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sur l'auteur

Je m'appelle Frédéric Faravel. Je suis né le 11 février 1974 à Sarcelles dans le Val-d'Oise. Je vis à Bezons dans le Val-d'Oise. Militant socialiste au sein de la Gauche Républicaine & Socialiste. Vous pouvez aussi consulter ma chaîne YouTube. J'anime aussi le groupe d'opposition municipale de gauche "Vivons Bezons" et je suis membre du groupe d'opposition de gauche ACES à la communauté d'agglomération Saint-Germain/Boucle-de-Seine.
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Gauche Républicaine & Socialiste

29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 07:47

Pour:

Monsieur le Président du Conseil général du Val d'Oise

        Après la suppression des bourses pour les lycéens
        Après l’augmentation de Rest’O collège
        Après l’augmentation des impôts des familles du Val d’Oise


Vous avez décidé unilatéralement d’arrêter de subventionner les cartes Imagine’R pour les lycéens non boursiers du Val-d’Oise.

Le coût de la carte « Optile » a doublé passant de 57€ à plus de 107€ par enfant.

Pour la carte Imagine’R, les familles des lycéens du Val d’Oise voient le prix doubler suite à la fin de la subvention départementale. Pour 2 zones, les tarifs passent de 161 € à 314€, pour 5 zones ils passent de 344€ à 680€.

Ces désengagements et augmentations sont disproportionnés et injustifiés, elles pénalisent directement les familles notamment les plus modestes et les plus fragiles.

Le pouvoir d’achat des familles ne peut en aucun cas être la variable d’ajustement.

Mais d’autres choix sont possibles, c’est une question de volonté politique !

Monsieur le Président du Conseil Général, Madame et Messieurs les conseillers généraux, nous vous demandons de renoncer à ces mesures et de réunir tous les acteurs du Conseil Départemental de l’Education Nationale (élus, parents, enseignants, associations complémentaires, ...) pour évoquer ensemble les solutions alternatives afin d’éviter de grever à nouveau le pouvoir d’achat des familles du Val d’Oise.

    Les signataires

Signer la pétition

La Pétition Contre l'augmentation des transports scolaires dans le Val d'Oise pour les collégiens et lycéens, sera adressée au Monsieur le Président du Conseil général du Val d'Oise. Elle est créée et écrite par la communauté FCPE 95.

Cette pétition se trouve hébergée sur Internet sur le site Pétition Publique qui met à disposition un service public gratuit pour les pétition en ligne.

Au cas où vous auriez une question pour l’auteur de la pétition, vous pourrez l’envoyer par l’intermédiaire de cette page de contact

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 15:59

"Une calomnie et l’expression de la pire bassesse morale"

Le mucisien et compositeur grec réagit dans l'Humanité le 27 juin 2012 contre la campagne de l'UMP faisant de lui un antisémite.
mikis-theodorakis.jpg
«Je suis grec et fier de l’être, car nous sommes le seul peuple en Europe qui, pendant l’occupation allemande (1941-1944), non seulement n’a pas exercé de poursuites contre les juifs mais, au contraire, les a aidés à vivre et à survivre avec tous les moyens dont nous disposions.

À l’époque, j’étais moi-même partisan de l’Armée populaire de libération et je me souviens que nous avions pris sous notre protection de nombreuses familles de juifs grecs, que nous nous sommes souvent battus contre les SS pour les sauver et beaucoup d’entre nous l’ont payé de leur vie.

Plus tard, j’ai composé le cycle Mauthausen que, notamment en Israël, l’on considère quasiment comme un hymne national. J’ai ressenti une des plus grandes émotions de ma vie quand, dans les années 1980, il m’a été accordé de diriger cette œuvre sur le site du camp de concentration de Mauthausen, tout d’abord chantée en grec par sa première interprète, Maria Farantouri, puis en allemand par Gisela May, et en hébreu par la chanteuse israélienne, Elinoar Moav. Je l’ai dirigée une fois encore sur ces lieux et, depuis lors, l’œuvre enregistrée est diffusée sans interruption sur le site du camp.

En 1972, j’ai bravé le boycottage européen et j’ai donné des dizaines de concerts en Israël, des moments que je qualifierais d’historiques en raison des liens d’amour mutuel qui nous unissaient.

À cette même époque, Yigal Allon, alors vice-premier ministre du gouvernement israélien et ministre de l’Éducation et de la Culture, m’a confié une première mission, celle de transmettre un message de paix à Arafat au nom de son gouvernement. C’est dans cette intention que je l’ai rencontré à Beyrouth et, à cette occasion, j’ai donné une conférence de presse dans une salle. Un groupe de fanatiques palestiniens avait décidé de m’abattre, car il me considérait comme un complice des juifs. C’est Arafat lui-même qui me l’a dit le lendemain avec, à ses côtés… le groupe de mes assassins en puissance. Qu’est-ce qui m’a sauvé ? Mon amour authentique pour les deux peuples martyrs : les juifs et les Palestiniens.

“Quand on t’a entendu pendant la conférence de presse, m’ont-ils dit, on a compris que nous nous trompions.” Qu’est-ce que j’avais dit au cours de la conférence de presse ? “Le conflit qui vous oppose ne sera pas résolu par les armes, mais par la compréhension mutuelle. De l’autre côté, il y a des hommes ordinaires qui vous ressemblent, simples et travailleurs, capables d’aimer et qui, comme vous, aiment leur famille et leur pays. C’est eux que vous devez trouver, parce que c’est avec eux que vous pourrez vivre dans la paix.”

Arafat m’a dit : « Tu as chanté les juifs et tu as eu raison, car ils sont, eux aussi, un peuple tourmenté. Comme nous. Alors, s’il te plaît, écris une chanson pour nous aussi…” C’est ainsi que j’ai écrit aussi un chant pour le peuple palestinien qui est devenu son hymne national.

Bien plus tard, à l’occasion de la remise du prix Nobel de la paix à Rabin (Israël) et à Arafat (Palestine), l’Orchestre symphonique d’Oslo avec, en soliste, l’interprète finlandaise Arja Saijonmaa, a joué Mauthausen en hommage à Israël et le chant que j’avais composé, reconnu comme hymne national, en l’honneur du peuple palestinien. Ce moment symbolique suffit à démontrer la place que j’occupe dans l’esprit et dans les cœurs des deux peuples.

Je suis souvent allé en Israël, en Palestine et au Liban, et c’était chaque fois la paix, l’amitié, la coexistence et la coopération entre ces deux peuples martyrs qui occupaient mes pensées. En tant que Grec, je me sens proche d’eux, comme si nous appartenions à la même famille. Et pourtant, pour certains fanatiques, d’un côté comme de l’autre, je suis la cape rouge agitée devant le taureau. Pourquoi ? Parce que j’ai la franchise et le courage de dire la vérité et de la dire même dans la gueule du loup. Ainsi, quand je suis en Palestine, je m’exprime ouvertement et publiquement contre les fanatiques qui me haïssent et, quand je suis en Israël, je fais de même en critiquant tout aussi ouvertement et publiquement les fanatiques qui, en raison de la diaspora juive présente dans tous les pays du monde, ont la possibilité de transformer leur haine en venin et en mensonges monstrueux.

Dans mon opéra les Métamorphoses de Dionysos (dont j’ai écrit aussi le livret), il y a une scène où des juifs sont déportés par des SS dans des camps d’extermination. Il s’agit d’un moment crucial de l’œuvre, d’une condamnation du nazisme qui dévoile d’une façon très humaine l’affliction psychique et intellectuelle que je ressens devant les souffrances des juifs.

D’ailleurs, la dénonciation du racisme et la défense de ses victimes ont guidé mes décisions et mes actes tout au long de ma vie. Une vie jalonnée de poursuites qui m’ont souvent poussé jusqu’au seuil de la mort.

Donc, me qualifier de raciste et d’antisémite n’est pas une simple calomnie, mais l’expression de la pire bassesse morale, issue le plus souvent de cercles proches d’organisations et d’individus opérant dans la mouvance du néonazisme et auxquels la crise a permis de relever la tête pour nous menacer et – incroyable, mais vrai – nous accuser, eux, d’antisémitisme en utilisant un arsenal de mensonges et de déclarations insidieuses !

Il suffit de dire, par erreur manifeste, dans une interview de trois heures, “antisémite” au lieu d’“antiraciste”, et on s’empare d’une seule et unique phrase dont on isole un mot, brandi comme un étendard, tout simplement pour servir l’intention de m’incriminer. Depuis combien d’années était-on aux aguets pour une simple erreur ? Le mot “antisémite” correspond-il vraiment à ce qui suit ? “J’aime le peuple juif avec lequel nous avons vécu et souffert en Grèce pendant des années et je hais l’antisémitisme.” Je suppose que mes différents ennemis se sont bien gardés de citer ces paroles. Et pourtant, c’est exactement la phrase que j’ai prononcée. Ce n’est pas quelque chose que je viens d’inventer, après-coup, en guise d’alibi. Il en est ainsi, et il est facile de le prouver de façon incontestable en écoutant toute la phrase, exactement comme je l’ai prononcée et non pas en la tronquant comme l’ont voulu mes adversaires.

Peut-être va-t-on se demander pourquoi et comment certains persistent à vouloir discréditer un ami si fidèle d’Israël et des juifs et tentent de me faire passer à tout prix pour un antisémite? (De qui parle-t-on ? De quelqu’un qui a connu les sous-sols de la Gestapo pour les sauver !)

Toutefois, la réponse est finalement simple : beaucoup de mes amis juifs sont d’accord avec moi. Certains sont d’accord avec moi, même s’ils vivent en Israël, donc dans la tourmente quotidienne des événements. Alors, si les simples citoyens du peuple d’Israël entendent mes idées, telles qu’elles sont réellement exprimées, ils “risqueraient” (selon mes ennemis, bien sûr) d’être d’accord avec moi, en pensant que la solution du problème ne se trouve pas dans la violence et les armes, mais dans la coexistence et la paix. Ce qui ne plaît pas du tout à mes adversaires car, bien sûr, j’ai – à plusieurs reprises – totalement désapprouvé la politique de l’État d’Israël et j’ai exprimé ce désaccord avec force et de la façon la plus claire et la plus catégorique (comme je le fais toujours). Pour ne pas courir le risque que ces citoyens se rangent à mes opinions, ils ne doivent pas les entendre. Et quelle est la meilleure et la plus sûre façon de procéder pour arriver à ses fins ? Eh bien, leur tactique habituelle : me coller “l’étiquette” d’antisémite, de sorte qu’aucun juif, où qu’il se trouve, ne veuille plus entendre non seulement mes idées, mais même mon nom.

Et maintenant, particulièrement en France – où brusquement on “s’est souvenu” d’une interview donnée il y a environ un an et demi –, il existe, de toute évidence, une autre raison : porter atteinte à la gauche. Leur prétendu “argument” est que son leader, Jean-Luc Mélenchon, me connaît et que, par conséquent… il a des amis antisémites ! Toutefois, la vérité – malheureusement pour eux – est évidente et je pense que tout homme animé de bonnes intentions peut s’en rendre compte.

Donc, même si après la lecture de ce qui précède, certains persistent encore à me faire passer pour quelqu’un que je n’ai jamais été et que, bien sûr, je ne suis pas, le doute n’est plus permis. Tout est fait sciemment pour servir d’autres finalités, car ma foi inébranlable dans la paix et la coexistence des deux peuples martyrs, juif et palestinien, en dérange plus d’un. »

Athènes, le 15 juin 2012

(Traduit du grec par Arlette Manoli)

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 07:01

nouveau-logo-psLes chroniqueurs en font leurs choux gras ; les responsables politiques et les militants pestent avec plus ou moins de bonne foi... Les députés écologistes ont voté blanc à l'Assemblée Nationale pour l'élection de son Président. Une chose est sûre : alors que Thomas Legrand glosait hier matin sur France Inter sur la PRGisation probable d'Europe-Ecologie/Les Verts, on pourra dire qu'il s'est une nouvelle fois trompé.

J'ai pu lire que certains voyaient dans ce vote blanc l'allergie supposée des Verts aux "fils de prolétaires" que représentaient opportunément Claude Bartolone. Donc il n'y aurait aucun fils de prolétaires chez les Verts ? Soyons plus prosaïques ; malgré toutes les qualités (réelles) du nouveau président de l'Assemblée Nationale, malgré la sincérité de son engagement de gauche, on pourra cependant dire que Claude Bartolone, en charge des relations avec les partenaires politiques du PS dans l'équipe de Martine Aubry, ne s'est pas particulièrement illustré par son zèle à arrondir les angles. logoEELVSi l'on se réfère juste aux relations tumultueuses, que Claude Bartolone entretenait avec les partenaires du PS, il est plus surprenant que les députés du Front de Gauche aient voté pour lui - alors qu'il est le principal artisan de la mise en minorité du PCF en Seine-Saint-Denis - que les écologistes aient voté blanc.

D'aucuns se sont offusqués, poussant des cris d'orffraie, invoquant la trahison du "vote populaire", rien que ça. Autant reconnaître que les torts sont au minimum partagés. Depuis que les écologistes ont signé un accord avec les socialistes, osons reconnaître que nos propres camarades se sont employés avec un malin plaisir à le contourner ou le vider de sa substance.

D'abord dès la prise de position du candidat Hollande qui disait qu'il ne tiendrait aucun compte des propositions contenues dans l'accord parlementaire PS-EELV. Ensuite, en traînant les pieds dans la plupart des circonscriptions réservées aux écologistes (surtout dans la 6e de Paris où se présentait Cécile Duflot, où ils menacèrent même de ne pas désigner de suppléant), dénigrant souvent en interne la qualité des candidats, ou soutenant ouvertement comme le fit Gérard Collomb (Sénateur, Maire de Lyon, président de la Communauté Urbaine : bonjour le cumul !), des candidats contre nos candidats communs, ce qui en toute logique aurait dû lui valoir une procédure d'exclusion rapide du PS. A cette occasion, c'est Philippe Mérieu - dont les qualités ne peuvent être mises en cause - qui en fit les frais.

Avec ce type de méthode, le groupe parlementaire écologiste atteint péniblement 17 députés alors qu'il aurait dû s'approcher de la trentaine, si les socialistes avaient respecté leur parole. Cette situation est d'autant plus humiliante que les dissidents sont en voie de réintégration rapide dans le groupe socialiste (et sans doute bientôt dans le Parti) : "pour être intégré il suffit de le demander" avoue-t-on ouvertement. Finalement, on fait plus de cas de la blessure de la seule Ségolène Royal que de l'affront fait à nos partenaires.

Je rappelle également que la présidence de la commission "développement durable" de l'Assemblée Nationale était aussi attribuée aux écologistes dans l'accord PS-EELV ; les responsables socialistes du groupe parlemenaire n'ont pas plus de respect pour cet accord que nombre d'autres responsables socialistes.

Enfin, on peut comprendre le trouble de nos camarades écologistes - partagés par beaucoup de militants socialistes - des conditions de transfert de Nicole Brick de l'écologie vers le commerce extérieur. Ce qui n'est évidemment pas une promotion et vient sans doute sanctionner ses positions par trop proches des écologistes sur certains sujets, comme le nucléaire et les forages pétroliers en Guyane.

Je passe sous silence l'épisode ridicule où il fut reproché à Cécile Duflot d'avoir défendue une position connue, ancienne et durable sur la dépénalisation du cannabis, affaire montée en épingle, alors que les sujets qui nous intéressent sont avant tout économiques et sociaux.

Enfin, Alain Vidalies a commis une véritable faute de dénier aux parlementaires écologistes leur liberté de vote. Lionel Jospin, confronté à une majorité plurielle, avait pour le coup respecter ses partenaires, expliquant que le contrat de majorité tiendrait tant que communistes et écologistes voteraient les budgets de l'Etat et de la sécurité sociale. Mais il faut croire ici que la majorité absolue encourage les réflexes hégémoniques, je parle de réflexes, car je ne crois pas que cette dernière sortie du ministre des relations avec le Parlement fut réfléchie.

AubryDuflotOr, nos partenaires écologistes ne sont pas et ne seront pas des godillots ; il serait bon d'ailleurs que nos propres parlementaires se distinguent dans la forme de la majorité précédente, en étant eux-mêmes indépendants pour pouvoir accomplir pleinement leur mission parlementaire de contrôle du gouvernement et d'élaboration de la Loi. Non, EELV ne sera pas le PRG ; et au premier chef, il faut se rappeler qu'ils sont un poids électoral relatif bien plus important. Si cela ne se traduit pas aux élections présidentielles, nous pourrions nous le rappeler amèrement aux prochaines européennes, municipales ou régionales, qui se dérouleront dans un contexte vraisemblablement moins favorable à la gauche socialiste que les précédentes.

Pour la réussite de la majorité de gauche, il est temps d'apprendre à fonctionner autrement avec nos partenaires politiques. D'introduire la confiance et le respect de la parole donnée et des textes signés dans nos pratiques politiques et dans nos modes de gouvernement : ce serait déjà un premier CHANGEMENT.

Frédéric FARAVEL
Secrétaire fédéral du PS Val-d'Oise aux relations extérieures

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 13:53

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La gauche a gagné l'élection présidentielle. La gauche a remporté les élections législatives et ainsi les Français ont offert au Président de la République une majorité pour mettre en oeuvre le changement qu'il a promis. Même le Parti Communiste Français, réuni hier en conférence national, alors qu'il votait le soutien sans participation, a pris comme slogan : "Réussir le Changement !".

François Hollande a fait des promesses (très) raisonnables, dira-t-on ; François Hollande a également fait des propositions qui font débat à gauche comme le retour à l'équilibre budgétaire en 2017 et son contrat de génération. Malgré cela, les attentes sont immenses dans un pays tant abimé par 10 ans de gouvernements conservateurs, dont 5  de sarkozisme.

La victoire à la présidentielle était un marche-pied indispensable pour espérer transformer le pays et l'Europe. Sans la conquête démocratique du pouvoir, il n'y avait pas d'horizon du changement comme le croient le NPA ou LO. Alors comme le disent nos camarades communistes, donnons nous les moyens de réussir.

En 1936, arrivant pour la première fois au pouvoir, quelques responsables socialistes s'étaient dits "enfin, les difficultés commencent". Nous ne sommes plus dans le même contexte, la gauche - localement et nationalement -  est une habituée du pouvoir, même si elle en a été écartée nationalement pendant 10 ans. Dans ce cas, Martine Aubry a raison de dire "non, ce ne sont pas les difficultés qui commencent, mais les solutions qui arrivent". Les solutions arrivent parce que les socialistes ont travaillé pendant 3 ans à un projet alternatif au sarkozisme et au lepénisme ; mais toutes les solutions ne sont pas encore là car la complexité de notre monde est profonde et parce que des propositions du projet socialiste n'ont pas été reprises dans le projet présidentiel.

logounmondedavance.jpgDans ces conditions, le congrès du Parti Socialiste - au sein des débats de toute la gauche - qui se tiendra cet automne est essentiel. Nous ne pouvons pas nous permettre de faire un congrès en catimini, au cours duquel les débats qui nous traversent seraient abordés en quelques jours. Nous avons besoin d'un parti de débat qui ne soit pas atone sous prétexte de ne pas gêner le gouvernement.

Plusieurs débats incontournables doivent donc être abordés lors du congrès du PS, ce qui invalide par avance toute idée de motion unique qui serait un préalable irrépressible au rassemblement des socialistes et de la gauche.

Voici les débats que nous devons animer :

  • Économie :
    • Le PS a ouvert une réflexion sur le "Juste échange", concept qui a commencé à irriguer les débats entre social-démocrates européens, il est désormais dépasser réellement les axiomes éculés du libre-échange ;
    • François Hollande le disait lui-même l'austérité ne peut être l'horizon donné à nos citoyens, mais alors quelle alternative politique économique et financière mettre en œuvre alors même que le nouveau ministre de l'économie s'apprête à faire des propositions assez classiques en la matière ;
    • L’échec de l’organisation d’un système productif soumis aux seuls marchés réhabilite le rôle de la puissance publique. En matière de restauration économique, la création du ministère du "redressement productif" est un signe encourageant, mais c'est encore un concept de politique industrielle à rendre concret ;
    • Le service public doit être rétabli dans sa puissance légitime pour garantir l’égalité pour tous et un véritable exercice de nos droits sur l’ensemble du territoire : nous ne pouvons pas éluder la question du statut de La Poste ou de la SNCF, ou encore la question d'un pôle public de l'énergie ;
  • image003.jpgSocial & Solidarité :
    • les salaires (SMIC, plafond dans le privé, échelle des salaires), les droits des salariés et les conditions de travail ne doivent plus être un sujet tabou ;
    • en termes de droit, de santé, de sécurité, d'immigration, d'éducation, c'est la justice et la portée des valeurs républicaines qui doivent reprendre le dessus, comme cela était proposé lors de la convention nationale "Pour l'égalité réelle" ;
  • Europe : Nous devons reprendre le chemin vers une Europe démocratique et sociale (protectionnisme européen intelligent, mutualisation des dettes, modification des statuts de la Banque Centrale Européenne ou possibilité pour le Parlement Européen de modifier facilement ses statuts, légitimité démocratique de la commission, relance européenne, eurobonds, un parlement européen représentant la souveraineté populaire européenne...). Cela commence par la nécessité de soumettre à référendum le nouveau Traité européen, si jamais il avait été renégocié après les propositions de François Hollande (dans le cas contraire, il serait hors de question de rentrer dans une procédure de ratification) ;
  • Renforcer notre démocratie : il est temps de reprendre le chemin pour une VIe République primo-ministérielle et parlementaire, sujet qui semble avoir disparu de nos échanges ; nous devons aussi entamer une  réelle rénovation démocratique consolidée et approfondie des pratiques politiques. La moralisation de la vie politique française (95% de nos élus sont honnêtes) doit être une des priorités de nos mandats ;
  • Francais-Musulman.jpgRaffermir la République : comment construire une "gauche populaire" ? L'abstention massive des catégories populaires, quelles que soient leurs origines géographiques ou culturelles, alors que les plus privilégiés adoptent avec constance un "vote de classe" pour défendre leurs intérêts. Cette abstention massive rend d'ailleurs peu opérant les discours analysant les dernières élections comme une reconquête de l'électorat populaire par le Front de Gauche ou le Parti Socialiste. Dans le même temps, la structuration et la consolidation du vote FN notamment dans ces catégories de population nécessitent d'apporter des réponses aux angoisses des Français sans jamais céder sur les valeurs républicaines et sans jamais tomber dans le piège de l'instrumentalisation de l'insécurité ou de l'immigration. Il faut trouver une alternative qui fasse pièce aux discours ethnicisants frontistes, sarkozistes, d'un côté, et terra-novistes de l'autre, pour ne chercher qu'une seule chose : rassembler les Français en fonction de leurs intérêts économiques et sociaux et de l'égalité d'accès aux services publics, sur tout le territoire. Bref dans un discours républicain intégrateur ;

  • AubryDuflotRaffermir le rassemblement à gauche : Le mirage de l'alliance centriste s'est éloigné en même temps que le naufrage de François Bayrou. Les élus centristes sont en train de se recomposer en binôme plus ou moins dépendant d'une UMP post-sarkoziste qui se cherche entre fidélité à la République et tentation frontiste. Mais le PS aurait tort de sombrer dans la suffisance et l'hégémonie. Le score de Jean-Luc Mélenchon a démontré qu'il existait un espace politique pour une gauche radicale et démocratique, qui malgré ses critiques (parfois justifiées) vis-à-vis du PS ne manquent pas à la gauche. Il n'est pas non plus question de remettre en cause l'accord patiemment élaboré avec Europe Écologie - Les Verts qui donne une coloration riche à la nouvelle majorité parlementaire et qui doit nous rappeler que hors des élections présidentielles l'audience politique des écologistes est désormais très large dans de nombreux territoires. À nous de consolider le rassemblement de la gauche, en entretenant un débat franc et ouvert avec chacun de nos véritables partenaires, en organisant des convergences politiques et programmatiques avec eux et également en améliorant les modes de représentations politiques de nos concitoyens ;

  • La question de l'organisation socialiste européenne et internationale : Le PSE doit faire face à la crise de l'Union européenne et la déshérence d'un de ses membres - le PASOK - sous l'effet des diktats des conservateurs européens. 33577_445255978790_725093790_5575532_712655_n.jpgLa clarification politique entamée par le PSE sous l'impulsion de son ancien président Poul Nyrup Rassmussen n'a pas atteint le groupe Socialistes & Démocrates au Parlement européen, où nos camarades continuent la cogestion avec les conservateurs. L'internationale socialiste n'a pas d'orientation claire ; son organisation est vérolée par la présence de partis qui n'ont plus rien de socialistes, alors qu'il a fallu exclure en catastrophe sous la pression légitime des "printemps arabes" le RCD de Ben Ali et de RND de Moubarak en 2011 !?! tout cela doit être remis sur la table pour que l'action internationale et européenne des socialistes s'ouvrent à de véritables organisaitons progressistes capables de penser la transformation sociale à l'échelle globale, et que nous devenions collectivement capables de dialoguer avec ONG et partenaires sociaux afin de bâtir un monde plus équitable et plus vivable.

Frédéric FARAVEL
Secrétaire fédéral aux relations extérieures du PS Val-d'Oise

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 21:51

La_Marseillaise_zenith_13-06-2012.jpg

La gauche remporte largement le second tour des élections législatives du 17 juin 2012. Les chiffres officiels du ministère de l'intérieur sont sans appel :

  • 10 députés pour le Front de Gauche ;
  • 280 députés du Parti Socialiste ;
  • 12 députés du Parti Radical de Gauche ;
  • 22 députés divers gauche ;
  • 18 députés d'Europe-Ecologie Les Verts ;
  • 2 députés régionalistes antillais ;
  • 2 députés du MODEM ;
  • 14 députés du Nouveau Centre et de l'Alliance centriste ;
  • 6 députés du Parti Radical (valoisien) ;
  • 194 député de l'Union pour un Mouvement Populaire ;
  • 15 députés divers droite ;
  • 2 députés du Front National et 1 député de la Ligue du Sud.

Si l'on compare à l'échelle nationale les résultats du premier et du second tour des législatives, il est en siège plus favorable encore au PS que l'on ne pouvait s'y attendre au soir du 10 juin :

  • Le bloc de gauche faisait 12 millions de suffrages ; il en a fait hier soir 11,7 millions (ce n'est pas la dynamique à gauche qui crée le résultat
  • L'UMP et ses alliés faisaient 9 millions de voix ; ils ont obtenu hier soir plus de 10 millions.
  • L'extrême droite rassemblait 3,6 millions d'électeurs ; en étant moins présente au second elle recueille 872 422 voix.

Le report de voix de l'extrême droite vers la droite classique dépasse à peine 1 million de suffrage, soit moins d'un tiers contre 50 % lors des précédents scrutins.

L'explication de la lourde défaite de la droite, plus forte que la plupart des sondages ne l'envisageait, provient du comportement politique des électeurs du FN :

  • ces électeurs, à quelques exception près, se sont très peu ou pas reportés sur les candidats de droite, quand ceux-ci étaient opposés à la gauche en duel... en tout cas moins que lors des précédents scrutins (Les électeurs du MODEM - moins signifiant en masse - ont fait de même par ailleurs) ;
  • dans les triangulaires, l'électorat FN baisse un peu là où il n'avait aucune chance de l'emporter, sans véritable effets de "vases communiquant" entre le FN et la droite, comme on avait pu le constater auparavant. Les candidats d'extrême droite ont progressé partout où l'enjeu d'un siège était palpable ;
  • dans les duels gauche-FN, le candidat FN progresse, démontrant le ralliement de certains électeurs de droite "classique" aux alliances avec l'extrême droite.

1489157 3 0fb0 marine-le-pen-a-lille-le-5-mars-2011Nous assistons donc à une réelle consolidation du vote FN qui sera de plus en plus en capacité de faire élire des députés au scrutin majoritaire, d'autant que l'UMP va rester profondément empêtrer dans le piège du "ni-ni" et dans les fractures que le débat de la relation au FN va provoquer dans ces rangs (attisés volontairement par Marine Le Pen, dont le but est ouvertement de faire éclater l'UMP), même si les responsables UMP les plus FN-compatibles ont souvent été battus.

Cela impose deux réflexions majeures :

  • celle de la reconquête d'une partie de l'électorat populaire qui est abandonné au FN ;
  • celle du mode de scrutin, car l'excuse du scrutin majoritaire pour éviter l'élection de candidats d'extrême droite ne tient plus.

La parité n'est pas au rendez-vous.

logoUMA95Avec les représentants de la motion C du Val-d'Oise, nous avions dénoncé l'année dernière la feuille de route législatives proposée par le Premier secrétaire fédéral, et ce que nous avions annoncé s'est produit : le Val-d'Oise, la gauche valdoisienne n'enverra aucune députée à l'assemblée nationale. Mais la préoccupation qui motivait cette feuille de route n'était pas la parité, mais assurer l'élection ou la réélection en priorité de trois maires majeurs du PS : 5e, 8e, 10e.

Il est triste que cette logique se retrouve à l'échelle du pays : le nombre d'élues progressent mais avec 150 députées, la France est très loin de l'exemplarité, le PS en est loin aussi : il avait présenté 46% de candidates mais majoritairement dans des circonscriptions très difficiles, nous auront une 100ne de députées socialistes soit moins d'un tiers du groupe... 46% contre 30% cherchez l'erreur.

La logique de Vème République est plus que jamais non démocratique.

Le PS atteint la majorité absolue mais recueille à peine 26% du corps électoral. L'essentiel de l'assemblée nationale est constituée par deux partis qui ne rassemblent pas la majorité des électeurs. Évidemment, la crise de la démocratie est une réalité et nous pouvons constater que l'absence de véritable débat politique dans cette campagne a renforcé l'abstention ; nous devons nous interroger sur la place respectives des législatives et des présidentielles.

Nous devons nous interroger également sur le mode de scrutin alors qu'avec la proportionnelle les écologistes et le Front de gauche auraient pu obtenir une 40ne de députés chacun ; alors que le PRG, le MUP ou le MRC qui sont absents de la réalité concrète électorale de ce pays sont finalement très bien payés. Notre majorité elle-même n'est pas représentative de son électorat.

Enfin, avec un bloc de gauche de 342 députés, la gauche n'aura pas la majorité des 3/5e : quid des réformes institutionnelles ? Nous resterons vigilants sur les engagements pour des réformes renforçant la démocratie et notamment sur l'adoption du droit de vote des étrangers.

La rénovation doit se poursuivre.

Ce n'est pas les parachutages qu'il faut bannir, car les députés sont des élus de la nation et non d'un territoire ; mais quand on appelle à la démocratie participative, on ne peut refuser de se soumettre au vote des militants. Il y a fort à parier que si Ségolène Royal avait affronter une primaire dans une circonscription réservée femme par le PS, La Rochelle aurait envoyé une Députée socialiste à l'Assemblée. Comment enfin prétexter de la règle du désistement républicain pour le candidat de gauche arrivé en tête quand la direction maintient la candidat de Fawaz Karimet arrivé 3e à Laon, contre René Dosière  et une candidate de droite.

De même, il est urgent de renforcer les opérations mains propres du PS dans certains territoires ou fédérations : Nicolas Bays élu à la place  de Kucheida à Liévin a failli d'un cheveux ne pas être candidat parce que l'on n'osait pas désigner un candidat contre un autre à qui on avait refusé son investiture ? Comment attendre le dernier moment pour retirer son investiture à Sylvie Andrieux, alors qu'on savait qu'elle allait être renvoyée en correctionnelle pour détournement, avec un risque réel de faire élire un député FN supplémentaire (on a frôlé de peu la catastrophe le FN atteignant 49,01%) ? Comment ne pas voir qu'en certains points de notre territoire, ces légerétés avec la morale publique ou l'aveuglement de certains de nos responsables ont pu coûter par ricoché à d'autres candidats que ceux mis en cause par les médias ou la justice ?

Ce manque de cohérence risque de nous coûter cher à l'avenir, si nous n'y mettons pas un terme rapidement.

Un mot sur une autre élection, celle qui s'est tenue hier en Grèce.

480542_10150981621012147_285993677_n.jpgJe ne comprends pas que l'on puisse se réjouir comme l'a fait ce matin sur France Inter la porte-parole du gouvernement du fait que Nouvelle Démocratie, le parti conservateur, soit arrivé en tête du scrutin. C'est se réjouir de la "victoire" du camp politique qui a falsifié les comptes publics grecs ; c'est se réjouir implicitement de l'alliance entre les conservateurs (et quels conservateurs !?) et le PASOK, soit une terrible défaite culturelle et politique, au moment où des voix de hauts responsables du PSE commençaient à s'élever en faveur d'une alliance à gauche avec le SYRIZA.

Nous sommes en train de perdre notre boussole. D'autant que la coalition ND-PASOK signifie une perpétuation des plans d'austérité qui n'ont jusqu'ici donné aucun résultat et ont même aggravé la situation, donc conduisent tout droit la Grèce à la banqueroute et renforcent les risques pour la zone Euro. La peur du SYRIZA est ridicule, pire elle est suicidaire. Vouloir éviter à tout prix la gauche radicale en Grèce risque de nous amener à des crises plus graves encore.

Frédéric FARAVEL
Secrétaire fédéral aux relations extérieures du PS Val-d'Oise

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 07:05

La poussée à gauche est nette. C’est le premier enseignement que l’on peut tirer du premier tour des élections législatives. Pourtant, rien n’est encore joué. Certes une majorité d’électeurs ont voulu confirmer leur vote du 6 mai, et « donner au changement une majorité ». Autrement dit, ils ont voulu donner une majorité sur laquelle François Hollande et le gouvernement de Jean-Marc Ayrault puissent compter. Pour autant, la droite n’est pas terrassée. Il va falloir confirmer, prolonger et amplifier le vote du 10 juin. Pas une seule voix ne doit manquer aux candidats arrivés en tête de la gauche dans les différentes circonscriptions !

L’abstention est forte, beaucoup trop forte ! Bien sûr, un certain nombre d’électeurs se sont démobilisés pensant que l’essentiel avait été fait le 6 mai dernier après la défaite de Sarkozy. D’autres ont eu du mal à aller aux urnes, ayant du mal à se retrouver dans un premier tour où il y avait le plus souvent plus d’une dizaine de candidats. L’inversion du calendrier (législatives après les présidentielles) n’aide pas nombre de nos concitoyens à comprendre les enjeux de cette élection. Les enjeux du deuxième tour seront plus faciles à appréhender.

L’UMP est bien en crise après la défaite de son candidat aux présidentielles. Un nombre de plus en plus grand de ses élus sont perméables aux sirènes de l’extrême-droite. La droite baptisée « centriste » est elle aussi mal en point. La candidate socialiste a largement devancée François Bayrou. C’est tant mieux ! Et tant pis si Daniel Cohn-Bendit pense que c’est « une faute du PS », lui qui comme quelques-uns (heureusement minoritaires aujourd’hui) n’arrivent pas à renoncer à l’ouverture à droite !

Le Front national confirme son enracinement (et ce nationalement). Parallèlement, il faut aussi souligner qu’il recule nettement par rapport à son score des présidentielles. La fonction tribunicienne, le rôle du « chef » (de la « chef » en l’occurrence) restent forts dans l’électorat que peut rassembler comme toujours l’extrême-droite. Battre Marine Le Pen dans la circonscription d’Hénin-Beaumont est donc en ce sens important !

Ce premier tour permet de vérifier aussi le rôle central joué par le Parti socialiste au cœur de la gauche. Les institutions de la Vème République et l’inversion du calendrier (législatives mises après les présidentielles depuis 2002) accentuent ce phénomène. L’absence de toute proportionnelle aux législatives renforcent le vote « utile ». Mais plus fondamentalement, les électeurs de gauche réaffirment leur volonté d’utiliser le vote PS pour en finir vraiment avec une décennie de domination électorale de la droite, et tout ce que cela signifie en termes de politique au service des plus privilégiés. Il n’empêche que le rassemblement de la gauche doit rester la ligne de conduite des socialistes. Dans les urnes, comme au gouvernement. ! Un gouvernement de la gauche unie, un gouvernement PS-FdG-EELV serait un signe fort en Europe alors que la crise de l’Euro s’approfondit du fait de la politique menée jusqu’à présent sous la houlette de Merkel et de Sarkozy.

Au lendemain du 17 juin, il faudra ouvrir une discussion sur le programme de la majorité à l’Assemblée comme sur les priorités gouvernementales. Cela tient en quelques mots :

Rompre avec les politiques d’austérité, et faire front face à tous les gouvernements conservateurs européens !

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 14:20

«C’est au peuple grec de décider de son sort, en rejetant tout diktat, en rejetant les poisons que lui administrent ses “ sauveurs ”, en s’engageant librement dans les coopérations indispensables pour surmonter la crise, avec les autres peuples européens.»

Rejoignez l'appel lancé sur Mediapart par Etienne Balibar, philosophe, Vicky Skoumbi, rédactrice en chef de la revue αληthεια (Athènes), Michel Vakaloulis, philosophe et sociologue, et bien d'autres. Et n'oubliez pas notre soirée exceptionnelle de soutien au peuple grec, mercredi 13 juin, avec la retransmission en direct sur Mediapart du concert d'Angélique Ionatos au Théâtre de la Ville.

pour signer la pétition : cliquez ici

 

The text is also available in English, Greek, and German.

Dans l’enchaînement d’événements qui, en trois ans, ont jeté la Grèce au fond du gouffre, chacun sait que les responsabilités des partis au pouvoir depuis 1974 sont écrasantes. Nouvelle Démocratie (droite) et Pasok (socialiste) n’ont pas seulement perpétué la corruption et les privilèges, ils en ont bénéficié et en ont fait bénéficier largement les fournisseurs et les créanciers de la Grèce, pendant que les institutions communautaires détournaient le regard. On pourrait s’étonner, dans ces conditions, que les dirigeants européens ou le FMI, transformés en parangons de vertu et de rigueur, s’emploient à ramener au pouvoir ces mêmes partis faillis et déconsidérés, en dénonçant le « péril rouge » incarné par Syriza (coalition de gauche radicale), et en promettant de couper les vivres si les nouvelles élections du 17 juin confirment le rejet du « Mémorandum » qui s’est manifesté le 6 mai dernier. Non seulement cette ingérence est en contradiction flagrante avec les règles démocratiques les plus élémentaires, mais ses conséquences seraient dramatiques pour notre avenir commun.

Il y aurait là une raison suffisante pour que, comme citoyens Européens, nous refusions de laisser étouffer la volonté du peuple grec. Mais il y a plus grave. Depuis deux ans, les dirigeants de l’Union européenne, en étroite concertation avec le FMI, travaillent à déposséder le peuple grec de sa souveraineté. Sous prétexte d’assainir les finances publiques et de moderniser l’économie, ils imposent une austérité draconienne qui étouffe l’activité économique, réduit à la misère la majorité de la population, démantèle le droit du travail. Ce programme de « redressement » à la mode néo-libérale se solde par la liquidation de l’appareil productif et le chômage de masse. Pour le faire passer, il n’a fallu rien de moins qu’un état d’exception sans équivalent en Europe occidentale depuis la fin de la deuxième guerre mondiale : le budget de l’État est dicté par la Troïka, le Parlement grec réduit à une chambre d’enregistrement, la Constitution plusieurs fois contournée. La déchéance du principe de la souveraineté populaire va de pair avec l’humiliation de tout un pays. Or elle atteint ici des sommets, mais ne concerne pas exclusivement la Grèce. Ce sont tous les peuples de ses nations constitutives que l’Union européenne tient pour quantités négligeables lorsqu’il s’agit d’imposer une austérité contraire à toute rationalité économique, de combiner les interventions du FMI et de la BCE en faveur du système bancaire, ou d’imposer des gouvernements de technocrates non élus.

A plusieurs reprises, les Grecs ont fait savoir leur opposition à cette politique qui détruit le pays en prétendant le sauver. D’innombrables manifestations de masse, 17 journées de grève générale en deux ans, comme les actions de désobéissance civique ou le mouvement des Indignés de Syntagma, telles ont été les marques du refus opposé par le peuple grec au sort qu’on lui réserve sans le consulter. Cette voix du désespoir et de la révolte, quelle réponse allait-on lui donner ? Le doublement de la dose létale et la répression policière ! C’est alors, dans un contexte de délégitimation complète des gouvernants, que le retour aux urnes est apparu comme la seule issue pour éviter l’explosion sociale.

Mais l’affaire est désormais très claire : les résultats du 6 mai dernier ne laissent aucun doute sur le rejet massif de la politique imposée par la Troïka. Et devant la perspective d’une victoire de Syriza aux élections du 17 juin prochain, une campagne de désinformation et d’intimidation a été déclenchée aussi bien à l’intérieur du pays qu’au niveau européen. Elle vise à exclure Syriza des interlocuteurs politiques dignes de confiance. Tous les moyens sont bons pour le disqualifier, à commencer par son étiquetage « extrémiste » et le parallélisme avec les néo-nazis de l’Aube Dorée. Toutes les tares ont été imputées à Syriza : escroquerie et double langage, irresponsabilité et infantilisme revendicatif. A en croire cette propagande haineuse qui prend le relai de la stigmatisation raciste du peuple grec, Syriza mettrait en danger les libertés, l’économie mondiale et la construction européenne. La responsabilité conjointe des électeurs grecs et de nos dirigeants serait de lui barrer la route. Brandissant la menace d’une exclusion de l’euro et d’autres chantages économiques, une manipulation du vote populaire se met en place. C’est une « stratégie du choc » par laquelle les groupes dominants s’efforcent de détourner le vote du peuple grec selon leurs intérêts, qu’ils prétendent être aussi les nôtres.

Nous, signataires de ce texte, ne saurions nous taire devant cette tentative de déposséder un peuple européen de sa souveraineté, dont les élections forment le dernier recours. Il faut que cessent immédiatement la campagne de stigmatisation de Syriza et les chantages à l’exclusion de l’eurozone. C’est au peuple grec de décider de son sort, en rejetant tout diktat, en rejetant les poisons que lui administrent ses « sauveurs », en s’engageant librement dans les coopérations indispensables pour surmonter la crise, avec les autres peuples européens.

Nous l’affirmons à notre tour : il est temps que l’Europe perçoive le signal envoyé le 6 mai dernier par Athènes. Il est temps d’abandonner une politique qui ruine la société et met les peuples sous tutelle afin de sauver les banques. Il est urgent de mettre un terme à la dérive suicidaire d’une construction politique et économique qui transfère le gouvernement aux experts et institue la toute-puissance des opérateurs financiers. Il faut une Europe qui soit l’œuvre de ses citoyens eux- mêmes, au service de leurs intérêts.

Cette nouvelle Europe que, comme les forces démocratiques en train d’émerger en Grèce, nous appelons de nos vœux et pour laquelle nous entendons nous battre, est celle de tous ses peuples. Dans chaque pays, ce sont deux Europes politiquement et moralement antithétiques qui s’affrontent : celle de la dépossession des êtres humains au profit des banquiers, et celle qui affirme le droit de tous à une vie digne de ce nom et s’en donne collectivement les moyens. Ce que nous voulons donc avec les électeurs, les militants et les dirigeants de Syriza, ce n’est pas la disparition de l’Europe mais sa refondation. C’est l’ultralibéralisme qui suscite la montée des nationalismes et de l’extrême droite. Les vrais sauveurs de l’idée européenne sont les partisans de l’ouverture et de la participation des citoyens, les défenseurs d’une Europe où la souveraineté populaire n’est pas abolie mais étendue et partagée.

Oui, à Athènes c’est bien l’avenir de la démocratie en Europe et de l’Europe elle-même qui est en jeu. Par une étonnante ironie de l’histoire, les Grecs appauvris et stigmatisés se retrouvent en première ligne de notre combat pour l’avenir commun.

Écoutons-les, soutenons-les, défendons-les !

Premiers signataires
Etienne Balibar, philosophe
Vicky Skoumbi, rédactrice en chef de la revue αληthεια (Athènes)
Michel Vakaloulis, philosophe et sociologue

Et :

Giorgio AGAMBEN; Michel AGIER, anthropologue; Tariq ALI, historien; Tewfik ALLAL; Denis ALLARD, chercheur au CNRS; Elmar ALTVATER; Charles ALUNNI, philosophe; Bernard ANCORI, professeur d’épistémologie, vice-président Sciences en Société; Dominique ANGEL, artiste; Arturo ARMONE CARUSO, metteur en scène et comédien; Chryssanthi AVLAMI, historienne;

Jean-Marc BABOU; Alain BADIOU, philosophe; Maria-Benedita BASTO, maître de conférences, Université Paris IV; Fethi BENSLAMA; Philippe BERAUD, économiste, professeur d'université; Fernanda BERNARDO; Samuel BIANCHINI, artiste et maître de conférences; Annie BIDET-MORDREL; Jacques BIDET; Guillaume BOCCARA, anthropologue, CNRS-EHESS; Constantinia BOGOS-HELFER, médecin; Carlo BORDINI, poète; Paul BOUFFARTIGUE, sociologue; Jean-Raphaël BOURGE, politologue; Jean Pierre BOURQUIN, peintre; Wendy BROWN, University of California;

Claude CALAME, Directeur d'études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales; Patrick CAVAGNET; Didier CHATENAY, physicien, CBRS; Gérard CLADY; Pierre CLEMENT, biologiste; Rémi COIGNET, critique; Catherine COLLIOT-THELENE, philosophe; Thomas Coutrot, économiste atterré, co-président d’ATTAC; Marie CUILLERAI, philosophe, Université Paris 8; Philippe CYROULNIK, critique d’art;

Dominique De BEIR, artiste; Judith DELLHEIM, économiste, Berlin; Christine DELPHY, sociologue CNRS; Christian DEPARDIEU; Anne DIMITRIADIS, metteur en scène; Noël DOLLA, artiste peintre; Costas DOUZINAS; Jérôme DUPIN, artiste et professeur des écoles nationales supérieures d'art;

Maria EFSTATHIADI, écrivain; Jean EISENSTAEDT; Nabil EL HAGGAR; Julia ELYACHAR; Roland ERNE, University College Dublin; Trevor EVANS, Berlin School of Economics and Law

Camille FALLEN; Olivier FAVIER; Jeanne FAVRET-SAADA, Ethnologue, Marseille; Anita FERNADEZ, cinéaste, Paris; Franck FISCHBACH, philosophe;

Florent GABARRON, psychanalyste; William GASPARINI, sociologue, professeur des universités; Jakob GAUTEL, artiste plasticien et enseignant; Elisabeth GAUTHIER, Espaces Marx, Réseau Transform !; Claude GAUTIER, Université Paul Valéry Montpellier 3; François Gèze, éditeur; Nigel GIBSON, Boston USA; Françoise GIL, sociologue; Alain GLYKOS, universitaire et écrivain; Nilüfer GOLE, EHESS; Stathis GOURGOURIS, philosophe, écrivain; Éric GUICHARD, philosophe (CIPh), Maître de conférences (ENSSIB/ENS-Ulm)

Patrice HAMEL, artiste plasticien; Marie-Elisabeth HANDMAN, anthropologue, Paris; Keith HART, anthropologue; Carlos HERRERA, professeur de droit; Nancy HOLMSTROM;

Engin ISIN;

Jean-Paul JOUARY, philosophe; Baudouin JURDANT, professeur émérite;

Jean-Pierre KAHANE, mathématicien, membre de l’Académie des sciences; Maria KAKOGIANNI; Jason KARAÏNDROS, artiste, professeur Ecole des Beaux-Arts de Rouen, ESADHaR; Anne KEMPF, enseignante; Danièle KERGOAT, sociologue; Delphine KOLESNIK-ANTOINE, maître de conférences, philosophie; Dimitra KONDYLAKI, dramaturge, traductrice; Robert KUDELKA; Cécile KOVACSHAZY, Universität Bremen;

Jean-Marc LACHAUD, Professeur d’esthétique à l’Université de Strasbourg; Rose-Marie LAGRAVE, directrice d’études à l'EHESS; Bernard LAHIRE, sociologue; Gérard LANIEZ, chargé de mission, Ville de La Rochelle; Jérôme LEBRE; Jean-Pierre LEFEBVRE, Professeur de Philosophie, Ecole Normale Supérieure; Stéphane LEVY, cinéaste; Guy LELONG, écrivain; Jean-Marc LEVY-LEBLOND, physicien et essayiste; Laurent LOTY, chercheur au CNRS; Michael Lowy, sociologue; Seloua LUSTE BOULBINA, philosophe;

Pierre MACHEREY, philosophe; Bernard MAITTE, physicien, historien des sciences; Henri MALER, philosophe; Philippe MANGEOT; Bernard MARCADE, critique d’art, Paris; Alexandros MARKEAS, compositeur, professeur au Conservatoire de Paris; Philippe Marlière, Politologue, University College London; Tomaz MASTNAK, Ljubljana/University of California at Irvine; Jean MATRICON; Ugo MATTEI, Professor of Law, Università Torino and California; Alexandros MARKEAS, compositeur, professeur au Conservatoire de Paris; Jérôme MAUCOURANT, Université de Lyon; Robert MILIN artiste, professeur dans une Ecole Nationale Supérieure d’Arts; Paul-Antoine MIQUEL; Miquel MONT, artiste plasticien; Laila MOUSTAFA; Ariane MNOUCHKINE;

Jean-Luc NANCY, philosophe; Toni NEGRI, philosophe; Frédéric NEYRAT, philosophe

Bertrand OGILVIE, Université Paris 8; Josiane OLFF-NATHAN; Martine OLFF-SOMMER

Silvia PAGGI, Université de Nice-Sophia Antipolis; Mariella PANDOLFI, Professeur d’anthropologie, Université de Montréal; Leo PANITCH, York University, Toronto Canada; Νeni PANOURGIA, anthropologue; Catherine PAOLETTI, philosophe; Roland PFEFFERKORN, professeur de sociologie, Université de Strasbourg; Ernest PIGNON-ERNEST; Mathieu Potte-Bonneville; Ludovic POUZERATE, acteur, auteur et metteur en scène;

Yvon QUINIOU, philosophe

Jacques RANCIERE, philosophe; Emmanuel RENAULT, philosophe; Judith REVEL; Michèle RIOT-SARCEY, historienne; Avital RONELL; Miriam ROSEN, journaliste-traductrice; Rossana ROSSANDA

Anne SAADA, historienne; Maria Eleonora SANNA; Diogo SARDINHA; Robert SAYRE, professeur émérite, Université Marne-la-Vallée; Marta SEGARRA, Université de Barcelone; Cristina SEMBLANO, économiste; Guillaume SIBERTIN-BLANC, philosophe; Paul SILICI, Maire de Saorge; Richard SMITH; Jean-Paul SOUVRAZ, artiste peintre; Michalis SPOURDALAKIS, sociologue; Bernard STIEGLER; Ann Laura STOLER; Efi STROUSA, historienne et critique d'art; Michel SURYA, revue Lignes

Danielle TARTAKOWSKY, professeur d’histoire, Université Paris 8; Etienne TASSIN; Jean-François TEALDI, journaliste audiovisuel public; Catherine THENEVIN, ingénieur à l’Institut Jacques Monod, Université Paris 7; Spyros THEODOROU, directeur, Echange et diffusion des savoirs; Bruno TINEL, économiste; André TOSEL, philosophe; Josette TRAT, sociologue

Carmela URANGA, artiste plasticienne et traductrice;

Eleni VARIKAS; Dimitris VERGETIS, psychanalyste, directeur de la revue grecque αληthεια; Jérôme VIDAL, directeur de RdL la Revue des Livres;

Heinz WISMANN; Frieder Otto WOLF, Freie Universität Berlin, ex-Membre du Parlement Européen

Clemens ZOBEL, politiste, Université Paris 8; Radmila ZYGOURIS.

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 07:07

Merkel.jpgElle a parlé, la sainte Chancelière "jouez hautbois, résonnez musettes"... Stupeur ce matin en allumant I télé avant de partir au boulot. Le chroniqueur économique de la chaîne d'information continue nous explique qu'une révolution politique est en cours car Mme Angela Merkel vient de se dire enfin prête à une Union Politique pour compléter le traité budgétaire...

Pour soutenir son propos, l'interview qu'elle a accordé ARD-Morgenmagazin et les entretiens bilatéraux qu'elle a eu avec le premier ministre britannique en perdition David Cameron.

Que dit-elle ? La révolution est-elle en marche ? La Chancelière va-t-elle toucher les écrouelles ?

La chancelière allemande, Angela Merkel, a déclaré, hier matin, qu'elle souhaitait travailler à une "union politique" en Europe, quitte à accepter l'idée d'une Europe à deux vitesses si certains pays bloquent. "Nous avons besoin de plus d'Europe (...), d'une union budgétaire (...), et nous avons besoin avant tout d'une union politique. Nous devons, pas à pas, abandonner des compétences à l'Europe", mais "nous ne devons pas rester immobiles, parce que l'un ou l'autre (pays) ne veut pas encore suivre", a-t-elle ajouté. Elle explique également qu'elle ne croit pas "qu'il y ait un seul sommet capable de tout régler d'un coup", soulignant qu'elle voulait proposer au sommet de juin un programme de travail avec l'objectif d'une union politique, tempérant ainsi les attentes autour du sommet de l'Union européenne prévu à la fin de juin, alors que la maison est en feu aujourd'hui.

De fait, Mme Merkel avait été quelque peu bousculée par l'entrée en jeu du nouveau président français, bien que les propositions de ce dernier soient extrêmement modérées. Elle reste cependant extrêmement en retrait des propositions fédéralistes de son propre parti, la CDU, qui semble sur ce sujet ne pas avoir l'oreille de la Chancelière.

Ces déclarations sont à lire à l'aune de la seule politique intérieure allemande et absolument pas de l'intérêt général européen :

  • Mme Merkel a besoin des votes du SPD et des Grünen pour ratifier le traité budgétaire et elle négocie avec eux des concessions sur d'autres dossiers. Ils viennent notamment d'obtenir ce que personne n'avait jusqu'ici obtenu de la "nouvelle Dame de Fer", une véritable taxe sur les transactions financières (bien loin de la taxe de bourse rétablie par feu Nicolas Sarkozy). Libre ensuite à chacun d'apprécier la valeur de l'échange et s'il était légitime que le SPD et les Grünen devraient accepter de voter le TCSG ;
  • La Chancelière allemande donne également des gages à son électorat conservateur en cognant une nouvelle fois sur ses petits camarades européens, du côté de la méditerrannée, dont il faudrait peu à peu se débarasser, car c'est la première fois qu'un responsable européen dit "sérieux" annonce vouloir utiliser la méthode des "coopérations renforcées" (qu'elle a contribuées à réduire les années précédentes) pour soutenir une logique d'exclusion et de marginalisation et non de progrès et d'avant-garde.

De fait, les propos de la Chancelière sont loin de représenter une avancée politique : l'union politique nécessaire est renvoyée à une échéance lointaine et elle n'a pas évolué d'un iota sur les questions économiques. Pour elle, comme pour tous les conservateurs européens, une politique de croissance ce sont des réformes structurelles visant à réduire le coût du travail et les droits des salariés dans le reste de l'Europe, afin de préserver les parts de marché pour les exportations allemandes. Peu lui chaut que le problème ne soit pas le coût du travail, mais la stratégie industrielle, car quels que soient les efforts des salariés européens ils ne seront jamais compétitifs en termes de rémunérations avec des Chinois ou des Indonésiens.

David Cameron, aux abois, poussé par le démocrate en campagne qu'est redevenu Barack Obama, avait décidé de mettre l'eau dans son vin de conservateur british gentry : la situation économique britannique est telle (ils viennent de décider une perte de pouvoir d'achat de 7% des britanniques), que les méthodes allemandes et conservatrices ont atteint la limite que les européens occidentaux sont capables d'endurer. Il réclamait donc auprès de Mme Merkel une relance européenne : "Nein !"

Nein aussi et toujours aux eurobonds ou au soutien à l'Espagne. Bref, n'en déplaise à tous les chroniqueurs économiques de droite qui se sont accrochés aux média radio et télé comme des berniques à un rocher, Mme Merkel n'a pas changé, elle n'a pas fait sa révolution. Elle vient d'adresser une fin de non recevoir, un camouflet, à François Hollande, en humiliant au passage ses "amis" Cameron et Rajoy. C'est le seul point positif de cette affaire, elle n'est pas plus sortie de l'isolement dans lequel elle s'est enferrée qu'elle n'aurait fait sa révolution.

Le Parti des Socialistes Européens (PSE) a sur ces sujets pris des positions fermes qui auraient intérêts à être défendues dans les campagnes législatives qui vont se tenir dans les pays européens d'ici 18 mois (lire ici).

Nous avons besoin de réformes européennes économiques immédiates alternatives au projet de traité budgétaire qui enfermerait l'Europe dans l'austérité suicidaire. Mais nous avons aussi besoin de construire une véritable fédération européenne pour rétablir la souveraineté populaire qui a été sappée par la mondialisation, la financiarisation et la technocratie.

Loin d'être un progrès vers l'union politique, les propos de Mme Merkel sont un nouveau maquillage d'une technocratie libérale intergouvernementale, qui a mené l'Union Européenne, dans l'impasse où elle est aujourd'hui, technocratie qui serait renforcée par le projet de traité qu'elle a imposé aux Européens avec son supplétif français, Nicolas Sarkozy.

Frédéric Faravel
Secrétaire fédéral du PS Val-d'Oise aux relations extérieures

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 14:55

Le Parti socialiste européen (PSE) s’est dit favorable à ce que les euro-obligations soient inscrites parmi les priorités du prochain sommet européen (28 juin). À la veille du sommet européen informel du 23 mai, les Premiers ministres et dirigeants du PSE se sont réunis à Bruxelles afin de discuter des moyens de promouvoir leur programme de croissance.

Le Président du PSE, Sergei Stanishev, a déclaré: «Le sommet informel aurait dû être un moment décisif pour l’Europe, montrant qu’elle s’engageait résolument dans une politique de croissance progressiste. Si nous voulons rétablir la confiance en Europe, nous devons nous atteler ensemble à l’élaboration d’un programme de croissance durable qui tienne compte de chaque État membre. Les euro-obligations sont conformes à ce principe démocratique fondamental, et sont un outil précieux pour sortir de la crise de la dette». Il a ajouté: «Ces obligations, combinées à une taxe sur les transactions financières et à un renforcement de la Banque européen d’investissement, peuvent contribuer à stabiliser l’UE, à générer de la croissance et à créer des emplois».

S’agissant du débat sur la Grèce, M. Stanishev a souligné que: «Le projet européen est fondé sur la solidarité. Nous nous devons dès lors d’apporter un soutien inconditionnel au peuple grec et d’appuyer le plan d’Evangelos Venizelos, afin de permettre une sortie de crise responsable et progressiste. Maintenant que l’Europe s’engage enfin dans une politique progressiste et qu’une nouvelle dynamique s’installe, la Grèce ne doit pas rater sa chance».

Hannes Swoboda, Président du groupe S&D au PE, a ajouté: «Le Conseil européen du 28 juin doit être décisif pour l’Europe, lui donner une nouvelle orientation fondée sur des politiques alternatives. Des politiques de croissance, d’investissement et d’emploi. Le niveau élevé du chômage dans tous les pays d’Europe, en particulier chez les jeunes, n’est pas seulement inacceptable, il est aussi socialement injuste. La semaine dernière, l’OCDE a approuvé notre appel à des mesures en faveur du renforcement de la croissance et a souligné qu’il était indispensable de procéder à des réformes sociales, de renforcer la BCE et d’investir davantage dans l’éducation et la R&D. Il est de notre devoir de poursuivre sur la voie d’une solution alternative à la crise, et le soutien à notre approche se renforce un peu plus chaque jour».
Les dirigeants du PSE sont convenus de préparer un programme global de croissance et d’investissement en prévision du Conseil européen du 28 juin.

Attendees at the PES Prime Ministers and leaders meeting 23 May 2012:
• Werner Faymann (SPÖ, Austria)
• Elio di Rupo (PS, Belgium)
• Bruno Tobback (SP.A, Belgium)
• Sergei Stanishev (BSP, Bulgaria)
• Hannes Swoboda (leader of S&D EP)
• Zoran Milanovic (SDP, Croatia)
• Yiannakis Omirou (EDEK, Cyprus)
• Bohuslav Sobotka (CSSD, Czech Republic)
• Jean-Marc Ayrault (PS, France)
• Sigmar Gabriel (SPD, Germany)
• Evangelos Venizelos (PASOK, Greece)
• Attila Mesterházy (MSZP, Hungary)
• Laszlo Kapolyi (MSZDP, Hungary)
• Eamon Gilmore (LP, Ireland)
• Pier Luigi Bersani (PD, Italy)
• Riccardo Nencini (PSI, Italy)
• Alex Bodry (LSAP, Luxembourg)
• Jean Asselborn (LSAP, Luxembourg)
• Diederik Samsom (PvdA, Netherlands)
• Alasdair McDonnell (SDLP, Northern Ireland)
• António José Seguro (PS, Portugal)
• Robert Fico (SMER-SD, Slovak Republic)
• Alfredo Pérez Rubalcaba (PSOE, Spain)
• Hannes Swoboda (S&D Group in the EP)
• Karl-Heinz Lambertz (PES Group in the CoR)
• Martin Schulz (President of the European Parliament)
• Maria Damanaki (European Commissioner)
• Zita Gurmai (PES Women President)
• Kaisa Penny (ECOSY President)
• Philip Cordery (PES General Secretary)
• Massimo D’Alema (FEPS)
• George Papandreou (PASOK & Socialist International)

 

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 13:16

Le communisme bolchévique (léninisme, trotskisme, stalinisme, maoïsme) était vicié dès l'origine ; la social-démocratie est aujourd'hui mise en échec par la mondialisation et échoue à penser une alternative politique, culturelle et économique au néo-libéralisme, quand certains n'ont tout simplement fait qu'abandonner leurs valeurs en se vautrant dans le blairisme ou le social-libéralisme.

Pour aider à penser la politique dans ces temps troublés et difficile, je vous rappelle qu'il est un ouvrage à mettre entre toutes les mains.

Frédéric Faravel

Couverture de l'ouvrage : Réconcilier marxisme et démocratie - David Muhlmann

"Réconcilier marxisme et démocratie"

David Muhlmann

Actualités/Essais/Documents / Essais

Date de publication : 14/05/2010

EAN13 : 9782021002027

 

 

http://www.recherche-et-organisation.com/upload/om_news/muhlmann.jpgCe livre pourrait avoir pour sous-titre Du bon usage de Rosa Luxemburg. Il restitue en effet la vie et l’œuvre de la fondatrice de la Ligue spartakiste, assassinée en 1919, qui a su percevoir avec une lucidité exemplaire la dérive autoritaire du bolchévisme d’un côté, et la capitulation de la social-démocratie de l’autre. Son souci n’est pourtant pas purement historique, puisqu’il tente aussi d’éclairer, à la lueur des textes du siècle passé, les débats et enjeux politiques d’aujourd’hui, et de dessiner les voies possibles d’un renouveau fidèle aux enseignements de Marx.

Alors que les recherches se multiplient dans le monde, notamment en Allemagne, aux États-Unis et en Amérique latine, où son influence est particulièrement vivace, aucun travail d’envergure ne lui a été consacré en France depuis plus de trente ans. C’est précisément l’ambition de cet ouvrage que de présenter et de mettre ses œuvres en perspective pour mieux contribuer au développement d’une pensée radicale actuelle, indissociablement socialiste et démocratique, face aux crises à venir. Il appuie son propos sur huit entretiens menés avec des intellectuels et des leaders de la gauche internationale, parmi les meilleurs spécialistes mondiaux de Rosa Luxemburg : Daniel Bensaïd, Michael Löwy, Toni Negri, Paul Singer, Paul Le Blanc, Isabel Loureiro, Nahiriko Ito, Michael Krätke.


Né en 1974, David Muhlmann est docteur en sociologie (Institut d’Études Politiques de Paris) et psychanalyste. Il a publié Les Étapes de la pensée psychanalytique (Desclée de Brouwer, 2007).

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