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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise.
Je suis membre du bureau fédéral du Val-d'Oise du Parti Socialiste et suppléant au Conseil National du Parti Socialiste.
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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 17:21
Le LKP refuse d'assister aux états généraux de l'outre-mer
LEMONDE.FR avec AFP | 06.04.09 | 08h23  •  Mis à jour le 06.04.09 | 13h53

Alain Plaisir, un des responsables du LKP, annonce sur le site 20 Minutes que e LKP, collectif qui a mené quarante-quatre jours de grève contre "la vie chère" en Guadeloupe, a annoncé, lundi 6 avril, son refus de participer aux états généraux de l'outre-mer convoqués par le président Nicolas Sarkozy lors de la crise aux Antilles, affirmant que "tout est est décidé". Alain Plaisir, un des dirigeants de la formation, a annoncé sur le site 20 Minutes que "le LKP, et a fortiori Elie Domota, le leader charismatique du mouvement à l'origine des quarante-quatre jours de grève générale en Guadeloupe, ne participera pas aux états généraux de l'outre-mer". Ces états généraux, annoncés par le chef de l'Etat pendant la crise sociale aux Antilles, doivent commencer par des ateliers locaux à partir du 15 avril.

Yves Jégo a déploré que le LKP ait choisi la voie de "la marginalisation". "Le LKP avait deux choix à la sortie des manifestations, soit de rentrer dans la concertation (...) soit la marginalisation. Ils ont choisi d'être dans la marginalisation. Je pense que les Guadeloupéens ne sont pas très satisfaits de cette position parce qu'ils attendaient que le LKP soit aussi force de propositions", a déclaré le secrétaire d'Etat à l'outre-mer sur France 2.

Les principales centrales syndicales devraient également boycotter ces états généraux. L'UGTG, dont Elie Domota est secrétaire général, a fait savoir qu'elle n'y participerait pas, affirmant que la problématique lui semble "artificielle" par rapport aux "attentes sociales du peuple guadeloupéen". Elie Domota est par ailleurs le porte-parole du Liyannaj kont pwofitasyon (LKP, collectif contre l'exploitation) regroupant (à l'exception de la CGC) l'ensemble des confédérations et centrales syndicales représentées en Guadeloupe.

La CGTG (19,83% aux prud'homales) avait également décidé, lors de son congrès il y a une semaine, de ne pas prendre part aux états généraux. Une décision similaire a été adoptée cette semaine par la troisième centrale syndicale locale, la CTU (8,57%). Le LKP regroupe quarante-neuf organisations syndicales, politiques et associatives. La plupart, de la CFTC à la FSU en passant par FO, ne se sont pas encore prononcées sur leur éventuelle participation à ces états généraux.

La situation sociale pourrait à nouveau se tendre en Guadeloupe alors que le gouvernement s'apprête à annoncer une extension limitée de l'accord salarial conclu le 5 mars, et devrait notamment en retirer la clause mettant à la charge des employeurs dans trois ans les 200 euros de hausse concédés pour mettre fin à la grève générale.

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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 13:25
Strasbourg : la stratégie policière remise en question

 

Liens:
[1] http://www.lexpress.fr/actualites/2/tension-en-corse-apres-une-nuit-de-violences-a-bastia_751820.html
[2] http://www.rtl.fr/fiche/4198834/michele-alliot-marie-trois-cents-interpellations-en-marge-du-sommet-de-l-otan.html
[3] http://www.europe1.fr/Radio/Videos-podcast/Les-bonus-video/Claude-Gueant-Ce-qui-s-est-passe-a-Strasbourg-est-inacceptable-
[4] http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/politique/20090405.FAP4749/violents_incidents_a_strasbourg_sarkozy_souhaite_que_le.html
[5] http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/societe/20090405.FAP4792/violents_incidents_a_strasbourg.html
[6] http://www.france-info.com/spip.php?article274977&theme=14&sous_theme=20
[7] http://maps.google.fr/maps?hl=fr&q=strasbourg port du rhin maps&um=1&ie=UTF-8&split=0&gl=fr&ei=JtTYSZ3yKp7LjAeNl8WWDQ&sa=X&oi=geocode_result&ct=image&resnum=1
[8] http://otan-strasbourg.dna.fr/?Le-recit-de-la-manifestation-en
[9] http://94.23.41.50/spip/
[10] http://www.rue89.com/2009/04/04/a-strasbourg-ca-a-chauffe-dans-la-manif-anti-otan
[11] http://www.rue89.com/2009/04/04/a-strasbourg-ca-a-chauffe-dans-la-manif-anti-otan
[12] http://www.rue89.com/2009/04/05/g20-et-sommet-de-lotan-les-ambiguites-du-nouveau-monde
[13] http://www.rue89.com/explicateur/2009/03/18/ce-que-manifestants-et-policiers-ont-le-droit-de-faire-ou-pas
[14] http://otan-strasbourg.dna.fr/
[15] http://www.dailymotion.com/dna_web
[16] http://94.23.41.50/spip/
[17] http://www.rtl.fr/fiche/4198834/alliot-marie-en-corse-au-chevet-des-membres-des-forces-de-l-ordre-blesses.html

Comment la manif anti-Otan a viré au fiasco

Libération Strasbourg - 06/04/2009

Pont_europe OTAN - Dimanche matin, les habitants du port du Rhin contemplent leurs plaies, amers et écœurés. Enclavés à l'est de l'agglomération de Strasbourg, entre des bassins industriels et le fleuve-frontière, ils ont le sentiment que leur quartier "a été sacrifié" samedi par les autorités, en marge de la manifestation anti-Otan, quand des black blocks, rassemblant des centaines de casseurs, ont dévasté des bâtiments avant d'y mettre le feu. L'ancien poste de douane, la pharmacie, le distributeur de billets et l'hôtel Ibis sont réduits en cendres. Leurs structures calcinées et en partie effondrées attirent les curieux. Les habitants s'interrogent : "Des quartiers entiers de Strasbourg ont été fermés pour le sommet, pourquoi pas celui-là ?" "Il y avait 9 000 policiers en ville, pourquoi ne sont-ils pas intervenus ?" Retour sur les moments clés d'une manifestation qui a viré au fiasco.

Jeudi et vendredi, les cortèges - pacifistes ou d'allure plus menaçante - qui quittent le village autogéré installé au sud de Strasbourg sont refoulés par les forces de l'ordre. Premiers affrontements, 300 interpellations, trois personnes poursuivies au final. "Ce qui se passe conduit à la violence, c'est complètement antidémocratique !" se plaint Perrine, stoppée vendredi par des lacrymogènes, alors qu'elle accompagne une manifestation de clowns. Au village, on s'inquiète quelques heures plus tard d'un possible blocage des cortèges voulant se rendre à la manifestation du lendemain. "Je ne sais même pas si on va pouvoir y aller. Ils nous ont proposé d'aller sur une île, mais ça sent la souricière", indique un militant de Scalp Reflex. La stratégie des autorités, décidées à barrer la route à toute manifestation non autorisée, est appliquée à la lettre et avec efficacité. Mais elle fait grimper la tension chez les anti-Otan.

"We are peaceful"

Samedi matin, un groupe de 300 militants patiente au soleil avant la défilé en direction du quartier du port du Rhin. Assis sur la route, ils font face à un cordon de policiers et attendent l'ouverture du passage vers le point de départ du cortège. "We are peaceful, what are you ?" (Nous sommes pacifistes, et vous ?) crient-ils aux forces de l'ordre. Dans le même temps, les cortèges se mettent en branle depuis le village. Des black blocks, déjà préparés à l'affrontement, leur emboîtent le pas. La foule converge vers le point de blocage, pleine d'interrogations. Les bus de manifestants pourront-ils rejoindre Strasbourg (une dizaine aurait été bloquée, selon le collectif organisateur de la manifestation) ? Pourquoi la police barre-t-elle la route qui mène au point de départ ?

Du côté des autorités et des organisateurs, personne ne prend la parole pour expliquer que les chefs d'Etats ont pris du retard. L'exaspération monte. Les plus pacifistes crient au scandale, pensant à une interdiction de la manifestation. Quand les black blocks arrivent, ils gagnent l'avant et engagent l'affrontement. Ils dépavent une allée de tramway, traversent la foule avec des chariots remplis de projectiles, de citrons et de sérum physiologique pour lutter contre les lacrymogènes. Ils portent des lunettes de piscine ou de ski, certains sont équipés des masques à gaz. Des pierres, des bâtons et au moins deux cocktails Molotov sont lancés contre les forces de l'ordre.

Vers 12 h 30, le passage est soudain libéré. Les black blocks, désormais au premier rang, s'avancent rapidement, parfois rejoints par de jeunes Strasbourgeois. A leur arrivée dans le quartier du port du Rhin, aucun service d'ordre ne les canalise vers le point de rassemblement où des prises de parole sont prévues. Policiers et gendarmes mobiles, omniprésents dans la matinée pour veiller sur les chefs d'Etats, sont désormais totalement absents. Certains manifestants savent déjà que 7 000 militants allemands sont bloqués de l'autre côté du pont de l'Europe.

Rtxdm5a_comp Peu après 13 heures, le poste de douane est attaqué à coups de pavés et incendié. Des hélicoptères survolent la scène, mais personne n'intervient. Pendant près d'une heure et demie, le quartier semble totalement livré aux casseurs, qui mettent le feu à la pharmacie, puis à l'hôtel. Les lacrymogènes ne les dispersent que vers 14 h 20. La foule pacifiste rassemblée à 300 mètres de là est elle aussi bombardée de lacrymogènes. Les black blocks s’y     infiltrent, contournant une chaîne humaine inefficace improvisée dans la précipitation. La manifestation s'ébranle dans la confusion, pour fuir l'assaut policier. Le speaker demande aux personnalités et aux pacifistes de se mettre en tête de cortège. Mais tout le monde se lance en ordre dispersé. Le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) marche au pas de charge, Besancenot en tête, pour doubler le cortège par la droite.

Souricière

Les gens suffoquent et renversent des barrières pour se ménager des passages vers le début du parcours, raccourci des deux tiers par rapport au plan initial et lui aussi totalement improvisé. En à peine une heure, la foule revient près du point de départ, où l'incendie de l'hôtel Ibis fait rage. CRS devant, CRS derrière. Une souricière.

Longtemps, rien ne bouge. Sauf les black blocks. Ils montent deux barricades, l'une avec un stock de palettes, l'autre avec deux wagons poussés en travers de la route. Seuls quelques cortèges (NPA et mouvements libertaires) parviennent à s'organiser pour éviter d'être infiltrés par les casseurs. Ceux-ci remontent vers l'avant de la manifestation, où les forces de l'ordre sont bizarrement retranchées derrière une voie ferrée surélevée, qui offre à la fois un poste d'attaque et une réserve inépuisable de projectiles ramassés sur le ballast. Des manifestants pacifistes sans expérience de ce type de situation tentent de s'interposer. Sans succès. Les CRS répliquent avec des lacrymogènes qui arrosent la tête de cortège, créant un mouvement de panique dans la foule qui cherche à fuir, mains en l'air. Quand le calme revient et que la manifestation se disperse, les bacs à fleurs regorgent de vêtements noirs. D'autres ont été jetés près d'un terrain vague et incendiés. Les black blocks s'en sont séparés pour ne pas se faire interpeller.

Hier soir à 20 heures, seules douze personnes étaient en garde à vue suite aux événements de samedi, dont deux suspectées de l'incendie de l'ancien poste de douane. Au moins quatre d'entre elles devraient être jugées aujourd'hui.

T.C. et Gaël Cogné

Photos copyright DDP/AFP et Reuters/Vincent Kessler

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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 13:04

Les sept conseils de Mister Dean aux socialistes français


Liens:
[1] http://www.mediapart.fr/club/blog/stephane-allies
[2] http://www.mediapart.fr/journal/france/010409/ps-la-longue-marche-des-primaires
[3] http://www.mediapart.fr/club/edition/obamamccain-quelle-amerique/article/050409/les-dessous-de-la-campagne-d-obama-par-howar
[4] http://www.mediapart.fr/journal/france/250109/la-strategie-obama-est-elle-importable-en-france
[5] http://www.huffingtonpost.com/george-lakoff/biconceptualism_b_30396.html
[6] http://partisocialiste.blog.lemonde.fr/2009/03/31/bertrand-delanoe-se-hate-lentement/
[7] http://www.tnova.fr/images/stories/publications/notes/essai01.pdf
[8] http://www.tnova.fr/images/stories/groupes-de-travail/006-mission-us/terranova-rapportmissionus.pdf

Howard Dean prêche l'obamisme aux gauches européennes
Par Patrick Jarreau


Liens:
[1] http://www.tnova.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=570:moderniser-la-vie-politique-innovations-americaines-lecons-pour-le-france&catid=3:essais
[2] http://www.tnova.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=676:from-campaign-to-governance&catid=4:notes
[3] http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jYZp51rwq1EuQSD3BxxxbF4kHkXA
[5] http://www.rue89.com/2009/01/23/barack-obama-stratege-trois-electeurs-sur-quatre-fiches
[6] http://www.renover-maintenant.org/article.php3?id_article=1047
[7] http://www.ilovepolitics.info/Sur-les-pas-d-Obama,-le-renouveau-de-la-gauche-americaine_a1265.html
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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 08:47
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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 07:00
Zeev Sternhell / Why are there no more worthy Zionists?
By Zeev Sternhell - Haaretz 3 avril 2009

The time has come to give Ehud Barak his due. He, more than any of his rivals in the party, represents the traditional path of the Labor Party as the successor to Mapai, that legendary ruling party of bygone days. Like his predecessors, he sees himself as having been designated to rule, rather than having been called on to serve the citizens and do his best to implement an ideology of justice. Barak's conduct is the answer to the big question: Why is there no Zionist left that is worthy of the name?

One reason, of course, can be found in the prolonged and difficult struggle over the land that continues to this day, and leads to nationalist extremism and a magnification of the cult of power that has always been an integral part of the Israeli left.

The second reason is that here, unlike in Europe, there was no historic working class with a militant ideology, whose residual thought patterns remained even after it disappeared in its original form.

In the distant past, "working-class rule" was a code name for rule by the bureaucracy of the Histadrut labor federation, and "socialism" was a myth that was co-opted to conquer the land. From the start, the government was identified with the Histadrut and Mapai. Sixty years after the founding of the state, Labor still clings to power at any price. If partnership with Avigdor Lieberman is not too high a price, then no price is too high.

That is why Labor's situation today is worse than it was after its historic defeat in 1977 and the dramatic change of government that followed. Then, at least, there was still hope. Today even that has gone. Without leadership worthy of the name, without intellectual content, without a foothold in the periphery and among the disadvantaged, alienated from the youth, Labor has lost its purpose.

Over the years, long-time Labor chairman Shimon Peres, with the aid of party leaders, destroyed everything of value. There was never time to delve into problems in depth because the immediate was always more important than the long-term, tomorrow morning's shady deal always took priority over the future.

The symbol of the times was "the stinking maneuver" (hatargil hamasriah, Labor's unsuccessful 1990 attempt to withdraw from the unity government with Likud and form a government with Shas).

The symbol of our times is Peres' defection to Kadima. Barak, Benjamin Ben-Eliezer, Isaac Herzog and their colleagues are all Peres' sons, all cut from the same cloth. The party is not a tool for changing the face of society - a long, complicated process - but rather a horse to be ridden up to the cabinet table, even if that cabinet is dependent on the far right, which in most Western countries would be anathema.

The real problem is that the Israeli left is an artificial, even a false, left. It lacks every one of the instinctive responses that are identified with the natural left - standing with the weak, the oppressed and the working poor against the strong, and against the state itself. The natural left does not accept the injustices and exploitation inherent to capitalism, it is repulsed by the neoconservative term "compassionate conservatism," and even when it does not have an immediate comprehensive alternative it clings by the skin of its teeth to the principles of the welfare state.

In the political arena, the natural left is always suspicious of the government and those in power, of their intentions and their statements. On the other hand, the Israeli left is horrifyingly conformist and lacks courage, and those who do not have courage have no future.

Moreover, a real left thinks that other people also have rights that are worth defending. It is therefore incapable of viewing the destruction in Gaza with indifference, and it is nauseated by the official explanations. In a broader context, had Labor believed that all humans are equal it would not have begun the settlement enterprise the day after the Six-Day War. Had the left genuinely wanted a two-state solution it would have adopted it years ago, and the entire region would look different today.

But the vast majority of the left, from the greatest writers to the elders of the Second Aliyah, the veterans of the Palmach, the "Mapai Young Guard" of Peres and Moshe Dayan, the members of the country's kibbutzim and moshavim, either explicitly supported the occupation of "Greater Israel" or didn't lift a finger to prevent the expansion. The chain was not broken: With Barak as defense minister in the Labor-Kadima government, the settlements continued to grow under the leadership of the Labor Party chairman.

To the left of Labor there has likewise been a fiasco. The farce of a "union" between Meretz and "the new movement" demonstrated the depth of the crisis. The "new people" were not even courageous enough to call themselves "The New Left Movement," much less socialist or social-democratic movement. In the eyes of many, this was an embarrassing move. Some people decided that if the left was on a suicidal path then it would be better for it to be sooner rather than later.
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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 15:30

Israël : Ehoud casse la Barak travailliste

Coalition / vendredi 3 avril par Doug Ireland

Après sa laborieuse constitution, le nouveau gouvernement de coalition du Premier ministre Netanyahu a été investi par la Knesset le 31 mars. Des travaillistes y figurent dont Ehoud Barak.

L’exécrable décision d’Ehoud Barak, chef du Parti travailliste, de rejoindre le gouvernement de coalition de droite du nouveau Premier ministre Benjamin « Bibi » Netanyahu du Likoud et de son allié Avigdor Lieberman, le leader raciste et fascisant du parti d’extrême droite Yisrael Beiteinu, divise les travaillistes. A tel point qu’une scission du parti est maintenant envisageable.

La réunion du comité central des travaillistes convoquée en urgence le 24 mars par Ehoud Barak pour entériner sa décision a été plus que houleuse. Les noms d’oiseaux ont volé et Barak a été accusé de « retourner sa veste », d’« incarner le mal », d’« immense cynisme » et de « trahison ». Et s’il a pu faire adhérer à sa décision une mince majorité des 1 470 membres du comité central par des méthodes brutales et des promesses de places au gouvernement, l’annonce du vote a été accueilli par les sifflets et les « Honte ! Honte ! ».

Pour Lieberman, les Arabes israéliens sont des « traîtres »

En effet, siéger aux côtés de Lieberman « ferait se retourner dans leurs tombes David Ben-Gurion, Golda Meir et Yitzhak Rabin », comme l’a déclaré le parlementaire travailliste Ophir Paz-Pines, féroce opposant d’une alliance avec la droite et l’extrême droite. Lieberman, dont la poussée électorale aux élections législatives du 10 février dernier a relégué le Parti travailliste en quatrième position, veut épurer Israël des Arabes (20% de la population), qu’il perçoit comme des « traîtres » et leur nier le droit de voter ! Même pour le député Shelly Yachimovich, ex grand supporter de Barak dorénavant entré en dissidence, « Lieberman est un phénomène sombre et dangereux. Il met la démocratie en danger et s’allier avec lui est une ligne rouge morale que nous ne devons pas franchir. »

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Sous la bannière d’Ehoud Barak, les travaillistes n’ont conservé que treize sièges à la Knesset, le Parlement israélien. Soit le plus mauvais score de l’histoire du parti. Pire encore, une majorité de sept de ces parlementaires travaillistes se sont dits opposés à la coalition avec le gouvernement Netanyahu-Lieberman. Si Barak a finalement « acheté » le soutien de l’un d’entre eux — Avishay Braverman — en lui offrant un poste de ministre sans portefeuille, cinq des députés rebelles (les sieurs Yachimovich, Pines-Paz, Amir Peretz, Yuli Tami, et même le secrétaire général du parti, Eitan Cabel) sont allés jusqu’à refuser de le rencontrer jeudi dernier au cours d’une réunion à laquelle Barak les avait convié. Du jamais vu.

Promesse de campagne non tenue

Pendant la campagne des législatives, le leader travailliste avait promis de ne plus être ministre de la Défense si son parti obtenait moins de vingt sièges. Mais en dépit de la bérézina du 10 février, il conserve son poste au sein du nouveau gouvernement de coalition que le quotidien Haaretz qualifie de « gouvernement-poisson d’avril ».

Il y a en effet de quoi s’arracher les cheveux quand on sait que le raciste anti-arabe Lieberman sera… ministre des Affaires étrangères. Voilà qui promet pour les négociations avec les Palestiniens… Mais aussi que, selon la presse israélienne, un autre extrémiste du parti de Lieberman, Isaac Aharonovich, devrait décrocher le poste de ministre de la Sécurité interne, ce qui augure de l’intensification de la répression contre les Arabes israéliens et les « colombes » de l’Etat hébreu.

Depuis sa décision diabolique de la semaine dernière, Ehoud Barak est la cible des moqueries des médias, comme l’a rapporté Yehiot Aharanoth, le plus grand quotidien du pays : « Les radios ont constamment repris des enregistrements de Barak pendant la campagne où il promettait de respecter la décision des électeurs, tandis que les télévisions n’ont eu de cesse de diffuser les extraits tragi-comiques de ses pubs électorales. Pendant des jours et des jours, nous avons assisté à une condamnation médiatique totale du phénomène de la promesse électorale. Même les commentateurs les plus cyniques ne cachaient plus leur consternation ». Et dans les talk-shows à la radio, on entend le « peuple de gauche » râler contre la « trahison » d’Ehoud Barak.

Comme les législatives l’ont démontré, l’homme était déjà affaibli par son image d’opportuniste corrompu (il est devenu millionnaire au cours de ses années au gouvernement et mène grand train, ce qui ne sied guère à un leader « travailliste ».)

Ehoud Barak responsable de l’attaque israélienne sur Gaza

Maintenant, on qualifie le nouvel allié du fascisant Lieberman, comme l’écrivait le chroniqueur de Yediot Aharanoth« homme dont le deuxième prénom est ‘brutalité’ ; l’homme qui a physiquement bousculé Yasser Arafat à Camp David et repoussé les négociations avec les Palestiniens et les Syriens ; l’homme qui s’est emparé par la force du micro à la réunion du comité central du Parti travailliste et l’a traîné presque violemment dans le gouvernement de coalition ; et l’homme qui, contre à toute attente au vu de son passé de général expérimenté, nous a mené dans une guerre ignoble [à Gaza] qui a été l’une des guerres les plus brutales que nous ayons jamais connu, une guerre dont le prix politique, moral et international n’est pas encore totalement connu. » Dan Rosenblum le 27 mars, d’

Car, en tant que ministre de la Défense, Barak est directement responsable pour les crimes de guerre dont Israël est aujourd’hui accusé par des sources diverses et variées. C’est le cas du quotidien britannique The Guardian dans une enquête publiée le 24 mars, d’Amnesty International , d’Human Rights Watch, de la Croix-Rouge et des Nations-Unies.

La dignité perdue du leader travailliste

En s’alliant avec l’horrible Lieberman, Ehoud Barak a perdu ce qui lui restait d’éthique et de dignité. Il risque aussi de faire imploser le parti qu’il dirige. Dans « ce qui reste du Parti travailliste » (pour reprendre l’expression d’Haaretz), la fronde se prépare déjà contre son leadership : comme le règlement interne le prévoit, lorsque le parti a été battu aux législatives, les travaillistes sont appelés à se prononcer en interne sur le maintient de leur chef à leur tête.

Et un nouveau sondage publié dans Haaretz le 1er avril montre que « l’image du Parti travailliste a pris un coup sérieux, en particulier à cause de la façon dont il est devenu membre de la coalition Netanyahu-Lieberman ». Le sondage montre même que si les élections avaient lieu aujourd’hui, les travaillistes perdraient un tiers de leurs électeurs et n’obtiendraient que quatre sièges à la Knesset. C’est pourquoi on entend de plus en plus en Israël qu’on doit en finir avec ce parti en fin de vie et en former un autre.

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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 11:25
Matthieu Pigasse : "Ce G20 n'est ni un succès, ni un échec"
LEMONDE.FR | 03.04.09 | 11h24  •  Mis à jour le 03.04.09 | 11h52

'intégralité du débat avec Matthieu Pigasse, associé gérant de la banque Lazard et auteur de "Le monde d'après, une crise sans précédent".

Eddie_1: Les ressources supplémentaires allouées au FMI sont-elles suffisantes pour répondre à la crise ?
Matthieu Pigasse :
Ces ressources ne correspondent pas stricto senso à des mesures de relance, telles que mises en œuvre aux Etats-Unis ou en Europe. Elles sont néanmoins très bienvenues dans la mesure où les ressources du FMI étaient très insuffisantes compte tenu des besoins qui apparaissent. Elles doivent servir à assurer la stabilité d'un certain nombre de pays dans des situations très difficiles. A ce stade, ces 1 000 milliards de dollars apparaissent suffisants.

Jibi : Où vont vraiment aller les fonds alloués au FMI ? Aux pays émergents, pauvres, les moins développés ?

Ces ressources vont aller aux pays, émergents ou déjà émergés, qui se trouvent confrontés à des difficultés de financement. Il peut donc s'agir soit de pays pauvres, soit de pays développés et proches de nous, le meilleur exemple étant les pays d'Europe de l'Est.

Alfred_1 : Quel peut être l'impact sur la croissance économique des mesures prises par le G20 ? On parle de plusieurs points de PIB. Qu'en pensez-vous ?
Il est très difficile de mesurer l'impact du G20 sur le PIB. Parce que les mesures annoncées portent d'abord sur la régulation financière. L'un des regrets que l'on peut avoir, c'est précisément l'absence de mesures ou d'annonces touchant à la relance économique, particulièrement en Europe. En tout état de cause, ce G20 permet d'enclencher une dynamique de confiance favorable à la croissance mondiale.

Jibi: L'Europe s'était farouchement opposée à tout nouveau "plan de relance" comme le demandait Obama, alors est-ce un plan de relance ou pas ? Obama fanfaronne alors qu'on a fait le contraire de ce qu'il annonçait ?
Non, ce n'est pas un plan de relance. Et on peut le regretter. Les mesures de régulation annoncées sont évidemment nécessaires. Elles auraient cependant été utilement complétées de mesures à court terme portant à la fois sur la relance et sur la sortie des actifs toxiques des bilans des banques.

Louda: Vous n'avez pas l'impression que le G20 n'a pas été le retour attendu de l'interventionnisme que Keynes prônait, dont on a loué les mérites depuis quelques semaines, mais seulement un pas en avant pour rétablir l'économie ?
Le G20 permet en effet de faire un pas en avant, mais pour avancer, il faut faire plusieurs pas. Il y a un certain nombre d'objectifs qui ont été affichés et qui vont dans le sens d'une plus grande moralisation et réglementation du système financier (hedge funds, paradis fiscaux...). C'est positif, mais ces objectifs doivent encore être traduits en mesures précises appliquées par l'ensemble des pays.

Oups : Les annonces du G20 ont été saluées hier par une hausse spectaculaire des Bourses. Ne s'agit-il pas d'un signe que les dirigeants des grandes puissances ont échoué à "moraliser" le capitalisme comme ils avaient annoncé vouloir le faire ?
Les hausses des Bourses reflètent d'abord et surtout l'espoir que la croissance revienne. Leur enthousiasme pourrait ne pas durer si des mesures d'application rapides ne suivent pas cette réunion du G20.

Misologue_de_Saint-Paul: La véritable révolution ne vient-elle pas de la présence de nouveaux acteurs dans les débats, tels que la Chine ?
Si. Il s'agit d'un changement majeur. L'apparition d'un nouveau directoire mondial. Ce ne sont plus les Etats-Unis qui dominent seuls le monde. Ce ne sont plus les sept ou huit pays les plus riches qui codirigent le monde. C'est désormais un directoire élargi, qui compte douze pays émergents, qui s'impose. Cela traduit un nouvel équilibre mondial dont on ne peut que se réjouir.

Marco59 : A quoi bon publier une liste noire ou grise des paradis fiscaux ? Ces pays sont connus depuis longtemps. Pourquoi ne pas annoncer d'emblée des mesures de rétorsion et un calendrier de mise en application de ces mesures ?

Axelsaury : Que pensez-vous de la liste des paradis fiscaux annoncée ? Serait-elle réellement efficace alors que certains endroits n'y seront pas référencés (Le Delaware, où la plupart des entreprises du top500 sont implantées ? )
Vous êtes là au cœur des interrogations que l'on peut avoir sur cette réunion du G20. La volonté de lutter contre les paradis fiscaux est évidemment une très bonne chose. Ce qui est en cause, c'est d'abord le secret bancaire qui autorise tous les trafics : drogues, armes... Là encore, on ne peut que se féliciter du consensus mondial sur ce sujet. Le diable est néanmoins dans les détails et dans la mise en œuvre de cette volonté. Quels sont les paradis fiscaux à inscrire ou non sur cette liste ? Hongkong, Macao, le Delaware, Andorre en font-ils partie ? Surtout, au-delà de la liste, quelles sanctions et quelles mesures de rétorsion prendre à l'encontre de ces zones de non-droit ? Sur ces sujets, le G20 reste très silencieux.
On voit donc bien qu'il peut y avoir un décalage important entre l'annonce d'un objectif et sa mise en œuvre pratique.

Jeff : Le comité de stabilisation financière aura-t-il vraiment un impact plus important que l'ancien simple forum ?
Le point important, c'est d'abord l'élargissement de ce forum à de nouveaux membres, et surtout la coopération avec le FMI afin de prévenir l'apparition de nouvelles crises. Mais vous avez raison : le point-clé sera, là encore, les missions et les pouvoirs réellement confiés à cette instance.

Placedesfetes : Le G20 n'a-t-il pas abandonné toute volonté de régulation financière ? Il n'y a aucune décision, seulement des intentions sur ce point dans le rapport final.
C'est déjà très bien d'afficher des intentions et des objectifs en matière de régulation financière. C'est une vraie nouveauté que de voir les Anglo-Saxons se rallier à la nécessité de plus et mieux de règles. De ce point de vue, l'encadrement des hedge funds, des agences de notation ou des rémunérations témoigne d'une volonté nouvelle de réguler. Mais il faudra juger aux actes et aux mesures qui seront mises en œuvre. Tout le défi de cette réunion du G20 dans les semaines qui viennent, c'est de passer des intentions aux actes.

Melanie_Monjean : Que penser de l'absence de décision commune quant à l'assainissement des marchés financiers ?
On peut se féliciter du consensus sur le besoin d'une plus grande régulation. Mais on peut en effet regretter l'insuffisance des mesures sur l'assainissement des marchés. Un seul exemple : la sortie des actifs toxiques des bilans des banques. Il est impératif de permettre aux banques de rejouer le rôle qui est le leur, assurer le financement de l'économie. Pour ça, il est impératif de renforcer leur capital. On peut donc légitimement déplorer l'absence d'annonces concrètes sur ce sujet, particulièrement en Europe.

aviolette : Quelle est la contribution de la France à ce plan ? D'où vient cet argent ? N'est-ce pas de la dette supplémentaire ?

Il ne s'agit pas stricto sensu d'un plan de relance, mais de renforcer les moyens financiers du FMI en utilisant notamment les réserves de change d'un certain nombre de pays. Le Japon, la Chine sont par exemple mis à contribution.
Il ne s'agit donc pas de dette supplémentaire, sauf à ce que le FMI s'endette sur les marchés financiers, mais d'une meilleure allocation de la liquidité internationale.

Utilisateur3 : Ne pensez-vous pas qu'injecter de l'argent au FMI ne fera qu'aggraver ce qui se passe dans les pays pauvres ? Je pense au projet structurel que le FMI a mis en place et qui a laissé de grosses séquelles dans leurs économies ?
Il est absolument indispensable de renforcer les moyens financiers du FMI pour éviter la faillite d'Etats, dont les conséquences en chaîne seraient dramatiques. Tout dépend des conditions posées par le FMI à son intervention. Les temps ont changé. Les programmes d'ajustement structurel des années 1980 ou 1990, et qui ont mis par exemple l'Argentine KO en 2001, ne doivent plus avoir cours aujourd'hui. Le G20 a de fait souligné la nécessité d'accompagner la croissance économique par une grande cohésion sociale et de la solidarité.

Houba : Sur les 1 000 milliards de dollars supplémentaires à injecter dans l'économie mondiale annoncés hier, "250 milliards seront financés par de la création monétaire, en clair la planche à billets". Pouvez-vous nous éclairer sur cette méthode, qui paraît finalement si simple...
Ces 1 000 milliards ne seront pas mécaniquement injectés dans l'économie mondiale. Il s'agit de doter le FMI de moyens supplémentaires, qu'il utilisera dans le temps, au cas par cas, selon les besoins. Faire fonctionner la planche à billets, c'est-à-dire créer de la monnaie, peut paraître simple. Mais il faut prendre garde à la conséquence économique associée : l'inflation. C'est parce que l'on a créé trop de monnaie au cours des dix dernières années, que des bulles spéculatives ont pu se former.

Jacklittle : Vous paraissez sceptique sur la relance économique à court terme et sur les actifs toxiques. A votre avis, jusqu'où aurait dû aller le G 20 ?
C'est en effet le sujet sur lequel le G20 m'a déçu. En matière de relance, le FMI recommande un effort supérieur à 2 % du PIB. Les plans européens tournent autour de 1 % du PIB, le plan français étant lui-même inférieur à 1 %. Les pays européens auraient pu profiter de cette réunion du G20 pour coordonner, enfin, un plan de relance plus rapide et plus fort. De la même manière, on peut regretter la timidité du G20 – en l'occurrence la timidité des pays européens – sur les actifs toxiques. Les sortir des bilans bancaires, à l'image de ce que les Etats-Unis ont annoncé, apparaît aujourd'hui comme une nécessité. Là encore, l'Europe aurait pu en profiter pour annoncer un plan coordonné.

Virginie Novaro : Quels sont les éléments qui permettent de dire qu'en 2010, nous commencerons à "sortir" de la crise ? D'après votre livre, la sortie de "cette" crise n'est pas aussi proche... Essaie-t-on de nous rassurer ?
Trois éléments peuvent permettre d'espérer une sortie de crise en 2010 : l'impact mécanique des plans de relance (même si certains demeurent insuffisants...), la baisse du prix des matières premières et notamment du pétrole, la baisse des taux d'intérêt. Ces trois éléments sont autant de facteurs de soutien de la croissance. Il demeure néanmoins un élément d'incertitude : le retour du crédit, c'est-à-dire la capacité des banques à financer à nouveau l'économie. De l'importance de traiter les actifs toxiques...

LaFourmi: L'intervention des Etats pour sauver les entreprises financières (AIG, Dexia...) n'est-elle pas une incitation à une prise de risque maximale pour le management ("Too big to fail")? Ne faudrait-il pas dès maintenant renforcer les ratios (type Bâle II) et limiter l'endettement et l'effet de levier des banques ?

Non et oui. Non, parce qu'il n'y a pas d'alternative au sauvetage des banques. La leçon de la crise de 1929, c'est qu'il ne faut jamais laisser une banque faire faillite. Si une banque chute, c'est l'ensemble du système qui peut s'effondrer. Il était donc indispensable que les Etats interviennent.
Oui, parce que, bien évidemment, il faut empêcher que se reproduise ce qui s'est passé. De ce point de vue, il faut en effet a) revoir les règles comptables et prudentielles applicables aux banques, car trop procycliques ; b) limiter les effets de levier, notamment en encadrant les techniques de titrisation qui sont déresponsabilisantes ; c) pousser les banques à constituer des matelas de sécurité pendant les périodes de croissance pour qu'elles puissent continuer à prêter pendant les périodes de repli.

Jeff : A l'avenir, plutôt que de devoir faire intervenir les contribuables pour recapitaliser les banques ayant pris des risques inconsidérés sur des produits toxiques, pourrait-on imaginer un système assurantiel entre établissements financiers, afin que ceux qui prennent les risques soient aussi ceux qui en supportent les coûts ?

Oui, bien sûr. Mais les Etats, c'est-à-dire les contribuables, demeureront toujours les "sauveurs en dernier ressort", car aucun système assurantiel privé ne permettrait de compenser la faillite d'une très grande banque. C'est la raison pour laquelle il faut mettre en œuvre des règles strictes pour contrôler et maîtriser en amont les risques pris par les établissements financiers.

Muller_F : On est un peu surpris que le spectre de l'inflation ne soit pas davantage anticipé, comme si l'essentiel était la relance et que la forte inflation générée par la création monétaire faciliterait le remboursement des dettes pour les Etats comme pour les particuliers surendettés. Implicitement, l'inflation apparaît ainsi comme la solution pratique mais qu'il ne faut surtout pas évoquer.
L'urgence, c'est de rester vivants. Dit autrement, la priorité absolue, c'est de tout faire pour éviter que la crise s'installe. Il n'y a donc pas d'alternative à la relance. Je préfère le déficit et la dette au chômage. Demain se posera en effet la question de la gestion de cette dette supplémentaire. Pour qu'elle soit soutenable, il faudra probablement plus d'inflation et plus d'impôts. Mais à nouveau, restons vivants.

Melanie_Monjean : Peut-on parler d'un succès de ce G20 qui entrerait dans l'histoire, et pourquoi ?
Ce G20 n'est ni un succès ni un échec. Ce n'est pas un échec de réunir vingt pays, émergents et émergés, qui représentent 90 % de la richesse mondiale, et de les mettre d'accord sur un texte important. Ce n'est pas un échec d'obtenir un consensus mondial sur la nécessité de plus et de mieux réguler les marchés financiers. Cela traduit une évolution politique profonde, la fin du dogme de l'autorégulation des marchés et du credo de la main invisible. Ce ne sera pas un succès tant que les objectifs annoncés n'auront pas été traduits en mesures concrètes. De ce point de vue, espérons qu'il n'y aura pas trop loin de la coupe aux lèvres. Espérons enfin que les Etats européens prendront la pleine mesure de la crise et ne resteront pas les passagers clandestins du monde. Oui, il faut relancer ici et maintenant.

Chat modéré par Claire Ané
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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 13:53
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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 14:42
Du grain à moudre
par Julie Clarini et Brice Couturier
du lundi
au vendredi de 18h30 à 19h15
Du grain à moudre


de Brice Couturier

Ecoutez

émission du vendredi 27 mars 2009
En direct et en public de la Gare Saint Sauveur à Lille - Lille / Berlin: quelle politique de mixité sociale ?


Nous sommes à Lille, en direct et en public de la gare Saint-Sauveur, Lille qui a invité pour cette première cession de la manifestation XXL, des artistes berlinois –c’est l’occasion, pour nous, de confronter quelques points de vue français et allemands sur la ville, sur la façon de la concevoir et de la faire.
Thierry Paquot vient de diriger un ouvrage passionnant sur les « gates communities », ces ensembles d’habitation privés et sécurisée qui fleurissent sur la planète ; elles rappellent que la ségrégation urbaine n’est pas qu’un phénomène d'emprisonnement des plus pauvres dans des quartiers-ghettos, mais qu’elle est aussi une volonté des plus riches de se mettre à l’écart. Il ne faut jamais le perdre de vue - si bien qu’alors qu’elles étaient autrefois par essence des lieux de passage et de mélange, les villes sont aujourd’hui menacées de toute part par l’entre soi, désiré (donc) ou subi.
En France particulièrement la thématique de la mixité urbaine a envahi la discours sur la ville. Il faut dire que les émeutes de 2005 dans les banlieues sont encore dans les esprits et qu’on en a attribué la cause, à tort ou à raison, en grande partie à l’urbanisme de ces zones périphériques. En Allemagne, les experts se retrouvent pour dire que les phénomènes de ghettoïsation sont moins développés et que, si la ségrégation existe, elle sévit depuis moins longtemps et avec une moindre intensité.
Autre différence significative : le regard porté sur le désir de rester ensemble, de ne pas se mélanger, notamment quand il est exprimé par des hommes et des femmes issus de l’immigration, est loin d’être aussi négatif. En Allemagne il semble qu’on ne considère pas la mixité comme la clef ultime de la cohésion sociale ou du désir d’intégration.
Voilà qui nous apporte du grain à moudre à l’heure où certains en France s’interrogent aussi sur les bienfaits attribués peut-être un peu vite à ladite « mixité sociale ».



Invités

Jérôme Vaillant.  Professeur de civilisation allemande contemporaine à l’Université de Lille
Directeur de la revue Allemagne d’aujourd’hui et de Presses Universitaires du Septentrion

Boris Grésillon.  Maître de conférence à l’Université de Provence
Spécialiste de Berlin (ancien chercheur associé au Centre Marc Bloch)

Philippe Delahaye.  Directeur général du pôle qualité et développement de la ville de Lille

Didier Debarge.  Architecte
Urbaniste
Professeur à l’école d’architecture de Lille





les livres


Boris Grésillon
Berlin, métropole culturelle
Belin. Collection Mappemonde - 6 février 2002

Il est des villes au destin particulier. Berlin est assurément de celles-là. Au cours d’une histoire mouvementée s’est édifié un paysage culturel singulier, fait de brassages et de tensions, où le in et le off, l’officiel et l’alternatif, le modèle et le contre-modèle se côtoient, où se rencontrent et s’affrontent deux identités, deux mondes, l’Est et l’Ouest.
Douze ans après la chute du Mur, on peut risquer, à la lumière de l’analyse de la métropole culturelle berlinoise, un premier bilan de la réunification allemande. En quoi les lieux de création, à travers leurs acteurs et leur évolution depuis 1989, nous renseignent-ils sur la nouvelle donne allemande ? Dans quelle mesure la fonction de « laboratoire de la réunification » confère-t-elle à Berlin un statut particulier au sein des métropoles culturelles européennes ?
Plus généralement, l’ouvrage tente de répondre à la question suivante : où, pourquoi et comment se construisent, s’entretiennent et se renouvellent les lieux de la création artistique ? À partir d’un positionnement critique vis-à-vis de la géographie dite culturelle, l’auteur pose les fondements d’une réflexion nouvelle sur le couple ville et culture
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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 14:35
Du grain à moudre
par Julie Clarini et Brice Couturier
du lundi au vendredi de 18h30 à 19h15
Du grain à moudre


de Brice Couturier

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émission du lundi 23 mars 2009
Faut-il boycotter DURBAN II ?

Y aller ou pas ? La première conférence mondiale de l’ONU contre le racisme de 2001 n’a pas laissé que de bons souvenirs aux gouvernements occidentaux. Outre qu’elle s’est conclue symboliquement deux jours avant le 11 septembre, elle avait donné lieu à des orgies d’antisémitisme. « Orchestrée par les islamistes », selon certains témoins – Caroline Fourest que nous recevons ce soir, dans « La tentation obscurantiste » - elle avait tourné à la dénonciation d’un seul pays, Israël. Des Etats qui appliquent la lapidation des femmes adultères et la pendaison des homosexuels avaient dénoncé « les violations des droits de l’homme », commises en Europe. Des Etats qui, de nos jours, pratiquent l’esclavage, avaient exigé des réparations pour la seule traite transatlantique. Des Etats qui persécutent chez eux les minorités religieuses prétendaient nous donner des leçons de tolérance – envers l’islam.
Du 20 au 24 avril doit se tenir, à Genève, une suite à cette conférence. Plusieurs pays ont annoncé leur intention de la boycotter. Le Canada, Israël, les Etats-Unis, l’Italie et l’Allemagne. Et la France ? Doit-elle se rendre sur place pour tenter de rééquilibrer les conclusions du processus dans un sens moins systématiquement hostile à sa propre conception de la laïcité ? C’est ce que recommande la Secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, Rama Yade, ainsi que des personnalités telles que Caroline Fourest et Jean Daniel. Notre pays doit-il au contraire boycotter purement et simplement une conférence dont le Comité préparatoire est présidé par la Lybie ? C’est la position défendue par Bernard-Henri Lévy, Bertrand Delanoë, Claude Goasguen. On remarque que la franc-maçonnerie est divisée sur le sujet. Si le Grand Orient de France appelle au boycott, ce n’est pas le cas de la Grande Loge de France, même si elle « dénonce la caractère inacceptable du projet ».
Oui, faut-il aller à Genève pour tenter d’infléchir le texte final afin de dégager une définition du racisme et des droits de l’homme qui soit réellement commune à l’ensemble des cultures de la planète, ou faut-il se résigner à juger cette tentative actuellement impossible ?

Invités

Caroline Fourest.  Journaliste (Charlie Hebdo, Le Monde)
Rédactrice en chef de ProChoix
Chroniqueuse aux Matins de France Culture (tous les jeudis)

Malka Marcovich.  Historienne
Consultante internationale en droits humains et droits de la femme

Denis Sieffert.  Rédacteur en chef de Politis

Gianfranco Fattorini (au téléphone depuis Génève).  Représentant du MRAP auprès des Nations Unies à Genève




les livres


Caroline Fourest
La tentation obscurantiste
LGF - à paraître en poche



Caroline Fourest et Fiammetta Venner
Les nouveaux soldats du Pape
Panama - 4 septembre 2008

Le catholicisme donne parfois le sentiment d'avoir réussi son aggiornamento. Pourtant l'élection de Benoît XVI signe le triomphe des intransigeants au détriment des catholiques modernistes. Jusqu'où ce virage réactionnaire de l'Église catholique ira-t-il ? Jusqu'à faire du Concile de Vatican II une parenthèse bien vite refermée ? Jusqu'à Vatican moins II ?

C'est ce qu'ont voulu savoir Caroline Fourest et Fiammetta Venner en enquêtant sur les relations du Saint-Siège avec trois des courants les plus sulfureux du catholicisme contemporain : l'Opus Dei, la Légion du Christ et les traditionalistes.


Marcovich, Malka
Les Nations Désunies : comment l'ONU enterre les droits de l'homme
Jabob Duvernet - septembre 2008


Les nations désunies

Comment l'ONU enterre les droits de l'homme

Lorsque le Secrétaire général Kofi Annan prend ses fonctions en 1997, un an avant les fastueuses célébrations du cinquantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits l'homme, il se donne pour mission d'engager un programme de réformes en profondeur de l'ONU, afin qu'elle corresponde aux nouvelles réalités du monde.

En quelques années, tous les nouveaux mécanismes créés depuis le tournant du millénaire n'ont fait qu'aggraver le délitement de l'institution. Au fil du temps, les attaques contre l'héritage des Lumières, contre la démocratie, les libertés individuelles et l'égalité avaient trouvé différents chemins pour s'exprimer. Mais au lendemain de la Conférence mondiale contre le racisme à Durban en août 2001 et des attaques contre les tours jumelles à Manhattan le 11 septembre 2001, on a assisté à une offensive sans pareille, menée notamment par l'Organisation de la conférence islamique, par la Chine, par la Russie et par Cuba... pour l'adoption de nouvelles normes totalisantes, visant à limiter la liberté d'expression, condamner la laïcité, et remettre fondamentalement en péril les avancées des droits des femmes depuis cinquante ans.

Alors que le monde s'apprête à répéter à l'usure, tel un mantra planétaire, le « Nous les peuples » de la Charte et les articles de la Déclaration universelle, force est de constater que soixante ans après, le rêve des fondateurs s'est transformé en cauchemar.


Denis Sieffert
Israël-Palestine, une passion française : la France dans le miroir du conflit israélo-palestinien
La Découverte - octobre 2004


Depuis 1967, le conflit israélo-palestinien a souvent été un facteur de tension au sein de la société française.

Racisme, antisémitisme, affrontements communautaires se nourrissent de l'interminable crise du Proche-Orient. Pour quelles raisons particulières la France est-elle plus sensible qu'aucun autre pays occidental aux échos d'un conflit lointain et localisé ?

Dans ce livre informé, Denis Sieffert s'efforce de remettre en perspective les relations tumultueuses entre la France et Israël. Plus qu'une simple affaire de politique étrangère, le Proche-Orient agit comme un miroir pour la société française et les communautés qui l'habitent. C'est pourquoi toute prise de position prend un caractère passionnel. Depuis le parrainage d'Israël par la IVe République jusqu'au caillassage du Premier ministre Lionel Jospin à l'université de Bir Zeit, en passant par la fameuse déclaration du général De Gaulle en 1967 à propos du peuple juif «sûr de lui-même et dominateur», et le «sauvetage» de Yasser Arafat par François Mitterrand en 1982, les débats et polémiques ont souvent divisé l'opinion française et ses responsables politiques.

Denis Sieffert explore ici le rôle du passé colonial français toujours douloureux, la relation difficile entre le sionisme et la République et, plus largement, le problème que soulèvent les doubles allégeances. Il rappelle les liens que les grandes familles politiques conservent, plus d'un demi-siècle après la naissance d'Israël, avec les protagonistes du conflit. Il montre en particulier que les socialistes, comme leurs ancêtres de la SFIO, restent souvent très liés à Israël, alors que les communistes, l'extrême gauche, les Verts et les altermondialistes sont, eux, engagés dans le soutien des Palestiniens.

les liens


> Le Blog de Malka Marcovich



> Le blog de Caroline Fourest
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