, va continuer à plaider pour la consultation des citoyens, notamment lors de ses universités d'été prévues les 25 et 26 août, en même temps que celles du PS. Mais personne ne se fait d'illusions. «Que ce soit à Versailles ou au Parlement, le texte passera grâce aux voix de la droite et du centre», admet Éric Coquerel qui est, par ailleurs, convaincu que «François Hollande ne tiendra pas compte des demandes du Front de gauche».

• L'aile gauche du PS s'interroge et hésite

La sénatrice socialiste Marie-Noëlle Lienemann ne décolère pas contre le pacte budgétaire. «Je suis, dit-elle, contre les dogmes économiques. Je suis une keynésienne qui pense qu'à certains moments il faut des déficits et qu'à d'autres moments, il faut les réduire.» Marie-Noëlle Lienemann votera «contre» le traité européen parce que si François Hollande «a bien complété le traité par un volet sur la croissance, il ne l'a pas modifié comme il s'y était engagé durant la campagne». Lienemann est convaincue qu'elle ne sera pas seule. Que les parlementaires de l'aile gauche du PS, regroupés dans le courant Un Monde d'avance (UMA) dont le ministre Benoît Hamon est le chef de file, iront aussi «jusqu'au bout». «20 à 25 députés et 3 à 5 sénateurs ne voteront pas le traité», affirme la sénatrice. Un Monde d'avance a déjà posé ses conditions. «On en discutera (entre nous), mais s'il reste sous-tendu par les mêmes logiques, qui nous amèneraient à avoir une politique d'austérité, je pense que l'on ne peut pas le voter», admettait à la fin de la session parlementaire la députée du Doubs Barbara Romagnan, première signataire de la «contribution» d'UMA.

• Les écolos avancent en ordre dispersé

«Ce traité, c'est quoi au juste? C'est un texte qui fait disparaître la politique budgétaire de la France. En tant que fédéraliste, les transferts de souveraineté ne me posent pas de problèmes. Mais, dans ce cas précis, je constate que l'Europe n'a pas de politique économique à proposer. Ce traité est apolitique.» Jean-Vincent Placé, président du groupe Europe Écologie-Les Verts (EELV) au Sénat, fait partie des écolos qui ne voteront pas le traité européen.

Son alter ego de l'Assemblée nationale, François de Rugy, est sur la même ligne: «Le groupe n'a pas encore arrêté sa position. Mais, à titre personnel, je voterai contre, comme certains députés EELV. En l'état, ce texte est synonyme de super-austérité.» Face à eux, d'autres écolos se mobilisent pour que le vote soit favorable au traité européen, notamment les eurodéputés Yannick Jadot et Daniel Cohn-Bendit. Quant aux deux ministres Verts, Cécile Duflot et Pascal Canfin, «ils devraient rester en retrait», assure Jean-Vincent Placé.

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 09:16

LHumanite_31-07-1914_Jaures_assassine.jpg

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