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Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube.
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Gauche Républicaine & Socialiste

2 juin 2007 6 02 /06 /juin /2007 16:54
Le désarroi des militants PS du Nord qui aspirent à une "refondation" idéologique
LE MONDE | 02.06.07 | 13h56  •  Mis à jour le 02.06.07 | 13h56
Lille et Dunkerke, envoyé spécial

ls ont en mémoire l'"engouement" suscité par la campagne de Ségolène Royal... et le goût amer de la défaite, au soir du 6 mai. Ils ressentent le besoin d'une "refondation" ou - à tout le moins - d'une "clarification" idéologique, mais redoutent l'image que donnera leur parti lorsqu'il se livrera à cet exercice. C'est peu dire que les militants socialistes, partagés entre des aspirations parfois contradictoires, ne savent plus très bien à quel saint se vouer. Dans le département du Nord, cette terre ancrée à gauche qui a accordé la majorité de ses suffrages à Nicolas Sarkozy au second tour de l'élection présidentielle, le désarroi est manifeste.

Pour le masquer, des facteurs exogènes sont mis en avant. Chacun dénonce d'emblée la responsabilité des médias, accusés d'avoir fait la part belle au candidat victorieux ; tout en reconnaissant volontiers l'efficacité électorale du candidat de l'UMP. "Le principal problème de la campagne de Ségolène Royal, c'est qu'en face il y avait Sarkozy", note Stéphane Thiery, un fonctionnaire territorial de 41 ans, adhérent du PS depuis 1985. "Ce qui est dramatique, c'est que les gens se laissent abuser", ajoute Frédéric Marchand, 42 ans, secrétaire de section à Hellemmes, dans la banlieue lilloise.

Les uns et les autres savent, toutefois, que les "qualités" de l'adversaire ne peuvent suffire à expliquer la défaite du PS. Mais se remettre en question est un exercice autrement délicat. "On a du mal à sortir du positif de nos erreurs", souligne Jocelyne Paccou, 59 ans. La proximité des élections législatives a offert un sursis, en remobilisant les troupes et en reportant à plus tard l'inéluctable examen de conscience.

Bon gré mal gré, ces militants de Lille et de Dunkerque ont accepté d'anticiper en confrontant - et en livrant - leurs vues à ce sujet.

La désignation de la candidate a été généralement jugée trop tardive : "On y a laissé quelques plumes", note Kamal Baddou, 41 ans, responsable associatif. "Il a manqué un an", renchérit Wulfran Despicht, 33 ans, secrétaire de section à Dunkerque. Mais, là encore, le compte n'y est pas. "Si on avait été clair, on avait le temps", assure Olivier Tibier, 25 ans, attaché territorial, qui souhaite que le PS évite désormais "les synthèses qui contentent tout le monde mais ne satisfont personne".

Les batailles d'ego auxquelles se livrent les responsables nationaux du parti exaspèrent. Le choix des personnes viendra plus tard. Au demeurant, les objectifs fixés vont bien au-delà, qui témoignent de l'ampleur du malaise. "Il faut redéfinir qui on est et ce que l'on veut", soutient Vivian Ringot, 29 ans. "Le PS doit redéfinir son électorat", renchérit Zoé Carré. Cette enseignante de 60 ans redoute que son parti soit à contre-courant de l'évolution de la société. "On va vers un monde de plus en plus individualiste, alors que les valeurs socialistes sont basées sur la solidarité", constate-t-elle, s'interrogeant sur les moyens de "conjuguer tout cela". "Les idées d'égalité et de solidarité sont perçues négativement", constate aussi Cédric Pruvost, 25 ans, chargé de mission à la mairie de Lille. "Le fonds de commerce traditionnel du PS a tendance à se déliter", note Frédéric Marchand.

L'état électoral de la gauche pèse par avance sur le futur examen de conscience du PS. "Quand je vois les scores des partenaires de feu la gauche plurielle, j'ai un peu peur" (Gaetan Stirbois, 32 ans). "Les réserves de voix s'amenuisent" (Frédéric Marchand). Reste l'hypothèse d'alliances au centre, que les militants ne rejettent pas, à condition que leur parti les négocie en position de force, sur des bases idéologiques claires et fixées par avance.

La social-démocratie, qu'aucun de ces militants ne cite spontanément, suscite encore des réticences inavouées. Interrogés à ce sujet, ils font mine de relativiser la portée de l'expression. "Un argument marketing en interne", note Frédéric Marchand. "N'est-on pas sociaux-démocrates depuis le tournant de la rigueur, au début des années 1980 ?", s'interroge Stéphane Thiery. Vingt-cinq ans plus tard, l'appellation a pourtant toujours du mal à passer. "Les socialistes font comme s'il fallait encore discuter de la mondialisation. Ce n'est plus le moment de ne pas en vouloir, parce qu'elle est là. Il faut vivre dans le monde actuel. Si ça continue, on va faire comme le PCF, on va fondre comme neige au soleil. Je ne comprends pas pourquoi ça fait peur", note Zoé Carré.


Jean-Baptiste de Montvalon

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2 juin 2007 6 02 /06 /juin /2007 09:32
A Gauche l’éternelle tentation centriste
Le Monde Diplomatique - Juin 2007 | 1er juin 2007

ligne

Par Grégory Rzepski et Antoine Schwartz *. La défaite de Mme Ségolène Royal lors de l’élection présidentielle française du 6 mai dernier a relancé de très vieux débats sur l’identité du Parti socialiste. Face aux attraits de M. Nicolas Sarkozy, capable de séduire le Front national et d’enrôler des personnalités comme M. Bernard Kouchner, les dirigeants de gauche semblent singulièrement désorientés. Certains d’entre eux recommandent une adhésion plus ostensible à l’économie de marché et une alliance avec le centre. L’idée n’est pas vraiment inédite...

« Un printemps français. » Au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle, la quasi-totalité des éditorialistes a célébré, à la manière de Jacques Attali dans L’Express, une bipolarisation de la vie politique française autour de deux formations « modérées ». Laquelle ferait, enfin, de la France une « démocratie moderne » [1]. La nomenklatura médiatique s’est en particulier réjouie des mauvais résultats des candidats situés à la gauche du Parti socialiste (PS). Selon Bernard‑Henri Lévy, dans son « Blocnotes », la marginalisation du courant antilibéral a permis de « casser la gauche pour vaincre la droite », de « briser l’homonymie qui donne le même nom ‑ la "gauche" ‑ aux héritiers de Lénine et de Jaurès » [2].

 

La défaite de Mme Ségolène Royal au second tour de l’élection a ensuite conduit ces même faiseurs d’opinion à déplorer l’« immobilité doctrinale » du PS et sa « négligence à l’égard du centre. » D’après Jacques Julliard, directeur adjoint du Nouvel Observateur, la candidate aurait perdu « parce que la gauche est trop à gauche pour s’élargir vers le centre, seul lieu où elle pourrait gagner des renforts ».

Même tenu par un ancien historien comme Julliard, le discours de la « modernisation » et de l’élargissement du PS est avant tout... idéologique. Négligeant l’importance du « vote utile » dans le résultat de Mme Royal au premier tour, cette thèse avance qu’il n’y aurait plus de « renforts » à la gauche du PS. Mais surtout, bien qu’elle se prétende innovante, son analyse rejoue une rengaine très ancienne. Dans l’histoire socialiste, la question de l’« ouverture » s’est en effet posée à maintes reprises. Or les précédents se sont souvent révélés coûteux, à la fois politiquement et électoralement.

 

Condamnés à vivre ensemble.

 

Entre mai 1947, date de la révocation des ministres communistes par le président du conseil socialiste Paul Ramadier, et le retour au pouvoir du général de Gaulle onze ans plus tard, la « troisième force » gouverne le pays. Il s’agit d’une coalition de socialistes et de centristes qu’on prétend alors « condamnés à vivre ensemble » face aux assauts des gaullistes et des communistes. Le gouvernement déclenche la guerre d’Indochine et celle d’Algérie. Il réprime aussi, parfois férocement, nombre de grèves, dont celle des mineurs en 1947‑1948. Au moment de mourir, en 1958, ce régime ne compte guère de défenseurs, y compris chez les socialistes.

 

Anticipant l’élection en 1965 du président de la République au suffrage universel, des journalistes « modernisateurs » de L’Express (Jean‑Jacques Servan‑Schreiber, Françoise Giroud) et des technocrates du Club Jean‑Moulin tentent, à partir de septembre 1963, d’imposer à la Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO, le parti socialiste de l’époque) la candidature de Gaston Defferre, maire de Marseille grâce à une coalition municipale socialo‑centriste. Ils espèrent ainsi ressusciter un rassemblement de « troisième force » susceptible d’endiguer la tentation montante d’une alliance entre la SFIO et le Parti communiste français (PCF). Le projet échoue. Profitant du vide ainsi créé, François Mitterrand devient le candidat de la gauche unie dès le premier tour de l’élection présidentielle de décembre 1965. Il obtient alors 32,24 % des suffrages, contre 42,72 % au général de Gaulle, lequel est réélu.

 

En 1 969, le maire de Marseille se présente à l’élection présidentielle suivante, avec le soutien de Pierre Mendès France, dont il a promis de faire son premier ministre en cas de victoire. La modernisation idéologique et la « rigueur » financière sont une nouvelle fois à l’ordre du jour : « On les voit tous les deux, raconte un observateur, assis derrière une table comme deux instituteurs assénant des leçons d’économie à grand renfort de statistiques [3]. » Le score obtenu (5,08 % des voix) paraît d’autant plus humiliant que le candidat communiste, Jacques Duclos, 73 ans, plein de faconde, prosoviétique et médiocrement soucieux de gestion orthodoxe, réunit, lui, 21,52 % des suffrages. Créé en 1969, dans le sillage de la déroute de Defferre, le PS fait le choix de l’union de la gauche au congrès d’Epinay en 1971. Cette stratégie le conduit, dix ans plus tard, à la victoire le 10 mai 1981. Et Defferre devient ministre de l’intérieur...

La question des alliances se pose de nouveau à partir de 1984, quand les communistes quittent le gouvernement. Le PS, qui détient la majorité des sièges à l’Assemblée nationale entre 1981 et 1986, est devenu hégémonique à gauche. Mais, l’année précédente, le « tournant de la rigueur » a eu lieu, rapprochant, sur le fond, socialistes et centristes. En juin 1984, l’éditorialiste de centre droit Alain Duhamel peut féliciter le chef de l’Etat du chemin parcouru : « De 1981 à 1984, François Mitterrand a effectué un impeccable quart de tour à droite idéologique [4]. »

 

Quelques semaine plus tôt, le sociologue Alain Touraine, intellectuel marquant de la « deuxième gauche » [5],faisait lui aussi part de sa satisfaction : « Le mérite de notre gouvernement sera de nous avoir débarrassés de l’idéologie socialiste. (...) Ce n’est pas l’alliance socialo‑communiste qui transformera la France, c’est l’alliance de la gauche modernisatrice et soucieuse de justice sociale avec le courant libéral innovateur et ouvert sur la concurrence internationale [6]. » Jugement avisé ? Le 17 juin 1984, à l’occasion des élections européennes, le PS n’obtient que 20,75 % des voix ; son partenaire communiste à peine plus de la moitié (11,20 %). En revanche, la droite triomphe avec 43,02 %, et le Front national, inexistant trois ans plus tôt, accède sans coup férir au rang de formation importante (10,95 %).

 

En mai 1988, au terme de deux années de cohabitation tendue avec un gouvernement de droite dont il exploite les outrances libérales et autoritaires, Mitterrand est réélu à l’Elysée. M. Michel Rocard, qui devient son premier ministre, nomme dans son équipe d’« ouverture » ‑ c’est le terme alors consacré ‑ M. Bernard Kouchner, populaire dans les sondages mais incapable de se faire élire député quel que soit l’endroit où on le parachute, ainsi que plusieurs personnalités de centre droit (MM. Jean‑Pierre Soisson, Olivier Stirn, Michel Durafour) qui avaient participé, sous le septennat de M. Valéry Giscard d’Estaing (1974-1981), aux gouvernements dirigés par MM. Jacques Chirac et Raymond Barre.

 

Dans ses Mémoires, M. Pierre Mauroy, premier secrétaire du PS en 1988, est revenu sur ce moment politique « Pour un peu, la victoire du 8 mai [1988] n’aurait signalé que le renoncement des socialistes à leurs propres valeurs. (...) Le PCF voyait dans l’ouverture la résurgence de la "troisième force" dont il dénonçait la tentation depuis tant d’années. Il m’était très difficile de lui donner entièrement tort tant les conditions de cette ouverture restaient floues et, à bien des égards, inexplicables [7]. » A Matignon, M. Rocard mène une politique contestée dans son propre camp. En septembre 1989, le ministre de l’équipement et des transports, M. Michel Delebarre, estime, par exemple, que les socialistes auraient tort de gouverner « pour se faire attribuer dans quelques mois, ou dans quelques années, une médaille de bonne gestion sur les critères de la droite [8] ».

Renvoyé de Matignon en 1991, M. Rocard recommande, le 17 février 1993, un « big bang politique » à l’occasion d’un discours prononcé à Montlouis‑sur-Loire. L’ancien premier ministre invite ses camarades à abandonner un « discours monolithique », leurs « rites » de « société close », une « conception du monde tout entière basée sur des rapports de production, sur des rapports de classe ». Débordant de ce diagnostic sévère, il préconise un « vaste mouvement, ouvert et moderne » s’étendant « à tout ce que l’écologie compte de réformateurs, tout ce que le centrisme compte de fidèles à une tradition sociale, tout ce que le communisme compte de véritables rénovateurs, et à tout ce que les droits de l’homme comptent aujourd’hui de militants actifs et généreux ».

 

L’ensemble débouche sur un vibrant appel : « voter pour nos candidats le 21 mars 1993, ce ne sera plus voter pour le PS d’hier, ce sera donner sa chance à la renaissance de demain. » Quelques mois plus tard, bien que M. Rocard ait perdu son siège de député, comme les quatre cinquièmes des parlementaires de son parti, il devient premier secrétaire du PS. Il conduit à ce titre la liste de celui‑ci aux élections européennes de juin 1994. Son score (14,54 %) fut le plus mauvais jamais réalisé par les socialistes à un tel scrutin.

 

La modernisation de la gauche sous forme d’« ouverture » ou d’oeillades au centre n’est donc pas, on le voit, une idée tout à fait neuve... Et ses résultats ne furent pas non plus toujours probants. Pourtant, les médias et nombre d’intellectuels (médiatisés) n’ont cessé d’exiger du PS qu’à l’instar de la socialdémocratie allemande, en 1959, lors de son congrès de Bad Godesberg, il opère lui aussi son aggiornamento.

 

Il y a dix‑sept ans déjà, M. Henri Emmanuelli, l’un des dirigeants de l’aile gauche du PS, répliquait avec agacement à cette sommation monotone : « Nous avons fait notre Bad Godesberg. Nous l’avons fait le 23 mars 1983 à 11 heures du matin. Le jour où nous avons décidé d’ouvrir les frontières et de ne pas sortir du SME [système monétaire européen], nous avons choisi une économie de marché [9]. »

 

Soit, objecte‑t‑on alors : le problème ne tient pas tant aux politiques conduites par le PS depuis 1983 ‑ dont il semble en effet difficile de contester le caractère modéré, voire néolibéral ‑ qu’à un discours « radical » qui persisterait en dépit de la réalité et de ses « contraintes ». Mais, depuis son congrès de l’arche de la Défense, en décembre 1991, le PS a formellement abjuré son ambition révolutionnaire d’autrefois et, du même pas,théorisé son ralliement à l’économie de marché : « Nous avons changé. (...) Oui, nous pensons que l’économie de marché constitue le moyen de production et d’échange le plus efficace. Non, nous ne croyons plus à une rupture avec le capitalisme. (...) Nous sommes conscients que le capitalisme borne notre horizon, pour la décennie à venir et sans doute pour bien longtemps encore. Mais nous sommes également décidés à en corriger les excès », expliquait M. Mauroy, alors premier secrétaire du PS, dans sa préface au nouveau manifeste de son parti [10].

Ainsi, même dans les textes, le PS affiche une identité doctrinale réformiste depuis au moins quinze ans. Il faut dorénavant avoir bonne mémoire pour se souvenir de « changer la vie », la formule empruntée au poète Arthur Rimbaud qui résumait le projet socialiste de 1971. Et pour retrouver un PS qui évoquait l’« idée toujours neuve d’une société sans classes » et rendait hommage à ses militants, « armée de volontaires mobilisés contre la fatalité de l’histoire et qui avancent, la tête pleine des révolutions qui ,font pencher le monde du côté de la liberté [11] ».

 

Au demeurant, loin d’avoir été seulement victime d’une révolution conservatrice, le PS s’en est fait l’instrument. « Les glorieuses années 1980, rappelle par exemple l’économiste Frédéric Lordon, ont été celles de la grande conversion économique. 1983 : le tournant de la rigueur et sa parenthèse jamais refermée ; 1984 : la nouvelle vocation des entreprises nationalisées , c’est de faire du profit comme les autres ‑ c’est‑à‑dire de finir privatisées ; 1986 : l’Acte unique ‑ l’Europe sera un grand marché ou ne sera rien ; quant aux Etats, ils se soumettront au droit européen de la concurrence libre et non distordue ; 1986 encore : la déréglementation financière ‑ c’est la Bourse, donc c’est moderne et vivifiant. » Les années 1990 ont prolongé un tel bilan, « de la monnaie unique façon Delors à l’actionnariat salarié façon Fabius, en passant par les privatisations Jospin et les stock‑options Strauss‑Kahn [12] ».

 

Parfois, cette orientation a rencontré des résistances. Quand, par exemple, une brochette d’intellectuels et d’essayistes déjà partisans d’une orientation « réaliste » ‑ voire libérale (Pierre Rosanvallon, Alain Minc, Alain Touraine, Jacques Julliard, Laurent Joffrin) se retrouvèrent, en novembre-décembre 1995, pour célébrer le plan Juppé et fustiger les grévistes [13]. Plutôt qu’un défaut de « pédagogie » de la part de ces penseurs et publicistes à qui les dirigeants du PS ont toujours fait les yeux de Chimène, M. Rocard a préféré incriminer les mauvaises dispositions des élèves qu’ils s’efforçaient d’instruire : « Notre projet historique est de promouvoir la libre entreprise. Mais ce n’est pas facile, parce que nous devons faire ça avec un peuple qui n’a pas de culture économique [14]. »

 

Longtemps, la gauche a eu des principes forts ; on lui propose de les troquer pour des valeurs floues. Au risque de déporter son imaginaire vers le centre... voire au‑delà. Lors de la dernière campagne présidentielle, Mme Royal a promis de « réhabiliter la valeur travail », de faire des Français un « peuple d’entrepreneurs », de réfléchir à des « fonds de pension collectifs » destinés à financer les retraites, elle a fustigé l’« assistanat » et l’« idéologie punitive du profit ». Un tel esprit d’« ouverture » aurait dû séduire les commentateurs. Mais, pour qui prescrit les limites du « politiquement pensable », ce genre de bonne volonté ne va jamais assez loin. Comme si le dessein inavoué était de profiter de chacun des revers de la gauche pour la défaire un peu plus ‑ son unité, ses utopies, ses ambitions.

[1] Cf. Henri Maler et Grégory Rzepski, « Le sacre du printemps ou le banquet des éditorialistes »

[2] Le Point, Paris, 26 avril 2007.

[3] François Stasse, cité par Eric Roussel, Pierre Mendès France, Gallimard, Paris, 2007, p. 500.

[4] Le Monde, 12 juin 1984.

[5] Lors du congrès de Nantes du PS (juin 1977), M. Michel Rocard a estimé que la gauche française avait été, à travers l’histoire, constitutée de « deux cultures » : l’une « jacobine, centralisatrice, étatique, nationaliste et protectionniste » ; l’autre, la sienne, la « deuxième gauche », « régionaliste, décentralisatrice, méfiante devant les réglementations et soucieuse d’expérimentations ».

[6] Le Nouvel Observateur Paris, 11 mai 1984.

[7] Pierre Mauroy, Mémoires, Plon, Paris, p.339‑340

[8] Le Monde, 3 septembre 1989.

[9] Emission « Objections », France Inter, 9 février 1990. Cité dans Serge Halimi Quand Ia gauche essayait, Arléa, Paris, 2000, p. 364.

[10] Un nouvel horizon, Projet socialiste pour la France, Gallimard, Paris, Paris, 1992, p. 11.

[11] Parti socialiste, Projet socialiste : pour la France des années 80, Club socialiste du livre, Paris, 1980, p. 9.

[12] Frédéric Lordon, « La compulsion de répétition », Oulala.net, 5 mai 2007.

[13] Lire Philippe Videlier, « Des intellectuel, sonnants et trébuchants », Le Monde diplomatique janvier 1996.

[14] Newsweek, New York, 16 juin 1997.


- Logo : Philippe Berry "L’équilibre des éléphants" (1999).
- * Respectivement coanimateur d’Action-Critique-Médias (ACRIMED et chercheur en sciences sociales.

A voir aussi : Le Monde Diplomatique

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2 juin 2007 6 02 /06 /juin /2007 08:58
Bambi, elle est noire mais elle est belle…
Bambi01.jpg
de et par Maimouna Gueye
en ce moment à Gonesse - Contact direction de l'action culturelle : 01 39 87 70 46


Contact diffusion tournée 2006-2007/2007-2008 :
Scène 2 / Séverine Liebaut 01 40 53 92 41 ou 06 15 01 14 75 – scene2@acteun.com

Coproduction Scène 2 - Le TARMAC de la Villette
Cette œuvre a bénéficié de l’aide à la production et à la diffusion du fonds SACD

« C’est le cadeau que mon fils nous a rapporté d’Afrique. Elle est noire mais elle est belle »... ainsi parle Marie-France Séguin, la belle-mère française de Bambi.

Bambi la Sénégalaise a quitté l’Afrique pour suivre Antoine et, de maladresses en malveillances, d’humiliations en déconvenues amoureuses, découvre, sous le regard de l’autre, la douleur de la solitude et de l’exil.

Bambi raconte comment elle doit faire face, avec bonne figure, à la commisération, la bêtise et les insultes, à peine dissimulées derrière une compassion mal pensante. Comment la Belle doit remiser ses rêves et ses attentes lorsque le Prince n’a plus de manières et que ses charmes ont perdu leurs attraits...

Bambi se réfugie alors au creux de sa mémoire, revient aux premières douleurs, aux souvenirs de l’enfance, au père disparu, aux vexations perverses de l’instituteur, au viol.

Bambi, fragile de naissance, mais forte d’expérience, cherche alors avec des mots et des cris, crus et drus, à vaincre la douleur, assumer la rupture et partir sur les traces, les amours et les plaisirs d’un destin qu’elle pourra enfin choisir.

Bambi, pour raconter les mirages du rêve d’ailleurs et les revers brutaux de la rencontre avec une société désenchantée.

Maïmouna Gueye, seule en scène, poursuit l’intimité de sa quête, se jouant des pièges de l’intégration, pour parvenir à l’évidence : « me voici aujourd’hui, simplement moi. Je suis. »

Bernard Magnier

Maïmouna Gueye
COMÈDIENNE ET AUTEUR

BAMBIPhotoEric-Legrand-19.jpg«  Bambi, elle est noire mais elle est belle, c’est tout d’abord un rendez vous donné au public lors de mon premier spectacle, Les souvenirs de la dame en noire afin de leur raconter une suite, une prochaine fois ; mais plus personnellement c’est aussi l’occasion de répondre à un besoin d’universalité, étant donné que le premier spectacle parlait plus de l’Afrique (excision, mariage arrangé etc…).

Ici, en abordant la question de l’intégration, le passage d’une culture à une autre, je souhaite élargir mon propos, rendre compte d’une aventure humaine qui nous concerne tous.

Le théâtre est sûrement l’endroit approprié pour poser les questions de l’intégration, de l’amour et de la différence. J’espère que la comédienne que je suis s’effacera pour mieux servir l’auteur que j’ai été, afin de rendre au texte sa résonance universelle. »

Comédienne née au Sénégal, formée au conservatoire d’art dramatique d’Avignon, elle crée son premier spectacle en temps qu’auteur et interprète avec « Les souvenirs de la dame en  noir » au T.I.L.F de la Villette, puis tournée en  France et Belgique.
« Un rendez-vous incontournable, qui résonne avec la force de conviction du témoignage. »  Libération.  « C’est émouvant, hardi, tantôt drôle et terriblement acide. Chapeau ! » Le Journal du Dimanche. « Une voix de femme tendre et féroce. » L’Express. « Maïmouna Gueye prend une parole brûlante, contemporaine et féminine, à l’occasion de sa première pièce. » Politis.  
Elle jouera également dans Les monologues du vagin d’Isabelle Rattier, Hecatombeon de Mateï Visniec, Les Baigneuses de Daniel Lemahieu et au cinéma : Touristes Ho Yes de Jean Pierre Mocky (rôle principal féminin) et Gomez et tavares de Gilles Paquet-Brenner.


Parc de la Villette
211 avenue Jean Jaurès – 75019 Paris
Réservations : 01 40 03 93 95
Administration : 01 40 03 93 90
Fax : 01 42 39 14 77
www.letarmac.fr
contact@letarmac.fr

Scène 2
Adresse postale : 8 avenue Gourgaud - Paris 75017
Siège social : 71, bd Gouvion St-Cyr - 75017 Paris
SARL    -   RCS Paris B 479 766 941
N° TVA intracom. : FR91479766941
Licence n° 7500864
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Tél./fax :         0033 1 40 53 92 41
Mail :            scene2@acteun.com

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1 juin 2007 5 01 /06 /juin /2007 11:16
sebaoundsk.jpg
Faut voter Sébaoun quoi !

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31 mai 2007 4 31 /05 /mai /2007 09:26
Point presse du PS par Benoît Hamon
WebTV du PS, mercredi 30 mai 2007 | 30 mai 2007

Le député européen est revenu lors du point presse quotidien de campagne sur l'annonce par Nicolas Sarkozy d'une déduction fiscale pour les emprunts immobiliers en cours en vue de l'achat d'une résidence principale, lors de son discours au Havre, le 29 mai : "une nouvelle démonstration de la politique inégalitaire du gouvernement". Benoît Hamon a, par ailleurs, commenté la situation de Lagardère, actionnaire du groupe EADS, soupçonné de délit d'initié.

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30 mai 2007 3 30 /05 /mai /2007 10:46

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30 mai 2007 3 30 /05 /mai /2007 10:28
Henri Emmanuelli invité du Grand Jury
RTL/LCI/Le Figaro | 30 mai 2007

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Le député socialiste accuse le gouvernement de préparer des "cadeaux fiscaux à certaines catégories privilégiées". Il exhorte le PS au rassemblement. Le député socialiste Henri Emmanuelli a accusé dimanche 27 mai le gouvernement de préparer "des cadeaux fiscaux à certaines catégories privilégiées", par des mesures qui selon lui n’apporteront rien à la croissance.

 

Les vidéos de l’émission :

- Partie 1 :

- Partie 2 :

- Partie 3 :

"On est dans une fiscalité d’opportunité en faveur de certaines catégories", mais "cela ne sera pas favorable à la croissance", a-t-il déclaré à propos du projet de détaxer les heures supplémentaires, lors de l’émission Le Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI.

 

Interrogé sur le projet de déduction fiscale des intérêts d’emprunts immobiliers pour les résidences principales, Henri Emmanuelli a jugé que cette mesure allait "diminuer l’impôt progressif".

 

Croissance/dette

 

"Je ne pense pas qu’elle sera favorable à la croissance", a-t-il ajouté. Le gouvernement ne pourra pas faire reculer les déficits et diminuer la dette, car "il va faire des cadeaux fiscaux à certains catégories privilégiées, qui vont diminuer ses recettes", a-t-il dit.

 

Cette orientation du gouvernement de François Fillon se situe selon lui dans la "bonne vieille tradition conservatrice : donnons un peu plus d’argent aux riches, et ils vont fabriquer de l’activité. Et bien non, ils vont fabriquer de l’épargne."

 

Rassembler

 

Henri Emmanuelli a également appelé le Parti socialiste "à se rassembler" autour du premier secrétaire pour les législatives, rappelant à ceux qui envisageraient de prendre la succession de François Hollande que "le leader de ce parti de la gauche sera celui ou celle qui arrivera à rassembler les progressistes".

 

"Quand on se bat, c’est pour gagner", a expliqué le député socialiste des Landes. "Si les rapports de force rendent la victoire" aux législatives "peu probable, l’objectif c’est d’occuper un maximum de terrain pour en laisser un minimum à l’adversaire, à la fois pour résister mais aussi pour préparer la bataille suivante".

 

"Finalement, ni les projets des socialistes, ni le pacte présidentiel n’ont été agrées par les Français", a par ailleurs noté le député des Landes. "Donc, leur représenter une deuxième fois ce qu’ils n’ont pas voulu une première fois ne serait pas tout à fait adéquat".

 

Trop de choses

 

Selon lui, "il y avait dans le projet socialiste beaucoup de choses, peut-être trop, ce qui fait que l’on n’a pas vu l’ossature, on n’a pas vu émerger les parties les plus saillantes celles qui pouvaient être les plus attractives".

 

"Le spectacle qui a été offert" par le Parti socialiste depuis l’échec de Ségolène Royal "n’était pas tout à fait convenable, il était même inopportun par moment", a aussi jugé Henri Emmanuelli soulignant que "les défaites sont des moments de cruelles vérités".

 

Maintenant que "la mer se retire, on voit émerger les épaves", a-t-il observé. Et de filer la métaphore : "on voit les crabes sortir des trous (...) Le spectacle qu’on a eu sous les yeux n’était pas toujours à la hauteur de l’événement".

 

Leadership

 

"Nous devons être tous rassemblés autour du Premier secrétaire, que ce soit les membres du bureau, que ce soit les élus, que ce soit la candidate pour essayer de gagner cette bataille", a tonné Henri Emmanuelli. "La recherche de leadership à la veille d’une bataille me paraît quelque chose de ’bizarroïde’".

 

"La tradition de la gauche ce n’est pas d’être à la recherche du chef qui va le sauver. La tradition de la gauche, c’est le rassemblement, c’est la réflexion collective", a affirmé l’ancien Premier secrétaire du PS. "Sera leader de ce parti de la gauche, celui ou celle qui arrivera à rassembler les progressistes. Tout le reste c’est de la littérature de circonstance", a-t-il conclu. (AP)

 

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29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 14:22
Pour une fois je suis d'accord avec lui, en espérant qu'il ne se produise plus dans des émissions de saltimbanques où le manque de sérieux et surtout la démagogie l'emportent sur le divertissement et la responsabilité.
FRED

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29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 11:28

Le gouvernement négocie avec le PQ 
Québec - lundi 28 mai 2007 

charestsouffle.jpgCoincé, le gouvernement libéral de Jean Charest a entrepris des discussions avec le Parti québécois pour éviter le déclenchement d'une élection générale si son budget est rejeté par l'Assemblée nationale vendredi. 

«Je ne veux pas retourner en élection et les Québécois ne veulent pas retourner en élection», a déclaré le Premier ministre au cours d'une des nombreuses entrevues télévisées qu'il a accordées en soirée.
Les ministres de la Santé et de l'Education, Philippe Couillard et Michelle Courchesne, rencontreront mardi leurs vis-à-vis péquistes Bernard Drainville, député de Marie-Victorin, et Diane Lemieux, députée de Bourget, afin de réaménager le budget pour satisfaire le Parti québécois, qui a annoncé son intention de voter contre le budget déposé la semaine dernière.

Le PQ demande que le gouvernement libéral investisse davantage dans les soins à domicile, les régions-ressources, l'aide aux personnes âgées et les élèves en difficulté, mais le parti devient évasif quand on lui demande de préciser le montant de ses demandes.

«Il faudrait que le PQ soit beaucoup plus précis» et qu'il «exprime un peu plus clairement ce qu'il veut», notamment sur le plan des mesures économiques, a indiqué le ministre du Développement économique, Raymond Bachand, en rappelant que le budget comportait déjà une stratégie économique de 825 millions $.
«C'est quoi leur vrai agenda ?», s'est-il demandé, au cours d'un entretien téléphonique, en parlant des élus péquistes, et en laissant entendre que les querelles autour du budget n'étaient qu'un prétexte pour «provoquer des élections».

De son côté, le Premier ministre a déclaré être ouvert aux négociations avec le PQ, mais qu'il n'était pas question de toucher aux 950 millions $ promis pour les baisses d'impôt.
«On peut avoir des discussions avec le Parti québécois sur les domaines où ils voudraient qu'on coupe, mais il n'est pas question de toucher aux baisses d'impôt, a déclaré M. Charest. On veut une économie compétitive (...) et on veut que la classe moyenne puisse recevoir aussi un peu d'aide

Si le gouvernement libéral minoritaire n'obtient pas l'appui d'un des 2 partis d'opposition, il sera défait lorsque le budget sera soumis à l'approbation de l'Assemblée nationale, vendredi prochain. Il ne resterait alors que 2 possibilités : le déclenchement d'une élection générale ou une initiative surprise du lieutenant-gouverneur d'appeler le chef de l'Action démocratique, Mario Dumont, pour lui demander de former un nouveau gouvernement.

Le chef intérimaire du Parti québécois, François Gendron, a indiqué que cette rencontre permettra de constater le degré d'ouverture du gouvernement Charest.

L'attaché de presse du Premier ministre, Hugo D'Amours, a précisé de son côté que le gouvernement n'avait pas l'intention de dénaturer son budget, ni de reculer sur sa promesse de baisse d'impôt de 950 millions $.

Le ton du gouvernement a changé radicalement entre vendredi et lundi. Vendredi, le Premier ministre Charest et les membres de son cabinet clamaient que le gouvernement avait fait tous les compromis et toutes les concessions possibles, et soutenaient que les demandes de l'opposition avaient été prises en compte. Lundi, on se disait prêt à des accommodements.
«Un gouvernement responsable est toujours à l'écoute de la population», a déclaré pour sa part le ministre de la Santé, Philippe Couillard, pour expliquer le changement d'attitude.
«On verra ce qu'il est possible de faire pour répondre aux requêtes et aux demandes du Parti québécois», a-t-il ajouté.

2 éléments influencent directement ces pourparlers entre le gouvernement libéral et l'opposition péquiste.
D'une part, le Parti québécois veut éviter que, pour satisfaire les demandes péquistes, Jean Charest coupe dans d'autres secteurs de l'administration ou augmente certains tarifs pour les services publics.
«Il serait facile alors pour les libéraux de dire que ces coupes de services ou ces hausses de tarifs sont attribuables au Parti québécois», a expliqué un stratège de l'aile parlementaire péquiste. Le Parti québécois veut donc savoir exactement d'où proviendra l'argent qui satisfera ses exigences pour de meilleurs soins à domicile ou pour aider les élèves en difficulté.

Autre donnée majeure : un récent sondage Léger Marketing-Le Devoir, publié lundi, montre que les libéraux sont relégués au 3ème rang dans les intentions de vote des Québécois.
Selon ce sondage, l'Action démocratique recueille 33% des intentions de vote, contre 30% au Parti québécois et seulement 28% pour le Parti libéral.
Chez les francophones, le PLQ est loin en 3ème place, ce qui indique que les libéraux seraient balayés presque partout au Québec sauf dans les châteaux forts anglophones de l'Ouest de Montréal.
Le même sondage indique également que les Québécois rejettent à 70% les baisses d'impôt annoncées dans le dernier budget de la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget.
Ces données affaiblissent la position de négociation du gouvernement libéral.

Le Bloc creuse l'écart

Alec Castonguay - Le Devoir du mardi 29 mai 2007

Ottawa -- La volte-face surprise du chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, qui a changé d'avis sur son avenir politique en 24h le 12 mai dernier, n'a pas érodé la confiance que les Québécois ont en lui. Au contraire, depuis quelques semaines, le parti souverainiste à Ottawa a même accentué son avance sur le Parti conservateur dans les intentions de vote au Québec. C'est ce qui se dégage du volet fédéral du sondage Léger Marketing-Le Devoir. Par contre, le potentiel de croissance des votes est beaucoup plus fort chez les conservateurs, puisque 56% des répondants affirment être satisfaits du gouvernement Harper, une donnée importante.

Si une élection avait eu lieu sur la scène fédérale entre le 23 et le 26 mai, le Bloc québécois aurait récolté la faveur de 36% des répondants québécois (après répartition des indécis). C'est une progression de 2% depuis le dernier sondage de la firme Léger Marketing paru le 16 avril dernier. Le Parti conservateur, de son côté, revient à 28%, après un bond à 34% en avril, quelques jours après le dépôt du budget fédéral. «Ce n'est pas une baisse du Parti conservateur, mais un retour à la normale. Ses intentions de vote tournent habituellement autour de 26 à 28% depuis un bon moment au Québec», souligne Jean-Marc Léger, président de la firme Léger Marketing.

Pour le Parti libéral du Canada, les intentions de vote ne décollent toujours pas. La formation de Stéphane Dion est maintenant talonnée par le NPD dans la province. Ainsi, à peine 17% des 1001 répondants voteraient pour le PLC, contre 13% pour le NPD. Il s'agit d'une baisse de 2% pour les libéraux et d'une hausse de 4% pour les néo-démocrates depuis le 16 avril. Le Parti vert d'Elizabeth May récolte 5%.

Chez les électeurs francophones qui décident du sort des politiciens dans une 50ne de circonscriptions au Québec (sur 75), le portrait est encore plus sombre pour les libéraux fédéraux. À peine 13% des francophones voteraient pour Stéphane Dion. C'est un point de moins que le NPD (14%). Le Bloc québécois est solidement en avance chez les Québécois francophones, avec 40 %, contre 26 % pour le Parti conservateur.
«La marque libérale est ternie au Québec depuis le scandale des commandites. 13 %, c'est extrêmement faible. Même chez les non-francophones, le PLC est devancé par le Parti conservateur (31% contre 35%), ce qui est unique», explique Jean-Marc Léger. Un tel résultat ne permettrait pas au PLC d'augmenter le nombre de sièges qu'il est allé chercher au Québec à la dernière élection (le PLC en a obtenu 13, le Bloc 51 et le PC 10).

Selon Jean-Marc Léger, les intentions de vote montrent que les Québécois ont facilement pardonné à Gilles Duceppe sa valse-hésitation entre le PQ et le Bloc il y a un peu plus de 2 semaines. Mais pour être bien certain, Léger Marketing a demandé aux électeurs en quel chef politique ils avaient le plus confiance. Encore là, Gilles Duceppe arrive en tête (30%), devant Stephen Harper (28%), Jack Layton (16%) et Stéphane Dion (13%). Elizabeth May, peu connue au Québec, récolte 2%.
Les francophones font davantage confiance à Gilles Duceppe (35%) devant Stephen Harper (26%), alors que chez les non-francophones, Harper est fortement en avance. Pas moins de 38% des répondants allophones lui font le plus confiance, devant Stéphane Dion (21%), Jack Layton (15%) et Gilles Duceppe (8%).
«Gilles Duceppe n'a pas perdu de point [personnel] ni d'intentions de vote malgré ses difficultés. Sa crédibilité n'est pas atteinte. L'indicateur de confiance n'a pas bougé», affirme Jean-Marc Léger.

Par contre, le potentiel de croissance de la formation souverainiste est faible, dit le sondeur. «L'appui à la souveraineté du Québec est présentement à 39 %, soit son plus faible résultat depuis 2002. Or c'est à peine 3% de plus que les intentions de vote du Bloc, ce qui n'est pas bon signe», dit le président de Léger Marketing.

Les meilleures perspectives d'avenir sur la scène fédérale au Québec se trouvent du côté des conservateurs, juge Jean-Marc Léger. Le gouvernement Harper reçoit en effet un taux de satisfaction de 56% dans la province, alors que 40% des citoyens sont insatisfaits de ses actions. «Dans les pays occidentaux, c'est très rare maintenant que les gens soient majoritairement satisfaits d'un gouvernement. Les électeurs sont de plus en plus critiques. Il y a 2 fois plus de gens satisfaits du gouvernement que de gens prêts à voter pour Stephen Harper. Il y a là un potentiel de croissance beaucoup plus élevé que dans tout autre parti fédéral», dit-il.
Mais, visiblement, le Premier ministre fédéral ne suscite toujours pas d'engouement chez plusieurs électeurs. «Les citoyens respectent Harper, mais ils ne l'aiment pas encore. La connexion émotive n'est pas faite. Sauf que le taux de satisfaction montre que les gens cherchent des raisons de voter pour lui, sans toutefois les avoir trouvées pour l'instant», dit Jean-Marc Léger.

Selon lui, le portrait général de la situation montre que les courses à 3 pourraient être nombreuses au Québec lors du prochain scrutin fédéral. Une division du vote fédéraliste, notamment entre les conservateurs et les libéraux, pourrait avantager le Bloc québécois, dit-il. «Mais ça devient très imprévisible les courses à 3», précise toutefois le sondeur. Le coup de sonde a été réalisé par téléphone entre le 23 et le 26 mai auprès de 1001 personnes. La marge d'erreur est de 3,1% 19 fois sur 20.

 

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29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 10:17
Amir Péretz évincé de la direction du Parti travailliste israélien

e Parti travailliste israélien a infligé, lundi 28 mai, un camouflet à son chef Amir Péretz, battu par ses 2 rivaux, l'ex-premier ministre Ehoud Barak et l'ancien chef du Shin Beth (service de sécurité intérieure) Ami Ayalon, lors du premier tour de scrutin pour la direction de la formation.

Selon les résultats rendus publics par la commission électorale après le dépouillement de 99,7 % des suffrages exprimés, Ehoud Barak a obtenu 35,7% des suffrages des 103 000 membres du parti, devançant Ami Ayalon (30,7%) et Amir Péretz avec 22,3%. Ni M. Barak ni M. Ayalon n'ayant franchi la barre des 40% des suffrages exprimés, un deuxième tour de scrutin aura lieu le 12 juin.

La défaite de M. Péretz, actuel ministre de la défense du gouvernement Olmert, est attribuée par les commentateurs au rapport Winograd, publié le 30 avril, sur les ratés de la guerre au Liban de l'été 2006. La commission d'enquête y pointait son manque d'expérience militaire.

Ce scrutin au sein du Parti travailliste, un pilier de la coalition au pouvoir en Israël, pourrait décider du sort du gouvernement du Premier ministre Ehoud Olmert. Ehoud Barak comme Ami Ayalon l'ont appelé à démissionner après la publication du rapport de la commission d'enquête accablant sa gestion de la guerre au Liban contre le mouvement chi'ite Hezbollah. En cas de victoire, M. Ayalon a menacé de quitter la coalition gouvernementale si M. Olmert se maintenait à son poste, alors que M. Barak, qui aspire à devenir le prochain ministre de la défense, a affirmé qu'il pourrait assumer ce poste "à titre provisoire" dans un gouvernement dirigé par M.Olmert.

Sans le soutien des 19 élus travaillistes, M. Olmert, chef de Kadima, parti centriste, se retrouverait privé d'une majorité au Parlement (120 sièges) et serait obligé soit de démissionner, soit de remanier son cabinet, soit d'opter pour des élections anticipées. La législature actuelle s'achève en 2010.

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